Émotion, Roman

Les Fureurs invisibles du cœur

John Boyne
Poche – 2 janvier 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

Cyril n’est pas « un vrai Avery » et il ne le sera jamais – du moins, c’est ce que lui répètent ses parents, Maude et Charles. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ? Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif des Avery, un couple dublinois aisé et excentrique, Cyril se forge une identité au gré d’improbables rencontres et apprend à lutter contre les préjugés d’une société irlandaise où la différence et la liberté de choix sont loin d’être acquises.

Une grande fresque sur l’histoire sociale de l’Irlande transformée en épopée existentielle. Florence Bouchy, Le Monde des livres.

John Boyne partage avec le chef-d’œuvre de John Irving, Le Monde selon Garp, un même souffle épique. Delphine Peras, L’Express.

Une éducation sentimentale et politique portée par l’art d’un romancier qui sait sonder les reins et les cœurs. Christophe Ono-dit-Biot, Le Point.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Ce majestueux et superbe roman raconte l’histoire fascinante de la quête d’un homme pour découvrir qui est-il et connaître sa vraie personnalité…

Ces trois dernières années, j’ai lu beaucoup plus d’auteurs français que ne le l’avais jamais fait. Une envie sûrement…
Un besoin aussi, de savoir où se plaçait la littérature française par rapport aux autres. J’ai ainsi découvert quelques centaines d’auteurs qui n’ont absolument rien a envier à leurs collègues étrangers !
D’ailleurs ma PAL est constituée de plus de 90% d’auteurs français !

Il y a quelques semaines Isabelle (une cousine) est venu à la maison et m’a conseillé ce roman de John Boyne, “Les Fureurs invisibles du cœur”.

Dès que j’ai lu la 4e de couverture j’ai su que ce livre risquait de m’emporter, mais ce que je ne savais pas encore, c’est que cela irait beaucoup plus loin…

C’est l’histoire attachante et émouvante d’un garçon adopté et mal aimé. Devenu adulte il est jugé, insulté à cause de son orientation sexuelle dans une société où le joug de l’église catholique, est pleine de préjugés et de violence.
Je ne sais qu’admirer le plus. La construction du récit, avec tous ses fils conducteurs reliant les événements les uns aux autres, la caractérisation et l’originalité des personnages ; la magnifique sensibilité du récit tout entier ; le style clair et beau ; le panorama historique irlandais de l’après-guerre à aujourd’hui.
Du début à la fin du récit, c’est une lecture passionnante. Parfois choquante et tragique, parfois poignante et drôle. Le récit habilement équilibré de Boyne vous amènera des larmes aux yeux, puis éclater de rire avant que celles-ci ne sèchent sur vos joues. Il restera dans mon esprit longtemps après avoir tourné la dernière page.

Cyril Avery, enfant illégitime et gay est le héros du roman. Il raconte ses luttes intérieures et extérieures avec une fluidité qui ne fait qu’accroître, la colère et la honte qui définissent son existence. Cyril est un personnage qui sans effort, attire naturellement l’affection et l’empathie, d’abord en tant que garçon, adopté et sans amour, grandissant dans une grande maison bourgeoise où il ne trouvera jamais sa place, puis en tant qu’homme, tourmenté par sa sexualité et en proie aux pires tragédies même quand enfin il trouve le bonheur.

Le récit m’a plusieurs fois fait penser à Dickens, avec des personnages fabuleusement excentriques et une série de coïncidences étranges et d’occasions manquées qui, dans tout autre contexte, seraient jugées “Too much”. Ici, alors que Boyne travaille sa magie et nous entraîne dans son histoire, la crédibilité passe au second plan pour le plaisir de la narration.

864 pages que je n’ai pas vu passer.
Je n’ai jamais ressenti le moindre fléchissement dans mon intérêt tout au long de ma lecture et c’est avec beaucoup d’émotions et une certaine tristesse que j’ai tourné la dernière page.

