de Christine Adamo Broché – 5 mars 2026 Éditeur : TAURNADA
Moi, c’est Tom. J’ai 7 ans, un cerveau trop fort, une maman trop horrible, un papa et un chien trop gentils que je veux rejoindre dans les Ardennes. Mais entre un double pas sympa dans ma tête et des gens qui sont morts partout sans prévenir, c’est pas gagné.
Une histoire drôle, noire et bizarre, comme la vie. Mais en pire.
Tom a sept ans. Tom est un enfant surdoué. Et très vite, je comprends qu’il n’est pas tout à fait seul dans sa tête.
Dès les premières pages de “Je suis un monstre”, un mot s’impose à moi. Troublant. Puis viennent terrifiant, fascinant, déroutant… et même amusant. Une avalanche de mots en “ant”, comme un clin d’œil involontaire à cette lecture et à son style totalement… captivant.
Tom pense vite. Trop vite. Ses idées s’entrechoquent, ses raisonnements fusent, ses émotions débordent. Et dans ce tourbillon mental, il y a “l’autre”. Le deuxième Tom. Celui qui murmure, qui pousse, qui dérange, prend de plus en plus de place. Celui qui n’est pas gentil du tout… Alors Tom lutte. Il tente de reprendre le contrôle, d’étouffer cette présence qui prend de plus en plus de place.
Je me suis laissé happer par cette voix d’enfant à la fois drôle, lucide et terriblement inquiétante. Car sous ses remarques naïves se cache une noirceur déconcertante. Tom observe le monde avec une logique implacable, presque clinique. Et moi, lecteur, je me suis retrouvé enfermé dans sa tête, prisonnier de ses pensées, balloté entre sourire et malaise.
Le récit est sombre, cynique, parfois cruel. Il bouscule les repères. Où est l’innocence ? Où commence le mal ? Et pourtant… j’ai ri. Oui, ri. Parce que Christine Adamo manie l’humour avec une audace folle, glissant de la légèreté là où je ne l’attendais pas.
Rarement un style m’aura autant marqué. Du premier mot jusqu’au point final, l’auteure assume une écriture singulière, presque dérangeante. Un style qui aurait pu me fatiguer… mais qui m’a au contraire ébloui. Elle ne transige pas. Elle va au bout de son parti pris, et c’est précisément ce qui rend le roman si puissant.
Je suis un monstre est un texte qui interroge profondément les notions de bien et de mal. Il dérange, il amuse, il inquiète. Et contre toute attente, je me suis attaché à ce petit monstre en culotte courte. Et si finalement Tom était tout seul dans sa tête ?
Un roman audacieux, brillant, impossible à lâcher.
Un immense merci à Joël et aux éditions Taurnada pour ce nouveau service de presse qui, une fois encore, frappe très fort.
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Extraits :
« Moi, c’est Tom. Et ça veut dire que Tom, c’est mon prénom. Et « c’est le plus important », que dit papa, surtout maintenant que maman a été divorcée, et qu’en plus de plus habiter avec lui, elle veut plus qu’on porte son nom, ni moi, ni elle. Donc, il faut que je trouve une solution pour aller le retrouver, et c’est pour ça que j’écris, vu que les virgules et les points, ça oblige mes idées à se mettre dans le bon ordre. »
« Maman dit : « Ça ne sert à rien ! Tu deviendras un bavard inutile comme ton père ! » N’empêche que moi, papa, je le trouve méga-plus marrant qu’elle. Rien qu’à la regarder, maman, je m’ennuie. Elle est grande et maigre comme une jambe de girafe, ses cheveux sont noirs, courts et raides comme le poil d’un ours. La différence, c’est que sa figure est beaucoup moins gentille que celle d’une girafe ou d’un ours. Une girafe, ça fait pouet quand c’est une Sophie en jouet, un ours, ça console quand c’est un Paddington en peluche. Dans ma chambre à moi, il y a pas de peluches ni de jouets, vu que « on ne sait jamais, tu pourrais faire une allergie ». En plus que maman a aussi une petite bouche méga aplatie avec plein de poils dessus. »
« Je me souviens qu’au début, quand je voyais maman gonfler du ventre, j’avais peur qu’elle éclate et en mette partout. En plus, comme elle était déjà super-maigre, ça faisait comme une grosse cloque sur le doigt quand on se brûle avec la poêle-à-pommes-de-terre-rôties. Le père-de-maman était méga-furieux. « Marie-Céline ! Tu es folle ! Comment vas-tu faire pour t’occuper de moi si tu as un autre enfant ? Je vais devoir prendre une infirmière à domicile et ça va me coûter une fortune ! De nos jours, les locataires sont de tels feignants que j’ai dû faire des travaux dans les appartements et je n’ai plus un sou devant moi ! Tu ne veux pas que je te déshérite, n’est-ce pas ? »
« Le décorticage d’idées, c’est peut-être ce qui a fait qu’après l’enterrement du père-de-maman, j’ai fait un cauchemar. Sauf que, ce cauchemar, il en était pas vraiment un. J’explique. Un cauchemar, c’est juste un rêve qui fait peur. Ça se passe dans la tête pendant qu’on dort. Et ça donne l’impression du pour-de-vrai, même si ça peut pas l’être (à cause que, dedans, il y a quelque chose de bizarre, genre, un renard avec une brosse à dents). Le souci, c’est quand le cauchemar sort de la tête et vient dans la vraie vie. Comme ce soir-là, après l’enterrement. »
Écrivain française, Christine Adamo est issue du monde de la recherche comme l’est aussi Fred Vargas.
Enseignant-chercheur spécialisée dans l’information scientifique, sa passion pour la recherche environnementale et sa rencontre avec le cœlacanthe, l’ont amenées à participer à l’élaboration d’un parc naturel aux Comores pour la sauvegarde de ce fameux « chaînon manquant ».
Ses diverses activités professionnelles lui ont permis de voyager de par le monde, pour enseigner, participer à des conférences ou des colloques et écrire des articles scientifiques, pour finalement se mettre au roman.
de Laure Bonnet Alain Decker Emmanuel Giampino Stéphanie Jore Rose Mallai Sylvie Marchal Sèverine Mazières Marco Pianelli Patrice Quélard Marc Schaub Boris Sciutto Christophe Tabard Sébastien Theveny Sébastien Vidal
Broché – 2 février 2026 Éditeur : auto édition
Quatorze auteurs se sont joints à l’aventure. Un projet collectif porté par le plaisir d’écrire, le goût des récits qui savent vous tenir en haleine pour un recueil qui ressemble exactement à ce qu’on aime : du noir, du suspense, de la passion… et surtout l’envie de partager. Alors installe toi bien. Tourne la page. On t’attend de l’autre côté car les histoires sont plus belles quand on les partage.
STOP !!! Posez ce café. Lâchez ce téléphone. Éteignez la télé. J’ai quelque chose de grave à vous dire.
Mais qu’est-ce que c’est que ce recueil de nouvelles ?! Et ils sont QUATORZE à s’être ligués pour écrire ça ?! Mais c’est quoi ce délire ???
Franchement, je ne comprends pas qu’on n’en parle pas davantage. Courtes peines, c’est un concentré de pépites. Des nouvelles qui claquent, qui giflent, qui chatouillent… parfois tout en même temps.
Écrire une nouvelle, c’est capturer un instant avant qu’il ne file en douce. C’est tendre un fil invisible entre le souffle et la chute. Aïe. C’est dire énormément avec presque rien… enfin si, quand même quelques mots, mais bien aiguisés, oui mais pas trop, sinon, ce n’est plus une nouvelle !
Et là, ils sont quatorze à jouer du scalpel.
J’en ai reconnus certains… les filous ! Les tordus magnifiques, les malins qui se glissent dans leurs propres textes pour égratigner les copains. Oui, je vous ai vus. Quel plaisir de lecture… C’est drôle, très drôle parfois même, mais pas tout le temps, c’est vrai. Il y a aussi la peur, le stress, de la noirceur, des envies de meurtre… pas moi hein ! Eux ! Enfin… leurs personnages. Je crois. Les auteurs, vous croyez ?
Résultat, ils m’ont retourné le cerveau. À tel point que j’ai loupé ma station de train. Demi-tour obligatoire. Et devinez quoi ? J’avais déjà fini le livre. Panique totale. Mais qu’est-ce que je vais faire ? Relire une seule nouvelle ? Impossible. Les treize autres vont me tomber dessus. Et vu tout ce qui se passe dans leurs têtes, je préfère éviter ! Surtout qu’elles sont toutes très bonnes. Mais si je les relis toutes, c’est le risque de louper une nouvelle fois ma station !!! Dilemme existentiel.
Mais qu’est-ce que j’ai ri ! Pas tout le temps, c’est vrai…
Quatorze voix. Quatorze univers. Quatorze ombres plus ou moins bienveillantes — plutôt moins que plus, d’ailleurs. Je ne sais pas ce que Géraldine leur a promis pour qu’ils excellent à ce point, mais si ce collectif ne remet pas ça l’an prochain… je rends mon badge de lecteur enthousiaste.
Euh, j’en étais où ? Alors, euh, j’ai ri… euh j’ai été emporté, euh… Ah oui !!!
STOP !!! Arrêtez immédiatement ce que vous êtes en train de faire et courez commander Courtes peines chez votre libraire préféré, ou le plus rapide, ce sera plus sûr.
Pas parce que je vous l’ordonne. Mais parce qu’ils le méritent. Vraiment.
Chapeau bas aux quatorze auteurs, que je ne nommerai plus, ça suffit maintenant !!! Mais bon, ils ont frappé très fort.
