Émotion, Drame, Histoire, Polar, Psychologie

7/13

de Jacques Saussey
Broché – 10 janvier 2018
Éditeur : Éditions Toucan

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification s’annonce compliquée. Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition inattendue va faire basculer son destin. Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères les plus stupéfiants qu’ils aient jamais rencontrés.

Certains romans méritent une seconde lecture… 7/13 était une évidence pour moi… il attendait patiemment…

Dès les premières pages, lors de ma première lecture en juin 2018, j’ai su très vite que je tenais entre les mains un polar différent, plus dense, plus riche que ceux auxquels j’étais habitué dernièrement.

Le cadavre d’une femme atrocement mutilée ouvre l’histoire dans une violence brutale. Très vite, d’autres cadavres s’accumulent et l’enquête s’emballe. Mais alors que je pensais m’enfoncer dans un polar classique, Jacques Saussey me prend à contre-pied, casse le rythme. Le récit dévie. Jacques m’embarque ailleurs, dans une autre époque, en 1944, aux côtés d’un mystérieux officier américain en partance pour une mission étrange dans un avion sous le brouillard anglais.

Quel est le lien entre ces deux récits ?
Je l’ignore encore, mais je m’accroche. Parce que l’auteur sait exactement ce qu’il fait.
Lors de cette seconde lecture j’apprécie pleinement la façon dont l’auteur sème les informations, les distille avec finesse, Jacques excelle dans l’art de ce tissage très particulier. Il me balade entre présent et passé, entre drame intime et Polar à énigme historique. Puis, le nom de Glenn Miller surgit, et avec lui, une des plus grandes disparitions du XXe siècle. Jacques injecte dans son intrigue des thèmes forts : la mémoire, la guerre, les migrations, la douleur parentale, la vengeance sourde, l’impossible deuil, la culpabilité, la vengeance. Même dans l’horreur, Il insuffle dans son récit une certaine grâce.

Puis, un duo d’enquêteurs secondaires apporte une respiration bienvenue, avec une touche d’humour sans jamais dénaturer la gravité de l’histoire. Et derrière le suspense, se dessine une réflexion profonde sur ce que signifie survivre après l’irréparable.

L’écriture est tendue, sobre, parfois poétique. Jamais démonstrative, toujours juste. Ce roman ne cherche pas à résoudre, mais à nous confronter.
7/13, que j’ai lu en écoutant Glenn Miller, et d’autres standards du jazz évidemment… m’a secoué parce qu’il ne donne pas de réponses faciles.
Parce qu’il fait confiance au lecteur.
Parce qu’il transforme une enquête policière en descente vertigineuse dans la psyché humaine.
Et surtout il prouve, une fois encore, que la littérature noire peut être d’une richesse bouleversante.
Il serre la gorge, il bouscule. Il laisse une trace et m’a fait réfléchir…

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Extraits :

« 14 mars 2015
La maison est cossue. De type bourgeois, en forme de L, pierres de taille et allée pompeuse bordée d’arbustes coiffés au cordeau. Un terrain immense entretenu à grands frais, des fruitiers au fond, près de la rivière, des massifs de rosiers encore figés dans la fin de l’hiver, des crocus qui montrent le bout de la langue sous l’herbe pliée par la rosée.
Près du bâtiment, une piscine couverte s’avance sur le gazon.
Elle a été verrouillée pour la mauvaise saison. À travers la vitre salie par des fientes d’oiseaux et des feuilles mortes collées par l’humidité, j’aperçois l’eau qui a pris une vilaine.
couleur verdâtre.
– Venez, c’est par là.
Le commandant Picaud me désigne la porte de la maison.
Il m’explique qu’un serrurier l’a forcée deux heures auparavant pour conserver la scène de crime la plus intacte possible. Le meurtrier a fracturé une porte-fenêtre du salon.
L’Identité judiciaire est en plein travail, mais ils devraient avoir fini leurs investigations d’ici quelques dizaines de minutes. Dans l’air frais de ce début de matinée, les croassements des corneilles se répercutent à l’infini entre les branches bourgeonnantes des peupliers.
Il n’y a pas un bruit dans la rue, suffisamment éloignée de la bâtisse pour que personne n’ait pu y entendre le moindre cri. Et pourtant, de nombreux badauds se pressent contre la grille du parc que deux agents surveillent, l’œil farouche. Les regards des curieux alternent sans fin entre les hommes en blanc qui œuvrent autour de la maison et le fourgon mortuaire qui attend dans l’allée que les techniciens du crime donnent au légiste l’autorisation d’enlever le corps.
– Je vous préviens, c’est moche. »

« Le légiste se penche sur le cadavre et l’inspecte de près. Il suit la peau marbrée d’un doigt d’expert, pousse une bestiole par-ci, une autre par-là… J’ai soudain un goût de cendres sur la langue. Combien lui a-t-il fallu de manifestations de la mort pour qu’il parvienne à s’en affranchir autant ?
Combien de femmes, d’enfants, de corps meurtris a-t-il ouverts, découpés, vidés pour les besoins d’une enquête ?
Combien d’estomacs a-t-il pesé, disséqué pour savoir ce que la personne avait ingéré juste avant de mourir ? »

« Je rouvre les paupières. Il lui en a fallu, de la haine, à ce type. Un homme, c’est sûr. Je ne peux pas imaginer une femme infliger ça à une autre. C’est de la bestialité pure, la manifestation d’une fureur contre la féminité, peut-être même contre sa propre mère…
Je me prends les tempes dans les mains. Je déraille.
Comment pourrais-je concevoir ce qui a traversé l’esprit malade de ce dingue ? Je suis à mille bornes de m’approcher de ce qui l’a déclenché. Contrairement à de nombreuses autres affaires sur lesquelles j’ai eu à me pencher, celle-ci ne me parle pas. Je me trouve face à un mur de glace, un mur de ténèbres. »

Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, La mante sauvage, achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre Colère Noire.
C’est le second, De sinistre mémoire, écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011.
Son domaine : l’histoire noire. Très noire…
Il est désormais considéré par les critiques et les libraires comme l’un des “talents” dans le polar.
Enfermé.e (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/12/enferme-e-de-jacques-saussey/

Émotion, Drame, Polar, Psychologie

Avant d’avoir tout oublié

de Philippe Gil
Broché – 6 octobre 2022
Éditeur : NOUVELLES PLUMES

Une petite fille disparue au beau milieu d’un parc. Un vieil homme souffrant d’Alzheimer qui débarque au commissariat en répétant « Elle est morte ». Un gendarme qui décide de faire de cette affaire sa raison de vivre. C’est le point de départ de ce roman que vous ne lâcherez plus et dont le dénouement vous laissera sans voix.

Pour un premier roman, Philippe Gil m’a bluffé. Avant d’avoir tout oublié m’a littéralement happé dès les premières pages. J’y ai trouvé un polar intense, bien ficelé, terriblement humain. Le point de départ est glaçant : l’enlèvement d’une petite fille dans un parc, sous les yeux de son père, Jacques, interne en médecine. Charlotte disparaît, et c’est tout un monde qui bascule.

Rapidement, l’enquête s’organise sous la houlette du capitaine Mauduy. Toutes les hypothèses sont envisagées :
– Kidnapping contre rançon ?
– Acte isolé d’un déséquilibré ?
– Drame familial ?
Je me suis laissé emporter par les pistes, les fausses routes (et elle sont nombreuses…), les zones d’ombre. Rien n’est jamais simple dans ce roman. Le temps passe, l’angoisse monte, et l’auteur joue brillamment avec mes nerfs. Jusqu’à cette fin, totalement renversante, qui m’a laissé un vrai vertige.

