Émotion, Dystopie

Les Pentes

de Sioux Berger
Broché – 3 février 2022
Éditions : de Borée

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Septembre 2050. À Paris, une jeune fille ose encore écrire des lettres avec de l’encre et des feuilles. Sans trop éveiller les soupçons, elle a pu constituer un stock de papier. Un discret réseau se charge de transporter les missives à travers les plaines, là où les usines électriques ont remplacé les forêts.
Pourquoi et à qui écrit-elle, puisqu’il n’y a plus âme qui vive en dehors des villes ? Un employé du gouvernement s’en étonne. Il décide de mener l’enquête et fait alors une découverte étonnante.
Sur les Pentes, bien au-delà des usines électriques, aux confins des décharges et des champs de maïs, se cache un secret qui pourrait bien sauver les habitants des villes.
Entre espoir et désespoir, alors que l’avenir semble si sombre, la joie de vivre va peu à peu se frayer un passage.

 

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“Je m’appelle Antoine.
Antoine Saugues, j’ai vingt-sept ans, je suis célibataire, sans enfant.

Je peux contempler l’ensemble de la ville de la fenêtre de mon bureau. Les campagnes, les forêts ont toutes disparues au bénéfice d’usines géantes qui nous fournissent l’électricité dont nous avons besoin, tout est hyper connecté, hyper contrôlé. Les villages ont tous été abandonnés faute du manque de réseaux, et qui voudrait vivre sans électricité ?
Je suis fier de mon parcours ! En tant que médecin, j’ai une place très enviée par mes confrères. Je travaille dans une entreprise au top ! La Fertilité nationale.
Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail alarmant et malgré mes diverses tentatives d’analyses cette courbe rouge qui a retenu mon attention file résolument vers le bas, la chute semblait fatale, je ne voyais aucune solution… J’ai fait comme d’habitude dans ces cas-là. Ne rien décider, et organiser une “réunion d’information” qui noierait le poisson à travers des “slides” complexes et indigestes.
Pourquoi, ce serait à moi d’assumer toutes les responsabilités ?

Il y a quelques jours, mon “Boss”, qui a intercepté un courrier hautement important, m’a confié une mission porteuse d’un enjeu phénoménal pour l’humanité tout entière. Lors de cette mission, une rencontre a bouleversé ma vie, et remit en question tout ce que j’ai appris sur les bancs de l’école, tout ce que je pensais savoir sur le monde, et sur l’avenir qu’il me restait à vivre.

Certains irréductibles ont décidé de ne pas jouer le jeu, de vivre sur les Pentes, un lieu mythique, inutilisable pour nos usines électriques ! Ils vivent dans un monde sans électricité et consomment même à leur risque, leurs propres récoltes qui ne sont jamais contrôlées, ils arrivent même à trouver de l’eau ! Ses inconscients écrivent même encore sur du papier alors qu’il n’y a presque plus d’arbres !
Ce qu’ils souhaitent, c’est vivre tranquille, et que ceux des villes les oublient…“

Commence alors un bras de fer, auquel Antoine comprendra très vite les enjeux politiques qui sont en jeu.

Un roman dur et réaliste, mais aussi très poétique à la fois, qui nous questionne sur ce qui pourrait bien nous arriver, si nous ne nous posons pas un minimum de questions sur notre avenir.
Sioux Berger signe ici un premier roman très puissant, rempli d’espoir, mais qui, sans tomber dans la peur a réveillé quand même certaines craintes dans mon esprit. Telle une visionnaire, cette superbe dystopie nous transporte dans un futur très proche, où l’énergie prend de plus en plus de place dans notre vie de tous les jours… D’ailleurs, je me suis parfois demandé où commençait la dystopie ?

Je ne peux que vous recommander ce livre engagé et plein de bon sens. Par la même occasion, allez faire “un petit tour” sur sa page Facebook…
Personnellement, je compte bien suivre Sioux, dans ses prochaines publications.
J’irai bien m’asseoir aussi sur les marches avec elle. On pourrait rire ensemble, pleurer, accueillir toutes nos émotions, les partager, et gravir d’autres marches, main dans la main…

“Je pensais avoir l’avenir devant moi…
Et si Sofia, Suzanne et les autres étaient dans le vrai…
Et si ma vie n’était qu’une vaste fumisterie…”

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Extraits :

« Le Pompidou, le 30 septembre 2050

Ma chérie,
Je t’écris pour te rassurer. Je ne sais pas si ce message te parviendra. Mais je vais passer par le réseau habituel, on verra bien. En bas, dans la plaine, Nadine est d’accord pour nous déposer le courrier sous l’éolienne E154. Elle dit que les caméras de surveillance s’en fiche de ses allées et venues. Tu peux donc nous répondre sans crainte, notre organisation est à présent, parfaitement rôdée. »

« En fait, si on cessait de s’embrouiller, le cerveau avec des “données multifactorielles” », on ne pouvait que se rendre à l’évidence. Et c’était très simple. Cela faisait bientôt dix ans que les naissances naturelles avaient disparu. En 2052, aucun enfant ne naîtrait en France. Aucun. Ni en FIV, ni en PMA, ni dans aucune éprouvette, parce qu’on n’avait plus rien à vendre. Plus une goutte de sperme, plus un ovule, rien. On n’avait plus rien à y mettre. Voilà. Le mail aurait pu tenir en quelques mots. »