Mais qu’est-ce que j’ai ri…
Bon. D’accord. J’arrête. 😄
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Extraits :
LAURE BONNET « — C’est vrai. Laissez-moi m’expliquer et je m’en vais. Je n’ai pas beaucoup de temps devant moi, de toute façon. Jeff soupire profondément. Il est contrarié de cette intrusion qui va lui faire perdre du temps sur son travail, et le temps, c’est de l’argent. Mais la détermination dans l’œil de la jeune fille en rouge lui laisse deviner qu’elle n’abandonnera pas son idée folle. Autant régler cette histoire maintenant plutôt que de la retrouver tous quatre matins sur son seuil. Alors, il lâche la porte et la laisse entrer. »
ALAIN DECKER « Le but de cette inspection sur le terrain? Relever la localisation de l’espèce, mesurer son niveau de radiation et effectuer des prélèvements sanguins. Le résultat de ces analyses avait été édifiant : les chercheurs américains avaient identifié des régions spécifiques du génome du loup, capables de résister à un risque accru de cancer, en dépit de la forte dose de radiation subie (six fois supérieure au seuil normalement toléré). Autrement dit, une nouvelle race de loups mutants était apparue : plus forte, plus puissante, plus résiliente. »
EMMANUEL GIAMPINO « 9h00 ! Top départ! Merci la S.N.C.F. ! Enfin un train à l’heure. Du moins au départ. Altitude, 12 mètres… Hydrométrie? O… Température extérieure, 31 °C… “Mais ça ne va pas durer !” »
STÉPHANIE JORE « Elle. Elle grelotte. Le quai quasi désert revêt des allures inquiétantes dans la pénombre. Le jour se fait encore désirer et le vent résonne en lugubres sifflements à ses oreilles. Elle ne peut pas s’empêcher de se sentir vulnérable, en cet instant, et elle déteste ça. Elle consulte la grande horloge qui semble la narguer. 6 h 48. »
ROSE MALLAI « — Hello tu te souviens de moi ? Chloé relit pour la troisième fois le message. Évidemment qu’elle se souvient. Elle clique sur le profil et survole le compte Instagram associé. Peu de vidéos, quelques clichés et parmi eux, une photo de classe avec la mention: école Anne Franck-CE1- 2019 L’adolescente esquisse un sourire. Elle a la même, punaisée sur le mur de sa chambre. Elle observe attentivement la photo de profil pour essayer de reconnaître les traits de Charles, son ancien voisin, son ami, son amoureux. Son premier chagrin aussi, lorsqu’un camion de déménagement l’a emporté à des centaines de kilomètres. »
SYLVIE MARCHAL « – Tu es prêt? questionne le colosse. – Il faut que tu m’en dises plus. J’ai compris que tout ce que tu m’offres a un but spirituel. Mais jusqu’où irons-nous ? – Dans ma culture, fils, on ne s’affronte pas pour se battre, mais pour traverser jusqu’aux esprits. J’espère que tu donneras le meilleur de toi-même. Tu serais mon allié pour rejoindre ma famille. »
SÈVERINE MAZIÈRES « Il s’était réveillé trempé de sueur. Après deux mois de cauchemars sans nouvelles, il avait pris une décision : aller voir madame Lemoine en personne. C’était son nom sur les lettres. C’était elle qui gérait son dossier. Il l’imaginait : tailleur gris, lunettes, voix sèche. Il s’était dit qu’en face, peut-être, elle comprendrait. En face, il pourrait lui expliquer. En face, il redeviendrait un être humain. »
MARCO PIANELLI « Dès lors, j’abandonnai ma conscience lourdement sur le sol, pour me réveiller à l’arrière d’un van aux pieds de deux kidnappeurs cagoulés. Dans un virage serré, je me ramassai les semelles de mon poto dans le visage. Nous étions étendus tête-bêche, et j’espérais encore qu’il puisse s’agir d’une erreur. C’est ainsi quand on est génétiquement optimiste. »
PATRICE QUÉLARD « De fait, il était en piteux état. Le coin de la bouche tombante qui lui donnait un chuintement d’élocution caractéristique, un œil fermé du même côté, il ne pouvait marcher qu’appuyé sur une béquille et était engoncé dans des fringues constellées de taches de graisse et trop grandes pour lui. Michel se tenait debout à trois mètres de son hôte, pourtant son odeur de sueur rance lui picotait le nez. S’il l’avait rencontré dans la rue, il aurait pris ce type pour un mendiant. Il devait avoir quarante-cinq ans environ, mais il en paraissait quinze de plus. »
MARC SCHAUB « Je détournai les yeux, mal à l’aise. Je repensai à tous les livres que j’avais commencés sans jamais les finir. À ceux dont je n’avais jamais retenu le nom du héros. Et si… certains d’entre eux étaient là, coincés pour l’éternité dans cette ville suspendue, condamnés à errer sous des visages sans mémoire ? »
BORIS SCIUTTO « — Carla ? C’est moi, c’est papa. Le visage de la jeunette s’assombrit subitement, elle recule d’un pas et retire la main de Pierre d’un mouvement brusque de l’épaule. – Qui êtes-vous ? Je ne vous connais pas ! – Mais enfin ma chérie, c’est moi, Pierre. Papa ? Souviens-toi ? »
CHRISTOPHE TABARD « En observant son fils, concentré sur sa tâche, elle le trouva différent. Pas comme d’habitude. Un élément qu’elle mit quelques secondes à définir: sa moustache. Certes, à son âge, et la puberté aidant, il commençait à avoir une ombre qui se dessinait sous le nez. Mais là, c’était plus qu’une ombre. Son rejeton arborait une moustache finement taillée au poil conséquent. Rien à voir avec le fin duvet qu’il exhibait encore fièrement la veille et qui était l’objet des railleries de son géniteur. »
SÉBASTIEN THEVENY « Même le chat Pompon s’était fait la malle sous le conteneur destiné au recyclage des revues, magazines et autres livres destinés au pilon. C’était là sa place privilégiée en cas de pluie, de fortes chaleurs ou de fréquentation trop nombreuse. Le félin aimait sa tranquillité bien qu’il ne tarisse pas d’une certaine curiosité prudente inhérente à sa race. »
SÉBASTIEN VIDAL « – L’homme s’appelle Claude François. Il… — Claude François ? Sérieusement ? — Oui, il y a des parents qui ont de l’humour, hein, mais je ne suis pas sûr que demain on ait le lundi au soleil. Bref, soudeur au chômage en fin de droit, il ne paye plus les traites pour la maison. Il a plus ou moins sombré dans l’alcool, le truc classique, sa femme l’a quitté et a emmené leur gosse avec elle. Il est resté seul avec son chien. De ce qu’on a réussi à savoir, la situation s’est compliquée quand ses nouveaux voisins ont emménagé il y a cinq mois de cela. — Pourquoi ? — Disons que ce sont des gens tatillons qui n’aiment pas trop les étrangers. — Mais…Claude François c’est un nom tout ce qu’il y a… — Il a été adopté tout petit, il est cambodgien. »
Les auteur(e)s Laure Bonnet : Autrice au parcours éclectique, Laure Bonnet exerce aujourd’hui tour à tour et parfois en même temps dans les domaines du théâtre (particulièrement la dramaturgie) et de la santé. Elle est diplômée de l’Ecole du TNS (comédienne), de la Fémis (scénario) et plus récemment du DE d’Aide-Soignante, métier qu’elle pratique assidûment et avec passion, quand elle n’est pas en train d’écrire des histoires qu’elle espère que les lecteurs auront envie de mettre dans leur valise s’ils doivent aller à l’hôpital. Son premier roman, « Silver Scalpel » écrit avec sa sœur Colombe, a été édité aux Éditions du Gros Caillou. Ce thriller a été remarqué parmi des centaines de textes lors du 2eme concours du Gros Caillou, parrainé par Pétronille Rostagnat.
Alain Decker : est un photographe, globe-trotter, enseignant et auteur. Il a longtemps voyagé à l’étranger et vécu aux Etats-Unis et travaille aujourd’hui en Normandie, dans le domaine de l’enseignement supérieur. Son premier roman (auto-édité) « Derrière le brouillard » est aujourd’hui intitulé « Jours de ténèbres ». Publié dans la prestigieuse collection « La Bête Noire » (Robert Laffont), il a remporté le « Grand Prix des Enquêteurs » 2023.
Emmanuel Giampino : Emmanuel Giampino est un écrivain, auteur de polars et thrillers originaire du sud de la France. Aujourd’hui enquêteur dans la Police Nationale, anciennement de la brigade anti-criminalité, ses vingt années d’expérience lui offrent un vécu « inspirant » qu’il a mis à profit en l’associant à sa passion pour l’Histoire. Il en résulte un trilogie haletante parfaitement menée avec « Mnesik » (2021), « Gardien » (2022) et « Révélation » (2023). S’en suivent « Les légendes d’Alba » (2024), roman tout public dans lequel le lecteur devient voyageur et traverse l’Ecosse avec de jeunes héros. Enfin « Semper Amemus » (2024), premier polar de l’auteur qui a aussi été finaliste de plusieurs concours littéraires.
Stéphanie Jore : est depuis toujours passionnée par la lecture et l’écriture. En 2019, elle prend la plume pour son premier roman. Femme et maman comblée (traduire heureuse et épuisée) de deux enfants, Stéphanie se plaît à donner dans ses écrits la parole à des héroïnes du quotidien.
Rose Mallai : se découvre une passion pour l’écriture à l’occasion d’un atelier portant sur les courtes nouvelles. Son premier roman, « Et ensuite, le silence » (2024), pour lequel elle a reçu le prix Coquelicot Noir 2025, a rencontré un vif succès auprès des lecteurs et des bibliothécaires. En 2025, elle signe « Ne reste que la nuit », en sélection pour le prix Hors-Concours. Quand elle n’écrit pas des thrillers psychologiques, Rose s’adonne régulièrement à la pratique de l’escalade et vit en Normandie avec ses deux enfants.