Mais ce roman ne se limite pas à une intrigue haletante. C’est aussi un récit profondément émouvant. J’ai été particulièrement touché par le personnage du Professeur, confronté aux premières atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cette dimension plus intime donne une résonance nouvelle à l’histoire, un souffle d’humanité saisissant. L’auteur parvient à lier suspense et émotion sans jamais tomber dans le pathos.

Les personnages sont attachants, crédibles, complexes. L’écriture, fluide et sobre, laisse place aux émotions, sans fioritures. J’ai été marqué par la manière dont Philippe Gil nous parle de mémoire, de filiation, d’amour… et d’oubli, sa plume sobre mais pleine de justesse, m’a enveloppé d’une tendresse discrète.

Un roman qui m’a interrogé autant qu’il m’a captivé.
Bravo à l’auteur pour ce coup d’essai transformé pour moi en coup de maître !

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Extraits :

« Charlotte fredonnait une comptine à sa poupée. Il sourit. Fille unique, Charlotte avait l’habitude de jouer toute seule. Elle passerait probablement la matinée à dessiner bien sagement dans sa chambre. Il pourrait poursuivre son travail jusqu’à midi. Ensuite, ils prendraient leur repas, puis ils iraient au parc du Domaine de Beaulieu. Le rituel bien rodé d’un mercredi de repos. Il consacrerait tout son après-midi à sa fille. Sa petite fille chérie… »

« – Charlotte ? Je ne vois plus ma fille ! s’écria-t-il.
Il s’approcha des enfants, fit le tour de l’aire de jeux en appelant sa fille. Paniqué, il revint vers les deux mères de famille.
– Je ne vois plus ma fille !
– Mais où était-elle ? demanda l’une d’elles.
– Là… Juste là. Elle jouait au toboggan… Elle n’y est plus. Vous n’avez rien remarqué ?
– Mais non… Elle est habillée comment, votre fille ? demanda alors l’autre maman.
– Elle porte une robe rouge avec un bandeau dans les cheveux. »

« Surmontant ses craintes et son complexe d’infériorité, il s’approcha de Louise. Jacques était un jeune homme intelligent, particulièrement brillant même. Louise fut rapidement séduite par sa maturité qui tranchait singulièrement avec le comportement des autres garçons de son âge. Elle les trouvait toujours trop gamins. Une demi-heure plus tard, ils échangeaient leur premier baiser à proximité de l’étang, loin des regards indiscrets. Jacques avait percé la carapace et derrière l’image hautaine d’une demoiselle de bonne famille, il découvrit une jeune fille simple et fragile. Louise avait reçu l’éducation très stricte d’une mère autoritaire et froide, ne laissant paraître qu’arrogance et mépris à l’égard de son prochain. Une attitude que, par mimétisme, Louise adoptait parfois. »

« C’est le paradoxe. Nous savons parfaitement expliquer le mécanisme de destruction des neurones. Par contre, nous ne savons pas stopper cette dégénérescence. Les traitements actuels permettent de ralentir le processus et d’en diminuer les effets mais pas de l’arrêter. Dans ses périodes de lucidité, le Professeur en est tout à fait conscient, comme la plupart des malades du reste… Il s’agit là probablement de l’aspect le plus difficile de cette maladie, le plus dur à supporter. Pour le malade comme pour ses proches…
– Je comprends. Mais quand il répète : elle est morte, que faut-il en penser ? De quoi parle-t-il ?
– C’est très difficile à dire… »

Philippe Gil est né en 1963 à Albi, ville chère à son cœur où il vit toujours. Chef de projet informatique dans le secteur des assurances et père de deux grands enfants, ce passionné de vélo découvre sur le tard la passion de l’écriture, le besoin de raconter des histoires, bien loin de son métier d’informaticien.

Émotion, Humour, Psychologie

Mais t’as-tout pour-être-heureuse !

de Nicole de Buron
Poche – 4 janvier 1999
Éditions : J’ai lu

Un matin, vous vous réveillez tellement fatiguée que vous vous recouchez sur-le-champ. Vous pleurez sans raison. Vous avez mal partout. Vous faites le tour des médecins. Rien. Vous n’avez rien. Si. Une jolie petite déprime. “Ce n’est rien ! Prends sur toi” ! s’exclament certaines de vos copines. “Tu n’as pas honte de te plaindre quand il y a tellement de gens plus malheureux !” Oui, vous avez honte. Vous traînez comme une zombie dans votre vieille robe de chambre en marmonnant : “Je suis nulle ! Je suis moche !”
Vous ne vous coiffez plus. Vous vous bourrez de chocolat. Encouragée par Petite Chérie, vous allez voir un psy. Il écoute vos propos incohérents et vous prescrit des médicaments que vous avalez en douce de l’Homme et contre l’avis de Fille Aînée. Après avoir failli divorcer, envisagé de tuer une dénommée Florence – grande amie de l’Homme -, songé à vous suicider, vous vous retrouvez un jour guérie. Si, si. Ouf ! Vive la vie !

Je ne m’attendais pas à rire autant en lisant un roman sur la dépression. Et pourtant…
Avec Mais t’as-tout pour-être-heureuse !, Nicole de Buron réussit l’exploit de traiter un sujet grave avec beaucoup d’humour. Le ton est léger, les situations souvent absurdes, mais elles sonnent relativement juste. J’ai suivi “Madame”, une femme déprimée qui ne veut surtout pas qu’on le sache, et surtout pas son mari, le ”spécimen” d’homme qui pense qu’un psy, c’est un type payé pour écouter des trucs qu’on pourrait très bien garder pour soi.

Même sans avoir connu de vraie dépression, je pense que de nombreuses personnes pourraient se reconnaître dans ce roman. Qui n’a jamais eu un coup de mou ? Qui n’a jamais cherché un peu de réconfort dans une tablette de chocolat ou un verre de vin rouge… avant de maudire la balance quelques jours plus tard ou la terrible migraine dans les heures qui ont suivies ? L’auteure croque ces moments avec une ironie irrésistible. Je me suis surpris à éclater de rire face à certaines scènes, parfois en grinçant un peu des dents quand l’auteure était proche de mes propres travers.

“Madame”, empêtrée dans ses états d’âme, ses relations familiales tendues, ses séances chez le psy et ses lubies de rajeunissement, ressemble à bien des femmes, mais aussi à bien des hommes, quand on veut bien gratter le vernis. Et même si parfois le décor sent un peu le confort bourgeois, le sujet reste universel. Parce que déprimer, c’est pas une question de niveau de vie. C’est une question de “météo intérieure”. Et ce roman, franchement, c’est du soleil quasiment à chaque page. J’ai trouvé fascinante aussi la manière dont Nicole tourne en dérision ces phrases “toutes faites” que l’on balance, presque sans réfléchir, à celles et ceux qui ne vont pas bien… On les a tous dites. Tous entendues.

Un roman à la fois drôle, tendre et mordant.
À lire pour rire, pour réfléchir aussi, ou tout simplement pour se sentir un peu moins seul face à ces ”petits” naufrages du quotidien.

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Extraits :

« Vous adorez vous réveiller à l’aube et, l’ardeur de vivre vous fouettant le sang, vous lever d’un bond, courir à la cuisine avaler une tasse de thé et deux biscottes, et hop! foncer dans votre bureau. Où vous vous jetez sur votre très vieille machine à écrire rouge… clac-clac-clac… »

« Il y a plus grave.
À la tombée de la nuit, Pieuvre Géante – jusque-là un peu engourdie – se réveille et resserre son étreinte autour de votre plexus. Vous suffoquez la bouche ouverte comme une carpe sortie de l’eau.
Angoisse intolérable.
Un seul remède : le vin rouge. »

« Mais il y a bien pire que l’allergie au bruit.
C’est l’INSOMNIE.
Et sa compagne Sœur Anxiété.

