de Marie Vareille
Poche – 2 avril 2025
Éditeur : Le Livre de Poche

Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent en Bourgogne. Sa vie d’avant ? Elle l’a en grande partie oubliée. Elle est même incapable de se rappeler l’événement qui a fait basculer sa destinée et l’a poussée à se retirer du monde. De loin, elle observe la vie parisienne de Gabriel, son grand frère, dont la brillante carrière d’artiste et l’imaginaire rempli de poésie sont encensés par la critique. Mais le jour où il rencontre la lumineuse Zoé et tombe sous son charme, Abigaëlle ne peut s’empêcher de trembler, car elle seule connaît vraiment son frère…
Alternant passé et présent, confessions et silences, jouant avec le temps, l’espace et la capacité de son lecteur à ressentir la tragédie en ne lui en donnant que progressivement les clés, Marie Vareille fait montrer la tension et réunit dans ce roman une foule de solitudes, dénonçant les violences familiales et l’enfance dézinguée autant qu’elle nous en console.
Marine de Tilly, Le Point.

Il y a des romans que je lis, et d’autres qui me traverse. La Dernière Allumette, de Marie Vareille, fait partie de ceux-là. Dès les premières pages, j’ai senti quelque chose de familier, une émotion sourde qui montait sans prévenir. Ce n’était pas seulement l’histoire d’une jeune fille brisée : c’était un écho, presque une mise en miroir de certaines blessures que je porte encore aujourd’hui en silence. À chaque chapitre, j’ai eu la sensation troublante de me retrouver entre les lignes.
La plume de Marie Vareille est d’une justesse désarmante. Elle écrit la douleur comme on murmure à l’oreille de quelqu’un qui a connu la nuit. J’ai pleuré, bien sûr. Mais j’ai surtout été bouleversée par la délicatesse avec laquelle elle parle d’absences, de silences, d’oublis, de ces liens qui nous façonnent même quand ils sont blessés. L’allumette, cette dernière flamme à protéger coûte que coûte, est devenue pour moi un symbole intime. Une façon de dire que, malgré tout, il y aura toujours un peu de lumière.
Marie, ce roman magnifique m’a remué profondément, parce qu’il a touché quelque chose de vrai, que je croyais enfoui au plus profond de moi. Je ne suis pas près de l’oublier. Les histoires les plus douloureuses sont aussi celles qui me guérissent, pour cela, je te remercie…
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Extraits :
« Le Dr Hassan, la psychiatre que je fréquentais autrefois sur demande de l’administration scolaire, a toujours expliqué que «ce n’est pas une solution de déformer les vérités qui ne nous conviennent pas». Avec le recul, peut-être avait-elle raison. Le problème des mensonges, c’est qu’ils finissent toujours par avoir des conséquences. »
« Mon frère vivait chaque instant avec la conscience insupportable que le pire arrivait sans préavis, au moment où on s’y attendait le moins. À l’âge adulte, il avait appris à contrôler en partie ses angoisses, évidemment. Il prenait des médicaments, il appelait sa psy, il faisait du sport à outrance, courait des marathons et défonçait des sacs de frappe dans des clubs de boxe pour évacuer un trop-plein de rage qui se reconstituait sans cesse. Mais surtout, il dessinait. Il déversait à grands coups de crayon sur du papier Canson la nuit qui l’habitait. Il noircissait les feuilles pour éclairer son âme. Quand il écoutait les gens s’émerveiller de sa créativité, des mondes fantasmagoriques qu’il faisait naître sous ses doigts, il était toujours surpris. Parfois, il était tenté de leur expliquer qu’il n’inventait rien. Simplement, il vivait là, dans le cœur froid et humide de la forêt sans fin de ses angoisses. Seul. Toujours. »
« Gabriel ne supporte pas d’endurer ces troubles intérieurs. Soit il les dessine et il arrive à les faire sortir ; soit il court des kilomètres en espérant distancer ses angoisses ; soit il les étouffe et se laisse infecter de l’intérieur. »
« Je ne suis pas sûre d’être en capacité de reconstituer cette histoire jusqu’au bout. Mon quotidien est désormais un emmental, perforé d’inexplicables trous de mémoire. Ces problèmes cognitifs empirent de jour en jour, mais je sais qu’ils datent de l’enterrement. »
« C’est étrange. Parfois, j’ai l’impression que mon cerveau efface ce qui s’est passé. Je ne sais plus si j’ai exagéré, si les choses sont vraiment arrivées ou alors dans quel ordre…
Je lui explique que cette confusion mentale est caractéristique du stress post-traumatique, que son cerveau refuse d’admettre la situation, parce qu’elle est trop difficile à encaisser, alors il l’ettace partiellement, voire réécrit l’histoire de manière à ce que ce souvenir soit supportable. »


Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Elle est l’autrice de plusieurs best-sellers totalisant près d’un million de ventes dans le monde. Son roman Désenchantées, paru en 2022 aux éditions Charleston et en 2023 au Livre de Poche, a remporté le Prix des lecteurs Système U, ainsi que le Prix des lecteurs de la librairie Lamartine. La Vie rêvée des chaussettes orphelines a reçu le Prix Charleston poche 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021. Ses livres sont traduits dans plus de dix pays.
Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.
Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie « Elia la Passeuse d’âmes » et son roman Young Adult « Le syndrome du spaghetti » a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.
- Là où tu iras j’irai (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/19/la-ou-tu-iras-jirai/ - La vie rêvée des chaussettes orphelines (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/ - Désenchantées (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/15/desenchantees/ - Ainsi gèlent les billes de savon (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/03/ainsi-gelent-les-billes-de-savon/

Ce n’est pas forcément un bouquin vers lequel j’irais, mais cet avis est vraiment touchant.
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Coucou Nath,
Je crois que, dans ce roman, Marie se livre davantage — ou du moins, elle accepte de faire évoluer sa plume, d’explorer d’autres chemins. Et c’est une belle chose. Elle prend le risque de bousculer ses lecteurs, peut-être d’en perdre certains… mais rien que pour ce choix courageux, je lui adresse un grand bravo…
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Et tu fais bien, c’est clair que l’authenticité n’a pas de prix…
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