Adolescence, Émotion, Drame, Frisson horreur, Polar, Psychologie, Violence

La Promesse

de Tony Cavanaugh
Poche – 14 mars 2019
Éditions : Points

« Un limier borderline comme on les aime, misanthrope, cynique, teigneux et rongé de cauchemars. »
L’Express

Depuis plusieurs semaines, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces. Leur profil est toujours le même : jeunes, blondes et jolies. Si les enquêteurs du comté de Noosa parlent de fugues, Darian Richards, ex-flic, n’est pas dupe. Ces disparitions sont l’œuvre d’un tueur en série. Face à l’impuissance de la police locale, Richards décide de prendre les choses en main et entame la traque d’un monstre. Au risque de se confronter à plus fort que lui.
Tony Cavanaugh, romancier et scénariste, vit à Melbourne. L’Affaire Isobel Vine est disponible en Points.

« Ce Darian Richards est un vrai personnage de roman hard-boiled. »
Le Point

Traduit de l’anglais (Australie) par Paul Benita

En juin 2025, je découvrais Tony Cavanaugh avec L’Affaire Isobel Vine, un polar noir, dense, humain et implacable, qui m’avait vraiment séduit.
J’ai donc retrouvé avec plaisir l’univers de l’auteur avec La Promesse, qui est en réalité le premier épisode des enquêtes de Darian Richards, même s’il a été publié en français après le précédent.
Je conseille donc de les lire dans l’ordre chronologique pour mieux suivre l’évolution du personnage.

Cette fois, Tony Cavanaugh m’embarque dans une enquête glaçante, violente et parfois franchement gore.
Âmes sensibles, vous voilà prévenues !

Darian Richards a rendu sa plaque après l’échec de son enquête sur le « tueur du train ». Mais renoncer à traquer les assassins lui est tout simplement impossible. Il décide alors d’agir dans l’ombre, épaulé par Maria, une jeune enquêtrice toujours en service, Casey, le baba cool de la bande, et Isosceles, un geek aux ressources étonnantes. Son objectif est simple, retrouver un tueur en série qui s’en prend à de très jeunes filles, particulièrement aux blondes.
Sur le papier, rien de révolutionnaire… et pourtant !

Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est cette plongée dans l’esprit de Winston, le psychopathe. Les chapitres alternent entre l’enquête de Darian et les pensées du tueur, qui s’adresse directement à nous, comme si nous étions ses « amis ».
Il nous explique son protocole, son organisation, sa manière de travailler, avec une froideur absolument terrifiante. Winston ne tue pas par impulsion, pour lui, c’est un métier, un plan qu’il applique avec une précision méthodique.
J’ai trouvé cette proximité avec le tueur particulièrement troublante et déstabilisante. L’auteur réussit même à lui donner une voix presque familière, ce qui rend son discours encore plus malsain.

Darian Richards, lui, reste un personnage difficile à cerner. Teigneux, manipulateur, obsédé par sa traque.

Et puis il y a l’Australie, que Tony Cavanaugh me fait découvrir à travers ses villes, ses plages, son bush et ses paysages. Un véritable bol d’air entre deux passages beaucoup plus difficiles !
J’ai toutefois parfois eu du mal à me repérer devant la profusion de lieux et de noms.

J’ai aimé cette écriture fluide, ce rythme qui ne faiblit jamais et cette traque menée sans concession. Le titre prend d’ailleurs tout son sens. Il évoque le tueur, mais aussi la promesse faite à une famille et que Darian s’est faite aussi à lui-même.

La Promesse est donc bien plus qu’une simple enquête policière. C’est une plongée oppressante dans la tête d’un assassin.
Un thriller noir, violent, dérangeant et terriblement addictif, dont certaines scènes m’ont véritablement mis les nerfs à vif. Je me suis laissé emporter par cette traque implacable et, une fois commencé, j’ai eu bien du mal à refermer le livre.

Tony Cavanaugh confirme pour moi son talent pour installer une angoisse presque palpable et plus encore.

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Extraits :

« Neuf appels ratés.
Mon téléphone et mon arme: ma vie se résumait à ça. Me débarrasser du flingue a été facile. Il m’a suffi de le balancer dans l’océan. Sans me soucier de contempler sa chute depuis le haut de la falaise. J’étais occupé à regarder le téléphone. Il fallait le détruire lui aussi, je le savais, pourtant je l’ai fourré dans ma poche arrière et j’ai continué à marcher. Plus tard, me disais-je. »

« Un soir, tard, après minuit, après mes mots de réconfort, elle a une nouvelle fois pris ma main et a commencé à m’entraîner vers son lit. Pour des raisons différentes, toutes égoïstes, j’avais autant envie d’elle qu’elle de moi. J’ai retiré ma main et je suis parti. Certains flics couchent avec des victimes ou des membres de leur famille. Peut-être ont-ils besoin de ça pour continuer, pour poursuivre la traque ou juste pour trouver un peu de joie dans ce traumatisme permanent. Pas moi. Mais j’en avais envie. »

« Maria se méfie de moi. Tous les policiers de la Sunshine Coast se méfient de moi. Les flics des petites villes ne sont pas portés sur le respect. Ils ont un complexe de supériorité. Ne tenant pas à éveiller des jalousies mesquines dans le commissariat perché là-haut sur la colline, j’ai débarqué en ville le plus anonymement possible, compte tenu de ma Studebaker décapotable rouge sang. J’ai fait profil bas; je n’ai jamais dit à personne d’où je venais ni ce que je faisais. Résultat : j’aurais aussi bien pu prendre une pleine page de pub dans le journal local. »

« Six voyages finals. Six filles. Jenny Brown, Marianne McWinter, Izzie Daniels, Jessica Crow, Carol Morales et Brianna Nichols.
Avant de prendre chacune d’elles, il a fantasmé. Un monde où il est roi et où elle est la reine de ses rêves, une esclave dans son lit. Elle est là pour lui fournir un miroir où se reflètent son pouvoir et sa gloire. Ce n’est jamais une histoire de sexe. C’est toujours pour le pouvoir. Ensuite, il s’est mis en chasse. Il l’a traquée, pendant des semaines peut-être. La traque renforce le fantasme, l’exacerbe. Il l’observe, pendant ses derniers jours, imaginant la gloire qu’ils vont connaître, elle et lui. Puis il passe à l’action, vite. Et elle n’est plus là.
Dans la vraie vie, et surtout pour un tueur en série, les fantasmes ne s’accomplissent jamais. »

Tony Cavanaugh est un auteur de romans policiers, scénariste et producteur.

Après des études universitaires dédiées à la littérature anglaise et à l’histoire de l’art, il débute sa carrière dans l’industrie cinématographique où il a travaillé pendant plus de trente ans.

Il est auteur d’une série policière ayant pour héros Darian Richards, ancien policier ayant quitté la brigade des homicides pour une retraite solitaire loin du crime. La promesse (« Promise », 2012) est le premier tome de la série.

L’Affaire Isobel Vine (Kingdom of the Strong, 2015) est son premier roman publié en France (Sonatine).
https://leressentidejeanpaul.com/2025/06/25/laffaire-isobel-vine/

Tony Cavanaugh vit à Melbourne.

son site : https://www.tonycavanaugh.com/
page Facebook : https://www.facebook.com/

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