« – Mais c’est bien de trier.
– “C’est bien”, bravo ! On a bien retenu la leçon. Pourtant, vous les avez vues, sur le chemin, les zones d’enfouissement des déchets. Vous voulez que je vous fasse un dessin plus clair ?
– Mais avouez que les villes sont plus propres qu’avant.
– Super. Les villes sont plus propres et les campagnes sont une poubelle géante. On a repoussé le problème un peu plus loin. Et il est en train de nous revenir en pleine poire. Voilà ce que ça veut dire.
– OK… OK, vous êtes en colère, comme ceux qui avait protesté il y a longtemps, mais de toute façon vous ne proposez rien de concret. Les gens ne reviendront pas à l’âge de pierre et…
– Ah ! Vous trouvez que ma grand-mère vit à l’âge de pierre ? Vous trouvez que sa façon de vivre ne propose rien ? Elle a une tête de femme des cavernes, peut-être ?
– Pas du tout, c’est une femme très élégante. Mais elle vit coupée du monde.
– Ça, c’est vous qui le dites. Précisez plutôt qu’elle vit coupée de votre monde. Le monde vivant, il est là, sous vos pieds, Antoine. Il est fait d’eau, de terre et de fumier. Il n’a pas besoin de poubelle intelligente et ultra-connectée pour savoir où poser un papier. Il est là, c’est tout. Et il était là avant nous. »

Sioux Berger cultive sa plume tout autant que son jardin et partage avec la terre une relation très intime, dans laquelle elle puise à la fois, son inspiration et sa joie de vivre. Auteure de nombreux ouvrages aux éditions Marabout dans les collections Mes Petites Routines et Les Paresseuses, Les Pentes est son premier roman. Sioux Berger partage son temps entre Paris et le Cantal.

Elle est aussi maman de trois enfants, deux jardins et deux chats.

Elle aime :

– les crayons de papier 2B bien taillés, et les carnets Moleskine.
– la terre fraîche à retourner à pleine mains
– la danse, à la folie et pour toujours. Faire tourner une jolie robe d’été sur une musique que l’on peut chanter à tue-tête.
– la chaleur du soleil, la chaleur d’une couette, la chaleur d’un feu de cheminée.
– le concombre croquant en été, et la potée qui mijote tout doux tout doux en hiver.
– le vent sur les joues quand on pédale vite sur une route libre.
– les feuilles amassées sur le sol en automne parce qu’on peut courir dedans
– une maison qui sent bon le pain chaud
– le silence, il est si rare aujourd’hui.

Elle n’aime pas :

– les gens qui poussent et qui crient
– l’odeur fausse des frites du fast food
– les éclairages au néon
– les embouteillages
– les pistes de ski qui ressemblent à des embouteillages.
– les gens qui disent  » au jour d’aujourd’hui  » et qui enchaînent les critiques sur un ton aigre.

“Je m’appelle Sioux, comme les indiens d’Amérique. Et pourtant je suis issue des montagnes du fin fond de la France, aux confins de la Lozère et de L’Auvergne. Je porte en moi mes racines, et ce sont elles qui m’élèvent. Chaque jour, parce que je suis une grande angoissée (surtout depuis que je vis en ville…), je m’attache aux petits bonheurs quotidiens qui bâtissent mon bien-être.

Dans mon jardin, j’aime faire pousser la vie. J’aime y regarder mes enfants courir, puis grandir.
Dans mes textes, j’aime faire pousser la joie, et… un bon vieux sens pratique rempli d’astuces.

J’ai travaillé dans la presse, sur le net, pour des sites tels que “aufeminin.com”… Je suis aussi formatrice en gestion du stress et des émotions. J’aime le contact avec les autres, leur tendre la main et les aider. Apaiser les douleurs… donner des sourires.

Mes enfants m’appellent “le druide”.
Pour moi, la vie est une tasse de thé, dégustée lentement sur deux marches d’escalier au soleil.
Et lorsque je suis, prise par le tourbillon des transports, des factures, et des tâches ménagères, je cherche toujours le petit moment qui me permettra de me ressourcer.
Je vous invite à venir vous asseoir sur les marches avec moi. On pourra rire ensemble, pleurer, accueillir toutes nos émotions, les partager, et gravir d’autres marches main dans la main.”

2 réflexions au sujet de “Les Pentes”

  1. Hello d’un matin d’Irlande ! Merci pour ce livre, cher Jean-Paul. Tu me donnes vraiment envie de le lire. En ce moment, lecture du prix Fémina : « Un chien à ma table » qui semble être en résonance avec ce roman. Je te souhaite de belles fêtes, entouré par ta jolie famille, un premier Noël avec l’enfant est un Noël merveilleux. Je t’embrasse en amitié, et envolée de bonnes ondes à partager avec ceux que tu aimes ! 🌲🕊 Martine

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