À peine êtes-vous couchée, la nuit, que Sœur Anxiété vient s’asseoir sur le bord de votre lit et engager la conversation.
Sœur Anxiété : Y a plus de beurre. Tu as oublié d’en faire acheter par Maria pour le petit déj demain matin.
Vous : Zut ! Tant pis. Sur la mangera du miel.
Sœur Anxiété : Et l’électricien ? Tu as téléphoné à l’électricien pour changer la prise du salon ?
Vous : Merde ! Ça m’est aussi sorti de la tête.
Sœur Anxiété : Ce n’est vraiment pas la peine d’écrire tous les matins la liste des choses que tu dois faire dans la journée !
Vous : Tu sais bien qu’ensuite je ne pense jamais à la relire ! Ou que je la perds.
Sœur Anxiété : Tu es vraiment une très mauvaise maîtresse de maison… la pire que j’aie jamais connue ! »

« ……..“Prends-toi !”
……..“Réagis, bon sang !”
……..“Cesse de t’écouter !”
……..“Un peu de courage, allons !”
……..“Tu n’as pas honte de te plaindre alors que t’as-tout pour-être-heureuse!”
……..“Pense qu’il ya plus malchanceux que toi !”
……..“La dépression, c’est un luxe de bourgeoise !”…

Hélas, trois fois hélas, l’Homme a été élevé dans le même principe. Pas question de lui avouer que vous êtes frappé de ce mal honteux (pire que la syphilis), révélateur à ses yeux d’une mollesse de caractère qui vous attirerait son mépris. Il n’aurait qu’un seul commentaire :
– Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? SECOUE-TOI, c’est tout. Est-ce que j’ai une dépression nerveuse, moi, avec tous les soucis que j’ai ? »

« 5e copine : Change-toi les idées, sors, vois du monde, joue au bridge.
Vous : Je déteste le bridge, les jeux de cartes, le Scrabble, et jouer en général.
5 copine : Tu fais quoi alors quand tu ne travailles pas ?
Vous : Je lis. Plus je vieillis, plus j’aime lire.
5€ copine : Et quand, à force de lire, tu auras perdu la vue, qu’est-ce que tu feras ? Moi, je te le dis : tu seras bien contente de jouer au bridge ! »

Nicole de Buron, parfois nommée également Nicole de Buron-Bruel, est une écrivaine et scénariste française née le 12 janvier 1929 à Tunis (protectorat français de Tunisie) et morte le 11 décembre 2019.

Elle a été journaliste avant de se tourner vers l’écriture romanesque. Mariée et mère de deux enfants, elle se partage entre Paris et le domaine agricole qu’elle exploite près de Limoux, pour lequel elle a obtenu la médaille du Mérite agricole.

Scénariste de films (Erotissimo, Elle court, elle court, la banlieue…) et des célèbres Saintes chéries, elle est aussi l’auteur de nombreux romans follement drôles, dans un inimitable style vif et alerte, entre humour et satire sociale (Dix-jours-de-rêve, Vas-y-maman, Mais t’as-tout-pour-être-heureuse !…)

Ses livres sont pour la plupart des récits humoristiques autobiographiques, dans lesquels, dans un style vif, elle raconte à la deuxième personne du pluriel les aventures d’une femme écrivain et de sa « tribu », qui ressemble fort à celle de Nicole de Buron elle-même : elle, son mari, ses filles et ses petits-enfants. L’autodérision et l’humour porté sur les situations les plus inattendues, parfois exagérées, sont ses caractéristiques principales.

Amour, Émotion, Drame, Psychologie, Violence

Toutes les nuances de la nuit

de Chris Whitaker
Broché – 6 mars 2025
Éditions : Sonatine

Jusqu’à ce jour de 1975, Monta Clare était une petite communauté tranquille du Missouri. Aujourd’hui, les sirènes des voitures de police retentissent dans toute la ville. Dans un quartier paisible, les habitants sont interrogés, tous doivent fournir des alibis. La raison ? Le jeune Patch Macauley a disparu. Dans la forêt voisine, on a retrouvé son tee-shirt, maculé de sang. Saint, une jeune fille au caractère bien affirmé, décide de faire tout ce qui est en son pouvoir pour découvrir ce qui est arrivé à son ami. Elle harcèle le shérif, mène sa propre enquête, cherche des pistes. Les jours passent, puis les semaines. L’affaire ne fait plus les gros titres des journaux, et cependant, Saint s’obstine. Des mois plus tard, Patch Macauley réapparaît. L’affaire est réglée ? Non. Bien au contraire, il faudra des décennies pour élucider tous les mystères et faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé durant sa disparition.

Après Duchess, salué par la presse et les libraires, Chris Whitaker revient avec un roman magistral. S’étendant sur plus de trente ans, ce récit, jamais prévisible, met en œuvre des émotions aussi complexes que bouleversantes. Toutes les nuances de la nuit confirme avec éclat le talent infini de son auteur pour explorer jusqu’à l’incandescence les troubles de l’adolescence et la façon dont ceux-ci influent et pèsent sur l’âge adulte. Chris Whitaker s’installe sans conteste parmi les plus grands romanciers contemporains.

“Un roman qui vous percute comme un marteau !
Je n’ai pas pu le lâcher et je ne l’oublierais jamais.”

llian Flynn

“À couper le souffle…
Un récit ondoyant qui transcende les décennies et les points de vue pour saisir la manière dont un seul instant fait basculer la vie d’un petit garçon et de ceux qui l’aiment.”
The Washington Post

“Il y a bien une enquête dans Toutes les nuances de la nuit,
et elle est passionnante, mais le roman a tellement plus à offrir.
C’est aussi une fable profonde et complexe sur l’amour, le deuil et l’espoir.”
Kirkus Reviews

Je referme à peine Toutes les nuances de la nuit et je reste là, sidéré. L’esprit encore dans les pages, le souffle court. Je découvre Chris Whitaker avec ce roman, et quelle découverte ! J’avais un peu d’appréhension devant ses 800 pages, pensant y passer plusieurs jours et deux jours plus tard, je suis arrivé au mot « fin », vidé, essoufflé, ému. J’ai lu sans relâche, tant le récit m’a happé.

Joseph, surnommé Patch, et sa meilleure amie Saint ont treize ans lorsqu’on fait leur connaissance. Ils vivent dans une petite ville nichée au cœur des Ozarks, dans le Missouri. Leur quotidien n’a rien de simple, mais une amitié profonde les unit et leur donne le semblant d’équilibre dont ils ont besoin. Jusqu’au jour où un geste héroïque de Patch fait basculer leur monde, déclenchant une série d’événements qui les dépasseront complètement.

Comment passer à une autre lecture après une telle immersion ?
J’ai vécu avec Patch, Saint, Sammy, Norma, Misty, Grace… Je les ai aimés, j’ai pleuré pour eux, j’ai tremblé avec eux. Ils m’habitent encore. Ce roman est une onde de choc. Une fresque humaine, déchirante et poignante.

Ce n’est pas qu’une histoire. C’est une traversée, sur près de 30 ans, entre ténèbres et lumière, entre fidélité et déracinement, entre bravoure et fatalité. Ce livre échappe à toute étiquette : saga, thriller, drame social, histoire d’amour… tout s’y mêle avec une justesse rare.

L’écriture est précise, vibrante. L’humanité des personnages m’a transpercé. À mes yeux, c’est un chef-d’œuvre, un grand coup de cœur !
Nous ne sommes qu’en mai, mais je pense avoir lu, ce que je considère comme l’un des romans de l’année.

