Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène

La famille Martin

de David Foenkinos
Poche – 6 janvier 2022
Éditeur : Folio

« C’est ainsi que les choses ont commencé. Je me suis vraiment dit : tu descends dans la rue, tu abordes la première personne que tu vois, et elle sera le sujet de ton livre. »

En mal d’inspiration, un écrivain renommé laisse le hasard lui dicter le sujet de son nouveau roman. Il fait ainsi la rencontre des membres de la famille Martin, dont chacun espère devenir un personnage du livre. Mais la présence de l’écrivain dans leur quotidien perturbe le cours des choses. Lui qui s’imaginait maître du jeu se retrouve empêtré dans les fils qu’il croyait tirer…

Un roman dans un roman. Quelle drôle d’idée !
Un roman dans un roman, quelle belle idée…
Et pourtant, il n’a fallu que quelques pages pour que je comprenne que David Foenkinos allait, une fois encore, m’embarquer sans me demander mon avis.

Génie ou facilité ? J’hésite encore. Mais peu importe, au fond.
C’est écrit avec une apparente simplicité, beaucoup d’humour, une vraie tendresse et cette capacité rare à toucher juste. Et puis, il faut oser. Et ça, Foenkinos sait le faire.

Il est en panne d’inspiration sur son nouveau roman. C’est le trou noir, ou plutôt, la page blanche !
Il a beau tourner toutes ses idées les plus farfelues dans sa tête, rien n’y fait, il est complètement bloqué, le néant créatif. Le vide intersidéral. Jusqu’au matin où une idée surgit. Et s’il laissait le hasard décider à sa place ?

Il descend dans la rue et choisit la première personne qu’il croise. Bam ! Madeleine Tricot, quatre-vingts ans, sourire accroché au visage. Et avec elle, c’est toute la famille Martin qui débarque : Valérie, Patrick, Jérémie et Lola. Une famille ordinaire, donc forcément extraordinaire. Très vite, l’écrivain devient à la fois observateur et acteur, pris au piège de cette réalité bien plus riche que toutes ses fictions. Car la vie, quand on prend le temps de la regarder, dépasse largement les romans.

J’ai adoré cette immersion au cœur d’une famille attachante, pleine de failles, de silences, de cris, de secrets, d’amours qui s’usent, d’enfants qui grandissent et de portes qui claquent. j’ai sourit souvent, été touché parfois, et me suis reconnu plus que je n’oserai l’avouer…

Lu d’une traite, car il le méritait, et puis il est court autant en profiter.
D’ailleurs oui, il est bien court, un peu trop court peut-être… Franchement, je serait bien rester un peu plus longtemps chez les Martin.

Merci David, pour cette parenthèse simple, drôle et tellement humaine.

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Extraits :

« Je me suis approché, m’excusant de la déranger. Je m’étais exprimé avec la politesse mielleuse de ceux qui veulent vous vendre quelque chose. Elle a ralenti le pas, surprise sûrement d’être ainsi abordée. J’ai expliqué que j’habitais dans le quartier, que j’étais écrivain. Quand on arrête une personne qui marche, il faut aller à l’essentiel. On dit souvent que les personnes âgées sont méfiantes, mais elle m’a immédiatement adressé un grand sourire. »

« Je lui ai proposé de l’attendre au café, au bout de la rue, mais elle a préféré que je l’accompagne. En me demandant de la suivre, elle m’offrait d’emblée sa confiance. À sa place, je n’aurais jamais laissé un écrivain entrer chez moi aussi facilement. Surtout un écrivain en manque d’inspiration. »

« Si nous n’étions pas encore dans l’intime, notre discussion avait démarré avec une grande fluidité. Au bout de quelques minutes, nous avions tous deux, me semble-t-il, oublié le contexte de notre rencontre. Cela confirme une évidence: les gens aiment parler d’eux. Un être humain est un condensé d’auto-fiction. Je sentais Madeleine illuminée à l’idée que l’on puisse s’intéresser à elle. »

