Amour, Émotion, Drame, Famille, Noir, Suspense, Violence

Principes mortels

de Jacques Saussey
Poche – 16 mai 2018
Éditeur : Bragelonne

La mort n’a jamais dit son dernier mot.

Été 1979. Franck Servin, dix-huit ans, fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac. Il trouve refuge chez son oncle et sa tante, dans une ferme de la Creuse où, quatre ans plus tôt, son cousin Paul a trouvé la mort sur une route qu’il connaissait depuis l’enfance. Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s’est jamais refermée.
Trente ans plus tard, revenu dans la Creuse, là où tout s’est noué, Franck sait qu’il va mourir. Il a quelques jours pour laver sa mémoire et raconter comment, cet été-là, le piège du destin s’est refermé sur les siens.

« Jacques Saussey décrit un monde idéal avant
de le déchirer en petits morceaux entre les secrets
et les mensonges d’une famille complètement tordue.
Une fois que je l’ai eu commencé, je n’ai pas pu le refermer. »
Patricia MacDonald

Salué par la critique et les lecteurs comme un grand du roman noir, Jacques Saussey nous offre, avec Principes mortels, le meilleur de lui-même.

Principes mortels de Jacques Saussey, un roman noir qui m’a fait vibrer et dont les émotions m’ont profondément marqué !

En juillet 2011, Franck revient à la ferme de ses oncle et tante, en Creuse. C’est là, dans ce lieu chargé de souvenirs, qu’il décide de raconter l’histoire qui a bouleversé sa vie.

Juillet 1979. À 19 ans, Franck vient d’échouer au baccalauréat. Chevauchant sa Kawasaki, il se dirige vers la ferme de son oncle et de sa tante, Victor et Hélène. En effet, sa mère l’a envoyé chez eux, à la Renardière, afin qu’il prépare les épreuves de rattrapage. Mais ce séjour est aussi l’occasion de fuir un foyer devenu invivable, où l’alcoolisme de son père fait régner la violence. Son arrivée ravive également une douleur profonde. Franck ressemble étrangement à Paul, leur fils unique, mort quatre ans plus tôt dans un accident de mobylette. Pour ses proches, ces retrouvailles ne sont donc pas sans conséquences… Très vite, ce qui devait être une parenthèse studieuse prend une tournure sombre. J’assiste, impuissant, à l’effondrement progressif d’une famille meurtrie, incapable de surmonter son deuil. La santé de Victor se dégrade, les tensions s’exacerbent et les circonstances de la mort de Paul refont surface.

À travers une narration alternant entre 1979 et 2011, Jacques m’entraîne dans une histoire où le passé et le présent s’entremêlent, tandis que les secrets remontent peu à peu à la surface.
J’ai découvert un jeune Franck confronté à des événements terribles, qui tente malgré tout de protéger les siens et de sauver ce qui peut encore l’être. Malgré quelques instants de répit, et une rencontre charnelle, la noirceur reprend très vite ses droits…

J’avais pressenti que cette histoire finirait mal, mais je n’avais pas imaginé l’intensité des émotions qui m’attendaient. Impossible de lâcher ce roman avant cette dernière phrase, dont je n’avais pas mesuré toute la portée !
« Partez, avant qu’il ne soit trop tard… »
Pour moi, il était déjà trop tard, j’étais happé par cette histoire, emporté par ses émotions, jusqu’à un dénouement qui m’a laissé sans voix.

L’écriture de Jacques est magnifique à la fois simple, profonde et mystérieuse. J’ai ressenti toute la détresse de Franck, son attachement aux siens et la difficulté de prendre ses distances avec cette ferme où tant de choses se sont jouées.

Plus qu’un thriller, c’est un roman noir profondément humain et bouleversant, porté par des personnages denses et attachants, dans une atmosphère de plus en plus oppressante.

Un très beau coup de cœur !

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Extraits :

« Un pied posé à plat de chaque côté de la moto, je retire mon casque et le pose sur mon rétroviseur. Malgré la touffeur de l’après-midi, le moteur refroidit déjà en cliquetant.
Je glisse les doigts dans mes cheveux longs pour les décoller de mon crâne trempé de sueur. Dans mon cou, ils se sont un peu emmêlés à cause du vent, le long des quatre cent cinquante kilomètres que je viens de parcourir d’une traite. »

« Quand elle est sortie du coma, deux jours plus tard, elle a contacté un avocat et un commissaire de police, et elle a porté plainte contre mon père. Je n’ai rien pu faire pour l’en empêcher. Mais en avais-je vraiment envie, de toute manière ? Lorsque je l’avais trouvée évanouie dans la cuisine, le nez cassé et le visage en sang, mon père était en train de pleurer, le front posé sur le sol. Il tenait encore à la main la casserole avec laquelle il venait de la frapper. »

« Hélène hausse les épaules.
— Non, il a des maux de tête terribles, depuis quelques jours. Il a toujours mal supporté la canicule, mais cette année, c’est pire que jamais. Hier, il n’a pas pu mettre le nez dehors. Je ne te dis pas dans quel état d’énervement ça le plonge. Il n’est pas toujours facile, lui non plus. »

« — Il y a longtemps que tu as des maux de tête, comme ça ?
— Deux ou trois semaines. Peut-être quatre… je ne sais plus. Je n’y ai pas fait vraiment attention, au début. Ça a commencé vers la mi-juin. Il faisait une chaleur comme aujourd’hui, à ne pas mettre une vache dehors. J’ai pensé que c’était à cause de la sécheresse, de la violence du soleil.
Parce qu’ici, quand ça cogne… ça cogne, crois-moi !
Il avale une gorgée de Ricard, les yeux mi-clos.
— Et puis, c’est revenu. Et ça continue de temps en temps. J’ai un peu de répit pendant quatre ou cinq jours, et puis ça recommence. »

Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, « La mante sauvage », achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre « Colère Noire ».
C’est le second, « De sinistre mémoire », écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011.
Son domaine : l’histoire noire. Très noire…
Il est désormais considéré par les critiques et les libraires comme l’un des « talents qui content » dans le polar.

— Le Loup peint (2017)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/08/24/le-loup-peint/

— Enfermé.e (2018)
leressentidejeanpaul.com/2018/11/12/enferme-e-de-jacques-saussey/

— 7/13 (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/06/15/7-13/

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