Émotion, Histoire, Suspense

La Sorcière, le forgeron et les cathédrales

de Aurore Dandoy
Broché – Livre grand format, 15 septembre 2022
Éditions : de Borée Éditions

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Janvier 1286, Kirian, compagnon forgeron, assiste au sacre du roi Philippe IV à Reims. Parti de Vaufleury six plus tôt, son village natal où femme et enfants l’attendent, il fait appel aux chevaliers Templiers pour transporter son pécule sur les dangereuses routes de France. A Vaufleury, Isabeau, veuve, vit seule dans sa ferme. Guérisseuse, elle se complait dans cette vie libre et autonome jusqu’à ce jour d’octobre 1286 où Kirian, blessé, traqué et désabusé s’écroule sur le pas de sa chaumine. Sa vie devient alors une route sinueuse dont chaque péripétie semble la conduire au bûcher ou à la fuite.

 

• Couv_094_Dandoy Aurore - La sorcière, le Forgeron et les Cathédrales

 

Nous sommes en 1286.
Philippe le Bel vient d’être élu roi de France. Les Templiers qui tiennent encore une place prépondérante, sont de moins en moins tolérés suite à des factions internes et aussi à cause de leur richesse, de leur pouvoir qui font de nombreux jaloux au sein de la nouvelle royauté.
Mais, nous sommes aussi en pleine période de construction des cathédrales dans tout le pays, à Paris, à Reims, et à Strasbourg… L’auteure nous fait voyager dans le monde des guildes artisanales, des artisans et des compagnons à travers des chantiers gigantesques, qui s’étaleront sur plusieurs dizaines d’années…

Isabeau, femme cultivée et indépendante, est guérisseuse dans son village, Vaufleury, se situant près de Laval. Elle prépare onguents et infusions et intervient dès que possible pour aider son entourage. Elle est veuve, et contre la bienséance, elle décide de vivre seule à cette époque bien compliquée, où l’Église condamne toute liberté chez les femmes. Elle va finir par soulever bien des soupçons à son égard et susciter de la jalousie, jusqu’à être accusée de sorcellerie et de pratiquer la magie…
Kirian est forgeron. Rejeté par son père, il décide de parcourir le pays accumulant les chantiers afin de subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants, jusqu’au moment, où il est renvoyé chez lui pour un motif mensonger. Blessé durant son retour, il décide d’aller directement chez Isabeau, son ancienne maîtresse…

Sur fond d’un amour impossible, Aurore nous propose un premier roman passionnant, construit comme un thriller historique, très riche en détails, en événements et en rebondissements. Les personnages secondaires sont attachants et les chapitres courts rendent le récit très vivant et rythmé. La plume d’Aurore est agréable, et même si le roman se penche plus sur “l’Humain” que sur cette période de l’Histoire, qu’elle maîtrise d’ailleurs parfaitement. Le décor posé, je n’avais plus qu’à me laisser porter par son récit, par sa vision du moyen-âge et des divers conflits entre les Guildes et les Chevaliers du Temple. Une lecture vraiment très agréable que je vous recommande.
Aurore Dandoy… Une auteure à suivre !

Merci, aux Éditions de Borée pour cette étonnante découverte, en attendant, je l’espère un nouveau roman à venir…
Une suite peut-être ?

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Extraits :

« Sa main remonta le long de sa cuisse avec une douceur équivoque. La jeune femme cambra son dos tandis qu’il embrassait son cou en partie découvert. Leur souffle s’accélérait, entre deux baisers enflammés, leurs doigts s’entremêlèrent vigoureusement. La natte, bien attachée le matin même, était défaite en une cascade de cheveux bouclés couleur caramel. Dans un soupir contrit, il remonta la manche qui découvrait l’épaule dénudée, pour la remettre en place. Elle rouvrit les yeux de surprise et de déception. Il prit alors son visage en coupe et, les yeux dans les yeux, lui déclara :
– Je t’aime, Isabeau. Je t’aime et rien ne pourra changer cela. »

« Elle avait été séparée de sa famille très jeune et elle avait très vite compris que l’interprétation des principes religieux dépendait surtout de qui elle rencontrait. Par exemple, à ses huit ans, un prêtre, vivant en concubinage avec une femme et ses cinq enfants, avait tenté de lui apprendre “les choses de la vie”. »

