Émotion

Krokodil

de Laloy-Gyronnase
Broché – 12 novembre 2021
Éditeur : Librinova

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Policier à Bouches-Ville, Poli Gyronnase s’efforce, jour après jour, d’accomplir sa difficile mission de flic. Mais ce qui était une vocation n’est pas loin de devenir un calvaire pour cet homme idéaliste, désabusé face aux absurdités et aux manquements répétés de ses deux hiérarchies : la police et la justice. Pourtant, pas question de s’épancher dans ce milieu « dur… mais injuste » ni de confier ses tourments à son épouse Ornella, qu’il veut protéger à tout prix. Alors, plongé dans son « Ifaune », il se réfugie dans l’écriture, rêvant de rejoindre un jour les auteurs qu’il croise sur le Net. Sa rencontre virtuelle, aussi instantanée qu’addictive avec l’étrange et obsédante Yola Lorennz, va remettre en cause toute sa vie… De tragédies en révélations époustouflantes, sa descente aux enfers fera de lui un autre homme. Rozenn Laloy, la plus espiègle des romancières bretonnes, Poli Gyronnase, le plus fantasque des policiers marseillais… Ils n’avaient rien en commun… rien, sauf l’écriture à contrepied, au service d’un même regard lucide sur la comédie humaine. Leurs plumes entremêlées livrent ici un roman-témoignage poignant, dérangeant, déjanté qui laisse knock-out. Quand la fiction se perd dans le réel, quand le réel se crée dans la fiction… le monde se transforme à l’infini.

 

2022_012_Laloy-Gyronase - Krokodil

 

Je viens de terminer “Krokodil” et je ne sais toujours pas si je dois en rire ou en pleurer…

J’ai découvert Poly Gyronnase avec “Le monde des fous est infinis”, dont j’avais apprécié la plume… Dans ce préquel à son premier roman, deux mains viennent s’ajouter au récit, celles de Rozenn Laloy, donnant un rythme très fluide au récit, car vous l’aurez compris, le style de Rozenn est très différent de celui de Poli, elle amène un côté très sensuel, voire érotique parfois. Quelle belle idée d’avoir mélangé deux styles pourtant si complémentaires !

Fiction ou réalité ?
Mi-réalité ou mi-fiction ?
Qu’importe.
Les deux auteurs se donnent à fond pour nous transmettre “leurs” réalités, “leurs” envies de transmettre, le bon comme le pire pour exsuder les horreurs vécues ou rencontrées, écrire pour moins souffrir, oui, peut-être…

J’ai appréhendé cette histoire, plus comme un témoignage qu’il leur fallait nous transmettre, plus qu’un roman et j’ai “vécu” ce récit passant du rire à la tristesse, en lisant des valeurs que je comprends et que je soutiens. Une histoire lumineuse et sombre à la fois, très différente de mes lectures habituelles. Cette lecture m’a aussi rassuré sur de nombreux points, et aussi… Poli, Rozenn, malgré ce que l’on cherche à nous faire croire, nous sommes nombreux comme vous !

Poli est un “flic” marseillais depuis plusieurs années, les dérives et les différentes aberrations du Système le mettent hors de lui. Il était entré dans la police, pour sauver la veuve et l’orphelin, combattre le mal et arrêter des malfaisants, et il se retrouve dans son quotidien à interroger des interpellés “en garde à vue” et à entasser de la paperasse, alors que, bien que coupables, ils repartent avec le sourire ! Il a fait une demande de mutation à la “Crime”, et pour son équilibre, en attendant, il a besoin d’écrire des histoires, pour ne pas se perdre… Un jour, il “rencontre” sur le Net Yola et très vite, ils vont correspondre très régulièrement. Qui est cette mystérieuse et sensuelle Yola, qui va petit à petit lui faire changer sa perception de la vie ?

Malgré des sujets durs et délicats, Rozenn et Poli n’hésitent pas à utiliser l’humour comme pour cacher toute cette noirceur, et c’est aussi avec beaucoup de sensibilité qu’ils traitent leurs sujets…

Alors malgré cette étonnante rencontre, oui, un flic écrivain et une spécialiste des romances, non seulement arrivent à bien s’entendre, mais surtout ont réussi à composer cette partition à quatre mains aussi innovante et surprenante que bluffante

Je recommande Krokodil, qui m’a fait passer un moment intense de lecture et de réflexion. Un grand merci aussi à Rozenn pour être entrée en contact avec moi…

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Extraits :

« Vole comme un papillon, pique comme une abeille… »

« Je ne raconte pas mes journées de travail à Ornella… Ou alors, j’édulcore mes propos, je lui en sers la version « Light ». Je la protège en lui cachant la réalité de mon métier, les horreurs que je suis amené à constater tous les jours.
Je ne lui ai jamais avoué non plus que, pour tenir le coup, j’écris régulièrement en cachette. Je ne veux pas qu’elle lise mes textes et qu’elle comprenne que mon métier me confronte sans relâche à l’absurdité de ce monde, un monde pourri, vicieux, dans lequel j’erre sans fin.
Je l’aime tant Ornella, je ne veux pas la décevoir. Je ne veux pas lui révéler mes doutes, mes peurs, mes failles. »

« Lorsque je suis entré dans la police, c’était pour sauver la veuve et l’orphelin, combattre le mal et arrêter des malfaisants. Je me suis vite rendu compte que les gouvernements utilisaient la police à leur guise. Ils font ce qu’ils veulent de nous. Cependant, je garde à l’esprit ce pour quoi j’ai intégré ce métier : lutter contre le mal. Alors, même si je sais que je suis utilisé, je fais avec. Je ne sers pas un système, je fais en sorte qu’il tienne, même s’il est bancal, parce que sans nous, les flics, ce serait le chaos ! »

