Émotion, Histoire, Philosophique

La prophétie des Andes

Et si les coïncidences révélaient le sens de la vie ?
de James Redfield
Poche – 2 décembre 1997
Éditeur : J’ai lu

• Bandeau_Intro - 1.jpg

À l’origine, un manuscrit fabuleux rédigé six cents ans avant J.-C. et une prophétie : notre société va subir un grand bouleversement. Intrigué, le héros de cette histoire s’envole pour le Pérou à la recherche du mystérieux grimoire, objet de toutes les convoitises, qui va transformer sa vie. Commence alors une aventure magique et enchanteresse, une dangereuse initiation: une quête en neuf étapes qui le mène du sommet des Andes au cœur de la forêt amazonienne sur la voie des révélations de la vie. Quand, au terme de son périple, le héros découvre le vrai sens de son existence, c’est notre propre quête qui débute. Pour James Redfield, si nous restons attentifs et savons percevoir le grand mystère de l’existence, nous nous apercevrons que nous avons été judicieusement placés, à l’endroit adéquat… pour changer quelque chose en ce monde.

 

• Couv_2023-057_Redfield James - La prophétie des Andes

 

Je me rappelle avoir acheté ce roman à la librairie de Saint-Leu-la-Forêt en 1996, lorsque nous avons emménagé là-bas. Ce fut dans cette librairie, le premier achat d’une longue liste…
J’avais entendu beaucoup de choses très intéressantes sur ce roman et “ma” libraire l’avait trouvé formidable, mais… elle m’a tout de suite indiqué qu’une suite était sortie au États-Unis et qu’il y aurait forcément une suite à venir en France aussi. Je l’ai mis de côté. J’ai acheté à sa sortie le tome suivant, qui ne serait pas le dernier, et puis le suivant, etc…
J’ai lu le tome 1 pour la première fois, lorsque sortir ne nous était plus autorisé. Nous étions en “pandémie” COVID, enfermés chez nous. Ne sachant pas trop où nous allions. J’avais acheté le dernier tome quelques jours plus tôt. “Hasard ou coïncidence” ? Dans tous les cas, je suis très vite entré dans le livre, dont le sujet traite justement des coïncidences que nous vivons régulièrement et auxquelles nous ne prêtons pour la plupart, bien souvent que bien peu d’attention. Personnellement, je ne crois pas aux coïncidences. J’ai vécu tellement de choses allant dans ce sens que c’est pour moi, devenu même un indicateur de choix de directions de vie. Je n’ai pas écris comme d’habitude, mon ”Ressenti” en fin de lecture, car l’histoire m’avait vraiment touché personnellement et j’ai vécu quelques jours un peu perdu. Je décidai alors de le relire un jour, plus tard…

Ce jour est arrivé jeudi dernier. Après avoir lu une très mauvaise nouvelle concernant l’OMS, j’ai décidé de le relire. Depuis ma première lecture de ce livre, je voyais déjà la vie sous un angle différent. Ma famille, nos projets, ce que je souhaitais pour notre futur… Cette seconde lecture a confirmé les choix que j’avais faits à l’époque et plus encore.
“Osons”, ne plus se cacher derrière des peurs ou derrière des certitudes annoncées !
Osons, ou simplement essayons… une vie qui nous sera Propre, et non celles que d’autre nous choisissent.
Peut-être alors, nous sentirons nous grandis ?

C’est le choix que nous avons fait et nous l’assumons pleinement. Ce livre romanesque nous distille certaines “clés”. À nous de les voir ou pas. À nous de les utiliser si nous le souhaitons. Dans tous les cas, lorsque je me regarde dans un miroir, je n’ai pas honte de ce que j’ai fait.

Tout doit avoir un sens : nos rencontres, les choses plaisantes ou pas. Elles nous guident vers une direction, un but à atteindre parce que nous le souhaitons très fort et non pas par dépit en se disant : “c’est toujours mieux que rien”.

Lisez-le, peut-être, le comprendrez-vous à votre tour.
Le monde décrit par l’auteur pourrait exister, il est proche du notre. À nous maintenant, à chacun d’entre nous de faire le nécessaire pour créer cette différence tellement importante pour notre bien-être.

Lire ce livre, c’est s’émouvoir des valeurs perdues, c’est s’éveiller et pourquoi pas, se libérer une fois pour toutes des mensonges distillés par les pouvoirs en place.
Ce premier tome propose un éveil de la conscience qui est à la portée de la plupart d’entre nous. Il suffit de dire STOP, et de se poser les bonnes questions.