« Les jours qui suivirent la visite à La Sorbonne ramenèrent Kirian à sa réalité : son maître forgeron Everny l’envoya de l’autre côté du chantier, travailler en renfort sur une porte avec du fer forgé, qui venait de perdre deux de ses artisans : un forgeron que Kirian avait aperçu une fois ou deux, et un apprenti charpentier. Ce n’était pas sans raviver de mauvais souvenirs liés au portail de Notre-Dame de Strasbourg. »

« – Elle semble tellement forte et fragile à la fois.
– C’est une femme ! N’oublie pas que ce sont les femmes qui portent les enfants dans ce monde.
– Tu as raison… »

« Pour ne pas céder aux idées noires qui menaçaient de la submerger, Isabeau décida de partir à la découverte de la ville. Elle s’aventura dans les ruelles malodorantes, évitant comme elle pouvait les marchands pressés et les mains baladeuses des orphelins qui apprenaient à voler en même temps qu’à marcher. Elle se retrouva rapidement face au parvis de la grande cathédrale. La grandeur symbolique, tout autant que la grandeur physique déjà achevée, coupait le souffle et imposait un silencieux pieux, qui contrastait avec le capharnaüm des artisans et des marchands des alentours. D’abord intimidée, Isabeau se tint à distance respectable de l’immense bâtiment. Elle prit le temps d’embrasser la vision entière de la cathédrale. »

 

 

Aurore Dandoy écrit depuis l’âge de 8 ans. Avec son frère, elle imaginait des mondes et des personnages qui prenaient vie sur le papier. En grandissant, elle a noirci des milliers de pages, de journaux intimes aux scénarios de films. En 2019, elle débute un travail de recherche sur les Templiers, la grande passion de son père qu’elle sait malade. Il deviendra son premier roman historique.

Émotion, Drame, Histoire vraie

Je suis la maman du bourreau

de David Lelait-Helo
Broché – 13 janvier 2022
Éditeur : Héloïse d’Ormesson

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Du haut de ses quatre-vingt-dix ans, Gabrielle de Miremont semblait inatteignable.
Figée dans l’austérité de la vieille aristocratie catholique dont elle est l’incarnation. Sa devise : “Ne jamais rien montrer, taire ses émotions”. Jusqu’à ce matin-là, où un gendarme vient lui annoncer la mort de son fils. Son fils cadet, son enfant préféré, le père Pierre-Marie, sa plus grande fierté. Gabrielle ne vacille pas, mais une fois la porte refermée, le monde s’écroule. Cet effondrement, pourtant, prend racine quelques semaines plus tôt, à la suite d’un article de presse révélant une affaire de prêtres pédophiles dans sa paroisse. Révoltée par cette calomnie, Gabrielle entreprend des recherches. Des recherches qui signeront sa perte. Ou sa résurrection.

Je suis la maman du bourreau raconte avec une subtilité et une justesse époustouflantes le calvaire d’une mère murée dans son chagrin. Un portrait dérangeant, qui touche au cœur, et rend un hommage vibrant à ceux qui osent dénoncer l’innommable.

 

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Comment une mère pratiquante, chrétienne plus que convaincue, réagira-t-elle lorsqu’elle apprendra que son fils, celui qu’elle a adulé, prêtre respecté aux yeux de tous, a pendant des années, abusé et violé plusieurs dizaines de garçons qui lui étaient confiés, marqués à jamais dans leur chair et dans leur esprit ?
Ce roman nous conte, cette relation très forte mère-fils, où une mère a placé tous ses rêves et tout son amour envers son fils qu’elle a élevé dans le respect de Dieu et de la religion, oubliant ses filles et son époux…

Dans ce court roman, émouvant, très dense, tranchant et acéré, David Lelait-Helo fait écho au rapport rendu public, le 5 octobre 2021, par Jean-Marc Sauvé, président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église. En effet, après deux ans et demi de travaux, ce rapport révèle l’ampleur des violences perpétrées envers les enfants depuis les années quarante, par certains hommes de Dieu.
Depuis, l’Église a enfin accepté d’ouvrir les yeux, et d’entendre les trop nombreuses victimes.

C’est un sujet qui m’a toujours intéressé et qui me touche tout particulièrement… Alors oui, je me suis attaché à Hadrien, survivant de cette horreur, et je n’ai pu m’empêcher d’être meurtri à l’énoncé du calvaire qu’il a subi à son jeune âge, ayant moi-même, dans une autre vie, échappé au pire durant mes années “catéchismes”, sauvé au moment où je me croyais perdu. Comment peut-on vivre après ça ? Comment peut-on renaître et continuer à aller de l’avant ?

