Amour, Émotion, Drame, Psychologie, Violence

Toutes les nuances de la nuit

de Chris Whitaker
Broché – 6 mars 2025
Éditions : Sonatine

Jusqu’à ce jour de 1975, Monta Clare était une petite communauté tranquille du Missouri. Aujourd’hui, les sirènes des voitures de police retentissent dans toute la ville. Dans un quartier paisible, les habitants sont interrogés, tous doivent fournir des alibis. La raison ? Le jeune Patch Macauley a disparu. Dans la forêt voisine, on a retrouvé son tee-shirt, maculé de sang. Saint, une jeune fille au caractère bien affirmé, décide de faire tout ce qui est en son pouvoir pour découvrir ce qui est arrivé à son ami. Elle harcèle le shérif, mène sa propre enquête, cherche des pistes. Les jours passent, puis les semaines. L’affaire ne fait plus les gros titres des journaux, et cependant, Saint s’obstine. Des mois plus tard, Patch Macauley réapparaît. L’affaire est réglée ? Non. Bien au contraire, il faudra des décennies pour élucider tous les mystères et faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé durant sa disparition.

Après Duchess, salué par la presse et les libraires, Chris Whitaker revient avec un roman magistral. S’étendant sur plus de trente ans, ce récit, jamais prévisible, met en œuvre des émotions aussi complexes que bouleversantes. Toutes les nuances de la nuit confirme avec éclat le talent infini de son auteur pour explorer jusqu’à l’incandescence les troubles de l’adolescence et la façon dont ceux-ci influent et pèsent sur l’âge adulte. Chris Whitaker s’installe sans conteste parmi les plus grands romanciers contemporains.

“Un roman qui vous percute comme un marteau !
Je n’ai pas pu le lâcher et je ne l’oublierais jamais.”

llian Flynn

“À couper le souffle…
Un récit ondoyant qui transcende les décennies et les points de vue pour saisir la manière dont un seul instant fait basculer la vie d’un petit garçon et de ceux qui l’aiment.”
The Washington Post

“Il y a bien une enquête dans Toutes les nuances de la nuit,
et elle est passionnante, mais le roman a tellement plus à offrir.
C’est aussi une fable profonde et complexe sur l’amour, le deuil et l’espoir.”
Kirkus Reviews

Je referme à peine Toutes les nuances de la nuit et je reste là, sidéré. L’esprit encore dans les pages, le souffle court. Je découvre Chris Whitaker avec ce roman, et quelle découverte ! J’avais un peu d’appréhension devant ses 800 pages, pensant y passer plusieurs jours et deux jours plus tard, je suis arrivé au mot « fin », vidé, essoufflé, ému. J’ai lu sans relâche, tant le récit m’a happé.

Joseph, surnommé Patch, et sa meilleure amie Saint ont treize ans lorsqu’on fait leur connaissance. Ils vivent dans une petite ville nichée au cœur des Ozarks, dans le Missouri. Leur quotidien n’a rien de simple, mais une amitié profonde les unit et leur donne le semblant d’équilibre dont ils ont besoin. Jusqu’au jour où un geste héroïque de Patch fait basculer leur monde, déclenchant une série d’événements qui les dépasseront complètement.

Comment passer à une autre lecture après une telle immersion ?
J’ai vécu avec Patch, Saint, Sammy, Norma, Misty, Grace… Je les ai aimés, j’ai pleuré pour eux, j’ai tremblé avec eux. Ils m’habitent encore. Ce roman est une onde de choc. Une fresque humaine, déchirante et poignante.

Ce n’est pas qu’une histoire. C’est une traversée, sur près de 30 ans, entre ténèbres et lumière, entre fidélité et déracinement, entre bravoure et fatalité. Ce livre échappe à toute étiquette : saga, thriller, drame social, histoire d’amour… tout s’y mêle avec une justesse rare.

L’écriture est précise, vibrante. L’humanité des personnages m’a transpercé. À mes yeux, c’est un chef-d’œuvre, un grand coup de cœur !
Nous ne sommes qu’en mai, mais je pense avoir lu, ce que je considère comme l’un des romans de l’année.

Je remercie Pierre-Antoine de m’avoir conseillé cette pépite.
Dire que j’aurai pu passer à côté…

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Extraits :

« Ce jour-là, la police fouillerait les moindres recoins de son existence et découvrirait qu’il aimait les pirates parce qu’il était né borgne, et que sa mère lui avait très tôt donné le goût des sabres d’abordage et des cache-œils, convaincue que la beauté de la fiction avait le pouvoir d’émousser une réalité trop brutale. »

« Il remonta dans sa chambre, où il coiffa son tricorne et enfila son gilet. Puis il rentra son pantalon bleu marine dans ses chaussettes et tira un peu sur le tissu pour le faire bouffer aux genoux.
Dans sa ceinture, il glissa un petit poignard, un simple alliage de métaux bon marché, mais le forgeron avait fait du bon boulot.
Ce jour-là, la police fouillerait les moindres recoins de son existence et découvrirait qu’il aimait les pirates parce qu’il était né borgne, et que sa mère lui avait très tôt donné le goût des sabres d’abordage et des cache-œils, convaincue que la beauté de la fiction avait le pouvoir d’émousser une réalité trop brutale. »

« L’homme, qui s’était relevé, commençait à la suivre, mais Patch était juste derrière lui. Il sortit son poignard pour la deuxième fois de la matinée.
L’homme para le coup sans difficulté en lui saisissant le poignet et en le tordant douloureusement.
Un rayon de soleil éclaira la lame juste avant qu’elle ne s’enfonce dans le ventre de Patch.
Il tombe à la renverse et porte les mains à sa blessure. La nuit descendait sur les arbres autour de lui mais il ne vit ni lune ni constellations. »

« Son souffle résonnait dans ses oreilles.
Elle passa rapidement devant les arbres tombés qui bordaient la clairière. Le menton levé, elle scruta les alentours, mais ce n’est que lorsqu’elle atteignit le pied de la vallée qu’elle découvrit l’endroit où c’était arrivé.
Elle vit le tee-shirt.
Et le sang. »

« La religion et la politique se fichent de ce qui est juste. »

« – Que les gens comme nous n’existent que dans un état de crise. Que ce sera un miracle si nous mourons de causes naturelles. On se tournera vers l’alcool ou la drogue, et on ne nouera jamais de relations étroites parce qu’on gardera trop de choses pour nous.
– On n’a besoin de personne d’autre. »

« – Dans un mariage qui dure une vie entière, l’amour n’est qu’un visiteur. C’est le respect et la bienveillance qui en sont les véritables fondations. Pour être honnête, je pense que tu devrais l’épouser. »

Chris Whitaker a travaillé dix ans comme trader avant de se consacrer à l’écriture. Son premier roman, Tall Oaks (2016), reçoit les louanges de la critique et se voit couronné du CWA John Creasey New Blood Dagger. Avec All the Wicked Girls (2017), son deuxième roman, Chris Whitaker explore les thèmes de la disparition, de la jeunesse et des regrets au sein d’une Amérique dépeinte de manière magistrale.
Avec son troisième roman paru en 2020, We Begin at the End, il est lauréat du Gold Dagger Award 2021 et du prix Ned-Kelly 2021 du meilleur roman international.

