Amour, Émotion, Historique, Roman de terroir

Un ardent désir de peindre

de Louis Mercadié
Broché – 13 mars 2025
Éditions : de Borée

Florine grandit dans les montagnes du Gévaudan et aide aux travaux de la ferme, vouée à perpétuer les traditions rurales et familiales. Animée d’un fort sentiment de liberté et d’une réelle volonté de peindre, tout bascule pour elle lorsque ses parents lui imposent un mariage, qu’elle refuse. Elle est alors envoyée dans un couvent mais n’a pas la vocation et supporte mal l’enfermement. Sa rencontre avec le peintre Charles Grandon pourrait bien lui ouvrir les voies d’une nouvelle vie…

Je viens de refermer Un ardent désir de peindre, et je sens encore vibrer en moi la voix de Florine, cette jeune femme habitée, presque consumée, par l’art. Ce roman de Louis Mercadié m’a profondément ému. Il ne raconte pas simplement l’histoire d’une peintre : il donne corps à une passion brûlante, à une urgence intérieure que rien ne semble pouvoir apaiser.

Florine m’a touchée par sa sensibilité à fleur de peau, par ce besoin presque douloureux de peindre, de traduire le monde avec ses pinceaux quand les mots lui échappent. À travers elle, j’ai ressenti l’ivresse de la création, mais aussi ses vertiges : la solitude, l’incompréhension des autres, la lutte constante entre le réel et le désir de beauté.

La plume de l’auteur est sobre, précise, presque picturale. Il brosse Florine avec tendresse et vérité, sans jamais forcer le trait. J’ai eu le sentiment d’accompagner une âme libre, indocile, qui cherche sa place dans un monde trop étroit pour son feu intérieur.

Un ardent désir de peindre n’est pas un roman que l’on se contente de lire : je l’ai ressenti profondément. Il rend justice, avec justesse, à ces femmes que l’Histoire a trop souvent reléguées dans l’ombre. Et lorsque j’ai refermé le livre, je suis resté un moment figé, comme face à une toile encore vibrante, longtemps après que le pinceau ait quitté sa toile…

Un très grand MERCI encore une fois à Virginie des Éditions de Borée

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Extraits :

« Florine, petite fille de six ans, vivait chez ses parents, Blaise et Marguerite Aubuzac, dans leur ferme accrochée aux pentes du Gévaudan. Espiègle, toujours souriante, elle faisait claquer ses sabots dans la cour qui jouxtait la maison. Chaque jour, comme dans toutes les fermes, les enfants devaient s’occuper d’une multitude de corvées. Mais la petite, toute à sa tâche, rêvait cependant, sensible à la beauté de la nature, aux saisons, aux odeurs des champs. »

« Elle guettait d’un air gourmet les larmes de sirop épais qui parfois glissaient le long du pot de terre. Alors, elle les interceptait du bout du doigt, qu’elle tétait avec bonheur. En de trop rares moments, après les petites tâches qu’elle effectuait, elle s’évadait vers ses dessins de fleurs ou d’oiseaux, s’éparpillant dans un monde de liberté. Très fière, elle les montrait en cachette à son aïeule. Toutes les deux s’entendaient comme larrons en foire et profitaient des petites parcelles de vie qui s’offraient. Leurs dialogues, leur connivence, fréquemment émaillés de petits sourires, échappaient aux autres. »

« Quoique bien jeune, Florine détenait un joli coup de crayon. C’était inné chez elle ! Dessiner lui permettait de s’évader d’un univers dont elle percevait trop la rusticité et où elle ne pouvait prétendre changer de condition. Pourtant, malgré son état de fille de paysan, elle ne rêvait qu’à son indépendance. »

« Le visage de sa grand-mère se rembrunit légèrement, mais assez pour que Florine le remarque.
– Croyez-vous, grand-mère, que je puisse un jour être libre de dessiner ?
– Si tu en as la volonté, ce sera possible, mais ce sera difficile, très difficile, car tu es une femme…
Florine croisa les bras comme pour réprimer un frisson.
– Femme ou homme, qu’est-ce que ça change ? »

« – Non, père, je ne veux pas être paysanne. Je veux dessiner et peindre !
– Mais tu es folle, ma fille ! reprit Marguerite. Crois-tu que la vie, c’est ça : dessiner et peindre ? Il te faut un bon mari, solide et besogneux, et tu l’aideras dans sa ferme comme moi j’aide ton père. Au moins, tu pourras manger ! Bon, assez de ces jérémiades ! Il est temps de commencer le repas ! Allez, sers tout le monde ! »

Originaire du Nord-Aveyron, au pied des monts d’Aubrac, et fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. C’est aussi un passionné.

Auteur de plusieurs monographies historiques et d’une thèse de troisième cycle (Histoire, Géographie, Sciences humaines, Université de Jussieu), il a obtenu deux prix littéraires pour une biographie sur Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle.

Chevalier des Arts et Lettres, conférencier, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’a de cesse de parcourir l’histoire du département, notamment celle de ces femmes qui ont vécu un destin remarquable.

Amour, Émotion, Drame, Folie, Violence

Abena

de Pierre Chavagné
Broché – 21 mars 2025
Éditions : Le mot et le reste

Au coeur d’un massif enneigé, Kofi et sa petite soeur Abena sont traqués par la Souche, une milice de gardes frontières. Dans leur fuite, ils croisent Caïn, un marginal qui leur vient en aide. Le trio trouve refuge en altitude chez un mystérieux couple d’ermites. La situation préoccupante dans la vallée et dans tout le pays les contraindra à hiverner ensemble. Ce confinement prolongé mettra la communauté à rude épreuve. Ils devront panser leurs blessures, s’organiser et s’approvisionner pour affronter la rudesse du climat et le groupe armé qui patrouille à leur recherche. Ils inventeront leurs règles et apprivoiseront leurs différences, mais tiraillés par la peur, l’ennui et l’émerveillement, les dissensions ne tarderont pas ; l’ennemi n’est pas toujours là où on l’attend.

C’était il y a un mois, jour pour jour. Un roman parmi d’autres, glissé discrètement dans ma boîte aux lettres. J’étais loin d’imaginer les bouleversements qu’il allait provoquer en moi au fil des pages…

Il y a des livres qui vous happent dès les premières lignes, qui vous remuent profondément, et qui continuent de vibrer en fin de lecture. Abena fait partie de ceux-là.