Sylvie Marchal (Kara) : est une auteure française. Elle grandit en Franche-Comté. Après des études de droit à Strasbourg, elle devient professeur des écoles dans les Landes. Elle est aujourd’hui enseignante spécialisée et s’occupe d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers. Curieuse par nature, elle reprend en 2016 des études de psychologie à Toulouse en parallèle de son travail puis commence à écrire, sans penser à publier ses textes. En 2020, elle participe au concours littéraire proposé par le journal 20 minutes. Le manuscrit du roman « Le disparu de la corniche » sera retenu pour faire partie des 4 finalistes parmi plus de 500 romans. En 2021, l’auteure poursuit son travail et propose « Des pissenlits à travers le bitume » au concours Kobo Fnac des talents de demain. Il y trouvera ses mille premiers lecteurs puis il sera diffusé plus largement. En 2022, l’auteure propose Socoa, son roman le plus sombre. En 2023, « Marie » est finaliste sur Fyctia et sera édité en 2024 aux éditions Terres de l’ouest sous le titre « Dans les méandres du fleuve ». Un roman noir, social, engagé et percutant.
Sèverine Mazières : Périgourdine, Sèverine Mazières a le Sud-Ouest chevillé au corps. Autrice depuis qu’elle a appris à écrire, elle est devenue écrivain public biographe en 2013, après avoir œuvré 15 ans en tant que prof de français et de cinéma. « Mots Nés d’Échanges », c’est son entreprise – les échanges étant son moteur et la raison pour laquelle elle aime écrire. Pour elle, l’écriture n’est pas un acte solitaire, mais un partage. Après plusieurs participations à des concours de nouvelles, elle publie son premier recueil, Des Nouvelles d’ici, en 2016. Un deuxième, Entre gris clair et gris foncé, sort en 2023. Par ailleurs, elle participe à la publication de recueils collectifs : 11 Bruits de couloir (2021) et 12 Trains de vie (2023). Épigone, son premier roman, mûrit depuis le changement d’heure d’hiver d’octobre 2017. D’abord écrit sous la forme d’une nouvelle, elle s’est lancé le défi d’en faire tout un roman. Il sort aux Éditions Alter Real Suspense en juillet 2024. Épigone a remporté le prix du salon de Chasseneuil 2024 et il est finaliste du prix du polar de Mauves en Noir 2025. Il remporte le troisième prix du salon du polar de Miallet en 2025. Il est également sélectionné pour le prix Loiret Crimes 2025 et des Mordus de thrillers 2025, et sélectionné pour les salons de La Plume assassine et Cha’polars 2025.
Marco Pianelli : est un écrivain français. Il s’appelle Marco Pianelli en hommage à une grand-mère corse, probable inspiratrice de son goût de la lecture. Après des études littéraires, il part à l’étranger en Europe Centrale, où il devient enseignant. De cette période, il en a gardé une saveur fictionnelle d’être l’inconnu dans un milieu, suscitant le doute, l’intérêt, la méfiance, et parfois la menace. Depuis son retour il pratique avec assiduité les sports de combat et la littérature. « L’ombre de la nuit » (septembre 2021 Éditions Jigal) est son premier roman. Réédité en juillet 2023 aux Éditions du 38. « La mécanique du pire » (mai 2022 Éditions Jigal) est son deuxième roman. Réédité en septembre 2023 aux Éditions du 38. « Malovics » (novembre 2023 M+ Éditions) est son troisième roman. Le jeudi 14 mars 2024, dans le cadre prestigieux du Quartier des Célestins, état-major de la Garde républicaine, Marco Pianelli a reçu le Prix du roman de la gendarmerie nationale. Son thriller « Les entrailles de la nuit », désigné par le jury à une nette majorité, est désormais publié par les éditions Plon. « Zéro Karma » (novembre 2024 Éditions du 38), roman inédit, 3e volet des aventures de Paco Sabian. Avril 2025 ; sortie des Entrailles de la nuit, version poche aux Éditions Pocket. Septembre 2025, Marco Pianelli est le Lauréat du Prix Loiret Crimes 2025 avec son roman Les entrailles de la nuit.
Patrice Quélard : Diplômé de l’Institut universitaire de formation des maîtres d’Amiens (1995), Patrice Quélard a déjà consacré plus de la moitié de sa vie à l’enfance : d’abord animateur, puis directeur de centre de vacances, il est enseignant et directeur d’une école élémentaire. En 2010, il publie son premier album de jeunesse. En 2016, sa première pièce de théâtre est mise en scène. « Fratricide » (2013), son premier roman, a été finaliste du concours des lecteurs France Loisirs, et lauréat pour la catégorie « romans historiques » en 2013, puis Lauriers d’Or des auteurs indépendants en 2017, lors de sa réédition. En 2018, Patrice Quélard a écrit « Jeux de vilains », un roman graphique pour la jeunesse sur la première guerre mondiale, illustré par Eric Dodon. Patrice Quélard a également publié de nombreuses nouvelles chez plusieurs éditeurs, dont Arkuiris. En 2021, il est lauréat du premier prix du roman de la Gendarmerie nationale avec « Place aux immortels » (Plon). Il vit à Saint-Nazaire où il mène parallèlement une carrière dans l’éducation. Il continue à se documenter de façon approfondie sur les sujets évoqués dans ses livres.
Marc Schaub : Grand lecteur, photographe de charme, mais pas que, et joueur d’échecs. Chroniqueur pour « Le collectif polar », il aime lire, tout simplement, et en permanence.
Boris Sciutto : Fonctionnaire de police depuis 20 ans, Boris a travaillé en région parisienne où il puise une grande partie de son inspiration. Retranché dans son Var natal, il s’évade par l’écriture de romans policiers dans lesquels il essaie de rester au plus proche de la réalité des enquêtes et du terrain. Son premier roman policier, « Black out », trouve refuge auprès de la maison d’édition des Presses du midi qui lui voue une totale confiance pour la suite de ses projets. S’en suit « Noël au balcon », qui s’avère être la première enquête du commandant Archibald Letesquieux, flic à la vie tourmenté qui arpente les rues parisiennes à la recherche d’une ombre qu’il suspecte d’être responsable de meurtres maquillés en suicides. Son troisième opus, « Un fauteuil a la mer », poursuit les aventures d’Archibald qui a fini par muter au commissariat de Toulon et dont l’enquête sur le meurtre d’un bijoutier va l’orienter sur un suspect en fauteuil roulant. Ce roman finit finaliste du prix de l’Evêché 2021, prix récompensant le meilleur roman policier se déroulant dans la zone « Grand Sud ». L’histoire d’Archibald se poursuit avec « Mo(r)t compte double », qui terminera également finaliste du Prix de l’Évêché 2023. Son cinquième roman, « Clarisse », relate les tourments d’une enquête grenobloise au sein de laquelle Mike Vila, capitaine de police emblématique, sera suspecté de la mort d’une jeune fille et mettra tout en œuvre pour prouver son innocence. Dans « Les malaises d’Etretat », Boris met en œuvre Maguy, lieutenant de police parisienne à la vie personnelle et professionnelle fade et ennuyeuse. le corps d’une jeune fille au pied des falaises à Etretat va bouleverser son quotidien, la jeune victime ayant dans ses affaires la carte de visite de Maguy, alors que les deux femmes ne se connaissent pas. Avec l’accord de sa hiérarchie, Maguy va enquêter en terre normande aux côtés des gendarmes pour comprendre la vérité. Dans » le secret de l’ours », une femme va être découverte morte à son domicile dans des circonstances effroyables: déchiquetée par un ours. Les enquêteurs toulonnais vont alors se replonger dans un cold-case vieux de 13 ans impliquant un ancien flic surnommé le Grizzly, innocenté faute de preuve. Un terrible événement va survenir au sein du groupe et Archibald va être forcé d’écourter ses vacances en famille pour prêter main-forte à son équipe et résoudre ce double-meurtre.
Christophe Tabard : est un écrivain français. Après avoir fourbi ses premières armes dans la BD en qualité de scénariste, il se lance dans l’aventure solitaire de l’écriture. Des nouvelles, d’abord. Certaines primées, d’autres participant à des recueils. Puis, enfin, le grand saut vers l’écriture d’un roman et son édition, suivi d’un autre, de quelques recueils et d’un dictionnaire loufoque en autoédition. En 2022, il a intégré la maison d’édition Des livres et du Rêve pour son livre : « Miam ».
Sébastien Theveny : est aujourd’hui un auteur hybride : à la fois autoédité et au catalogue de plusieurs maisons d’édition. C’est en 2016 que débute pour lui la grande aventure de l’édition. Cette année-là, son premier roman Trouble Je paraît aux Editions Douin, le jour-même de ses 40 ans. Un anniversaire haut en couleurs qui allait augurer d’une suite inespérée.
Sébastien Vidal : Enfant de la Xaintrie, Sébastien Vidal a partagé ses brèves études entre Cantal et Corrèze et vit à Saint Jal (Corrèze). Passionné d’histoire, il a entamé une saga romanesque en hommage à la Résistance avec un diptyque « Les Fantômes rebelles » puis « Les clandestins de la liberté » en 2011 et 2012. En 2017, Sébastien Vidal se lance dans le monde du polar avec le premier volet de sa « trilogie des Sentiments Noirs » : Woorara. A suivi ensuite Carajuru fin 2017. La fin de cette trilogie s’annonce pour octobre 2018 avec Akowapa. L’écrivain retraité de la gendarmerie Sébastien Vidal a reçu le prix Landerneau du polar pour De neige et de vent (Le mot et le reste), un roman noir ayant pour décor les Alpes en hiver. C’est le cinquième roman de cet auteur originaire de Corrèze qui a passé 24 ans dans la gendarmerie.
de Bernard Minier Poche – 10 mai 2012 Éditeur : Pocket
Du sang sur la neige…
Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise. Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.
