Drame, Noir, Polar, Psychologie, Suspense, Thriller

Le Loup peint

de Jacques Saussey
Poche – 4 janvier 2017
Éditeur : Le Livre de Poche

Vincent Galtier est vétérinaire dans une petite ville de l’Yonne, près d’Auxerre. Depuis la mort accidentelle de son fils, son couple est à la dérive. Seule, Marion, sa maîtresse, parvient à lui faire vivre quelques rares moments d’oubli. Une nuit, alors qu’il vient de la quitter et traverse une forêt isolée pour rentrer chez lui, les passagers d’une voiture inconnue lui tirent dessus et tentent de le précipiter dans un ravin. Lorsque Vincent arrive finalement à son domicile, après leur avoir échappé de justesse, c’est pour y découvrir une scène de massacre. Il y en aura d’autres. Le cauchemar ne fait que commencer…
L’auteur de Quatre racines blanches et L’Enfant aux yeux d’émeraude offre un cadre inhabituel au thriller – le monde vétérinaire – dans ce page-turner machiavélique au suspense implacable.

Encore un roman qui attendait sagement dans ma bibliothèque depuis plusieurs années… Il était grand temps que je découvre enfin Le Loup peint de Jacques Saussey !

Et quelle bonne surprise ! Dès les premières pages, je me suis retrouvé plongé dans une intrigue magistralement construite, avec des personnages tellement bien campés que je les imaginais évoluer devant moi, comme dans un thriller sur grand écran.
Vincent Galtier est vétérinaire dans l’Yonne, près d’Auxerre. Depuis la mort de son fils, son couple n’est plus que l’ombre de lui-même. Une nuit, alors qu’il rentre chez lui après avoir retrouvé sa maîtresse, il est pris pour cible par des inconnus qui tentent de le tuer.
Lorsqu’il parvient enfin à rejoindre son domicile, il découvre une véritable scène de massacre. Et ce n’est que le début de son cauchemar. Très vite, Vincent devient suspect et doit tout faire pour prouver son innocence tandis que les crimes se multiplient autour de lui. J’ai suivi cette descente aux enfers avec beaucoup d’intérêt, sans jamais savoir où Jacques voulait m’emmener.

J’ai particulièrement apprécié la construction du récit, qui fait s’entrecroiser plusieurs histoires et plusieurs voix. Les personnages sont hauts en couleur, parfois inquiétants, parfois franchement savoureux. L’écriture est fluide, nerveuse, sans fioritures, mais l’auteur sait aussi se lâcher, notamment dans la seconde partie avec cette équipe de policiers pour le moins… particulière !
Certains dialogues m’ont franchement fait sourire. Auteurs n’hésitez plus, lâchez-vous plus souvent !

J’ai également apprécié les passages beaucoup plus crus, parfois franchement trash, qui renforcent l’atmosphère noire du roman.
Et puis il y a cet étonnant petit animal qui vient régulièrement semer sa pagaille dans l’histoire…

Mais Le Loup peint ne se résume pas à un simple polar. Le trafic d’un animal en voie d’extinction constitue une véritable toile de fond de l’intrigue et nous entraîne progressivement vers un désastre que je vous laisse découvrir.
J’ai aimé aussi les petits clins d’œil de l’auteur à certains écrivains et dessinateurs à travers les noms de rues fictives d’Auxerre.

Suspense, humour noir, violence, personnages déjantés et rebondissements, Jacques a réuni tous les ingrédients d’un bon thriller.
J’ai passé un agréable moment de lecture et je ne peux que vous conseiller de vous laisser embarquer dans cette intrigue captivante !

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Extraits :

« La voiture approchait à grande vitesse sur la chaussée étroite. Vincent prit alors conscience qu’il était bloqué en plein milieu de la voie, que le moteur refusait de démarrer.
Une vision de tôles arrachées et de souffrances atroces lui envahit l’esprit comme un raz-de-marée incontrôlable. La Mort. Elle avait fini par le retrouver.
Elle allait venir le chercher, quelques minutes à peine après l’avoir manqué de peu. Quelques mois après lui avoir ravi la moitié de lui-même sous le châssis de ce maudit camion, le projetant par là même dans les flammes de la culpabilité. »

« Elle était seule, désormais. Seule avec sa douleur, seule avec le souvenir de son fils qu’elle chérissait chaque soir avant de s’endormir de peur qu’il ne sorte de sa mémoire à la faveur du sommeil.
Elle éteignit sa lampe et garda les yeux ouverts dans le noir, fixés sur le plafond qu’elle discernait à peine à la lueur de la Lune. Pourquoi ne quittait-elle pas cet homme qui l’avait détruite? Pourquoi? Aucun avenir entre eux n’était plus possible. Il n’y avait aucune chance de rembobiner le fil tragique des événements.
Elle ne supportait même plus qu’il l’approche, et encore moins qu’il la touche. Alors qu’attendait-elle ?
Demain… »

« Et voilà. Encore une fois, il s’était foutu le doigt dans l’œil jusqu’au coude en tirant des conclusions trop rapides. L’analyse des empreintes sur le pistolet avait été approfondie. Une autre série avait été décelée sous la première et une trace partielle avait pu être identifiée. Elle correspondait au pouce de l’un des deux cadavres retrouvés dans la BMW. D’autre part, l’avant-bras du type présentait des traces fraîches de combustion de poudre, mais celui de Vincent Galtier n’en avait révélé aucune. Manifestement, ce n’était pas lui qui avait tué l’inconnu dans les bois. Cela l’innocentait de ce crime, et partant cela expliquait la raison de la course-poursuite et de la collision entre les deux voitures qui avait causé la mort des deux tueurs. Le vétérinaire n’avait donc pas raconté que des conneries. »

« Cinq heures que ça durait, déjà. Il n’en voyait pas le bout. Ah, la journée allait être longue, c’était sûr…
Il s’arrêta à l’angle de l’avenue du maréchal Norek.
À sa droite, après un petit immeuble bourgeois de quatre étages, le boulevard Chattam s’enfonçait dans un quartier de maisons cossues en direction opposée à l’hôpital. De l’autre côté du carrefour, l’avenue Minier, plus étroite, offrait une densité d’habitations et de commerces plus propice aux interrogatoires de porte à porte. Elle s’éloignait en une courbe tendue vers les quartiers les plus à l’ouest de la ville. Richard savait qu’elle se ramifiait rapidement dans un quartier d’immeubles qui représentait la grange aux meules de foin évoquée par le commandant Colize. »

Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, « La mante sauvage », achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre « Colère Noire ».
C’est le second, « De sinistre mémoire », écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011.
Son domaine : l’histoire noire. Très noire…
Il est désormais considéré par les critiques et les libraires comme l’un des « talents qui content » dans le polar.

Enfermé.e (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/12/enferme-e-de-jacques-saussey/

7/13 (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/06/15/7-13/

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