Une fillette et son frère perdus dans les Alpes sont traqués par une milice, en plein hiver. Mais au-delà de leur survie, c’est un récit profondément humain, qui oscille entre violence et grâce, instinct et réflexion.

Pierre Chavagné signe un texte puissant, à la fois romanesque et méditatif. J’ai pensé à La Route de Cormac McCarthy – ce même vertige face à la nature, cette noirceur lumineuse, cette capacité à sonder l’âme humaine sans jamais juger. L’écriture est agréable, fluide et très visuelle. L’auteur joue avec les nuances, les failles, les zones grises. Les personnages sont tous finement dessinés, crédibles, humains. Alors, j’ai grelotté, tremblé, douté même avec les personnages, me demandant régulièrement : Qu’est-ce que moi j’aurais fait ?

Abena parle de fraternité, de solidarité, mais aussi de la folie des hommes. Le récit interroge notre époque sans donner de leçon, sur la perte de repères, la violence qui gronde, ou quête de spiritualité, le besoin de nature, me laissant seul face à mes émotions. C’est bouleversant, intense… Il m’a rappelé pourquoi j’aime autant lire.

Un roman total, radical, à la fois tendu comme un thriller et aussi profond qu’une méditation. Les dernières phrases ont continué à résonner en moi, comme un écho persistant. Comme un souffle… Si vous aimez les textes qui vous happent et vous bousculent, foncez…

Merci aux Éditions Le mot et le reste pour ce très beau cadeau !

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Extraits :

« En hiver, les montagnes ont faim; au-delà d’une certaine altitude, les rochers deviennent des dents. Le frère et la sœur louvoient sur la crête osseuse entre des blocs de granit; deux petits bouts de viande reliés par une cordelette ; des proies, pas bien grasses, presque mortes. Le ciel est blanc, comme un bol de porcelaine vide renversé sur leurs têtes.
Aucune nuance de couleur, rien d’autre qu’un dôme lacté, une membrane impénétrable qui accentue la sensation de solitude et d’égarement. Leurs pieds engourdis par le froid s’enfoncent dans la neige, certains passages impraticables les obligent à des détours, ils glissent, tombent, se relèvent; impossible de rebrousser chemin, des hommes les pourchassent. »

« “Accélère.” Il s’encourage en se remémorant la voix hurlante de son entraîneur. « Bats-toi contre l’idée de perdre. » Un pas de moins. Encore un. “Si cela doit te tuer, que cela te tue, alors tu connaîtras ta limite.” »

« Mille mètres plus bas, sur le même versant, Cain est assis sur une souche au milieu de nulle part, les pieds enfoncés dans une flaque boueuse, rouge de son propre sang. Ce couteau dans le ventre n’était pas une bonne idée, il existe des manières plus douces de faire le point sur sa vie, surtout à vingt ans. »

« Il n’a rien prémédité. Un matin, il a emprunté tout l’argent qu’il a pu et a volé le reste à sa famille. Il a récupéré Abena à l’école. Comme ça sur un coup de tête.
Trois semaines qu’Abena ne parlait plus après le meurtre de sa camarade de classe. Ça le rendait malade. Puis il y a eu ses deux amis d’enfance qui ont péri le même jour sur le front du Tigré. Il a paniqué. »

Né en 1975 en banlieue parisienne, Pierre Chavagné vit désormais en Uzège, dans une maison en bois avec sa femme et ses trois fils. Dirigeant d’une entreprise de biotechnologie, depuis peu, il se consacre exclusivement à l’écriture.

« J’écris pour créer de la vie en plus grand. »
Grand lecteur, il écrit pour éviter de parler. Et aime placer la nature au centre de l’histoire.

  • Auteur Academy (2010) est son premier roman,
  • Les Duellistes (2017) aux éditions Albin Michel,
  • La Femme paradis (2023) aux éditions Le mot et le reste a fait partie de la sélection finale du Prix Orange du livre,
  • Abena (2025) aux éditions Le mot et le reste est son quatrième roman.
Amour, Émotion, Drame

Le secret des mères

de Sophie de Baere
Broché – 5 février 2025
Éditions : JC Lattès

Colette est de retour dans son Morvan natal, après de longues années d’absence, pour y veiller sa mère mourante. Confrontée une fois de plus au mutisme familial, elle décide de faire la lumière sur l’évènement qui, un soir de juillet 1969, a tout fait basculer. De découverte en découverte, elle obtiendra des réponses qui iront bien au-delà de sa quête et feront voler en éclat ses certitudes.

Après Les Ailes collées (Prix Maison de la presse 2022), Sophie de Baere poursuit son exploration de l’intime et nous offre une plongée saisissante dans la France rurale, de l’après-guerre jusqu’à la fin des années 60. Des amours empêchées aux maisons maternelles pour « filles-mères », l’auteure ranime avec sa plume sensible une époque où les femmes avaient bien peu de droits mais ne manquaient ni de passion, ni de révolte.

« Sophie de Baere fait mouche avec ce Secret des mères, superposant les strates de temps et les points de vue, qui ne ménage pas les surprises »
LIRE

« Ce roman français poignant promet d’être LE livre à dévorer dès sa sortie »
BIBA

« Un récit puissant sur l’amour, la maternité et les déterminismes sociaux »
Le Parisien

« Un talent qui se fortifie livre après livre »
Avantages

« Un livre splendide. Sensible et puissant. »
ELLE

« Quel talent fou pour peindre les âmes des femmes ! »
Version Femina

« Sophie de Baere a décidément du talent ! »
Le Parisien week-end

« Sophie de Baere nous emporte sans un instant nous lâcher la main »
Prima

Une écriture qui bouleverse, un roman qui marque tout en restant lumineux.

Il y a des livres que je lis. Et puis il y a ceux que je ressent dans chaque fibre de mon corps et de mon esprit. “Le secret des mères” de Sophie de Baere est de ceux-là. Sans bruit, sans grand geste, mais avec une force bouleversante, il est venu toucher ce qu’il y a de plus intime en moi.

Tout commence par une vérité qu’on croyait enfouie à jamais. Un secret de famille, de ceux qui ébranlent les fondations, qui redessinent les contours de l’identité. Sophie de Baere écrit avec pudeur, mais aussi avec une intensité rare. Elle explore la maternité dans toutes ses nuances : dans le manque, la douleur, l’instinct, dans l’amour qui déborde parfois là où on ne l’attend pas.

