Noir, Polar

Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance

de Nick Gardel
Broché – 4 juin 2021
Éditeur : Independently published

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D’abord il y a Thibaud, un éducateur spécialisé pour ados en marge, qui s’enfonce de plus en plus dans l’alcool.

Puis il y a Némo Mondragón, le policier flanqué d’un collègue trop bavard, qui enquête sur ces femmes qu’on retrouve massacrées chez elle. Violées, tabassées, elles ont expié leurs fautes dans la douleur et l’humiliation.

Tandis que le premier témoigne, à la première personne, du désespoir de sa chute irrémédiable entre pertes de mémoire et tragédie sociale, le second décortique les vies des victimes pour tenter d’y trouver un point commun.

Une histoire de trahison, de vérités de comptoir, de dérive sociétale et de bons mots éthyliques. Une histoire pour comprendre que l’oubli n’est pas une rédemption.

 

2021_040_Gardel Nick - Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d'avance

 

Qui est Nick Gardel ?
Qui est donc cet auteur qui a choisi résolument de frayer hors des sentiers battus ?

J’ai la chance, comme certains parmi vous peut-être, de l’avoir rencontré à plusieurs occasions et de le connaître un peu, je pense.
Mais peut-on connaître tout à fait un personnage tel que lui ?

Imaginez un “Michel Audiard” avec la gouaille d’un “Albert Simonin”, possédé par la démesure de Frédéric Dard, là, et seulement là, vous commencerez à avoir une petite idée de ce qui se passe dans la tête de Monsieur Gardel…

Je n’en suis pas à son premier roman, et il a le don de me surprendre à chaque fois, alors, je savais d’avance que je ne prenais aucun risque à cette nouvelle lecture.
Mais dans ce roman, il me semble que Nick est venu titiller un je ne sais quoi, qui lui a donné des ailes qui lui ont permis d’aller encore un peu plus haut, un peu plus loin… dans sa “magie” des mots.

Avec “Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance”, Nick a ciselé ses textes, ses dialogues haut de gamme surtout, donnent un rythme incroyable au récit, et la narration alternée est imparable !

L’humour noir est omniprésent dans ce roman, malgré un ton définitivement plus sombre qu’a son habitude.
Mais quel régal pour ceux qui aiment les mots…

Deux meurtres horribles causent des difficultés aux enquêteurs. L’enquête va ainsi avancer petit à petit dans une ambiance oppressante et sinistre qui ne se dévoilera qu’aux toutes dernières pages, que je n’ai pas vu arriver du tout. Tout est huilé à la perfection.

Par respect pour les futurs lecteurs, je préfère ne pas développer plus mon Ressenti…
Mais, lorsque vous aurez lu ce petit bijou, faites comme moi. Ne le rangez pas tout de suite dans votre bibliothèque. Je suis persuadé qu’une relecture fera apparaître des mots et des idées nouvelles qui nous aurons échappé de prime abord…

Je recommande vivement.

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Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

Rattrapé par une quarantaine qui ne va en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.

Émotion, Suspense

… Et pour le pire

de Noël Boudou
Poche – 13 mai 2021
Éditeur : éditions Taurnada

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Bénédicte et Vincent auraient pu vieillir paisiblement ensemble. Malheureusement, le destin en a décidé autrement, il y a vingt ans… Vingt ans. Vingt ans à attendre… à attendre que les assassins de sa femme sortent de prison. Depuis vingt ans, Vincent Dolt n’a qu’une seule idée en tête : venger sa douce Bénédicte… Depuis vingt ans, seule la haine le maintient en vie. Mais une vengeance n’est jamais simple, surtout à 86 ans. Il a vécu le meilleur, il se prépare au pire…

 

2021_026_Boudou Noël - …Et pour le pire

 

Tout d’abord je tiens à remercier Joël des éditions Taurnada pour l’envoi de ce nouveau roman.

Bonjour à toutes et à tous,

Vincent est vieux. Très vieux, même.
C’est un octogénaire qui vit seul depuis l’assassinat de sa femme Bénédicte vingt ans plus tôt.
Il attend sa mort, et ne reste en vie uniquement, que pour pouvoir assouvir sa vengeance.
En effet, Bénédicte n’a pas seulement été assassinée… Elle à d’abord été violée, brulée, torturée par trois hommes, et ce, durant plusieurs heures, avant de décéder enfin…
Les coupables vont bientôt sortir de prison.

Vincent lui aussi, est mort un peu ce jour là. Du moins ne vit plus… ou si peu, quand un jeune couple s’installe tout près de chez lui…

Quel plaisir de retrouver Noël Boudou.
J’avais déjà beaucoup apprécié la lecture de “Benzos”, il y a quelques mois, mais avec “… Et pour le pire”, il signe ici son troisième roman, qui ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusqu’à présent. Un roman coup de poing, impossible à résumer en quelques mots…
Dans une même page, on peut passer de la violence la plus extrême, à une émotion douce et sincère, pour finir en éclat de rire. En effet malgré un sujet très dur, il m’est arrivé de rire aux éclats plusieurs fois !

J’ai lu ce roman d’une traite et je ne sais vraiment pas comment aborder mon “Ressenti”…
J’ai adoré le style, l’humour très efficace et les émotions qui se dégagent le long du récit. J’avoue que j’aurai aimé quelques pages supplémentaires… Vincent, Bao, France et d’autres encore, vont me manquer !

Vous voulez un bon conseil ?
Notez tout de suite le titre du roman sur un Post-it.
Et dès que vous le pourrez, foncez vite chez votre meilleur libraire.
Plus tard, quand vous l’aurez lu, vous aurez alors une idée du panel des émotions ressenties.

Merci Noël !

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Extraits :

« Bill, mon fidèle compagnon à quatre pattes, nommé ainsi en hommage à Bill Haley, se met à gratter le sol à côté de sa gamelle pour réclamer son petit déjeuner. Je lui verse quelques croquettes et m’installe devant mon café noir et ma chocolatine. Depuis deux jours, Bill a cessé de renifler la porte de la cave en grognant. C’est assez amusant de voir ce petit bout de clébard qui doit peser à peine quinze kilos faire le courageux face a cette porte. Si je l’ouvrais pour le laisser descendre voir ce qui s’y passe, son espérance de vie serait réduite à quelques secondes face au monstre que j’y cache. »
…/…
« Il frotte sa figure comme pour la débarrasser de la tension qui lui froisse les traits. Son visage envahi par la fatigue me fait penser à ce type qui s’est foutu la gueule en l’air, défoncé au benzos, sa femme enceinte. »

 

 

Noël Boudou, né à Toulouse en 1974, travaille auprès de personnes âgées et vit aujourd’hui près de Cahors. Depuis l’âge de 16 ans, chanteur dans divers groupes allant du hard-rock au death metal, écrire ses textes de chansons lui donne un jour l’envie de s’essayer à raconter des histoires. Fan de Jim Thompson, Joe R. Lansdale et David Peace, c’est tout naturellement qu’il se tourne vers le roman noir.

Son premier livre, Elijah” (Flamant Noir), remporte le prix du Roman Noir 2017 lors du Festival de Cognac. “Benzos” aux éditions Taurnada a été publié le 14 Novembre 2019, “… Et pour le pire”, son troisième livre publié le 13/05/2021, toujours chez Taurnada éditions.