Je remercie Pierre-Antoine de m’avoir conseillé cette pépite.
Dire que j’aurai pu passer à côté…

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Extraits :

« Ce jour-là, la police fouillerait les moindres recoins de son existence et découvrirait qu’il aimait les pirates parce qu’il était né borgne, et que sa mère lui avait très tôt donné le goût des sabres d’abordage et des cache-œils, convaincue que la beauté de la fiction avait le pouvoir d’émousser une réalité trop brutale. »

« Il remonta dans sa chambre, où il coiffa son tricorne et enfila son gilet. Puis il rentra son pantalon bleu marine dans ses chaussettes et tira un peu sur le tissu pour le faire bouffer aux genoux.
Dans sa ceinture, il glissa un petit poignard, un simple alliage de métaux bon marché, mais le forgeron avait fait du bon boulot.
Ce jour-là, la police fouillerait les moindres recoins de son existence et découvrirait qu’il aimait les pirates parce qu’il était né borgne, et que sa mère lui avait très tôt donné le goût des sabres d’abordage et des cache-œils, convaincue que la beauté de la fiction avait le pouvoir d’émousser une réalité trop brutale. »

« L’homme, qui s’était relevé, commençait à la suivre, mais Patch était juste derrière lui. Il sortit son poignard pour la deuxième fois de la matinée.
L’homme para le coup sans difficulté en lui saisissant le poignet et en le tordant douloureusement.
Un rayon de soleil éclaira la lame juste avant qu’elle ne s’enfonce dans le ventre de Patch.
Il tombe à la renverse et porte les mains à sa blessure. La nuit descendait sur les arbres autour de lui mais il ne vit ni lune ni constellations. »

« Son souffle résonnait dans ses oreilles.
Elle passa rapidement devant les arbres tombés qui bordaient la clairière. Le menton levé, elle scruta les alentours, mais ce n’est que lorsqu’elle atteignit le pied de la vallée qu’elle découvrit l’endroit où c’était arrivé.
Elle vit le tee-shirt.
Et le sang. »

« La religion et la politique se fichent de ce qui est juste. »

« – Que les gens comme nous n’existent que dans un état de crise. Que ce sera un miracle si nous mourons de causes naturelles. On se tournera vers l’alcool ou la drogue, et on ne nouera jamais de relations étroites parce qu’on gardera trop de choses pour nous.
– On n’a besoin de personne d’autre. »

« – Dans un mariage qui dure une vie entière, l’amour n’est qu’un visiteur. C’est le respect et la bienveillance qui en sont les véritables fondations. Pour être honnête, je pense que tu devrais l’épouser. »

Chris Whitaker a travaillé dix ans comme trader avant de se consacrer à l’écriture. Son premier roman, Tall Oaks (2016), reçoit les louanges de la critique et se voit couronné du CWA John Creasey New Blood Dagger. Avec All the Wicked Girls (2017), son deuxième roman, Chris Whitaker explore les thèmes de la disparition, de la jeunesse et des regrets au sein d’une Amérique dépeinte de manière magistrale.
Avec son troisième roman paru en 2020, We Begin at the End, il est lauréat du Gold Dagger Award 2021 et du prix Ned-Kelly 2021 du meilleur roman international.

Duchess est un roman noir captivant qui mêle suspense et émotion.
Toutes les nuances de la nuit est un roman policier captivant qui explore les complexités de l’amitié et de la résilience face à une disparition tragique.
Ses écrits sont édités dans 10 pays.

C’est un conteur prodigieux qui allie une écriture à la fois lyrique et ancrée dans une réalité brutale. Son univers est marqué par des personnages complexes et inoubliables, des intrigues riches en rebondissements et une interrogation constante sur le sens de la vie et les conséquences de nos actes. La noirceur de ses histoires contraste avec la beauté des paysages décrits. Son style, à la fois intense et délicat, fait vivre des émotions fortes aux lecteurs.

Émotion, Philosophique, Psychologie

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

de Stefan Zweig
Poche – 1 janvier 1992
Éditions : Le Livre de Poche

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée… Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Dans ce court mais intense roman, Stefan Zweig nous plonge au cœur des tourments de l’âme humaine à travers le récit bouleversant d’une femme aristocrate dont la vie bascule en l’espace d’une seule journée. Lors d’un séjour dans une pension de la Côte d’Azur, la narratrice, une femme respectable et bien établie, se laisse submerger par une attirance irrépressible envers un jeune homme tourmenté, accro aux jeux de hasard. En une nuit, poussée par un élan irrépressible, elle remet en question tout ce qui définissait son monde, cédant à un désir aussi fulgurant qu’incontrôlable.

Zweig, avec son talent inégalé pour disséquer l’âme humaine, dissèque avec une précision remarquable la lutte entre raison et pulsion, entre conventions sociales et élans du cœur. Son écriture fluide et vibrante saisit avec une justesse troublante les émotions qui traversent cette femme, partagée entre l’effroi et l’abandon, entre la culpabilité et l’exaltation. L’analyse psychologique, portée par une narration élégante et incisive, rend chaque sentiment palpable, chaque hésitation poignante.

Ce récit, d’une grande intensité, m’a interpellé sur la fragilité des certitudes et la force des passions inavouées. En quelques pages seulement, Zweig parvient à capturer toute la complexité de l’âme humaine et nous entraîne dans une réflexion vertigineuse sur la passion et ses conséquences.

Un chef-d’œuvre concis et envoûtant, à lire absolument !

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Extraits :

« En effet, au train de midi, exactement de midi vingt je dois indiquer l’heure avec précision parce que c’est important, aussi bien pour cet épisode que pour le sujet de notre conversation si animée), un jeune Français était arrivé et avait loué une chambre donnant sur la mer: cela seul annonçait déjà une certaine aisance pécuniaire. Il se faisait agréablement remarquer, non seulement par son élégance discrète, mais surtout par sa beauté très grande et tout à fait sympathique: au milieu d’un visage étroit de jeune fille, une moustache blonde et soyeuse caressait ses lèvres, d’une chaude sensualité; au-dessus de son front très blanc bouclaient des cheveux bruns et ondulés; chaque regard de ses yeux doux était une caresse; tout dans sa personne était tendre, flatteur, aimable, sans cependant rien d’artificiel ni de maniéré. De loin, à vrai dire, il rappelait d’abord un peu ces figures de cire de couleur rose et à la pose recherchée qui, une élégante canne à la main, dans les vitrines des grands magasins de mode, incarnent l’idéal de la beauté masculine. »

« Pendant la nuit, il pouvait être onze heures, j’étais assis dans ma chambre en train de finir la lecture d’un livre, lorsque j’entendis tout à coup par la fenêtre ouverte, des cris et des appels inquiets dans le jardin, qui témoignaient d’une agitation certaine dans l’hôtel d’à côté. Plutôt par inquiétude que par curio-sité, je descendis aussitôt, et en cinquante pas je m’y rendis, pour trouver les clients et le personnel dans un état de grand trouble et d’émotion. Mme Henriette, dont le mari, avec sa ponctualité coutumière, jouait aux dominos avec son ami de Namur, n’était pas rentrée de la promenade qu’elle faisait tous les soirs sur le front de mer, et l’on craignait un accident.
Comme un taureau, cet homme corpulent, d’habitude si pesant, se précipitait continuellement vers le littoral, et quand sa voix altérée par l’émotion criait dans la nuit: « Henriette!
Henriette!», ce son avait quelque chose d’aussi terrifiant et de primitif que le cri d’une bête gigantesque, frappée à mort. Les serveurs et les boys se démenaient, montant et descendant les escaliers; on réveilla tous les clients et l’on téléphona à la gendarmerie. Mais au milieu de ce tumulte, le gros homme, son gilet déboutonné, titubait et marchait pesamment en sanglotant et en criant sans cesse… »