Page après page, le récit se déploie entre passé et présent comme un souffle retenu trop longtemps. Chaque silence, chaque regard, chaque absence devient une pièce essentielle d’un puzzle chargé d’émotion. J’ai avancé dans cette histoire le cœur serré, chaviré par la justesse des sentiments et par cette lumière qui affleure, même au milieu des ténèbres.

C’est un roman sur les blessures invisibles, un roman qui parle de filiation, de résilience, et de l’amour, ce lien invisible mais indestructible. Une lecture intime, troublante, et portée par une écriture d’une grande beauté.

Sophie de Baere a pour moi, ce don rare d’écrire l’indicible. Je continuerai, encore et toujours, à recommander ses livres, parce qu’ils me rappellent à quel point la littérature, comme la musique ou certains tableaux peuvent nous toucher, vraiment…

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Extraits :

« Parce qu’en réalité, des mots, des phrases, j’en ai à revendre, ce n’est pas le problème et ce n’est pas leur parler qui me terrifie. Absolument pas. Ce qui me terrifie, ce serait de le faire sans retenue. Tout un vocabulaire qui viendrait là, sans crier gare, rouvrant soudain la plaie de ces longues années qui nous séparent. Non, impossible. Je dois faire un effort, trouver les mots justes, les premiers après la longue absence. »

« Il se déroula une bonne heure avant que le ciel s’endorme. Une heure à s’inventer des clairières et des forteresses, des histoires de princes et de princesses. À confondre la feuille morte avec le parchemin d’un magicien, à étreindre le chant de ces oiseaux que Marthe aimait tant. À palper du vent magique entre les branchages.
La lumière finit néanmoins par se tarir et il fallut rentrer. Encore ivres de cet après-midi passé à jouer sous les arbres, ils retrouvèrent leur chemin avec facilité, glissant sur les cailloux sans même trébucher et tandis que la brume pénétrait l’air du soir, ils passèrent sans s’en apercevoir des yeux du jour à ceux de la nuit. »

« Tout à coup, au bras de mon père, je suis une petite fille de sept ans. On reste bien peu de temps dans l’enfance mais je crois que malgré soi, toute sa vie, on ne cesse d’y revenir. »

« L’autre jour, je suis tombée par hasard sur un reportage consacré à Tchernobyl. Des arbres immenses y enserraient les immeubles. Il y avait des hordes de loups, des chevaux sauvages. C’était un spectacle assez incroyable qui ne souffrait aucun doute : prédire une planète détruite est une erreur. Seule l’humanité le sera. Ici comme ailleurs, l’homme aurait mieux fait de rester humble. »

« Au sein de cette maison maternelle conçue pour éteindre les droits et les consciences, elles apprenaient ce que d’autres ne saisiraient jamais vraiment ou ne comprendraient que bien plus tard. Tout ce qu’on gagne à donner. Cette noblesse de cœur qui nous grandit et fait de chacun de nous des êtres proprement humains. Et à défaut de les changer, cela rendit, pour quelques heures, leurs existences de chagrin plus supportables, leur donna une épaisseur et un sens. »

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises. Elle a publié en 2018 son premier roman, La Dérobée puis Les Corps conjugaux en 2020 et Les Ailes collées en 2022.

Amour, Émotion, Drame, Violence

Du feu de Dieu

de Jean-Pierre Rumeau
Broché – 10 avril 2025
Éditeur : Taurnada Éditions

Lors d’une odieuse agression, un jeune prêtre assiste à l’exécution atroce de son maître spirituel, échappant lui-même de justesse à la mort.
Grièvement blessé dans sa chair et dans son âme, il va, peu à peu, perdre ses repères, puis sa foi, jusqu’à prendre le chemin de la vengeance.

Un roman dur et poignant, une impitoyable descente aux enfers.

Je viens de finir Du feu de Dieu de Jean-Pierre Rumeau, une découverte marquante.

Patrick, jeune prêtre fervent, est témoin de l’exécution de son maître spirituel. Il échappe à la mort, mais son corps et son âme sont brisés. Il perd sa foi, s’abandonnant à une obsession : la vengeance. C’est un thriller psychologique où l’on plonge dans la dégradation mentale et morale de ce prêtre. L’auteur explore sa chute, dépeignant avec brio la perte de repères, la colère, et surtout la désillusion d’un homme autrefois guidé par Dieu. L’ambiance est sombre, lourde, et chaque page faisait naître en moi un malaise grandissant. Le mal devient presque humain, sans jamais être excusé.

Jean-Pierre maîtrise un style brut, puissant, qui fait écho à la dégradation intérieure du personnage. Ses mots sont choisis avec soin, mêlant vocabulaire riche et termes familiers, parfois crus, qui ancrent les personnages dans une réalité plus palpable. La narration au présent m’a fait vivre dans l’intimité de Patrick, entre durs flashbacks et tourments intérieurs. À chaque instant, l’angoisse monte, la tension est palpable, et le mal semble inéluctable. C’est une plongée sans retour, où l’on se perd dans l’esprit dévasté du prêtre. L’auteur ne cherche pas à excuser ni a juger son protagoniste, il nous montre simplement ce qu’il devient, ce qu’il perd en chemin. C’est une lecture intense et poignante, qui interroge sur la foi, le mal, mais surtout la perte de soi.

Un thriller psychologique de haut niveau, que je recommande vivement.
Cinq étoiles et un coup de cœur bien mérités.

Un grand merci à Joël de Taurnada éditions pour cette lecture intense.

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Extrait :

« En ce troisième vendredi du temps ordinaire, Patrick Patras parcourt en apnée le long couloir qui relie la ligne 1 du métro parisien à la gare de Lyon. Il zigzague, piétine, redémarre d’un coup de reins pour traverser au plus vite la cohue de l’heure de pointe. Il contourne le bouchon qui s’est formé au pied des escaliers mécaniques, grimpe quatre à quatre les marches de béton et enfin émerge, hors d’haleine, sous la verrière du hall principal. Un froid glacial lui tombe dessus. Il jette un regard inquiet au grand panneau affichant les trains au départ. La buée qui sort de sa bouche brouille une seconde sa lecture. Le TER de Montargis est toujours là, il lui reste 4 minutes. »

« Patrick grimpe le dernier, cherche des yeux et aperçoit un vide entre deux personnes, dos à la marche. Il fait la moue. Il n’aime pas la promiscuité et a l’odorat très fin. Le contact, même léger, avec des inconnus, les odeurs de vêtements sales, de sueur et d’haleine le répugnent. Mais il n’a pas le courage de passer 41 minutes debout. »

