de Florence Tachoires
Broché – 11 juin 2026
Éditeur : Taurnada Éditions

Affronter son passé sera inévitable… tout comme choisir qui elle veut devenir.
Afin de fuir un avenir incertain, Rosa se réfugie chez son grand-père au bord du bassin d’Arcachon. Mais la découverte du corps de Jérémy, son ami d’enfance, bouleverse tout.
Pour comprendre, la jeune femme plonge au cœur de l’île aux Oiseaux et se heurte à un enchevêtrement de secrets et de vérités dérangeantes.
Quand la vérité se révèle encore plus dangereuse que la mort elle-même !

Je découvre Florence Tachoires avec Derrière les volets bleus, et quelle belle surprise…
Dès les premières pages, j’ai été happé par une atmosphère singulière, à la fois douce, mystérieuse et profondément troublante.
Au cœur du bassin d’Arcachon, entre l’Île aux Oiseaux, les cabanes emblématiques et les embruns marins, l’autrice déploie un décor d’une grande intensité. J’avais l’impression de sentir le vent salé sur mon visage, d’entendre le clapotis de l’eau et le chant des oiseaux. Ici, les lieux ne servent pas seulement de toile de fond. Ils deviennent de véritables personnages.
J’ai suivi Rosa avec beaucoup d’émotion.
Touchante, fragile parfois, mais déterminée, elle avance au milieu des non-dits, des blessures anciennes et des secrets enfouis. La mort de Jérémy agit comme un déclencheur et ouvre la voie à une quête de vérité qui deviendra peu à peu une quête intérieure.
J’ai particulièrement apprécié la construction du récit, faite d’allers-retours entre passé et présent. Florence Tachoires distille les révélations avec beaucoup d’habileté, nous invitant à assembler les pièces d’un puzzle complexe dont chaque élément trouve finalement sa place.
Les personnages ont beaux être nombreux, chacun possède sa voix, son histoire et sa part d’ombre. Ce roman est bien plus qu’une enquête. C’est une plongée dans les méandres de l’âme humaine, dans les rancœurs, les regrets, les silences et les blessures que le temps ne parvient pas toujours à effacer.
La plume de l’autrice, est fluide, élégante et délicate… Elle sait créer une tension psychologique subtile qui ne cesse de grandir jusqu’aux dernières pages.
J’ai refermé ce roman le cœur serré, avec cette sensation particulière d’avoir partagé quelque chose d’intime avec ses personnages.
Derrière les volets bleus est un thriller psychologique qui m’a captivé, il est empreint d’émotions et d’humanité, tout ce que j’aime.
Une très belle découverte que je recommande aux amateurs de mystères, de secrets de famille, mais aussi de récits humains.
Une nouvelle fois, un grand merci à Joël Maïssa de Taurnada éditions !
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Extraits :
« Elle descendit de la voiture. Sa silhouette se découpa sous un réverbère. Trentenaire, grande et élancée, elle dégageait une énergie tranquille. Rosa était une femme que l’on remarquait. Sa haute taille, héritée d’un père au physique imposant, la forçait souvent à se pencher vers les autres, une inclinaison qui lui donnait l’air d’écouter plus qu’elle ne parlait. C’était peut-être cela qui attirait les confidences à elle. Mais en cet instant, ses traits semblaient figés, sa bouche fine dessinait une ligne droite presque sévère, et ses paupières pesaient sur ses yeux d’un bleu changeant. »
« Rosa se versait une seconde tasse de café quand son téléphone vibra. Appel vidéo de Yann.
« J’ai beaucoup réfléchi », dit-il, la voix molle.
Chaque fois que Yann commençait ainsi, c’était pour revenir sur un sujet laissé en suspens. Le week-end dans les Pyrénées. Elle quitta la cuisine où Max prenait son petit déjeuner pour s’installer au salon. Smoky se coucha aussitôt à ses pieds.
Yann souffla sans énergie dans le téléphone.
« C’est à cause de moi que tu es partie si vite ? » demanda-t-il. »
« Claudio effleurait le clavier de son ordinateur. Il touchait son problème du bout des doigts. Ce n’était pas l’angoisse de la page blanche qui le bloquait, non, mais une forme de syndrome de Stockholm. Il était prisonnier des mots, pris en otage par la langue, et pourtant étrangement satisfait de cet emprisonnement. Pourquoi déranger le vocabulaire ? Pourquoi aligner des phrases ? Pour explorer les recoins obscurs de l’hu-manité, pénétrer des esprits tortueux, nommer l’innommable, faire parler les silences, recréer la réalité ?
Quelle arrogance ! »
« Sous un ciel bas, les contours noyés dans la brume de l’ile de Noirmoutier apparurent.
Claudio ralentissait devant le portail de la maison d’Isabelle lorsqu’un son strident fendit soudain l’habitacle. Il hésita un instant à décrocher.
« Monsieur Maril, dit une voix glaciale qu’il ne connaissait que trop. La banque Richelieu exige la couverture immédiate de votre découvert. À défaut, une saisie sera engagée dès demain matin. »
Le message tomba telle une sentence. Pétrifié, Claudio serrait le volant, les jointures blanchies par la pression. Depuis des semaines, il mentait à son banquier pour repousser l’inévitable. Maintenant, la réalité le rattrapait. Une sueur glacée perla sur son front.
Il supplia le banquier, qui ne l’écoutait plus.
C’était fini. »


Florence Tachoires vit dans le sud-ouest de la France avec sa famille.
Avant de se consacrer pleinement à l’écriture, elle occupait un poste de cadre en statistiques et en stratégie commerciale au sein d’une entreprise internationale.