L’auteur ne juge pas.
Il énonce des faits. Soit, il ne nous épargne rien, ni l’indicible, ni une certaine folie et encore moins les larmes…
Personnellement, je pense que c’est ce choix délibéré d’écriture directe et sans fioritures, qui déclenche les émotions, tout en restant un récit d’une sincère beauté, poignant et plus encore…
Une construction mêlant le récit d’un narrateur et les écrits d’une mère, un roman intense tout en finesse et en justesse.

Il est dès lors, très difficile pour moi, de dire que ce “sujet” est un nouveau coup de cœur. Mais il m’a tant remué, par sa force et par ses personnages poignants !
Alors, oui David, il y a des sujets qui ne doivent plus être tus, et sans vouloir automatiquement stigmatiser l’Église, car effectivement, ELLE n’est pas coupable. Ne sont coupables que les hommes, qui ayant un peu de “pouvoir” et par le fait, ayant de l’ascendance sur d’autres, quel que soit le milieu, développent leur coté “monstre”, qui existait sûrement déjà, malheureusement, dans un recoin de leur esprit malade.

À découvrir absolument !

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Extraits :

« Le miroir accroché à la porte coupa net le fil de ses pensées ; il s’approcha de son reflet, guida ses doigts le long des pleins et déliés de son visage, comme s’il le découvrait, à moins qu’il ne cherchât celui qu’il avait perdu. Sa jeunesse avait filé comme une voleuse, emportant tout l’or de ses cheveux et l’éclat du saphir de ses yeux. Mauvais diable, les ans s’étaient agrippés à ses joues, suspendus à son cou, à ses paupières, avaient tracé des sillons profonds et planté des fleurs de cimetière. Pour la première fois, il observait en détail ce lent naufrage, jusqu’à regretter cette beauté qui en fin de compte n’avait été utile à personne. Il s’attarda sur son buste. Ses épaules ne le flattaient plus, elles tombaient. Il songea que tout, un jour, finit par tomber, les cheveux, les dents, les épaules, les corps les plus valides, et aussi les empires et les rois, la puissance et les certitudes.
Il visualisait la chute. »

« Je pourrais compter les moutons, ou mes jours. J’en ai vécu un peu plus de trente-trois mille deux cents. Toutefois, combien laissent vraiment une trace ? Dans une existence, il y en a bien quelques-uns, des jours pivots articulant l’échafaudage complexe qu’est notre vie, des jours plaisant, des jours à marquer d’une pierre blanche, il y a aussi une poignée de jours funestes. Mais ils se déplient surtout des milliers de jours pâles et transparents dont rien ne sera retenu, des éphémères morts et enterrés à l’approche du lendemain. »

« La porte s’était refermée sur Hadrien. Je l’avais vu emprunter d’un pas lent le long chemin bordé de peupliers qui mène à la route principale. Puis il avait disparu : la nature était verte et pleine, elle n’avait fait qu’une bouchée de ce beau jeune homme qui lui-même n’avait fait qu’une bouchée de moi après que mon fils n’avait fait qu’une bouchée de lui. Nous nous étions dévorés les uns les autres. »

« La douleur des victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passée sous silence. »

« Je n’ai pas les câlins faciles, je les redoute autant que je les désire. Quelle tendresse suis-je en droit ou non de lui donner ? Je n’ai jamais pu voir mon fils nu ; sa nudité me renvoie à la mienne et me heurte. Et je ne sais pas davantage affronter ses moments de tristesse ou d’agressivité. Je tremble pour lui, j’ai mal pour lui. Et je crois aussi que physiquement, il me ressemble trop. Je me vois en lui ; ce jeu de miroirs me bouleverse et me terrifie. »

 

 

David Lelait-Helo est né à Orléans le 3 décembre 1971.
Après des études de littérature et civilisation hispaniques à Montpellier, il enseigne l’espagnol.