Quel plaisir d’avoir lu ce livre.
C’est plus qu’un coup de cœur, c’est une initiation vers une nouvelle vie !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« As-tu déjà eu l’intuition que quelque chose dont tu avais vraiment envie ? D’une direction que tu voulais donner à ta vie ? Est-ce que tu t’es jamais demandé comment faire pour que cela arrive ? Et puis après avoir à moitié oublié, t’es-tu trouvé nez à nez avec quelqu’un, ou bien as-tu lu quelque chose ou encore es-tu allé dans un endroit qui t’a justement apporté cette chance que tu attendais ? »

« La soirée avait été passionnante, mais je demeurais sceptique quant à la possibilité d’une transformation culturelle radicale. Comme beaucoup de mes contemporains, je m’étais laissé prendre par l’idéalisme social des années soixante et soixante-dix, et même par la curiosité spirituelle des années quatre-vingt. Il était difficile de juger de ce qui se passait vraiment sous nos yeux. Quel type d’information nouvelle pouvait bien suffire à transformer le monde ? »

« Pensez-vous avoir maintenant une vision plus claire du monde des hommes ? Voyez-vous ce qui nous a tous préoccupés ? Cela explique beaucoup de choses. Combien de gens connaissez-vous qui sont obsédés par leur travail, victimes de maladies psychosomatiques, stressés en permanence et qui n’arrivent pas à ralentir leur rythme. Ils ne le peuvent pas parce que leur train-train quotidien, qui réduit l’existence à des considérations pratiques, est une sorte de distraction. Et la distraction permet d’oublier que nous sommes ignorants de nos fins dernières. »

« Mais je vous dis juste ceci : la perception de la beauté est une sorte de baromètre qui annonce à chacun de nous s’il est prêt ou non à percevoir l’énergie. C’est clair, parce que, si vous observez cette énergie, vous verrez qu’elle fait partie du même continuum que la beauté. »

 

James Redfield est né le 19 mars 1950 près de Birmingham, en Alabama aux États-Unis. Il est devenu un auteur phénomène avec plus de dix millions de livres vendus. Le succès extraordinaire de cet auteur ne se dément pas.

Dans son premier roman, La prophétie des Andes, le héros part en quête d’un manuscrit qui va le mener au sommet des Andes et en Amazonie. Il découvrira au fur et à mesure de son périple neuf révélations.
Avec le second tome de la série, La dixième prophétie, le héros se retrouve dans la forêt des Appalaches et découvre une dixième prophétie.
Le troisième tome, Le secret de Shambhala, va mener notre héros dans l’Himalaya et dévoile quant à lui la onzième prophétie. La prophétie des Andesa été adapté pour le cinéma en 2006. Le DVD est déjà disponible en langue anglaise.
James Redfield travaille actuellement à la rédaction d’un nouveau roman où il dévoilera une douzième et ultime prophétie.

Émotion, Dystopie, Histoire, Philosophique

Le bâtard de Nazareth

de Metin Arditi
Broché – 2 juin 2021
Éditeur : Grasset

• Bandeau_Intro - 5.jpg

Quelle a été la vraie vie de Jésus ?
À Nazareth, au début de notre ère, deux très jeunes enfants jouent dans la rue. “Mamzer” » lance l’un à son camarade. “Bâtard !”. Personne, dans le petit village de Nazareth, n’ignore que Marie a fauté avec un légionnaire romain. Elle est une fille-mère, rejetée et méprisée. Jésus comprend pourquoi, tout autant qu’elle, il sera à jamais exclu de sa communauté : telle est l’exigence de la loi juive à l’égard des bâtards.
Grandissant, Jésus n’a d’autre entreprise que de réformer cette règle d’exclusion. Jusqu’au jour où il rencontre un autre mamzer. Outre d’être un bâtard, Judas est laid, brillant, et révolutionnaire. Il a un plan. S’appuyant sur le beau, non moins brillant, et réformateur Jésus, il met en marche sa vengeance. Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de calcul de ces deux jeunes hommes parcourant la Palestine avec un message d’inclusion ?
Un roman audacieux, étonnant, passionnant, qui réinterprète la vie de Jésus dans ses plus grands épisodes. Sa présentation aux docteurs de la loi, son sermon sur la Montagne, la multiplication des pains, les quarante jours dans le désert, tant d’autres moments de la culture religieuse universelle sont revisités à l’aune de l’inguérissable blessure d’enfance de Jésus et de sa relation aussi fructueuse que dangereuse avec Judas.

 

• Couv_2023-056_Arditi Metin - Le bâtard de Nazareth

 

Quelle a été la vraie vie de Jésus ?
Voilà le postulat de base de ce roman déstabilisant, mais surtout inventif.

