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Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Ce que Marcy a oublié

de Marion Cabrol
Poche – 23 avril 2026
Éditeur : Taurnada éditions

Près des falaises d’Anton, un os humain est découvert.
Vingt ans plus tôt, Grace Tanner, une fillette du village, disparaissait sans laisser de traces.
Pour Tom Lanier, journaliste local, l’affaire est personnelle : à l’époque, il partageait la vie de Marcy, amie d’enfance de Grace.
Alors qu’il reprend l’enquête, Tom comprend que Marcy pourrait détenir une part du secret.

Ce que l’on oublie finit toujours par nous rattraper.

Je suis entré dans ce roman comme on avance dans une brume épaisse, sans vraiment savoir où je mettais les pieds.

Tout commence vingt ans plus tôt, dans un petit village marqué à jamais par la disparition de Grace Tanner, une fillette envolée sans laisser de trace. Le lendemain, une autre enfant apparaît, Marcy, déposée dans un orphelinat, sans passé, sans repères. Elle ne se souvient de rien… sauf de Grace. Une amie. Une présence. Un souvenir fragile. Très vite elle se sauve et fonce voir la police en affirmant que Grace a été tuée. Mais personne ne la croit. Trop étrange, trop floue, trop improbable. Et dès le lendemain, elle oublie tout…

Cette idée me hante.

Des années plus tard, l’affaire ressurgit. Un os est retrouvé. Peut-être celui de Grace. Tom Lanier, journaliste local, décide de replonger dans cette histoire avec la police, il est bien décidé à découvrir avec eux, toute la vérité sur cette disparition étrange. D’ailleurs, lui aussi est lié à ce passé. Et surtout, il a connu Marcy, a partagé sa vie. Une relation brisée, qui le quitte du jour au lendemain, sans explication. Alors quand elle revient au village, je sens que quelque chose va basculer.

Et je ne me trompe pas.
Ce roman m’a fait l’effet d’une marée montante. Au début, tout semble calme, presque maîtrisé. Puis la tension grimpe, les doutes s’installent, les certitudes s’effritent… jusqu’à devenir une véritable tempête.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la construction des personnages. Ils portent le récit. Ils sont complexes, ambigus, jamais totalement lisibles. Chacun cache quelque chose. Chacun pourrait être coupable. Et moi, lecteur, je me suis perdu avec eux, dans leurs zones d’ombre, incapable de deviner où tout cela allait me mener.

Marion Cabrol m’a surpris. Là où je m’attendais à un récit plus linéaire, elle m’a entraîné dans un véritable labyrinthe. Les fausses pistes s’enchaînent, les révélations tombent sans prévenir. Jusqu’à la dernière page, je suis resté suspendu.

Mais au final, celle qui m’a le plus marqué, c’est Marcy. Elle m’a fasciné. Ses absences, ses silences, ses trous de mémoire… Elle avance dans un brouillard constant, prisonnière d’elle-même. Et moi, j’ai ressenti cette confusion, cette fragilité, presque physiquement.

Ce que Marcy a oublié m’a touché. Parce qu’il parle de mémoire, de secrets, de ce que l’on garde enfoui… et de ce que cela peut détruire. C’est un texte à la fois poignant, dérangeant, mais profondément humain.

Je referme ce livre avec le sentiment d’avoir découvert une autrice à suivre de très près.

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Extraits :

« “— Tom ! Ils ont trouvé Grace ! Ramène-toi en vitesse.”
Le rédacteur en chef raccroche avant que je ne lui réponde. Sur l’autre ligne, j’entends au loin Louis et sa femme commenter les informations. J’allume la télé et je cherche fébrilement une chaîne locale québécoise.
C’est là, ça tourne en boucle.
Je regarde les images et je comprends que c’est grave.
La présentatrice, micro dans une main, répète d’une voix forte qui couvre à peine le bruit des sirènes :
“L’os d’un enfant a été découvert ce soir au sommet d’une colline. Le chien d’un promeneur l’a déterré. Son origine est encore incertaine, mais d’après les enquêteurs, il pourrait s’agir des restes de la petite Grace Tanner.” »

« Avant que ma vue ne se brouille de nouveau, j’ai le temps de remarquer la forme humaine floue tapie contre le mur. Mon corps se crispe, comme s’il sentait une menace. Je voudrais me relever pour me défendre, mes muscles ne m’obéissent pas. Je suis frêle et incapable de fuir. Mon cœur cogne lourdement dans ma poitrine. Je respire plus fort. Le peu d’énergie qui me reste disparaît dans un frisson qui traverse ma colonne vertébrale. Je ferme les yeux. »

« Je suis recroquevillé depuis une heure dans l’habitacle sale de la Ford. J’attends depuis une éternité. Mes nerfs sont à vif. Mon téléphone n’arrête pas de sonner : Lann exige des réponses. Louis m’a aussi envoyé quelques messages. Je ne les ai pas ouverts. Marcy est de retour et elle dort chez lui ! Comment a-t-il pu garder cela pour lui ? Je lui en veux de ce mensonge par omission. Il sait que j’aurais tout donné pour lui parler de nouveau. Je me calme en lui trouvant des excuses: le père de Louis est le médecin de Marcy. Marcy n’avait donc disparu que pour moi.
J’aurais pu insister, demander à mes amis s’ils avaient de ses nouvelles. Je me suis toujours refusé à le faire. Ça fait trop mal. »

« J’avais soif. Et peur. Les rais de lumière me perçaient les yeux, mais je ne voulais pas les fermer : Grace, son corps menu recroquevillé, surgirait.
C’était enfoui.
Puis une image. Un film flou. On jouait, on faisait du roller. Grace avait des bleus violacés sur les cuisses qui la faisaient souffrir. Moi, démarche claudicante comme si je réapprenais à marcher. Deux enfants boiteuses, endommagées.
Il y avait de la boue, des fleurs, des oiseaux. Quoi d’autre ? Des voix.
Des trous dans la terre.
Du sang sur les murs.
Plus le temps passait, plus ma tête se remplissait.
Les mouches.
L’odeur de la mort gagnait les souvenirs et les recouvrait.
J’avais cessé de pleurer. Mes yeux étaient secs, mon regard était clair. Je me souvenais de tout : un crime avait été commis. Il fallait faire vite : l’effaceur de mémoire allait revenir. Cours, petite souris, cours. »

Marion Cabrol est titulaire d’un master 2 en ingénierie culturelle, marketing et communication de l’École EAC.

Elle a travaillé en tant que responsable pédagogique, responsable marketing et communication, au zoo d’Amnéville, en Lorraine (2012-2019).
Les contacts qu’elle y a noué ont nourri son histoire. La lionne rouge (2020) est son premier roman.
Certains soigneurs ont accepté de relire le roman afin d’assurer son authenticité dans le récit du travail quotidien des animaliers.

Marion Cabrol est directrice marketing de l’entreprise Arskan depuis 2019.

Fantastique, Frisson horreur, Noir, Psychologie, Thriller

Le Voyage en Ouralie

La Saga de Newtown III
de Martine Chifflot
Broché – Broché – 12 mars 2026
Éditions : Éditions localement transcendantes

Ce roman fantastique nous transporte en Ouralie, un royaume pacifié que des disparitions en série désolent depuis quelque temps. Qui viendra à bout du mal qui s’est abattu sur l’Esternie et qui menace la paix des États Fédérés ? Les lecteurs rencontreront Helda, Franck, Gina, Wladimir Alevisky et tous les autres gardiens du sanctuaire dans des situations inextricables, confrontés aux manigances sophistiquées des pouvoirs occultes criminels.
Des aventures extraordinaires et des personnages hors du commun attendent à chaque page, au gré d’un récit télescopique qui nous embarque dans toutes les dimensions. La littérature policière fantastique trouve ici son acmé en convoquant les figures les plus saisissantes de l’imaginaire, des tréfonds infernaux aux plus paradisiaques séjours. C’est un livre vertical qui déploie les plis et les replis de récits enchâssés et de secrètes résonances. Frissons et sensations fortes garanties.

À propos de La Maison des Innocents :
« J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises.
Je crois n’avoir jamais lu à ce jour, un roman du genre d’une telle qualité. »
J-P Dos Santos

J’ai eu la très belle surprise d’être contacté il y a quelques jours par Cyril Soler-Bonnet des éditions localement transcendantes pour me proposer la lecture du troisième volet de la saga de New Town, de Martine Chifflot, “Le Voyage en Ouralie”. Mais la “belle” surprise ne s’est pas arrêtée là…
En effet, j’avais déjà vu mon nom sur certaines couvertures de romans. Mais là, c’est une véritable émotion qui m’a emporté en le voyant figurer, non pas en tant que graphiste cette fois, mais en tant que lecteur !

Il y a des lectures qui marquent, et d’autres qui vous happent sans retour. Le Voyage en Ouralie, appartient clairement à la seconde catégorie. Après avoir découvert La maison des innocents puis Les Gardiens du Sanctuaire, je ne m’attendais pas à être de nouveau embarqué avec une telle intensité…
ni à vivre une émotion aussi personnelle

Je dois l’avouer, depuis quelques années j’avais mis de coté les sagas fantastiques et horrifiques pour des romans plus contemporains. Pourtant, ici, tout m’a saisi. L’écriture est d’une précision remarquable, exigeante, presque ciselée. Les phrases s’étirent, les chapitres s’enchaînent, et je me suis souvent retrouvé à chercher, sur quelques lignes, à quel personnage j’étais en train de m’attacher. Cette construction singulière participe à l’immersion totale. J’ai même enrichi mon vocabulaire, découvrant des termes rares comme “anatopique”, qui désigne un monde analogue au nôtre.