“Retenez bien ce nom : Bernard Minier.” Le Figaro littéraire
“De répit, point, ni pour les personnages ni pour nous. Une réussite !” Le Point
Prix du meilleur roman francophone au Festival polar de Cognac
Impossible pour moi de lâcher Glacé. Dès les premières pages, je me suis retrouvé happé par cette nature hostile, blanche et silencieuse, au cœur des Pyrénées. J’avoue m’être parfois un peu perdu parmi des personnages nombreux, aux trajectoires complexes, dont certains m’ont laissé perplexe. Mais cette densité participe aussi à la richesse du roman.
J’ai suivi le commandant Servaz avec intérêt. Cet homme entre deux âges, séparé, fragile sans jamais cesser d’être solide, m’a touché par son humanité. Il doute, il vacille, mais il avance. Et l’enquête qu’il doit mener est à la hauteur de cette rudesse intérieure, un cheval retrouvé pendu à une falaise, dans un décor glacé, appartenant à un puissant homme d’affaires. Un acte barbare, incompréhensible, commis non loin de l’Institut Wargnier, centre psychiatrique de haute sécurité abritant certains des criminels les plus dangereux d’Europe.
Très vite, l’étrangeté s’installe. Les morts s’enchaînent, toujours par pendaison, frappant des figures de ce village enneigé que l’on croyait paisible. L’angoisse monte, insidieuse. En parallèle, Servaz doit composer avec ses propres failles, notamment sa relation compliquée avec sa fille Margot. Ce tiraillement intime ajoute une profondeur bienvenue au récit.
Je me suis laissé porter par l’atmosphère oppressante, par ces montagnes qui semblent refermer leur étreinte sur les hommes. Bernard distille les informations avec précision. Chaque détail compte. Les aspects médicaux et psychiatriques sont expliqués avec clarté, ce qui renforce la crédibilité de l’ensemble.
Et puis il y a le suspense. Jusqu’aux dernières pages, je me suis interrogé, cherchant le ou les coupables, échafaudant des hypothèses… en vain. La révélation finale m’a surpris tout en me paraissant parfaitement cohérente. Glacé est un thriller puissant, sans concession. Ici, la violence est brute, frontale. Ça pend, ça frappe, ça dérange. Bernard ne cherche pas à ménager son lecteur, et c’est aussi ce qui fait la force du roman.
Un premier opus qui claque comme un coup de feu dans la nuit froide. Un thriller sombre, intense…
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Extraits :
« Une rafale glacée chargée de flocons fouetta leurs visages. Mais personne ne descendit. Ils restèrent là, à contempler l’œuvre de folie et de mort. Ils savaient déjà qu’ils n’oublieraient jamais cette vision. Le vent hurlait autour de la plateforme. Ce n’étaient plus des cris d’enfants que Huysmans entendait, mais ceux d’un autre supplice, des cris atroces couverts par les hurlements du vent. Ils reculèrent d’un pas à l’intérieur. La peur les percuta comme un train en marche. »
« Elle ne put s’empêcher de le revoir en pensée : un visage mince, des iris couleur de miel qui se posaient sur elle avec la convoitise du prédateur. Kurtz était un authentique sociopathe. Le seul qu’elle eût jamais rencontré. Froid, manipulateur, instable. Sans le moindre soupçon de remords. Il avait violé et tué trois mères de famille dont la plus jeune était âgée de quarante-six ans et la plus âgée de soixante-quinze. C’était son truc, les femmes mûres. Et aussi les cordes, les liens, les bâillons, les nœuds coulants… »
« Tout autre que cet adolescent aurait accusé le coup. Mais pas lui. Pas ce garçon nommé Clément ; le garçon nommé Clément ne semblait nullement prendre la mesure des faits qui lui étaient reprochés. Servaz avait déjà lu des articles là-dessus, sur ces mineurs qui violaient, qui tuaient, qui torturaient – et qui semblaient parfaitement inconscients de l’horreur de leur geste. Comme s’ils avaient participé à un jeu vidéo ou à un jeu de rôle qui aurait simplement mal tourné. Il avait refusé d’y croire jusqu’à ce jour. Des exagérations journalistiques. Et voilà qu’il était lui-même confronté au phénomène. Car, plus terrifiant encore que l’apathie de ces trois jeunes assassins, était le fait que ce genre d’affaire n’avait plus rien d’exceptionnel. Le monde était devenu un immense champ d’expérimentations de plus en plus démentes que Dieu, le diable ou le hasard brassaient dans leurs éprouvettes. »
« À l’audience, Hirtmann révéla enfin sa vraie nature. Loin de chercher à minimiser ses penchants, il les étala au contraire avec complaisance. Une série de scandales retentissants éclata au cours du procès, car plusieurs membres du tribunal et de la bonne société genevoise avaient participé à ses soirées. Hirtmann donna leurs noms en pâture avec délectation, ruinant un nombre incalculable de réputations. L’affaire devint un séisme politico-criminel sans précédent mêlant sexe, drogue, argent, justice et médias. De cette période subsistaient de nombreuses photos parues dans la presse du monde entier et légendées : La maison de l’horreur (où l’on voyait la grande maison des bords du lac avec sa façade couverte de lierre), Le monstre sortant du tribunal (où Hirtmann apparaissait revêtu d’un gilet pare-balles et protégé par des policiers qu’il dépassait d’une bonne tête), Genève prise dans la tourmente, Untel accusé d’avoir participé aux orgies Hirtmann, etc. »
Bernard Minier, né en 1960, originaire de Béziers, a grandi au pied des Pyrénées. Glacé (2011), son premier roman, a reçu le prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac et figure dans la liste des 100 meilleurs polars du Sunday Times depuis 1945. Le livre a été adapté en série télévisée en 2017 par Gaumont Télévision et M6 est disponible sur Netflix.
Après Le Cercle (2012), N’éteins pas la lumière (2014), Une putain d’histoire (2015, Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac), Nuit (2017), Sœurs (2018), M, le bord de l’abîme (2019), La Vallée (2020) et La Chasse (2021), il a publié en 2022 Lucia, en 2023 Un œil dans la nuit et Les Effacées en 2024. En 2024 paraît également chez Pocket un recueil de nouvelles inédit, Les Chats et 14 histoires mystérieuses diaboliques cruelles. Son dernier ouvrage, H, a paru en 2025. Bernard Minier est considéré aujourd’hui dans toute l’Europe comme l’un des maîtres du thriller. Ses romans, traduits en 28 langues, sont tous publiés aux Éditions XO et repris chez Pocket.
de Céline Servat Poche – 12 février 2026 Éditions : Taurnada
Alors que Gabrielle, gendarme à la brigade de recherches de Muret, enquête sur le meurtre atypique d’un SDF, Marco et son amie Manue participent à une retraite spirituelle. Mais rien ne se passe comme prévu dans ce coin perdu des Pyrénées, et le besoin de se ressourcer est compromis par le meurtre de l’un des occupants des lieux…
Le danger guette et personne n’est à l’abri.
Avec Le Refuge des affligés,Céline Servat est la suite de La Vallée des égarés. Pourtant, je peux affirmer qu’il se lit parfaitement de manière indépendante…
Dès la première page, je retrouve Marco dans une situation critique. Céline frappe fort, sans détour. Très vite, je suis happé par une construction narrative nerveuse, presque addictive. Aucun temps mort, aucune respiration inutile. Les chapitres s’enchaînent, différents, tendus, et me tiennent en alerte constante. Manipulations psychologiques, violences sourdes, dérives spirituelles… tout se mêle dans ce thriller intelligent qui explore avec finesse la frontière fragile entre quête de bien-être, spiritualité et emprise.
Marco Minelli, comptable et coupeur de feu, part dans un coin reculé des Pyrénées avec sa voisine et amie Manue. Il espère y affronter ses peurs lors d’une retraite spirituelle. En parallèle, une brigade de police à Muret enquête sur le meurtre d’un sans-abri. Deux fils narratifs qui finissent par se répondre, et qui renforcent l’impression d’un piège qui se referme.
Ce que j’ai particulièrement ressenti, c’est l’isolement. Céline maîtrise son décor avec précision. Un refuge de pierre, épais, presque hermétique, qui promet guérison et apaisement à sept âmes tourmentées. Peu à peu, une atmosphère étrange s’installe. Je perçois que quelque chose ne tourne pas rond, sans pouvoir l’identifier clairement. L’isolement géographique devient une menace. Les personnages, venus chercher la paix, se retrouvent coupés de tout, fragiles, exposés à des forces qu’ils n’avaient pas anticipées.
J’ai avancé dans ce roman comme dans un tunnel. L’écriture est immersive, la tension monte, l’angoisse s’infiltre. Je me suis laissé perdre à plusieurs reprises, preuve de la maîtrise de l’autrice. Et ce dénouement… je ne l’ai absolument pas vu venir.
Une lecture prenante, dérangeante parfois, mais redoutablement efficace. Bravo Céline !
Et un grand merci à Joël Maïssa et aux éditions Taurnada pour cette découverte.