En janvier 1997, à 25 ans, il publie chez Payot son premier ouvrage, Evita, le destin mythique d’Eva Peron. Passionné d’art lyrique, il présente la même année une biographie de Maria Callas, Maria Callas, j’ai vécu d’art, j’ai vécu d’amour, traduite depuis en 7 langues. Il délaisse alors l’enseignement pour faire ses débuts de journaliste. Il se consacre en particulier aux destins de femmes pour le magazine Gala puis collabore à Cosmopolitan, Nous Deux ou encore à Femmes d’Aujourd’hui et à Télé Moustique en Belgique. Des lors, Il ne cessera plus d’interviewer et de côtoyer de nombreuses personnalités de la chanson, du cinéma et de la télévision. Dans le même temps, il tient des chroniques régulières dans la presse gay, Illico et Idol. En 1998, il sort d’ailleurs Gay Culture aux éditions Anne Carrière. En 2001, il devient responsable des pages people et culture du magazine Nous Deux et publie Les impostures de la célébrité aux éditions Anne Carrière, un livre polémique sur la place que les stars occupent dans notre société. En 2002, il renoue avec sa plus grande passion, le portrait de femme, en publiant chez Payot une biographie de Romy Schneider qui remporte un grand succès en librairie, Romy au fil de la vie. La même année, à l’occasion des 25 ans de la disparition de la mort de Maria Callas et de la sortie du film Callas Forever de Zeffirelli avec Fanny Ardant, David Lelait-Helo présente une version revue et augmentée de sa biographie de Maria Callas. En septembre 2003, il publie Sur un air de Piaf, une biographie d’Edith Piaf abondamment traduite à l’étranger, et en septembre 2004 un portrait de Dalida, Dalida d’une rive à l’autre. Les biographies de David Lelait-Helo sont rééditées en format poche aux éditions J’ai Lu et Petite bibliothèque Payot.

Le 5 avril 2006, il publie un roman autobiographique, Poussière d’homme, aux éditions Anne Carrière et en mai 2006, Vanessa Paradis pour Librio. Durant l’été 2006, il présente une trentaine d’émissions musicales quotidiennes intitulées Pink Platine sur la chaîne Pink tv. Le 22 août 2007, à l’occasion du trentième anniversaire de la disparition de Maria Callas, sort en Petite Bibliothèque Payot Maria Callas J’ai vécu d’art J’ai vécu d’amour. Le 3 octobre 2007, paraît Barbara, un portrait intime de la chanteuse disparue en novembre 1997. En septembre 2009, il publie aux Editions du Rocher dans la collection de Vladimir Fédorovski une histoire de la chanson française du Moyen-Âge à nos jours, Le Roman de la Chanson Française. En octobre 2010, paraît aux Editions Anne Carrière son 12ème livre, un roman, Sur l’épaule de la nuit

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“L’évangile selon Satan” de Patrick Graham

Un manuscrit de près de trois millénaires est retrouvé. Il pourrait faire basculer, s’effondrer même les bases de l’histoire de la chrétienté et des évangiles qui ont suivies…

L’évangile selon Satan
de Patrick Graham (auteur)
Broché – 31 janvier 2007
Éditeur : Anne Carrière

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2006, Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l’assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour.
Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s’est spécialisée dans la traque des cross-killers – les tueurs en série qui voyagent -, est chargée d’enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable.
Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu’il avait envoyées aux États-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l’ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Âge de protéger et d’étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l’Église a perdu six siècles plus tôt…

Avec L’évangile selon Satan, Patrick Graham fait une entrée spectaculaire dans le club des grands écrivains de thrillers.

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Bonjour à toutes et à tous…

Le 15 juillet 2007 je découvrais Patrick Graham avec L’évangile selon Satan !
Cela faisait un moment que je le voyais chez ma libraire et un jour j’ai craqué…
Grand bien m’a fait…

Malgré l’épaisseur du livre je me souviens que je m’étais “régalé”…
D’ailleurs j’avais enchainé sur deux autres de ses romans dès leurs sorties.

Vendredi soir, mon téléphone vibre. Je jette un coup d’œil discret…
Une demande d’ami !
Je me frotte les yeux… Patrick Graham !!!
Imaginez, vous êtes chez vous…
On frappe à la porte. Vous ouvrez…
Emmanuel Macr…, Non, surtout pas lui !
Stephen King est là, tout sourire et il vous tend la main !!!
C’est exactement ce que j’ai ressenti… Je suis redevenu l’adolescent que j’étais en quelques instants !
Je suis tout de suite descendu dans mon bureau à la recherche de ses romans que j’avais adorés !