Mais plus j’avance dans cette saga, plus je suis bousculé. Le récit est d’une violence extrême, sans concession. Certaines scènes sont difficiles, dérangeantes, parfois insoutenables. Pourtant, rien n’est gratuit. Tout s’inscrit dans une logique sombre et cohérente, où le fantastique se mêle au pire de l’humanité. Ici, les ombres dominent, pesantes, et les thématiques abordées, le cannibalisme, le trafic d’organes, satanisme, renforcent cette atmosphère oppressante.

En Ouralie, ce monde imaginaire si proche du nôtre, les disparitions se multiplient. Hommes, femmes, enfants… nul n’est épargné. Helda, inspectrice déterminée, accompagnée d’une équipe d’élite, poursuit un combat qui dépasse l’entendement. Il ne s’agit plus seulement d’enquêter, mais de lutter contre des forces obscures, contre des réseaux impensables mêlant trafic, rituels et perversions. C’est une guerre silencieuse entre ceux qui défendent l’humanité et ceux qui cherchent à la détruire.

Avec ce troisième volet, Martine m’entraîne encore plus loin, dans une descente presque hypnotique. J’ai été captivé, troublé, parfois même mal à l’aise. Et malgré le cadre imaginaire, certains noms, certaines résonances m’ont semblé étrangement familiers, comme un écho troublant à notre propre réalité.

Je referme ce livre encore sous le choc. Une lecture puissante, dérangeante, une œuvre noire, intense, qui confirme tout le talent d’une autrice qui maîtrise son univers avec une redoutable intelligence.

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Extraits :

« LE LENDEMAIN des verdicts, un terrible orage avait éclaté au cours de la nuit. La ville s’en était trouvée purifiée, lavée, mais aussi remuée de fond en comble. Les habitants avaient craint, pendant un moment, que l’apocalypse ne fût en cours, l’intempérie s’était révélée tempête et des toitures avaient été arrachées. Les plus gros dégâts s’étaient produits sur les rives de l’Hedson, où de nombreuses masures avaient été foudroyées. Le fleuve avait brutalement grossi et ses rives avaient été submergées, les flots emportant arbustes et terres au large, vers l’océan, qui, furieux, avait aussi menacé les abords lointains de la cité. De mémoire humaine, jamais pareille intempérie n’avait assailli la capitale et tous les New-Towniens avaient connu la peur qui s’empare des cours à l’approche de la fin des temps. »

« Elle partageait les inquiétudes du président Sunert à ce propos car, dès sa nomination ministérielle, ils s’étaient tous deux appliqués à démanteler le réseau des Manipulateurs du Temps, dont les attaques climatiques avaient dévasté plusieurs États et mis les populations en péril. Les opérations avaient été rapidement menées et, grâce à l’efficacité redoutable de Helda, les installations mortifères avaient été détruites tandis que leurs ingénieurs et leurs techniciens avaient été incarcérés dans la prison administrative, où ils connaîtraient une reprogrammation irréversible, à moins d’être condamnés pour haute trahison et sabotage. »

« Il lui semblait subir un arrachage général de tous les organes et celui de son cœur causait évidemment la plus mortelle souffrance, sa poitrine ouverte laissait passer le cœur palpitant et sanguinolent que des mains avides attrapaient, récupérant le sang au passage dans des réservoirs blanchâtres et transparents qui s’assombrissaient au fur et à mesure de leur remplissage. Les officiants murmuraient des formules incompréhensibles et un gigantesque affairement secouait tous ces lieux que les ricanements démoniaques emplissaient aussi d’une odieuse vague sonore. »

« Un homme avait jailli de l’arrière du véhicule et l’avait plaquée contre le côté gauche de l’engin. Le conducteur avait secondé son complice et, tous deux la soulevant, ils l’avaient enfournée dans le véhicule, basculée sur une couverture et bâillonnée avec un chiffon humide qui empestait le chloroforme. Elle avait alors glissé dans un sommeil opaque que des rêves effrayants traversaient par intermittences. »

« Mais où suis-je ? Où sont mes parents, mes amis, mon fiancé ? Vous m’avez kidnappée ! Comment puis-je les rejoindre ? Laissez-moi partir. »

Écrivaine, autrice et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe son troisième thriller romanesque “Le Voyage en Ouralie” de la saga de New Town, après “La Maison des Innocents” et “Les Gardiens du Sanctuaire”, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie (HDR) et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.

La maison des innocents
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/26/la-maison-des-innocents/

Les Gardiens du Sanctuaire
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/04/les-gardiens-du-sanctuaire/

Émotion, Historique, Suspense

L’Affaire Warrender de Sales

de Bénédicte Rousset
Broché – 19 mars 2026
Éditions : LA TRACE

Tome 3 de la Saga familiale autour d’Émile : Trois vies, un siècle : l’épopée d’un homme et deux femmes dans le tumulte de la grande Histoire…

  1. L’arrivée d’une usine concurrente inquiète Clémence et Pauline. À la tannerie de Saint-Ouen, une grève éclate et Alfred Warrender de Sales, en restant sourd aux revendications de ses ouvriers, met à mal les livraisons. Sans peaux, pas de chaussures… Un vol aggrave des tensions déjà vives à la fabrique, le passé de Pierre et Etienne refait surface et les mouvements sociaux s’étendent. Comment faire face ? Comment se démarquer ? Dans cette nouvelle vie, Émile travaille, dévore ses revues scientifiques, et fait une rencontre…

Après l’émouvant Promets-moi, Émile, et le superbe Le Tout-Paris et lui, je viens de termimer L’Affaire Warrender de Sales de Bénédicte Rousset… et une fois encore, je me suis laissé complètement emporter. Une plongée dans les années 20, dans un monde encore marqué par les blessures de la guerre, mais résolument tourné vers l’avenir.

Quel plaisir de retrouver les deux cousines Pauline et Clémence, toujours aussi déterminées face aux épreuves, aidées par le jeune Émile “Ansart et Prinveaux, le godillot qu’il, vous faut”, concepteur des modèles dans leur usine de chaussures à Creil, jusque-là florissante. Mais une concurrence nouvelle s’installe juste à côté de la leur, une concurrence qui risque d’être rude… les tensions montent. Et surtout, la situation se complique lorsque la tannerie de Saint-Ouen, et principale fournisseur de l’usine de Pauline et Clémence, dirigée par Alfred Warrender de Sales, le père d’Émile, se retrouve paralysée par une grève. Sans cuir… plus de production possible. J’ai senti l’équilibre du récit se fissurer.
À cela s’ajoutent des secrets de la part de Pierre et d’Étienne qui refont surface, des vérités enfouies qui viennent troubler encore davantage les relations. Et comme si cela ne suffisait pas, le climat social devient de plus en plus tendu. Je n’ai pu m’empêcher de ressentir une réelle empathie pour ses femmes d’un monde nouveau.

L’Affaire Warrender de Sales est un récit passionnant, et ce qui m’a frappé une fois encore, c’est la qualité de l’écriture de Bénédicte. Fluide, maîtrisée, profondément humaine et très à la pointe du détail historique et richement dépeint. L’autrice alterne avec justesse entre les histoires familiales et des passages plus rudes, voire violents, marqués par les conflits sociaux, entre patronat et ouvriers. J’ai retrouvé des personnages encore plus profonds, plus humains, plus touchants aussi.

Les thématiques abordées m’ont également marqué, la place des femmes, les inégalités, la condition animale… autant de sujets déjà brûlants à l’époque. Parlons-en de la condition animale… Ui, un sujet important les vaches qui désormais pourront être tranquille, « Plus rien à craindre pour leur peau, Ansart et Prinveaux remplacent leur cuir ». Et Ui, sacré Émile, de plus en plus attachant, son esprit brillant, ses idées parfois déroutantes « Au travail ! Ouvrier Barboteur ! », son mini Lapin… et tout le reste, sa manière d’imaginer un monde différent.

Les pages se sont enchaînées sans que je m’en rende compte. Ui, ce roman m’a touché, sincèrement. Ui, il m’a emporté, questionné… et profondément captivé. “Vers l’infini et au-delà !!!”
Une suite à la hauteur des deux précédents opus, peut-être même au-dessus…

Une seule envie, me replonger dans cet univers plain de passion… Vivement le tome 4 !
Un immense merci aux Éditions La Trace et à Bénédicte pour ce merveilleux moment de lecture.