« Je suis souvent surpris de constater à quel point les lecteurs se retrouvent dans les romans, y compris ceux dont les intrigues sont les plus dérangeantes. On traque partout les reflets de notre intimité. »

« Les années passaient et quelque chose lui échappait. Nous avions à peu près le même âge. On pouvait se comprendre. Quand la cinquantaine arrive, on est trop vieux pour être jeune. Mais on est encore un peu jeune pour être vieux. On navigue dans un entre-deux inconfortable. »

Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Auteur de treize romans traduits en quarante langues, il a notamment publié aux Éditions Gallimard Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse, Les souvenirs et Je vais mieux. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

La délicatesse (2016)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/28/deux-soeurs/

Je vais mieux (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/13/je-vais-mieux/

Deux sœurs (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/28/deux-soeurs/

Émotion, Bouffée d'oxygène, Humour

Les Amours tourmentées d’Hortense

de Nathalie Brunal
Broché – 19 août 2024
Éditeur : Auto-édition

Vous souvenez-vous d’Hortense, cette maman solo qui supportait au quotidien son ado en pleine crise, son jeune ouistiti âgé de quatre ans et les idées farfelues de sa tante ?
Nous l’avions quittée alors que le bonheur frappait à sa porte. Nous la retrouvons quelques années plus tard alors que sa vie est sans dessus-dessous. Amour, enfants, crise de la quarantaine… Hortense est confrontée à une nouvelle étape de son existence et y faire face ne se fera pas sans mal. Avec humour et passion, elle s’emploie à agir pour le mieux afin que chacun trouve sa place et s’épanouisse et ce, malgré quelques dérapages.
Et quand Martha, la tata brut de décoffrage ajoute son grain de sel, tout dérape une fois de plus…

En refermant ma précédente lecture, je savais déjà laquelle suivrait, Les amours tourmentées d’Hortense. Normalement, je laisse toujours respirer un peu mes émotions entre deux tomes… mais là, aucune discipline, j’ai replongé avec Hortense sans délai. Oui, j’assume, faiblesse littéraire totale.

Et quel bonheur de retrouver la plume pétillante de Nathalie Brunal !
Le roman est un véritable remontant sans ordonnance.

Quelques années ont passé et je retrouve Hortense promue maman d’une petite Lylia. Pour l’identité du père, motus et bouche cousue, il faudra lire. Oui, je sais, je suis cruel.

En revanche, j’apprends que Madame est divorcée. Encore. Oui, encore.
À ce stade, ce n’est plus une situation matrimoniale, c’est une collection.

Et comme si cela ne suffisait pas, Max, le fils aîné, annonce son mariage avec Margot. Je n’étais déjà pas prêt. Mais en plus, ils attendent un enfant ! J’ai vérifié, je n’avais pourtant rien bu !!!

Je me suis dit, ça y est, on atteint le calme après la tempête.
Grave erreur. Les tribulations continuent, et elles ont visiblement pris des vitamines.
Le mariage ? Une fresque du chaos. Un feu d’artifice de catastrophes. Une performance artistique du désastre. J’ai ri, mais ri, à voix haute. Le genre de rire qui fait lever les yeux de mes voisins dans le train. Tant pis pour eux !

On retrouve toute la joyeuse troupe, la tata toujours aussi déjantée, Bogoss, Joris, Margot, la petite Lylia, et Jocelyne, une belle-mère qui mérite à elle seule un spin-off horrifique.

Alors, ça se dispute, ça s’aime, ça se trompe, ça regrette, ça crie fort et ça mange toujours d’excellents gâteaux. L’équilibre nutritionnel est discutable, mais l’équilibre comique lui, est parfait.

J’ai encore une fois dévoré le roman.
C’est fou, tendre, absurde par moments, mais toujours terriblement humain.
Une véritable bouffée d’oxygène version montagnes russes.

Mon conseil. Commencez par Les Tribulations d’Hortense, sinon vous allez entrer dans la fête sans savoir qui a cassé la sono.