« Vous avez parfaitement raison ; la vérité à demi ne vaut rien, il la faut toujours entière. Je rassemblerai toutes mes forces pour ne rien dissimuler vis-à-vis de moi-même ou de vous. Venez après diner dans ma chambre (à soixante-sept ans, je n’ai à craindre aucune fausse interprétation), car dans le jardin ou dans le voisinage des gens, je ne puis parler.
Croyez-moi, il ne m’a pas été facile de me décider. »

Né à Vienne en 1881, fils d’un industriel, Stefan Zweig a pu étudier en toute liberté l’histoire, les belles-lettres et la philosophie. Grand humaniste, ami de Romain Rolland, d’Émile Verhaeren et de Sigmund Freud, il a exercé son talent dans tous les genres (traductions, poèmes, romans, pièces de théâtre) mais a surtout excellé dans l’art de la nouvelle (La Confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme), l’essai et la biographie (Marie-Antoinette, Fouché, Magellan…).
Désespéré par la montée du nazisme, il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis.
En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.

Drame, Polar, Psychologie

La vallée des égarés

de Céline Servat
Broché – 13 février 2025
Éditions : Taurnada

Le Comminges. Dans ce coin tranquille, au pied des Pyrénées, la présence incongrue d’un corps mutilé va mobiliser les gendarmes de Salies-du-Salat, associés pour l’occasion à la section de recherche de Toulouse.
Marco Minelli, comptable sans histoires, se retrouve mêlé bien malgré lui à une enquête angoissante qui va le plonger dans les affres du doute, tiraillé entre la raison et la folie.
Ces petites bourgades aux ruelles paisibles abritent-elles la tanière d’un tueur sanguinaire ?
Qui sera la prochaine victime ?

Marco Minelli travaille comme comptable dans une petite entreprise établie dans le sud de la France, plus précisément dans les Comminges, au flanc des Pyrénées. C’est un solitaire, mais grâce à son don inné, il vient fréquemment en aide à ceux qui pourraient nécessiter ses compétences. En effet, Marco “soigne le feu”.
Un soir, suite à un appel téléphonique, il se déplace chez un individu pour qui il avait récemment prodigué des soins. Marco découvre son corps horriblement mutilé. Il est saisi de peur, s’enfuit et n’ose pas alerter les autorités. De retour chez lui, il se confie à Manue, sa voisine qu’il estime beaucoup. Elle lui recommande vivement de contacter les forces de l’ordre et de leur dire la vérité. Bien malgré lui, il les contacte, mais en utilisant un numéro masqué !

Très vite, la police identifie une nouvelle victime, également liée à Marco. La posistion de Marco est mise à mal suite à certaines informations le concernant, le plongeant dans un océan de doutes, tiraillé entre la rationalité et la folie.
Quel rôle Marco joue-t-il réellement dans cette affaire ?
Manue, sa voisine, est fermement convaincue de son innocence et se donne pour mission de tout mettre en œuvre pour le soutenir. Toutefois, Marco a agi de manière étrange ces derniers jours, de multiples visions perturbent son esprit et semblent mettre en péril sa routine quotidienne.
Qui est-il véritablement ?

Ce livre m’a permis de découvrir Céline Cervat, et j’ai passé un moment de lecture captivant et agréable. L’histoire est habilement élaborée et les personnages ont vite réussi à me séduire, voire à m’émouvoir.
Céline, assistante sociale, dans la vie, elle-même, aborde et défend une question particulièrement sérieuse et délicate, relative aux problèmes rencontrés par les enfants placés dans des foyers d’accueil.

Un polar saisissant, ponctué de descriptions parfois crues, qui évolue dans un univers obscur mais malheureusement réaliste, affectant les enfants abandonnés ou négligés par leurs parents, ou pas dont l’innocence a été volée, voire maltraitée, qui vivent en détresse et sont en danger.
En tant que lecteur, j’ai une fois de plus été confronté aux dures réalités du monde… Toutefois, le talent de l’écrivaine et son style d’écriture m’ont permis d’apprécier pleinement le roman… D’ailleurs j’ai hâte de la redécouvrir à travers ses précédents ouvrages !

Pour répondre à sa question posée dans les remerciements, oui, j’aimerais beaucoup “revoir” ses personnages dans de futures péripéties.

Un grand merci à Joël Maïssa, de Taurnada Editions.

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Extraits :

« File d’attente à la boulangerie, j’attends patiemment mon tour. D’abord la dame aux cheveux gris et au serre-tête, puis l’électricien de la rue d’à côté. Ensuite, je demanderai ma baguette pas trop cuite. J’aime cette routine. Je me délecte des moments anodins où je passe inaperçu. J’ai toujours voulu être comme tout le monde et j’y arrive, la plupart du temps. »

« Le soleil déclinait, rasant les toits commingeois. Il s’accrochait aux rétines, l’espace d’un instant, au point d’aveugler quiconque le défiait. La rivière, large, impressionnante en cet endroit, caracolait à une vitesse folle, tel un cheval au galop. Elle emportait tout sur son passage : les branches, les détritus – échoués là par la paresse ou l’inconscience de certains – et même la motivation sportive de Marco Minelli, qui contemplait les flots depuis le pont. »

« Marco avait toujours eu peur de l’occulte, tout en se sentant attiré par les expériences que des camarades plus hardis lui contaient. En fin de collège, il lui était arrivé de participer à une séquence d’écriture automatique, ou à plusieurs soirées consacrées à l’utilisation d’une planche de ouija. Ils « faisaient le verre », comme disaient ses camarades. Le frisson de l’inconnu avait cédé la place à de gros doutes. Marco, déstabilisé, ne voulait pas savoir si l’au-delà existait.
La réponse l’inquiétait trop. Il avait cherché une explication lui permettant de rationaliser ce à quoi il avait assisté. Ses nuits s’étaient peuplées de terreurs nocturnes, des visages lui étaient apparus dans l’obscurité, même une fois éveillé. Était-il devenu fou ? »

Céline Servat est une Autrice de thrillers, polars et romans noirs.

Son premier roman Internato, le premier d’une trilogie sur les dictatures et les secrets de famille, est édité par M+ éditions en 2020. En 2021, sort le deuxième tome, Norillag, et en 2022, la trilogie se conclue avec Alambre.
Elle est aussi co-autrice de deux recueils de nouvelles, Au-delà de nos oripeaux, avec G. Coquery, et Une plongée dans le noir avec son frère, le musicien Tomas Jimenez.
En 2024, les éditions cairn publient Le bœuf n’a plus la cote, un polar gourmand sur le thème ovalie et gastronomie, conformément à leur collection du même nom.
Mariée et mère de deux enfants, elle vit à Encausse-les-Thermes dans les Pyrénées Hautes-Garonnaises où elle travaille comme assistante sociale auprès d’enfants qui ont des troubles du comportement.
Céline est organisatrice du salon du polar T(h)ermes noirs. Elle est membre du collectif les louves du polar.