Quel plaisir de tomber sur ce type d’ouvrage. Trouver un roman où l’auteur n’a pas peur de s’engager vers un terrain délicat, tout en offrant au lecteur une bonne réflexion sur la foi chrétienne et hébraïque.

Avec son titre qui peut paraître provocateur (tant que l’on n’a pas lu le récit), Metin Arditi construit un récit qui pourrait, pourquoi pas, être proche de la réalité !

J’ai toujours respecté la Religion et la Foi des gens, quelle qu’elle soit. Mais il ne doit pas être interdit d’en parler ou de se poser certaines questions. Pour le Catholique que je suis, j’ai été heureux de voir un Jésus “Humain” qui, enfant se pose nombre de questions et qui en grandissant, lutte pour l’égalité de tous, hommes et femmes, pauvres, malades, handicapés, déficients mentaux, etc. J’ai aimé ce Jésus qui a des convictions et refuse l’injustice inscrite dans les dogmes, et prônée par les rabbins. C’est un roman profond et très sensible, libre à nous de l’interpréter comme on le souhaite.

Certains passages choqueront sûrement, l’intervention telle qu’elle décrite de Judas est intéressante, une Marie très belle, pauvre en esprit, mais très gentille, abusée un jour par un soldat romain et qui lui vaudra de tomber enceinte, puis l’histoire d’amour vécu par Jésus et Marie de Magdala… une belle histoire d’amour.

Ce qui m’a plu, c’est l’amour avec un grand A, qui se dégage de cette histoire, l’amour de Jésus envers tous les siens. À aucun moment, je n’ai été choqué, au contraire, j’y ai vu un très bel hommage et une explication tout à fait convaincante du début du Christianisme, et que cela vienne justement de l’auteur Metin Arditi, juif d’origine turque est pour moi très intéressant !

J’ai adoré ce roman mêlant les réflexions et l’intimité de Jésus. Ne jugez ce livre pas avant de l’avoir lu. C’est une réinterprétation de la Religion, soit, mais c’est surtout un roman de paix et de bonté. En tant que juif, Jésus refuse tout simplement d’être un bâtard suite à une “faute” que n’a pas commis sa mère…

Coup de cœur pour moi, pour ce récit racontant la vie de l’enfant, de l’adolescent puis de l’homme qui s’opposa à l’injustice de certains écrits…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Six ans plus tôt, Joachim, le père de Marie, lui avait proposé de prendre sa fille pour épouse. De l’avis de tous, Marie était la plus belle enfant de Nazareth. À la façon qu’elle avait de poser le regard, les yeux en attente, on comprenait qu’il n’existait pas cœur plus tendre. De taille haute et de traits délicats, elle avait une grâce naturelle. Le bon Dieu l’avait voulu pauvre en esprit, mais, dans son immense bonté, il l’avait doté de mille qualités. Toujours attentive, elle faisait au mieux chaque tâche qui lui incombait. »

« Comme prévu, le garçon tenta de s’enfuir. Jésus le saisit par le poignet :
– Pourquoi dis-tu que je suis un mamzer ?
L’autre le regarda, apeuré.
– Réponds ou je te frappe ! hurla Jésus. Pourquoi dis-tu que je suis un mamzer ?
Samuel continua de rester coi, terrifié devant tant de rage. »

Une petite routine s’était installée. Jésus et lui s’asseyaient sous le caroubier et analysaient les textes tout en dégustant la confiture de Marie. Lui faire découvrir les textes sacrés était à chaque fois l’occasion de les lire d’un autre œil… La capacité du garçon à saisir leur sens profond se doublait d’une habilité naturelle à user de paraboles et de métaphores. »

« Jésus était ivre de colère. Allait-il passer sa vie à courber l’échine, à voir sa mère bafouée à cause de lois injustes ? Il les aurait battus au sang, ces quatre docteurs. Et quelle était cette religion qui humiliait l’innocent et récompensait celui qui obéissait sous la menace ? »

 

 

Écrivain francophone d’origine turque, Metin Arditi a quitté la Turquie à l’âge de sept ans, et a obtenu la nationalité suisse en 1968.

Après onze années passées dans un internat suisse à Lausanne, il étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme en physique et un diplôme de troisième cycle en génie atomique. Il poursuit ses études à l’université Stanford.

Il habite Genève, où il est très engagé dans la vie culturelle et artistique. De 2000 à 2013, il a été Président de l’Orchestre de la Suisse romande. Il est membre du Conseil stratégique de l’École polytechnique de Lausanne où au fil des ans, il a enseigné la physique (assistant du Prof. Mercier), l’économie et la gestion (comme chargé de cours) et l’écriture romanesque (en tant que Professeur invité).