Duchess est un roman noir captivant qui mêle suspense et émotion.
Toutes les nuances de la nuit est un roman policier captivant qui explore les complexités de l’amitié et de la résilience face à une disparition tragique.
Ses écrits sont édités dans 10 pays.

C’est un conteur prodigieux qui allie une écriture à la fois lyrique et ancrée dans une réalité brutale. Son univers est marqué par des personnages complexes et inoubliables, des intrigues riches en rebondissements et une interrogation constante sur le sens de la vie et les conséquences de nos actes. La noirceur de ses histoires contraste avec la beauté des paysages décrits. Son style, à la fois intense et délicat, fait vivre des émotions fortes aux lecteurs.

Amour, Émotion, Drame, Poésie

Le Consentement de Galatée

de Patricia Raccah
Broché – avril 2025
Éditions : Les Cahiers de l’Egaré

Ce texte, qui peut être lu comme un conte, une fable ou une autofiction, met en présence un artiste, Pygmalion, et sa muse, Galatée. La rencontre de leurs imaginaires et de leurs fantasmes se déploie en huis-clos dans un cocon d’espace-temps, leur « Paradis ». Pour son Pygmalion, Galatée va endosser différents rôles et personnages féminins. Elle va aussi sonder la valeur infinie de la parole lorsqu’elle est nue, et du silence, lorsqu’il est signifiant.

« Mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche. Jours lumineux marqués à jamais dans la grande fresque du « nulle part » où je suis venue flotter, écouter, me donner, m’oublier. Le temps passé dans cet espace est un autre temps, ni long, ni court, un temps tout à fait spécifique, unique, incomparable, comme si ici les minutes et les heures émanaient elles aussi d’une horloge non terrestre.
Il dit qu’il faut être paisible comme la citrouille, ne pas s’agiter. »

Entré à pas feutrés et curieux dans cette réécriture contemporaine, c’est avec un étrange mélange de trouble et de fascination que je termine ma lecture. Patricia Raccah a pris le mythe de Pygmalion à rebours pour en faire un huis clos moderne entre une femme aux mille visages, muse et amante, et « son” artiste peintre et photographe dans un étrange “Paradis”, où l’art est omniprésent. Ce roman m’a happé dès les premières lignes, tant par la force de son écriture, la force des silences qu’elle glisse çà et là, que par la tension permanente qui règne entre les deux protagonistes.

Ce roman à la langue précise, élégante et acérée, n’est pas qu’une histoire d’amour, ni même un simple rapport de pouvoir. C’est une exploration vertigineuse du consentement, de la manipulation douce et de la confusion des sentiments. À chaque chapitre, je me suis demandé jusqu’où l’héroïne irait, et à quel moment l’artiste réagirait. Mais dans cette relation trouble, les frontières sont brouillées, glissantes, presque invisibles.

Rien n’est frontal, tout est insinué, Patricia ne juge pas, elle expose.
Son roman, loin d’être un simple duel psychologique, est aussi une réflexion sur la création, sur le pouvoir des mots et des fantasmes, sur ce que l’on fait de l’autre quand on veut en faire une œuvre, et sur les ravages qui peuvent en découler. Il m’a fait réfléchir, je me suis un peu senti concerné, comme face à un miroir tendu vers mes contradictions les plus intimes. Il qui m’a entraîné dans un voyage littéraire hors du temps, à la frontière du réel et de la symbolique, du désir et l’emprise.

Merci beaucoup Patricia pour cet ouvrage intéressant, superbement écrit.
Il laissera une empreinte et invitera, je l’espère, hommes et femmes à écouter autrement…

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Extraits :

« C’est là que tout commence. Réellement. Là où cela pourrait être une fin. Là où plus aucun artifice ne trouve sa place. Là où le corps, comme un livre ouvert, ne peut plus mentir. Lorsque chaque signe, gravé de façon indélébile, devient le lieu de toutes les significations, de tous les possibles. »

« Je m’appelle Sarah. Ma vie n’était pas ordinaire, tant s’en faut. Mais un jour, un objet est venu la basculer là où je ne l’attendais pas, là où rien n’aurait dû advenir, quelque part, entre terre et ciel, entre réalité et conte de fées. »

« Un lit. Une table. Une lampe. Décor minimaliste.
Le silence emplit le lieu.
J’entends la clé dans la serrure, la porte s’ouvre. Il est un peu plus de minuit et il entre. Couchée dans le lit, je l’attendais. Bruit de serrure, de clés, pas dans le couloir, Visage qui apparaît, cœur qui frétille. S’il était possible de dupliquer à l’infini un moment de la vie, c’est bien celui-ci que je choisirai, incontestablement.
Car il n’y a rien de plus beau que le moment où l’être aimé revient prolonger l’amour qu’on s’était fixé pour objectif, rien de plus intense qu’un désir qui s’est progressivement amplifié dans l’attente. »

« Il m’a fallu devenir Galatée. Statue vivante. Être de silence et d’amour. Déesse changeante. Multiple.
Démultipliée. Aimante de mille et une façons.
À l’écoute. Entière dans le bonheur, la joie. Entière.
Totale. Capable de concevoir ce qui n’a pas encore été conçu. Capable d’autres représentations pour sortir des lieux communs, des liens connus. »

« Pas étonnant d’ailleurs, lorsqu’on porte en soi l’histoire douloureuse d’une famille confrontée à la plus atroce des tragédies. Beaucoup de ses membres ont été déportés, et très peu en sont revenus.
Je me suis ainsi construite sur leur absence, les secrets, mes blessures.
Mais on ne construit pas un individu sur l’absence et le vide. Seul l’amour permet de se réaliser réellement en tant qu’être humain. »

Patricia Rachat est professeur des écoles spécialisée. Elle s’occupe d’enfants déficients depuis de nombreuses années.

L’écriture, la peinture, la musique, mais aussi la danse, ont toujours occupé une place importante dans sa vie, lui permettant d’utiliser, selon les moments, le mode d’expression le mieux adapté à ce qu’elle cherche à exprimer. Cet intérêt croissant pour les arts, et sa conviction relative à leur nécessité dans la vie de tous, l’ont incitée à suivre une formation en conception et mise en oeuvre de projets culturels (université de Marseille) et un master 2 en art thérapie (université René Descartes à Paris).
Pour elle, peindre représente la magie de la création : il n’y a rien avant, il y a quelque chose après… Entre les deux, c’est une forme de fusion, une alchimie qui m’échappe presque totalement, mais où elle intervient quand même en rendant possible la création du tableau.