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Extraits :

« – Ce soir… dit Pierre en ouvrant l’arrière du camion.
Clémence haussa les épaules.
– Quoi, ce soir ?
– Je t’expliquerai.
Pauline la considéra en silence. Des ouvriers sortaient de l’usine pour aider à décharger des pièces de cuir. Comme Pierre s’y mettait aussi, Clémence, les sourcils froncés, n’eut d’autre choix que de tourner les talons. Elle récupèrerait Émile et les jumeaux chez Grand-mère Madeleine et patienterait. »

« Aménaïde Dupuis était une jeune ouvrière ambitieuse. Clémence avait sympathisé avec elle à la mercerie. Native de Creil, c’est par Pauline et Alphonse de Candolle, ingénieur en chef, qu’elle avait été recrutée.
L’annonce lue dans le journal était tombée à point nommé, alors qu’elle se débattait dans une petite usine de métallurgie, auprès de patrons décidés à l’essorer jusqu’à la moelle. “Mêm’si ça valait mieux que de vivre chez mon oncle, ce dégoûtant”, avait-elle avoué à Clémence, “celui qui m’a recueillie à la mort d’ma mère”.
A dix-neuf ans, elle n’avait pas la langue dans sa poche. “Tous les directeurs valent pareil, avait-elle dit à Clémence, pleine d’aplomb, mais vous, z’avez l’air honnêtes. Ou bien vous cachez bien vot’ jeu.” »

« Elle inspira puis approcha de l’usine, le pas méfiant. Des hommes y entraient sous des insultes et des huées : certainement les non-grévistes. Personne n’osa s’attaquer à elle ou même l’invectiver. Ses vêtements de qualité témoignaient de sa condition sociale mais elle avait craint que, justement, cela pousse certains à la tourmenter.
À l’intérieur, c’était le chaos. Une odeur de cuir tanné l’accueillit. Au beau milieu de machines détruites, de liquides renversés et d’outils abandonnés, des hommes jouaient aux cartes. Clémence s’engagea dans l’allée centrale, traversa le grand hall, monta à l’étage et se renseigna. Monsieur Warrender de Sales était-il sur place aujourd’hui ?
Une femme lui indiqua son bureau. »

« Le mécontentement grondait à l’usine. En plus d’une augmentation des salaires, on réclamait l’éviction définitive d’Émile. Aménaïde le défendait avec vigueur. Comment faire confiance à de tels patrons ? se plaignait-on encore.
Pire, les deux clans, de plus en plus distincts, prenaient Émile pour exemple, l’un de l’innocence, l’autre de la fourberie. Pauline maintenait l’idée de le garder loin de tout cela. Clémence en avait des insomnies, c’était injuste !
Alors, ce matin, en se levant, elle avait décrété : “Assez !” »

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. Professeur de Lettres Modernes, l’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

« Ecrire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Il y a de moi dans chacun de mes personnages, même les plus noirs : ce sont peut-être eux qui me révèlent en miroir ! Ils sont un moyen d’évacuer les traumatismes vécus dans l’enfance. Deux éléments me semblent essentiels dans mes romans : la quête de l’identité, et celle de la vérité. La première nous concerne tous : qui sommes-nous ? Comment nous comportons-nous face à l’image que nous renvoyons ? Sommes-nous conformes à cette image ? La deuxième entre dans la structure du roman policier : pourquoi tuer ? Comment arrive-t-on à franchir le pas ? Je crois qu’il y a un assassin en chacun de nous, mais, la plupart du temps, il ne rencontre jamais sa victime (heureusement, non ?). »

Celles qui se taisent
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/03/celles-qui-se-taisent/

À toutes celles que tu es
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/24/a-toutes-celles-que-tu-es/

Le portrait d’Humphrey Back
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/13/le-portrait-dhumphrey-back/

Promets moi, Émile
https://leressentidejeanpaul.com/2024/05/23/promets-moi-emile/

Le Tout-Paris et lui (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/03/12/le-tout-paris-et-lui/

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Le tableau du peintre juif

de Benoît Séverac
Poche – 7 septembre 2023
Éditeur : 10 X 18

L’oncle et la tante de Stéphane vident leur appartement et lui proposent de venir recupérer quelques souvenirs :
– Tu pourrais prendre le tableau du peintre juif.
– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Quel peintre juif ?
– Celui que tes grands-parents ont caché dans leur grenier pendant la guerre.

C’est ainsi que Stéphane découvre un pan de l’histoire familiale complètement ignoré. Eli Trudel, célèbre peintre, aurait été hébergé pendant l’Occupation par ses grands-parents, le tableau est la preuve de sa reconnaissance et Stéphane en hérite aujourd’hui. La vente de cette œuvre de maître pourrait être un nouveau départ pour son couple mais Stéphane n’a plus qu’une obsession : offrir à ses grands-parents la reconnaissance qu’ils méritent… Cependant quand le tableau est présenté aux experts à Jérusalem, Stéphane est placé en garde à vue, traité en criminel : l’œuvre aurait été volée à son auteur. Quel secret recèle cette toile ? Que s’est-il vraiment passé dans les Cévennes, en hiver 1943, pendant la fuite éperdue d’Eli Trudel et de sa femme ?

Dans cette enquête croisée entre passé et présent, Benoît Séverac nous maintient en haleine et nous entraîne aux côtés de Stéphane sur les traces du peintre juif et de sombres secrets de l’Histoire.

Je découvre Benoît Séverac avec Le tableau du peintre juif, que je viens tout juste de refermer… et qui m’a emmené bien plus loin que je ne l’imaginais.
Ce roman m’a fait voyager. Dans le temps, d’abord, en 1943, au cœur de la guerre, mais aussi dans l’espace, dans une petite ville près de Lyon, puis à Jérusalem et à Barcelone… Je ne connais pas Jérusalem, mais je trouve que Benoît à fort bien décrit Barcelone que je connais bien, ses lieux et les gens qui y vivent, j’avais vraiment l’impression d’y être.

Stéphane vit à Firminy, avec sa femme Irène. Il a perdu son entreprise, il y a peu de temps et depuis la vie avec sa femme est assez compliquée, de plus leurs deux filles ont quitté la maison. Ils se retrouvent seuls avec ce sentiment d’être passé à côté de quelque chose, à côté des rêves qu’ils s’étaient promis.

Puis un jour, un héritage inattendu. L’oncle et la tante de Stéphane s’apprête à quitter leur appartement de Paris et propose à leur neveu de récupérer quelques affaire qu’ils ne souhaitent pas conserver. Mais aussi une peinture. Et derrière celle-ci, une histoire. Celle de ses grands-parents, qui ont caché un peintre juif, Eli Trudel, et sa femme pendant l’Occupation. Un geste courageux. Un acte de résistance silencieux.

Très vite, j’ai ressenti la fierté de Stéphane, mais aussi sa chute, car là où il voit un devoir de mémoire, son épouse y voit une opportunité financière. Stéphane tombe de très haut. Il ne s’attendait pas du tout à cette réaction, alors qu’il s’apprêtait à faire reconnaître ses grands-parents comme étant des Justes parmi les Nations, à Yad Vashem. Et tout bascule. Lorsqu’il part à Jérusalem rien ne se passe comme prévu. Le tableau serait volé. Et lui, accusé. La honte l’empêche de contacter sa famille, de toute façon, Irène ne donne plus aucune nouvelle depuis son départ. seules ses filles le contactent de temps en temps.
À partir de là, je me suis laissé happer par son enquête. Une quête intime, obsessionnelle, pour comprendre la vérité, pour réparer, pour rendre justice.
Que s’est vraiment passé avec sa famille en 1943 !

J’ai été touché par cette plongée dans l’Histoire, par ces destins brisés, ces vies en fuite, cette peur omniprésente… racontés sans jamais tomber dans l’excès. Alors oui, j’ai ressenti quelques longueurs. Mais elles n’ont jamais suffi à me sortir du récit. Parce que derrière tout ça, il y a une question essentielle. Que reste-t-il de ceux qui ont agi dans l’ombre ?

Un roman touchant, instructif, et profondément humain. Une enquête qui relie passé et présent… et qui rappelle que certaines vérités méritent d’être retrouvées, coûte que coûte.

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Extraits :

« À l’heure qu’il est, je pourrais être installé sur la terrasse d’Annie et Kader, en train de siroter un apéritif et de regarder le soleil s’avachir sur la chênaie.
Mon seul souci serait la présence de moustiques. Bien qu’aucun de nous ne croie en leur efficacité, nous allumerions des serpentins répulsifs, et nous continuerions à boire en ponctuant notre conversation de tapes sur nos avant-bras et nos chevilles.
Au lieu de quoi, je suis dans cette salle d’interrogatoire, entre cellule de prison et abri antiatomique, et je crève de chaud autant que de peur. La France, la Dordogne, les vacances… Tout cela me paraît si loin, si inaccessible. »

« Les rares sources en ligne ne m’ont pas appris grand-chose. Tout ce que l’on sait, c’est qu’au moment de l’entrée des Allemands dans Paris, en 1940, Eli Trudel a fui la capitale avec son épouse, Jeanne Fredon, la fille du peintre André Fredon.
On dit qu’Eli n’a jamais commenté les événements mondiaux. C’était sa façon à lui de résister. Ne pas laisser la barbarie et le fracas le détourner de l’unique raison de sa présence sur terre : peindre. »

« Un coup d’œil au Trudel dans le rétroviseur détourne mon esprit de ces idées maussades. Je souris. Le tableau est dans son emballage de papier bulle, je l’ai recouvert d’une vieille couverture que j’ai toujours dans le coffre. Quand les filles étaient petites, je l’étalais dans l’herbe pour qu’elles puissent s’asseoir sans que ça gratte. Je ne sais pas pourquoi je la garde alors que nous ne pique-niquons plus, Irène et moi. »

« Mais depuis quand tu t’intéresses à la Shoah, toi ?
— Ça m’a toujours fasciné, tu le sais. Mes grands-parents n’ont pas été reconnus comme tels alors qu’ils ont eu un comportement héroïque.
— Qu’est-ce qui te fait croire qu’ils auraient souhaité accéder à ce statut ? S’ils n’ont pas fait la démarche de leur vivant, il y a peut-être une raison.
Elle marque un point. »

Benoît Séverac est auteur de romans et de nouvelles en littérature noire et policière adulte et jeunesse. Ses romans ont remporté de nombreux prix, certains ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre.
Ils font la part belle à un réalisme psychologique et une observation sensible du genre humain. Chez Benoît Séverac, ni bains de sang ni situations malsaines. L’enquête policière n’est souvent qu’un prétexte à une littérature traversée par des thèmes profonds et touchants, et une étude quasi naturaliste de notre société.