En décembre 2012, Metin Arditi a été nommé par l’UNESCO Ambassadeur de bonne volonté. En juin 2014, l’UNESCO l’a nommé Envoyé spécial puis, en 2017, Ambassadeur honoraire.

De 2016 à 2019, il a tenu une chronique hebdomadaire dans La Croix.

Il est l’auteur d’essais et de romans, parmi lesquels Le Turquetto (Actes Sud, 2011, prix Jean Giono), et chez Grasset,
La Confrérie des moines volants (Points, 2014),
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/25/la-confrerie-des-moines-volants/
L’enfant qui mesurait le monde
(2016, prix Méditerranée),
Mon père sur mes épaules (2017),
L’homme qui peignait les âmes (Grasset, 2021).
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/05/lhomme-qui-peignait-les-a%cc%82mes/

En 2022, il a publié le Dictionnaire amoureux d’Istanbul (Plon-Grasset).

Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Les parapluies d’Erik Satie

de Stéphanie Kalfon
Poche – 11 octobre 2018
Éditions : Folio

• Bandeau_Intro - 4.jpg

“La folie n’est pas du côté de l’extravagance, elle est du côté de la normalité. Les gens seuls, les déviants, les étranges, les bizarres, ne sont que la doublure honnête des photocopies carbone qui représentent la masse des vivants. Ceux qui marchent sur la tête, les vrais fous, sont ceux qui n’ont jamais besoin d’air.” Le génie ou l’imposture, telle est l’ambiguïté qui a condamné Satie à la solitude. Désireux de ne jamais dévoiler ses fragilités, le compositeur a caché toute sa vie la tristesse qui le dévorait. Dans un texte aussi habité que fantaisiste, Stéphanie Kalfon la laisse résonner.

 

• Couv_2023-055_Kalfon Stéphanie - Les parapluies d'Erik Satie

 

Je connaissais Erik Satie, le musicien hors norme, mais je ne connaissais pas l’homme.

Stéphanie Kalfon, lui offre un superbe hommage et me permet de découvrir l’enfant qu’il était et l’homme qu’il voulait être. Aîné de sa famille, il a à peine quatre ans quand sa mère s’effondre après la mort subite de sa petite sœur encore bébé. La perte de sa maman sera un coup dur pour Erik en pleine construction. Il est intelligent, mais ne se mêle jamais aux autres, qu’ils soient, enfants ou adultes, il reste un solitaire. Il observe le rythme de la vie des gens. Très vite, il s’intéressera à la musique et il est doué pour ça. Son génie en la matière fera de lui un artiste précurseur, un visionnaire, musicien minimaliste et mélancolique, mais un incompris parmi les musiciens qui l’entourent.

Ce n’est pas une biographie, plutôt une fiction qui autorise dès lors Stéphanie à entrer dans la tête du musicien, à lui donner la parole et la vie, et quelle vie. Une vie où solitude, mélancolie et alcoolisme se ressentent à travers chaque phrase. Un homme perdu, dépressif presque toute sa vie, en avance sur son temps sûrement, qui brûle de créer sa musique, de la partager et de la faire entendre, mais le monde n’a pas le temps de s’arrêter, n’a pas le temps de l’écouter. Le nouveau monde va trop vite, il suit l’industrialisation de l’époque bruyante, masquant le tempo lent et intense de ses compositions, jusqu’à l’intérieur de son esprit de plus en plus fragile.

Artiste maudit et miséreux, Erik Satie était un homme libre qui refusa toutes concessions allant à l’encontre de la liberté.

Ma lecture accompagnée de sa musique, plus que présente dans mes playlists, m’a porté tout le long du récit au style fluide et puissant de l’auteure, elle porte gracieusement l’histoire par ses mots choisis, étonnants parfois, poétiques souvent, mais aussi par de nombreuses citations du compositeur… Stéphanie ouvre la porte d’un univers sombre et étouffant qui m’a paru vraiment en adéquation avec le personnage qu’il fût.