« – Oser, Poli, oser ! Oser regarder la vérité en face, oser en tirer les conclusions évidentes, oser refuser de poursuivre ce jeu de dupes, où seul un petit nombre de nantis, une caste initiée, s’épanouit sans limite, quand tant d’autres peinent et souffrent sans espoir ! Se révolter contre cet ordre qui ne mène qu’au chaos ! Et dont tu es, toi et tes semblables, le serviteur aveugle… ou qui ne veut pas voir, n’est-ce pas ?
– Mais comment veux-tu qu’un petit flic de mon acabit puisse « oser » comme tu le dis et se révolter ? Nous n’avons même pas le droit de grève !
– Mon Dieu ! La belle affaire ! Depuis quand faut-il une autorisation pour se rebeller ? »

 

 

Rozenn LALOY a toujours eu beaucoup d’imagination et de style, au point que ses professeurs l’ont encouragée tout au long de ses études à livrer par écrit toutes ces histoires qui lui trottaient dans la tête.

Son premier roman « Marie et le Loup », une romance champêtre, a remporté le deuxième prix du concours « Romancière 2019 », organisé conjointement par les Editions Jean-Claude Lattès et la plateforme Librinova.

En 2020, elle publie « Le Chapeau d’Indiana », une romance contemporaine déclinée en deux tomes :

« Bleu et Chaud à la fois » et « A perdre la raison ».

Curieuse de découvrir de nouveaux registres d’écriture, elle travaille sur des projets très différents de ses premiers ouvrages.

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Poli GYRONNASE a 50 ans, il est marié et père de deux filles. C’est l’écriture qui l’a sauvé et permis de tenir le coup pendant 18 ans au sein de la Police Nationale. Ne soupçonnant plus aucun avenir dans cette ingrate profession, sa démission coulait de source. En se reconvertissant dans un univers plus feutré, celui de la banque assurance, il peut assurer l’avenir de ses enfants, en toute sérénité. En réalité, Poli apprécie son nouveau métier, mais il lui manque son côté fantasque. Ses écrits salvateurs ont réveillé en lui son sens de l’originalité et de l’abracadabrantesque. Il a pris goût à l’écriture au point d’en devenir addict. C’est au cours de cette nouvelle carrière de financier que Poli a tout compris.  » Il aurait voulu être un auteur, pour pouvoir inventer sa vie. Il aurait voulu être un artiste. »

Il se lance dans l’aventure de l’auto-publication avec la maison d’auto-édition Librinova, il accomplit un rêve en auto éditant son manuscrit « le monde des fous est infini ».

Le monde des fous est infini

 

Nouvelles

Mourir, encore… (et plein d’autres choses)

de Nick Gardel
Broché – 21 août 2018
Éditeur : Independently published

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Le temps qui passe, l’écriture, l’amitié et la mort. Voici un quatuor imprévisible. Vingt nouvelles pour en faire le tour. Vingt textes pour en disséquer les recoins. Du polar, du thriller, du fantastique, de la dérision, mais toujours un seul but : raconter. Raconter combien il est difficile de sortir indemne de ce monde tumultueux. Raconter que, parfois, la seule solution est d’en mourir, encore…

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Celles et ceux qui me connaissent un peu savent que j’adore lire… Et je lis de tout !

Mais, temps en temps, je fait un petit “break”, et je lis des nouvelles. Ce format d’écriture souvent plus rythmé oblige les auteurs à aller droit au but, et dans le fond, et dans la forme. Ici, l’erreur ne pardonne pas !

Mon “Ressenti” forcément est différent. Il n’y a pas ici de “ligne de conduite”. L’auteur aborde dans ces 20 histoires courtes des thèmes tellement différents qui me serait impossible d’en développer un pour chaque intrigue…

Nick Gardel maitrise son sujet, et il le fait plutôt très bien.
Chaque nouvelle a son univers bien particulier. Folie, philosophie, violence, amour aussi… Je me suis régalé de passer ainsi d’une vie à l’autre, d’un sujet sombre à un autre plus léger. J’ai été ému, triste, mais j’ai ri aussi, tout seul dans mon fauteuil devant la cheminée avant de grincer des dents sur la nouvelle suivante.

Nick est un vrai écrivain. Un amoureux des mots. Je l’ai, plusieurs fois dans ma lecture, imaginé derrière son bureau se triturant l’esprit. Chaque idée, chaque mot trouve automatiquement sa place. Lorsqu’il écrit, il jongle, il jubile, il vie. Il vous emmènera à chaque fois là où il le voudra, et si vous êtes comme moi, alors, vous en redemanderez toujours plus… Mais, vous n’aurez plus qu’a vous laisser guider dans son monde à travers ses récits.

Encore Nick, Encore…

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Extraits :

« Moi j’aime les polars. Deux bouquins par semaine, c’est ma moyenne. Et puis, il y a tellement de livres, tellement d’histoires. C’est comme la vie, on n’en voit pas le bout. »
…/…
« Je n’écris que des nouvelles.
L’intensité de l’effet produit sur le lecteur, le fait de ne faire qu’effleurer sans pour autant diminuer les personnages, les richesses que l’on peut puiser à bouleverser un agencement en quelques phrases, tout cela semble fait pour moi. Je veux dire par là que je ressent intensément est profondément une adéquation avec la forme même de ce type de littérature. Je n’écris que des nouvelles, précisai-je. En fait, je ne sais écrire que des nouvelles. Ce qui rejoint la première partie de mon explication, car, malheureusement, les nouvelles sont parfaitement invendables de nos jours. »

 

 

Rattrapé par une quarantaine qui ne va en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.

Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.