Conte, Drame, Fantastique, Frisson horreur, Thriller psychologique

De fièvre et de sang

de Cédric Sire
Broché – 1 janvier 2010
Éditeur : Le Pré aux Clercs

Ils semblent se nourrir de sang. Leurs victimes sont retrouvées exsangues. Eva Svärta et le commandant Vauvert viennent enfin de mettre un terme aux agissements des frères Salaville. Mais les meurtres continuent, défiant toute logique. Les talents d’Eva, policière albinos dotée d’un instinct hors normes, vont la conduire aux frontières de la rationalité. Là où, à tout instant, les ténèbres menacent de s’ouvrir sous vos pieds, où votre propre reflet dans le miroir pourrait vous engloutir, où la part d’ombre qu’Eva porte en elle causera sa perte ou lui sauvera la vie…

Dès les premières pages, j’ai su que je ne refermerais pas ce livre avant d’en avoir arraché la dernière ligne. De fièvre et de sang m’a happé comme une bête dans l’ombre, m’a entraîné là où l’horreur côtoie le sacré, là où les monstres ont parfois un uniforme et les anges, un masque de porcelaine.

Tout commence dans une ferme isolée, au cœur de l’horreur. Une jeune fille, ligotée sur un matelas souillé, des miroirs brisés comme autant de reflets de folie, et deux frères dégénérés, plus fangeux que humains. Mais l’odeur de souffre va bien au-delà du simple fait divers, le surnaturel rôde. Et il a des crocs. Dans cette atmosphère saturée de peur et d’énigmes, deux figures se dressent, le commandant Vauvert, brute bourrue au cœur cabossé, et Eva Svärta, profileuse albinos, aussi fascinante qu’énigmatique, marquée dans sa chair et son esprit par un passé indicible. Le duo fonctionne à merveille, entre tension, ironie et complémentarité troublante.

Cédric Sire nous livre ici un thriller qui flirte avec le gothique et le fantastique (j’adore !!!), tout en gardant les pieds dans une enquête policière solide. L’écriture est vive, dense, parfois baroque, souvent cruelle. Elle convoque les ombres de Poe, des idées de Baudelaire, les cauchemars de Clive Barker. On sent les influences, mais la voix est bien celle de Cédric, brute, directe et très envoûtante.

Plus j’avançais, plus le roman m’entraînait vers l’abîme, un personnage étrange, un masque figé, des jeunes filles saignées, et cette question obsédante. “Et si la légende de la comtesse Erzsébet Báthory, n’en était pas une ?”

Le récit m’a glacé, et pourtant, j’en redemandais. Addictif, terrifiant, viscéral. C’est un roman qui vous attrape à la gorge, vous secoue, vous trouble, vous hypnotise… m’a hypnotisé…
Et quand vient la chute, magistrale, brutale, inattendue… j’ai refermé le livre, le souffle court, désarçonné…

Cédric Sire signe ici un chef-d’œuvre de noirceur et de tension. Une pépite pour ceux qui aiment les histoires qui saignent et les vérités qui dérangent.

Extraits :

« Quand ils l’avaient traînée de force ici, sans qu’elle ne puisse rien faire pour se défendre, quand ils lui avaient arraché ses vêtements un par un, jusqu’à ce qu’elle soit entièrement nue, et qu’ils l’avaient attachée à des sangles, solidement serrées autour de ses poignets et de ses chevilles, sur un matelas poisseux, elle avait encore cru qu’ils ne voulaient que la violer – et cette pensée était déjà insupportable -, mais au fond d’elle, là où l’âme ne se ment pas, elle le savait. Ses tripes le savaient. Ce qu’ils allaient lui faire quand ils reviendraient serait bien pire qu’un viol. »

« Aucun des deux frères ne se releva de la table d’autopsie. Cela n’empêcha pas la presse de leur trouver le surnom de “vampires de la montagne Noire” et de diffuser toute une cascade de descriptions, plus ou moins discutables, au sujet de la folie meurtrière qui s’était emparée de ces deux hommes.
Après tout, ils avaient tué plus de vingt jeunes femmes de manière particulièrement atroce, sur une période d’une année entière, et cela en toute impunité. Le mystère autour de ce qu’ils avaient bien pu faire de tout ce sang – et de la peau des visages, qu’on n’avait pas retrouvée – demeurait une source de spéculations quasi inépuisable. Une manne, pour les médias, de tous genres et de tous bords confondus. »