Émotion, Humour, Nouvelles, Poésie, Psychologie

Je ne suis pas seul à être seul

de Jean-Louis Fournier
Broché – 2 octobre 2019
Éditions : JC Lattès

Le premier souvenir de solitude ? Un petit garçon coiffé en brosse qui réclame sa mère à l’accueil d’un grand magasin.
Plus tard, c’est un enfant de 10 ans qui nage seul dans la mer du nord et qui lorsqu’il se retourne découvre la plage vide : personne ne l’a attendu. Puis c’est la première danse refusée, la première rupture, le premier deuil, mais c’est aussi tous ces moments choisis, voulus, espérés, goutés : seul avec un livre, avec une musique, seul à regarder les autres, seul en écrivant. Jean-Louis Fournier est toujours ce petit garçon, fils unique qui rêvait d’amitiés et d’une grande famille mais qui espérait aussi s’échapper, grandir, rester seul.
Aujourd’hui dans un grand appartement, après la mort de sa femme, de ses amis, de son éditeur, ce désir des autres et ce besoin de solitude sont restés les mêmes et il passe de l’un à l’autre. Avec un mélange de douceur, de tristesse et d’espièglerie, il regarde les fenêtres toujours fermées de ses voisins (des gens seuls comme lui ?), il observe ce monde où les hommes sont ultra connectés et semblent n’avoir jamais été aussi seuls, il attend la visite d’une jeune femme qui l’emmène au musée, qui le distrait, lui apporte sa jeunesse : mais des deux qui est le plus seul ?
Un livre tendre, délicat, mélancolique parfois qui ressemble à une aquarelle de Turner et à un dessin de Sempé.

« Une plume alerte et incisive »
Marie France

« Un livre tendre, cocasse, drôle comme un dessin de Sempé. »
Marie France

« Jean-Louis Fournier se soigne par l’humour, les traits d’esprit, la provocation hilarante »
La Croix

Un ouvrage très plaisant, riche en humour et en vérités…

Isolé dans mes pensées depuis de nombreuses années, en dépit de toutes les personnes qui m’entourent, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, où, comme vous l’avez sans doute deviné, j’y ai souvent trouvé un écho à mon expérience personnelle !
Et oui, il a profondément résonné en moi, me rappelant mon enfance, mon adolescence et ma vie d’adulte, en restant toujours le même, avec mes livres et ma musique dans la tête.
Je découvre Jean-Louis Fournier avec cet ouvrage et je me rends compte que je le connaissais déjà, sans le connaître !
La Noiraude, c’était lui ! Antivol (l’oiseau qui ne savait pas voler), c’était également lui !

Le livre est extrêmement amusant, percutant, bienveillant et par moments même tourné en dérision. Évidemment avec de l’autodérision pour dissimuler sa souffrance, de l’exagération en ces instants d’effroi où la communication avec autrui, ceux qui sont en face et nous observent est indispensable et quelquefois des instant « bénis », assis sur un fauteuil, sur un banc et appréciant la solitude et le calme.
Une succession de petits textes, tous liés à la thématique de la solitude. Les épreuves que la vie quotidienne peut infliger, les dimanches interminables, les moments de départ en vacances, sans oublier la maladie et le décès.

L’auteur nous indique l’importance de surmonter la peur et de mener une vie harmonieuse. Non, la solitude n’est pas un mal. Elle offre également l’opportunité de se ressourcer, de se reposer, d’apprendre… entre les moments collectifs et forcément plus bruyants !
Il offre à ses lecteurs une méthode unique et amusante pour vaincre la peur de la solitude, tout en les encourageant à mieux se comprendre.

Après avoir fini le livre, j’ai Ressenti le désir de rendre visite à mes amis et à mes proches qui, je le sais, sont seuls…
Bon, j’y vais !
Un agréable moment de détente.

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Extraits :

« J’en ai marre d’être seul, de plus en plus seul, de plus en plus vieux, de plus en plus moche…
Si j’avais su, je serais pas vieux. »

« Mes angoisses me tiennent compagnie.
Il y a quelques années, on m’avait donné l’adresse d’un nouveau psy. Il y avait foule devant son cabinet, une longue queue attendait.
Je regardais les autres avec sympathie.
Le psy soignait avec succès les agoraphobes et les gens qui souffrent de solitude.
Dans la salle d’attente bondée, je n’avais pas pu trouver une place assise, je me sentais moins seul. »

« L’homme seul monologue et soliloque, il s’enlise parfois dans ses pensées, il tourne en rond, il fait du surplace, il n’avance pas.
Je n’oserais pas dire que je ne m’ennuie jamais quand je suis seul avec moi, les mauvaises langues diraient que je me contente de peu. C’est vrai qu’il y a des autres avec qui je m’ennuie plus qu’avec moi. »

« À l’occasion d’un documentaire sur l’identité, un pédopsychiatre avait déclaré qu’un enfant devenait vraiment lui la première fois qu’il disait non.
Comme je voulais être moi et pas un autre, j’ai souvent dit non.
En disant non on se sépare des autres, on déso-béit, on s’expose à la solitude. Mais on gagne en liberté. »

« Ils sont en face de moi dans le train.
Un couple banal, ils ont une trentaine d’années et des survêtements, ils sont gros. Ils ont des écouteurs sur les oreilles, leur regard est vide.
Qu’est-ce qu’elle lui trouve ?
Avec lui, elle se sent moins seule.
Qu’est-ce qu’il lui trouve ?
Avec elle, il se sent moins seul. »

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision, né le 19 décembre 1938 à Calais.

Il réalise régulièrement l’émission télévisée Italiques de Marc Gilbert entre 1971 et 1974.

Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d’Antivol, l’oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il a été le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986).

En 2008, Jean-Louis Fournier publie le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui reçoit le prix Femina, suscite un certain nombre de controverses et une réponse de la mère des deux garçons.

Depuis, il écrit un roman chaque année.
Poète et Paysan en 2010, Veuf en 2011. En 2013, il sort La servante du Seigneur dans laquelle il parle de sa fille. Celle-ci a exigé et obtenu un droit de réponse. À la fin du roman, elle signe 5 pages avec sa version des faits.
En 2020, il publie Merci qui ? Merci mon chien.

Jean-Louis Fournier a écrit et joué au Théâtre du Rond-Point deux pièces inspirées de ses écrits, Tout enfant abandonné sera détruit, donnée en novembre 2011 et Mon dernier cheveu noir, donnée en novembre 2012.

Drame, Folie, Psychologie, Thriller psychologique

La Catalane

de Eric Dupuis
Broché – 8 mars 2023
Éditeur : Editions Cairn

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Victoire Rhéexas, gardienne de la paix à la Brigade Anti-Criminalité de Paris, et championne de Boxe, revient sur ses terres natales dans les Pyrénées-Orientales, après dix ans d’absence. Venue se ressourcer, son retour provoque tellement de remous qu’il ne se déroule pas vraiment comme elle l’avait envisagé. Témoin d’une découverte macabre, la policière est plongée bien malgré elle dans une spirale où son passé et ses problèmes personnels vont s’entremêler au coeur d’une affaire criminelle des plus abominables. Vic va devoir jouer des poings, sa discipline favorite, pour espérer rester dans les cordes, et regagner le chemin de la rédemption.

 

• Couv_2024-069_Dupuis Eric - La Catalane

 

Encore une belle surprise. Décidément, cette rentrée est particulièrement attractive…
C’est mon troisième coup de cœur à la suite !

Avec cette intrigue particulièrement prenante, Éric Dupuis frappe très fort dans ce récit mélangeant les genres, mais restant résolument un excellent Polar, avec des personnages différents de ceux auxquels il m’avait habitué. Victoire en est l’exemple principal. J’espère d’ailleurs la retrouver dans une suite ou dans un préquel. J’ai comme l’impression qu’elle a encore de nombreuses choses à nous raconter.