« Depuis sa plus tendre enfance, Patrick était affublé d’un léger bégaiement. Avec le temps, l’aide d’orthophonistes et la pratique de techniques de relaxation, il était parvenu à maîtriser en grande partie son handicap. Mais toute émotion inattendue troublait immédiatement la fluidité de sa parole. »

« De grosses larmes emplissent les yeux du prêtre.
“Mon Dieu.”
Il baisse la tête, anéanti.
“Je ne saurais pas quoi lui dire. Il vaut mieux appeler Lucrèce.”
L’infirmière le dévisage, sans pitié.
“Tu crois pas qu’il déconne, ton Dieu, quelque-fois ?”
Elle tourne les talons avec un soupir de mépris.
Patrick serre les dents puis lâche une espèce de couinement.
“Attend ! Par pitié, attends !”
Il prend une grande inspiration.
“Quel numéro, tu as dit ?” »

Jean-Pierre Rumeau est né en 1952 et vit à Fontainebleau.
Diplômé du CNSA de Paris et ayant un master d’Histoire de l’art, il se tourne à l’issu de ses études vers le métier de cascadeur – films, publicités, télé, spectacles d’action. Parallèlement, il met en scène des pièces de théâtre (Le Neveu de Rameau au Ranelagh qui tourne depuis 2001, et lance des one-mans show, notamment Nicolas Canteloup). Il est également auteur dramatique et scénariste et travaille actuellement à un long métrage.

  • Le Vieux Pays (2018) est son premier roman.
  • Ni maître (2023)
  • Du feu de Dieu (2025)
Amour, Émotion, Drame, Violence

Fuir l’Eden

de Olivier Dorchamps
Poche – 2 mars 2023
Éditeur : Pocket

L’Eden n’a rien d’un paradis. Il n’y a qu’à voir cette tour de béton insalubre, “chef-d’oeuvre d’architecture brutaliste” inscrit aux monuments historiques, pour le comprendre. C’est là que vit la misère sourde – là que claquent les coups et meurt l’espoir…
Adam, 17 ans, y est né. Et tout l’y retient.
Seulement, ce jour-là, sur le quai de Clapham Junction, le regard d’une fille aux yeux clairs chasse d’un coup son angoisse. Eva a son âge mais vit du bon côté des rails. L’instant d’après, la voilà partie, évaporée. Comment la retrouver ? Comment traverser la voie ? Pour sortir de sa condition, Adam irait jusqu’en enfer…

« Ce deuxième roman confirme un écrivain de toute première force. »
L’Humanité
« Un roman redoutablement habile et subtil, mélancolique et alerte, qui combine le romanesque et le politique avec une remarquable virtuosité d’écriture. »
France Info

Cet ouvrage a reçu le Prix Louis-Guilloux et le Prix des Lecteurs de la Maison du Livre

« En souvenir d’une excellente soirée au château de l’Hermitage… »

Hier soir, dans le cadre de notre Cercle littéraire, j’ai rencontré un auteur d’exception. Un homme dont la bienveillance n’est plus un mot, mais une manière d’être. Il nous écoutait comme on recueille un secret, nous regardait comme on accueille un monde. Sa présence, que j’ai trouvé particulièrement douce et lumineuse, a laissé sur nos échanges une empreinte discrète mais profonde, comme un murmure qui résonnera dans mes oreilles longtemps après le silence…

Adam, 17 ans, vit dans un immeuble délabré de Londres avec son père et sa petite sœur, Lauren. Une existence rythmée par la misère, la violence et l’omniprésence d’un père brisé, incapable d’aimer autrement que dans la rudesse, et d’une mère qui avance au quotidien comme elle peut en évitant les coups. Avec ses amis Ben et Pav, ils essayent de s’en sortir, de trouver un chemin qui pourrait les mener vers d’autres horizons. Puis Adam croise Eva. Il sait dorénavant que son avenir vient de prendre un nouveau tournant.
Mais, un jour, tout bascule…
Adam devra essayer de se réinventer et de protéger coûte que coûte sa sœur, dans cet Eden qui n’a d’idyllique que le nom.

Olivier Dorchamps signe un roman à la fois brut et bouleversant, un texte qui cogne avant d’embrasser. D’abord très dérouté par cette écriture au réalisme presque trop cru pour moi, proche d’une vérité qui me gênais, je me suis laissé peu à peu happer par l’urgence, la douleur et surtout l’amour indéfectible d’Adam envers sa sœur. La plume de l’auteur épouse la rage, l’instinct de survie, puis s’adoucit pour dévoiler une tendresse bien enfouie sous toutes les blessures.
Et la dernière page est arrivée, l’émotion m’a emporté, irrépressible, je n’ai pu la contenir.
Un final d’une puissance rare, qui transforme la fuite en renaissance et m’a laissé sonné, bouleversé.
Énorme coup de cœur que je n’avais pas vu venir !

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Extrait :

« Je vis du côté moche des voies ferrées ; pas le quartier rupin avec ses petits restos, ses boulangeries coquettes, ses boutiques bio et ses cafés qui servent des cappuccinos au lait de soja à des blondes en pantalon de yoga. Non. Tu passes sous le pont ferroviaire, au-delà de la gare routière et son rempart de bus qui crache une ombre vermeille le long du goudron flingué et, un peu plus loin, derrière le bosquet et les capotes usagées, la barre d’immeubles au fond de l’impasse, c’est chez moi. Au bout du monde. C’est ça, juste en face de la vieille bicoque victorienne transformée en mosquée. J’habite au treizième étage avec ma sœur Lauren et l’autre.
Eden Tower ; tout le monde ici dit l’Eden. »

« Voie neuf, une dizaine de voyageurs attendent le train pour Waterloo. Je termine mon Red Bull et balance la canette. Une dame s’énerve toute seule car je n’ai pas utilisé la poubelle de recyclage. Elle meurt d’envie de me faire la réflexion mais lâche l’affaire quand je soutiens son regard. On nous a fait un cours sur l’écologie au lycée l’an dernier. Bien sûr que je connais la Suédoise qui insulte tout ce qui bouge avec sa gueule de fin du monde, c’est juste qu’à l’Eden, on n’est pas nombreux à bouffer bio ou à rouler électrique. »