« Le soleil avait disparu depuis longtemps quand, derrière la baie vitrée, un éclair illumina le ciel. Les premières gouttes de pluie commencèrent à tinter contre les vitres, presque avec timidité. Puis le tintement devint rafale. La pluie se changea en orage, où il n’y avait plus aucune timidité. Juste la volonté de s’abattre, de frapper, avec une rage sans cesse accrue. »

« Le sang.
Tout ce sang.
Jailli de ce corps-là, désarticulé en travers de la table.
Le sang a éclaboussé les murs, la moquette, les fauteuils en cuir. Les projections ont atteint jusqu’à la baie vitrée. À la lueur des éclairs, il s’écoule, douce-ment, imitant la pluie au-dehors.
Tout ce sang merveilleux.
Cette éternelle source de pouvoir. »

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Sire Cedric, né le 24 octobre 1974 à Saint-Gaudens, est un écrivain français auteur de thriller.
Après des études d’anglais, il travaille quelques années dans le milieu de l’édition, du journalisme et de la traduction, tout en publiant dans les pages de magazines des nouvelles fantastiques et policières, fortement inspirées par des auteurs tels que Stephen King, Clive Barker ou encore Edgar Allan Poe.

Depuis 2005, il se consacre entièrement au métier d’écrivain, publiant des thrillers souvent teintés de surnaturel.

Il a reçu le prix Masterton pour son roman L’Enfant des cimetières et le prix Polar (festival de Cognac) pour son thriller De fièvre et de sang. En 2014, il reçoit le prix Littéraire Histoires de Romans pour son thriller fantastique, La Mort en tête.

Ses livres sont traduits en anglais, en polonais et en turc.

Il a également été vocaliste du groupe de death metal Angelizer.

Aujourd’hui, Sire Cedric vit et écrit à Toulouse.

Conte, Fantastique, Historique

La compagnie des menteurs

de Karen Maitland
Poche – 1 septembre 2011
Éditeur : Pocket

1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf personnes réunies par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu…
Alors que la mort rôde, les survivants vont devoir résoudre l’énigme de ce décès avant qu’il ne soit trop tard…

    « Il vous sera difficile de vous interrompre dans la lecture de ce roman très noir. »
    Psychologies

    Je viens de refermer La Compagnie des menteurs, de Karen Maitland, et je dois dire que ce roman m’a laissé une impression étrange, entre admiration et légère frustration.

    L’histoire se déroule dans une Angleterre médiévale d’un réalisme saisissant, en pleine épidémie de peste. Un groupe de neuf voyageurs se forme, chacun avec ses raisons, mais tous mus par un même but, fuir la maladie. Je fais ici la connaissance du narrateur, un marchand de reliques, et de ses compagnons, une galerie particulièrement étonnante où se mêlent un peintre et sa femme enceinte, un musicien et son élève, un magicien, une sage-femme, une enfant qui lit les runes, et un mystérieux conteur.

    Au début, le roman prend son temps. Je me suis doucement imprègné du décor, j’ai découvert peu à peu les personnages et les routes qu’ils empruntaient. Mais c’est dans la seconde moitié que les choses s’accélèrent : les morts s’enchaînent, et les secrets se dévoilent. L’ambiance de huis clos, cette impression que le danger rôde parmi eux, m’a rappelé Dix petits nègres d’Agatha Christie. Même si j’ai deviné certaines révélations avant la fin, cela n’a pas gâché mon plaisir. Ce n’est pas tant l’intrigue qui m’a captivé, mais l’atmosphère, le mystère, le mélange réussi entre histoire et surnaturel.

    Le côté fantastique est, à mes yeux, la grande réussite du livre. Il s’insère naturellement dans cet univers médiéval où les croyances tenaient lieu de vérité. C’est sans doute ce qui m’a le plus accroché, bien plus que l’aspect « thriller ». J’ai refermé le livre avec l’envie de le relire, de retrouver les indices disséminés au fil du récit. Et cette fin… j’ai hésité, mais finalement je ne lui ai pas donné mes 5 étoiles, il m’a manqué un soupçon d’émotion, une profondeur dans les sentiments qui aurait pu en faire un coup de cœur absolu.