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Extraits :
« Marco Minelli revenait à lui peu à peu. Il ne savait pas vraiment où il se trouvait. Il s’appuya contre le mur avant de s’écarter vivement lorsqu’une douleur aiguë explosa dans son crâne. Dans le même temps, une myriade de couleurs envahit sa vision, alors même qu’il était dans une semi-obscurité. Marco ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il voulut porter les mains à ses tempes pour calmer la douleur, quand il constata avec effroi que l’une d’elles était entravée. Un bruit de chaîne confirma cette sensation. Où était-il ? »
« Plus elle approchait de son but, et plus la dynamique quinquagénaire se demandait comment elle allait annoncer à son compagnon de route leur véritable destination. Sur le moment, son plan lui avait semblé simple mais, une fois concrétisé, les défaillances lui sautaient aux yeux. Sa principale source d’angoisse résidait dans la réaction de son ami. Comment allait-il appréhender son mensonge ? »
« Manue était institutrice. Plutôt que de s’installer dans la routine d’une école et d’une classe, elle avait choisi de faire des remplacements, découvrant des gamins, des collègues et des organisations variés au gré de ses affectations. Mère de trois enfants qu’elle avait pratiquement élevés seule, elle était une jeune grand-mère, énergique et fonceuse. Elle n’aimait pas tergiverser et l’humour était son principal mode de communication, notamment pour désamorcer des situations critiques. Marco avait petit à petit appris à décoder son cynisme. »
« Je m’appelle Ève. Je porte le prénom de la première femme dans l’interprétation biblique, même si je m’en remets plutôt à l’univers. Je serai votre guide pendant cette magnifique semaine. N’hésitez pas à me solliciter, je suis là pour vous. »
« Dans ma tête, quelque chose ne va pas. Certains détails me rendent hyper nostalgique: si j’entends une musique que j’écoutais beaucoup à 20 ans, l’âge où j’imaginais des possibles, où je me faisais des films, les larmes me montent aux yeux, je me sens oppressé. Si je rencontre quelqu’un qui a appartenu à mon passé, que j’ai perdu de vue, je me questionne sans fin sur ce qui se serait passé si j’avais pris d’autres décisions. »
Céline Servat est une Autrice de thrillers, polars et romans noirs.
Son premier roman Internato, le premier d’une trilogie sur les dictatures et les secrets de famille, est édité par M+ éditions en 2020. En 2021, sort le deuxième tome, Norillag, et en 2022, la trilogie se conclue avec Alambre. Elle est aussi co-autrice de deux recueils de nouvelles, Au-delà de nos oripeaux, avec G Coquery, et Une plongée dans le noir avec son frère, le musicien Tomas Jimenez. En 2024, les éditions cairn publient Le bœuf n’a plus la cote, un polar gourmand sur le thème ovalie et gastronomie, conformément à leur collection du même nom. Mariée et mère de deux enfants, elle vit à Encausse-les-Thermes dans les Pyrénées Hautes-Garonnaises où elle travaille comme assistante sociale auprès d’enfants qui ont des troubles du comportement. Céline est organisatrice du salon du polar T(h)ermes noirs. Elle est membre du collectif les louves du polar.
de Nathalie Brunal Broché – 18 août 2024 Éditeur : Auto-édition
Quand le quotidien d’une maman solo vire au cauchemar… Hortense, divorcée depuis plusieurs années approche de la quarantaine. Entre les « sautes d’humeur » de son adolescent, les bêtises du petit dernier et sa tante envahissante, elle n’a pas le temps de s’ennuyer ! Elle travaille avec Tata Martha dans le salon de thé que possède celle-ci et subit chaque jour les allusions sur sa vie sentimentale désertique. Assumant pleinement son statut de mère célibataire, elle ignore du mieux qu’elle peut ses propos. Mais quand sa tante prend » le taureau par les cornes » et décide de lui trouver le prince charmant, rien ne va plus !
La suite est disponible dans Les amours tourmentées d’Hortense. Retrouvez Hortense et sa tata, brut de décoffrage, quelques années plus tard pour de nouvelles péripéties.
J’ai découvert Nathalie Brunal en 2020 avec Le défi d’Apolline, un roman qui m’avait profondément marqué. Avec Les tribulations d’Hortense, je retrouve la même sensibilité, mais dans un registre totalement différent, plus léger, plus pétillant, et surtout délicieusement drôle.
Dès les premières pages, je me suis laissé embarquer par cette écriture fluide, naturelle, pleine de malice, où l’humour se glisse partout sans jamais forcer. Impossible de ne pas s’attacher à Hortense, maman célibataire de Max et Joris, qui fait de son mieux pour tenir la barre pendant que ses fils grandissent… et que l’adolescence vient gentiment compliquer l’équation. Les scènes du quotidien sont d’un réalisme savoureux, parfois hilarant, parfois très touchant. Je n’ai pas vu le temps passer.
Hortense travaille avec sa tante Martha dans un charmant salon de thé. Une tante aussi aimante qu’envahissante, bien décidée à sauver sa nièce de ce qu’elle juge être une vie sentimentale beaucoup trop calme. Résultat, les prétendants commencent à défiler, situations improbables et quiproquos en série. Marc arrive, puis Philippe… ce qui ne plaît évidemment pas à Marc. Puis l’ex-mari qui surgit avec sa nouvelle “belle” et ses enfants “Truc et Bidule”. Philippe réapparaît quand il ne faut pas (merci Tata), Marc distribue des coups de poing… et Hortense, au milieu de tout ça, qui tente de garder le cap et ne sait plus où donner de la tête.
Elle doute, hésite, se sent parfois seule, mais ne se sent pas prête à se faire remettre la bague au doigt. Surtout elle refuse de se laisser dicter sa vie. Quoique… Marc n’est pas mal après tout… Oui mais, Philippe est… Bref, rien n’est simple, surtout quand on est Hortense.
Sans m’en rendre compte, j’ai lu ce roman d’une traite. C’est frais, pétillant, il y a beaucoup de psychologie et c’est aussi coloré, à l’image des pâtisseries servies au salon de thé. Les passages sur la relation mère-fils, notamment avec Max sont durs, sonnent terriblement juste et sentent le vécu. Heureusement, Nathalie Brunal manie l’humour avec talent, et même en tant qu’homme, j’ai adoré suivre les tribulations de cette héroïne attachante qui ne rêvait que d’une vie calme.
Un roman qui fait un bien fou. Bravo Nathalie, et merci pour ce délicieux moment de lecture.
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Extraits :
« – Joris ! Max ! Allez, on va être en retard ! Je soupire en voyant mon petit dernier descendre l’escalier. Il est débraillé, pieds nus et ses cheveux sont dressés sur sa tête. – Mais, qu’est-ce que tu as fait ? Pourquoi n’es-tu pas encore prêt ? Devant son air boudeur, je soupçonne une facétie de son frère. Je monte à l’étage afin d’en savoir plus… Je découvre Max dans la salle de bains. Il m’observe dans le miroir et je remarque dans sa main le tube de gel pour les cheveux. – Qu’est-ce qu’il y a ? me dit-il avec un air mal aimable. »
« Combien de temps dure l’adolescence ? Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, il fallait l’amener à sa classe en le tenant par la main. Après un « je t’aime ! » et des bisous, il entrait dans celle-ci attendant patiemment que j’aille le récupérer. Puis est venu le temps où je devais le laisser au coin de la rue et ne surtout pas l’embrasser devant ses camarades. J’en suis arrivée à le déposer presque une rue plus loin… Quelle sera la prochaine étape ? Le scooter pour y aller seul ou accompagné de sa petite amie ! Mon sang se glace rien que d’y penser… Celle qui me prendra mon fils n’est pas encore née ! Oh, je sais ce que vous vous dites. Il faut bien que jeunesse se fasse… mais mon cœur de mère ne supportera pas de le voir amoureux ! Où est passé mon bébé ? »
« C’est vrai que je ne me suis pas encore présentée. Vous voyez, je n’ai pas une minute à moi. Je m’appelle Hortense et j’ai trente-huit ans. Je suis maman solo depuis cinq ans. Joris n’était encore qu’un bébé lorsque le papa s’est fait la malle. Il est parti, figurez-vous, avec une blonde plantureuse de treize ans ma cadette. Vous voyez le genre… Tout ce qu’il faut là où il faut alors que ma balance affichait quinze kilos de plus ! Je n’y suis pour rien si pendant mes grossesses, j’ai des envies de pâtisseries et de choses grasses pendant que certaines se contentent de fraises ! Ajoutez à tout cela un baby blues qui a engendré chez moi un laisser-aller quasi total ! Je comprends presque qu’il ait eu envie d’aller voir ail-leurs, après avoir trouvé beaucoup mieux que celle que j’étais devenue… Me retrouver seule avec un bébé et un jeune garçon de dix ans n’a rien arrangé à la situation. »
Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. « Dévoreuse » de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le « feel-good » tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017. Une tragique fête des fraises est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes « Le défile des glaces » « Un bouquet sans mariée» « L’Hydromel Hindou » et « D’une pierre… Deux coups ». Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.
Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “vacances en terre inconnue« , sourire garanti en leur compagnie.
N’hésitez pas à vous procurer Les tribulations d’Hortense. Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata » brut de décoffrage « . D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans Les Amours tourmentées d’Hortense et Le Noël explosif d’Hortense. Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. Le coup de théâtre d’Hortense vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.
« Quand Cupidon s’en est mêlé… » , une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.
de Jess Kaan Poche – 3 juillet 2020 Éditeur : Éditions Lajouanie
Auchel, nord de la France. Le corps d’un jeune marginal brûle au petit matin dans le cimetière municipal. Acte gratuit, vengeance, meurtre ? La police ne sait quelle hypothèse privilégier, d’autant qu’on découvre très vite un nouveau cadavre, celui d’une étudiante, sauvagement assassinée. La population aimerait croire que le coupable se cache parmi la bande de punks squattant dans les environs… Le capitaine Demeyer, quadragénaire revenu de tout, et le lieutenant Lisziak, frais émoulu de l’école de police, du SRPJ de Lille sont chargés de cette enquête qui s’annonce particulièrement sordide. Une jeune lieutenant, en poste dans la cité, ne veut pas lâcher l’affaire et s’impose à ce duo pour le moins hétéroclite.