Et de nouveau j’a bousculé l’ordre de ma PAL, prêt à passer une nouvelle nuit blanche. C’est aussi ça, être un lecteur…

Ce thriller mystique est tout simplement flippant !
Thriller, fantastique, horreur, on ne sait plus !
Au fur et à mesure de ma lecture, j’avais envie de redécouvrir les chapitres suivants à toute vitesse.
Un découpage quasi cinématographique très visuel qui donne au récit un rythme très dynamique. Il y a en parallèle une recherche historique incroyable de la part de Patrick. La grande peste de 1348, les Templiers, le Vatican et je ne vous dévoile pas tout. L’auteur va très loin dans l’irréel, mais il est indéniable qu’il fait montre d’une véritable culture de la religion chrétienne…

Je n’ai pas pu, ne pas penser “Au nom de la rose”, à “Le Silence des agneaux”, et certains romans de Dan Brown, mais l’intrigue atypique est vraiment prenante et si vous êtes passionné du genre, c’est un roman à ne pas manquer…

Un manuscrit de près de trois millénaires est retrouvé. Il pourrait faire basculer, s’effondrer même les bases de l’histoire de la chrétienté et des évangiles qui ont suivies…

Un “grand livre” qui apportera frissons et angoisses !

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Extrait :
“L’air s’amenuisant dans le réduit où elle achève de se consumer, la grosse chandelle de cire faiblit. Elle ne va pas tarder à s’éteindre, et dégage une écoeurante odeur de suif et de corde chaude.
Épuisée par le message qu’elle vient de graver dans la paroi à l’aide d’un clou de charpentier, la vieille religieuse emmurée le relit une dernière fois, la pulpe de ses doigts effleurant les encoches là où ses yeux fatigués ne parviennent plus à les distinguer. Puis, lorsqu’elle est certaine que ces lignes ont été gravées assez profondément, elle vérifie d’une main tremblante la solidité de la cloison qui la retient prisonnière. Un mur de briques dont l’épaisseur l’isole du monde et l’étouffé lentement.
L’exiguïté de sa tombe lui interdit de s’accroupir ou de se tenir droite, et cela fait des heures que la vieille femme se tord le dos dans ce réduit. Le supplice de l’emmurement. Elle se souvient d’avoir lu de nombreux manuscrits rapportant les souffrances de ces condamnés que les tribunaux de la Très Sainte Inquisition emprisonnaient dans la pierre après leur avoir arraché des aveux. Des avorteuses, des sorcières et des âmes mortes auxquelles les pinces et les tisons faisaient avouer les mille noms du Diable.
Elle se rappelle surtout un parchemin qui relatait au siècle dernier la prise du monastère de Servio par les troupes du pape Innocent IV. Ce jour-là, neuf cents chevaliers avaient encerclé ces murailles où l’on disait que, possédés par les forces du Mal, les moines faisaient dire des messes noires au cours desquelles ils éventraient des femmes pleines pour dévorer leur progéniture. Derrière cette armée, dont l’avant-garde tordait la herse à coups de bélier, des chariots et des carrosses abritaient les trois juges de l’Inquisition et leurs notaires, les bourreaux assermentés et leur attirail de mort. La porte abattue, on avait retrouvé les moines agenouillés dans la chapelle. Ayant inspecté cette assemblée silencieuse et puante, les soudards du pape avaient égorgé les plus faibles, les sourds, les muets, les difformes et les imbéciles, puis ils avaient emporté les autres dans les soubassements de la forteresse, où ils les avaient torturés nuit et jour pendant une semaine. Une semaine de hurlements et de larmes.”

 

Patrick Graham est pilote d’avion de formation et expert en intelligence économique auprès de grandes entreprises internationales.

Né en France, il a passé une partie de sa vie aux États-Unis.

Son premier roman, L’Évangile selon Satan (Prix Maison de la presse 2007) a été vendu à plus de 200 000 exemplaires et a fait l’objet d’une quinzaine de traductions à travers le monde.

Son deuxième roman, l’Apocalypse selon Marie, est paru aux éditions Anne Carrière en octobre 2008 et reprend des personnages de son premier livre, dont Marie Parks, avec une histoire toute autre1.

Son troisième roman, Retour à Rédemption, paru en 2010, change tout à fait de registre pour s’immerger dans l’univers concentrationnaire d’un camp de redressement pour mineurs dirigé d’une main de fer par un pasteur évangéliste dans le sud des États-Unis.

Son quatrième roman, Des fauves et des Hommes, paraît en 2012. L’intrigue se déroule aux États-Unis pendant la Grande Dépression (1929) et met en scène deux personnages que tout oppose, dans un road-movie sanglant à travers une Amérique ravagée par la crise2.

Son cinquième roman, Ces lieux sont morts (éditions Fleuve Noir), paraît en avril 2014. Il met en scène un neuropsychiatre spécialiste de la réanimation des patients en coma dépassé, qui traque un tueur en série en aidant une jeune accidentée à retrouver la mémoire.