    Cela restera une très belle découverte, et une belle porte ouverte vers l’univers de Karen Maitland, que je compte bien explorer davantage !

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    Extraits :

    « “C’est donc entendu, nous l’enterrerons vivante avec la bride de fer. Ça lui fera tenir sa langue.” L’aubergiste croisa les bras, soulagé qu’ils soient au moins parvenus à s’entendre sur cela.
    “Le fer contiendra tous ses blasphèmes. Il peut tout arrêter. C’est l’une des matières les plus puissantes pour résister au diable, après l’hostie et l’eau bénite. Bien sûr, ce serait mieux si nous en avions, hélas, nous n’en avons pas par les temps qui courent. Mais le fer fera tout aussi bon usage”. »

    « Il faisait nuit à mon réveil, c’était l’heure la plus sombre, juste avant l’aube, lorsque les chandelles se sont consumées et que les premiers rayons de soleil n’ont pas encore percé les fentes des volets. Mais ce n’est pas la froideur de la nuit qui me fit frissonner. Nous étions bien trop entassés les uns contre les autres dans la grange pour que quiconque sentît le moindre courant d’air. »

    « Nous devons tous gagner notre vie, dans ce monde et il y a autant de manières de le faire qu’il y a de gens. Comparé à d’autres, mon commerce pourrait être considéré comme respectable, et il ne fait aucun mal. Vous pourriez dire qu’il fait même du bien, car je vends de l’espoir, et c’est le plus précieux de tous les trésors. L’espoir est peut-être une illusion, mais c’est ce qui vous retient de sauter dans une rivière ou de boire la ciguë. L’espoir est un mensonge magnifique et il faut du talent pour le donner aux autres. Et à l’époque, en ce jour où soi-disant tout commença, je croyais sincèrement que la création de l’espoir était le plus grand de tous les arts, le plus noble de tous les mensonges. Je me trompais. »

    « Rien d’inhabituel à ce qu’un enfant reçoive une correction ; j’en avais déjà vu au moins une demi-douzaine ce jour-là – un coup de baguette sur des jambes nues pour avoir négligemment laissé tomber un panier d’œufs, un postérieur rougi pour s’être éloigné sans permission, une claque sur l’oreille sans raison valable sinon que le gamin s’était trouvé au milieu du chemin. Tous les jeunes pécheurs tentaient d’esquiver les coups en hurlant assez fort pour convaincre leur tourmenteur que la punition avait été pleinement comprise, tous, sauf elle. Elle ne hurlait pas ni ne se débattait, et demeurait aussi silencieuse que si les coups sur son dos avaient été assénés avec une plume et non une ceinture, ce qui ne semblait qu’accroître la fureur de la personne qui la battait. Je crus qu’il allait la tuer à force de la frapper, mais finalement, vaincu, il la laissa partir. »

    Karen Maitland est née en 1956. Elle vit en Angleterre, dans le Norfolk.
    Elle a publié trois romans en France, parus chez Sonatine Éditions :

    • La Compagnie des menteurs (2010),
    • Les Âges sombres (2012)
    • La Malédiction de Norfolk (2014).

    Amour, Émotion, Conte, Magique, Poésie

    FLIPP LE PETIT FANTÔME

    de Claudine Laurent Rousselle
    Broché – 8 juin 2024
    Éditions : Auto-édition

    Philippe, Chris et Alan ont douze ans, ils sont amis depuis leur plus tendre enfance. Ils partagent tout. Ils aiment se retrouver au bord de la rivière pour faire des ricochets, pêcher, se balancer au bout d’une corde et sauter dans l’eau.
    Un jour, ils décident de construire une cabane dans un arbre, ils ne ménagent pas leurs efforts et sont heureux de leur réussite.
    Ils aménagent un barbecue sur lequel ils font cuire leurs prises. Assis sur des rondins de bois, entourés de la nature, ils dévorent à pleines dents, c’est un pur bonheur, jusqu’au jour où survient le drame…

    Je croyais que Claudine Laurent Rousselle ne pouvait plus me surprendre. Et pourtant…
    Avec Flipp le petit fantôme, elle m’a une fois encore profondément touché. Ce petit conte tout en délicatesse s’adresse aux enfants de 7 à 13 ans, mais il parlera tout autant aux parents, aux grands-parents, et à tous ceux qui gardent en eux une part d’enfance.