Un magnifique tour de force, une superbe réussite !
Coup de cœur…

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Extrait :

« J’ai parfois l’impression que je suis pas faite du tout pour vivre au milieu des gens. Que je serais plus heureuse sur une petite île quelque part, seule avec mes livres et de quoi écrire. Je pourrais faire pousser ma nourriture et ne pas être obligée de parler à quiconque. »

…/…

« Il y avait beaucoup d’hommes ici, qui s’étaient lassés de leur femme et cherchaient des sensations différentes. Ma grand-mère a compris. Un après-midi, elle est rentrée et a surpris un homme qui me violentait. J’étais un gamin à l’époque, et quand elle a vu ce qui se passait, elle a refermé la porte, elle est retournée à la cuisine, et elle s’est mise à faire du raffut avec ses casseroles. Voilà l’étendue de sa colère. Voilà ce qu’elle a fait pour me sauver. Après, elle m’a fouetté et m’a répété que j’étais dégoûtant, vraiment une pourriture sans nom.
Mais elle a vu ce que je pouvais lui rapporter. J’étais plutôt mignon. Elle m’a dit que si je laissais des hommes me faire ça, elle se chargerait d’organiser les choses. Et l’argent serait pour elle. »

 

 

Né à Dublin en 1971, John Boyne étudie la littérature anglaise au Trinity College de Dublin et l’écriture créative à l’université d’East Anglia, située à Norwich, où il reçoit le prix Curtis-Brown.

Il amorce une carrière d’écrivain et publie neuf romans pour adultes et cinq pour adolescents, notamment en 2006, Le Garçon en pyjama rayé, roman qui devient no 1 du New York Times Bestseller List et se vend à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde, avant d’être adapté au cinéma, sous le titre Le Garçon au pyjama rayé en 2008 par le réalisateur Mark Herman pour le compte de la société de production Miramax.

Il est un critique littéraire régulier pour The Irish Times et a été un des juges pour les deux prix littéraires Hennessy et le Prix International IMPAC Dublin Literary, outre le fait d’avoir assumé la présidence du jury du Prix 2015 de la Banque Scotia Giller.

En 2012, il reçoit le Hennessy littéraire Hall of Fame Award pour son œuvre. Il remporte aussi 3 Book Awards irlandais du livre pour enfants de l’année, le Choix du livre populaire de l’année et Short Story of the Year. Il a gagné plusieurs prix, y compris des prix littéraires internationaux, le Prix Qué Leer de l’année en Espagne et le Prix Gustav-Heinemann Paix en Allemagne.

En 2015, il reçoit un doctorat honorifique en Lettres de l’université d’East Anglia.

Ses romans sont publiés dans 51 langues. il signe avec “Les Fureurs invisibles du cœur” son roman le plus personnel et le plus ambitieux.

Émotion, Histoire, Témoignage

L’Américaine

Catherine Bardon (Auteur)
Broché – 14 mars 2019
Éditeur : Les escales éditions

Alors que le pouls de New York bat au rythme des années 1960 et de la contre-culture, une jeune fille, Ruth, s’y installe pour y suivre ses études en rêvant de devenir journaliste. Elle y découvre l’amitié, le rock, l’amour… tout en se questionnant sur son identité. Pas évident d’avoir laissé derrière elle sa famille et sa terre natale, la République dominicaine…

Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l’université, un stage au Times. Une nouvelle vie… Elle n’en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l’était son père, Wilhelm.
Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l’amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l’assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre culture, l’opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam…
Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s’interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d’adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?
Entrelaçant petite et grande histoire, explorant la question de l’exil et de la quête des racines, Catherine Bardon nous livre une radiographie des États-Unis des années 1960, en poursuivant la formidable fresque romanesque inaugurée avec Les Déracinés.

“ Les Déracinés : la saga qui nous transporte. ” Olivia de Lamberterie – ELLE
“ Incontournable. Un grand roman, absolument extraordinaire ” Gérard Collard – Le magazine de la santé
“ Une fresque historique haletante ” – Lire
“ UN récit dense et captivant ” – Le Huffington Post

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Magnifique !