Amour, Émotion, Cercle littéraire, Drame

Ce que je sais de toi

Ce que je sais de toi
de Éric Chacour
Poche – 2 janvier 2025
Éditeur : Folio

“Ali te fascinait. Il y avait chez lui une liberté absolue, une absence de calcul, une exaltation du présent. Il n’était lié par aucun passé et ne concevait pas l’avenir à travers les mêmes contraintes que toi. Il se contentait de vivre et tu te surprenais parfois à espérer que vivre serait contagieux.”

Dans le Caire des années 1980, Tarek est un jeune homme à l’avenir tout tracé. Après avoir repris le cabinet médical de son père, il s’apprête à épouser Mira, son amour de jeunesse. Mais, en ouvrant un dispensaire dans le quartier défavorisé du Moqattam, Tarek fait la connaissance d’Ali. Cette rencontre inattendue ne tarde pas à ébranler ses certitudes… De l’Égypte au Canada, ce roman, fait de dévoilements successifs, nous entraîne à la suite d’un homme en quête d’une vérité aussi brûlante que libératrice.

Hier soir, j’ai eu le plaisir de passer une très belle soirée au Cercle littéraire du Château de l’Hermitage, à la rencontre d’Éric Chacour, lauréat du prix littéraire France-Québec. J’avais découvert l’auteur à travers son roman… Hier j’ai découvert l’homme. Une présence humble, une parole sincère, une émotion partagée. Un grand merci à Corinne Tartare pour cette rencontre aussi chaleureuse que riche, où simplicité à résonné avec qualité.

Je viens de terminer Ce que je sais de toi, une immersion poignante et intime dans les profondeurs d’une vie marquée par l’amour et le mensonge. Ce roman d’Éric Chacour se présente comme une confidence murmurée, un récit à la fois discret et intense, où l’amour, le non-dit et les pressions sociales se tissent en une toile subtile et douloureuse. J’ai suivi Tarek, un médecin respecté du Caire des années 80, dont l’apparence de respectabilité masque un monde intérieur dévasté, en décalage avec les normes qui l’entourent.

J’ai ressenti la tension palpable entre devoir, religion et désir, mais l’écriture de l’auteur ne m’a pas toujours emporté, comme si j’avais feuilleté le journal intime d’un homme constamment contraint au silence. L’emploi quasi exclusif du passé simple m’a quelque peu désorienté, malgré une émotion se devine plus qu’elle ne s’expose. Éric Chacour est très fort dans l’art de suggérer : un geste retenu, un regard évité, un mot qu’on n’ose pas dire. Seules les pages empreintes de solitude et de renoncements ont vraiment trouvé un écho en moi. En refermant le livre, j’ai eu l’impression d’avoir frôlé une peine intime, profondément comprise, mais qui n’a pas su me bouleverser autant que je l’aurais souhaité.

Je resterai curieux de découvrir son prochain roman — peut-être parviendra-t-il à m’emporter encore plus loin…

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Extrait :

« La vie commencerait plus tard. Pour l’heure, ce n’était pas la vie. C’était une attente, un répit peut-être, l’enfance, une lente préparation. À quoi te préparais-tu? Ou, plus précisément, à quoi te préparait-on ? Tu appréciais davantage la compagnie des adultes que celle des enfants de ton âge. Tu étais ébloui par ceux qui n’hésitent jamais. Ceux qui, avec le même aplomb, peuvent critiquer un Président, une loi ou une équipe de football. Ceux dont chaque geste semble affirmer qu’ils détiennent la vérité pleine et entière. Ceux qui régleraient en un claquement de doigts les questions de la Palestine, des Frères musulmans, du barrage d’Assouan ou des nationalisations. Tu finissais par croire que c’était cela, l’âge adulte : la disparition de toute forme de doute. »

« Il s’agissait du premier deuil auquel tu étais si directement exposé. Tu découvrais ce sentiment diffus d’être extérieur à toi-même, presque dissocié de ta propre enveloppe, comme si l’esprit se refusait à infliger au corps une douleur qu’il ne supporterait pas. Tu te voyais apprendre la disparition de ton père, recevoir les invités, tâcher de soulager ta mère. Tu entendais chacun des mots que tu disais comme s’il était prononcé par un tiers. Tu t’observais en compagnie de Nesrine, elle pleurant autant que tu ne pleurais pas. »

« Si, dans cette cosmogonie de missel, la tâche première de chaque être humain est de contrôler ce qui l’entoure, force est d’admettre que certains s’en acquittent admirablement. Par la constitution d’un empire financier, à l’instar d’Omar et de son commerce florissant de coton, ou bien encore par l’habileté et le statut social dont savait si bien jouer ta mère.
Chacun poursuivait un but qui lui était propre : l’argent, le pouvoir, l’influence, le sexe… »

Éric Chacour est né en 1983 à Montréal, au Québec. En 2023, il publie son premier roman, Ce que je sais de toi, couronné par une vingtaine de prix, dont le prix Femina des lycéens 2023 et le prix des Libraires 2024.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Frisson horreur

La Dernière Allumette

de Marie Vareille
Poche – 2 avril 2025
Éditeur : Le Livre de Poche

Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent en Bourgogne. Sa vie d’avant ? Elle l’a en grande partie oubliée. Elle est même incapable de se rappeler l’événement qui a fait basculer sa destinée et l’a poussée à se retirer du monde. De loin, elle observe la vie parisienne de Gabriel, son grand frère, dont la brillante carrière d’artiste et l’imaginaire rempli de poésie sont encensés par la critique. Mais le jour où il rencontre la lumineuse Zoé et tombe sous son charme, Abigaëlle ne peut s’empêcher de trembler, car elle seule connaît vraiment son frère…

Alternant passé et présent, confessions et silences, jouant avec le temps, l’espace et la capacité de son lecteur à ressentir la tragédie en ne lui en donnant que progressivement les clés, Marie Vareille fait montrer la tension et réunit dans ce roman une foule de solitudes, dénonçant les violences familiales et l’enfance dézinguée autant qu’elle nous en console.
Marine de Tilly, Le Point.

Il y a des romans que je lis, et d’autres qui me traverse. La Dernière Allumette, de Marie Vareille, fait partie de ceux-là. Dès les premières pages, j’ai senti quelque chose de familier, une émotion sourde qui montait sans prévenir. Ce n’était pas seulement l’histoire d’une jeune fille brisée : c’était un écho, presque une mise en miroir de certaines blessures que je porte encore aujourd’hui en silence. À chaque chapitre, j’ai eu la sensation troublante de me retrouver entre les lignes.

La plume de Marie Vareille est d’une justesse désarmante. Elle écrit la douleur comme on murmure à l’oreille de quelqu’un qui a connu la nuit. J’ai pleuré, bien sûr. Mais j’ai surtout été bouleversée par la délicatesse avec laquelle elle parle d’absences, de silences, d’oublis, de ces liens qui nous façonnent même quand ils sont blessés. L’allumette, cette dernière flamme à protéger coûte que coûte, est devenue pour moi un symbole intime. Une façon de dire que, malgré tout, il y aura toujours un peu de lumière.