Dès qu’il le peut, il collabore à divers projets mêlant arts plastiques (calligraphie contemporaine, photographie) et littérature.

Dans le domaine cinématographique, il a participé à l’écriture du scénario de Caravane, un court métrage de Xavier Franchomme, et présenté trois documentaires sur France 3 dans la série Territoires Polars.

Par ailleurs, il est dégustateur agréé par le Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace, ex-Internal Assessor du Wine and Spirit Education Trust de Londres et membre du jury de dégustation Aval Qualité du Comité interprofessionnel des vins du Sud-Ouest.

Il est aussi membre cofondateur des Molars, association internationale des motards du polar qui compte plus de vingt membres représentant trois continents.

Il est curieux et touche-à-tout. Ainsi il a été tour à tour guitariste-chanteur dans un groupe punk, comédien amateur, travailleur agricole saisonnier, gardien de brebis sur le Larzac, restaurateur de monuments funéraires, vendeur de produits régionaux de luxe et de chambres « meublées » pour gros clients japonais, professeur de judo, photographe dans l’armée de l’air, serveur dans un restaurant italien en Angleterre, dégustateur de vins, conseiller municipal, président d’association périscolaire, clarinettiste dans un big band de jazz puis cofondateur d’une fanfare rock-latino-jazz… Et enfin il a enseigné l’anglais à l’École nationale vétérinaire de Toulouse et auprès des étudiants du diplôme national d’œnologie de Toulouse.

Il compte bien que la liste ne s’arrêtera pas là.

Émotion, Drame, Historique

Nous qui avons connu Solange

de Marie Vareille
Broché – 11 mars 2026
Éditeur : Flammarion

“Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles.”

Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l’attend aux champs. Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées « déviantes ». Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l’irréparable ? De la France de nos grands-parents jusqu’à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l’extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

À chaque fois que je lis un roman de Marie Vareille, j’ai cette sensation étrange… comme si, derrière chaque histoire, se cachait un message beaucoup plus profond, presque intime.
Avec La Dernière Allumette, j’avais lu ses mots comme un cri, une mémoire, un hommage à toutes ces femmes qui avaient osé, souffert et résisté…

Cette nuit, après quelques heures de lecture, j’ai fermé la dernière page de Nous qui avons connu Solange, avec un profond respect… Et en le refermant, je n’étais plus vraiment moi.
J’étais Célestine. J’étais Solange. J’étais Marguerite, Jeanne, Manon… mais aussi un peu Armand et tant d’autres encore.
J’aurais voulu ralentir ma lecture. Rester encore un peu dans leurs vies. Mais quelque chose m’attirait vers la fin, irrésistiblement. Ce moment où tout se dévoile. Où les silences se fissurent enfin, ce moment où Célestine se dévoile et s’ouvre à sa petite fille.

Célestine, née au début du siècle, grandit dans une ferme en Gironde. Très tôt, elle veut comprendre, apprendre, choisir. Elle rêve d’une vie où elle déciderai, s’émanciperai. Mais à son époque, une femme ne choisit pas. Elle obéit. Elle travaille. Elle se tait.
Et c’est là que ce roman m’a bouleversé. Parce qu’il raconte sans détour. Parce qu’il montre ce que l’on préfère parfois ne pas voir. Parce qu’il donne une voix à celles que l’on a enfermées.
Page après page, j’ai été happé. Le lien entre Célestine et Solange, je l’ai deviné très vite, il m’a frappé, profondément, m’a ému, marqué. J’ai pensé à ma mère, mes tantes, à mes grand-mères à toutes ces femmes que j’ai côtoyé dans mon enfance sans vraiment les voir…
Leur force. Leurs silences. Leurs combats invisibles, leurs espoirs peut-être.

Ce roman est dur, il fait mal car il dit la vérité. Mais il est aussi d’une beauté rare. Délicat, profondément humain, presque nécessaire. Il ouvre une nouvelle fois les yeux là où je pensais que tout avait déjà été écrit.
Non ! Tout ne sera jamais entièrement écrit. Il y aura toujours une Célestine, une Solange quelque part dans le monde, qui est perdue et qui ne demande qu’a hurler, qu’on la laisse vivre sa vie, qui refusera d’être enfermée, contrôlée, et d’être jugée dès qu’elle refusera de se taire, même quand tout la pousse à plier…

Un livre qui pourrait être un livre “de femmes” pour les femmes, mais il est bien plus que cela. C’est un livre pour comprendre. Pour ressentir. Pour ne plus détourner les yeux. Tel un cri, une évidence, un livre qui doit être lu. Un hommage à toutes celles que l’on a voulu faire taire face à la violence de certains hommes.

Un livre qui m’a remué, sincèrement, peut-être même mon plus gros coups de cœur pour 2026…
Merci Marie, pour cette force silencieuse, cachée entre les mots, qui attend que la vérité éclate et bouleverse, malgré les blessures, en traversant les générations.

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Extraits :

« Je vais commencer, ma Biquette, par te dire ceci : le jour de la mort de Solange, ce jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. Pourtant, avant cette nuit terrible, durant laquelle la grange bleue a brûlé et où Solange est morte, aucune saveur n’égalait celle des mirabelles chauffées au soleil que je ramassais dans le verger des Bellanger ; celles que Maman glissait dans la poche de mon tablier en cachette, celles que je partageais avec Solange, sa joue tiède contre la mienne, au bord de la rivière. »

« J’ai vécu mes premières années principalement entourée de femmes et d’enfants. Les hommes, mobilisés en masse, étaient tous morts à la guerre, ou presque, et ceux qui étaient revenus avaient laissé un bout de leur âme au fond des tranchées boueuses. Note que cela ne les a pas empêchés, dès leur retour, de prendre la direction de la coopérative et de renvoyer les femmes du village à leur juste place, à savoir, selon eux, dans la cuisine. »

« Malgré la loi de 1882 qui avait rendu l’école obligatoire de six à treize ans, Maman, comme beaucoup des enfants de paysans dont l’aide était nécessaire à la ferme, était peu allée en classe. Elle savait néanmoins lire et écrire et elle possédait même quelques livres. C’était une de ses grandes fiertés. Les rares moments où elle me prenait sur ses genoux plus de quelques secondes ont été pour m’apprendre à lire, vers l’âge de cinq ans. »

« Je m’appliquais autant que je pouvais, pour être sa meilleure élève et voir le visage de ma mère s’éclairer quand elle tournait les pages de mes cahiers à carreaux aux marges fleuries d’excellentes notes. À l’époque, dans un village aussi petit que Sarégnac, les cours préparatoire et élémentaire étaient mélangés dans une seule et même salle de classe. M. Dujardin me citait en exemple, s’émerveillant de mes étonnantes capacités en calcul, surtout pour une fille, précisait-il parfois, et il me donnait souvent les exercices destinés aux plus âgés. »

« Ma passion pour les romans exaspérait Alphonse, pour qui perdre du temps à lire des événements qui ne sont jamais arrivés à des gens qui n’ont jamais existé relevait de la démence. Il a même jeté une fois Le Tour du monde en quatre-vingts jours au feu après m’avoir giflée, parce que bien trop profondément plongée dans les passionnantes aventures de Phileas Fogg je ne l’avais pas entendu m’ordonner de préparer le dîner. »

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Elle est l’autrice de plusieurs best-sellers totalisant près d’un million de ventes dans le monde. Son roman Désenchantées, paru en 2022 aux éditions Charleston et en 2023 au Livre de Poche, a remporté le Prix des lecteurs Système U, ainsi que le Prix des lecteurs de la librairie Lamartine. La Vie rêvée des chaussettes orphelines a reçu le Prix Charleston poche 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021. Ses livres sont traduits dans plus de dix pays.

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie « Elia la Passeuse d’âmes » et son roman Young Adult « Le syndrome du spaghetti » a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Là où tu iras j’irai (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/19/la-ou-tu-iras-jirai/

La vie rêvée des chaussettes orphelines (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Désenchantées (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/15/desenchantees/

Ainsi gèlent les billes de savon (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/03/ainsi-gelent-les-billes-de-savon/

La Dernière Allumette (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/04/17/la-derniere-allumette/

Dystopie, Psychologie, Suspense, Thriller psychologique

Mourir deux fois

de Maxime Girardeau
Broché – 19 mars 2026
Éditeur : Robert Laffont

Il ne se contente pas de tuer.
Il programme une seconde mort.

