Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Fantastique, Philosophique, Poésie, Roman

FREESIA

Évolution
de Angeline Monceaux
Broché – 26 janvier 2018
Éditions : Auto-édition

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Le journal d’Aléna retrace son voyage, en compagnie des derniers rescapés terriens. Des surprises les attendent sur la route des étoiles. Découvrez leurs joies, leurs peines, leurs peurs, à la recherche d’un monde meilleur. Terre, 2067. La Terre autrefois si majestueuse est devenue une planète hostile. L’homme dans son évolution est devenu cupide, avide de pouvoir et de richesses. Il pollua les rivières, l’air, embrasa les forêts, pilla la terre. L’équilibre parfait, délicat, parfois cruel de la faune et de la flore fut brisé. Les épidémies, la famine, et les cataclysmes détruisirent tout sur leur passage. Existe-t-il dans l’univers, une planète épargnée d’une même beauté ? Ce roman est utopique, ce n’est pas un roman d’horreur, il est sentimental. Sans prétention, pour vous apporter un moment d’évasion.

 

• Couv_2024-011_Monceaux Angeline - Freesia

 

2067. La terre est en train de mourir à force de maltraitance.
Les humains n’ont plus le choix, leurs survit en dépend, ils doivent coloniser, très vite, de nouvelles planètes dans d’autres galaxies qui puissent les accueillir. Seront-ils capables de recommencer depuis le début sans retomber dans les travers qui les ont conduits à leur perte ?

Un roman très agréable et bien mené, bien trop court à mon goût. J’aurais aimé partager encore un peu la vie incroyable de ces rescapés sur cette nouvelle planète, avoir plus de détails sur le climat, sur d’autres animaux peuplant cette planète aux couleurs incroyables…

Au cours de ma lecture, je me suis évadé quelques heures dans un monde différent, agréable et très coloré, mais le récit contient aussi des passages difficiles et violents. Les chapitres courts s’enchaînent à toute vitesse. Nous sommes entre le roman fantastique et le conte parfois, j’ai trouvé. Avec quelques moments très forts et merveilleux, plein de poésie qui m’ont vraiment ému… Quand la maman Giphan retrouve Aléna, je n’ai pu retenir une larme.

Certains lecteurs penseront sûrement, “roman facile” voire “utopiste” !
J’y ai vu, moi, une belle histoire qui pourrait s’adresser à de jeunes adolescents aimant le fantastique. Le récit est pertinent, actuel et nous permet de nous poser pas mal de questions sur le devenir de l’humanité, sur l’entraide et le partage !

Merci Angeline, pour ce beau moment de lecture que je conseille vivement…

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Extraits :

« Terre, année 2067.
La soif de pouvoir et d’argent avait finalement détruit notre belle planète bleue. La combustion du charbon, du pétrole et du gaz, l’utilisation excessive de nos ressources naturelles, leur pillage ainsi que la déforestation avaient accéléré inexorablement le réchauffement climatique.
La fonte des glaciers entraînait l’élévation du niveau des océans. Nous vivions constamment dans la peur que les prochaines inondations ou tornades soient pour nous les dernières.
Depuis vingt ans, les pouvoirs en place avaient constitué un programme de survie afin de sauvegarder la race humaine, animale et certains végétaux. La France, la Suisse et l’Allemagne avaient combiné leurs ressources pour sauver notre civilisation d’une extinction inévitable. »

« Une écharpe en coton qui avait appartenu à mon frère et un médaillon en argent qui symbolisait l’arbre de Vie, issu d’une légende que ma grand-mère aimait à me raconter. Il était dit que très loin de la Terre, à des milliers d’années-lumière, naquit une planète. À son épicentre y poussait un arbre. Chaque nouvelle branche donnait vie à une plante, une fleur, un animal, une rivière, etc. Ses racines agençaient et façonnaient le sol en vallée, montagne, bord de mer et ainsi de suite. »

« Mes yeux s’égarèrent sur la beauté de cette nature. Je souhaitai, du fond du cœur, que si notre race survivait sur cette planète, qu’elle n’oubliât jamais comment la nôtre avait disparu et ne commettrait pas l’erreur de vouloir l’industrialiser. Nous nous devions de respecter notre nouvelle terre d’accueil. »

 

Angeline Monceaux est née dans les Hauts de France.
Après avoir vécu pendant plus de vingt ans au Danemark, elle est de retour dans son pays natal.
Elle décide de s’investir à temps complet dans l’écriture de ses romans.

De nombreux voyages en Europe et aux États-Unis l’inspirent et nourrissent son imagination.
Elle vous propose de vous évader avec de la romance contemporaine, romance de Science-Fiction, romance Fantasy et bien d’autres genres.

Suivez-la sur les réseaux sociaux et sur sa page Amazon pour connaître les sorties de ses nouvelles histoires.
https://www.amazon.fr/stores/Angeline-Monceaux/author/B071GRWRNJ?ref=ap_rdr&isDramIntegrated=true&shoppingPortalEnabled=true

Drame, Histoire, Roman, Suspense

Tuer est un art***

Une enquête d’Hippolyte Salvignac
de Philippe Grandcoing
Broché – 12 mars 2020
Éditions : de Borée

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Point de repos pour Hippolyte Salvignac, l’antiquaire rentré au service de la police de Clemenceau. Un mystérieux cadavre vient d’être découvert à Giverny, à deux pas de la maison du peintre Claude Monet. Flanqué de son inséparable complice, l’inspecteur Lerouet, le voilà plongé au cœur d’une intrigue où l’on ne compte plus les crimes extraordinaires : assassinat du peintre Steinheil, époux de l’ancienne maîtresse du président de la République, meurtre du beau-frère de Claude Monet dans son hôtel particulier…

Aidé par Maurice Leblanc, le créateur d’Arsène Lupin, Hippolyte tente de démêler l’écheveau de ces multiples intrigues.

Une enquête captivante et haletante, où une nouvelle fois s’entremêlent les monde de l’art, de la politique et du crime.

 

• Couv_2024-010_Grandcoing Philippe - Tuer est un art

 

Troisième volet des enquêtes d’Hippolyte Salvignac

Quel bonheur de retrouver l’élégance, le style, la richesse et l’authenticité de Philippe Grandcoing… Il me ramène dans le passé, me donne l’impression d’y être vraiment, mais pas seulement. Que ce soit dans les rues changeantes de Paris ou dans cette aventure dans la campagne normande, les mots de l’auteur expriment son amour et sa connaissance du patrimoine et de l’histoire. Et malgré un côté technique, très documenté, il y a quand même beaucoup de poésie.

Encore une fois, avec efficacité et d’une main de maître, cette nouvelle intrigue nous plonge dans l’atmosphère politique, sociale et culturelle de cette époque. De plus, les personnages récurant prennent de l’ampleur et on arriverait presque à croire qu’ils évoluent comme s’ils étaient à nos côtés. Quel plaisir de “revoir” et côtoyer des écrivains, des peintres et des hommes politiques du début du XXe siècle.

Une nouvelle enquête pour Hippolyte Salvignac qui nous entraîne dans une aventure où les morts se succèdent autour de Claude Monet !