Marie, ce roman magnifique m’a remué profondément, parce qu’il a touché quelque chose de vrai, que je croyais enfoui au plus profond de moi. Je ne suis pas près de l’oublier. Les histoires les plus douloureuses sont aussi celles qui me guérissent, pour cela, je te remercie…

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Extraits :

« Le Dr Hassan, la psychiatre que je fréquentais autrefois sur demande de l’administration scolaire, a toujours expliqué que «ce n’est pas une solution de déformer les vérités qui ne nous conviennent pas». Avec le recul, peut-être avait-elle raison. Le problème des mensonges, c’est qu’ils finissent toujours par avoir des conséquences. »

« Mon frère vivait chaque instant avec la conscience insupportable que le pire arrivait sans préavis, au moment où on s’y attendait le moins. À l’âge adulte, il avait appris à contrôler en partie ses angoisses, évidemment. Il prenait des médicaments, il appelait sa psy, il faisait du sport à outrance, courait des marathons et défonçait des sacs de frappe dans des clubs de boxe pour évacuer un trop-plein de rage qui se reconstituait sans cesse. Mais surtout, il dessinait. Il déversait à grands coups de crayon sur du papier Canson la nuit qui l’habitait. Il noircissait les feuilles pour éclairer son âme. Quand il écoutait les gens s’émerveiller de sa créativité, des mondes fantasmagoriques qu’il faisait naître sous ses doigts, il était toujours surpris. Parfois, il était tenté de leur expliquer qu’il n’inventait rien. Simplement, il vivait là, dans le cœur froid et humide de la forêt sans fin de ses angoisses. Seul. Toujours. »

« Gabriel ne supporte pas d’endurer ces troubles intérieurs. Soit il les dessine et il arrive à les faire sortir ; soit il court des kilomètres en espérant distancer ses angoisses ; soit il les étouffe et se laisse infecter de l’intérieur. »

« Je ne suis pas sûre d’être en capacité de reconstituer cette histoire jusqu’au bout. Mon quotidien est désormais un emmental, perforé d’inexplicables trous de mémoire. Ces problèmes cognitifs empirent de jour en jour, mais je sais qu’ils datent de l’enterrement. »

« C’est étrange. Parfois, j’ai l’impression que mon cerveau efface ce qui s’est passé. Je ne sais plus si j’ai exagéré, si les choses sont vraiment arrivées ou alors dans quel ordre…
Je lui explique que cette confusion mentale est caractéristique du stress post-traumatique, que son cerveau refuse d’admettre la situation, parce qu’elle est trop difficile à encaisser, alors il l’ettace partiellement, voire réécrit l’histoire de manière à ce que ce souvenir soit supportable. »

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Elle est l’autrice de plusieurs best-sellers totalisant près d’un million de ventes dans le monde. Son roman Désenchantées, paru en 2022 aux éditions Charleston et en 2023 au Livre de Poche, a remporté le Prix des lecteurs Système U, ainsi que le Prix des lecteurs de la librairie Lamartine. La Vie rêvée des chaussettes orphelines a reçu le Prix Charleston poche 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021. Ses livres sont traduits dans plus de dix pays.

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie « Elia la Passeuse d’âmes » et son roman Young Adult « Le syndrome du spaghetti » a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Amour, Émotion, Historique, Roman de terroir

Un ardent désir de peindre

de Louis Mercadié
Broché – 13 mars 2025
Éditions : de Borée

Florine grandit dans les montagnes du Gévaudan et aide aux travaux de la ferme, vouée à perpétuer les traditions rurales et familiales. Animée d’un fort sentiment de liberté et d’une réelle volonté de peindre, tout bascule pour elle lorsque ses parents lui imposent un mariage, qu’elle refuse. Elle est alors envoyée dans un couvent mais n’a pas la vocation et supporte mal l’enfermement. Sa rencontre avec le peintre Charles Grandon pourrait bien lui ouvrir les voies d’une nouvelle vie…

Je viens de refermer Un ardent désir de peindre, et je sens encore vibrer en moi la voix de Florine, cette jeune femme habitée, presque consumée, par l’art. Ce roman de Louis Mercadié m’a profondément ému. Il ne raconte pas simplement l’histoire d’une peintre : il donne corps à une passion brûlante, à une urgence intérieure que rien ne semble pouvoir apaiser.

Florine m’a touchée par sa sensibilité à fleur de peau, par ce besoin presque douloureux de peindre, de traduire le monde avec ses pinceaux quand les mots lui échappent. À travers elle, j’ai ressenti l’ivresse de la création, mais aussi ses vertiges : la solitude, l’incompréhension des autres, la lutte constante entre le réel et le désir de beauté.

La plume de l’auteur est sobre, précise, presque picturale. Il brosse Florine avec tendresse et vérité, sans jamais forcer le trait. J’ai eu le sentiment d’accompagner une âme libre, indocile, qui cherche sa place dans un monde trop étroit pour son feu intérieur.

Un ardent désir de peindre n’est pas un roman que l’on se contente de lire : je l’ai ressenti profondément. Il rend justice, avec justesse, à ces femmes que l’Histoire a trop souvent reléguées dans l’ombre. Et lorsque j’ai refermé le livre, je suis resté un moment figé, comme face à une toile encore vibrante, longtemps après que le pinceau ait quitté sa toile…

Un très grand MERCI encore une fois à Virginie des Éditions de Borée

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Extraits :

« Florine, petite fille de six ans, vivait chez ses parents, Blaise et Marguerite Aubuzac, dans leur ferme accrochée aux pentes du Gévaudan. Espiègle, toujours souriante, elle faisait claquer ses sabots dans la cour qui jouxtait la maison. Chaque jour, comme dans toutes les fermes, les enfants devaient s’occuper d’une multitude de corvées. Mais la petite, toute à sa tâche, rêvait cependant, sensible à la beauté de la nature, aux saisons, aux odeurs des champs. »

« Elle guettait d’un air gourmet les larmes de sirop épais qui parfois glissaient le long du pot de terre. Alors, elle les interceptait du bout du doigt, qu’elle tétait avec bonheur. En de trop rares moments, après les petites tâches qu’elle effectuait, elle s’évadait vers ses dessins de fleurs ou d’oiseaux, s’éparpillant dans un monde de liberté. Très fière, elle les montrait en cachette à son aïeule. Toutes les deux s’entendaient comme larrons en foire et profitaient des petites parcelles de vie qui s’offraient. Leurs dialogues, leur connivence, fréquemment émaillés de petits sourires, échappaient aux autres. »

« Quoique bien jeune, Florine détenait un joli coup de crayon. C’était inné chez elle ! Dessiner lui permettait de s’évader d’un univers dont elle percevait trop la rusticité et où elle ne pouvait prétendre changer de condition. Pourtant, malgré son état de fille de paysan, elle ne rêvait qu’à son indépendance. »

« Le visage de sa grand-mère se rembrunit légèrement, mais assez pour que Florine le remarque.
– Croyez-vous, grand-mère, que je puisse un jour être libre de dessiner ?
– Si tu en as la volonté, ce sera possible, mais ce sera difficile, très difficile, car tu es une femme…
Florine croisa les bras comme pour réprimer un frisson.
– Femme ou homme, qu’est-ce que ça change ? »

« – Non, père, je ne veux pas être paysanne. Je veux dessiner et peindre !
– Mais tu es folle, ma fille ! reprit Marguerite. Crois-tu que la vie, c’est ça : dessiner et peindre ? Il te faut un bon mari, solide et besogneux, et tu l’aideras dans sa ferme comme moi j’aide ton père. Au moins, tu pourras manger ! Bon, assez de ces jérémiades ! Il est temps de commencer le repas ! Allez, sers tout le monde ! »

Originaire du Nord-Aveyron, au pied des monts d’Aubrac, et fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. C’est aussi un passionné.

