Émotion, Romance

Hôtel du bord des larmes

de Elsa Flageul
Broché – 3 mars 2021
Éditeur : MIALET BARRAULT

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Les divorce hôtels promettent de divorcer en un week-end, sans tracas ni démarches interminables, dans un souci de médiation, de bonne humeur, et même de bien-être. L’Hôtel du bord des larmes est l’un de ces hôtels. En ce vendredi de début d’été, il accueille Cécile et François, désolés d’en arriver là, pas très convaincus par l’idée, mais bien décidés à rompre ce mariage tout en préservant leur fille : ce que l’amour a fait mourir, la famille qu’ils étaient les oblige à le laisser en vie. Au cours de ces deux jours, ils vont revivre les émotions qui les ont unis puis séparés, accepter de prendre leurs distances… et faire de nouvelles rencontres. Et ça, ce n’était pas prévu. À travers les aventures touchantes et drôles de ses jeunes personnages, Elsa Flageul dessine un portrait acide et très subtil de la difficulté à vivre des nouvelles générations.

 

2021_032_Flageul Elsa - Hôtel du bord des larmes

 

Autopsie d’une histoire d’amour, ou peut-être autopsie de l’amour tout simplement…

Dans ce court récit très réaliste Elsa Flageul fait preuve de beaucoup de justesse. La passion, puis l’amour, la lassitude, et enfin la désillusion. Toute une palette de sentiments sur les liens qu’entretiennent les couples.

“Hôtel du bord des larmes” nous propose un week-end dans un lieu pas banal, c’est le moins que l’on puisse dire, puisqu’il permet de divorcer en toute quiétude. vous ferez donc la connaissance de Cécile et François, qui viennent finaliser leur séparation et divorcer et tout cela sera pris en charge par quelques membres de l’Hôtel, Jeanne, Julien ainsi que des hommes de loi. François accepte enfin, pour le bien de leur fille Valentine, de laisser partir sa moitié.

Mais on dirait bien que cette séparation sera le fruit d’une nouvelle rencontre…

Plus que l’histoire en elle-même, ce sont les relations humaines qui priment, ainsi que le ton donné par l’auteure qui m’a emporté. De la profondeur, de l’empathie, de la finesse, beaucoup d’émotions, quelques sourires et une fin qui n’en est pas vraiment une…

L’amour est définitivement au centre de ce récit, mais Elsa le magnifie, par ses mots qui roulent et se bousculent, par ses phrases entre tumulte et poésie, j’ai eu à plusieurs moments, l’impression d’être au cinéma.

Roman sensible et bien écrit, qui décrit des sentiments que nous avons tous vécus un jour.

Venez vivre à votre tour, trois jours dans cet hôtel du bord des larmes, pour une histoire tout en délicatesse.
Merci Beaucoup Elsa…

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Extraits :

« On se moquait des premiers inscrits. On les méprisait de ne pas arriver à se séparer tout seuls, comme des grands, proprement, comme si c’était facile, comme si personne, jamais, n’était devenu fou de désespoir par amour. Comme si personne n’avait jamais voulu s’arracher le cœur à mains nues pour qu’il s’arrête de battre, effacer de sa mémoire les soupirs, l’odeur de la peau, le sexe qui se dresse, l’humidité et la chaleur des lèvres de l’autre. »
…/…
« Bien sûr, Jeanne avait entendu parler du coup de foudre. Les films ne parlent que de ça, les chansons ne parlent que de ça. Combien de fois a-t-elle imaginé ce que ça pouvait être : une flèche, un poignard, un éclair dans le cœur ? Cette brèche, ensuite qui ne peut être comblée que par les baisers, que par le sexe, que par l’autre. Une dévoration. Une combustion. Elle pensait alors que c’était une invention pour jeune fille romantique et frustrée, que c’était une machine à histoires niaises et gentilles, ces romans qui parlent d’amour et de bienveillance, vous savez. »

 

 

Avant de se lancer dans l’aventure romanesque, Elsa Flageul a d’abord étudié le cinéma et travaillé sur l’œuvre de Jacques Demy. Le cinéma garde une influence majeure sur son travail d’écrivain, caractérisé par un sens aigu de la musicalité et une écriture d’une grande délicatesse.

Aux éditions Julliard, elle a déjà publié Madame Tabard n’est pas une femme (2011), J’étais la fille de François Mitterrand (2012), Les Araignées du soir (2013), Les Mijaurées (2016), À nous regarder, ils s’habitueront (2019).
Hôtel du bord des larmes est son sixième roman.

