Émotion, Drame, Psychologie, Violence

Organigramme

de Jacques Pons
Broché – 20 septembre 2018
Éditeur : Hugo Roman

Vous pensez que le monde de l’entreprise est parfois cruel ?
Que l’univers de la mode est sans pitié
Oubliez ce que vous croyez savoir.
La réalité est bien plus terrifiante.

Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à se salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochaine fashio week, ce ne sont pas les mannequins, mais les cadavres qui défilent…
L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…
Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun s’observe avec défiance Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un serial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaître de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ?

Dans l’enfer feutré de la mode parisienne, personne n’est à l’abri.

Je découvre avec Organigramme la plume de Jacques Pons, et quelle découverte pour un premier roman !

L’histoire m’a entraîné au cœur de la prestigieuse Maison Louis Laigneau, fleuron de la haute couture française installé avenue Montaigne. Derrière les “vitrines” luxueuses et les paillettes se cache pourtant un univers professionnel beaucoup moins glamour. Stress permanent, humiliations, réunions interminables, pression du chiffre et culte de la performance rythment le quotidien des salariés. Ici, la hiérarchie est reine et les faux-semblants sont partout.
Pour tenter de remotiver ses équipes, la direction organise un séminaire obligatoire à Marrakech. Mais ce week-end censé favoriser la créativité va rapidement virer au cauchemar et faire naître une haine froide.
À leur retour à Paris, le cauchemar continue… sauf que cette fois, ce ne sont plus les mannequins qui défilent, mais les cadavres.

Un tueur anonyme a décidé de « dégraisser » l’entreprise en éliminant méthodiquement ses salariés, en remontant chaque case de l’organigramme. Le tueur utilise la torture psychologique pour pousser certains cadres déjà à bout vers le burn-out, avant de passer à une exécution méthodique. Très vite chacun devient suspect et chacun se demande si le monstre ne se trouve pas assis juste en face de lui.

J’ai été happé par cette mécanique implacable et j’ai assisté, médusé et fasciné, à la chute progressive de cet « empire ». Nul ne pourra y échapper.

Ce qui m’a particulièrement séduit, c’est le choix du monde de l’entreprise comme décor de thriller. La souffrance au travail, les rapports de domination et le burn-out donnent au récit une résonance personnelle et particulièrement actuelle. Évidemment, toutes les personnes broyées par leur entreprise ne deviennent pas des tueurs froids et machiavéliques ! Heureusement…
Mais j’ai compris la frustration et la profonde souffrance qui nourrissent la vengeance du personnage.

Jacques fait également se rencontrer deux univers radicalement opposés. Celui, feutré et cruel, du luxe parisien et celui de la banlieue.

J’ai apprécié cet équilibre entre l’enquête et l’univers professionnel, sans que l’un ne prenne totalement le dessus sur l’autre. L’écriture est vive, fluide, efficace et terriblement addictive. Les rebondissements se succèdent et, une fois encore, je me suis fait avoir alors que tous les éléments étaient pourtant sous mes yeux !

Pour un premier roman, Organigramme est une sacrée réussite. Un véritable page-turner, avec un final magistral. Bravo l’artiste !

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Extraits :

« Rien à faire. L’homme qui lui a lié les mains et les pieds ne lui a laissé aucune chance. Il repense à son adolescence, enrôlé de force par ses parents chez les scouts marins. Des heures à apprendre comment faire et défaire ces putains de nœuds, dans un camp qui puait la vase et la transpiration.
Une nouvelle goutte lui coule derrière l’oreille. Il tente de lever son épaule pour l’éponger, en inclinant la tête, mais le fil de nylon qui entrave ses poignets derrière le dossier du fauteuil découpe sa peau sous la tension qu’il lui imprime. Un gémissement lui échappe. Il perçoit la progression lente du sang qui se met à glisser le long de l’attache du pouce. Sur sa droite, plusieurs bidons de métal, soigneusement alignés contre un mur de toile épaisse. Sur sa gauche, le même pan de tissu et quelques chaises hors d’usage. »

« Voilà. Nous y sommes.
Ils n’ont, pour la plupart, plus la force de crier. Les plus résistants trouvent encore la ressource pour gémir. Je les hais. Je les plains mais je les hais. Je ne les connais pas tous. Il y en a même que je n’avais jamais vus auparavant. Tant pis. Il est trop tard pour renoncer. Ils paieront pour les autres, et comme les autres.
Mon seul regret est de ne pas assister à leur fin. »

« — CA-NON ! CA-NON-NISSIME !
— Marrakech, non, mais Marrakech, quoi ! J’hallucine ! Tellement cool. Il nous reste moins de deux mois pour nous mettre aux UV et arrêter de manger !
— Oh. My. God. Partir au soleil en plein hiver, ‘avais pas prévu, je suis au bout de ma vie!
— Mais pour nous ça va, hein, comment elles vont faire, aux RH, elles ont tellement de cellulite qu’elles vont bronzer en pointillé…
— Tu me diras, les pois c’est la grande tendance cet hiver, pour une fois elles seront dans le coup !
— J’adore! Vous êtes tellement des pestes ! »

« Je t’ai vue. Je t’ai vue sortir des toilettes. Je t’ai vue sortir des toilettes et rajuster nerveusement ce qu’il restait de ton chignon. Je sais avec qui tu étais. Je sais pourquoi tu étais avec lui. Tu es une traînée et tu le sais. Tu n’as pas beaucoup de talent. Mais tu feras une belle carrière, parce que tu sais à qui parler et comment leur parler. Je vois tout. Je ne dirai rien, mais tôt ou tard, tout le monde saura. »

Passionné de littérature, de voyages et de gastronomie, Jacques Pons travaille depuis plus de quinze ans dans l’univers de la mode. C’est cette expérience qui lui a inspiré l’écriture d’Organigramme, dans le cadre du concours du meilleur thriller 2018 présidé par Michel Bussi 2018, pour lequel il a reçu le Coup de cœur RTL.

Organigramme est son premier roman.

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