Auteur de plusieurs monographies historiques et d’une thèse de troisième cycle (Histoire, Géographie, Sciences humaines, Université de Jussieu), il a obtenu deux prix littéraires pour une biographie sur Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle.

Chevalier des Arts et Lettres, conférencier, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’a de cesse de parcourir l’histoire du département, notamment celle de ces femmes qui ont vécu un destin remarquable.

Amour, Émotion, Drame, Folie, Violence

Abena

de Pierre Chavagné
Broché – 21 mars 2025
Éditions : Le mot et le reste

Au coeur d’un massif enneigé, Kofi et sa petite soeur Abena sont traqués par la Souche, une milice de gardes frontières. Dans leur fuite, ils croisent Caïn, un marginal qui leur vient en aide. Le trio trouve refuge en altitude chez un mystérieux couple d’ermites. La situation préoccupante dans la vallée et dans tout le pays les contraindra à hiverner ensemble. Ce confinement prolongé mettra la communauté à rude épreuve. Ils devront panser leurs blessures, s’organiser et s’approvisionner pour affronter la rudesse du climat et le groupe armé qui patrouille à leur recherche. Ils inventeront leurs règles et apprivoiseront leurs différences, mais tiraillés par la peur, l’ennui et l’émerveillement, les dissensions ne tarderont pas ; l’ennemi n’est pas toujours là où on l’attend.

C’était il y a un mois, jour pour jour. Un roman parmi d’autres, glissé discrètement dans ma boîte aux lettres. J’étais loin d’imaginer les bouleversements qu’il allait provoquer en moi au fil des pages…

Il y a des livres qui vous happent dès les premières lignes, qui vous remuent profondément, et qui continuent de vibrer en fin de lecture. Abena fait partie de ceux-là.

Une fillette et son frère perdus dans les Alpes sont traqués par une milice, en plein hiver. Mais au-delà de leur survie, c’est un récit profondément humain, qui oscille entre violence et grâce, instinct et réflexion.

Pierre Chavagné signe un texte puissant, à la fois romanesque et méditatif. J’ai pensé à La Route de Cormac McCarthy – ce même vertige face à la nature, cette noirceur lumineuse, cette capacité à sonder l’âme humaine sans jamais juger. L’écriture est agréable, fluide et très visuelle. L’auteur joue avec les nuances, les failles, les zones grises. Les personnages sont tous finement dessinés, crédibles, humains. Alors, j’ai grelotté, tremblé, douté même avec les personnages, me demandant régulièrement : Qu’est-ce que moi j’aurais fait ?

Abena parle de fraternité, de solidarité, mais aussi de la folie des hommes. Le récit interroge notre époque sans donner de leçon, sur la perte de repères, la violence qui gronde, ou quête de spiritualité, le besoin de nature, me laissant seul face à mes émotions. C’est bouleversant, intense… Il m’a rappelé pourquoi j’aime autant lire.

Un roman total, radical, à la fois tendu comme un thriller et aussi profond qu’une méditation. Les dernières phrases ont continué à résonner en moi, comme un écho persistant. Comme un souffle… Si vous aimez les textes qui vous happent et vous bousculent, foncez…

Merci aux Éditions Le mot et le reste pour ce très beau cadeau !

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Extraits :

« En hiver, les montagnes ont faim; au-delà d’une certaine altitude, les rochers deviennent des dents. Le frère et la sœur louvoient sur la crête osseuse entre des blocs de granit; deux petits bouts de viande reliés par une cordelette ; des proies, pas bien grasses, presque mortes. Le ciel est blanc, comme un bol de porcelaine vide renversé sur leurs têtes.
Aucune nuance de couleur, rien d’autre qu’un dôme lacté, une membrane impénétrable qui accentue la sensation de solitude et d’égarement. Leurs pieds engourdis par le froid s’enfoncent dans la neige, certains passages impraticables les obligent à des détours, ils glissent, tombent, se relèvent; impossible de rebrousser chemin, des hommes les pourchassent. »

« “Accélère.” Il s’encourage en se remémorant la voix hurlante de son entraîneur. « Bats-toi contre l’idée de perdre. » Un pas de moins. Encore un. “Si cela doit te tuer, que cela te tue, alors tu connaîtras ta limite.” »

« Mille mètres plus bas, sur le même versant, Cain est assis sur une souche au milieu de nulle part, les pieds enfoncés dans une flaque boueuse, rouge de son propre sang. Ce couteau dans le ventre n’était pas une bonne idée, il existe des manières plus douces de faire le point sur sa vie, surtout à vingt ans. »

« Il n’a rien prémédité. Un matin, il a emprunté tout l’argent qu’il a pu et a volé le reste à sa famille. Il a récupéré Abena à l’école. Comme ça sur un coup de tête.
Trois semaines qu’Abena ne parlait plus après le meurtre de sa camarade de classe. Ça le rendait malade. Puis il y a eu ses deux amis d’enfance qui ont péri le même jour sur le front du Tigré. Il a paniqué. »

Né en 1975 en banlieue parisienne, Pierre Chavagné vit désormais en Uzège, dans une maison en bois avec sa femme et ses trois fils. Dirigeant d’une entreprise de biotechnologie, depuis peu, il se consacre exclusivement à l’écriture.

« J’écris pour créer de la vie en plus grand. »
Grand lecteur, il écrit pour éviter de parler. Et aime placer la nature au centre de l’histoire.

  • Auteur Academy (2010) est son premier roman,
  • Les Duellistes (2017) aux éditions Albin Michel,
  • La Femme paradis (2023) aux éditions Le mot et le reste a fait partie de la sélection finale du Prix Orange du livre,
  • Abena (2025) aux éditions Le mot et le reste est son quatrième roman.
Amour, Émotion, Drame

Le secret des mères

de Sophie de Baere
Broché – 5 février 2025
Éditions : JC Lattès

Colette est de retour dans son Morvan natal, après de longues années d’absence, pour y veiller sa mère mourante. Confrontée une fois de plus au mutisme familial, elle décide de faire la lumière sur l’évènement qui, un soir de juillet 1969, a tout fait basculer. De découverte en découverte, elle obtiendra des réponses qui iront bien au-delà de sa quête et feront voler en éclat ses certitudes.

