Adolescence, Émotion, Fantastique, Folie, Frisson horreur, Psychologie, Suspense

Le Signal

de Maxime Chattam
Broché : 24 octobre 2018
Éditeur : Albin Michel

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient….
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…
Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite?
Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ?

J’ai retrouvé avec Le Signal un Maxime Chattam déjà au sommet de son art. Dès les premières pages, il m’a entraîné dans une histoire dont il m’a été impossible de m’échapper. Ce qui semblait n’être qu’un simple déménagement vers une paisible petite ville de Nouvelle-Angleterre se transforme rapidement en un véritable cauchemar.

J’ai suivi la famille Spencer avec une inquiétude grandissante. Leur installation à Mahingan Falls, censée marquer un nouveau départ, devient peu à peu une descente dans l’inexplicable. Les phénomènes étranges, les morts violentes, les secrets enfouis et cette forêt inquiétante composent une atmosphère oppressante qui ne cesse de gagner en intensité.
Bien sûr, certains passages rappellent volontairement les grands classiques du cinéma d’horreur. Pourtant, Maxime dépasse très vite ces codes pour construire un thriller fantastique d’une redoutable efficacité. Chaque chapitre alimente l’angoisse, chaque révélation ouvre une nouvelle porte sur l’horreur.

J’ai particulièrement aimé la famille Spencer, profondément humaine et soudée. Je me suis également laissé séduire par cette bande d’adolescents qui m’a rappelé l’univers de Stranger Things ou encore les romans de Stephen King. Les références sont évidentes, mais l’auteur parvient à leur donner une identité bien à lui.

Impossible également de ne pas saluer l’objet-livre lui-même, avec ses pages noires qui annoncent déjà la noirceur du récit. Et que dire des deux cents dernières pages… Elles sont tout simplement magistrales. J’avais parfois l’impression d’assister à un film tant les scènes prenaient vie sous mes yeux. Certaines descriptions m’ont véritablement donné des frissons.

J’ai même prolongé l’expérience en écoutant la playlist proposée par l’auteur. L’immersion est alors devenue totale, au point que le moindre bruit autour de moi semblait soudain suspect.

Avec Le Signal, Maxime signe, à mes yeux, l’un de ses romans les plus ambitieux et les plus aboutis. Un thriller fantastique puissant, angoissant, remarquablement construit, qui m’a captivé de la première à la dernière page.

Une lecture qui fait peur… et que je ne suis pas près d’oublier.

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Extraits :

« Filant en pleine nuit, la camionnette ressemblait à un minuscule vaisseau perdu dans l’immensité du cosmos. Entourée d’obscurité, elle flottait dans le néant, guidée par ses phares blancs, comme propulsée par les lueurs rouges à l’arrière. La Ford se mit à tourner pour suivre la route à flanc de colline. Elle était seule sur des kilomètres à la ronde.
À l’intérieur, Duane Morris se concentrait pour ne pas perdre de vue le ruban d’asphalte étroit qui défilait face à lui. Il était hors de question de ralentir. Il devait maintenir une allure suffisante pour rester le moins de temps possible dans le secteur. »

« Lise se pencha vers le miroir de la salle de bains pour vérifier si le léger renflement qu’elle avait perçu sous son doigt n’était pas un point noir au milieu de son front. Rien qu’une miette qu’elle fit voler d’un coup d’ongle. Elle fixa son reflet. Ses cheveux d’ébène tombaient de part et d’autre de son visage blanc, comme le voile d’une veuve. Khôl pour souligner les yeux, presque jusqu’à s’en faire un masque, rouge à lèvres noir, vernis assorti, tout était parfait.
Corset en vinyle sur un T-shirt résille, jupe plissée écossaise et bottes lacées jusque sous le genou, rien n’était laissé au hasard C’était important car son look la définissait, il était sa véritable carte d’identité au quotidien, l’empreinte vive que Lise apposait sur les rétines, parfois sensibles, qu’elle croisait. Mais plus que tout, c’était capital qu’elle soit irréprochable pour ce soir.
Le grand soir. »

« — C’est vrai. Et surtout s’il y a quoi que ce soit, tu n’hésites pas, tu m’appelles.
— Pas de problème.
— Oh, et le babyphone est sur la table de la cuisine.
Lise acquiesça, elle savait tout cela. Elle n’avait qu’une envie : être seule avec le morveux assoupi. Elle était plutôt attention-née, voire carrément investie émotionnellement, avec les gosses qu’elle gardait. Arny était l’exception. Ce gamin, elle le détestait. Capricieux, moche et douillet de surcroît ! Dès qu’elle le pinçait – ce qu’elle faisait lorsqu’il l’énervait à brailler pour un rien -, il continuait à hurler pendant dix minutes, comme s’il avait été mutilé. Une vraie lopette. Un fils à papa qui allait se croire tout permis à l’adolescence, un de ces connards pour qui l’argent n’est pas un problème, et qui ne vivent que pour l’exercice du pouvoir. Dominer. Asservir. Maîtriser. Jouir. »

« Le piano tanguait, en équilibre sur la plateforme arrière du camion de déménagement, lorsque Thomas Spencer vit la sangle se rompre brutalement, libérant le monstre de cordes qui s’effondra aussitôt sur le manutentionnaire tout en nerfs qui se tenait dessous, l’écrasant contre le bitume de la route. Le plateau du clavier vint lui fracasser la boîte crânienne dans un terrible craquement humide et une éclaboussure de sang noir.
Thomas cligna des yeux pour chasser cette horrible image. »

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Maxime Guy Sylvain Drouot, connu sous les noms de plume Maxime Chattam et Maxime Williams, est un romancier français, spécialisé dans le thriller.

Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis : sa première destination en 1987 est Portland dans l’Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman. Rêvant d’abord d’être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.

En 1988, il passe un certain temps dans la jungle thaïlandaise, rédigeant un journal de cette expérience. Cela marque ses premiers pas dans l’univers de l’écriture. Il ébauche son premier roman, Le coma des mortels. Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit Le Cinquième règne à cette époque puis fin 1999 il devient vendeur de romans policiers à la FNAC. « Le Cinquième règne » est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams, et obtient le Prix du Roman Fantastic’Arts du Festival de Gérardmer 2003.

Il suit une formation en criminologie pendant un an à l’Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale.

Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller. Il rédige L’âme du mal en 2001, qui est publié l’année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de « Chattam », en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la Trilogie du mal, suivi de In Tenebris (2003) et Maléfices (2004). Il a par la suite écrit un préquel à sa Trilogie du Mal, La Promesse des ténèbres (2009).

Il a vendu plus de 7 millions d’exemplaires en France et est traduit dans une vingtaine de pays.
Plusieurs de ses romans ont été adaptaté en série télé.

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