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en fermant, très ému, ce superbe roman…
Ruth, Almah, Arturo, Markus et tous les autres, décidément vont encore me manquer.

J’avais beaucoup aimé “Les Déracinés”, premier volet de cette belle saga.
Il a fallu que je me décide à ranger, à mettre un peu d’ordre dans ma PAL la semaine dernière pour retomber sur le second volet de Catherine Bardon “L’Américaine” que j’avais déjà cherché partout (presque !!!)

Quel immense plaisir de retrouver les personnages, décrit avec finesse, qui m’avaient embarqués avec eux sur l’ile de la République Dominicaine. Ce second volet est recentré sur Ruth, la fille de Wilhelm et Almah et son départ vers sa nouvelle vie.
Nous sommes en 1961, Ruth a vingt ans, elle décide de partir s’installer à New York, pour étudier le journalisme à l’université de Columbia. Pendant le trajet, elle fait la rencontre d’Arturo, un Dominicain de son âge, qui lui aussi se rend à New York pour ses études…
Mais seront-ils les bienvenus dans l’histoire américaine du début des années 60 ?

Très vite Ruth aura du mal à s’intégrer et à trouver sa place dans ce nouveau monde en pleine effervescence. Elle cherche son identité. D’origine juive et autrichienne, née en République Dominicaine, installée à New York, elle passe par le Mexique et ira même jusqu’à vivre dans un kibboutz en Israël, pour se trouver !

Catherine nous offre une synthèse très intéressante de la société américaine de cette époque. Les combats politiques qui émergent, Martin Luther King, Les Beatles, Les Kennedy,… Mais aussi et surtout la vie politique, très peu connue, en République Dominicaine, où s’enchainent chaos politiques et guerres civiles, et les américains qui ne veulent plus ce qui s’est déjà déroulé à Cuba !

Catherine est une vraie conteuse, j’ai retrouvé de nouveau tout son talent pour faire passer des émotions, faire vivre et aimer ses personnages. Le récit est fluide et agréable, les chapitres sont courts, rythmant un récit fort bien documenté, mais malgré l’aspect imposant du roman, j’aurai aimé qu’il y ai plus de pages encore pour ne pas, tous, les quitter aussi vite…

Lu d’une traite.

C’est un superbe portrait de nos héros, entrelacé entre la “petite” et la grande Histoire, que nous offre Catherine.
Un beau roman que je recommande à tous.
Mais, je vous conseille évidement de commencer par “Les déracinés”

Le troisième volet, “Et la vie reprit son cours”, est sorti le 16/04/2020 chez le même éditeur, Éditions les escales.

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Extrait :

« Les journées s’étiraient lentement dans un ennui confortable, les journées interminables de ciel et d’eau. Je n’avais rien à faire que méditer sur ma vie et mon avenir. Pour ne pas m’angoisser, je trouvais plus confortable de me replonger dans mon passé. Je passais des heures, alanguie dans une chaise longue, à regarder la mer en faisant défiler les séquences les plus réussies du film de mes jeunes années. C’était une manière de faire mes adieux à mon enfance à laquelle je tournais définitivement le dos. En fermant les yeux, je voyais une longue plage blonde où le bonheur n’en finissait pas de couler. Si j’avais peu de certitudes, une seule était totalement inébranlable : peu d’enfants avaient vécu une enfance aussi libre et heureuse que la nôtre, un long fleuve d’insouciance. Je gardais des années bénies de mon enfance le souvenir de la plus absolue félicité. Nous vivions hors du temps avec le sentiment que cela durerait toujours. »

 

 

Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine où elle a vécu de nombreuses années. Elle est l’auteure de guides de voyage et d’un livre de photographies sur ce pays. Son premier roman, Les Déracinés (Les Escales, 2018 ; Pocket, 2019), a rencontré un vif succès.