Un livre fort et prenant, qui fera découvrir le génie de Satie pour certains, l’homme incompris qu’il était pour les autres. Un roman qui a sa place dans toutes les belles bibliothèques !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« On n’envie jamais les gens tristes. On les remarque. On s’assied loin, ravi de mesurer les kilomètres d’immunité qui nous tiennent à l’abri les uns des autres. Les gens tristes sourient souvent, possible oui, possible. Ils portent en eux une musique inutile. Et leur silence. Vous frôle comme un rire qui s’éloigne. Les gens tristes passent. Pudiques. S’en vont, reviennent. Ils se forcent à sortir, discrets faiseurs d’été… Partout, c’est l’hiver. Ils ne s’apitoient pas : ils s’absentent. Ils disparaissent poliment de la vue. »

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. Un lieu pour soi, à soi, qui nous dit l’état de son âme. Et qui a fait sa légende. Lorsque ses amis ont ouvert la porte de cette chambre, le jour de sa mort, ils ne s’en sont pas remis. Ils ont manqué d’air. »

« Il sourit lointain, on ne sait pas ce qu’il pense, pire, on le devine bien trop… L’élève Satie crée un malaise : jadis, il fut un enfant impressionnable, à dix-sept ans, il est devenu un adolescent impressionnant. Sa timidité prise pour de la hauteur. Dans ses yeux, ses opinions précises clignotent comme des panneaux publicitaires. Ce qu’il pensera trente ans plus tard, il le pense déjà, inflexible et intransigeant. »

« La seule chose qui compte désormais, pour Erik, c’est l’instant pétrifié. L’immobilité de la forme. La clarté d’un espace en apesanteur. Une musique qui s’écoule, d’accord, mais émouvante et distante. Un rythme si lent qu’on pourrait craindre qu’il s’arrête, un, rien, un souffle, un rien. Du bout de la pensée, il tâtonne, il cherche les notes immobiles. Alors qu’autour de lui, quelque chose de nouveau commence : un changement de rythme, un changement perpétuel. »

« Paris change et Paris demeure. L’homme moderne voyage dans les airs, utilise l’électricité, roule en automobile, s’amuse au cinéma, écoute le gramophone et découvre l’inconscient. Les bruits de la ville ont changé. De nouveaux sons apparaissent, plus mobiles, plus industriels. L’espace s’est décomposé en petits cubes cubistes. On fabrique des sons nouveaux, parce qu’on fabrique des objets nouveaux : avions, moteurs électriques, pneus. Le temps cesse d’être unique. »

 

Née en 1979, Stéphanie Kalfon a commencé par les classes préparatoires littéraires et des études de philosophie avant de devenir réalisatrice et scénariste. Lauréate de la bourse Lagardère dans la catégorie Scénariste TV, elle a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon, diffusée sur Arte, et réalisé le film Super triste avec Emma de Causes et Philippe Rebbot.
En 2017, elle publie son premier roman, Les parapluies d’Erik Satie, qui a été très remarqué par la critique.
Elle publie Attendre un fantôme, en 2019;
et Un jour, ma fille a disparu dans la nuit de mon cerveau, en 2023.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/23/un-jour-ma-fille-a-disparu-dans-la-nuit-de-mon-cerveau/

Émotion, Drame, Folie, Psychologie

Prise au piège

de Mélanie Lebihain
Broché – 5 mai 2023
Éditeur : BOOKS ON DEMAND

• Bandeau_Intro - 3.jpg

Alors que Léa pense avoir enfin trouvé l’amour parfait suite à sa rupture avec Mathéo, une tempête va s’abattre et se déchaîner sur sa nouvelle relation si harmonieuse. Claudia, sa meilleure amie, va tenter de l’aider à gérer toute cette situation. Va-t-elle y parvenir ? Léa ouvrira-t-elle les yeux à temps où se laissera-t-elle manipuler par cet homme si narcissique ? Que va vivre Léa ? Sortira-t-elle saine et sauve de cette emprise ou vivra-t-elle un réel cauchemar vivant, dans lequel policiers et gendarmes interviendront ? Vous trouverez toutes les réponses dans ce livre aussi prenant que rebondissant, avec des passages houleux, mais aussi dramatiques, graves et violents.

 

• Couv_2023-054_Lebihain Mélanie - Prise au piège

 

Prise au piège, fait partie de ces petits “livres cadeaux” qui arrivent de temps en temps dans ma boîte aux lettres (gros Bisous Blandine). Des livres auxquels je suis sensible. Ils viennent régulièrement d’auteur(e)s qui ont eu, ou qui ont une vie difficile, voire une vie de souffrance. Des livres auto-édités souvent, qui peinent à s’envoler, qui ont du mal à aller vers les gens, à trouver un public…

Du coup, j’ai un peu un rôle de “passeur” et c’est parfois délicat.

J’ai entamé le récit avec un peu circonspection. En effet, je n’ai pas été emballé de suite…
C’est le titre. Un titre qui ne laisse aucun choix au suspense qui m’a, je dois le dire embêté.
C’est dommage…

Je commence ma lecture, les mots, les phrases de Mélanie sont simples et fluides, j’avance doucement… Au bout de quelques chapitres, l’écriture change, plus captivante, plus pointue aussi, ma vitesse de lecture s’accélère, jusqu’à trouver le bon rythme. Celui qui me convient… J’ai bien fait d’insister !