Après Les Ailes collées (Prix Maison de la presse 2022), Sophie de Baere poursuit son exploration de l’intime et nous offre une plongée saisissante dans la France rurale, de l’après-guerre jusqu’à la fin des années 60. Des amours empêchées aux maisons maternelles pour « filles-mères », l’auteure ranime avec sa plume sensible une époque où les femmes avaient bien peu de droits mais ne manquaient ni de passion, ni de révolte.

« Sophie de Baere fait mouche avec ce Secret des mères, superposant les strates de temps et les points de vue, qui ne ménage pas les surprises »
LIRE

« Ce roman français poignant promet d’être LE livre à dévorer dès sa sortie »
BIBA

« Un récit puissant sur l’amour, la maternité et les déterminismes sociaux »
Le Parisien

« Un talent qui se fortifie livre après livre »
Avantages

« Un livre splendide. Sensible et puissant. »
ELLE

« Quel talent fou pour peindre les âmes des femmes ! »
Version Femina

« Sophie de Baere a décidément du talent ! »
Le Parisien week-end

« Sophie de Baere nous emporte sans un instant nous lâcher la main »
Prima

Une écriture qui bouleverse, un roman qui marque tout en restant lumineux.

Il y a des livres que je lis. Et puis il y a ceux que je ressent dans chaque fibre de mon corps et de mon esprit. “Le secret des mères” de Sophie de Baere est de ceux-là. Sans bruit, sans grand geste, mais avec une force bouleversante, il est venu toucher ce qu’il y a de plus intime en moi.

Tout commence par une vérité qu’on croyait enfouie à jamais. Un secret de famille, de ceux qui ébranlent les fondations, qui redessinent les contours de l’identité. Sophie de Baere écrit avec pudeur, mais aussi avec une intensité rare. Elle explore la maternité dans toutes ses nuances : dans le manque, la douleur, l’instinct, dans l’amour qui déborde parfois là où on ne l’attend pas.

Page après page, le récit se déploie entre passé et présent comme un souffle retenu trop longtemps. Chaque silence, chaque regard, chaque absence devient une pièce essentielle d’un puzzle chargé d’émotion. J’ai avancé dans cette histoire le cœur serré, chaviré par la justesse des sentiments et par cette lumière qui affleure, même au milieu des ténèbres.

C’est un roman sur les blessures invisibles, un roman qui parle de filiation, de résilience, et de l’amour, ce lien invisible mais indestructible. Une lecture intime, troublante, et portée par une écriture d’une grande beauté.

Sophie de Baere a pour moi, ce don rare d’écrire l’indicible. Je continuerai, encore et toujours, à recommander ses livres, parce qu’ils me rappellent à quel point la littérature, comme la musique ou certains tableaux peuvent nous toucher, vraiment…

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Extraits :

« Parce qu’en réalité, des mots, des phrases, j’en ai à revendre, ce n’est pas le problème et ce n’est pas leur parler qui me terrifie. Absolument pas. Ce qui me terrifie, ce serait de le faire sans retenue. Tout un vocabulaire qui viendrait là, sans crier gare, rouvrant soudain la plaie de ces longues années qui nous séparent. Non, impossible. Je dois faire un effort, trouver les mots justes, les premiers après la longue absence. »

« Il se déroula une bonne heure avant que le ciel s’endorme. Une heure à s’inventer des clairières et des forteresses, des histoires de princes et de princesses. À confondre la feuille morte avec le parchemin d’un magicien, à étreindre le chant de ces oiseaux que Marthe aimait tant. À palper du vent magique entre les branchages.
La lumière finit néanmoins par se tarir et il fallut rentrer. Encore ivres de cet après-midi passé à jouer sous les arbres, ils retrouvèrent leur chemin avec facilité, glissant sur les cailloux sans même trébucher et tandis que la brume pénétrait l’air du soir, ils passèrent sans s’en apercevoir des yeux du jour à ceux de la nuit. »

« Tout à coup, au bras de mon père, je suis une petite fille de sept ans. On reste bien peu de temps dans l’enfance mais je crois que malgré soi, toute sa vie, on ne cesse d’y revenir. »

« L’autre jour, je suis tombée par hasard sur un reportage consacré à Tchernobyl. Des arbres immenses y enserraient les immeubles. Il y avait des hordes de loups, des chevaux sauvages. C’était un spectacle assez incroyable qui ne souffrait aucun doute : prédire une planète détruite est une erreur. Seule l’humanité le sera. Ici comme ailleurs, l’homme aurait mieux fait de rester humble. »

« Au sein de cette maison maternelle conçue pour éteindre les droits et les consciences, elles apprenaient ce que d’autres ne saisiraient jamais vraiment ou ne comprendraient que bien plus tard. Tout ce qu’on gagne à donner. Cette noblesse de cœur qui nous grandit et fait de chacun de nous des êtres proprement humains. Et à défaut de les changer, cela rendit, pour quelques heures, leurs existences de chagrin plus supportables, leur donna une épaisseur et un sens. »

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises. Elle a publié en 2018 son premier roman, La Dérobée puis Les Corps conjugaux en 2020 et Les Ailes collées en 2022.

Amour, Émotion, Drame, Violence

Du feu de Dieu

de Jean-Pierre Rumeau
Broché – 10 avril 2025
Éditeur : Taurnada Éditions

Lors d’une odieuse agression, un jeune prêtre assiste à l’exécution atroce de son maître spirituel, échappant lui-même de justesse à la mort.
Grièvement blessé dans sa chair et dans son âme, il va, peu à peu, perdre ses repères, puis sa foi, jusqu’à prendre le chemin de la vengeance.

Un roman dur et poignant, une impitoyable descente aux enfers.

Je viens de finir Du feu de Dieu de Jean-Pierre Rumeau, une découverte marquante.

Patrick, jeune prêtre fervent, est témoin de l’exécution de son maître spirituel. Il échappe à la mort, mais son corps et son âme sont brisés. Il perd sa foi, s’abandonnant à une obsession : la vengeance. C’est un thriller psychologique où l’on plonge dans la dégradation mentale et morale de ce prêtre. L’auteur explore sa chute, dépeignant avec brio la perte de repères, la colère, et surtout la désillusion d’un homme autrefois guidé par Dieu. L’ambiance est sombre, lourde, et chaque page faisait naître en moi un malaise grandissant. Le mal devient presque humain, sans jamais être excusé.