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Extraits :

« Hippolyte Salvignac contemplait les berges ombragées du fleuve qui défilaient sous ses yeux. En amont de Gaillon, les flots de la Seine avaient formé de vastes îles sablonneuses ceinturées d’aulnes et de saules, envahies par de hautes herbes ondulant sous la brise. Les occupants des lieux, aigrettes, canards, poules d’eau, s’envolaient à leur approche. Il se prenait à imaginer qu’il était un explorateur descendant quelque rivière au cœur d’un continent sauvage et inconnu. De temps à autre, la cheminée en briques rouges d’une usine ou le panache gris d’une péniche à vapeur le ramenait à la réalité : il canotait au cœur de la France de 1908. Et nombreux étaient ceux qui, comme lui, profitaient des agréments de l’endroit. Pêcheurs confortablement installés sur la rive ou calés au fond de leur barque, promeneurs solitaires, bandes de jeunes gens en goguette, flâneurs du dimanche et familles parties pique-niquer au bord de l’eau. »

« – Ce cher monsieur Salvignac. Cela faisait un bail ! Presque un an, je crois. Comment vous portez-vous ?
– Fort bien, Monsieur le président du Conseil.
– Allez, allez. Pas de protocole entre nous. Laissez tomber les titres. Je vous rappelle que nous avons passé toute une soirée ensemble au bordel. Ça crée des liens.
Salvignac rougit à l’évocation de cette nuit où il avait tellement bu qu’il ne se souvenait de rien, ce qui lui avait valu de connaître quelques jours durant les geôles de la prison de la Santé et les dédales du palais de Justice.
– Oh ! A ce propos, poursuivit Clemenceau, je crois que je ne vous ai jamais vraiment remercié. »

« Le 17 juin, après dix jours passés à la campagne, Salvignac se résolut à rentrer à Paris. La veille au soir, Lerouet était revenu de la capitale, affichant un air soucieux et maussade. Durant tout le repas, il se mura dans le silence, ne répondant que par monosyllabes aux questions de Madeleine et d’Hippolyte. Enfin, au dessert, il laissa exploser sa colère. Il n’en pouvait plus de travailler avec des incapables ou des corrompus. Il vomissait la guerre entre services, les coups bas et les règlements de comptes politiques. Hippolyte tenta un commentaire. Mal lui en prit. L’inspecteur bondit de sa chaise tel un diable et monta s’enfermer dans sa chambre. »

 

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

– Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
– La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
– Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
– Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

– Le Tigre et les pilleurs de Dieu, éditions De Borée, 2018.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/07/le-tigre-et-les-pilleurs-de-dieu/

– Le Faubourg des diaboliques, éditions De Borée, 2019.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/23/le-faubourg-des-diaboliques/

– Tuer est un art, éditions De Borée, 2020.
– La Conspiration hongroise, éditions De Borée, 2021
– La Malédiction de Rocalbes, éditions De Borée, 2022
– Les Noyés du bord de Marne, éditions De Borée, 2023

Ouvrages collectifs

– 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
– Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
– L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
– Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
– Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
– Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
– Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
– Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
– Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
– Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
– Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
– Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
– Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
– Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
– Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
– Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
– Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
– Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
– La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
– Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
– L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

Publications diverses

– Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

Émotion, Drame, Fantastique, Psychologie, Suspense

La forêt

de Luca Tahtieazym
Broché – Grand livre, 5 juillet 2022
Éditions : Inceptio

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N’ENTREZ PAS DANS CETTE FORET,
VOUS POURRIEZ NE JAMAIS EN SORTIR…

1958.
Lors d’une sortie scolaire, sept adolescents s’égarent en forêt et se réfugient dans une cabane abandonnée, au centre d’une clairière.
Très vite, ils comprennent que toute tentative de fuite les ramène systématiquement à leur point de départ. Un constat s’impose : ils sont prisonniers.
Et de tous les dangers qui les guettent, le pire n’est peut-être pas cette Chose qui rôde la nuit…

 

• Couv_2024-009_Tahtieazym Luca - La Forêt

 

1958.
Une banale sortie scolaire en forêt avec le professeur de biologie, madame Lambert.
Durant cette sortie, sept enfants âgés de douze à treize ans, se font distancer par le reste du groupe.
Sept enfants, Élise, Claire, Simon, Romain, Achille, Naguib et Louis.
Toujours aucune nouvelle des autres… Par où sont-ils passés ? Impossible de les retrouver et la nuit qui ne va pas tarder. Se sont-ils perdus à ce point ?
Finalement, ils décident d’aller tout simplement au point de départ de leur sortie, là où ils sont arrivés. Ils avancent en file indienne. Soudain, un claquement retentit. Un coup de tonnerre qui les fait tous sursauter. Un éclair fulgurant s’écrase juste devant eux, à quelques mètres à peine.
L’inquiétude qui pesait sur leurs épaules se transforme en peur ! L’écho continue à vibrer dans l’air un long moment, ils repartent très vite, dès lors, c’est la peur qui les guide. Impossible de retrouver leur point de chute, mais heureusement au bout de plusieurs kilomètres, ils découvrent une vieille cabane abandonnée. Ils décident d’y entrer pour se protéger, mais surtout pour se reposer… Demain sera un autre jour. D’ailleurs, les secours sont sûrement déjà à leur recherche.

Je n’avais jamais lu de roman de Luca Tahtieazym. J’imagine très facilement le plaisir qu’il a dû ressentir en déposant “ses pions” au fur et à mesure de son écriture. Un roman de plus de quatre cents pages où je ne me suis pas ennuyé un instant, bien au contraire. La structure de l’écriture de Luca nous fait vivre cette aventure de l’intérieur en totale immersion avec ces sept enfants qui vont se retrouver livré à eux-mêmes avec les difficultés d’adaptation que l’on peut imaginer dans un milieu hostile, alors qu’ils n’ont rien pour subsister, ils vont devenir des chasseurs-cueilleurs.
Là où Luca est très fort, c’est qu’en partant d’un sujet tout simple, il arrive à construire un récit fascinant, entre voyage dans le temps, récit fantastique, voire même récit surréaliste !

Je me suis enfoncé dans cette forêt avec eux, recherchant désespérément une sortie et me posant de nombreuses questions. Mais pourquoi, au bout de plusieurs jours, n’arrivent-ils toujours pas à quitter cette forêt ? Que devront-ils faire pour survivre ?

Personnellement, j’ai été emporté par la magie du récit, par la belle plume de Luca, par des personnages intéressants qui ont TOUS un vrai plus à donner à l’histoire, par les rebondissements constants qui s’enchaînent jusqu’au point final.
Coup de cœur pour cette superbe “aventure” qui risque fort de heurter les plus cartésiens d’entre nous, mais pour tous les autres,… foncez vite vers une très belle découverte !

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Extraits :

« Je soupirai bruyamment. Devant moi, notre professeur de biologie, madame Lambert, se retourna. Ses yeux plissés trahissaient son exaspération. Ses gros sourcils broussailleux, arqués en forme d’hirondelle, se rejoignaient au-dessus de son nez, accentuant la moue outrée qu’elle affichait au moindre murmure de l’un de ses élèves.

« Un problème, Louis ?
– Non, Madame.
– Je préfère ça. »
Elle fixa son attention sur le sentier. »

« Soudain, alors que le chemin visible se rétrécissait dans les frondaisons étouffantes, le claquement retentissant du tonnerre frappa. Un choc tonitruant à réveiller les morts. Nous sursautâmes tous les sept à l’unisson. Un frisson me parcourir l’échine. Tous mes poils se dressèrent, et je retins ma respiration. Les nues allaient s’abattre sur nous. La boule au ventre, vous la connaissez ? Vous l’avez déjà eue ? Celle qui contracte vos intestins et les vrille dans tous les sens, qui vous oblige à fermer les yeux en serrant les dents. Les déflagrations résonnaient encore et semblaient s’étirer sans jamais s’éteindre totalement. L’écho était horrible et nous encerclait. Un éclair fulgurant zébra le ciel et s’écrasa juste devant nous, à quelques mètres à peine du groupe apeuré que nous formions, suivi d’autres traits phosphorescents qui nous cernèrent comme des hallebardes plantées dans le sol. »