Léa est une belle femme. Belle dans son corps, belle aussi dans sa tête.
Malheureusement, son histoire d’amour, ne ressemble plus à ce dont elle rêvait. Son histoire vire au cauchemar comme il arrive bien trop régulièrement, à trop de femmes… C’est dur et assez prenant pour vite savoir la fin !

Finalement lu d’une traite, Mélanie est arrivée à titiller ma lecture jusqu’au bout, avec un vrai suspense, pas tellement pour le lecteur, mais pour les amis de Léa, et surtout Claudia qui fera tout son possible, malgré la situation, pour retrouver sa meilleure amie !

Agréablement surpris pas ce récit, que je conseille !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Tous les quatre se réunissent autour de la jolie table décorée pour l’occasion et commencent par faire plus ample connaissance avec Jérôme. Il est très vite apprécié par le couple qui le met à l’aise. Le repas se déroule dans la joie et la bonne humeur, ce qui est très appréciable pour tous. »

« Pendant ce temps, dans la spacieuse berline noire de Jérôme, l’homme reprend une attitude tout à fait normale. C’est comme s’il ne s’était rien passé quelques minutes plus tôt. C’est incompréhensible ! »

« Depuis l’emménagement avec Jérôme, Léa se fait de plus en plus silencieuse, au plus grand désarroi de ses amis. Elle envoie de moins en moins de messages, annule leur rendez-vous ou leur resto et à l’inverse préfère passer plus de temps avec lui qu’avec les filles. »

« La soirée se poursuit dans une ambiance conviviale et joyeuse. Comme à leur habitude, ils passent plusieurs heures à discuter, à jouer sur la console et au billard de Jérôme, installés dans cet énorme salon. C’est une nouvelle fois un bon moment de détente, de joie et d’échange. »

« Le lendemain, Léa enfile sa blouse blanche et retrouve ses petits patients à l’hôpital. Elle adore son travail et les enfants, le lui rendent merveilleusement bien. Ils l’adorent tous ! »

« Ils se lèvent et se retrouvent l’un en face de l’autre, leurs regards devenant de plus en plus lumineux et leur corps se frôlant tout en créant un arc-en-ciel invisible. Les deux amis ressentent bien qu’il se passe quelque chose, mais ils font style de rien. »

 

Mélanie Lebihain a commencé son parcours d’auteure suite à l’annonce de son cancer qu’elle a voulu partager, afin de sensibiliser le plus de personnes sur ce fléau. C’est donc avec son premier livre Au coeur de mon combat que Mélanie a trouvé sa passion pour l’écriture et ne s’arrête plus depuis 2019. La suite de son combat dans Cette fois-ci je le mets KO !, puis une fiction sur le don d’organes avec Un coeur pour ses 18 ans et enfin la Collection Évasion qui comprend 10 petits livres pour aider les enfants hospitalisés. C’est aujourd’hui avec ce nouveau livre Prise au piège que Mélanie s’est lancée dans un tout autre registre.

Je m’appelle Mélanie, j’ai 35 ans et j’ai 2 enfants, 6 et 9 ans.
En janvier 2018, on m’a découvert un cancer du sein, avec 9 tumeurs dans le sein. Mastectomie, chimiothérapie, thérapie ciblée et radiothérapie.

J’ai gardé le sourire et la positive attitude qui ont été ma ligne de conduite 😉
Je me suis même lancée dans l’écrirure de mon premier livre “Au coeur de mon combat”, qui retrace mon parcours face au cancer. Je l’ai fait pour aider, accompagner et sensibiliser. Je reverse d’ailleurs 20% des bénéfices à la ligue contre le cancer.

Puis en Aout 2020, à ma grande surprise, je sens une boule sur le même coté. J’ai tout de suite compris…
J’ai gardé la même attitude. Opération, chimiothérapie + Herceptin.
J’ai écrit un second livre, qui n’a rien à voir avec la maladie. Au contraire, il permet de s’évader et de s’oxygéner en pleine nature. C’est “Journal de bord d’une randonnée familiale”.

En voyant mon parcours et surtout cette récidive, j’ai pensé à tous ces enfants qui se battent. J’ai été prise d’un grand besoin d’aider, d’être là pour eux. J’ai donc écrit une collection de livres pour enfants. Les bénéfices sont reversés intégralement à une asso proche de chez moi qui leur permet de faire des sorties, des activités. Onco Plein Air.