Paris, juin 2026
14 h 17
Un homme meurt chez lui, asphyxié, son corps martyrisé, une horloge tailladée dans sa chair. Sur son torse, un smartphone s’allume et affiche un sablier accompagné d’un message : “Vous n’avez droit qu’à une question.” À l’intérieur se trouve capturée toute sa mémoire. La bonne question permettra de déverrouiller l’appareil, toute autre proposition provoquera un effacement total des données, une seconde mort. Paul Moreau est la cinquième victime ayant subi cette sordide mise en scène de son agonie, ce piège numérique.
Lorsque Bianca découvre son père, elle décide de s’enfuir avec le téléphone avant que la police n’arrive. Elle doit absolument trouver la bonne question, et préserver ce qu’il reste de la vie de son père. Le compte à rebours a commencé. Dans un Paris au bord de la rupture, les policiers, les scientifiques et la jeune fille vont s’affronter pour résoudre l’énigme posée par ce mystérieux serial killer que la presse a déjà surnommé le “Sablier noir”.

UNE EXPÉRIENCE DE LECTURE VERTIGINEUSE

J’ai découvert Maxime Girardeau en juillet dernier avec Je te mens, un thriller vertigineux qui m’avait littéralement happé.
Alors quand Nicolas Hecht de Babelio m’a proposé de découvrir Mourir deux fois, je n’ai pas hésité une seule seconde.

Et très vite, j’ai replongé.

Dans ce nouveau roman, l’intelligence artificielle est partout. Pas en toile de fond. Non. Elle est au cœur de tout. De chaque chapitre. De chaque réflexion. Et c’est précisément ce qui m’a troublé. Parce que cette IA, elle n’est pas qu’un concept de fiction.
Elle est déjà là, dans nos téléphones, nos ordinateurs… et même dans mon propre métier, puisque depuis quelques mois, elle a pris ma place dans les créations visuelles que je proposais à mes clients. Difficile alors de ne pas me sentir directement concerné.

Mais là où l’auteur frappe fort, c’est dans les questions qu’il soulève. Des questions éthiques, humaines, presque vertigineuses. Très vite, je me suis laissé entraîner dans une intrigue pourtant simple en apparence, mais qui m’a ouvert un véritable abîme intérieur.
Un récit profondément psychologique, qui m’a poussé à réfléchir… à mes souvenirs, à ceux que j’ai perdus, à ceux que j’aimerais retrouver.

Juin 2026, à Paris.
Cinq meurtres. Cinq jours. Un même rituel.
Un tueur insaisissable que l’on surnomme le “Sablier noir”. Les enquêteurs non aucun début de piste. Le compte à rebours est lancé pour les policiers, pour résoudre une mystérieuse énigme !
Et pendant ce temps le monde vacille. Les tensions montent. La colère gronde, les français sont révoltés par la crise économique et par l’incompétence des politiques. Dans cet équilibre fragile, tout semble prêt à basculer.

Dans ce roman choral, structuré autour des étapes de développement de l’IA : acquisition, alignement et évaluation, Maxime propose une idée aussi fascinante qu’effrayante, et si l’on pouvait faire survivre une personne après sa mort… à travers ses souvenirs, ses émotions, ses doutes ?
Avec un simple téléphone comme réceptacle d’une vie entière.

J’ai trouvé ça brillant, haletant, voire envoutant. Dérangeant aussi…

Une intrigue addictive parfaitement orchestrée, avec des thèmes forts et des personnages très atypiques, notamment Bianca et Mathilde, pour ne citer qu’elles, qui apportent une vraie densité au récit, renforçant encore cette tension qui ne m’a jamais quitté.

Comme pour son précédent roman, j’ai été complètement embarqué.
Un thriller intelligent, addictif, et profondément actuel. Et une chose est sûre, je suivrai désormais cet auteur de très près.

Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte.

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Extraits :

« MES PAUPIÈRES SE SOULÈVENT. Ma main droite reste crispée sur le manche du scalpel, mes articulations blanchies par la tension. Dans la pièce haussmannienne, Paul Moreau respire encore. Ses inspirations sifflent à travers le bâillon tandis que ses expirations projettent des gouttes de sang sur le parquet massif.
– Nous devons continuer, dis-je. »

« 14 h 17.
Le sablier se retourne sur l’écran. La voix synthétique résonne encore : « Vous n’avez droit qu’à une question. »
Je m’approche de la tête de Paul et lui ôte son bâillon.
Il ouvre la bouche, mais il est trop tard. Je plonge une seringue dans son cou d’un geste vif et précis. Ses muscles se tendent un instant sous la surprise, puis son corps entier se raidit. Je maintiens l’instrument enfoncé tandis que le pentobarbital se répand et libère son effet. Ses lèvres laissent échapper quelques mots à peine audibles :
— Ma petite étoile… »

« Douleur = 73 %. Terreur = 81 %. Fonction motrice = maintenue.
C’est comme ça que je vis depuis que Maman est partie. Je transforme l’insupportable en données. Je convertis le chaos en probabilités. Sinon, je me noie dans les couleurs de ma propre souffrance. Papa ne le comprenait pas. Il ne comprenait pas mes équations, mes bouées de sauvetage. Maintenant il ne comprendra plus jamais rien. Et moi, je dois protéger ses derniers octets, même si ça doit me détruire pixel par pixel. »

« LES STATIONS DÉFILENT. RÉPUBLIQUE. CHÂTELET. Les voyageurs montent, descendent, m’ignorent. Une adolescente qui pleure dans le métro, ça n’a rien d’extraordinaire. Mes poumons brûlent, ma gorge se serre. Les sanglots viennent par vagues, tsunami de douleur brute qui défie toute catégorisation.
Durée crise : 11 minutes 34 secondes. Déshydratation légère.
Fonction cognitive = restauration 67 %.

Peu à peu, les larmes se tarissent. Le damier mental se rallume, case par case. BitGrid recalibre ses paramètres. Je dois réfléchir. Analyser. Survivre. Le smartphone avec les restes de Papa contient peut-être des réponses. Mais quelle est la question ? Qui pourrait m’aider ? »

« La piqûre dans mon cou est professionnelle. L’aiguille trouve la veine jugulaire du premier coup. Le liquide brûle en entrant. Ma vue se trouble. Les lumières de Paris deviennent des traînées colorées. Ma bouche se tapisse d’un goût métallique. Abou ne saura pas. Personne ne saura. Le message était un piège et j’ai… »

Maxime Girardeau a passé plus de dix ans à travailler dans le marketing pour Microsoft.
Il partage aujourd’hui son temps entre l’écriture et la direction d’un incubateur de startups.
Il est l’auteur de PERSONA (Fayard, 2020) sélectionné pour le Prix des Nouvelles Voix du Polar et d’EGO (Fayard, 2022), finaliste du Prix Landerneau du Polar.
Les livres de Maxime ont été publiés au Japon, en République tchèque et en Russie.

Je te mens (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/07/29/je-te-mens/

Amour, Émotion, Biographie, Cercle littéraire, Histoire vraie, Historique, Magique

Le Désir dans la cage

de Alissa Wenz
Broché – 20 août 2025
Éditeur : Les Avrils

Paris, 1865. Dans l’appartement des Bonis, personne ne touche au piano. Pourtant à sept ans, Mélanie s’y aventure seule, tente, apprend. Bientôt elle entre au Conservatoire, côtoie Debussy, Satie, signe ses premières composition Mel – un prénom d’homme – et rencontre le chanteur Amédée-Louis Hettich. Ensemble, ils créent. Plus que tout, ils s’aiment. Mais les parents de Mélanie préfèrent pour elle un mariage avec un industriel fortuné. Un siècle nouveau recouvre l’ancien ; Mel se débat, court, ment, souffre, s’obstine entre raison et passion. Et jusqu’à son dernier souffle, invente sa musique.

Hier soir, au Cercle littéraire du Château de l’Hermitage nous avons eu le très grand plaisir de recevoir Alissa Wenz.
Une magnifique soirée,
Une femme au regard droit,
Une femme qui ose,
Lumineuse, souriante,
Un soirée inoubliable…

Il y a des romans qui racontent une histoire… et puis ceux qui viennent réveiller quelque chose que j’avais presque oublié…

Le Désir dans la cage n’est pas un livre que j’ai lu tranquillement. C’est d’abord une autrice que j’ai découvert, Alissa Wenz. Une femme passion, qui vibre, qui écrit et qui chante aussi. D’ailleurs je ne peux que vous conseiller de l’écouter. Doucement elle m’a approché avec sa voix où chacune de ses chansons m’a emporté et petit à petit, m’a enfermé tout doucement, alors et seulement à ce moment-là, j’ai pris et ouvert ce livre qui me regardait depuis quelques jours, il m’attendait, moi le lecteur. En quelques pages j’ai compris que la cage, ce n’était pas seulement celle de Mélanie Bonis, j’ai compris que je n’allais pas simplement lire une vie. J’allais ressentir un enfermement. Celui d’une femme à qui l’on a appris à se taire, à se contenir, à ne pas déranger.
Mais à l’intérieur… il y a la musique. Et il y a le désir. Un désir qui ne se laisse pas apprivoiser. Qui déborde. Qui fissure. Qui insiste.