« “Non… non… c’est pas possible !”
La panique. La vraie. La cauteleuse. L’insidieuse. Celle qui rampe, progresse, s’entortille autour des chevilles, grimpe, s’insinue dans les pores et explore et creuse, creuse, creuse. Celle qui prend par surprise et n’écoute pas. Indomptable. Impitoyable. Vicieuse. Chevilles, mollets, cuisses, le truc entre les hanches que je ne peux pas nommer, le bide, on y reste un peu, sur le bide, on tourne autour du nombril, puis on escalade les abdominaux et on se hisse et on se faufile sournoisement et on pétrifie le cœur.
“Du calme, Elise.
– Du calme ? Comment tu veux que je me calme, Nagib ?
T’es toujours comme ça, hein ? Toujours tranquille ? Tu perds jamais ton calme ?
– Ça ne sert à rien. On est tous sur les nerfs. Si on commence à paniquer, ça va prendre des proportions énormes.
– Et alors ? Peut-être que ça nous ferait du bien de hurler un bon coup. On a peut-être besoin de se déchaîner un peu…
– Y a déjà la Teigne pour ça.” »

 

Auteur au nom imprononçable, originaire du Sud de la France et vivant actuellement près de La Rochelle, Luca Tahtieazym est l’auteur de treize romans parus à ce jour. Jonglant avec les genres et les styles, inspiré par Steinbeck, Ellroy, Dard ou Stephen King, il apporte un soin particulier aux intrigues de ses livres, s’efforçant de proposer des histoires originales et des personnages tourmentés et attachants.
Tahtieazym a remporté le concours des plumes francophones 2017 (plume des lecteurs) avec son titre VERSUS, le grand prix du roman AEB 2022 pour LA MANTE NUE et le Prix du festival du livre de Niort en 2023 avec LA FORÊT.

Amour, Émotion, Poésie, Roman

MAX ET LE MONDE IMAGINAIRE

de Claudine Laurent Rousselle
Broché – 5 juin 2023
Éditions : Independently published

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Max à dix ans. Petit garçon timide, peureux qui manque de confiance, se renferme sur lui-même.
Ses parents ont épuisé toutes les solutions pour lui venir en aide : Sans résultat.
Une nuit, lors d’un rêve, il voit une grande porte entourée de nuages très blancs dans un ciel très bleu.
Il approche et n’ose l’ouvrir. Un petit oiseau se pose sur le sommet de la porte et l’encourage à entrer, il doit prendre sur lui. Il lui faut juste un peu de courage.
Max approche sa main de la poignée, mais il hésite.
Allez ouvre-là ! Lui dit l’oiseau.
Que va-t-il trouver derrière ?…

 

• Couv_2024-008_Laurent Rousselle Claudine - Max et le monde imaginaire

 

Claudine Laurent Rousselle, a le don de me toucher à chacun de ses contes, car il s’agit bien d’un conte, d’un joli conte.

Max est “bloqué” dans le quotidien de sa vie, timide, peureux, il se renferme…
La nuit, pendant son sommeil, il rêve et dans ses rêves le petit garçon vie des moments incroyables. Il parle aux animaux, aux loups, aux vautours, aux éléphants, même aux escargots. Cette nuit l’amène dans une forêt où un lapin blanc va lui confier une mission des plus importantes. Malgré sa peur, Max décide d’affronter tous les dangers…

Claudine, connaît toutes les astuces, pour captiver ses lecteurs, qu’ils soient des enfants, ou des adultes. Avec MAX ET LE MONDE IMAGINAIRE, elle laisse libre cours à sa poésie, et illumine ainsi la vie du pauvre Max, par le biais d’aventures extraordinaires.
J’aurais aimé que le livre soit plus épais, mais j’oublie très vite que le livre est adressé avant tout aux enfants et aux parents qui aiment leur raconter des histoires, et Claudine le sait très bien. Ne pas décrocher leurs attentions lorsqu’ils sont captivés !

Bravo Claudine, encore une fois tes visions, ta magie m’ont fait vivre un beau moment. Max était un enfant gentil. Grâce à toi, il devient une belle personne qui “résonnera” sûrement dans l’esprit de tous tes lecteurs…
Merci de nous faire rêver !

Un livre pour les mamans et les papas, les futures mamans et les futurs papas, mais surtout, un livre pour les enfants qui ont besoin de rêver…

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Extraits :


« Une nuit, lors d’un rêve, il voit une grande porte entourée de nuages très blancs dans un ciel très bleu.

Il approche et n’ose l’ouvrir. Que va-t-il trouver derrière ? »

« À l’orée d’un bois, elle se pose sur l’herbe et avance vers son petit. Le tourtereau ne bouge pas. Max a peur qu’il ne soit mort. Il le prend délicatement dans ses mains, il est tout chaud, il sent son cœur battre.
Il ramasse de la mousse, des feuilles afin de lui faire un nid de fortune. Il le dépose doucement puis part à la recherche d’un peu d’eau. »

« Max poursuit sa route jusqu’à l’éboulis.
Il avance avec précaution en tenant compte de l’avertissement de son ami le vautour.
Il inspecte le gros monticule. Il écoute, il ne perçoit aucun sifflement, mais il reste prudent.
Il prélève deux pierres les frotte l’une contre l’autre, mais pas d’étincelle. Il essaie avec deux autres sans résultat. Il poursuit les essais et commence à désespérer jusqu’au moment où : Victoire ! De belles étincelles lui réchauffent le cœur. »

« Blanc lapin qui passe par-là le voit dormir. Il s’approche.
– Max réveille-toi, il faut que tu te dépêches de trouver le nénuphar, c’est urgent, comme je te l’ai dit, le temps est compté !
Max se lève aussitôt et s’excuse pour s’être endormi, mais il en avait besoin.
Le lapin parti, Max reprend la route.
Il se demande pourquoi ce nénuphar est si important.
À quoi va-t-il servir ? »

 

Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman Un merveilleux cadeau en 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/12/un-merveilleux-cadeau/

Neige, la petite fille des montagnes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/07/neige-la-petite-fille-des-montagnes/

D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…

Amour, Émotion, Drame, Psychologie

Un seul être nous manque

de Corinne Falbet-Desmoulin
Broché – 15 septembre 2021
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Qu’est-il arrivé à Gaël, enlevé à l’âge de quatre ans en plein carnaval de Nice ? Six années plus tard, interpellée par les conditions d’un nouveau rapt, sa tante Anaïs commence une enquête personnelle. Elle sera vite rejointe par Côme, un ami cher, et plus tard par Pauline, la maman de Gaël. À travers un suspense omniprésent, leur enquête conduira les héros aux quatre coins du monde. Mais comment espèrent-ils réussir, là où les forces de police internationales ont échoué ? Jusqu’à quel point de non-retour l’énergie et la détermination d’Anaïs les mèneront-elles ?

 

• Couv_2024-007_Falbet-Desmoulin Corinne - Un seul être nous manque

 

Qu’il y a-t-il de pire pour un couple, que de perdre son enfant ?

Avec ce roman, Corinne Falbet-Desmoulin m’a entraîné dans un récit au suspense palpitant et plein de psychologie.
Cela fait six ans que Gaël a été enlevé, il était alors âgé de quatre ans. Malgré les diverses enquêtes réalisées, c’est toujours le point mort. Pauline, la maman de Gaël, est en dépression depuis la disparition de son enfant. Mais un jour, suite à un nouvel enlèvement, Anaïs, la tante du petit Gaël, décide de reprendre les recherches à son compte… De pays en pays, elle va ainsi suivre une piste complètement ignorée par la police…

J’ai beaucoup aimé la construction du roman à plusieurs voix en fonction des chapitres, toutes à la première personne, nous permettant de nous impliquer très vite dans le récit. Corinne prend aussi le temps de décrire les divers paysages et villes traversées, solidifiant ainsi les éléments autour du drame. Le choix de ne pas écrire un roman noir et dur, m’a paru très intéressant compte tenu du sujet. Il y a beaucoup d’énergie, d’enthousiasme, Anaïs est une battante, elle est prête à soulever des montagnes pour redonner le sourire à sa sœur, et cela fonctionne très bien !
Le tout doté d’une belle écriture, fluide et dynamique, ne délaissant à aucun moment suspense et rebondissements à travers une histoire qui va crescendo, avec une fin aussi inattendue que le reste du récit.