J’en ressors vraiment plus forte. Je m’écoute plus, je crois en moi. J’ai des rêves, des projets…

La maladie m’a changée…

Folie, Humour, Nouvelles

Ah ! Mauricette…

de José Herbert
Broché – 5 mai 2023
Éditeur : Amanite

• Bandeau_Intro - 1.jpg

Justin, instituteur à la retraite, consacre désormais son temps à l’écriture d’histoires invraisemblables et délirantes, inspirées par l’observation de ses contemporains. Il s’amuse chaque jour à les raconter à sa voisine Mauricette à travers la haie de clématites séparant leurs propriétés. Mauricette l’écoute avec beaucoup d’intérêt. Est-ce l’œuvre ou l’auteur qui la passionne réellement ? N’a-t-elle pas établi volontairement les règles d’un jeu de séduction pour arriver à ses fins ? Rondouillette, dotée d’un regard pervenche, d’une chevelure rouge garnie de bigoudis, la quinquagénaire semble naïve pour Justin le fanfaron qui donne aveuglément libre cours à son plaisir.

Ce recueil de nouvelles est construit comme un roman. Chacun des chapitres donne envie de lire le suivant. José Herbert manie l’humour parfois grivois, le cynisme, voire la folie, avec habileté, surtout quand il s’agit d’exposer certains travers de notre société. Les personnages de ses histoires sont foldingues : le flatteur de dindons, l’inventeur de l’eau en poudre, le vieux qui monte un escalier, le vendeur de chaussures à l’unité, le « muscleur » d’huîtres…

Toujours désopilant, parfois dérangeant, Ah ! Mauricette… invite le lecteur à s’interroger sur l’absurdité de certains comportements humains. À savourer avec gourmandise.

 

• Couv_2023-053_herbert José - Ah ! Mauricette..

 

C’est d’abord un peu dubitatif que j’ai commencé ma lecture…

J’avais déjà vu la couverture sur les réseaux et j’avoue l’avoir trouvée fort sympathique !
Comme je ne lis plus les 4e de couverture, je me suis lancé et…

Et…, j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit.
Deux voisins, Mauricette et Justin, font connaissance à travers le grillage qui les sépare. Ils se retrouvent régulièrement et petit à petit va naître une amitié entre eux… et petit à petit je ressens moi-même un petit quelque chose envers Mauricette et sa naïveté un peu déconcertante du début, mais vu que l’auteur, ou Mauricette, je ne sais plus est arrivée à me faire sourire et finalement rire, mon esprit un peu fermé, s’est libéré et ouvert doucement…

Ah ! Mauricette…
Je n’étais pas préparé à ta rencontre et il aura fallu la ténacité de Justin pour percevoir ton aura.
Car Mauricette est drôle et tendre à la fois avec ses cheveux rouges pris dans ses bigoudis.
Mais le plus drôle encore, c’est que j’ai appris plein de choses… Oui !!!

– “Branleur” de dindons, une profession que je ne connaissais pas !
Si, ça existe !!! J’ai vérifié sur Google !!!

– Avez-vous déjà essayé de nettoyer un trou ? Justin lui, le fait tous les matins !

– Saviez-vous que les huîtres n’avaient qu’un muscle ?

– Miss France, est-elle vraiment plus jolie que Mauricette, et sent-elle mauvais lorsqu’elle va aux toilettes ?

– Ça vous dit un conte surtout pas pour les enfants ?

– Qu’en est-il de la chatte de Mauricette ? De l’obélisque de Justin ?

Je termine mon livre un peu perdu, mais le sourire aux lèvres, car la lecture, c’est ça aussi. Aller là où je ne serais peut-être jamais allé sans avoir un peu insisté. Alors merci José, d’avoir osé ce livre qui devrait ravir tous ses lecteurs. Et putain que c’est bien écrit.

Inclassable, cocasse, un peu folle, mais parfois sérieuse aussi, finalement j’ai fini par la trouver jolie Mauricette avec ses bigoudis et elle “s’emboîte” si bien avec Justin. Elle m’a emmené dans son univers original où les gens et les choses ne sont pas forcément ce qu’elles paraissent être !

