Amour, Émotion, Drame, Historique, Sciences, Violence

Le Roman de l’an mil

de Ramón Basagana
Poche – 3 décembre 2015
Éditeur : Pocket

An de grâce 985. Par un hiver glacial, deux enfants échappent de peu à la mort. Leur père, grand savant et médecin personnel du calife de Cordoue, gît assassiné aux côtés de sa femme, sur le sol d’une auberge. Recueillis par un moine puis cachés dans une ferme, Alcym et Rébecca grandissent, se découvrent qui un don pour la magie, qui une passion pour la médecine. Forcés de fuir, leurs pérégrinations les conduiront jusqu’à Rome ou Bagdad, à la croisée des civilisations, où ils découvriront, peut-être, le secret de leurs origines…

Je découvre Ramón Basagana avec Le Roman de l’an mil, un roman historique qui m’a entraîné du sud de la France à Cordoue, au cœur d’al-Andalus, jusqu’à Bagdad. Une véritable pérégrination à travers les terres, les peuples et les religions, dans une époque où les destins se croisent, se déchirent et se reconstruisent.

Passionné par l’Histoire, je suis toujours en quête de nouvelles connaissances. Ici, l’auteur s’appuie sur des faits réels pour donner vie à une fresque captivante, portée par une plume trépidante. Il nous plonge dans le quotidien du Moyen Âge, entre croyances, sorcellerie, balbutiements de la médecine et premiers pas des sciences.

Au fil des pages, je découvre les tensions qui opposent les communautés juives, chrétiennes et musulmanes. La violence, les persécutions et les luttes de pouvoir côtoient pourtant des gestes de bonté et des élans de solidarité.
Au cœur de cette épopée, je fais la connaissance d’Alcym et Rebecca, deux jumeaux juifs qui survivent au massacre de leurs parents, perpétré par des chrétiens alors qu’ils traversent la Provence en direction de Mayence. Protégés par Gerbert d’Aurillac, ils trouvent refuge auprès d’une famille de paysans aimante, où ils grandissent à l’abri des premières horreurs de leur existence.
Mais leur répit sera de courte durée. Lorsque Rebecca est enlevée par un marchand d’esclaves maure, Alcym refuse de l’abandonner et se lance à sa recherche. J’ai suivi avec intérêt leur parcours semé d’embûches, où courage, intelligence et détermination deviennent leurs meilleures armes.

J’ai également été marqué par la cruauté de certaines figures historiques, notamment celle du pape Grégoire V, dont les agissements témoignent de la brutalité de l’époque. À l’inverse, Brédalinda, sorcière bienveillante, apporte une touche de mystère et de magie à cette fresque. Gerbert d’Aurillac, Almanzor et bien d’autres personnages donnent à ce récit une profondeur historique particulièrement intéressante.
Au fil de cette aventure, Rebecca révèle une intelligence et une force de caractère remarquables, tandis qu’Alcym grandit et se dirige vers la médecine, dans les pas de son père.

Entre réalité et fiction, Ramón Basagana mêle avec talent l’Histoire et le romanesque. J’y ai retrouvé tout ce qui me plaît dans une grande fresque historique. Les intrigues, les jeux de pouvoir, les trahisons, les retournements de situation et des destins profondément humains.

Avec Le Roman de l’an mil, j’ai vécu une immersion passionnante dans un monde où les croyances façonnent les existences et où la barbarie peut côtoyer la bienveillance. Un voyage historique riche et dépaysant que je vous invite à découvrir.

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Extraits :

« Il faisait froid. La charrette de foin brinquebalait sur les pavés. Emmitouflé dans un vieux carré de laine, indifférent aux flocons qui tournoyaient au-dessus des bœufs, frère Isambert avait les yeux rivés aux ruelles qui abouchaient la place. Mêmement à l’affut, le bouvier gardait l’œil au guet, sur sa gauche. Tapis derrière eux, transis de froid, Rébecca et Alcym.
Soudain, des hommes en armes surgirent par la grand-rue et déferlèrent sur la place à grand renfort d’imprécations, de menaces, de jurons. Le moine eut juste le temps de recouvrir les enfants d’un sac vide. La soldatesque écumait de rage.
— Qu’ils soient maudits! Qu’ils grillent en enfer… Ces Juifs sont pires que la vermine ! »

« Cinq ans déjà !
Brédalinda venait de raconter ces méfaits à Rébecca et ses yeux n’avaient toujours pas pleuré. Ceux de la bergère, par contre, n’avaient pu contenir les sombres cris de haine qui l’assaillaient. Elle serra Brédalinda dans ses bras et tout en lui glissant des mots de tendresse à l’oreille, lui promit de la venger.
— La vengeance engendre la haine, mon enfant.
— Peut-être, mais ça fait du bien ! Je jure de te venger ! »

« Elle traça une étoile sur le front de Rébecca.
— Vas-y, à présent, et que le Dieu de tes pères te protège.
L’instant d’après, Rébecca disparaissait sous les frondai-sons. La louve bondit vers le rebord rocheux, leva le museau et poussa un hurlement plaintif. Un autre hurle-ment, déjà lointain, lui fit écho. La clameur du fauve et celle de la petite Juive qui rêvait d’un prince maure pour sauver son amie, se fondirent en un seul cri. »

« — La mémoire de notre peuple est tellement marquée par la cruauté que je n’arrive pas à comprendre comment un pape peut honorer de son amitié un Juif comme moi.
— Qu’importe le fait d’être chrétien, Maure ou juif ?
J’étais ami avec ton père et je t’affectionne comme un ami très cher parce que l’amitié est un bienfait de la divinité. Si les ignorants l’ignorent, les hommes instruits savent qu’il peut exister des relations de sainte amitié, bonnes dans leurs effets, parce qu’elles le sont dans les causes qui les ont fait naître. »

Ramón Basagana est médecin et écrivain.

Son enfance a été marquée par les années sombres de la post-guerre : blocus, malnutrition, répression franquiste.

Arrivé en France en 1960, il a suivi ses études en psychologie à L’université de Caen.

Après avoir obtenu un thèse de doctorat sur « L’habitat traditionnel et les structures familiales en Kabylie », il a été professeur de Psychologie Sociale à l’Ecole Supérieure de Commerce d’Alger pendant une dizaine d’années.

Ramón Basagana s’inscrit à la faculté de médecine et depuis 1981, il est médecin généraliste dans les Bouches-du-Rhône.

Ses premiers succès littéraires, Le Christ de Marie-Shan et L’héritière de Shanghai ont fait l’unanimité parmi les lecteurs.

son blog :
http://www.basagana-ramon.com/

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