« Quand l’autre m’a rossé il y a quatre ans, qu’il m’a écrasé sur le carreau au milieu des chips au vinaigre et des débris d’assiette, j’ai songé à ce qu’elle avait subi. Ma douleur et la sienne se sont fait écho et j’ai compris. J’ai compris que, si la soumission est une condition de survie devant la brutalité, courber le dos ne suffit pas pour s’en sortir. Non. Encaisser les coups est une chose – cela permet d’abréger la violence faite au corps -, mais la destruction la plus profonde, celle dont on ne se relève jamais, c’est celle infligée à l’âme. »

« Quand elle s’était aperçue que je prenais goût à la lecture, Claire m’avait mis en garde, « N’oublie pas de vivre au moins autant que tu lis, Adam. Les romans permettent de mieux vivre et la vie, de mieux lire. C’est une question d’équilibre. Le jour où tu auras trouvé le tien, il te propulsera vers ton avenir. Sers-toi des livres pour vivre pleinement ta vie, mais ne vis pas uniquement à travers eux ». Je comprends maintenant ce qu’elle voulait dire. »

Olivier Dorchamps est un auteur franco-britannique. Issu d’une famille cosmopolite, il a grandi à Paris et vit à Londres d’où il a choisi d’écrire en français. Il pratique l’humour, l’amitié et la boxe régulièrement.

  • Ceux que je suis (Finitude, 2019) est son premier roman.

Amour, Émotion, Poésie

Une nuit particulière

de Grégoire Delacourt
Poche – 27 mars 2024
Éditions : Le Livre de Poche

J’avais envie de retrouver un homme et une femme capables de se jeter dans le vide par amour. Parce que c’est vivre sans amour qui est l’enfer. G. D.

Elle s’appelle Aurore, lui, Simeone. Un soir d’automne, ces deux inconnus emplis de désespoir, qui croient n’avoir plus rien à perdre, font connaissance. Commence alors une nuit qui ne ressemble à aucune autre. Au matin, rien ne sera plus comme avant… Une conversation romanesque, poétique, fulgurante.

« Le souffle ardent de ces amants foudroyés va droit au cœur. »
Marie France.

« Les mots sont magnifiques. Ce sont deux poésies qui se rencontrent. »
Le Figaro magazine.

« Un périple éminemment lyrique. »
Lire magazine.

« Une promenade à deux où le goût de l’Italie et celui des sentiments passionnés marchent main dans la main. »
Psychologie magazine.

Une nuit particulière de Grégoire Delacourt raconte la rencontre fortuite de deux personnages que tout opposait mais qui, au cours d’une nuit, partagent un moment unique. L’auteur nous plonge dans l’intimité de ses protagonistes, en nous dévoilant leurs fragilités, leurs peurs mais aussi leurs rêves.
L’histoire se déroule sur une seule nuit, dans un cadre urbain anonyme, qui met en lumière une femme, bourgeoise et solitaire, et un homme plus marginal, qui porte en lui une douleur profonde. Cette rencontre va les pousser à se remettre en question, à explorer les aspects cachés de leur personnalité et de leur vécu.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la subtilité avec laquelle l’auteur aborde les émotions humaines. Il excelle dans l’art de décrire des sentiments complexes, souvent en quelques mots, créant ainsi une atmosphère empreinte de tendresse et de mélancolie. On sent chez lui une grande capacité à capter des instants de vie qui paraissent anodins au premier abord, mais qui prennent une résonance particulière au fil des pages à travers sa narration.
Le style de Delacourt est comme toujours poétique et délicat, avec un sens aigu de l’observation des petites choses qui font et qui sont la vie. Ce roman, bien qu’intime et émouvant, pourra sembler un peu trop introspectif pour certains, mais pour moi où chaque détail compte, il a su me toucher et me surprendre même, prouvant que les rencontres, même éphémères, peuvent bouleverser et changer des vies.

Une lecture émouvante, une belle réflexion sur la solitude, la quête du bonheur et la capacité de chacun à se réinventer.

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Extraits :

« J’ai parlé ce soir de beauté et de douleur.
J’ai parlé de ce que la première crée la seconde et que cette dernière est insupportable.
Elle est un silex dans la bouche, un feu dans les entrailles.
J’ai parlé de l’immense beauté de l’amour et de la grande douleur d’être quittée.
Abandonnée.
Jetée. »

« Nous les femmes sommes faites de promesses et de regrets. C’est-à-dire de futur et de passé. Nous avons un réel problème avec le présent. »

« Je ne connais pour l’instant que son odeur et la rugosité de sa main et je me dis que ses effleurements doivent laisser des griffures.
Je serai peut-être comme une page de livre demain, sillonnée de mots, lorsqu’il m’aura entièrement caressée. »

« – Je n’ai jamais trompé ma femme.
– Je ne vous demande pas de la tromper. Je vous demande de m’aimer. »

« Je lui dis ceci, parce que je ne veux risquer aucune méprise ; parce que ce que je lui offre cette nuit, c’est ma vie.
— Je n’avais jamais fait ce que j’ai fait à l’hôtel tout à l’heure.
Je crois que j’ai rosi en disant cela.
– Je n’avais jamais suivi une inconnue dans un hôtel.
– Oui. Des choses dangereuses.
– Je vous trouve rare, dis-je.
Il sourit. Une mélancolie. »

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Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt publie à cinquante ans son premier roman, L’Écrivain de la famille, récompensé par cinq prix littéraires dont le prix Marcel Pagnol. La Liste de mes envies, best-seller international publié et traduit dans plus de trente pays, a fait l’objet de nombreuses adaptations théâtrales et d’un film de cinéma. On ne voyait que le bonheur a figuré sur la liste du Goncourt et a été élu roman de l’année par Le Parisien. Mon Père et L’Enfant réparé ont été unanimement salués par la critique.

Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie

Dix-Neuf Marches

de Millie Bobby Brown
Broché – 25 janvier 2024
Éditions : Robert Laffont

Best-seller du New York Times, le premier roman bouleversant de l’actrice révélée par Stranger Things et Enola Holmes.

Nellie Morris, jeune fille dont la joie de vivre est contagieuse, tente de mener une vie normale dans l’East End de Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, tandis que la capitale anglaise reste sous la menace constante des raids aériens allemands. Entourée par ses parents, son frère cadet et sa petite sœur, et bien occupée par son travail d’assistante de la maire du district de Bethnal Green, elle arrive à sortir de temps à autre au pub où elle aime chanter avec sa meilleure amie Barbara et son ami d’enfance Billy qui a toujours eu un faible pour elle.

