Émotion, Humour, Polar, Thriller

Nice day

de Peggy Fratorre
Broché – 30 avril 2026
Éditeur : Éditions Cairn

Dimanche 31 octobre, minuit, place Masséna. Angelo vient de terminer son service, épuisé par les défilés d’horreurs en ce soir d’Halloween. Soudain, sous ses yeux, un homme tombe raide mort. Sans raison apparente. Un cadavre à deux pas du Paradis… Pour le commandant Lucie Ribaire et le capitaine Jacques Jouhandon de la Crim’ de Nice, la Baie des Anges a bien souvent le visage de l’Enfer. Et si l’ADN ne ment jamais, il peut parfois mener sur bien des fausses pistes…

J’avais découvert la plume de Peggy Fratorre en 2023 avec son recueil de nouvelles Ce qui nous lie et nous éloigne. J’y avais déjà perçu une auteure capable d’explorer avec finesse les failles humaines, les blessures de l’enfance, la fragilité des êtres et la place des femmes dans notre société. Avec Nice Day, elle confirme tout le bien que je pensais de son univers, et c’est une femme qui mène la danse, Lucie Ribaire. Elle est de celles qui ne se laisse pas abattre facilement, une femme forte et intelligente…

Au cœur de ce roman, j’ai donc fait la connaissance de Lucie Ribaire, commandant de police à Nice. Une femme de caractère, déterminée, intelligente et profondément humaine. Confrontée à une enquête particulièrement complexe, elle avance avec son équipe dans un véritable labyrinthe d’indices. Malgré des mois de travail acharné, les preuves semblent se contredire et l’ADN retrouvé sur la scène de crime ne fait qu’épaissir le mystère.

Peggy encore une fois maîtrise parfaitement son écriture et ses effets. Ce qui m’a particulièrement séduit, c’est la richesse du récit. L’auteure ne se contente pas d’écrire un polar. Elle tisse avec talent un roman où se croisent l’Histoire, les sciences, la botanique, la poésie et un humour subtil qui apporte une belle légèreté à l’ensemble. J’ai appris énormément de choses au fil des pages tout en restant captivé par l’intrigue. Son écriture est fluide, vivante et très visuelle. Plusieurs scènes se sont imposées à moi comme de véritables séquences de cinéma. D’ailleurs, je verrais parfaitement Lucie Ribaire devenir l’héroïne récurrente d’une série policière tant son personnage possède de relief et de potentiel.

J’ai également beaucoup apprécié la playlist proposée à la fin du roman. Une délicate attention qui prolonge l’expérience de lecture et m’a accompagnée merveilleusement pour densifier l’atmosphère du livre.

Avec Nice Day, Peggy Fratorre signe un polar original, intelligent et souvent surprenant. Je me suis laissé porter sans jamais deviner où l’auteure souhaitait m’emmener, jusqu’à une conclusion que je n’avais absolument pas vue venir.

Une lecture singulière, pleine d’esprit et de personnalité, que je vous recommande vivement.

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Extraits :

« Dimanche 31 octobre. C’est le noir complet, un ciel sans lune, une nuit froide d’automne. La place Masséna est maintenant déserte. Chose rarissime.
Car, de jour comme de nuit, cette esplanade, cœur battant de la ville, est toujours peuplée et bruyante. Un flot sérré d’individus s’y pressent, aimantés par les magasins et les restaurants, tels des insectes attirés par la lampe de jardin. Hommes d’affaires et fêtards ne cessent de s’y croiser. »

« Quelle drôle d’idée que cette tradition d’Halloween ! Étrange, cette volonté affichée de vouloir faire peur et mettre en scène l’horreur ! Effrayant, cette noirceur humaine! Comme s’il n’y avait pas déjà assez de choses monstrueuses dans la vie, sans en rajouter ce soir-là !
Au JT de treize heures, la journaliste avait expliqué que cette tradition venait de la culture celte: les druides allumaient de grands feux et encourageaient les villageois à revêtir des déguisements épouvantables pour repousser les esprits maléfiques.
Le masque empêchait l’identification, la reconnaissance des personnes. Il annulait la personnalité de celui qui le portait, le transformait et lui offrait un nouveau visage. Se travestir pour faire la fête. Se déguiser pour trouver un exutoire au quotidien.
Porter un masque et être un autre: dissimuler son vrai visage, par crainte de montrer sa véritable nature. Camoufler des travers pour laisser surgir son côté sombre, en toute légalité… « Laisse-toi succomber à tes plus sombres rêves », entendait-on dans Le Fantôme de l’Opéra. Se déguiser, c’était, en somme, montrer un nouveau visage, pour cacher le vrai. Le monde est un grand bal où chacun avance masqué, finalement. »

« Elle n’était pas n’importe quelle policière: elle était quand même sortie major de sa promotion. Pour autant, il n’avait pas été facile pour le commandant Ribaire de se faire une place parmi tous ces hommes, de se faire accepter… et encore moins de les diriger.
Fine observatrice, perspicace, attentive aux détails, ce Sherlock en jupons avait le don de mettre les gens en confiance pour les faire parler. Atouts indéniables pour mener à bien ses enquêtes. Et elle le faisait tambour battant, avec une vivacité d’esprit incroyable. »

« Jouhandon était un rêveur né. La tête ailleurs, comme le sont souvent les littéraires. Plongé dans la lecture dès son plus jeune âge, il avait grandi un livre à la main. Toujours armé d’un cahier et d’un crayon, pour tout noter. Il lisait tout ce qu’il trouvait, avec une prédilection pour les poètes maudits: Rimbaud, Verlaine, Baudelaire n’avaient pas de secret pour lui. Ce qui amusait beaucoup ses collègues et les avait poussés à le surnommer Orphée. Visiblement, entre la lyre et le flingue, il avait hésité ! »

Née à Marseille en 1977, clinique Massalia (ça ne s’invente pas !), ville chère à son cœur qu’elle a dû quitter en 2001 pour des raisons professionnelles, Peggy Fratorre a alors habité à Troyes (dans le Grand Nord !) pendant un an puis dans le Golfe de Saint-Tropez, à Cogolin pendant neuf ans.

Passionnée de littérature, c’est tout naturellement qu’elle est devenue professeur de lettres depuis vingt ans. Son métier est une véritable vocation qu’elle veut exercer depuis l’âge de dix ans !
C’est à l’occasion d’un concours de nouvelles, en 2009, qu’elle en est venue à l’écriture de nouvelles d’abord. En 2018, son recueil de nouvelles Ce qui nous lie et nous éloigne a été publié (édition La Lampe de chevet) et plusieurs ont été primées : Concours international FFM (Forum Femmes Méditerranée), Prix écriture d’Azur, Concours MPT d’Istres…
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/25/ce-qui-nous-lie-et-nous-eloigne/

Retrouvez-la sur son blog : http://peggyfratorre.blogspot.fr/
ou sa page FB : http://www.facebook.com/donnemoidesnouvelles/

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