Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Famille, Suspense, Thriller psychologique

Qui a tué Jane Mas ?

de Magali Vanhoutte
Broché – 15 octobre 2021
Éditeur : Éditions Faute de Frappe

On retrouve dans la benne à jouets d’une déchèterie de la métropole lilloise le cadavre d’une adolescente gothique.
Le lieutenant Adrien Carpentier, féru de musique, en déduit vite que la victime est la réplique parfaite de la chanteuse Jeanne Mas dans l’un de ses clips…
La fille a été droguée puis rouée de coups. Qui a cassé sa jolie poupée avant de l’abandonner dans un container ? Qui a tué Jane Mas ?
Un thriller mélomane aux allures de Top 50, entre le délire pop insouciant des années 80 et le tourbillon infernal d’une nostalgie meurtrière.

Avant même de commencer ma lecture, j’ai scanné le QR code situé à la fin du livre… Et là, frayeur de ouf ! 🤯

Mais comment Magali Vanhoutte a-t-elle fait pour s’introduire dans mon téléphone et copier quasiment l’une de mes playlists préférées ? J’ai vraiment flippé ! Et ce n’était que le début…
Ensuite, je suis rentré la tête la première dans ce thriller musical complètement dingue !

Avec Qui a tué Jane Mas ?, j’ai découvert une intrigue rythmée, intelligente et remarquablement construite. Si le suspense m’a tenu en haleine, je me suis aussi très vite attaché à certains personnages, qui m’ont profondément touché. J’ai particulièrement apprécié la finesse psychologique de l’auteure, cette sensibilité que je rencontre, hélas, bien trop rarement.

Tout commence lorsqu’une jeune fille mineure est retrouvée dans une déchèterie. Le lieutenant Adrien Carpentier et Benoît Demazure sont chargés de l’affaire. Un détail intrigue les enquêteurs, le meurtrier semble costumer ses victimes à la manière des années 80. La première ressemble étrangement à Jeanne Mas… Au fil des pages, d’autres cadavres viennent s’ajouter à cette macabre série. Chaque victime arbore un look évoquant les stars de cette décennie. Mais un autre élément les relie. La couleur de leurs cheveux, elle sont rousse. Pourquoi cette particularité ? Quel message se cache derrière ces mises en scène ?

Peu à peu, je comprends que j’ai affaire à un tueur en série bien singulier. Et c’est là que Magali m’a vraiment déstabilisé. Dès le départ, je connais l’identité du coupable, mais je peine à me positionner psychologiquement face à lui. Je me surprends même à éprouver une forme de compréhension que je n’aurais pas imaginée. C’est précisément cette ambiguïté qui m’a captivé !

Je n’en dirai pas davantage, car je tiens à vous laisser le plaisir de cette découverte. Sachez simplement que j’ai pris un plaisir immense à me laisser entraîner dans cette enquête, avec, en prime, un formidable voyage musical dans les années 80, années de ma jeunesse.

Vous l’aurez compris, le début de ma chronique était une petite boutade à l’attention de Magali. Mais, dans le doute, j’ai tout de même changé le code de mon téléphone… On n’est jamais trop prudent ! 😂

Un excellent thriller, des personnages qui ont une âme, une intrigue qui m’a ferré et une bande-son qui fait remonter de sacrés souvenirs. Bravo !

Gros bisous, Magali !!! 😘

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Extraits :

« À regret, Johnny ôta le walkman de ses oreilles quelques mètres avant d’atteindre la devanture de l’épicerie. Mamie disait que ça n’était pas poli de garder son casque en présence d’autres personnes. De même elle trouvait inconvenant qu’une femme fume dans la rue ou qu’un homme n’ait pas ciré ses souliers… »

« Johnny revint vers le lit, aspergea le cou de sa mère en déplaçant délicatement quelques boucles gênantes, puis posa le flacon et revint se coucher contre le corps en déposant un baiser délicat sur la joue blanche et froide de la morte. Voilà qui était mieux. Il fut cependant contrarié de constater que la femme avait l’air triste dans son sommeil. Il ne voulait plus jamais la voir triste.
J’empêcherai le temps de t’enlever ton sourire… Johnny se redressa subitement. Voilà ce qu’il devait faire. Rendre à sa mère son sourire. Comme avant. »

« Il régla le radioréveil sur 10h puis éteignit la lampe de chevet et ramena l’édredon de Mamie jusqu’en dessous du menton et un bien-être l’envahit. Il dormirait bien. Il dormait toujours bien chez Mamie. Comme s’il était en sécurité. D’ailleurs, depuis qu’il était arrivé à La Madeleine dans la matinée, l’angoisse avait disparu. Fermant les yeux, il chassa l’image de la jolie Jeanne Mas démantibulée sur les marches de l’escalier. Il fallait oublier et il fallait se reprendre. Mamie l’aurait voulu ainsi. Tout ça l’avait beaucoup fatigué… et avait beaucoup fatigué maman. »

« — Son géniteur abusait d’elle. La mère savait mais ne disait rien. On se tait dans ces milieux-là, je suis bien placé pour le savoir. Alors la petite a fait une fugue il y a quelques mois et je l’ai ramassée alors qu’elle errait dans des lieux peu convenables. Je sais, ici ce n’est pas non plus un endroit pour une gamine, mais elle n’a plus jamais voulu me quitter… Et je n’ai jamais eu le cœur de la livrer aux services sociaux, elle qui refusait même de demander de l’aide aux structures d’accueil. Elle fuyait le diable, vous voyez… »

« — Je vous crois, Monsieur d’Albignac, lâcha Benoît sincèrement. Me permettez-vous une dernière question ? Pourquoi l’avoir aidée ?
— Parce qu’on se ressemblait. Deux anges déchus, pour des raisons différentes. Je voulais la sauver peut-être. J’ai échoué, conclut-il en baissant la tête pour la première fois de sa vie. »

Magali Le Maître/Vanhoutte a enseigné durant dix ans auprès des enfants du voyage et d’enfants en situation de handicap.

Elle s’est d’abord bâti une solide expérience poétique via deux superbes recueils parus aux éditions Cénacle de Douayeul, avant de se lancer dans la presse culturelle, l’écriture scénaristique et dans les légendes pour ouvrages photographiques.

Elle coécrit deux scénarios de court-métrages avec le réalisateur Sébastien Catteau, tournés en 2011 et 2013.

Elle fut d’ailleurs lauréate du Printemps des poètes de Liévin, en 2011, pour « D’infinis paysages ».

Magali Le Maître évoque et provoque l’univers du harcèlement via son premier polar,
– Quelqu’un comme elle » (2015).

– Le bal de ses nuits (2017) est son deuxième polar, un thriller psychologique encore plus sombre, plus surprenant… Une autrice est née.
https://leressentidejeanpaul.com/2026/09/21/le-bal-de-ses-nuits/

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