Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Drame, Polar, Suspense

Comme des bleus

de Marie Talvat et Alex Laloue
Broché – 12 avril 2018
Éditeur : Plon

Paris, novembre 2016. Le sordide assassinat d’une femme enceinte secoue l’opinion publique. La Crim’ est sous pression. Il faut dire que tous les ingrédients du scandale sont réunis : une victime, fille d’un ténor du barreau, des élections qui approchent à grands pas et une presse qui se déchaîne.
Dernière recrue du groupe chargé de l’enquête, Arsène Galien est immédiatement jeté dans le grand bain. Entre doutes et excès de zèle, il compte bien profiter de cette affaire pour gagner la confiance de ses supérieurs. Quant à Pauline Raumann, jeune journaliste voisine de la victime, elle se serait bien passée d’être mêlée à cette enquête, qui fait ressurgir en elle des démons oubliés.
Reflets d’une génération en quête de sens, les deux novices ont des idéaux et des incertitudes plein la tête. Alors qu’une irrésistible attraction les pousse toujours plus près l’un de l’autre, ils vont se laisser emporter par une affaire hors du commun, à la poursuite du pire des tueurs.

LE PREMIER POLAR DE LA GÉNÉRATION Y

Avec Comme des bleus, je découvre Marie Talvat et Alex Laloue, deux auteurs qui m’ont réservé une bien belle surprise !

Dès les premières pages, je suis happé par une intrigue qui débute dans l’horreur. Adèle, une jeune femme, est sauvagement assassinée dans son appartement parisien. Sa voisine Pauline, journaliste, voit alors son quotidien complètement bouleversé. En parallèle, je fais la connaissance d’Arsène, une jeune recrue de la brigade criminelle du célèbre 36, quai des Orfèvres. Avec ses collègues, il se lance sur les traces du meurtrier.

J’ai beaucoup aimé cette construction originale où les auteurs alternent les chapitres consacrés à « Elle » et à « Lui ». Une approche qui m’a permis d’entrer très rapidement dans cette histoire, mais qui m’a surtout donné envie de découvrir ces deux personnages aussi attachants que singuliers.
Car derrière leurs différences, Pauline et Arsène partagent bien des fragilités. Je me suis attaché à ces deux êtres en quête de repères, qui se cherchent autant professionnellement qu’affectivement. Cette enquête va les confronter à leur passé, à leurs blessures et à un monde dont ils peinent parfois à comprendre les règles.
Leur rencontre sera-t-elle cette bouffée d’oxygène capable d’apaiser leurs âmes tourmentées ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est ce contraste entre la violence des faits et la fraîcheur qui se dégage du récit. Les auteurs nous offrent une enquête fluide, accessible, ponctuée d’un humour savoureux et de réflexions pertinentes sur notre quotidien.

Au fil des pages, je découvre une véritable personnalité d’écriture, une belle maturité et des dialogues qui font mouche. Les personnages ont du caractère, du répondant et une présence qui donne à cette histoire une saveur toute particulière. Et puis, il y a ce final ! Jamais je n’aurais imaginé un tel dénouement. Quel rebondissement ! J’en suis resté surpris, tant les auteurs ont su me prendre à contre-pied.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui sort des sentiers battus et renouvelle agréablement le genre policier.
Comme des bleus, c’est une enquête qui ne manque ni de mordant ni d’humanité, portée par deux personnages que je n’oublierai pas de sitôt.

Une très belle découverte que je vous recommande sans hésiter !

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Extraits :

« J’ai mal au crâne. Est-ce cela qui m’a réveillée ? Je ne crois pas. Plutôt une sensation de gêne que je n’arrive pas encore à identifier. Sans ouvrir les yeux, je passe mon corps en revue. Ma nuque est raide. Typique. J’ai dû m’endormir d’épuisement dans une position improbable. Ma bouche est pâteuse, ma gorge sèche, mon estomac acide. Vin, cigarettes et re-vin. Jusqu’ici, tout est en ordre. »

« Au début on s’aime avec passion, puis on s’aime avec raison, puis on s’aime par habitude pour finir par ne plus que se croiser sur un canapé en regardant un film ensemble, par habitude, en se couchant, par habitude, en faisant l’amour, par habitude, les va-et-vient ressemblant de plus en plus à des exercices physiques tellement répétés que l’on attend l’orgasme comme une pizza en livraison. On y croyait, à cette relation. On y croyait à cette façon d’emmerder les idées reçues. On se disait qu’on allait devenir l’un de ces couples qui se connaissent par cœur tout en continuant à se découvrir de jour en jour, où l’on rit avec passion et où l’on vit chaque minute comme si l’on venait de naître, où la séparation est insupportable et où la communion des corps est telle que l’on a l’impression, chaque soir, d’avoir une amante différente qu’on connaît comme sa sœur, qu’on chérit comme son épouse, et avec qui on s’étreint comme deux jeunes amoureux en temps de guerre. Un couple de série télé, quoi. »

« Docteur, j’ai la migraine. Ça fait vingt-six ans que ça dure. Aidez-moi, aidez-moi. Une lumière aveuglante se braque sur moi. Ouvrez grand la bouche, plus grand. J’essaye d’articuler quelque chose, mais la main poilue et sa montre à vingt mille balles me font signe de la boucler. Je suspecte une hémorragie cérébrale. Votre palais est transparent, je cherche la source du saignement, alors ouvrez grand la bouche et fermez votre gueule. Ça y est, j’ai trouvé d’où vient le problème. Merde alors, ça saigne sévère. Mon cœur bat à mille à l’heure. C’est grave, docteur ? Un peu, que c’est grave. Il faut trépaner tout de suite. Je sens la pointe d’un burin se caler entre mes deux yeux tandis qu’un marteau s’approche et… »

« Je sors de l’immeuble avec cette étrange impression. Ce sentiment que je n’ai pas eu depuis longtemps. Ce pressentiment que, cette fille, je vais la revoir. Je ne sais pas encore comment, ni si notre entrevue se terminera debout ou allongés, mais je vais la revoir. Dehors, un soleil d’automne vient me caresser le visage. »

Marie Talvat est romancière.
Après des études de journalisme et de médiation culturelle, elle s’est fait connaître sur YouTube avec sa chaîne « L’Instant inutile ».

Alex Laloue est le pseudonyme d’Alexandre Galien, un fonctionnaire de police.
Il a fait des études de droit et de sciences criminelles, puis intégré en 2015 la Direction Régionale de la Police Judiciaire. Il a par la suite pris une disponibilité pour se consacrer à l’écriture.

Il a déjà publié deux romans à quatre mains sous le pseudonyme d’Alex Laloue avec son ex-compagne Marie Talvat : Comme des bleus (2019), suivi de À corps perdu (2019).

Il a remporté le prix du Quai des Orfèvres 2020 pour son roman Les cicatrices de la nuit (publié sous son vrai nom), qui s’est vendu à plus de 200 000 exemplaires. Le deuxième volet de la saga, Le souffle de la nuit, est sorti en septembre 2020 aux éditions Michel Lafon.

Il est depuis la rentrée 2020 en charge du cours « Roman Noir, époque sombre » à la Chaire d’écriture et de rhétorique de Sciences Po.

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