La rencontre de Nellie avec Ray, un bel aviateur américain, va venir bouleverser ses certitudes et encourager son désir de voir le monde. C’est alors qu’un terrible accident survient à l’abri de la station de métro de Bethnal Green où Nellie et sa famille se réfugient en cas d’alerte. Son courage, sa détermination vont l’aider à surmonter cette épreuve qui touche ses proches en plein cœur.

« Vous ouvrirez peut-être Dix-neuf marches pour le nom de la star,
mais vous le lirez pour l’histoire d’un évènement méconnu
de la Seconde Guerre mondiale. »
New York Times

« Inspiré d’une histoire vraie, ce roman donne les larmes aux yeux,
mais met de l’espoir dans le cœur. »
The Mirror

« Un roman bouleversant. »
Madame Figaro

Dans son premier roman, Dix-Neuf Marches, Millie Bobby Brown m’a amené à Londres en 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale.

Inspiré de faits réels, ce récit dépeint avec authenticité la vie quotidienne des Londoniens sous les bombes, mêlant habilement histoire d’amour, drame familial et contexte historique. Pour un premier roman, Millie offre une œuvre touchante et bien construite et immersive, portée par des personnages profonds et des descriptions saisissantes qui m’ont plongé au cœur du Londres en guerre. À travers les thèmes de l’amour, de la perte et de l’espoir, Dix-Neuf Marches résonne avec une intensité particulière.

Une lecture prenante et agréable que je recommande !

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Extraits :

« C’était un samedi de septembre lumineux qui sentait l’été. Nellie avait eu une grosse semaine à l’hôtel de ville, où elle travaillait comme assistante de la maire, et aujourd’hui, elle aspirait à un peu de normalité, à retrouver, un instant, la saveur de la vie d’avant la guerre, les raids aériens, le rationnement, les bulletins d’information sinistres que diffusait inlassablement la TSF. Elle avait décidé d’emmener Flo, sa petite sœur, pique-niquer au parc. Il faisait chaud. Assez pour se mettre à nourrir l’espoir que le temps tournerait bientôt et que les feuilles commenceraient à tomber des arbres – et pour se reprocher aussitôt de ne pas apprécier cette belle journée à sa juste valeur. »

« Elles s’apprêtaient à rassembler leurs affaires quand le gémissement suraigu de la sirène s’éleva.
— Une attaque en plein jour ? Vraiment ? s’étonna Nellie, son cœur s’emballant dans sa poitrine.
Elle fourra les restes de leur pique-nique dans le panier et saisit la main de Flo.
— Viens, il faut courir !
— Nelliiie! Où on va aller ? Je ne veux pas recevoir une bombe sur la tête ! hurla la fillette terrifiée. »

« Nellie respira l’air froid et regarda autour d’eux alors qu’ils émergeaient de l’abri le lendemain matin.
C’était toujours un soulagement de découvrir que vous aviez encore survécu à une de ces nuits, mais il y avait aussi l’angoisse de ce que vous risquiez de découvrir une fois dehors, et la possibilité que votre maison ne soit plus là. Elle ne vit pas de nouveaux décombres dans le voisinage immédiat du métro. Le nœud d’anxiété qui lui serrait l’estomac commença à se relâcher. Elle vérifia l’heure. Elle avait tout juste le temps de rentrer à la maison, de déposer son ballot, et de faire sa toilette avant d’aller au travail. »

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Millie Bobby Brown est une actrice, mannequin et productrice britannique révélée par la série Stranger Things sur Netflix. Elle incarne ensuite Enola Holmes dans la série du même nom. En 2018, elle devient la plus jeune ambassadrice du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Et la même année, elle figure sur la liste des cent personnes les plus influentes dans le monde établie par TIME Magazine. En 2019, elle lance sa marque de cosmétique florence by mills.

  • Dix-Neuf Marches est son premier roman.
Amour, Émotion, Fantastique, Histoire, Magique

La stèle sacrée

de Florence Jouniaux
Broché – 13 février 2020
Éditeur : M+ éditions

Soudain, il se souvint. L’inscription ! !
Au même moment, un grand gaillard roux, vêtu d’une tunique courte, se pencha sur lui, l’air anxieux.
Quomodo vales 1? prononça-t-il en latin.
Ces mots confirmèrent ses pires craintes. Il avait beau se dire que c’était impossible, mais à moins d’être dans un peplum, il avait devant lui un authentique gaulois et se trouvait encore sur le forum, mais celui de l’antiquité ! Pas de doute ! Il avait traversé l’espace-temps !

Antoine, futur doctorant en lettres classiques, est en visite à Rome, avec la belle Chiara. Il ne s’attendait pas à côtoyer les celtes et les romains du premier siècle après Jésus-Christ pour répondre à une question cruciale ! Ses connaissances historiques vont influer sur le sort du peuple voltinien, situé dans la région des Allobroges, dans la Gaule Narbonnaise de l’époque.
Une autre question se pose à lui : comment va-t-il revenir dans le présent et retrouver la belle Chiara qui lui sert de guide ?

1 “Comment te sens-tu ?”

Une plongée au cœur d’un autre temps…

Cette lecture a été un véritable plaisir. Elle m’a replongé dans mes jeunes années, lorsque j’étais étudiant et que j’explorais sans arrêt les origines de mon pays en alternant avec joie entre le français, le grec et le latin !

Florence Jouniaux m’a entraîné dans son voyage, une odyssée où le passé ressurgit, révélant les mystères d’un artefact aux pouvoirs insoupçonnés. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette intrigue où l’histoire et l’ésotérisme s’entremêlent avec une fluidité remarquable. L’autrice nous offre un récit richement documenté, où chaque détail semble sculpté dans la pierre du temps.

Tout commence lorsqu’un archéologue met au jour une stèle ancienne portant l’inscription Tempus fugit, sed veritas manet – Le temps s’enfuit, mais la vérité demeure. Rapidement, cette trouvaille nous entraîne dans une quête haletante où le destin des civilisations semble suspendu à une simple pierre gravée.

À travers une plume immersive et très érudite, Florence Jouniaux nous fait traverser les âges, explorant cette soif insatiable de savoir qui anime toute l’humanité.
Scientia potentia est, Le savoir est un pouvoir, mais il peut aussi se révéler une malédiction…
Dès lors, est-il une lumière ou devient-il un fardeau ?

Entre mystères ancestraux, quête de vérité et tensions croissantes, La Stèle sacrée captive autant qu’elle interroge. Un roman fascinant, où les vestiges du passé chuchotent encore à l’oreille des vivants. Une lecture passionnante et magnifiquement construite que les amateurs d’histoire et de mystère apprécieront sans aucun doute.

