Amour, Émotion, Drame, Famille, Psychologie, Thriller

Dis, t’en souviendras-tu ?

de Janine Boissard
Broché – 8 mars 2018
Éditeur : Plon

Que se passe-t-il lorsque le poids des secrets est si lourd à porter ? Au cœur de la Provence, Aude tente de dénouer les fils de sa vie : qu’est-il arrivé à son mari ? Pourquoi ses souvenirs lui échappent ? Drames, mystères et affaires familiales se déploient dans le nouveau roman de Janine Boissard.

Aude a 23 ans, elle est l’épouse d’un parfumeur connu à Grasse. Et voilà que ce matin, elle se retrouve à l’hôpital, privée d’une partie de sa mémoire. Elle apprend qu’on l’a retrouvée, inanimée, sur un chemin désert. Non loin, la voiture de son mari, portières ouvertes, vide. Quel leur est-il arrivé ?
Avec l’aide d’un psychiatre, elle va tenter de recouvrer sa mémoire. Mais le veut-elle vraiment ? Avec le retour de ses souvenirs, ne devra-t-elle pas faire face à une redoutable vérité ?

Un suspense haletant et une belle histoire d’amour dans les paysages parfumés de la Haute Provence.

C’est le deuxième roman de Janine Boissard que je découvre, et je comprends un peu mieux pourquoi cette autrice touche autant de lecteurs. Avec Dis, t’en souviendras-tu ?, elle m’a offert une lecture captivante, portée par un suspense psychologique aussi délicat qu’émouvant. Dès les premières pages, je me suis profondément attaché à Aude. Victime d’une violente agression, elle se réveille amnésique, incapable de se souvenir des événements qui ont bouleversé sa vie. Plus troublant encore, son mari a disparu… et elle découvre qu’elle est enceinte.

J’ai vécu cette enquête à travers ses yeux, partagé entre l’envie de connaître la vérité et la peur de ce qu’elle pourrait retrouver au fond de sa mémoire. Chaque séance chez son psychiatre fait remonter des fragments de souvenirs, parfois flous, parfois terrifiants, comme les pièces d’un puzzle qu’il devient urgent de reconstituer. Peu à peu, l’image d’une existence idéale se fissure. Derrière la réussite de son mari, célèbre parfumeur, se cache un homme bien plus inquiétant qu’il n’y paraît. Les zones d’ombre de son passé, les secrets de famille et les silences trop longtemps entretenus donnent au récit une tension permanente.

J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’autrice aborde l’amnésie post-traumatique avec beaucoup de sensibilité. Mais ce roman va bien au-delà du simple thriller. Il parle aussi des liens familiaux, de l’amour maternel lorsqu’il devient possessif, des apparences que l’on préfère préserver et des blessures que l’on refuse de regarder en face. La plume de l’autrice est fluide, élégante et incroyablement immersive. Les chapitres s’enchaînent naturellement, si bien que je n’avais qu’une envie, tourner la page pour découvrir ce qui attendait Aude. J’ai également été touché par le regard profondément humain que Janine Boissard porte sur ses personnages. Aucun n’est totalement noir ou totalement lumineux, chacun porte son lot de regrets, de faiblesses et d’espoir.

Dis, t’en souviendras-tu ? est un roman où le mystère familial se mêle à une belle histoire de résilience et d’amour. Une lecture prenante, riche en émotions, que j’ai dévorée avec un immense plaisir.
Et une chose est certaine… ce ne sera pas mon dernier rendez-vous avec Janine.

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Extraits :

« Sur une feuille de papier pliée en quatre, cachée tout au fond de sa poche, elle a écrit ses nom et prénom : Aude Saint Georges, son âge, 23 ans, et son adresse à Grasse. « C’est complètement ridicule, lui a lancé sa mère, tu ferais mieux de prendre ta carte d’identité, comme tout le monde. » Mais imaginez qu’elle la perde ou qu’on la lui vole ? Et, de toute façon, quand on a vécu cette horreur, se retrouver un jour dans un endroit inconnu, attachée à un lit, perdue dans le brouillard, on se rassure comme on peut, ridicule ou pas. Et ce bout de papier qu’elle pouvait toucher à tout instant, la rassurait comme le minuscule clignotant d’un SOS. »

« À l’hôpital, on lui avait expliqué qu’il y avait différentes sortes de souvenirs. Par exemple les « souvenirs de souvenirs », ces moments, ces instants, bons ou mauvais, que l’on vous a si souvent racontés que vous êtes certain de les avoir vécus. Et, à ceux-là, tout le monde avait droit. Il y avait aussi ce qu’on appelait la « confabulation », dont étaient victimes ceux qui souffraient d’amnésie, qui se sentaient obligés d’inventer des choses sur leur passé pour tenter de combler les trous. Sur ce mur, pas de « confabulation », du réel, du costaud, auquel on pouvait se fier. »

« Elle a rêvé qu’elle errait nue dans une plaine glacée. D’une longue chemise de nuit qui l’enveloppait comme un linceul, d’une voix qui lui ordonnait « À genoux ! » et d’un mot qui s’imprimait partout :
« immaculée ». C’est fini, c’est fini. Pourquoi ne cesse-t-elle pas de se répéter ces deux mots, comme un mantra ? Qu’est-ce qui a pris fin ? Quel danger s’est éloigné ? Quelle menace dont elle peine à se souvenir ? »

« — Toujours d’après Irène, la petite aurait pensé à divorcer, a poursuivi Basile. Apparemment, elle n’en a pas eu la force.
« La petite »… Aude a revu la jeune femme aux boucles blondes et au visage diaphane sur la photo.
Pour la première fois, elle s’est demandé si Béatrice avait, avant elle, occupé la chambre « Topaze». La chemise de nuit de dentelle : la sienne ? Elle a frissonné.
— Comment est-elle morte ? a-t-elle murmuré.
— Une surdose de médocs.
— Tu veux dire qu’elle s’est suicidée ?
— On ne le saura jamais. Un matin, elle ne s’est pas réveillée. Je te laisse imaginer le désespoir de ses parents : leur unique enfant. »

Dès l’âge de 20 ans, Janine Boissard commence sa carrière d’écrivain sous le nom de Janine Oriano, son nom d’épouse.
Avec B comme Baptiste, elle est la première Française à publier dans la collection “Série Noire”. En 1977, la grande saga L’Esprit de famille, publiée cette fois sous son nom de jeune fille, la fait connaître du grand public. Parallèlement, elle écrit pour la télévision. Les chambardements dans la famille, les problèmes de couple et la place de la femme moderne dans le monde du travail sont les thèmes le plus souvent abordés par Janine Boissard dans ses romans. Parmi ses plus grands succès, on retiendra la saga de Belle-Grand-Mère ainsi que Une femme en blanc (Robert Laffont, 1996), suivis de Marie‑Tempête (Robert Laffont, 1998).

Mère de quatre enfants, Janine Boissard a publié une quarantaine de romans, notamment, parmi les plus récents,
Histoire d’amour (2004)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/22/histoire-damour/
Belle Arrière-Grand-Mère (Fayard, 2014),
Au plaisir d’aimer (Flammarion, 2015),
Une femme : le roman d’une vie (Flammarion, 2016),
Voulez‑vous partager ma maison ? (Fayard, 2016),
La Lanterne des morts (Fayard, 2017),
Dis, t’en souviendras-tu ? (Plon, 2018),
Les Quatre Filles du docteur Moreau (Fayard, 2018).

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