J’ai découvert l’écriture de Jess Kaan en 2002, avec une nouvelle, Kenshiro’s Way, l’année suivante j’ai lu Bloody Venise, puis en 2027, Triangulaire. J’avais déjà Ressenti un “petit” quelque chose qui se dégageait à travers ses mots…
Fin 2020 j’ai subi une lourde inondation dans mon bureau. Des centaines de livres y sont passés, beaucoup n’avaient même pas encore été lus. Des mois, puis des années ont été nécessaires pour tout réparer, tout reconstruire. Et quand tu retrouves petit petit, en les reposant sur les étagères, des ouvrages que tu pensais avoir définitivement perdus, ça fait du bien à mon petit cœur ! Une seconde chance offerte par le destin. Punk Friction faisait partie de ces rescapés. J’ai donc décidé de changer l’ordre de mes lectures prévues aléatoirement pendant quelques semaines… Ils m’attendaient.
Et aujourd’hui, enfin, je peux le dire, Punk Friction est un excellent polar… mais pas seulement. Tout y est.
Auchel, dans le Pas-de-Calais, ancienne ville minière, sert de décor à ce récit sombre et réaliste, où l’on sent les habitants lutter au quotidien pour survivre. Un corps carbonisé est retrouvé dans un cimetière, puis une jeune étudiante est sauvagement assassinée quelques temps plus tard. Très vite, les soupçons se portent sur une bande de punks, accusée par les riverains.
Le capitaine Demeyer et le lieutenant Lisziak héritent de l’enquête. Rapidement, les certitudes vacillent, les pistes se brouillent. Si le cadre régional est remarquablement décrit, le roman dépasse largement ses frontières pour dresser le portrait d’une réalité sociale et économique qui touche les classes populaires de toute la France.
Roman noir, parfois grinçant, ponctué de répliques locales qui m’ont arraché quelques sourires, Punk Friction s’est imposé à moi surtout par son regard social. Derrière l’enquête, j’ai senti un autre récit affleurer. Celui d’une jeunesse désœuvrée, sans repères, confrontée à des adultes fatigués, eux-mêmes désabusés.
J’ai eu l’impression plusieurs fois que Jess utilisait son enquête comme prétexte. L’intrigue, les assassinats, les policiers, les nombreux rebondissements, les fausses pistes… Mais, c’est le message caché derrière, qui m’a vraiment emporté, ou plutôt… ce qui plane au-dessus. Certaines phrases, des mots, que Jess glisse ici ou là, qui petit à petit fendille l’âme de l’auteur, jusqu’à ce quelle soit complètement mise à nue…
Un roman prenant, intelligent, nécessaire. Un polar qui divertit… et qui, peut-être, ouvrira les yeux.
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Extraits :
« Fred Desmondt avait passé une sale nuit en compagnie de mademoiselle Colo. Mademoiselle Colo, c’était la colopathie, sa maladie à chier comme il aimait la railler. Cette garce le tenait par les boyaux depuis qu’il avait trente-quatre ans. Deux ans à surveiller son alimentation, à éviter le froid, les courants d’air, à essayer de comprendre pourquoi du jour au lendemain sa vie avait brutalement basculé. Mademoiselle Colo, c’était de l’intense : le genre liaison sado-maso, nuits entières passées à se tordre sur les WC et malaises vagaux qui survenaient sans prévenir. Comme un succube, la gueuse bouffait son énergie et elle revenait souvent à l’assaut, histoire de se délecter. »
« – Vous dites hier choir? Vous chavez, j’va dormir tôt. D’facon, ché films ch’est toudis l’même. Des paires eud’ nichons, des culs, des crimes… et après on s’deminde pourquoi eul’monde y tourne po rond. Entre chah et ceusses qu’s in mettent plein les fouilles… Mi, j’a qu’une tiote retraite, chavez, juste eud’ quoi viv’. J’deminde rin a personne, mais… chi vous saurez… »
« Donovan montra les hématomes sur ses jambes. Ceux-ci redondaient avec son œil au beurre noir. Le père qui pesait son quintal de mauvaise graisse, celle que les multinationales font ingérer aux pauvres, le regard lourd et l’envie d’être ailleurs, s’énerva à son tour : – Tais-te. Laisse Monsieur parler. T’arrêtes pas d’faire des conneries, et à cause de ti, on nous convoque’t’ chez les flics. Tu crois qu’on a que ça à fout’ de perd’ notre temps au commissariat ? »
« L’enthousiasme des deux lieutenants s’émoussa après l’interrogatoire du bègue Jean-Philippe et d’un Rémi à la compréhension assez limitée. Tous deux corroborèrent tant bien que mal la version de Donovan. »
« Garance approuvait chacun de ces mots tirés de l’expé-ience. Ces gosses n’étaient pas que des dossiers administratifs, des allocs versées par la CAF. Ils constituaient autant de vies, de futurs citoyens démarrant mal leur existence. La faute à une société malade, où le mot famille perdait de son aura sacrée. Où les individus se révélaient dans leur petitesse, leur envie de jouissance immédiate jusqu’à ce qu’elle contamine leur descendance. Des droits, jamais de devoirs. Jamais de frustration. Aller toujours plus vite et heurter le mur. Ces gosses la touchaient. »
Né sur les bords de la mer du Nord, habitant le Pas de Calais, Jess Kaan est un auteur éclectique puisque ses écrits couvrent divers genres (fantasy humoristique, fantastique, thriller et policier historique). Il rédige de nombreux articles sur ces domaines dans la presse et sur différents blogs en France, en Belgique, au Québec ainsi qu’en Pologne, en Espagne et aux États-Unis. Il participe également à de nombreuses publications collectives : recueils de nouvelles, anthologies. Ses oeuvres se caractérisent par un lien exacerbé entre terroirs et personnages. En effet, il ne conçoit pas ses protagonistes comme de simples individus, mais la résultante d’expériences de vie.
Il a reçu en 2003 le prix merlin pour sa nouvelleL’affaire des elfes Vérolés et en 2005 le prix de l’armée des douze singes, le Prix Masterton 2014.
Depuis 2013, il a basculé vers le genre policier.
Jess Kaan est un pseudonyme. Sous sa véritable identité il est enseignant dans le nord de la France.
de Lucie Delacroix Broché – 30 juillet 2024 Éditeur : Auto-édition
« Amateurs de rebondissements, jetez-vous sur ce livre ! »
Noces de soie. Cet anniversaire de mariage que Clément souhaitait romantique tourne au drame. Accusé d’homicide, il est condamné et doit purger sa peine à la prison de Vannes. Maxime, surveillant dans ce centre pénitentiaire, noue une relation extraconjugale au parloir avec une visiteuse. Jusqu’au jour où cette trahison met sa famille en péril. Alors que l’un tente de prouver son innocence, l’autre surmonte un évènement tragique. Ensemble, ils devront lutter contre mensonges et faux-semblants. Seront-ils finalement amis ou ennemis ?
Un roman à suspense rythmé de rebondissements, où les éléments s’emmêlent et se démêlent, et dans lequel l’amour peut jouer des tours.
Un roman choral porté vers l’espoir en milieu carcéral. Deux pères de famille que tout oppose en apparence. Tout, sauf l’amour qu’ils portent à leurs enfants. Tout, même la fidélité, et ses conséquences parfois dramatiques… Si vous aimez les émotions et les notes d’humour de Virginie Grimaldi, et les twists surprenants de Michel Bussi, vous allez adorer J’avais raison d’y croire.
J’avais découvert Lucie Delacroix avec Les flammes de l’autre rive, et depuis, quelque chose en moi attendait, patiemment mais avec fébrilité, de lire son premier roman, J’avais raison d’y croire. Dès les premières lignes, j’ai su… J’étais de retour dans sa lumière.
Sa plume m’a cueilli une nouvelle fois, fluide, sincère, traversée d’humanité. Ses personnages, eux, ont cette profondeur rare qui fait qu’on les entend respirer sous les phrases. Ils vivent, ils tremblent, ils chutent, ils espèrent. Et ce décor… ce décor si particulier, où le bruit du métal et l’ombre des murs se mêlent à la fragilité de ceux qui tentent de tenir debout.
Lucie nous entraîne dans l’univers carcéral à travers des chapitres très courts, nerveux, portés par deux voix puissantes. Celle d’un surveillant et celle d’un prisonnier. Cette construction en miroir lui permet de semer ses indices avec une précision étonnante, dans un style toujours clair, vivant, et terriblement efficace.
Le jour de son anniversaire de mariage, Clément veut surprendre sa femme, Lucile. Il a décidé d’être un meilleur mari, plus attentif, plus présent pour elle et pour leurs enfants. Mais lorsqu’il rentre chez lui… tout bascule. La soirée tourne au cauchemar et Clément se retrouve mis en examen pour acte de violence.
Maxime, lui, est surveillant de prison. Sportif, bienveillant, soucieux d’aider les nouveaux arrivants, il fait de son mieux pour rester honnête. Un jour pourtant, il cède à la tentation et entame une relation extra-conjugale pendant les parloirs. Très vite, il comprend que cette faute pourrait détruire sa famille et tente d’y mettre fin. Mais rien ne se déroule comme prévu…
Et pourtant, un drame va les lier plus fort que ce qu’ils croyaient possible.
J’ai lu ce roman d’une traite, captivé du début à la fin. Entre le coup de cœur et le coup de poing, mon cœur n’a pas tranché. Les thèmes sont rudes, brûlants, actuels. Et derrière la violence, il y a cette pulsation d’émotions, ce tremblement fragile qui nous rappelle que personne n’est tout blanc, ni tout noir. Je vous mets au défi de ne pas verser une larme ou deux.
Lucie signe un thriller qui dépasse les codes du genre, un récit où le suspense n’éteint jamais la part humaine. Un roman qui m’a touché comme peu savent le faire.
Oui, j’avais raison d’y croire. Et vous devriez y croire aussi.