Encore une fois, avec Corinne, un très bon moment de lecture que je vous recommande !

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Extraits :

« Depuis presque six ans, la vie de Pauline est un cauchemar. Même si elle tente de faire bonne figure, je sais bien que les larmes s’invitent souvent sur ses joues creusées par un trop-plein de chagrin.
Pauline, c’est ma petite sœur. À nos âges, nos deux années d’écart n’ont plus vraiment d’importance, mais elle reste et restera toujours dans mon cœur ma petite sœur. Celle que pendant l’enfance, j’ai protégée de mon mieux, que je tenais par la main pour traverser la rue et dont je prenais la défense devant nos parents, ne supportant pas qu’elle se fasse gronder à tort. »

« Je m’affaire pour préparer le repas du soir, mais comme d’habitude, mon esprit s’évade au bout d’un instant. Que fait-IL ? A-t-IL faim ? Chaud, froid peut-être ? Chaque nuit, des cauchemars LE réveillent-ils en sursaut, comme moi ? Depuis que mon petit bonhomme a disparu, c’est la seule façon que j’ai trouvée de rester reliée à lui. Imaginer son quotidien. Me représenter Gaël loin de moi, mais sain et sauf.
Les années ont passé, interminables. Emplies d’effroi. De questions sans réponses. D’espérance folle. Et de lourdes désillusions, quand il s’avérait que certaines personnes pensant avoir croisé mon fils s’étaient trompées.
Je continue à penser à lui à tout moment de la journée. Au début, j’ai envisagé le pire. Des images atroces envahissaient mon cerveau. La terreur de mon enfant, brutalement séparé de sa famille. Le viol. La torture. L’assassinat. Car je sais pertinemment que même avec un garçonnet de cet âge, il y a des individus détraqués qui passent à l’acte. On le voit parfois dans d’épouvantables faits divers. »

« Je serre fort Pauline dans mes bras. Elle continue de pleurer. Les larmes roulent en grosses perles transparentes sur ses joues. Son menton. Son cou. Des gouttes salées qui n’en finissent pas de déborder de l’azur de ses yeux. Si lourdes. Déchirantes. »

 

Corinne Falbet-Desmoulin vit à Léognan, une ville au milieu des vignes près de Bordeaux. Le goût des mots l’accompagne depuis l’enfance. Ancienne institutrice, elle consacre désormais son temps libre à l’écriture.

Avec son premier roman À l’encre du cœur, elle a obtenu le Coup de cœur du Jury du Prix Femme Actuelle Développement Personnel 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/19/a-lencre-du-coeur/

Le deuxième Un seul être nous manque a été sélectionné pour le Prix du Suspense Psychologique 2022.

Tout au bout des silences est son troisième roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/24/tout-au-bout-des-silences/

Auparavant, ses nouvelles et ses poèmes ont remporté 12 Prix littéraires.

Oser l’espoir
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/30/oser-lespoir/

Après Haïkus d’été, Bulles de bien-être est son deuxième recueil de haïkus.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/01/02/bulles-de-bien-etre/

Si vous lui demandez ce que son aventure littéraire représente pour elle, elle vous répondra : QUE DU BONHEUR !

Anticipation, Émotion, Drame, Roman, Suspense

Les Liens artificiels

de Nathan Devers
Poche – Grand livre, 10 janvier 2024
Éditions : Le Livre de Poche

 

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Il fallait la raconter, cette spirale. La spirale de ceux qui tournent en rond entre le virtuel et la réalité. Qui perdent pied à mesure que s’estompe la frontière entre les écrans et les choses, les mirages et le réel, le monde et les réseaux. Le cercle vicieux d’une génération qui se connecte à tout, excepté à la vie. N.D. L’Antimonde est le premier métavers qui réplique la planète Terre à l’identique. Ce monde artificiel offre à chaque utilisateur la possibilité d’avoir en ligne, via son avatar, une vie plus riche et plus folle. Julien Liberat, professeur de piano frustré, s’est, depuis la crise sanitaire, laissé submerger par les écrans. L’Antimonde lui ouvre la voie d’un grand destin. Un roman vertigineux sur la frontière entre réel et virtuel, une plongée irrésistible dans le « charme du néant ». C’est à la fois une tragédie, une satire sociale, un drame digital et psychologique, qui dénonce un monde tout proche, une aberration surgie de la Silicon Valley pour nourrir des âmes vides avec des pixels…

Captivant, terrifiant et burlesque. Le Figaro magazine.

Le premier bon roman sur le métavers. L’Express.

Choix Goncourt de l’Orient 2022.

 

• Couv_2024-006_Devers Nathan - Les liens artificiels

 

Julien Libérat, a la trentaine. Il vit de petits boulots, celui de pianiste chichement rémunéré d’un petit bar et il est aussi professeur particulier de piano. Largué par sa petite amie, et faute de moyens suffisants, il quitte Paris et se retrouve seul dans un studio paumé à Rungis. Il tourne en rond… Le temps lui paraît long, bien trop long. Un jour, il tombe sur une publicité sur l’Antimonde, un monde parallèle, un métavers imaginé par Adrien Sterner, dans lequel Julien va s’engouffrer. Il se créé un avatar “Vangel”, qui va lui permettre de vivre des aventures extraordinaires dans ce nouvel univers. Il va gagner de l’argent, beaucoup d’argent, il va rencontrer et devenir un proche de “la réplique” de Serge Gainsbourg, et enfin devenir “quelqu’un” de reconnu !
Mais sa nouvelle vie est-elle aussi belle qu’il le pense ? Qu’en est-il de julien, qui reste lui enfermé entre ses quatre murs à Rungis ?

Nathan Devers, jeune auteur, se prête habilement à la création d’un nouveau monde. Un monde parfait puisqu’il est le reflet de la volonté des personnes qui y circulent. Quoi de plus beau, de plus magique ? Mais n’y a-t-il pas danger lorsque les gens se mettent à confondre monde réel et monde virtuel ?

Un roman qui m’a interpellé, que j’ai trouvé non seulement bien écrit, sans temps mort et réussi. Avec beaucoup d’imagination, d’humour aussi, l’auteur nous propose un récit qui débouche sur de nombreuses questions existentielles contemporaines et de plus en plus d’actualité, exposant plusieurs facettes des dangers des mondes numériques.
Immersif et agréable à lire, au fur et à mesure de ma lecture, j’ai senti comme un malaise grandissant. Finalement, ce roman n’est pas loin de la réalité de toutes ces personnes qui actuellement sont devant leur écran sur des jeux, en réseau, et ce pendant des heures et des heures…

Une bonne réflexion sur l’addiction et la déconnexion de notre réalité vers de “nouveaux univers”…

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Extraits :

« Je cherche une autre vie et des songes réels,
Un mirage charnel, un semblant authentique
Et des apparitions qui m’ouvriraient les yeux.
Je veux qu’un autre monde éclipse enfin le nôtre.
Amis ou ennemis sans jamais nous connaître,
Nous serons tous, là-bas, reliés autrement.