Mel Bonis (1858–1937), compositrice longtemps restée dans l’ombre.
À une époque où la création musicale n’était pas une place accordée aux femmes, Mélanie choisit de masculiniser son prénom pour éviter le rejet. Sa vie oscille entre silences imposés, par la famille, par son rôle d’épouse et de mère et ses élans créateurs d’une grande intensité.
Reconnue de son vivant, elle tombe pourtant rapidement dans l’oubli, laissant derrière elle près de deux cents œuvres, principalement pour piano. Jusqu’à la fin, malgré la fatigue, elle composera encore, portée par une tension constante entre foi et désir. Ce qui m’a marqué profondément, au-delà de la découverte de cette musicienne, c’est une nouvelle fois le portrait d’une époque qui enfermait les femmes dans des rôles étroits.

Impossible d’entrer dans ce roman comme on entre dans une histoire. J’y suis entré comme on entre dans quelque chose de fragile. De brûlant. D’interdit presque. Et c’est là que le roman devient troublant. Parce qu’il ne parle pas seulement de la musicienne. Il parle d’amour, il parle de tout ce que l’on retient, mais aussi de tout ce que l’on étouffe pour rentrer dans les cases. De toutes ces parts de nous que l’on enferme, en espérant qu’elles finiront par se taire. Mais elles ne se taisent jamais vraiment. Elles vibrent autrement. Dans un regard. Dans un geste. Dans une note de musique. Dans ce manque que l’on ne sait pas toujours nommer.
Ce texte m’a touché pour ça. Pour cette tension constante entre ce que l’on montre… et ce que l’on brûle de vivre.

Il n’y a rien de spectaculaire ici. Et pourtant tout est intense. Une écriture qui murmure plus qu’elle ne crie. Mais ce murmure-là, il reste. Il s’accroche. Il insiste comme un feu qui refuse de s’éteindre.
Au point de ressentir une forme de vertige. Comme si le roman me posait une question sans jamais la formuler clairement. Qu’est-ce que tu es en train d’enfermer, toi ?

Et je crois que c’est pour ça que ce livre est important. Parce qu’il ouvre une faille. Une faille dans laquelle on aperçoit, ne serait-ce qu’un instant, la vie que l’on n’a pas encore osé vivre.
Et rien que pour ça… il mérite d’être entre vos mains, ouvert à la première page, et très vite, d’être lu.

Une fresque à la fois délicate et puissante, à l’image de cette femme discrète mais profondément habitée, que j’écoute presque en boucle depuis quelques jours.

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Extraits :

« Clémence est morte. Une main adulte lui a fermé les yeux. La bouche reste étrangement ouverte, comme une promesse qui n’aurait pas eu le temps d’être formulée.
C’est un matin de l’année 1864, à Paris.
Tu as six ans et tu aimais ta sœur, ta sœur Clémence, deux ans à peine, une toute petite fille, presque un bébé. Ta sœur tombée malade, oui, la maladie comme une chute, tant les choses sont allées vite, incompréhensibles, scandaleuses. Dans le lit, la vie qui s’en va, en quelques jours, la vie qui disparaît, qui a déjà disparu. »

« Tu laisses les mains s’amuser, explorer, parcourir l’ivoire, touches noires et blanches, résonances, douceurs. Tu apprends toute seule, tu persévères.
Tu apprends, en dépit de ta mère incommodée par ce tapage, ta mère qui jamais ne t’embrasse, jamais ne te câline, jamais ne te parle tendrement comme parlent tendrement les mères de tes amies. Ta mère qui réprimande souvent et ne félicite jamais, ta mère que tu n’entends jamais rire, ni chanter. Ta mère si dure et si distante, depuis quand ? Depuis toujours, depuis la mort de Clémence? Ta mère qui t’en voudrait, à toi, la grande, toi qui as insolemment survécu ? “On était plus tranquilles sans toi.” »

« Bientôt tu as joué Beethoven, Mozart, Mendelssohn, puis Liszt, Schumann, Chopin, et le piano t’était mieux qu’un ami, un corps. Au rythme des leçons et du travail, tu as eu quatorze ans, quinze ans, seize ans, dix-sept ans, dix-huit ans, une autre gamme, une autre montée. Tu as quitté l’enfance sans y prendre garde. Tu regardais ton piano. »

« Le ventre rond, entre toi et le piano, forme un rempart rassurant ; tu tends les bras pour ne pas l’écraser. Tu veux renouer avec la musique, tu n’as plus peur, et tu te plais à penser que le bébé, peut-être, entend et se balance avec toi – tu te plais à penser que ton piano lui fera du bien, et qu’il est de ton devoir de donner la musique avec la vie. »

« Le concert est terminé. Camille Saint-Saëns quitte la maison avec Jean Gounod et déclare, stupéfait : “Je n’aurais jamais cru qu’une femme soit capable d’écrire cela.”
On te le raconte.
Tu souris, car ta colère a désormais la forme du sourire. Tu es capable. Le monde pense que les femmes ne sont pas capables, mais le monde est un menteur. »

« Madeleine ne sait pas si ce monde l’intéresse.
Madeleine ne sait pas si elle souhaite devenir adulte. Un matin, les yeux de la mère s’ouvrent brièvement vers les oiseaux à la fenêtre. Il fait si beau aujourd’hui, dit-elle à Madeleine avant de les refermer pour toujours. »

Après une formation de piano et de chant en conservatoire, des études de lettres à l’École normale supérieure, ainsi qu’une formation théâtrale, Alissa Wenz choisit de partager sa vie entre la chanson et l’écriture.

Autrice compositrice interprète, elle se produit dans de nombreuses salles à Paris et en région, soutenue par Contrepied Productions.

Elle a étudié à la Fémis, et poursuit des activités de scénariste et enseignante de cinéma.

Elle est également écrivaine.
Ses deux romans, À trop aimer (2020) et L’Homme sans fil (2022), sont publiés aux Éditions Denoël.
L’homme sans fil fait partie des finalistes du Prix Pampelonne-Ramatuelle, ainsi que du Prix Orange du Livre.

Son album Je, tu, elle paraît chez EPM / Universal le 9 septembre 2022.
Romain Didier en signe les arrangements.
Un nouveau spectacle accompagne cet album.

Photographie

Rock is Dead – Amplified

de Carole Épinette
Grand Format – 23 mars 2026

Depuis trente ans, toutes sortes de rock stars plus ou moins brillantes, plus ou moins filantes sont passées devant l’objectif de Carole. Trente ans de contrastes, de noirs, de blancs et d’une infinité de nuances de gris, trente ans à éclairer les gueules, les attitudes, les lumières et les ombres de la meute d’enfants terribles qui font hurler les guitare et saturent les micros. Réussir ce tour de force nécessite une sacrée dose de travail et de talent, mais aussi d’audace, de liberté.
Et les plus prestigieux journaux ne s’y sont pas trompés : Rock & Folk, Libé en France ou Kerrang ! Comme Metal Hammer à l’étranger, tous lui ont confié leurs pages, leurs couv’. Avec ça, Carole aurait pu se réveiller un matin, la tête bien grosse, ivre d’elle-même, les chevilles enflées d’orgueil et de « moi je ».
Mais ce ce ne fut jamais le cas…
Au point même de toujours marcher à pas de louve, de rester si discrète, parfois trop peut-être dans cet univers tapageur de mâles alpha, de metal et de feu, qu’elle ne s’est jamais imposée au devant de la scène. Car il est question ici d’humilité. Parce que si être photographe c’est toujours s’effacer pour l’autre, Carole a offert son talent aux gueules du rock dans un geste sans retour. Alors, comment retourner les projecteurs et capturer le portrait de celle qui en a réalisé tant ?
Comment révéler les lumières de l’enfant espiègle de la photo rock ?
Par cette mini-biographie ?
Non. ce sont avant tout ses propres clichés qui tissent la trame de son portrait, car personne au monde ne photographie comme Carole. Cherchez vous-même qui elle est au fil des pages, car son cœur, sa passion, tout autant que son âme affleurent dans chacune des photos de ce livre.
Alors soyez attentifs, suivez les empreintes discrètes, mais indélébiles, de celle qui marche à pas de louve.

Benoit Deschodt, Auteur

Carole Épinette, ce n’est pas seulement une artiste que j’admire.
Carole Épinette, c’est ma copine.
On se connait depuis bientôt 40 ans ! Et oui déjà…
Alors lorsque qu’elle m’appelé il y a quelques mois pour me proposer de travailler avec elle, afin de gérer ensemble la conception graphique et la mise en page de son nouveau projet photo, Rock is Dead – Amplified, mon cœur a littéralement bondi. 🥹

Mais Ouiiiiiii Carole 😍 !!!

Rock is Dead – Amplified, ce n’est pas un roman, pas une biographie non plus, quoi que…
Rock is Dead – Amplified, c’est autre chose.

128 pages où la photographie prend toute sa place.
Des images fortes, vibrantes, presque vivantes. À chaque page, j’ai eu cette sensation étrange, celle que la photo suivante allait encore dépasser la précédente. Elles sont vivantes, tellement elles sont belles…

Carole, pour moi, c’est bien plus qu’une photographe de rock.
C’est quelqu’un qui capte l’instant… mais surtout ce qu’il y a derrière. Quand je regarde ses clichés, je ne vois pas seulement des artistes. Je les sens vivre. Chanter. Hurler. Rire.
Elle a ce don rare de révéler l’invisible.