Le récit commence très vite et très fort. Il est d’une violence physique et psychologique très au-dessus des autres romans de l’auteur. Il m’a fallu relire certains passages deux fois, tant ils m’ont surpris, voire estomaqués, mais c’est pour la bonne cause, pour le plaisir du lecteur. Le ton général résolument visuel m’a complètement embarqué comme dans un film, où la facilité aurait été de parfois fermer les yeux pour ne pas subir la violence récurrente du récit. Mais vous aurez beau fermer les yeux, les mots eux, resteront inscrits dans votre esprit quoi qu’il advienne !

Victoire Rhéexas est gardienne de la paix à Paris. Femme attachante et en même temps à fleur de peau, en parallèle c’est une championne de boxe.
Sous le coup d’une procédure disciplinaire, elle va profiter d’un congé forcé, pour se rendre, avec son chien “Mec”, dans sa région natale, dans les Pyrénées-Orientales, qu’elle avait quitté depuis pratiquement dix ans. Aujourd’hui, elle a besoin de se ressourcer et de retrouver ses racines, mais l’accueil de ses amis à son arrivée est plutôt froid. En effet, c’est suite au décès d’un des leurs qu’elle avait quitté la région.
Seul Vincent devenu gendarme, se montrera à la hauteur de leur ancienne amitié. Enquêtant sur l’enlèvement de jeunes garçons de 8 ans et de leurs parents qui disparaissent également, Victoire va s’infiltrer dans son enquête et tenter de l’aider. Faisant son jogging matinal, elle fait une découverte dont elle aurait bien pu se passer…

Un roman qui aborde frontalement les violences conjugales, les violences faites aux enfants et plus encore. D’ailleurs certaines scènes sont particulièrement dures, notamment les scènes de viols, mais elles justifient, je pense le besoin d’Éric, d’écrire ce récit. Rien n’est gratuit, rien n’est de trop…
Éric joue avec nos nerfs et il sait y faire, “embrassant” toutes les émotions qui font de ce récit un excellent Polar !
L’histoire ne laisse pas indemne et chaque rebondissement est un plus, qui vous invitera, je l’espère à aller encore plus loin dans l’univers de l’auteur qui m’a vraiment bouleversé, et dont le Prix Guy Raynaud 2024 ne me surprend pas.

Prix

Un grand merci aux Éditions Cairn pour leur confiance !

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Extraits :

« Le souffle court et rapide, il haletait, tant le désir d’assouvir sa pulsion devenait intense. Dans ces moments-là, il était capable de tout. Il tenta de se contenir, conscient qu’il allait devoir encore patienter. Attendre le moment propice pour agir. Le terrain en pente, l’homme avait remarqué que sa proie descendait parfois récupérer le ballon, en disparaissant quelques instants de l’axe visuel de son camarade. Instant précis qu’il choisira pour frapper… »

« Mon esprit, assez perturbé en ce moment, n’a vraiment pas besoin de s’encombrer des mauvaises ondes insufflées de mon enfance. »

« L’individu encagoulé lâcha un râle de jouissance. Telle une bête en rut, après le coït, il se décolla de l’entrejambe d’Évelyne, non sans laisser couler une traînée de son liquide séminal. Plaquée en position ventrale sur la table, les jambes droites plaquées contre le rebord, la jupe retroussée, elle avait les membres ligotés à chaque pied. Son viol, d’une terrible brutalité, venait de se produire devant les autres détenus, médusés. »

« Myriam eut le temps de constater, avant que leur tortionnaire ne masque son entrejambe, que son sexe était démesuré. Raisons de ses douleurs atroces occasionnées lors des pénétrations forcées et la résultante de ses saignements abondants. »

« Juste pour vous prouver qu’ici, personne ne doit se croire à l’abri, tout le monde est traité à la même enseigne. Et doit suivre un seul et unique objectif : la discipline. La seule notion qui doit vous apporter la sérénité de l’esprit. Le reste n’est que pacotille, futilité… Ramène ton cher mari dans votre chambre, ordonna-t-il à Myriam. »

 

 

Né dans les années 1960 à Courrières dans le Pas-de-Calais, Éric Dupuis poursuit ses études secondaires à Lens avant d’incorporer le premier contingent de policiers auxiliaires en octobre 1986, puis de devenir gardien de la paix en 1987. Après plusieurs années sur la voie publique et trente ans de carrière dans la police nationale en région parisienne, il devient major-instructeur. En tant que formateur en sécurité intérieure, il enseigne aujourd’hui activités physiques et professionnelles : tir, auto-défense et techniques de sécurité en intervention. Il est également passionné par les arts martiaux et notamment par le krav maga, une discipline d’auto-défense qu’il pratique et enseigne en tant que 4e dan.
Dans le cadre de son travail d’acteur et de conseiller technique pour le cinéma et les séries télévisées, il se lance dans l’écriture et propose ses récits. Après Aussi noir que le charbon, il publie un autre polar se déroulant dans le bassin minier : Devoir de mémoire. Un retour aux sources, en quelque sorte…

Aussi noir que le charbon
https://leressentidejeanpaul.com/2019/02/19/aussi-noir-que-le-charbon-de-eric-dupuis/

Devoir de mémoire
https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/27/devoir-de-memoire/

Émotion, Psychologie, Sciences

Hypersensibilité

Apprendre à identifier ses émotions et les comprendre
afin de réussir à les contrôler

de Lise Midal
Broché – 13 septembre 2022
Éditions : Autoédition

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Sommes-nous dépendant de ce que nous ressentons ?

Dans ce livre, Lise Midal détaille son ressenti à travers ce qu’elle a vécu durant sa quête vers le développement personnel en réponse à son hypersensibilité.

Son histoire transcende les limites d’une croyance ou d’une tradition religieuse. L’objectif est d’accéder à ses pensées les plus intimes et de donner à l’auteur une certaine maîtrise de l’agression émotionnelle qu’elle subissait au quotidien.
C’est ce qui lui a permis d’atteindre et de conserver, tout au long de son existence, un état d’éveil caractérisé par l’harmonie et la stabilité émotionnelle.

 

• Couv_2024-063_Midal Lise - Hypersensibilité

 

C’est la première fois que je lis un livre sur cette thématique, et j’avoue qu’il m’a fait du bien.

Je me suis reconnu régulièrement à travers différents exemples, qui m’ont permis de comprendre et de mettre des mots sur ce que je vis depuis maintenant un peu plus de 50 ans !

Je ne savais pas d’ailleurs, que nous étions aussi nombreux à vivre cet état. Les exemples donnés par l’auteure sont précis et parlants, et je pense que c’est un livre parfait pour découvrir l’hypersensibilité.
Il se lit vite et il est clair, ensuite, libre à chacun de nous de poursuivre ou pas, en passant par des livres peut-être un peu plus étoffés !

Je le recommande à toute personne qui pourrait se sentir concernée par l’hypersensibilité… C’est une bonne entrée en la matière !