À découvrir sans hésitation !

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Extraits :

« Après plusieurs occasions manquées, lui, l’étudiant en histoire ancienne et histoire de l’art, pourrait voir de ses yeux tout ce qu’il avait imaginé lors de ses cours ! Il venait de terminer son master, soutenant un mémoire qui portait sur « Le rapport entre les peuples italiques et la capitale romaine au premier siècle après Jésus Christ » et avait obtenu mention Très Bien. Il avait donc amplement mérité ces vacances ! Et commencer par trois semaines à Rome était inestimable, surtout que son professeur d’histoire latine lui avait donné l’adresse d’un monastère au centre de Rome, où des religieuses hébergeaient les touristes pour une somme raisonnable. »

« À peine avait-il eu le temps d’en terminer la lecture qu’il ressentit un froid intense, avec l’impression d’être plongé dans le noir et d’avoir le corps tiraillé. Pour finir, il lui sembla que des milliers d’aiguilles le transperçaient. Une terrible nausée l’envahit, accompagnée de tremblements incoercibles. Il perdit connaissance. »

« Aeddan prononça alors doucement :
– Crois-tu encore au pouvoir des devins ?
– Oui, puisqu’ils communiquent avec les dieux.
– En effet et j’ai eu la chance d’être éclairé par la lumière divine : ils m’ont montré, dans une vision, un jeune homme du futur, qui s’intéresse aux civilisations du passé, et à celle des romains en particulier. J’ai réussi à faire apparaître une inscription sur un des monuments du forum romain, et les dieux l’ont rendue opérante : il a traversé le temps et Quintus l’a ramené ici, depuis Rome.
– Vraiment ? ! s’exclama-t-il, sidéré. C’est absolument extraordinaire !
– Tu peux le dire ! Et je remercie les dieux chaque jour de m’avoir inspiré.
– J’ai vraiment hâte de l’entendre ! »

Florence Jouniaux est née en Savoie, à Chambéry et a suivi des études de lettres classiques. Mère de trois enfants, elle est professeure par vocation et enseigne la littérature avec passion au lycée de la Versoie à Thonon-les-Bains.

Un soir, une muse lui a soufflé le début d’un roman et c’est ainsi que l’écriture a surgi dans sa vie, nourrie de ses lectures en tous genres, notamment la fantasy et l’histoire. Ses maîtres sont aussi bien Tolkien, Robin Hobb, Dan Simmons, Bernard Simmonay que Zola ou Maupassant. Amoureuse des langues, elle aime en inventer dans ses romans fantasy où son imagination ne connaît pas de limites. Ainsi a-t-elle écrit deux trilogies de ce genre, dont l’une est à paraître. Chaque nouveau roman est une aventure qu’elle partage avec ses héros, des héros très humains qui aiment les plaisirs de la vie, tout comme elle. Aussi ne vous étonnez pas pas de trouver quelques menus gastronomiques au fil des pages…

    Adolescence, Amour, Autobiographie, Émotion

    Les Rêveurs

    de Isabelle Carré
    Poche – 30 janvier 2019
    Éditeur : Le Livre de Poche

    « On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… »

    Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées du moment, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

    Une parfaite unité de ton, une grande justesse d’observation.
    La Croix.

    Une plume aussi délicate qu’experte,
    qui virevolte d’une scène à une autre, d’un sentiment à un autre.
    L’Express.

    L’auteure a su créer un objet passionnant, dont chaque détail sonne juste.
    Elle.

    Avec Les Rêveurs” son premier roman, Isabelle Carré nous ouvre les portes de son passé, un récit intime et sensible où réalité et fiction s’entrelacent avec une douceur mélancolique. À travers une écriture délicate et lumineuse, elle remonte le fil de son enfance marquée par la singularité et les silences, une famille éclatée, des parents en quête d’un bonheur insaisissable, et une petite fille qui observe, tente de comprendre, d’aimer malgré tout.

    Dans ce roman, l’auteure évoque les non-dits, ces blessures discrètes qui façonnent un être, mais aussi les échappées belles, les instants de grâce qui illuminent l’existence. Elle décrit un père rêveur, une mère éprise de liberté, un monde où l’enfance se construit entre l’émerveillement et l’incompréhension des adultes. Loin d’un simple récit autobiographique, Les Rêveurs est un roman d’apprentissage où chaque souvenir semble suspendu dans une bulle de douceur, parfois teintée de tristesse.

    Je me suis laissé porter en douceur par son écriture intime, poétique, tendre et mélancolique, où chaque mot semble pesé avec soin pour en révéler toute la justesse, où chacun pourra, je le pense, retrouver un fragment de sa propre histoire.

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    Extraits :

    « Elle n’a pas senti ma main lui échapper, elle n’était que de l’eau ou du vent dans la sienne. J’ai six ou sept ans, et ce rêve revient de plus en plus sou-vent. Je sais bien que ce n’est qu’un cauchemar, mais il semble contenir une vérité que je ne saurais ignorer : ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d’aucun danger, elle n’est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s’en va. »

    « Tu vas aller vivre là-bas, ton frère te donnera un peu d’argent, tu éviteras absolument de voir tes amis, et surtout tu n’iras pas dans Paris, à aucun moment, tu entends ! Il ne faut pas qu’on te voie… La clinique qu’on t’a trouvée pourra t’accueillir jusqu’au terme, tu n’auras qu’un papier à signer. Un papier, c’est tout. »

    « Mais l’enfant qui n’a pas possédé ce trésor ne le récupérera jamais. Il restera pour toujours démuni, lésé, comme tous ceux qui ont grandi sans tendresse, et se sont rassurés seuls dans leur chambre, les genoux repliés dans des bras gelés.
    Se raconter des histoires, se frotter la joue avec un mouchoir, chanter à voix basse…
    Aucun adulte ne la félicite jamais pour ces efforts, ils passent inaperçus. On prend vite l’habitude de ne compter que sur soi-même. »

    « Dès le lendemain de sa naissance, ils sont revenus.
    Son père et ses sœurs sont restés un long moment silencieux, son frère a tout de même fait l’effort de quelques paroles de circonstance. Puis ils sont repar-tis, la laissant seule avec son enfant.
    Elle comprend à leur façon de dire au revoir qu’ils ne reviendront plus.
    Tout ce qui vient d’eux lui est égal désormais. Et tout ce qui ne viendra jamais. »

    Isabelle Carré est une actrice et écrivaine française.