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Extraits :
« Papa. C’est le premier mot qu’elle a prononcé. Alors que sa mère, assurément jalouse, me répétait qu’il s’agissait uniquement de babillements de bébé, moi je jubilais. J’ai toujours rêvé de devenir père, alors entendre ce mot de la bouche de mon enfant me rendait vraiment heureux. »
« Aujourd’hui, nous fêtons notre douzième anniversaire de mariage. Enfin, fêter est un grand mot. Lucille a cessé désormais de me préparer un repas aux chandelles pour célébrer notre amour. Sans doute en a-t-elle eu assez de débarrasser mon assiette après de longues heures d’attente, et de manger froid. Seule. Alors ce soir, je vais faire ce qu’elle attend depuis douze. ans. La surprendre. »
« En fin d’après-midi, j’accueille un nouveau. Clément Joubier est accusé de tentative d’homicide sur l’amant de sa femme. Il les aurait surpris au lit en rentrant chez lui. Pauvre homme. Je n’ose pas imaginer comment je réagirais si ça devait m’arriver. Aussitôt, je pense à Pauline et à sa réaction si elle apprenait ce que je fais. Me mettrait-elle à la porte ? Me laisserait-elle une chance ? »
« Des souvenirs douloureux me reviennent en mémoire. Cet endroit exigu me rappelle le cagibi sous l’escalier dans la maison de mon père, que j’avais en horreur. J’y passais des heures, lorsqu’il considérait que je devais être puni. Au début, je criais, je pleurais, et j’entendais Baptiste de l’autre côté qui me rassurait. Il est parfois arrivé qu’il supplie mon père de me laisser sortir, en vain. Au fur et à mesure, j’ai compris que plus j’étais sage, plus la durée se réduisait. Surtout, je n’y subissais pas ses coups, lors de ses accès de colère. Je prenais mon mal en patience, mais intérieurement, je hurlais. C’est exactement ce que je ressens depuis que je suis enfermé ici. Cependant, je n’y suis pas pour quelques heures. Je vais devoir être bien plus patient. »
Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.
Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.
de John Grisham Broché – 6 avril 2000 Éditeur : Robert Laffont
Ce testament, objet de toutes les convoitises, fascine tout le monde, sauf la principale intéressée : l’héritière. Médecin missionnaire dans la jungle brésilienne, Rachel hérite de onze milliards de dollars, sur un dernier caprice de son père qu’elle connaît à peine. Du jour au lendemain, elle devient l’une des femmes les plus riches du monde. Comment réagira-t-elle quand elle l’apprendra ? Personne ne peut le dire… Ni l’exécuteur de ce testament, lorsqu’il découvre que son client a déshérité ses six enfants légitimes pour léguer sa fortune à cette fille adultérine… Ni les héritiers légitimes, bien déterminés à devenir enfin milliardaires… Ni leurs hommes de loi, qui voient déjà danser des milliers de dollars d’honoraires… Ni l’avocat alcoolique et suicidaire parti à la recherche de la jeune femme… Qui serait assez fou – ou assez pur – pour renoncer à une telle fortune ?
En ouvrant Le Testament de John Grisham, je ne m’attendais pas à être entraîné si loin, au sens propre comme au figuré. Très vite, je me suis retrouvé happé par ce thriller dense, plein de rebondissements, dont chaque chapitre semblait m’appeler avec un suspens renouvelé. J’ai particulièrement savouré l’alternance entre les couloirs feutrés de Washington et la jungle brésilienne, cette autre jungle faite de serpents, d’alligators, de moustiques, d’humidité écrasante… et de dangers plus humains encore.
Au cœur du roman trône Troy Phelan, un magnat imbuvable, riche à l’excès, entouré d’ex-femmes cupides et de six enfants d’une avidité presque caricaturale. Tous n’attendent qu’une chose, se partager son immense fortune. Mais Troy leur offre un retour de bâton glacial. Le milliardaire lègue tout à une fille illégitime disparue depuis vingt ans, Rachel Lane, médecin missionnaire au fin fond du Brésil. À partir de là, l’histoire prend une tournure inattendue.
C’est Nate O’Riley, avocat brisé, rescapé de l’alcool, de la drogue et de ses propres démons, que l’on envoie sur les traces de cette héritière improbable. Je l’ai suivi dans son périple chaotique, les cartes imprécises, les rivières mouvantes, un avion qui s’écrase, son bateau qui chavire, les caïmans, les anacondas, les insectes porteurs de maladie… Et surtout cette quête presque impossible d’une femme dont on ne possède même pas la photo. À mesure que Nate avançait dans cette Amazonie immense et capricieuse, je sentais naître une tension nouvelle, un véritable souffle d’aventure qui m’a captivé.
Par contraste, les scènes où l’on revient aux batailles juridiques de la famille m’ont semblé un peu plus longues, mais elles restent essentielles à l’intrigue et montrent le cynisme presque jubilatoire de ces héritiers qui s’entredéchirent.
Ce roman a vu grandir mon intérêt au fil des pages. J’ai aimé sa dimension humaine, sa manière de confronter richesse obscène et dénuement absolu, ambition toxique et foi inébranlable. Et surtout, j’ai apprécié que rien ne se passe comme prévu… Ni pour les avocats, ni pour Rachel, ni même pour moi, lecteur !
Le Testament m’a offert un voyage dépaysant, vibrant, parfois cruel, mais toujours profondément humain.
Extraits :
« Voici le dernier jour, la dernière heure. Je suis un vieil homme, seul et sans amour, malade, acariâtre, fatigué de vivre. Je suis prêt pour l’au-delà ; ça ne peut pas être pire qu’ici-bas. Je possède le grand building de verre à l’intérieur duquel je suis assis et quatre-vingt-dix-sept pour cent de la compagnie qui y réside, sous moi; le terrain qui l’entoure sur presque un kilomètre à la ronde, les deux milles personnes qui y travaillent et les vingt mille réparties sur mes autres sites; et je possède le pipeline sous l’écorce terrestre qui apporte au building le gaz de mes houillères du Texas, les lignes électriques qui conduisent l’électricité, et le satellite grâce auquel j’aboyais mes ordres à mon empire planétaire. Mes biens excèdent les onze milliards de dollars. »
« Le problème quand on a de l’argent, c’est que chacun dans votre entourage veut sa part du gâteau. Juste une tranche, une petite lamelle. Qu’est-ce qu’un million de dollars pour un homme qui en a des milliards? Donne-moi un million, mon vieux, et tu ne verras même pas la différence. Fais-moi un petit prêt et on l’oubliera tous les deux. Mets mon nom dans ton testament, il y a de la place. »
« Donc, Rachel vivait dans une hutte ou une case et dormait sur un lit bâti de ses propres mains, cuisinait sur un feu de bois, mangeait le produit de ce qu’elle cultivait ou chassait, et enseignait les histoires de la Bible aux enfants et les Évangiles aux adultes ; et ne savait rien sur les événements, les inquiétudes et les pressions de la civilisation, ou s’en fichait éperdument. Elle était très satisfaite. Sa foi la soutenait. Il semblait presque cruel d’aller l’ennuyer avec tout ça. »
« – Je ne veux pas de cet argent. – Ne faites pas l’idiote. – Je ne fais pas l’idiote. L’argent ne signifie rien pour moi. – Cela devrait vous paraître évident. – Vous ne savez même pas combien il y a. – Ça ne m’intéresse pas. J’ai travaillé aujourd’hui sans penser une seconde à l’argent. Je ferai la même chose demain, et le jour suivant. – C’est onze milliards, à quelques dollars près. – C’est censé m’impressionner ? – Moi, ça a éveillé mon intérêt. – Mais vous adorez l’argent, Nate. Vous faites partie d’une culture qui l’idolâtre, où tout est mesuré par lui. C’est une religion. – Exact. Mais le sexe est assez important aussi. – Ok, l’argent et le sexe. Et quoi d’autre ? – La célébrité. Tout le monde veut être célèbre. »
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Né en 1955, John Grisham a commencé sa carrière comme avocat dans une petite ville du Mississippi. Avec La Firme, parue en 1991, il a rencontré son premier grand succès de romancier. Depuis, il a vendu plus de soixante millions d’exemplaires dans le monde au travers de nombreux romans dont L’Affaire Pélican, Le Maître du jeu, L’Associé, La Loi du plus faible, Le Testament,L’Héritage, Le Dernier Juré, Le Clandestin, L’Accusé, Le Contrat, La Revanche, L’Infiltré et, plus récemment, Chroniques de Ford County, tous publiés chez Robert Laffont.
de Lucie Delacroix Broché – 3 octobre 2025 Éditeur : Auto-édition
Et si la vérité vous attendait de l’autre côté de l’océan ?
Laura s’envole pour le Québec afin d’animer une colonie de vacances, le cœur lourd et les nerfs à vif. Chez elle, ses parents lui dissimulent un secret. Mais à peine arrivée sur le sol canadien, un courrier inattendu bouleverse ses repères : une lettre signée d’une personne liée à cette vérité qu’elle cherche depuis des mois.
Portée par les veillées au coin du feu, les confidences nocturnes et la complicité naissante entre les animateurs, Laura s’engage dans une quête aussi intime que lointaine. À travers les paysages grandioses de la Belle Province, c’est tout un pan de son histoire qui se révèle — et peut-être, au détour d’un regard ou d’une chanson, une rencontre qui changera tout.
Un roman lumineux sur la quête de soi, les secrets de famille et l’amour qui naît là où on ne l’attend pas.
Dès les premières pages, j’ai été porté par la plume de Lucie Delacroix et par l’histoire de Laura. Entre les paysages grandioses, les expressions savoureuses et les soirées autour du feu de camp, je me suis laissé happer par ce roman vibrant d’émotions. On y parle d’amitié, de solitude, d’addiction, mais surtout de la quête des origines, ces racines invisibles qui nous façonnent et nous appellent, même à des milliers de kilomètres.