Émotion, Noir, Thriller

Sinestra

de Armelle Carbonel (Auteur)
Broché – 8 novembre 2018
Éditeur : RING

Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le Mal a franchi la frontière avec eux.

Surnommée la “nécromancière”, Armelle Carbonel est avec son style viscéral et son extrême maîtrise du suspense en huis clos, l’une des voix les plus captivantes du thriller contemporain. Récompensée à onze reprises, experte en manipulation et rebondissements, la nouvelle référence française du thriller psychologique entraîne le lecteur au cœur d’une véritable symphonie paranoïaque, dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Après, les superbes “Criminal loft” et “Majestic murder”, je ne pouvais pas passer à coté de “Sinestra” !
Avec ce troisième roman, Armelle Carbonel a gravi une nouvelle marche sur le podium.
C’est roman magistral, avec une écriture pointue et très poétique.

Vingt-neuf août 1942.
Au cœur de la Suisse, à travers les Grisons, se trouve un château, menaçant, le Val Sinestra.
Dans la brume, un chargement humain pénètre la forteresse.
Des femmes, des enfants, un homme, espérants être guéris de leurs maladies.
C’est là, au milieu de la forêt, que vie un mystérieux médecin qui semble faire des miracles.
Bienvenus au Val Sinestra…

Passées les premières pages, où j’ai découvert les personnages du roman, Armelle échafaude un huit-clos glacial à l’atmosphère sombre et malsaine, où le mal s’insinue absolument partout. Sinestra est un thriller horrifique.

Encore une fois, elle met en avant “le Lieu” dans son récit, lui donne une âme, au point qu’il en deviendra même le personnage principal en lui donnant la parole.

Quel suspens !
Chaque chapitre est raconté par un personnage différent. Nous proposant une perception et une vue différente des scènes vécues.
Grâce à son écriture incisive, teintée de poésie, de métaphores et délicieusement maléfique, Armelle, m’a entraîné tel un enfant, petit à petit, vers une descente aux enfers dans un univers sombre et glauque… Je me suis enfoncé dans son récit à chaque fois un peu plus, les murs se sont resserrés autour de moi, m’oppressant jusqu’à la dernière ligne…

Aucun des personnages ne sera épargné, qu’il soit enfant, qu’il soit adulte.
Même le lecteur averti sera surpris, choqué et subira, tel le fracas de l’orage et la pluie de grêlons battant les rues, la perte d’une certaine innocence…

Un vrai coup de cœur !

Armelle a du style, elle le sait…
Elle ne nous raconte pas d’histoires, elle nous les fait vivre.
Oserez-vous entrer dans son univers ?

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Extrait :

« Mon œil suivait chacun de leurs mouvements et dénonçait les mensonges révélés par la nuit. Mes traîtres égarés livraient un combat inéquitable. J’applaudissais leur vaine tentative d’échapper à mon emprise et pleurais la mort du garçon au nez crochu, bien que son déclin eût pris naissance en mon sein. J’aimais cet enfant étoilé. Autant que les autres, mal nés, mal aimés, malformés. Leur saveur ne présentait aucune différence. Ils incarnaient l’innocence dans un monde exempt de fraîcheur et le vieux rustre que j’étais s’en nourrissait pour prolonger l’éternité au-delà des limites sacrées. »

 

 

Armelle Carbonel, née le 16 juillet 1975 à Paris, est écrivain. En parallèle de son activité littéraire, elle travaille pour le Ministère de la défense.

Elle commence à écrire dès son plus jeune âge.
À 8 ans, elle rédige des poèmes, puis à 11 ans, un roman fantastique. À 15 ans, elle se tourne vers le théâtre avec la composition de 3 pièces de théâtre, avant de revenir au roman à 20 ans. Elle remporte de nombreux prix Littéraires (Art et Lettre de France, Concours littéraire des Armées, concours de poésie de la ville de Rambouillet, Prix Calliope.) sous le pseudonyme de Rebecca Arque pour son roman Criminal Loft (publié en auto-édition en 2011) et devient membre du Collectif de la Plume Noire. Elle retravaille son thriller Criminal Loft dans une nouvelle version en 2015. Elle est également l’auteur de “Les Marais funèbres” et “La Maison de l’ombre”.

En 2013, elle participe au recueil de nouvelles Santé, au profit de la fondation Maladies Rares.