de Nathalie Hug et Jérôme Camut
Poche – 8 septembre 2010
Éditeur : Le Livre de Poche

Dans les années 1950, quatre scientifiques traversent la jungle vénézuélienne en quête d’une espèce de singes muets. Ce qu’ils vont découvrir va changer le cours de leur vie. Amazonie, de nos jours : Nina Scott dirige une équipe de cueilleurs d’essences rares pour l’industrie américaine, dans une région contrôlée par les braconniers et les trafiquants de drogue. En s’éloignant du groupe, Nina tombe sur les vestiges d’un site magnifique, où les singes sont silencieux et où les arbres dissimulent des charniers. Alors que la mort frappe ses compagnons, elle est miraculeusement épargnée. Des mines d’émeraudes colombiennes aux bidonvilles de Caracas, des palaces de la Côte d’Azur aux confins du désert marocain, Nina va alors s’embarquer dans une aventure qui pourrait mettre en péril sa vie et bien plus encore.

Après avoir lu Les éveillés il y a quelques jours, j’avais vraiment envie de retrouver Nathalie Hug et Jérôme Camut.
Avec 3 fois plus loin, je confirme une nouvelle fois tout le bien que je pense de leur univers. Les deux auteurs mêlent avec une remarquable maîtrise dans ce roman, thriller, histoire, science, fantastique parfois, et pourquoi pas… une petite touche visionnaire ?
Dans les années 1950, une expédition scientifique s’aventure dans la jungle vénézuélienne. Des découvertes étranges vont bouleverser les certitudes des chercheurs et attiser bien des convoitises. Des décennies plus tard, Nina Scott, une jeune américaine qui dirige la cueillette d’essences rares pour l’industrie pharmaceutique dans les forêts, travaille à son tour dans cette région devenue dangereuse, ravagée par le trafic de drogue et le braconnage. Elle va découvrir des vestiges qui semblent directement liés aux recherches menées autrefois. Un village de pierre là où l’on ne construisait qu’en bois, des ruines recouvrant des charniers et surtout une mystérieuse espèce de singes étrangement muette… Très vite, les deux époques se répondent et ce lieu devient le fil conducteur de cette histoire. D’un côté, les recherches scientifiques menées sur un tepui, de l’autre, Nina qui tente de comprendre ce qu’elle vient de découvrir.
J’ai aimé cette construction qui fait constamment alterner passé et présent. À chaque réponse apportée surgit une nouvelle question, et je me suis retrouvé happé dans cette succession de découvertes. Plus j’avançais, plus les enjeux prenaient de l’ampleur et plus les zones d’ombre s’épaississaient pour mon plus grand plaisir !
La plume des deux auteurs est précise, rythmée et terriblement efficace. Mais ce qui m’a particulièrement séduit, c’est leur manière de privilégier l’humain à la simple aventure spectaculaire. L’aventure est racontée à hauteur d’homme, avec des personnages à la fois forts, fragiles, mais surtout profondément humains.
C’est justement cette dimension psychologique qui donne au récit son rythme si particulier. Et avec Nathalie et Jérôme, le récit est jalonné de surprises, de rencontres et de révélations. Une fois encore, leur écriture à quatre mains est parfaitement maîtrisée. J’ai tourné les pages avec frénésie, complètement absorbé par ces deux histoires séparées par plusieurs décennies mais inexorablement liées. Et, une nouvelle fois, je me suis fait surprendre par les révélations successives, où je n’ai pu m’empêcher de me renseigner en parallèle sur divers au fur et à mesure de ma lecture. Un très grand merci à eux, de chercher à nous ouvrir nos esprits !
Le dénouement est à la hauteur de l’intrigue, terrifiant, émouvant et totalement inattendu.
« 3 fois plus loin » est pour moi une nouvelle réussite de Nathalie Hug et Jérôme Camut. Un thriller d’aventure solide et intelligent, qui prend aux tripes.
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Extraits :
« Et si on s’arrêtait, l’espace de quelques instants, sur les tenants du destin des hommes, qu’y verrions-nous ?
Cette question m’a hanté tant de fois, et pourtant, je me suis toujours heurté à la même réponse. En regard des autres êtres vivants, l’humanité possède une magnifique propension à créer et dans le même temps, son exact contraire. Car le plus grand de ses talents est celui de la destruction. Depuis que notre espèce s’est dressée au-dessus des herbes, elle rase plus vite qu’elle ne bâtit, coupe les têtes plus vite qu’elles ne poussent et rivalise dans l’horreur, sur tous les continents, à toutes les époques et depuis la nuit des temps. »
« La jeune femme encore tremblante tient son sac contre sa poitrine, et s’y accroche avec force en répétant qu’elle a sauvé les preuves de ce qui se trouve là-haut et que ce n’est pas un petit orage qui va arrêter une Scott. Aidan Lassiter, Yahto et Kwanita, qui ont préparé leur départ, les attendent protégés par une bâche, le regard sombre et les pieds enfoncés dans vingt centimètres de fange. »
« Des larmes, qu’elle tente vainement de repousser, montent aux yeux de la jeune femme. Toute sa vie, elle a connu ces brusques accès d’émotion. À l’école déjà, la moindre engueulade la privait de ses moyens intellectuels, pourtant très développés. Une situation d’injustice provoquait immanquablement les mêmes débordements lacrymaux. Dans les relations avec sa hiérarchie, ce n’était pas mieux. Il suffisait qu’elle soit confrontée à un supérieur pour perdre ses moyens.
Ceux qui s’en apercevaient savaient titiller ce point que Nina pensait faible – les hommes en tête. »
« Ces petits singes chapardeurs ont le défaut de leur qualité. Relativement à leur taille, ils possèdent un cerveau aussi développé que celui de l’homme. Ce qui les place très haut dans l’échelle de l’évolution !
…/…
Alors il faut les détruire tout de suite, tous sans exception ! S’ils nous ressemblent, va savoir quelle diablerie ils risquent d’inventer dans les millénaires à venir. »


Née en 1970 à Nancy, Nathalie Hug a publié depuis 2006 quinze thrillers avec son mari Jérôme Camut dont la tétralogie W3 (Prix des Lecteurs du Livre de Poche en 2014 pour le premier tome Le Sourire des pendus) et celle des Voies de l’Ombre. Elle est également l’autrice, en solo, de L’Enfant-rien, La Demoiselle des Tic-Tac, 1, rue des Petits-Pas et Comme un enchantement. Nathalie Hug a reçu le prix Coup de cœur de la Griffe Noire (St Maur Les Fossés) pour l’ensemble de son œuvre.
Jérôme Camut et Nathalie Hug, respectivement nés en 1968 et 1970, se rencontrent fin 2004 à travers Malhorne de J. Camut, la série culte qui a renouvelé le fantastique. La magie opère immédiatement. Depuis, ils se sont mariés et consacrent leur vie à l’écriture à quatre mains.
— Les éveillés (2008)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/08/07/les-eveilles/

Je n’ai lu que deux livres des auteurs, un coup de cœur et l’autre, tout l’inverse 🫣. Je dois être prudente dans mon prochain choix 😅
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