Laura est une jeune femme en colère, blessée par les secrets et les silences qui ont fissuré son enfance. Un jour, elle décide de tout quitter pour partir au Québec avec sa meilleure amie. Là-bas, au milieu des lacs et des forêts, elle espère souffler, se retrouver… Mais le destin lui réserve bien plus qu’une simple parenthèse. Une mystérieuse lettre déposée sur son oreiller dès son arrivée va tout bouleverser. Qui lui écrit ? Et surtout, pourquoi maintenant ?
J’ai suivi Laura dans ce voyage initiatique avec le cœur serré. Elle découvre l’amitié sincère, l’amour naissant, la bienveillance d’une équipe d’animateurs, et cette nature généreuse qui soigne mieux que bien des mots. J’ai aimé ces moments simples, la musique des Cowboys Fringants, le sirop d’érable, les accents à travers les expressions québécoises… toute une atmosphère qui sent bon la vie.
Lucie a cette faculté de faire vibrer chaque émotion. Sa plume, fluide et sensible, capte le moindre frémissement d’un regard ou d’un silence. On rit, on espère, on pleure aussi. Car ce roman est une véritable montagne russe émotionnelle. On s’y brûle, mais il réchauffe aussi, car l faut savoir pardonner. Et derrière l’histoire de Laura, il y a un message fort. Parfois, pour avancer, il faut accepter de regarder la vérité en face, même si elle fait mal.
La fin m’a bouleversé, tout simplement. J’ai refermé le livre le cœur serré, mais le sourire aux lèvres. Les flammes de l’autre rive est un roman qui touche l’âme, c’est une ode à la résilience, à l’amour et à la vie sous toutes ses formes.
Et comme un joli clin d’œil, je remercie Lucie aussi pour la bande-son de ma lecture et plus encore, depuis, les Cowboys Fringants m’accompagnent à chaque promenade en promenant mon chien, j’adore ! Pas après pas, j’ai la banane !!! Une très belle découverte…
Ce roman m’a touché bien au-delà des mots… il m’a fait du bien.
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Extraits :
« “Toute l’équipe d’Air Canada vous souhaite une excellente année ! Qu’elle vous apporte une belle blonde ou un bon chum et une belle job’. Enjoy !” Alors que s’entrechoquent les coupes de champagne offertes par la compagnie aérienne, Florence déambule dans les allées les bras chargés de bouteilles vides. Elle se nourrit des sourires qui éclairent les visages des passagers. L’ambiance qui règne dans l’avion est presque magique. Français, Canadiens et autres nationalités trinquent et rient de bon cœur, se souhaitant le meilleur pour cette nouvelle année à venir. »
« Blessée par leur attitude, mais aussi infiniment triste que leur soutien sans faille ait finalement des limites. J’aurais aimé que ma mère soit là ce soir, qu’elle me prenne la main et me raconte enfin tout ce que je cherche depuis des mois. Tout ce qu’elle n’a jamais voulu me dire. »
« Mes parents sont passionnés par votre pays, je commence, y compris de ses chanteurs. Maman ne loupe pas une occasion de nous faire écouter ses CD rapportés de leurs divers voyages ici. L’autoradio de sa voiture ne doit pas savoir jouer autre chose, d’ailleurs. Mon enfance a été bercée par les titres de Lynda Lemay. »
« À la nuit tombée, la foule s’agglutine devant la scène dès la fin du concert précédent. Le groupe suivant semble très attendu et c’est également pour eux que nous sommes venus. Johan trépigne d’impatience. Il nous fraie un chemin sur le côté afin de parvenir à deux rangs des barrières, au pied du décor. Ainsi, nous serons aux premières loges pour admirer ces artistes québécois. Dès que les quatre pionniers du groupe débarquent sur scène, les festivaliers sont en transe. Ils sont accueillis par un tonnerre d’applaudissements, la foule crie leurs noms un à un. Je reconnais les premières notes, qui débutent un spectacle grandiose. Les titres s’enchaînent et la connexion avec le public est extraordinaire. Les chansons engagées se succèdent, défendant avec ferveur des valeurs fortes, telles que la solidarité et l’environnement. »
Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.
Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.
Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !
de Peter May Poche – 3 novembre 2011 Éditeur : Babel
Chargé de l’enquête sur un assassinat commis à Édimbourg, Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis, en Écosse, quand un second cadavre apparemment exécuté selon le même modus operandi y est découvert. Persuadé que les deux affaires ne sont pas liées, Fin doit composer avec un décor et des gens qu’il a quittés dix-huit ans auparavant… Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May compose un roman palpitant parsemé de fausses pistes, de scènes glaçantes et de personnages aussi frustes que menaçants.
Il y a longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi original.
Il y a longtemps que je n’avais pas été happé par un roman aussi original. L’Île des chasseurs d’oiseaux m’a transporté sur l’île de Lewis, au nord de l’Écosse, là où le vent sculpte la lande et où la mer rugit sans relâche. C’est une terre rude, presque sauvage, que Peter May dépeint avec une intensité telle que j’avais l’impression d’y marcher, le visage fouetté par la pluie et le vent.
Tout commence par un meurtre, mais très vite, je comprends que l’enquête n’est qu’un fil parmi d’autres… une excuse à un roman très audacieux… L’inspecteur Fin Macleod, envoyé sur place, retrouve son île natale qu’il avait fuie depuis des années. Il y revient contraint, lesté du deuil de son fils et d’un mariage à bout de souffle. Cette enquête le replonge dans un passé qu’il pensait loin derrière et enterré.
J’ai été fasciné par la façon dont les souvenirs de Fin se mêlent au présent, comme des nappes de brume qui se dissipent lentement. À mesure que l’histoire avance, ce ne sont pas seulement les faits qui se révèlent, mais les hommes, leurs blessures, leurs silences. L’île devient un personnage à part entière, à la fois refuge et piège.
Et puis, il y a cette expédition sur An Sgeir, cet îlot battu par les vents où, chaque année, des hommes partent chasser les « gugas », les jeunes fous de Bassan. Une tradition à la fois fascinante et terrible, presque mythique. C’est là que tout se noue, que le passé rejoint le présent, que la mémoire se fissure.
L’écriture de Peter est sobre, fluide, profondément visuelle. Elle m’a plongé dans une atmosphère crépusculaire, dense, empreinte d’émotion. Ce roman est plus qu’un polar : c’est une exploration de l’âme humaine, de la culpabilité et de la rédemption.
J’ai refermé le livre avec cette sensation étrange qu’il me manquait quelque chose, comme si je quittais moi aussi cette île rude et magnifique. Mais, je sais d’ores et déjà que je reviendrai, avec le deuxième tome de cette trilogie écossaise…
Un roman à lire absolument ! Un grand merci à David Fréchou pour cette très belle idée de lecture…
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Extraits :
« Contrairement à d’habitude, la brise est légère et, pour une fois, tiède, comme un souffle sur la peau, doux et attirant. Dans le ciel d’août, une fine brume masque les étoiles mais la lune, aux trois quarts pleine, parvient tout de même à projeter sa lumière fantomatique sur le sable laissé humide par la marée descendante. Avec douceur, la mer va et vient sur la plage. L’écume phosphorescente libère des bulles argentées qui restent accrochées au sable doré. Ils dévalent la route qui descend du village. Le sang leur bat les tempes avec force, comme des vagues s’écrasant au pied d’une falaise. »
« Nous vivions dans ce que l’on appelle une whitehouse, à un peu moins d’un kilomètre du village de Crobost. Ce village faisait partie de la commune de Ness, située sur la pointe la plus au nord de l’île de Lewis, qui était elle-même l’île la plus au nord de l’archipel écossais des Hébrides extérieures. Les whitehouses dataient des années vingt. Les murs étaient faits avec de la pierre et de la chaux, ou avec des blocs de béton, et les toits étaient couverts d’ardoise, de tôle ondulée ou de feutre bitumé. Elles avaient été construites pour remplacer les anciennes blackhouses, qui étaient constituées de murs de pierres sèches et d’un toit de chaume, et dans lesquelles s’abritaient hommes et bêtes. Un feu de tourbe brûlait nuit et jour dans la pièce principale. Il n’y avait pas de cheminée et la fumée était censée s’évacuer par un trou pratiqué dans le plafond. Bien sûr, ce n’était pas très efficace. Les maisons étaient toujours enfumées et l’espérance de vie assez courte. »
« Parce que ce n’est que le début. Le visage de Fionnlagh s’empourpra sous l’effet de l’excitation. « Les prémices d’un Etat policier. On va tous finir dans un fichier, quelque part, référencés grâce à notre ADN, et on pourra plus rien faire ni aller où que ce soit sans que quelqu’un sache pour-quoi, d’où on vient et où on va. Et ensuite on nous refusera un emprunt, ou une assurance-vie, parce que la compagnie d’assurances estimera qu’on représente un risque. Tout sera là, dans le fichier ADN. Ton grand-père mort d’un cancer, ou peut-être un problème d’antécédent cardiaque du côté de ta mère. On te refusera un boulot parce que celui qui voulait t’embaucher découvrira que ton arrière-grand-mère a été internée dans un asile psychiatrique et que ton ADN ressemble furieusement au sien. »
Écrivain écossais, Peter May habite depuis une dizaine d’années dans le Lot. Il a d’abord été journaliste avant de devenir l’un des plus brillants et prolifiques scénaristes de la télévision écossaise. Il y a quelques années, Peter May a décidé de quitter le monde de la télévision pour se consacrer à l’écriture de ses romans. Le Rouergue a publié sa série chinoise avant d’éditer la trilogie écossaise (parue d’abord dans sa traduction française avant d’être publiée, avec un immense succès, en anglais).
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