    Avec sa plume empreinte de bienveillance et de poésie, Claudine nous offre une histoire tendre, simple et lumineuse, portée par une narration accessible et un ton volontairement naïf, au sens le plus noble du terme. Ce style, qui lui est propre, apaise, émerveille, et donne à rêver. Elle a glissé aussi, ici et là, réalisés par ses propres soins j’en suis sûr, quelques petits dessins qui ont joliment animés mon récit.

    J’aurai aimé que l’aventure dure plus longtemps. Mais c’est bien là la force de l’autrice, savoir captiver les jeunes lecteurs sans jamais les perdre. Claudine connaît les enfants, elle sait comment les accrocher, les émouvoir, surtout les faire réfléchir… tout en douceur.

    Flipp le petit fantôme est un récit court, certes, mais il résonnera longtemps dans mon esprit. Il touche le cœur, il fait naître l’émotion. J’avoue avoir versé quelques larmes tant ce petit monde imaginaire est porteur de lumière.

    C’est un livre pour les petits, bien sûr, mais aussi pour les grands. Pour les mamans, les papas, les futurs parents, et tous ceux qui croient encore aux pouvoirs des histoires. Un conte pour donner aux enfants le goût de lire… et surtout, le droit de rêver.

    Merci, Claudine, pour cette nouvelle parenthèse enchantée. Merci de nous partager ton imaginaire si riche et si généreux.
    Aujourd’hui, je te le dis, si tu as besoin de quoi que ce soit, et si je peux t’aider, ce sera toujours avec un grand plaisir.
    Tu offres aux enfants (et à nous tous) de magnifiques personnages, pleins de vie et de tendresse. Et ça, c’est un cadeau précieux.

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    Extraits :

    « Un beau ciel bleu, une rivière, un petit bois, un champ de fleurs …
    Un réel bonheur pour Philippe et ses amis Alan et Chris, tous les trois âgés de douze ans, qui aiment la nature et s’en donnent à cœur joie à faire des ricochets sur l’eau de la rivière, se balancer au bout d’une corde attachée à la branche d’un arbre, plonger dans l’eau, et s’éclabousser.
    Les rires fusent. »

    « – Philippe !… c’est bien toi ?…
    – Oui, n’aie pas peur surtout… mais appelle-moi Flipp, en haut, c’est le nom qu’on me donne.
    – Flipp, d’accord… que fais-tu ici ?…
    – Je voulais vous revoir Alan et toi. Je suis allé à la cabane, j’ai essayé d’attirer votre attention, mais j’ai vu que je vous faisais peur. Alors ce soir, je suis venu vous voir l’un comme l’autre.
    Sache que vous êtes les seuls à me voir et à m’entendre. »

    « Pourtant quelque chose l’intrigue.
    Elle ne rêve pas, elle entend Alan et Chris parler à Philippe, comme à l’époque où il était avec eux.
    Que leur arrive t-il ?
    — Je dois avoir une conversation avec les garçons… ils ne peuvent continuer ainsi. Ils doivent admettre que leur ami est parti. Ça ne sert à rien d’imaginer le contraire, je pense qu’ils se font du mal.
    Je leur parlerai demain pour ce soir, c’est un peu tard. »

    « – Mes amis, qu’allez-vous retenir de ces vacances ?…
    – On s’est bien amusés ! lui répond Alan.

    – Et toi Chris ?
    – C’est vrai ont s’est bien amusés, mais tu nous as montré tout ce que tu étais capable de faire pour les autres et je pense que c’est une leçon à retenir.
    Nous devons, nous aussi, penser à venir en aide aux autres.
    — Très juste ! Répondez Flipp et pas seulement aux humains, les animaux, les oiseaux, les arbres, les fleurs, et chaque être vivant sur cette terre peut avoir besoin de vous.
    Vous devez apprendre à ouvrir les yeux ainsi que votre cœur.
    Faudra vous rappeler tout mon enseignement.
    Croyez-moi, ça vous rendra heureux du faire… »

    Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
    Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman Un merveilleux cadeau en 2022.
    D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…