Merci Nathalie…

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Extraits :

« Ma fille se retourne vers moi et m’adresse un signe de la main. Je lui envoie un baiser du bout des doigts en retenant une larme. Marc la tient fermement et elle ne risque pas de s’échapper vers moi. En même temps, c’est la semaine où elle réside chez lui alors je n’ai pas mon mot à dire. Lylia a six ans. Les années ont filé sans nous demander l’autorisation. Joris a onze ans et saute à pieds joints dans la pré-adolescence. Je suppose vu l’éclatement de la cellule familiale qu’il va m’en faire ba-ver. D’ailleurs, il se matérialise à mes côtés en pestant. »

« – Bon, ben quand il faut y aller…
Il me donne l’impression de monter à l’échafaud alors que cette journée sera marquée à jamais dans son esprit. Mon cœur se serre à l’idée qu’il commette la plus grosse bêtise de son existence. Suis-je responsable de sa tristesse ? De toute façon, notre vie a volé en éclats et j’ai mis une sacrée pagaille. »

« Ah, flûte, j’ai encore oublié de me présenter. Certains me connaissent déjà. Mais si, rappelez-vous ! Hortense ! Celle peu douée pour l’amour qui a vécu le meilleur et surtout le pire lorsque sa tante s’est mise en tête de lui trouver le prince charmant. Cela vous revient en mémoire ?
Ah, cette chère Martha… Que ferais-je sans elle ? À l’évidence, ma vie serait un long fleuve tranquille, quoique à moi toute seule, j’ai mis sens dessus dessous ce qui avait été bâti avec amour. »

« Alors que la clochette tintait joyeusement et annonçait l’arrivée d’un client, je me retournai et restai sans voix devant l’homme qui se présentait à moi. Comment vous le décrire afin que vous vous fassiez une idée…? Il était telles les gourmandises que nous vendions c’est-à-dire à croquer et à tomber. Je m’offusquais immédiatement de penser cela. Ce n’était pas dans mes habitudes de reluquer la clientèle et j’étais une femme mariée et fidèle. Enfin, en apparence.
— Bonjour, belle demoiselle ! s’exclama-t-il en me souriant.
Je déglutis, incapable de prononcer le moindre mot. »

« Étienne court dernière les jumeaux qui zigzaguent entre les invités et s’en donnent à cœur joie. Ces vilains garnements n’ont pas changé et ils risquent de nous donner du fil à retordre. Ils t’ont reçu aucune éducation et n’en font qu’à leur tête.
Ce n’est pas leur faute s’ils sont ainsi. Un enfant a besoin d’interdits, de barrières et de règles pour bien granidr Les laisser libres de leur choix si jeunes ne peut que les pousser à commettre des bêtises pour attirer l’attention de leurs parents. D’ailleurs, c’est ce qu’ils font pour que leur greluche de mère s’intéresse à eux. Elle est en pleine conversation avec Jocelyne. Le regard noir qu’elle dirige vers moi me laisse à penser que je suis le sujet de leur conversation. »

Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. « Dévoreuse » de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le « feel-good » tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017. Une tragique fête des fraises est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes « Le défile des glaces » « Un bouquet sans mariée» « L’Hydromel Hindou » et « D’une pierre… Deux coups ». Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.

Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “vacances en terre inconnue« , sourire garanti en leur compagnie.

N’hésitez pas à vous procurer Les tribulations d’Hortense. Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata  » brut de décoffrage « . D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans Les Amours tourmentées d’Hortense et Le Noël explosif d’Hortense. Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. Le coup de théâtre d’Hortense vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.

« Quand Cupidon s’en est mêlé… » , une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.

Un Noël saupoudré d’espoir (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/12/24/un-noel-saupoudre-despoir/

Le défi d’Apolline (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/06/09/le-defi-dapolline/

Apolline, Un avenir incertain (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/20/apolline-un-avenir-incertain/

Les Tribulations d’Hortense (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/28/les-tribulations-dhortense/

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