Il nous faut effacer la présence des choses,
Construire un univers plus léger que l’extase
Où nous naviguerons dans un réseau d’images.
Nous aurons sublimé les abîmes de l’homme,
Ces deux sombres fléaux : le silence et l’ennui,
Qui rythment nos espoirs, béances réciproques. »

« Le 7 novembre 2022, un nouveau compte fit son apparition sur Facebook, au nom de “Julien Libérat bis”. Comme on pouvait s’y attendre, cet événement suscita la plus parfaite indifférence. Mais Julien Libérat ne perdit pas de temps. En guise de première publication, il divulgua une capture d’écran : un carré noir où figurait un texte. Les phrases étaient sobres et les lettres violettes. Le lendemain, lisait-on, il se filmerait en direct pour effectuer un “geste symbolique”. »

« Il pleuvait donc, et la vie pleut, elle aussi. Elle a capitulé avant de commencer. Sa trajectoire est sourde, son mouvement ne lui appartient pas. Elle ne part de nulle part et finit exactement au point de son commencement, sauf qu’elle a, entre-temps, perdu toute sa hauteur. Entraînée par son propre poids, elle n’est rien d’autre qu’une vitesse têtue précipitée vers le rien. Le pire étant qu’elle ne peut pas décider du voyage qu’elle va parcourir : tout est écrit d’avance, il faut s’en remettre au vent, aux forces environnantes et aux puissances hostiles. La goutte tombe raide, sans dévier un seul instant de sa ligne, sans se permettre de danser, de s’enfuir, d’être libre. Elle diminue, elle descend, mais ne se déplace pas. Le temps passe et la défaite augmente. Alors le cap disparaît totalement, c’est la grande culbute. »

 

Nathan Devers est né en 1997. Normalien et agrégé de philosophie, il a publié l’essai Espace fumeur (Grasset, 2021) et deux romans : Ciel et terre (Flammarion, 2020), Prix du Cercle interallié du premier roman, et Les liens artificiels (Albin Michel, 2022) qui a connu un grand succès. Avec Penser contre soi-même, il signe son deuxième essai.
Proche de Bernard-Henri Lévy, il édite la revue La Règle du jeu.
Depuis 2021, il est intervient régulièrement sur la chaîne Cnews et, plus particulièrement, dans l’émission L’Heure des pros, animée par Pascal Praud.

Adolescence, Émotion, Roman

Les Toiles de la discorde

de Albert Ducloz
Broché – 4 janvier 2024
Éditions : Éditions de borée

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1954. Doué pour les arts graphiques, le jeune François Dufour s’inscrit à l’école des Arts du Puy-en-Velay et sympathise avec sa jeune voisine, Émeline Landry. Bientôt, celle-ci pose nue pour François. Furieux, les parents du jeune artiste détruisent le tableau. Les deux adolescents, après avoir fugué, trouvent refuge chez leur professeur de peinture, Sébastien Favre, et sa femme, la belle Clara. Alors encouragé par son professeur, François reprend la peinture de nus et se met rapidement en tête de peindre Clara. Sébastien, bien que très réticent, accepte. Un choix qu’il ne tardera pas à regretter…

 

• Couv_2024-005_Ducloz Albert - Les Toiles de la discorde

 

1954, François Dufour a une passion pour le dessin et en plus, il est doué. Tous les ans pour Noël, il se fait offrir des crayons de couleur, des carnets de croquis. Puis il découvre la peinture. Maintenant, il sait ce qu’il veut faire plus tard. Mais comment l’annoncer à sa famille. Finalement, grâce à son talent, il est encouragé par un professeur à rejoindre l’école des Art du Puy-en-Velay tous les jeudis en plus de ses cours hebdomadaires. Émeline Landry, une jeune voisine, aime aussi le dessin. François demande à son professeur M. Favre, s’il peut y avoir une possibilité qu’elle intègre le cours avec lui. Au contraire, lui répond-il, elle sera la première fille du groupe.

Ainsi commence ce récit que j’ai énormément apprécié. L’histoire m’a replongé dans mon enfance, où je passais des heures et des heures à dessiner, à colorier, jamais fatigué j’en voulais toujours plus, et plus un jour plus tard, à l’adolescence, j’ai intégré un établissement d’Art Graphique. Dessins, perspective, peintures, natures mortes et nus. Je me suis revu, dans le récit d’Albert Ducloz. J’étais tout jeune avec cette dualité, timidité et fonceur, car j’en voulais toujours plus. d’ailleurs, j’ai trouvé les premiers cours du récit très bien racontés. puis très vite, ce furent mes premiers cours de nus. La gène d’abord, de voir des femmes plus âgées que moi complètement dévêtues qui nous regardaient et nous mettaient à l’aise. La colère de mes parents, lorsqu’ils apprirent en quoi consistaient certains de nos cours. Moi, je ne voyais que des modèles, souvent des femmes, rarement des hommes. L’univers de la peinture ne m’est donc pas inconnu et c’est pour cela que je voulais lire ce roman fort bien écrit et très intéressant. La passion des jeunes artistes qui se mêle à une jalousie qui ne peut pas, ne pas exister. Ils sont jeunes, ils sont amoureux. Mais quand est-il lorsque François veut peindre une autre femme ? Comment réagira Émeline ? D’autant plus que cette femme n’est autre que la femme de M. Favre, leur professeur…

Une bien belle histoire qui m’a portée dans un monde agréable où je me suis attaché aux personnages, les descriptions aussi sont particulièrement réussies. Je ne connaissais pas Albert Ducloz, c’est une très belle découverte !

Un grand merci aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée…

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Extraits :

« Les derniers jours de juin 1954 se prélassent au village de Lavoûte-sur-Loire, au cœur de la Haute-Loire. Nous touchons aux vacances d’été. À cette époque, ce havre de paix où je suis né prend ses aises à la campagne. Mon père, lorsqu’il a planté les arbres du verger, s’y est pris de telle sorte que la famille puisse disposer de fruits toute l’année. Des claies menuisées de ses mains et installées à la cave permettent d’y conserver pommes et poires hors de l’humidité et d’attendre ainsi le prochain printemps pour le parfait mûrissement des premiers fruits rouges. »

« Au jour convenu, aussitôt à pied d’œuvre, nous posons nos vélos contre le premier tronc venu, pénétrons bravement en forêt sans craindre les fougères et choisissons nos places. J’observe les frondaisons aux orangés luisants du soleil d’après-midi et les ors des feuillages que les premières gelées n’ont pas encore fait tomber. Face à moi, légèrement en recul, je surprends deux hêtres dont les troncs se nouent a s’embrasser. Je n’ose encore imaginer qu’ils pourraient être Émeline et moi-même. De temps à autre, un coup de vent fait envoler les feuilles qui virevoltent comme des flocons jusqu’à se laisser aller à rejoindre celles qui avant elles ont épousé le sol. »

« Sur la route du retour, pédalant côte à côte, nous profitons d’un chemin qui s’égare de la route et l’empruntons pour le quitter vers un bosquet ; contre un bouleau, nous posons nos vélos et, longuement, longuement, nous nous embrassons.
C’est la première fois. Pas suffisamment longtemps, certes, les parents sont exigeants sur les horaires de retour, mais enfin, à partir de ce très long baiser, Émeline et moi ne sommes plus seulement amis.
Un baiser hebdomadaire, si long et passionné soit-il, ne nous suffit pas. Nous cherchons et nous trouvons. Nous allons prendre prétexte de peindre pour nous retrouver, mais où ? »

 

Albert Ducloz écrit pour son propre plaisir depuis l’enfance romans, poésies, contes et nouvelles. En 2002, après une carrière de directeur d’établissement de soins, il publie son premier roman, Citadelles d’orgueil. En 2015, il obtient le prix du Cercle littéraire Médicis pour son roman Les Trois Promesses et, la même année, le prix La Plume et la Lettre pour Le Chant d’Aurore. Avec Les Toile de la discorde, il signe son dix-septième roman aux éditions De Borée.

