de Sandrine Destombes
Broché – 1 mai 2016
Éditeur : France Loisirs

Depuis qu’une balle a plongé son partenaire et amant Fabio dans le coma, la commissaire Max Tellier n’a plus la force de se battre. Mais l’envie de découvrir la vérité est plus forte… Soutenue par son équipe, qui comme elle, soupçonne une histoire de flics véreux, elle enquête, en secret pour que justice soit faite. Pourtant déjà un autre meurtre les mobilise. Un cas pour le moins étrange : un joggeur, victime non pas d’une crise cardiaque, mais d’un empoisonnement…
Plus troublant encore, la victime est un prêtre…

Après La faiseuse d’anges et L’arlequin, le troisième opus Ainsi sera-t-il, de Sandrine Destombes ne se contente pas de nous livrer un thriller efficace. Elle nous entraîne dans une histoire où plusieurs enquêtes vont s’entremêler, sur fond de politique, de police, de croyances et de radicalisation. Et dès les premières pages, je me suis retrouvé happé par une intrigue qui ne laisse pratiquement aucun répit.
La commissaire Maxime Tellier est confrontée à un drame particulièrement personnel. Son amant, Fabio Cavalli, a reçu une balle dans la tête et se trouve entre la vie et la mort. Avant son agression, il soupçonnait l’existence d’une taupe au sein de la brigade des stupéfiants.
Maxi décide alors de reprendre du service et de mener sa propre enquête pour découvrir qui a voulu le faire taire.
Mais une autre affaire l’attend. La mort suspecte d’un prêtre retrouvé sans vie alors qu’il faisait son jogging. Ce qui ressemble d’abord à une crise cardiaque prend une tout autre dimension lorsque l’autopsie révèle d’étranges lésions. Et comme si cela ne suffisait pas, une ancienne affaire concernant le capitaine Brémont et le meurtre de sa femme et de son enfant refait surface.
J’ai beaucoup aimé Maxime, ou plutôt “Max”, cette femme au caractère bien trempé, parfois dure et peu commode, mais qui cache derrière cette carapace une grande émotion et sensibilité. Son équipe aussi, soudée, tenace et efficace, apporte également beaucoup d’humanité au récit.
Ce que j’apprécie particulièrement chez Sandrine, c’est son écriture directe, fluide et sans fioritures inutiles. Elle sait multiplier les pistes sans jamais perdre son lecteur et surtout faire monter progressivement la tension. Mais derrière le thriller se cache une réflexion plus profonde sur la foi, la manipulation et la violence et son récit devient progressivement de plus en plus trouble. J’ai trouvé le roman inquiétant précisément parce que le malaise vient autant de la logique des personnages que de leurs actes.
Et ce titre, Ainsi sera-t-il, résonne presque comme une sentence, une vérité que l’on voudrait imposer aux autres.
Sandrine vient de me démontrer encore une fois, qu’un polar peut être passionnant tout en nous poussant à réfléchir sur notre époque.
C’est tendu, parfois inconfortable, intelligent et particulièrement bien construit.
Vous l’aurez compris, je suis fan !
Amis lecteurs, si vous aimez les thrillers qui ne se contentent pas de vous divertir, foncez découvrir Sandrine Destombes !
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Extraits :
« Cela faisait déjà deux semaines qu’Enzo avait ramené sa protégée chez lui, en Italie. Il s’était d’abord installé chez Max à Paris, déployant chaque soir un vieux lit de camp jusqu’à ce que son nerf sciatique lui intime de trouver une autre solution. Il avait veillé sur elle, nuit et jour, depuis ce fameux soir où elle l’avait appelé, en pleine détresse. »
« Le printemps était au rendez-vous et Paris offrait ses plus belles couleurs. Max, malgré son appréhension, était contente de rentrer. Elle était dans sa ville, dans ses marques. Elle s’était accordé un jour de repos supplémentaire avant de retourner travailler, le temps pour elle de trier son courrier et de remplir le réfrigérateur. Max avait promis à son mentor de faire un effort sur son alimentation mais s’apercevant qu’elle avait une fois de plus oublié d’acheter des légumes, elle se rassura en estimant que le nombre de fruits accumulés dans la caisse de chardonnay ferait l’affaire. »
« — On est grands maintenant, répondit José. Laisse-nous t’aider. Et quand je dis ça, je parle aussi au nom des autres. Que ce soit Jeanne, Paul ou même Thomas. Ils n’attendent que ça.
Max sentit sa gorge se nouer et les larmes monter. Elle tourna le dos à son collègue et regarda en l’air, espérant refouler au plus vite ce surplus d’émotion. Lorsqu’elle lui répondit, il n’y eut cependant aucun trémolo dans sa voix. »
« Il n’était pas encore seize heures que Max était déjà éreintée par cette première journée de reprise. Elle craignait d’avoir surestimé ses forces. Mener de front l’enquête sur la mort du Père Francis et trouver la taupe qui avait tiré sur Fabio n’allait pas être de tout repos. Elle n’avait quasiment rien avalé depuis le matin et décida d’aller se restaurer au distributeur. Son choix s’arrêta sur une barre chocolatée qui, comme à son habitude, resta coincée dans les arceaux de la machine. Max était persuadée que les concepteurs de ces distributeurs n’avaient jamais utilisé leur propre invention. S’ils l’avaient fait, ils auraient sûrement pensé à un moyen de déblocage. Au lieu de ça, elle utilisa la seule technique qu’elle savait fiable : une grande tape dans le flanc de la machine accompagnée d’un coup de pied dans la partie basse du réceptacle. Elle finit par récupérer son en-cas sous les yeux amusés de ses collègues. Max était de retour, et ses petites manies aussi. »


Sandrine Destombes est une romancière française spécialisée dans les thrillers et les polars.
Elle a réussi à concilier sa passion pour l’écriture avec une carrière dans l’événementiel, avant de s’imposer comme une voix incontournable du polar français contemporain.
Elle est née 29 avril 1971 à Marseille et a toujours vécu à Paris. Après avoir décroché son diplôme à l’ESRA (École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), elle s’installe à Paris et s’oriente vers la production d’événements, un métier qu’elle exerce pendant plus de vingt ans. C’est sur son temps libre qu’elle commence à imaginer ses intrigues sombres, nourries d’une narration très visuelle et cinématographique. Très attachée à ses origines italiennes, elle distille d’ailleurs régulièrement son amour pour la région des Abruzzes dans ses textes. Sa carrière littéraire décolle au milieu des années 2010 grâce aux éditions France Loisirs (collection Nouvelles Plumes), mais le véritable tournant a lieu en 2018 avec son cinquième roman, Les Jumeaux de Piolenc, qui devient un immense succès en librairie. Traduit en huit langues, ce livre lui vaut le prestigieux Prix VSD RTL du meilleur thriller français, présidé par Michel Bussi.
Aujourd’hui, elle fait partie de la célèbre Ligue de l’Imaginaire et du collectif Les Louves du Polar.
— La Faiseuse d’anges (Nouvelles Plumes, 2015),
— L’Arlequin (Nouvelles Plumes, 2016),
— Ainsi sera-t-il (Nouvelles Plumes, 2017),
— Les Jumeaux de Piolenc (Hugo & Cie, 2018)
— Ils étaient cinq (Nouvelles Plumes, 2018).