Jean-Pierre maîtrise un style brut, puissant, qui fait écho à la dégradation intérieure du personnage. Ses mots sont choisis avec soin, mêlant vocabulaire riche et termes familiers, parfois crus, qui ancrent les personnages dans une réalité plus palpable. La narration au présent m’a fait vivre dans l’intimité de Patrick, entre durs flashbacks et tourments intérieurs. À chaque instant, l’angoisse monte, la tension est palpable, et le mal semble inéluctable. C’est une plongée sans retour, où l’on se perd dans l’esprit dévasté du prêtre. L’auteur ne cherche pas à excuser ni a juger son protagoniste, il nous montre simplement ce qu’il devient, ce qu’il perd en chemin. C’est une lecture intense et poignante, qui interroge sur la foi, le mal, mais surtout la perte de soi.

Un thriller psychologique de haut niveau, que je recommande vivement.
Cinq étoiles et un coup de cœur bien mérités.

Un grand merci à Joël de Taurnada éditions pour cette lecture intense.

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Extrait :

« En ce troisième vendredi du temps ordinaire, Patrick Patras parcourt en apnée le long couloir qui relie la ligne 1 du métro parisien à la gare de Lyon. Il zigzague, piétine, redémarre d’un coup de reins pour traverser au plus vite la cohue de l’heure de pointe. Il contourne le bouchon qui s’est formé au pied des escaliers mécaniques, grimpe quatre à quatre les marches de béton et enfin émerge, hors d’haleine, sous la verrière du hall principal. Un froid glacial lui tombe dessus. Il jette un regard inquiet au grand panneau affichant les trains au départ. La buée qui sort de sa bouche brouille une seconde sa lecture. Le TER de Montargis est toujours là, il lui reste 4 minutes. »

« Patrick grimpe le dernier, cherche des yeux et aperçoit un vide entre deux personnes, dos à la marche. Il fait la moue. Il n’aime pas la promiscuité et a l’odorat très fin. Le contact, même léger, avec des inconnus, les odeurs de vêtements sales, de sueur et d’haleine le répugnent. Mais il n’a pas le courage de passer 41 minutes debout. »

« Depuis sa plus tendre enfance, Patrick était affublé d’un léger bégaiement. Avec le temps, l’aide d’orthophonistes et la pratique de techniques de relaxation, il était parvenu à maîtriser en grande partie son handicap. Mais toute émotion inattendue troublait immédiatement la fluidité de sa parole. »

« De grosses larmes emplissent les yeux du prêtre.
“Mon Dieu.”
Il baisse la tête, anéanti.
“Je ne saurais pas quoi lui dire. Il vaut mieux appeler Lucrèce.”
L’infirmière le dévisage, sans pitié.
“Tu crois pas qu’il déconne, ton Dieu, quelque-fois ?”
Elle tourne les talons avec un soupir de mépris.
Patrick serre les dents puis lâche une espèce de couinement.
“Attend ! Par pitié, attends !”
Il prend une grande inspiration.
“Quel numéro, tu as dit ?” »

Jean-Pierre Rumeau est né en 1952 et vit à Fontainebleau.
Diplômé du CNSA de Paris et ayant un master d’Histoire de l’art, il se tourne à l’issu de ses études vers le métier de cascadeur – films, publicités, télé, spectacles d’action. Parallèlement, il met en scène des pièces de théâtre (Le Neveu de Rameau au Ranelagh qui tourne depuis 2001, et lance des one-mans show, notamment Nicolas Canteloup). Il est également auteur dramatique et scénariste et travaille actuellement à un long métrage.

  • Le Vieux Pays (2018) est son premier roman.
  • Ni maître (2023)
  • Du feu de Dieu (2025)
Amour, Émotion, Drame, Violence

Fuir l’Eden

de Olivier Dorchamps
Poche – 2 mars 2023
Éditeur : Pocket

L’Eden n’a rien d’un paradis. Il n’y a qu’à voir cette tour de béton insalubre, “chef-d’oeuvre d’architecture brutaliste” inscrit aux monuments historiques, pour le comprendre. C’est là que vit la misère sourde – là que claquent les coups et meurt l’espoir…
Adam, 17 ans, y est né. Et tout l’y retient.
Seulement, ce jour-là, sur le quai de Clapham Junction, le regard d’une fille aux yeux clairs chasse d’un coup son angoisse. Eva a son âge mais vit du bon côté des rails. L’instant d’après, la voilà partie, évaporée. Comment la retrouver ? Comment traverser la voie ? Pour sortir de sa condition, Adam irait jusqu’en enfer…

« Ce deuxième roman confirme un écrivain de toute première force. »
L’Humanité
« Un roman redoutablement habile et subtil, mélancolique et alerte, qui combine le romanesque et le politique avec une remarquable virtuosité d’écriture. »
France Info

Cet ouvrage a reçu le Prix Louis-Guilloux et le Prix des Lecteurs de la Maison du Livre

« En souvenir d’une excellente soirée au château de l’Hermitage… »

Hier soir, dans le cadre de notre Cercle littéraire, j’ai rencontré un auteur d’exception. Un homme dont la bienveillance n’est plus un mot, mais une manière d’être. Il nous écoutait comme on recueille un secret, nous regardait comme on accueille un monde. Sa présence, que j’ai trouvé particulièrement douce et lumineuse, a laissé sur nos échanges une empreinte discrète mais profonde, comme un murmure qui résonnera dans mes oreilles longtemps après le silence…

Adam, 17 ans, vit dans un immeuble délabré de Londres avec son père et sa petite sœur, Lauren. Une existence rythmée par la misère, la violence et l’omniprésence d’un père brisé, incapable d’aimer autrement que dans la rudesse, et d’une mère qui avance au quotidien comme elle peut en évitant les coups. Avec ses amis Ben et Pav, ils essayent de s’en sortir, de trouver un chemin qui pourrait les mener vers d’autres horizons. Puis Adam croise Eva. Il sait dorénavant que son avenir vient de prendre un nouveau tournant.
Mais, un jour, tout bascule…
Adam devra essayer de se réinventer et de protéger coûte que coûte sa sœur, dans cet Eden qui n’a d’idyllique que le nom.

Olivier Dorchamps signe un roman à la fois brut et bouleversant, un texte qui cogne avant d’embrasser. D’abord très dérouté par cette écriture au réalisme presque trop cru pour moi, proche d’une vérité qui me gênais, je me suis laissé peu à peu happer par l’urgence, la douleur et surtout l’amour indéfectible d’Adam envers sa sœur. La plume de l’auteur épouse la rage, l’instinct de survie, puis s’adoucit pour dévoiler une tendresse bien enfouie sous toutes les blessures.
Et la dernière page est arrivée, l’émotion m’a emporté, irrépressible, je n’ai pu la contenir.
Un final d’une puissance rare, qui transforme la fuite en renaissance et m’a laissé sonné, bouleversé.
Énorme coup de cœur que je n’avais pas vu venir !