Et puis il y a ses mots.
Parce qu’elle ne se contente pas de montrer, elle raconte aussi…
Chaque cliché porte une histoire, un souvenir, un moment vécu.
Et ça change tout.

Je suis passé du rêve au sourire, parfois même au rire.
Je me suis laissé surprendre, page après page au fur et à mesure de mon travaille de mise en page. Je crois que c’est ça, la force de son livre. Elle ne fige pas le rock, elle le rend vivant toujours plus vivant.

Alors oui, si vous aimez le rock, le noir et blanc, et surtout l’authenticité… n’hésitez pas à la suivre, à la contacter, vous verrez tous vos artistes préférés comme vous ne les aviez jamais imaginés…
https://caroleepinette.com

Pour passer votre commande :
https://caroleepinette.com/produit/rock-is-dead-amplified/
Vous devez absolument découvrir cet ouvrage.

Et moi, au milieu de tout ça, je suis simplement heureux.
Heureux d’avoir participé, à ma manière, à quelque chose d’aussi sincère, d’aussi beau.

Merci Carole pour ta confiance.
Et pour être restée celle que j’ai rencontrée un jour, alors que je n’étais qu’un adolescent…

Il y a des projets qui vous touchent… et puis il y a ceux qui vous traversent.

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Extraits :

JERRY ONLY
« Brooklyn, une ruelle… Jerry entre dans son personnage…
Le T.shirt tombe, le regard change, les poings se serrent, le corps se fige dans une posture menaçante…
Ma mère, quand elle voit cette photo dans un magazine, me dit « euh. ils sont gentils avec toi quand même ces gars là ? » Trop mignonne… »

IGGY POP
« Seul les gens qui gardent leur âme d’enfant peuvent réaliser leurs rêves. À le jour l’iguane a sorti plus de trente albums (avec les Stooges inclus) et son âme d’enfant à lui, semble toujours intacte. La mienne aussi je crois… je continue de sauter dans les flaques d’eau. »

CHRISTINA SCABBIA – LACUNA COIL
« “Est-ce que tu peux te mettre à quatre pattes ? » Vous vous doutez bien qu’avant de demander ça à quelqu’un et que, de surcroît, c’est à ne femme que vous vous adressez, il faut qu’elle ait sacrément confiance en vous, surtout lorsque c’est pour illustrer une couverture de magazine. »

KEZIAH JONES
« Tel un felin en approche, il s’est présenté à moi à pattes de velour…
J’ai sent beaucoup d’observation de sa part, et tranquillement, il s’est avancé. Et la séance photo a commencé. Sa force, sa finesse étaient perceptibles dans chacun des mouvements de son corps sous le tissu des habits. »

Carole Épinette Photographies, écrits et ROCK ! Photographe rock depuis plus de vingt ans, elle a saisi sur le vif, dans les coulisses des plus grandes légendes, AC/DC, Sex Pistols, Alain Bashung, Metallica, Arthur H, Motörhead, James Brown, The Cure, Pete Doherty, Louis Bertignac, et bien d’autres encore.

Un jour, le papa de Carole lui offre un Polaroid. « Je me suis bien amusée avec », sourit la Périgourdine d’adoption. Elle a alors 6 ans et vit en région parisienne. La photo ne la lâchera plus, même si elle envisage d’abord de devenir juge pour enfants, avant d’être rebutée par les kilos de textes à ingurgiter.

Une fois la fac de droit lâchée, elle prend un boulot alimentaire tout en s’entraînant à faire de la photo et en se formant dans les bouquins : « Je n’avais pas d’argent pour faire une école. Je testais des choses et je notais les réglages dans un cahier. »

Férue de rock, elle va aux concerts en planquant son matériel photo, scotché sous ses vêtements. Il faut dire que l’on était moins fouillé à l’époque. « Quand j’ai estimé que j’avais assez de bonnes photos, j’ai tapé à la porte d’un magazine spécialisé. »
“Hard’n Heavy” aime son travail et publie ses premiers clichés. Elle a 22 ans. Puis “Best” l’appelle. Et ainsi de suite, de “Rock and folk” aux revues anglo-saxonnes, en passant par “Le Monde” et “Libération”.

Pendant une vingtaine d’années, Carole Épinette vit entre deux avions pour aller photographier les rock stars dans le monde entier, entre concerts et studios.

Rock Fictions
(2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/28/rock-fictions-de-carole-epinette/

Amour, Émotion, Drame, Historique

Oubliés

de José Rodrigues dos Santos
Poche – 16 octobre 2025
Éditions : Pocket

Un jeune capitaine portugais, une histoire d’amour inattendue et la guerre des tranchées : un récit poignant sur le courage, l’espoir et les liens qui unissent les âmes en temps de guerre.

Avril 1917.
Alors qu’un régiment de soldats portugais affronte la mitraille dans les Flandres, le régime, à Lisbonne, change de main. Pour les hommes envoyés au front, pas de relève, pas de permission. Sans la solidarité de ses frères d’armes, Alfonso se serait senti abandonné. Lui, le fils de paysans, l’ancien séminariste qu’on surnomme “le Sérieux” retrouvera cependant la foi dans le regard d’Agnès, jeune baronne française croisée au hasard des déroutes. Ces deux êtres, que tout oppose, se sont reconnus. Mais déjà les Allemands concentrent leurs dernières forces…

“J.R. dos Santos signe un grand roman. Il s’attache à rendre ses personnages vivants, émouvants dans leur humanité.”
France Info

“Un puissant roman.”
L’Avenir

Avec Oubliés, je retrouve avec un immense plaisir l’univers de José Rodrigues dos Santos, un auteur que je considère comme l’un des plus grands dans son domaine. Lorsque j’ai appris que les éditions Pocket publiaient son tout premier roman, écrit en 2004 sous le titre “A filha do capitão” (La fille du capitaine), je n’ai pas hésité une seule seconde.

Une fois encore, il a su m’emporter. Ce que j’admire profondément chez lui, c’est sa capacité à bâtir ses récits sur une documentation impressionnante, mêlant sciences, politique et Histoire avec un grand H. Et ici, plus encore que dans ses autres romans, quelque chose de très personnel a résonné en moi, à travers les lieux évoqués, les villes du Portugal que je connais, où je suis allé, les mots portugais glissés au fil des pages, j’ai senti mes racines vibrer. Mais “Oubliés” est bien plus qu’un simple roman historique. C’est une plongée bouleversante dans le rôle du Portugal durant la Première Guerre mondiale, un pan d’histoire que je ne connaissais pas, que je découvre ici !

Afonso Brandão, fils de paysans, est un jeune homme promis à une vie religieuse, qui va gravir les échelons grâce à son éducation avant de devenir soldat, puis capitaine. Son histoire d’amour avec Carolina est brutalement interrompue par son départ pour les Flandres françaises, où il découvre l’horreur de la guerre. Comme pour beaucoup, c’est la première fois qu’il quitte son pays. Et ce qu’il va vivre dépasse tout ce qu’il aurait pu imaginer. Entre devoir, survie et rencontres inattendues, son destin bascule. Lorsqu’il croise le regard d’Agnès, une jeune baronne française, mystérieuse et érudite, le récit prend une nouvelle dimension, plus intime, presque suspendue.

J’ai été profondément touché par cette histoire d’amour entremêlée à la violence du conflit, mais aussi par les réflexions philosophiques et l’influence omniprésente de la religion catholique.
Ce roman m’a semblé différent des autres œuvres de l’auteur. Plus humain, plus poignant encore. Il rend hommage à ces soldats oubliés, abandonnés dans les tranchées, qui ne seront jamais relevés à partir du moment où ils prendront leur poste, laissés pour compte par leur propre pays. Une réalité révoltante, que je ne soupçonnais pas à ce point.

J’ai été impressionné par tout ce que j’ai appris, sur l’histoire du Portugal, ses tensions politiques, la condition de ses soldats, souvent pauvres et délaissés, mais aussi sur la guerre elle-même. Chaque détail compte, chaque page résonne. J’ai été happé du début à la fin, porté par une écriture vibrante et profondément incarnée.

Si vous aimez les romans historiques qui allient érudition et émotion, je ne peux que vous recommander cette lecture marquante.

Pour ma part, c’est un immense coup de cœur, aussi enrichissant qu’émouvant.