Drame, Folie, Suspense, Thriller ésotérique

Famille décomposée

de Christophe Royer
Broché – 18 janvier 2024
Éditeur : Taurnada

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À Lyon, au cimetière de Loyasse, un homme est retrouvé assassiné près de la tombe d’un célèbre guérisseur. Découvert par sa mère, tout porte à croire que ce meurtre n’est que le début d’une longue cabale déclenchée contre la famille Daventure. De par sa complexité, cette nouvelle affaire est un défi de taille pour le commandant Nathalie Lesage et son équipe. Dans les rues d’un Lyon aussi secret que mystérieux, où la petite histoire va croiser la grande, cette enquête va bouleverser la vie de notre héroïne… Un thriller percutant sur lequel plane l’ombre de Raspoutine, personnage historique qui continue à intriguer et stimuler l’imaginaire collectif…

 

• Couv_2024-004_Royer Christophe - Famille décomposée

 

Une nouvelle enquête pour Nathalie Lesage, commandant à la PJ de Lyon et quand elle est menée d’une main de maître par Christophe Royer, on se doute bien que tout ne va pas aller comme on s’y attendrait !

La famille Daventure, “bonne famille” pratiquante de Lyon, semble être la cible de personnes qui ont l’air de leur en vouloir tout particulièrement, au point d’en exécuter les membres un par un… Pourquoi ?
Tout commence par le fils, retrouvé atrocement mutilé près de la tombe d’un célèbre guérisseur. Quel peut bien être le rapport entre les Daventure et le fameux Raspoutine ?

Une bien étrange enquête au qui glisse vers le mystique où Nathalie va devoir redoubler de finesse afin de confondre, les, le, ou la coupable ?
Rien ne paraît être ce qu’il semble. Qui peut bien tirer les ficelles ?

Encore une fois, Christophe n’y va pas de main morte. Plus on avance dans son roman parfaitement documenté, plus il ouvre placards, tiroirs, carnets secrets et autres devinettes. Les chapitres courts donnent le rythme et cela fonctionne à merveille… Et ce côté “grande” Histoire, qui vient percuter le récit, est un plus sacrément agréable, et pour le récit et pour nous perdre une nouvelle fois !
Bravo Christophe…
Jamais déçu de ses enquêtes avec à chaque fois des styles différents.
Un thriller particulièrement percutant et passionnant que j’ai dévoré en une soirée, aucun temps mort et un très bon final.
Attention !!! Tant pis je spoile, on dirait bien que Nathalie à un amoureux !

Christophe Royer, fait pour moi partie des auteurs français qui ne font pas beaucoup de bruit et qui pourtant, mériteraient largement un gros coup de projecteur, afin qu’on les remarque…
“Famille décomposée”, la sortie du jour des Éditions Taurnada que je remercie énormément, restera un excellent moment de lecture !

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Extraits :

« À travers ses enquêtes, Nathalie avait acquis une certaine expertise dans les soirées exotiques, voire ésotériques. De toute évidence, elle en avait un nouvel exemple sous les yeux.
Les appareils photo arrosaient chaque centimètre carré de la pièce. Le son des déclencheurs s’attarda dans un coin, trop éloigné pour Nathalie.
“Qu’est-ce que vous avez trouvé ?” les héla-t-elle.
Un des hommes lui répondit sans retirer l’œil du viseur :
“Une concentration différente de sang, beaucoup plus dense que les éclaboussures que l’on trouve un peu partout. On a une grande trace homogène.
– C’est certainement l’endroit où notre homme a été tué.
– Peut-être…” »

« – Reste à découvrir si la victime était consentante ou pas ! précisa-t-elle.
– Tu plaisantes ?
– Non. Plus rien ne m’étonne.
– Pas d’accord. Si on met de côté les coups de fouet, son passage à tabac n’a rien d’une partie de plaisir. Il y a eu un acharnement indiscutable sur lui qui me donne une nouvelle idée. Imagine : la soirée se déroule tranquillement, une gentille bande de masos qui adore se réunir pour se flageller en psalmodiant ou je ne sais quoi. Et puis, d’un coup, le gars fait une connerie et ça dégénère, entraînant ce déferlement de violence.
– Possible. Donc ça exclurait la préméditation ?
– Oui. »

« – C’est à partir de ce moment que tu as atterri chez ta grand-mère ?
– Oui, pas le choix. Je comprends maintenant pourquoi mon père s’est vite barré de cette famille de tarés.
– À ce point ? demanda innocemment Nathalie pour la pousser à se confier.
– T’es flic ! Ne me dis pas que tu ne l’as pas encore remarqué ! Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. »

« – Benoît, le gentil toutou à sa maman qui dès qu’elle avait le dos tourné se transformait en obsédé sexuel.
C’est à cause de lui que j’ai installé la caméra. Putain de vicelard ! C’est dur ce que je vais dire, mais je ne vais pas le regretter.
– Je ne juge pas. C’est ton opinion… »

« – “Pouvez-vous nous expliquer ces marques dans votre cave ? Elles sont postérieures à l’effraction ?”
Robert y jeta un œil.
– “Oui, et alors ?”
– On reconnaît clairement des cercles, des croix et un pentagramme. Vous versez également dans le satanisme ?
– Pas du tout ! Vous savez qu’un même symbole peut prendre des dizaines de significations différentes.
Le meilleur exemple reste la croix gammée qui, avant d’être un signe nazi, est sacrée dans plusieurs religions comme l’hindouisme et le bouddhisme.
– Merci pour ce cours, mais revenons à votre cave, le recadra-t-elle. »

 

Christophe Royer est né en 1971 au Creusot, en Bourgogne. Après l’obtention de son doctorat en biologie animale, il change de cap pour préparer un master d’informatique, sa deuxième passion, à l’INSA de Lyon. Aujourd’hui, chef de projet, il vit à Saint-Vallier avec sa femme et leur fils.

Le Projet Sapience est né il y a 25 ans. Après une longue gestation, il prit la forme d’un dossier pour un jeu vidéo qui a été proposé à plusieurs éditeurs. Aucun n’a répondu, mais étrangement, deux années plus tard, un jeu reprenant les principes de base du dossier sortait. Par la suite, le scénario issu du jeu est resté dans un placard durant de longues années. En 2014, Christophe décide de reprendre l’idée originale et se lance dans l’écriture d’un roman d’anticipation, où l’aventure est omniprésente sur fond d’intrigues.

Dévoreur de livres depuis toujours, il a exploré les genres : thrillers, polars, SF, fantasy, terreur, histoire et ésotérisme.

Puis un jour il a eu envie de raconter ses propres histoires.

Après plusieurs essais, le virus de l’écriture prend possession de son organisme et depuis il se garde de trouver un vaccin.

Entre deux cours à l’école de cinéma et de télévision Eicar de Lyon, il embarque mes lecteurs dans des aventures rythmées et originales.

Son aventure littéraire a commencé avec un décollage pour la planète Sapience, deux romans d’anticipation sortis en auto-édition. Puis, retour sur terre avec l’écriture de thrillers où se mêlent mes thèmes préférés.

En 2016, sortie de la première partie L’arche qui va nous amener à quitter la Terre pour la mystérieuse planète Sapience. Un long voyage durant lequel un groupe hétéroclite de personnages devront s’unir pour faire face à une succession d’événements inquiétants.

En 2017, sortie de la suite et fin de cette aventure avec Hostile. Parvenus à la surface de Sapience, ils devront poursuivre leurs investigations tout en implantant au mieux la nouvelle colonie et en faisant connaissance avec les habitants. Riche programme…

En 2019, L’auteur change d’univers et revient sur Terre avec un thriller addictif et percutant qui se déroule entre Paris et la Bourgogne. Nous suivons les aventures d’une jeune capitaine travaillant à la Brigade de Répression du Proxénétisme. .