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Extrait :

« Je vis du côté moche des voies ferrées ; pas le quartier rupin avec ses petits restos, ses boulangeries coquettes, ses boutiques bio et ses cafés qui servent des cappuccinos au lait de soja à des blondes en pantalon de yoga. Non. Tu passes sous le pont ferroviaire, au-delà de la gare routière et son rempart de bus qui crache une ombre vermeille le long du goudron flingué et, un peu plus loin, derrière le bosquet et les capotes usagées, la barre d’immeubles au fond de l’impasse, c’est chez moi. Au bout du monde. C’est ça, juste en face de la vieille bicoque victorienne transformée en mosquée. J’habite au treizième étage avec ma sœur Lauren et l’autre.
Eden Tower ; tout le monde ici dit l’Eden. »

« Voie neuf, une dizaine de voyageurs attendent le train pour Waterloo. Je termine mon Red Bull et balance la canette. Une dame s’énerve toute seule car je n’ai pas utilisé la poubelle de recyclage. Elle meurt d’envie de me faire la réflexion mais lâche l’affaire quand je soutiens son regard. On nous a fait un cours sur l’écologie au lycée l’an dernier. Bien sûr que je connais la Suédoise qui insulte tout ce qui bouge avec sa gueule de fin du monde, c’est juste qu’à l’Eden, on n’est pas nombreux à bouffer bio ou à rouler électrique. »

« Quand l’autre m’a rossé il y a quatre ans, qu’il m’a écrasé sur le carreau au milieu des chips au vinaigre et des débris d’assiette, j’ai songé à ce qu’elle avait subi. Ma douleur et la sienne se sont fait écho et j’ai compris. J’ai compris que, si la soumission est une condition de survie devant la brutalité, courber le dos ne suffit pas pour s’en sortir. Non. Encaisser les coups est une chose – cela permet d’abréger la violence faite au corps -, mais la destruction la plus profonde, celle dont on ne se relève jamais, c’est celle infligée à l’âme. »

« Quand elle s’était aperçue que je prenais goût à la lecture, Claire m’avait mis en garde, « N’oublie pas de vivre au moins autant que tu lis, Adam. Les romans permettent de mieux vivre et la vie, de mieux lire. C’est une question d’équilibre. Le jour où tu auras trouvé le tien, il te propulsera vers ton avenir. Sers-toi des livres pour vivre pleinement ta vie, mais ne vis pas uniquement à travers eux ». Je comprends maintenant ce qu’elle voulait dire. »

Olivier Dorchamps est un auteur franco-britannique. Issu d’une famille cosmopolite, il a grandi à Paris et vit à Londres d’où il a choisi d’écrire en français. Il pratique l’humour, l’amitié et la boxe régulièrement.

  • Ceux que je suis (Finitude, 2019) est son premier roman.

Amour, Émotion, Poésie

Une nuit particulière

de Grégoire Delacourt
Poche – 27 mars 2024
Éditions : Le Livre de Poche

J’avais envie de retrouver un homme et une femme capables de se jeter dans le vide par amour. Parce que c’est vivre sans amour qui est l’enfer. G. D.

Elle s’appelle Aurore, lui, Simeone. Un soir d’automne, ces deux inconnus emplis de désespoir, qui croient n’avoir plus rien à perdre, font connaissance. Commence alors une nuit qui ne ressemble à aucune autre. Au matin, rien ne sera plus comme avant… Une conversation romanesque, poétique, fulgurante.

« Le souffle ardent de ces amants foudroyés va droit au cœur. »
Marie France.

« Les mots sont magnifiques. Ce sont deux poésies qui se rencontrent. »
Le Figaro magazine.

« Un périple éminemment lyrique. »
Lire magazine.

« Une promenade à deux où le goût de l’Italie et celui des sentiments passionnés marchent main dans la main. »
Psychologie magazine.

Une nuit particulière de Grégoire Delacourt raconte la rencontre fortuite de deux personnages que tout opposait mais qui, au cours d’une nuit, partagent un moment unique. L’auteur nous plonge dans l’intimité de ses protagonistes, en nous dévoilant leurs fragilités, leurs peurs mais aussi leurs rêves.
L’histoire se déroule sur une seule nuit, dans un cadre urbain anonyme, qui met en lumière une femme, bourgeoise et solitaire, et un homme plus marginal, qui porte en lui une douleur profonde. Cette rencontre va les pousser à se remettre en question, à explorer les aspects cachés de leur personnalité et de leur vécu.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la subtilité avec laquelle l’auteur aborde les émotions humaines. Il excelle dans l’art de décrire des sentiments complexes, souvent en quelques mots, créant ainsi une atmosphère empreinte de tendresse et de mélancolie. On sent chez lui une grande capacité à capter des instants de vie qui paraissent anodins au premier abord, mais qui prennent une résonance particulière au fil des pages à travers sa narration.
Le style de Delacourt est comme toujours poétique et délicat, avec un sens aigu de l’observation des petites choses qui font et qui sont la vie. Ce roman, bien qu’intime et émouvant, pourra sembler un peu trop introspectif pour certains, mais pour moi où chaque détail compte, il a su me toucher et me surprendre même, prouvant que les rencontres, même éphémères, peuvent bouleverser et changer des vies.

Une lecture émouvante, une belle réflexion sur la solitude, la quête du bonheur et la capacité de chacun à se réinventer.

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Extraits :

« J’ai parlé ce soir de beauté et de douleur.
J’ai parlé de ce que la première crée la seconde et que cette dernière est insupportable.
Elle est un silex dans la bouche, un feu dans les entrailles.
J’ai parlé de l’immense beauté de l’amour et de la grande douleur d’être quittée.
Abandonnée.
Jetée. »

« Nous les femmes sommes faites de promesses et de regrets. C’est-à-dire de futur et de passé. Nous avons un réel problème avec le présent. »

« Je ne connais pour l’instant que son odeur et la rugosité de sa main et je me dis que ses effleurements doivent laisser des griffures.
Je serai peut-être comme une page de livre demain, sillonnée de mots, lorsqu’il m’aura entièrement caressée. »

« – Je n’ai jamais trompé ma femme.
– Je ne vous demande pas de la tromper. Je vous demande de m’aimer. »

« Je lui dis ceci, parce que je ne veux risquer aucune méprise ; parce que ce que je lui offre cette nuit, c’est ma vie.
— Je n’avais jamais fait ce que j’ai fait à l’hôtel tout à l’heure.
Je crois que j’ai rosi en disant cela.
– Je n’avais jamais suivi une inconnue dans un hôtel.
– Oui. Des choses dangereuses.
– Je vous trouve rare, dis-je.
Il sourit. Une mélancolie. »

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Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt publie à cinquante ans son premier roman, L’Écrivain de la famille, récompensé par cinq prix littéraires dont le prix Marcel Pagnol. La Liste de mes envies, best-seller international publié et traduit dans plus de trente pays, a fait l’objet de nombreuses adaptations théâtrales et d’un film de cinéma. On ne voyait que le bonheur a figuré sur la liste du Goncourt et a été élu roman de l’année par Le Parisien. Mon Père et L’Enfant réparé ont été unanimement salués par la critique.