La fortune
de Michael McDowell
Poche – 3 juin 2022
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

Tel un organisme vivant, le clan Caskey se développe et se transforme. Certains font face à la mort, d’autres accueillent la vie. Entre rapprochements inattendus, haines sourdes et séparations inévitables, les relations évoluent. Miriam, désormais à la tête de la scierie et noyau dur de la famille, ne cesse de faire croître la richesse. Suite à une découverte surprenante et miraculeuse – sauf pour une personne –, c’est bientôt la ville entière qui va prospérer. Mais cette soudaine fortune suffira-t-elle, alors que la nature commence à réclamer son dû ?

Un tome 5 très intéressant, car il aborde un autre aspect de la famille Caskey, qui était déjà sous-jacent dès le premier tome, l’argent.
Grâce à la scierie et aussi à leurs forêts, les Caskey étaient une famille riche. Le pétrole, fera-t-il d’eux des millionnaires ?
Pas facile de parler de cette superbe saga sans trop en dévoiler !
La ville de Perdido et la famille Caskey sont définitivement indissociables, et l’ascension de cette famille avec cette ville sont intimement liés. Le fleuve nous emporte dans ses eaux tumultueuses et nous dévoile de nouveaux éléments, toujours plus en profondeur. D’autres membres de la famille, des naissances, les Caskey continuent leurs investissements et achètent toutes les terres aux alentours, et même au-delà sur les “conseils” d’Elinor. Sait-elle des choses que tous les autres ignorent ?
Elle règne désormais sur son clan comme une juste Impératrice…
Le fantastique aussi revient avec éclat ! Mais qui est donc Nerita ? Pourquoi doit-elle se cacher ?
J’adore vraiment cette série, cet univers, cette écriture. J’aime aussi ces portraits de femmes, toutes si différentes, toutes si déterminées… Le meilleur tome jusqu’à présent !
J’ai hâte d’enchaîner avec le 6e et dernier volet, attendant la fin avec impatience, et aussi avec un peu de tristesse.
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Extraits :
« Se renfonçant contre le dossier de son siège, Frances réfléchit à la question avant de répondre avec précaution :
Je me sens différente. Je comprends des choses que je n’avais jamais comprises. Je vois des choses que je n’avais jamais vues. J’entends des choses que je n’avais encore jamais entendues. Chaque chêne d’eau a bien un nom, et à présent, je les connais. Quand je suis assise ici et que je sens souffler la brise, je sais où elle a voyagé. Je serais incapable de l’exprimer, mais je le sais. Je sens que mon corps a changé, et je crois que c’est autre chose que simplement la grossesse. On dit qu’en attendant un enfant, toutes les femmes subissent des changements dans leur corps, mais là, c’est différent. C’est la façon dont je bouge, dont je ressens les choses quand je les prends entre mes mains. Je ne sais pas quoi exactement… Maman, est-ce que je suis réellement en train de changer ? »
« Après la naissance de leur fille, Billy nota un changement radical chez son épouse. En une seule nuit – quelques heures durant lesquelles il avait été chassé de la maison -, elle paraissait soudainement avoir mûri et hérité de l’autorité et de l’autonomie des femmes Caskey. Elle n’était ni agressive ni exigeante ; ce n’était pas du tout sa nature. Mais elle savait désormais ce qu’elle voulait et n’hésitait plus à le dire. Alors qu’elle avait auparavant accepté toute opinion ou volonté qui ne fût pas la sienne, voilà qu’elle considérait ses désirs comme équivalents à ceux de n’importe qui. Elle n’était plus aussi dépendante qu’auparavant. »
« Soudain, quelque chose frôla sa main palmée et se mit à lui mordiller un doigt, avant de remonter le long de son bras jusqu’à sa poitrine.
“Nerita !”, cria Frances en plongeant la tête sous l’eau.
Un instant, ses yeux humains restèrent inchangés, et ce fut à travers les eaux rougeâtres de la Perdido qu’elle aperçut les contours flous de Nerita – comme elle avait grandi ! Même dans son cœur de mère, quelque chose dans l’aspect de son enfant la rebuta.
Et puis ses yeux subirent à leur tour la transformation, et elle vit Nerita avec clarté. Sa forme ne la rebutait plus. La petite se jeta au cou de sa mère et glissa affectueusement sa tête dans la bouche de Frances. »
« Mère et fille restèrent silencieuses un instant.
“Il y a autre chose qui te tracasse, non ?”
Frances hocha la tête.
“Qu’est-ce qu’il y a ?
– Je ne suis pas sûre de vouloir te raconter.
– Mais tu vas le faire dans tous les cas, n’est-ce pas ? Autrement, tu ne serais pas montée ici avec moi. Si tu n’avais pas eu l’intention de tout me dire, tu ne m’aurais rien dit du – Nerita n’a pas mangé le fils Gully en entier.
– Comment ça ?
– Elle… elle m’a gardé une part.” »
Au-delà des manipulations et des coups de théâtre, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série populaire de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.












































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