de Tom Clearlake
Broché – 2 juin 2025
Éditeur : Moonlight éditions

Un lodge somptueux au bord d’un lac.
Au cœur des forêts du nord de l’Idaho.
Les vacances d’été s’annoncent idylliques pour la famille Carter, les Coleman et leurs amis.
Jusqu’à ce que les enfants découvrent cette maison abandonnée.
Et le corps de cet homme. Assassiné.
Une arme de poing dans une main.
Un attaché-case menotté à l’autre.
La suite logique serait d’appeler la police. Le groupe se divise.
Ils font le choix de préserver leur séjour et de signaler la scène de crime au moment du départ.
Mais les questions que pose ce cadavre restent.
Les réponses auront un prix.
Celui d’un aller simple en enfer.

Quel bonheur d’être à nouveau surpris par Tom Clearlake que je suis depuis ses débuts !
Avec Proies, il a gravi une nouvelle marche, et pour moi, ça a été un vrai cadeau de lecture.
Dans les forêts reculées du nord de l’Idaho, Logan Carter, sa famille et ses amis passent un séjour dépaysant au milieu de la forêt de l’Idaho, dans un lodge tout confort. Des vacances au vert…
Tout semble réuni pour un séjour parfait mais, à peine arrivés, ils découvrent dans une maison abandonnée le corps d’un homme tué de deux balles dans le dos, reliée à sa main par une menotte, une mystérieuse mallette. Logan puis son groupe décident d’attendre la fin des vacances pour signaler le meurtre afin de préserver leur tranquillité, et ne pas perturber leurs vacances. Il s’avère que ce choix va déclencher une suite d’événements dramatiques et nous plonger dans une spirale implacable.
Dès les premières pages, j’ai été happé. Tom possède ce vrai talent d’installer immédiatement la tension et de maintenir le lecteur en haleine pendant toute la lecture, il ne m’a pas laissé le temps de réfléchir, il m’a véritablement entraîné dans une course contre la mort absolument haletante. Plus j’avançais dans l’intrigue, plus c’était sombre, dérangeant et palpitant. Assez vite, Logan montre son vrai visage. Celui d’un homme aux abois et particulièrement cupide. L’auteur nous dévoile jusqu’où l’avidité des gens peut les mener ainsi que les conséquences de certains actes.
Voici un thriller au rythme intense, au suspense constant, diaboliquement efficace, cinématographique par moments, aux rebondissements multiples. Les personnages sont crédibles dans leurs failles. Peur, égoïsme, appât du gain, instinct de survie. L’atmosphère anxiogène s’intensifie au fil des pages. J’ai retrouvé la plume percutante de l’auteur… et toujours cette émotion qu’il cache entre ses lignes, il a su m’emporter une fois de plus. Un excellent moment de lecture !
Encore une fois, merci Tom, pour ta confiance et pour ce moment de lecture intense et très marquant.
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Extraits :
« C’est à cet instant que la bobine du film de sa vie se mit à tourner à une vitesse démentielle, si vite qu’il n’eut pas le temps de saisir la moindre de ces images qui ne lui appartenaient déjà plus. Et la dernière, avant le générique de fin, fut celle de Samantha, blottie dans ses bras, au bord du lac. Ils regardaient leur fils, Jaden, faire des ricochets. Il recula, fléchit ses cuisses tremblotantes et essuya la sueur et les larmes qui l’aveuglaient.
Et sauta dans le vide. »
« Lisbeth pressa le pas jusqu’à l’entrée et s’extirpa avec les enfants de la puanteur qui imprégnait les lieux. Elle referma la porte et prit une longue inspiration. Sa tête tournait et son cœur battait à tout rompre. L’air frais des forêts, les arbres qui dansaient doucement, chassèrent avec peine la vision lugubre. Un renvoi gastrique brutal s’empara d’elle. Elle lâcha la main de sa fille et alla vomir dans un taillis. Penchée en avant, les mains sur les genoux, elle reprit son souffle.
Bon Dieu, pensa-t-elle tout haut, ce truc n’est pas vrai.
Elle se redressa et marcha vers les enfants.
— Venez, je vous ramène au lodge. »
« Le reste du groupe entourait la table, figé autour de son unique et défunt convive. Tous tenaient un mouchoir plaqué contre leur nez – un bien maigre rempart face aux exhalaisons suffocantes. À un moment, Logan avait tenté de se réveiller.
Mais ce cauchemar était bien réel.
— Qu’est-ce qu’on fait ? dit Mark d’un air hagard.
— Quelle question ! Il faut appeler la police, répliqua Mia.
— Il a peut-être ses papiers d’identité sur lui, dit Logan en faisant un pas vers le corps.
— Ne l’approchez pas ! lança le psychiatre. Nous sommes face à une scène de crime.
— Vous pensez que cet homme a été… assassiné ? demanda
Samantha sans pouvoir détacher ses yeux du corps.
— C’est même certain, répliqua le psy. Regardez la déchirure dans le dos de son t-shirt. C’est une sortie de projectile. Et là, c’en est une autre. »
« Des larmes froides roulèrent sur les joues de Logan.
Des tréfonds de son être, une vague de haine glaciale déferla. La face lisse répugnante du milliardaire surgit comme un diable de sa boîte, accompagnée d’une pulsion brutale : tuer cet homme. Le voir mourir. Le faire souffrir. Tout son corps fut pris de tremblements et un nœud lia ses intestins. Il quitta la fenêtre et s’allongea sur le lit. Ses yeux restèrent grands ouverts, fixés sur le plafond. Il se força à rester immobile, bras le long du corps, à côté de Terrence qui dormait encore profondément et semblait s’être détendu. »
« L’index de Logan pressa la gâchette du Glock. La barre de détente recula, poussa le plongeur hors du percuteur, le connecteur campa la barre vers le bas, le cruciforme quitta l’étagère et la barre lâcha le percuteur qui fusa en avant et frappa l’amorce, la poudre explosa et propulsa la balle qui fila dans le canon rayé et jaillit dans un cône de gaz brûlants orangés, la pointe creuse fendit l’air en rotation gyroscopique parfaite, droit vers le front de Steelson, le métal perça l’os frontal qui éclata sous l’impact en une toile d’araignée de fractures radiales autour de l’entrée, la tête creuse de la balle s’ouvrit comme une fleur, créant une cavitation hydrostatique qui pulvérisa les lobes frontaux, lacéra les axones, sectionna les artères cérébrales, l’ogive traversa le cerveau et frappa la table interne de l’os occipital, la nuque chauve se souleva et gonfla comme un ballon d’enfant, le crâne explosa sous la pression accumulée comme une pastèque trop mûre en libérant un geyser sanglant de matière grise pulpeuse, esquilles osseuses et lambeaux de chair qui jaillirent en l’air et s’étalèrent sur le mur d’écrans. »


Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.
Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…
Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.
« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »
— L’Essence des ténèbres (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/17/lessence-des-tenebres/
— Tréfonds (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/03/19/trefonds-de-thomas-clearlake/
— Avides (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/01/avides/
— Sans retour (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/31/sans-retour/
— Signatures (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/03/18/signatures/
— L’Antidote (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/09/30/lantidote/
— Proies (2026)