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Extraits :

« Afin de devenir la meilleure version de nous-même et de commencer à vivre avec passion et détermination, il faut faire le tri de notre inventaire émotionnel.
Nous, les êtres hypersensibles, sommes très compliqués. Nos sentiments sont une petite, mais importante partie de ce que nous sommes. En fait, il a été largement admis que les émotions étaient l’adversaire numéro un des hypersensibles. Faux ! C’est avant tout l’ignorance ! »

« La colère, la joie, la tristesse, la surprise, le dégoût, l’auto-hostilité, le mépris, la peur, la honte, et la culpabilité ne sont que quelques-unes des émotions qui peuvent affecter notre vie quotidienne et nos relations avec les autres. Les émotions ont le potentiel de dominer nos décisions à des moments critiques. Les émotions jouent un rôle dans tout ce que nous faisons, des décisions que nous prenons à la façon dont nous interprétons le monde qui nous entoure. Il faut donc les distinguer, pas les combattre. »

« Lorsque je me sens submergée de sentiments, il est rare que je trouve la bonne attitude à adopter, à savoir le recul nécessaire à la situation. Nier les conséquences négatives de la surcharge émotionnelle et de la surstimulation est risqué pour une personne hypersensible comme moi, et peut avoir des résultats dévastateurs pour mon bien-être. »

« Malheureusement, ce n’est pas arrivé qu’une seule fois, mais plusieurs. À l’école, on se moquait souvent de moi parce que j’étais trop émotive et que je réagissais de façon excessive. Il y avait des moments, en classe, où j’avais les larmes aux yeux parce que je n’arrivais pas à comprendre ce que le professeur essayait de m’expliquer. Je pleurais si un camarade refusait mon invitation à jouer. Quand quelqu’un me parlait, je disséquais chaque mot. »

 

Pour mon propre plaisir et ma propre thérapie, j’ai décidé de raconter comment j’ai pu guérir mon hypersensibilité telle qu’elle a atteint ma vie, ainsi que de raconter la vie de celles et ceux qui m’ont entouré, en particulier mon mari et mes enfants.
À travers cet ouvrage vous allez apprendre à faire face à la surcharge émotionnelle et mieux canaliser votre énergie.

Lise Midal

Drame, Psychologie, Suspense, Thriller

Invisibles & Fatales

Francs Mensonges*
de Muriel L. Mazoëlys
Broché – 1er décembre 2022
Éditions : auto-édition

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La vérité est une arme à double tranchant.

1er décembre. Toscane.
Libérez-moi de ce calvaire ! Comme chaque dimanche, Lucio Andreotti, petite crapule de bas étage, écoute sa belle-mère ressasser ses souvenirs insipides. Soudain, elle évoque un incendie meurtrier. Interloqué, il tend l’oreille. Ce nom ? Il le connaît. Ces informations ? Elles le ramènent seize ans en arrière ! Poussé par la curiosité, il entreprend aussitôt de déterrer les secrets du passé. Sans anticiper les conséquences…

Un mois plus tard. Lille.
Matthew, interne aux urgences, mène une vie bien rangée. En quelques jours, tout bascule. Chantage, overdose, meurtre… L’un après l’autre, les événements s’enchaînent et le précipitent dans une spirale de violence. Brutalement, l’évidence s’impose : quelqu’un, quelque part, l’a désigné pour cible.
Confronté à ses démons, balloté entre soif de vengeance et quête de vérité, parviendra-t-il à reprendre possession de sa vie… et de son avenir ?

 

• Couv_2024-057_Mazoëlys Muriel L. Invisibles & Fatales*

J’ai dévoré ce roman en quelques heures !

Embarqué dans ce roman scientifique-politique-policier-thriller-médical avec une intrigue complexe, une touche de fantastique et plus encore… pas moyen de m’arrêter, les pages ont défilé à toute vitesse, jusqu’à l’excellent final qui n’en est pas vraiment un, puisque “Invisibles & Fatales” est le premier tome d’une trilogie, “Francs Mensonges”.

Seize ans auparavant en Toscane.
Un incendie, toute une famille qui décède, sauf un garçon de huit ans, Mattéo qui a disparu. Comment a-t-il fait pour éviter le drame ? A-t-il survécu ?
Aujourd’hui à Lille.
Matthiew est urgentiste dans un hôpital. Il vit heureux, il a des amis avec lesquels il sort régulièrement, une famille qui croit en lui et qu’il aime et une belle amoureuse depuis quelques jours. Une vie banale au premier regard, mais Matthiew sait tout au fond de lui, qu’il n’est pas un homme ordinaire. Un soir suite à une chute de moto, tout va basculer, il va être obligé de se cacher afin de protéger sa vie. Commencera alors une aventure qui ressemble à un puzzle où chaque pièce devra trouver, et vite sa place, si elle ne veut pas disparaître…
Les personnages sont tous attachants, certains sont intrigants, l’histoire est palpitante, se déroulant à Lille, en Normandie et en Toscane, entre passé et présent.

On sent le plaisir de l’écriture fluide et addictive, à chaque moment. C’est réfléchi, très riche dans le vocabulaire, technique même, beaucoup de scènes se déroulent en hôpital, et centres de recherche, mais sans être insurmontable. Je n’ai pas été surpris du tout de voir que l’auteure est une ingénieure et docteure en sciences, une scientifique qui m’a complètement emporté dans son univers à plusieurs dimensions, plein de mystères, de suspenses et de nombreux rebondissements.

En fin de lecture, j’ai appris en faisant quelques recherches, que c’était le premier roman de Muriel Mazoëlys. Impossible dans ce cas, de ne pas placer ce récit en coup de cœur !
Superbe lecture et très belle réussite pour moi !

N’hésitez pas, Muriel est une belle découverte, qui mérite, pour moi, un lectorat en conséquence !

Devinez quel est le livre que je suis en train de lire ?

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Extraits :

« Quatorze mille quatre cents secondes. Autant dire une éternité. Lucio se trémoussa sur son fauteuil, fixant d’un œil éteint les aiguilles de l’antique horloge romaine qui le narguaient. Elles tournaient si lentement que le cours du temps semblait figé dans cet entre-deux terne, où présent et passé s’unissaient dans l’attente d’un avenir inéluctable. »

« Avec délice, Matthew s’étira dans son lit, profitant de ces instants précieux, où les rêves sont encore si proches et la réalité si lointaine.
Cet intermède était son moment préféré. Au réveil, l’éventail des possibles était encore complet.
Un regard à la lumière filtrant par les stores lui apprit qu’il n’était pas tôt, loin de là. Évidemment, couché à quatre heures du matin, il était légitime qu’il ne s’éveille que sur le coup de midi. »

« La scrutant, Matthew évalua la situation et ouvrit son bras, l’invitant. Aussitôt, elle se blottit contre lui, profitant de sa chaleur. Nichée contre son épaule réconfortante, Giulia cala son pas sur le sien et ils gagnèrent le bord de mer. Ils le longèrent lentement, en silence, profitant de l’immensité du ciel et du rythme apaisant du ressac. Les lumières du restaurant et du front de mer s’atténuaient alors qu’ils progressaient paisiblement. Bientôt, ils n’eurent que la lune pour témoin. Trop vite, la digue prit fin. Le regard perdu dans la contemplation des vagues, Giulia murmura :
– C’est magnifique, n’est-ce pas ?
– Effectivement. La vue est parfaite. »

« Alain Duhamel avait motivé ses troupes. On ne pouvait laisser une jeune femme mourir dans l’un des meilleurs hôtels de la ville sans élucider la cause de son décès et, le cas échéant, identifier le coupable. Le Maire avait appelé lui-même le commissaire divisionnaire. Qui l’avait appelé à son tour. La gamine était la fille d’un riche industriel italien. »

 

Ingénieure, docteure en sciences, maman et grande amatrice de chocolat, Muriel MAZOËLYS puise son inspiration dans les découvertes scientifiques et technologiques qui rythment notre quotidien ainsi que dans les grands défis que nous devons relever.

Portée par ses activités de recherche, elle développe dans ses romans l’ambiguïté sous-jacente à toute découverte : là où certains s’extasient d’un progrès phénoménal, d’autres y voient une menace ou pire, une opportunité d’instrumentalisation.

Elle aime tisser des intrigues complexes et mêler suspense, sciences et secrets dans ses romans. Quatre mots-clés résument son inspiration : la famille, la science, les secrets et l’amitié. Si ces thèmes vous interpellent, foncez découvrir sa plume !