    Au théâtre comme au cinéma, elle est l’une des plus grandes comédiennes françaises.
    Elle a obtenu le César de la meilleure actrice en 2003 pour son rôle dans Se souvenir des belles choses ainsi que le Molière de la comédienne à deux reprises (en 1999 : Molière pour Mademoiselle Else et en 2004 pour L’Hiver sous la table).

    Elle se lance dans l’écriture en 2018 avec un premier roman très remarqué, Les rêveurs, qui remporte un extraordinaire succès et est couronné, entre autres, du Grand Prix RTL-Lire, du Prix des lecteurs L’Express-BFMTV et du Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, et Du côté des Indiens, en 2020.

    Amour, Émotion, Drame, Historique

    Le Tout-Paris et lui

    de Bénédicte Rousset
    Broché – 13 mars 2025
    Éditions : LA TRACE

    Trois Vies, un siècle : l’épopée d’un homme et deux femmes dans le tumulte de la grande histoire…

    1918 : Deux jeunes cousines, Pauline et Clémence, sont de retour de la Grande Guerre, meurtries après leurs engagements au plus près du front. Le pays est dévasté, les tensions sont encore vives, Pauline garde le secret sur les origines allemandes de son fils et entreprend d’aider son père à la cordonnerie. Et si le passé la rattrapait ?
    Clémence de son coté, reçoit un accueil glacial de ses proches, son frère resté prisonnier en Allemagne sans nouvelles, ses parents rudes et acariâtres ne la laisseront pas épouser Pierre, son compagnon rencontré au front.
    Mais elle est accompagnée d’Émile un jeune garçon déclaré « attardé » et banni par sa famille qui trouve refuge auprès de la jeune femme.
    Il s’épanouit, observe et dessine… À l’ère industrielle, son génie singulier ne pourrait il pas tout faire basculer ?

    Après l’émouvant Promets-moi, Émile, quel bonheur de retrouver Pauline et Clémence, ces deux cousines marquées par les blessures invisibles de la Première Guerre mondiale et le petit Émile, bien sûr, qui se révèle particulièrement talentueux… Revenues d’un enfer qu’elles n’avaient pas imaginé, elles tentent de reconstruire leur vie dans un monde qui peine à panser ses propres plaies. Cette suite prend une nouvelle envergure, portée par le regard singulier d’Émile, ce garçon à part dont le talent éclot comme une lueur dans l’obscurité. Avec Le Tout-Paris et lui, Bénédicte Rousset réussit un second tome magistral, entre ombre et lumière.

    Pauline et Clémence, deux cousines profondément marquées par la Première Guerre mondiale, tentent de se reconstruire dans un pays dévasté.

    Bénédicte Rousset dépeint avec sensibilité la résilience de ces deux femmes face aux épreuves de l’époque, de l’amour interdit, de l’acceptation de la différence, ainsi que l’évolution de personnages, profondément humains, qui évoluent dans un contexte historique richement dépeint. Elle signe une nouvelle fois, une fresque émouvante où les destins individuels se mêlent aux soubresauts de la grande Histoire. Un roman enrichissant pour tous ceux qui s’intéressent aux destins de femmes fortes dans cette période historique tumultueuse, dont les parcours résonneront, je pense, encore longtemps après avoir tourné la dernière page.

    “Variation picturale.
    Autoportrait en pire.
    Innombrables éléments, esprit envahi par saint Glinglin”…
    lecture sublimée !
    J’ai explosé de rire 😂 dans le train !
    Sacré Émile…

    Vivement le troisième tome !

    Un immense merci aux Éditions La Trace et à Bénédicte pour ce merveilleux moment de lecture.

    Date nationale de sortie : 13 mars 2025

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    Extraits :

    « Pierre, le tanneur.
    Dans le couloir de l’hôpital, Clémence ralentit et se mordit les lèvres jusqu’à la douleur.
    Pierre, le tanneur de boches.
    Comme il lui manquait ! Ses camarades l’appelaient comme ça parce qu’en roulant à tombeau ouvert pour ravitailler le front, il avait écrasé un homme et constaté en sautant du camion : “Tiens, une peau !” Il en avait ri avec les autres mais le soir, dans les bras de Clémence, sa voix avait vrillé. Le bruit… Le bruit sous les roues.
    S’il avait pu, il l’aurait évité. “Je n’arrive pas à détester cet ennemi qui patauge comme les nôtres dans la boue gluante des boyaux”. »

    « Dans une brusque secousse, le train s’arrêta. Un soldat, dans la vigueur de sa jeunesse, tout beau dans son uniforme, monta, envoyant un dernier baiser à sa femme et aux deux enfants qui cherchaient ses bras. Une lassitude l’envahit. Trois ans, qu’on envoyait les hommes à l’abattoir. La machine noire emporterait celui-là aussi. Les roues grincèrent. Un coup de sifflet couvrit à peine leurs cris. Papa! Mais le train fuyait, sans souci des petits êtres qui se tordaient et trépignaient ; sans souci pour la vie humaine. »

    « Mais alors… Pierre, Honoré… Clémence laissa les larmes couler. L’humanité retrouvait le contrôle de sa destinée! L’odeur de la poudre laissait place au parfum de la liberté. Un monde finissait, un autre naissait. La roue tournait, l’acte de leur vie au front était terminé. »

    Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. Professeur de Lettres Modernes, l’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

    https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

    « Ecrire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Il y a de moi dans chacun de mes personnages, même les plus noirs : ce sont peut-être eux qui me révèlent en miroir ! Ils sont un moyen d’évacuer les traumatismes vécus dans l’enfance. Deux éléments me semblent essentiels dans mes romans : la quête de l’identité, et celle de la vérité. La première nous concerne tous : qui sommes-nous ? Comment nous comportons-nous face à l’image que nous renvoyons ? Sommes-nous conformes à cette image ? La deuxième entre dans la structure du roman policier : pourquoi tuer ? Comment arrive-t-on à franchir le pas ? Je crois qu’il y a un assassin en chacun de nous, mais, la plupart du temps, il ne rencontre jamais sa victime (heureusement, non ?) »

    Celles qui se taisent
    https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/03/celles-qui-se-taisent/

    À toutes celles que tu es
    https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/24/a-toutes-celles-que-tu-es/

    Le portrait d’Humphrey Back
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/13/le-portrait-dhumphrey-back/

    Promets moi, Émile
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/05/23/promets-moi-emile/