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Extrait :

« Dès son plus jeune âge, Afonso da Silva Brandão avait compris que la vie est un long fleuve incertain, parsemé de courbes, de bifurcations, de ponts, de tunnels et de méandres, et que chaque voie recèle d’innombrables mystères, des secrets à percer et des énigmes à décrypter. Animé d’une curiosité constante et stimulé par une intelligence vive et intuitive, il ne tarda pas à soupçonner que le monde est un lieu étrange, un immense théâtre d’illusions, perfide et dissimulé, un double jeu de miroirs où tout semble chaotique, mais s’avère en fait ordonné, où les choses ont une signification, mais pas nécessairement un sens. Il se rendit compte, d’ailleurs, que c’est précisément dans l’existence d’un sens que commence l’énigme du sens de l’existence. »

« Son père s’appelait Rafael Brandão Laureano, ce qui soulevait un autre mystère. En effet, si son nom de famille était Laureano, pourquoi avait-il donné à ses enfants le nom de Brandão ? Là encore, Afonso n’eut jamais de réponse satisfaisante, son père se contentant de hausser les épaules lorsqu’on l’interrogeait sur son choix. Rafael Laureano mesurait 1,75 m, une taille inhabituellement grande au Portugal, et c’était un homme profondément religieux. »

« Paul se rendit à la réception et demanda conseil ; la réponse fusa sans hésitation.
— Ils sont tous différents, dit l’homme. Mais plusieurs de nos clients sont allés voir le Cinématographe Lumière et en sont revenus émerveillés.
— Le Cinématographe Lumière? Où se trouve-t-il?
— À l’Exposition, m’sieur. Au pavillon des Machines.
Ils décidèrent de suivre cette suggestion et montèrent dans leurs chambres. Avant de se coucher, Agnès admira la silhouette colorée de la tour Eiffel, avec sa structure de fer recouverte d’ampoules. La lumière électrique baignait le Champ-de-Mars, la tour brillait de toute sa hauteur et émettait trois puissants projecteurs depuis son sommet vers différents points de la ville.
— Un jour, nous aurons l’électricité à la maison, tu verras, soupira Claudette, assise devant la fenêtre à côté de sa sœur. »

« — Ce n’est qu’un tissu de mensonges ! s’exclama Afonso. — Il leva une main, paume vers le haut. — L’Église dit qu’il faut croire en Dieu, qu’il faut avoir la foi, qu’il faut prier. Je vous le demande, pourquoi ? Cela voudrait dire que ceux qui ne croient pas en Lui vont en enfer, juste parce qu’ils ne croient pas en Lui ? Ainsi, si je suis une canaille et que je prie tous les jours comme un croyant, et que quelqu’un d’autre est un homme bon, droit et honnête, mais qu’il n’a pas la foi et ne prie pas, j’irai au paradis, et lui en enfer ? Moi, qui suis une canaille, et lui, un honnête homme ? Est-ce que ça a un sens ? Quel est ce Dieu qui est si égoïste qu’Il exige que les gens L’idolâtrent ? Qui place l’idolâtrie au-dessus de la bonté ? »

Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du journal de 20 h au Portugal, José Rodrigues dos Santos est l’un des plus grands auteurs européens de thrillers scientifiques.
La saga Tomás Noronha, traduite en 18 langues, s’est fait connaître en France avec « La Formule de Dieu », vendue à près de 500 000 exemplaires (2 millions dans le monde) et dont les droits d’adaptation au cinéma ont été acquis par Belga Films.
Avec « Immortel », il signe le 8e roman de la saga en France.
Les romans de J.R. dos Santos et de son héros Tomás Noronha rencontrent un grand succès à travers le monde.
Thrillers érudits, ils traitent des sujets de science, de religion ou d’histoire avec toujours un incroyable travail de recherche. Car le sujet central de tous les romans de J.R. dos Santos reste le même : la vérité.
En tant que journaliste-reporter de guerre et en tant qu’auteur, cette question ne l’a jamais quitté. Et ce qui rend la série des Tomás Noronha unique, c’est justement ce défi systématiquement relevé de remettre en cause une vérité pré-établie pour en rétablir une nouvelle, difficile à accepter peut-être, mais bien plus limpide.

Ses romans sont tous publiés aux Éditions Hervé Chopin :

José Rodrigues dos Santos vit à Lisbonne.

Émotion, Drame, Psychologie, Thriller, Violence

Indemne

de François Rabes
Broché – 26 mars 2026
Éditeur : TAURNADA

Et si votre vie basculait en quelques secondes ?

C’est ce que le destin réserve à Sofiane, médecin urgentiste, pris dans la tourmente d’un violent règlement de comptes.
Lui s’en sort indemne, mais Clara, l’amour de sa vie, tombe sous une balle perdue.
Rongé par le chagrin, consumé par le désir de vengeance, Sofiane s’engage dans une quête sans merci pour traquer les responsables en prenant tous les risques…

… Ainsi qu’un aller simple pour l’enfer.

Depuis quelques mois, chaque service de presse reçu des éditions Taurnada est pour moi une promesse de lecture intense. Avec Indemne de François Rabes, cette promesse est une nouvelle fois tenue… et même largement dépassée.

Dès les premières pages, je me suis retrouvé plongé dans un récit dense, profond, éprouvant aussi, mais terriblement addictif. Les 400 pages ont défilé à une vitesse folle. J’ai dévoré ce roman, happé par un univers où la peur, la manipulation, les intérêts et les compromis règnent en maîtres. Mais ici, c’est surtout la vengeance qui domine tout, qui écrase tout, qui guide chaque pas du récit.

Sofiane, un urgentiste passionné, est amoureux de Clara. Ce soir-là, ils célèbrent dix ans d’amour dans un bar. Un moment simple, heureux… jusqu’à ce que tout bascule, au moment où elle s’apprêtait à lui annoncer quelque chose d’à priori très important. Des coups de feu éclatent. Une fusillade. Et en quelques secondes, l’irréparable. Clara s’effondre, victime d’une balle perdue. Sofiane n’a rien pu faire.

À partir de là, je plonge avec lui dans une véritable descente aux enfers. Sa douleur devient palpable et devient presque mienne. Et lorsque la police classe l’affaire comme un banal fait divers, sans réelle volonté de trouver les responsables, quelque chose se brise définitivement en lui.

Alors, la vengeance prend le relais.
J’étais enfermé dans ses pensées, à me poser cette question dérangeante. Qu’aurais-je fait à sa place ? Comment réagir face à une telle injustice ? Sofiane n’a plus rien à perdre, et c’est précisément ce qui le rend dangereux… mais pour moi, terriblement humain aussi.

François Rabes maîtrise et explore avec justesse cette zone trouble où l’homme bascule. Où la douleur justifie l’inacceptable. Et je dois l’avouer, malgré mes craintes, j’espérais qu’il aille jusqu’au bout.

Le roman interroge profondément sur l’amour, la perte, la justice… et sur cette frontière invisible que l’on franchit parfois sans même s’en rendre compte. Où un homme ordinaire, passionné par son métier, qui aimait la vie va progressivement devenir aussi dangereux, sinon plus que ceux qu’il traque.
La plume est rythmée, visuelle, percutante. Les rebondissements s’enchaînent avec efficacité, jusqu’à un final explosif qui m’a laissé sans voix.

Une lecture marquante, intense, que je ne suis pas prêt d’oublier.
Superbe…

Un grand merci à Joël et aux éditions Taurnada pour cette claque, ce coup de cœur littéraire.

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Extraits :

« Il avait beau avancer sa montre de dix minutes pour gagner du temps, rien à faire, Sofiane passait ses journées ou ses nuits à courir après. C’est le métier qui voulait ça. Il portait d’ailleurs bien son nom :
URGENCES.
Huit lettres rouge sang alignées sur un panneau aveuglant de lumière, pilier central de tout établissement hospitalier. »

« Alors qu’il avançait vers Clara, le médecin aurait voulu figer cet instant, voler cette image. Mais sentant sa présence, la jeune femme brisa le charme en tournant légèrement la tête vers lui au moment où il atteignait « leur » table. Sofiane déchiffra aussitôt une lueur sombre dans ses yeux clairs.
« Pardon… j’ai vraiment fait au mieux pour partir à l’heure… »
Il embrassa Clara dans le cou, tout près du petit pli niché dans le creux de son oreille qui n’appartenait qu’à lui, chaviré par la douceur de sa peau et de son délicieux parfum aux effluves de fleur d’oranger et d’ambre blanc qu’elle portait depuis toujours, avant de prendre place de l’autre côté de la banquette.
« J’ai dû poser des points sur le bras d’un patient très agité, l’infirmière n’y arrivait pas… »

« Lui, ce soir, la mort n’en avait pas voulu.
Lui, le survivant, le miraculé comme l’avait qualifié la jeune policière avec un rictus aux allures de sourire raté, visiblement secouée par les événements et pressée de le laisser aux mains du médecin de garde, fuyant son malheur comme une maladie contagieuse.
Mais à quoi bon survivre lorsque vous êtes désormais seul, déjà oublié de tous. C’est bien la seule chose qu’il pouvait encore ressentir de manière aiguë au milieu de ce long couloir en sous-sol de l’hôpital, assis sur une chaise en plastique, en attente d’une ordonnance et d’un véhicule pour le ramener chez lui. »

Après des études littéraires et un passage éclair en fac de cinéma, François Rabes décroche un poste de stagiaire mise-en-scène sur « La cité des enfants perdus » (1995) de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro après avoir envoyé une demande sous forme de story-board.

La rencontre avec les nombreux talents qui composent l’équipe du film est déterminante. Cette expérience lui offre un apprentissage en accéléré et l’encourage à mettre sur pied, à l’âge de 20 ans, un premier court-métrage.

Alternant films courts, clips musicaux (Johnny Hallyday, Pascal Obispo, Dj Abdel, Mister You…) et autres publicités, François Rabes développe des projets de longs-métrages dont il signe les scénarios.

L’univers du groupe Apollo, créé par sa sœur Alice, s’inscrit dans cette démarche artistique. Volonté de proposer des minis histoires pour accompagner les chansons, identité visuelle forte, références cinématographiques… autant d’éléments pour nourrir sa passion de raconter en images.

Francois Rabes signe son premier roman avec « Les racines des ombres » (2022) et remporte le concours Les Lieux Noirs 2021, organisé par Fyctia et les éditions Hugo & Cie.