Mars 2021, Une arête dans la gorge plonge le lecteur dans un Lyon mystérieux où l’héroïne devra collaborer avec des francs-maçons lyonnais pour résoudre une série de meurtres.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/03/15/une-arete-dans-la-gorge/

Une enquête à tiroirs passionnante, extrêmement bien documentée !

Mars 2022, direction Annecy avec La quatrième feuille. Un thriller glaçant ou personnalité toxique et amitié riment avec descente aux enfers… Inspiré de faits réels.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/16/la-quatrieme-feuille/

Mars 2023, au cœur du pays cathare, Albi, une course poursuite terrifiante avec Néréides.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/16/nereides/

Janvier 2024, « Famille décomposée » nous replonge dans un Lyon surprenant sur fond de vengeance sur une grande famille Lyonnaise.

À suivre…

Émotion, Drame, Histoire vraie, Psychologie, Thriller ésotérique

Forget me not

de Éric D’Aura
Broché – 16 septembre 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Un polar machiavélique à l’humour décapant.

Un homme disparu pendant vingt ans, une succession de mystérieux meurtres rituels, un médecin légiste à la personnalité loufoque, narrateur sarcastique et principal suspect…
Manipulations, énigmes religieuses et faux semblants vont jalonner cette enquête trépidante aux rebondissements multiples, sur fond de Côte d’Azur. Des personnages déjantés, une capitaine aussi talentueuse qu’expéditive.

Vivez en immersion, heure par heure, une affaire inédite qui vous laissera à bout de souffle, au bord du précipice.
Inspiré de faits réels.

 

• Couv_2024-003_D'Aura Éric - Forget me not

 

Je termine mon roman, le ferme, le dépose sur mon bureau avec respect. La première question qui titille mon esprit est : “Qui est Éric D’Aura, d’où vient-il ?”

La règle du “premier roman” sera toujours pour moi, un mystère, une nouvelle vision, de la magie, une aventure qui requiert patience et rigueur, le prolongement de l’œil de l’auteur qui doit savoir aussi capter ma vue, mon odorat, mais le goût aussi, le toucher, et faire marcher mes sens et ceux de tous les lecteurs afin de les happer dans de nouvelles aventures…
Mais qui est Éric D’Aura ?

Lorsque j’ai pris ce livre, je l’ai feuilleté un moment et me suis dit “Oups ! Cinq cents pages écrites en petit, et des pages qui respirent peu, il va falloir s’accrocher !”
Encore une fois, je me suis fait avoir comme un débutant !
Car très vite, je baignais dans un monde qui me convenait et que j’aimais vraiment. De l’Histoire, de l’érudition, une enquête, non, des enquêtes gigognes pleines de suspenses, de la folie teintées d’étrangetés, de l’ésotérisme, des enquêtes qui se poursuivent sur plusieurs dizaines d’années, des messages secrets qui semblent traverser le temps, des jumeaux, des jumelles et au milieu de tout ça, Démétrius Collaki.

Démétrius Collaki. Quel personnage. Le personnage !
Dès le premier jour de son arrivée à l’IML de Nice, Démétrius Collaki, médecin légiste, a à peine le temps de faire connaissance avec ses collègues que sa première enquête démarre à toute vitesse et va le conduire là où il ne s’attendant pas du tout. Vers son passé.
Que se passe-t-il ? Un piège ? Chercherait-on à lui nuire ?

Des personnages forts bien choisis, très imagés que je me suis amusé à les imaginer… Et lui, petit et gros ? Elle plutôt fine, brune au carré, le grand rougeot qui veut toujours avoir raison… Bref, une sacrée équipe.
Au fur et à mesure de ma lecture, mais surtout des dialogues et une fois ma première surprise passée, après plusieurs éclats de rire, j’ai juste eu à me laisser emporter par des calembours qui n’ont cessé tout le long du récit et Démétrius Collaki/Éric D’Aura, n’a rien à envier aux grands, Raymond Devos, Pierre Desproges et et d’autre encore… Un coté un tant soit peu désuet, une vrai maîtrise du vocabulaire du rythme.
Un premier roman qui bouscule, qui percute qui explose !!!
Mais, où dons était caché Éric D’Aura durant toutes ces années ?

Un récit multipliant les faux-semblants, les mensonges et les manipulations. Qui va-vous perdre à de nombreuses reprises, jusqu’à la fin complètement inattendue, mais que c’est bon.
Quel style, quelle classe, ça fait un bien fou. De la vraie littérature “française”, de vrais exquis mots !
Éric D’Aura un auteur définitivement à poursuivre !

Merci à Angie Lollia des éditions Des livres et du Rêve, pour cette excellente surprise !

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Extraits :

« – Ah, d’accord. Tu plussoies, dis-tu ? Je ne connais pas ce terme, tu m’en vois confus.

– Oui, le verbe plussoyer. C’est un néologisme Internet.
– Aaaah, voilà pourquoi. Plussoyer ? Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
– Ben, c’est le fait de noter +1 sur Facebook, Tweeter, les réseaux sociaux quoi !
– Ah OK. Les latrines du web, quoi !
– Pourquoi les latrines du web ? rétorque Cassiopée un soupçon vexée.
– Eh bien c’est très simple. Coupez-moi si je me trompe, et je parle sous votre contrôle, c’est très en vogue de parler sous le contrôle d’autrui, mais évidemment c’est une formule purement rhétorique et stupide, il est bien question ici, de ces réseaux dits “sociaux”, sur lesquels des personnes bien intentionnées, occupent leur temps libre à vomir sur leurs prochains, et qui cachées derrière leur écran aux vertus désinhibantes, se sentent subitement affranchies et décomplexées, au point d’être dès lors victimes de diarrhées verbales acides, et souvent même en apparente contradiction avec leur propre personnalité, n’est-ce pas ? Ensuite, selon le principe rabelaisien, les suiveurs dénués de tout bon sens, cliquent à tout-va dans la foulée, Panurge oblige, et se jettent ainsi dans la fosse ; septique. En conclusion, on affirme évidemment que c’est viral. »

« – Non, je suis lucide. Je tiens plus à ma fille qu’à ma propre vie, mais elle ne serait pas heureuse avec moi, je ne suis jamais là, peu disponible, trop mobile. Son bien-être nécessite des repères et de la routine. L’amour impose parfois quelques sacrifices, aimer n’est pas posséder, mais désirer le bonheur de l’autre, même loin de soi. Ne croyez-vous pas ? »

« – Dites-moi, vous possédez des connaissances pour le moins surprenantes, même si on sait désormais que Démétrius peut se conjuguer au pluriel, selon vos propos.
– Vous avez retenu ma petite blague, ça ne m’étonne pas de vous. Je m’explique : dans les années trente en Allemagne, peu après la montée en puissance d’Hitler, il était devenu évident, et l’avenir le démontra, que les francs-maçons étaient en danger et le myosotis, petite fleur bleue ou mauve, selon la variété, a été utilisé comme signe distinctif entre les frères en lieu et place de l’équerre et du compas. Plus discret.
Cette fleur est devenue par la suite le symbole de toute la Maçonnerie durant ces années de ténèbres. Et quand après la guerre, les loges en Allemagne ont pu rouvrir, qu’elles ont pu rallumer la lumière après toutes ces années d’obscurantisme, elles ont gardé comme emblème officiel, la petite fleur, en forme de « Forget-Me-Not ». Voilà pour le petit aparté historique. Sans condescendance de ma part, ça va de soi.
– Je suis impressionnée. Encore un cadeau de la sectaire confrérie des “frères la gratouille”. »

