Émotion, Polar, Suspense

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?

de Mathieu Menegaux
Broché – 2 mai 2018
Éditeur : Grasset

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Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.

Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.

Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.

Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.

 

2021_043_Menegaux Mathieu - Est-ce ainsi que les hommes jugent

 

Après les lectures de « Je me suis tue » et « Un fils parfait » j’attendais depuis un moment de lire ce nouveau titre de Mathieu, n’y tenant plus j’ai craqué et l’ai fait passer plus tôt que prévu !

Wahou. Quelle plume !
Du suspense, beaucoup de pression et un épilogue que je n’ai pas vu du tout arriver…

Depuis la mort de sa mère, Claire n’a plus que son père… Suite à une tentative d’enlèvement, il intervient pour la sauver, quand il est percuté violemment par le véhicule du voyou sous les yeux de sa fille Claire…
Pas ou peu de témoins, l’enquête de police avance très difficilement.
Defils, le commandant qui va gérer l’enquête va promettre à Claire de retrouver coûte que coûte le meurtrier de son père.

Trois ans plus tard, au petit matin, l’irruption brutale de la police au petit matin chez Gustavo, va le plonger dans un vrai cauchemar. Il est dès lors accusé d’homicide volontaire.
La machine judiciaire est dorénavant en marche.

Ce roman, lu d’une traite, est une véritable plongée en enfer. J’ai assisté au mécanisme implacable de la Police, qui d’abord se met en place et qui ensuite petit à petit ressert son étau avec une absence totale de sentiments, seules les preuves feront foi, malgré les revendications de Gustavo qui très vite se trouve dos au mur, sans aucune parade pour se faire entendre. Mathieu Menegaux insiste sur la difficulté de conserver toute objectivité dans la justice quand elle est dominée par l’émotion que ce soit celle du commandant, suite à sa promesse ou celle de Claire qui veut absolument trouver le coupable… Heureusement la femme de Gustavo, Sophie va tenter de trouver les preuves de son innocence.

C’est glaçant, horrible…
L’intervention des médias, des réseaux sociaux et de la foule, en arrivant vers la fin du roman, quelle horreur, cela fait vraiment peur !

Le récit est superbement bien construit et mené comme les deux autres avec vraiment beaucoup de sensibilité.

Ce livre m’a sonné, c’est un véritable choc !
Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire, “Et si cela devait m’arriver, comment réagirai-je ? Que ferai-je ? Est-ce que je baisserai les bras ?” Cela m’a fait froid dans le dos.

À lire absolument

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Extraits :

« Depuis qu’elle s’en était allé, Bertrand et Claire n’avaient pas failli une seule fois à la promesse qu’ils s’étaient faite le jour de l’enterrement : la tombe de maman serait toujours fleurie. Chaque samedi matin c’était le même rituel. Après la corvée des courses au centre commercial de Plaisir, expédiée au plus vite, le père et la fille prenaient leur temps pour choisir un joli bouquet. Des couleurs vives, beaucoup de feuillage, et un papier brillant avec un ruban : c’est pour offrir. La fleuriste emballait le paquet avec soin avant de le tendre à Claire en souriant, non sans un pincement au cœur pour cette adorable petite fille, orpheline à douze ans. »
…/…
« Tout est en place. L’affrontement peut démarrer. Gustavo n’en est pas conscient, encore, mais c’est sa vie tout entière qui est en jeu. Il pense encore avec naïveté qu’il va être en mesure de faire valoir son innocence sur la base d’une conversation rationnelle, et que sa bonne foi finira par l’emporter sur des spéculations sans queue ni tête. Face à lui, les policiers sont comme une meute de hyènes, excitées par l’odeur du sang, attaquant sans relâche une proie blessée, diminuée, chancelante, dont elles savent d’instinct que la résistance ne sera plus que symbolique désormais. »

Je me suis tue :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/10/31/je-me-suis-tue-de-mathieu-menegaux/

Un fils parfait :
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/08/un-fils-parfait-de-mathieu-menegaux/

 

 

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris.

Il travaille dans un cabinet de conseil en management. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d’avoir 45 ans avant d’enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint.

Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset. Il a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet, et a reçu 5 autres prix littéraires.

Un fils parfait, son deuxième roman, a été publié le 1° février 2017. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir, et a été porté à l’écran sous le titre « Un homme parfait », diffusé sur France 2 en mars 2019.

« Est-ce ainsi que les hommes jugent ?« , son troisième roman, est sorti en mai 2018, et a reçu le prix Yourcenar. Il est en cours d’adaptation pour France 2, pour une diffusion en 2021

« Disparaître« , son quatrième roman a vu le jour en Janvier 2020, juste avant le Grand Confinement.

Son prochain roman, « Femmes en Colère » est prévu pour Mars 2021.