« – Ceci répond en effet à la question de la conservation du corps et du sang. Je valide. Par conséquent, ça laisse supposer que c’est bien le meurtrier qui a enlevé Lucien, il y a vingt ans. Mais à quoi joue-t-il ?
– Mais mon cher, si je le savais, je l’aurais déjà appréhendé. Quant à savoir pourquoi mettre autant de temps entre l’enlèvement et le meurtre de Salomos, là, j’avoue, c’est le blanc.
– Oui, c’est juste ! Je pouffe.
Abigail m’observe avec de grands yeux dubitatifs :
– Hum ?
– C’est Juste Leblanc.
– Et alors ? s’exclame Abigail désabusée.
– Non, rien, ça me fait penser à un type que je dois inviter à un dîner. »

 

Eric D’Aura : Né en 1970 entre le décès de Jimi Hendrix et celui du général De Gaulle, docteur en pharmacie diplômé à la faculté de pharmacie de Marseille où j’ai rencontré ma future épouse, douce moitié vitale mais également professionnelle, donc marié, deux filles, installés sur la Côte d’Azur depuis 1996. Biberonné par les lectures de Marcel Pagnol et d’Agatha Christie, j’ai osé pour mon premier roman le mixe des deux auteurs saupoudré d’un zeste de Pierre Desproges et rehaussé d’une pincée de Raymond Devos. Résultat : humour et des cadences…

Noir, Polar, Psychologie, Suspense, Thriller

Je ne me souviens plus très bien…

de Yannick Provost
Broché – 8 septembre 2023
Éditions : Éditions Lajouanie

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Sur une aire de repos, un homme se réveille dans une Mercedes, criblée d’impacts de balles, sans le moindre souvenir… À la radio, on ne parle que d’un braquage récent particulièrement violent. L’amnésique est-il l’un des truands que la police recherche ou une victime collatérale ? Sa quête pour retrouver son identité va bousculer le quotidien d’un bourg de Normandie en pleine révolte sociale.

Un roman noir rural aussi dépaysant que surprenant, par l’auteur d’Il ne rentre pas ce soir… et de Tu joues, tu meurs ! La Normandie comme vous l’avez rarement lue !

 

• Couv_2024-002_Provost Yannick - Je ne me souviens plus très bien…

 

J’ai eu l’énorme plaisir de revoir Yannick Provost fin novembre à Polar’Osny !
Que le temps passe vite, cela faisait déjà près de cinq ans que nous ne nous étions pas croisés. J’étais par ailleurs passer à coté de ses deux premières parutions, mais cette fois-là pas question !

Très vite, son roman particulièrement noir et violent m’a embarqué dans la tête de celui qui ne sait plus qui il est. Notre héros est amnésique. Il cherche par tous les moyens de se retrouver. C’est une traque plus qu’une enquête qu’il décide de mener. Une traque où la peur n’est jamais loin, car à son réveil, il y avait du sang partout dans une Mercedes qu’il ne connaît pas, avec une arme de poing posé à ses côtés… Est-il un meurtrier, un criminel ? Dans le petit village où il se trouve en Normandie, dernièrement il y a eu un braquage terriblement sanglant.

Yannick a essayé de nous perdre avec des personnages particulièrement haut en couleur, de nombreux paysans, des agriculteurs, des vaches bien sûr, des tueurs polonais, là, c’est moins courant, mais tout s’imbrique particulièrement bien.
Il est fort ce Yannick !
C’est captivant et sans temps morts. Je serai incapable de vous dire combien il y a d’histoires dans son récit, une chose est sûre, vous n’êtes pas prêt de vous ennuyer.

Et pourquoi tous ces titres à chaque chapitre ?
Un mot. Un seul. Un verbe à l’infinitif, repris dès le début du chapitre dans la première phrase ! Un mot qui à chaque fois m’a pris la tête, me demandant le pourquoi, le lien ?

J’ai lu le roman entre lâcher-prise et tension extrême.

D’ailleurs, qui est cette jeune femme rousse qui va entrer dans la destinée de notre héros !

Un récit gigogne sous forme de tourne-pages, sans un instant de repos, adressé à tous ceux qui n’ont pas froid aux yeux et ont l’estomac accroché.
Je valide !!!

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Extraits :

« La jeune femme se composait d’un mètre soixante-six d’insouciance et de gaîté. Un fantasme celte perdu à la frontière de la forêt d’Écouves avec des yeux gourmands et verts, une tignasse rebelle de cheveux roux et une paire de seins ensorcelants. Derrière son comptoir, elle rêvait de flirts et d’évasions parisiennes, en carbonisant le moindre mâle gravitant aux alentours. »

« – Arrête ! Pardon. Je suis désolé. Ne fais pas ça.
– Arrêter ? Non, mais tu rigoles. Tu as arrêté toi quand tu m’as pénétrée ? Je t’ai supplié. J’ai hurlé.
Après, tu as filé comme le porc que tu es. Tu t’es barré faire le beau.
– Faire le beau ? Qu’est-ce que tu crois ? Je suis soldat. Mon métier, c’est la guerre. Et en ce moment, c’est loin, à l’Est.
– Et pas une seconde, le petit soldat que tu es, n’a pensé à revenir élever sa gamine ? »

« – Tu étais fier quand j’avais ton ventre contre moi. Regarde-toi, tu n’es plus rien. Rien qu’un amas de viande. Et cette viande ne mérite aucune pitié.
Prise de frénésie, elle ne s’aperçut de rien quand l’homme cessa de l’insulter. La folie avait gagné Sybille. Elle ne voyait plus le géniteur de sa fille, mais un boucher à punir. Chaque coup la libérerait d’un poids. À chaque impact, la lourde pince labourait ce corps qui l’avait souillé. Elle s’attaqua au visage de son violeur qui ne ressemblait plus à rien. »

« Bordel ! C’est quoi mon nom ? Comment je m’appelle ? beugla-t-il.
Un vertige absolu. Il frappa son front contre le volant avec pour résultat un nouveau signal à l’orchestre qui recommença à jouer. Une sérénade pour trolls frappant l’enclume qui lui servait de cerveau. Putain de mal de crâne. Soudain, il gravit un échelon sur l’échelle de l’effroi : Mais qu’est-ce que je fous là ?
Il n’avait plus aucun souvenir. Ni nom, ni adresse, ni proche. Il était dans une voiture sur un parking enneigé. D’ailleurs était-ce la sienne ? Il examina la boîte à gant. Rien. Aucun papier, ni dans l’habitacle ni sur lui. Rien que les clés sur le contact et un bonnet. Il l’enfila. Au moins, l’air gelé ne lui lécherait plus le crâne. Il fixa le rétroviseur. Ce visage était le sien. Ses doigts parcouraient ses pommettes, l’arête de son nez, sa mâchoire. Le contact physique. L’index et le pouce. Palpable. Il ne rêvait pas. T’es qui mec ? Putain, je suis qui ? Sa barbe devait avoir deux jours. Sa tempe portait un hématome. OK ! Au moins je sais d’où vient mon mal de crâne.
Il mit le contact. Le moteur démarra. »

 

Né pour voir Niel Armstrong poser le pied sur la lune et écouter Abbey Road, amateur de romans noirs et de musique et de whiskys, Yannick Provost aime partager ses penchants à travers ses écrits. Voyageur passionné, il oscille entre la région parisienne et la Sarthe. À ce jour, Yannick Provost est l’auteur de 3 romans parus aux éditions Lajouanie :
Tu joues tu meurs ! (2021),
Il ne rentre pas ce soir… (2022) et
Je ne me souviens plus très bien… (2023).

Yannick Provost est d’une génération pré-chatGPT, pour qui le papier est essentiel. Il a plongé dans la littérature noire pour y trouver des sources de réflexions mais aussi de plaisir. « Le roman noir, qu’il se fasse polar illustrant les revers et les maux de notre société, ou qu’il se fasse thriller filtrant la vision de notre présent, voire de notre futur, recueille nos travers et nos craintes en filigrane. »