Un sacré moment de lecture, maintenant, il va falloir que je redescende sur terre…
Merci José, d’avoir agrandi mon horizon !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Pendant toute la durée de l’acte de chair, puisqu’elle réclamait de lui qu’il enceintât d’un animal, Papa montra son talent. Il aboya, il miaula, il bêla, il grogna, il rugit, il beugla, il brama, il gazouilla, il cacaba et gloussa, il coassa et croassa. Il garda le meilleur pour la fin. Au moment où ils jouirent, il poussa un énorme cocorico, le col dressé à la façon de Chantecler, le coq du roman de Renart. »

« – Justino, toi, mendiant, tu prétends t’être adonné au commerce d’allumette vers ta vingtième année. Quel âge avais-tu quand tu as rencontré le compteur danois ?
– Je n’avais pas d’âge, sauf celui de la fabulation, des mythes et des rêves. Je sens que tu ne me crois pas. Joselito, peux-tu répondre à la question suivante : Quel âge avait Rimbaud ? Impossible, n’est-ce pas ! Simplement, parce que Rimbaud n’a pas d’âge, comme Anderson, comme moi-même. »

« – Tu es une petite nature, lui dis-je, un petit cœur sensible.
– Ton histoire n’est pas terminée, Justin.
– C’est vrai ! Veux-tu veux vraiment en connaître la fin ? Ne te mets pas à pleurer, s’il te plaît !
– Oui ! Pas de soucis !
Je cherchai un endroit suffisamment large dans la clôture pour y placer ma bouche et lui bisouter les joues et, pourquoi pas, le cou. Elle passa ses bras dans d’autres trous bien choisis et m’enlaça. Comment allions-nous sortir de cette complexité métallique qui nous enchevêtrait ? Mais peu importait le ridicule de la situation, je lui livrai à la fin de mon histoire et elle gémit. Elle avait promis de se tenir. »

« Quand Philibert remplissait un formulaire pour la Sécu, par exemple, à la ligne “Profession”, il écrivait, en s’appliquant et en passant la langue, “flatteur de dindons”. Doux euphémisme pour décrire en réalité une occupation qui aurait été plus explicite, s’il avait écrit “branleur de dindons”, mais Philibert était un brin poète et, pour lui, flatter était plus poétique branler. »

« – Tu veux me montrer tes seins, Mauricette ?
Elle aimait me dévoiler des parties cachées de son anatomie, sauf la plus secrète, pour l’instant. Elle me draguait, je le constatais une fois de plus. Mais je regrettai aussitôt cette remarque, car ce que je voyais n’était guère réjouissant. Entre ses seins et son nombril logeait, un bel hématome large et coloré en un camaïeu de vert et de bleu, telle une aurore boréale au pays des Lapons. »

 

José Herbert est né à Aniche en 1944, dans le département du Nord. Il fréquenta l’Ecole Normale de Douai pour devenir ensuite instituteur à Vred, puis Auberchicourt, enfin, à partir de 1975, directeur d’école et secrétaire de mairie à Wambaix, petit village du Cambrésis. Il est maintenant installé à Loos en Gohelle. C’est un amoureux des lettres, passionné d’histoire locale, il aime l’humour loufoque, les situations hors norme, les personnages burlesques.

Il publie aux Editions Atria un premier roman, L’instituteur impertinent, qui raconte avec humour, pittoresque et tendresse, une vie professionnelle exceptionnelle.
Son deuxième roman, signé La grande faucheuse, est une pure loufoquerie. Imaginons un couple singulier. Lui, c’est Viktor, enseignant à la retraite. Elle, c’est Samantha, la grande faucheuse, la Mort allégorique, trimballant sa faux au hasard des vies à faucher. Samantha se déplace en mobylette, possède un téléphone portable, se nourrit de salades. Nos deux héros se rencontrent fortuitement, s’aiment et décident de nouer une relation forte et durable qui va les entraîner dans l’espace et dans le temps.
Dans ce dixième roman (second roman policier), il vous fera découvrir la région de Cambrai comme vous ne l’avez jamais vue.

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Une vie de flic

de Éric OLIVA
Broché – 11 septembre 2019
Éditions : City Éditions

• Bandeau_Intro - 2.jpg

Éric est flic depuis le début des années 1990. Il a d’abord exercé en Seine-Saint-Denis, le département de tous les excès, puis dans le Sud de la France. En trente ans de carrière, il a enquêté sur toutes sortes d’affaires et croisé des meurtriers, voyous, professionnels de l’arnaque, petits drogués et grands trafiquants.

Dans ce livre sans tabou, il dévoile l’envers du décor et les moments qui ont marqué sa vie de policier. Les interventions musclées où l’on risque sa vie, les planques interminables, les indics qui flirtent avec l’illégalité, les interrogatoires, le suicide de collègues, les arrestations…

Avec beaucoup de passion, il raconte ce métier souvent injustement décrié. Loin de l’image du « fonctionnaire » de police, on découvre qu’être flic c’est d’abord respecter les valeurs de courage, dévouement et intégrité. Un témoignage-vérité sur une véritable vocation au service des autres.

30 ANS DANS LA POLICE :
UN TÉMOIGNAGE UNIQUE.

 

• Couv_2023-53_Oliva Eric - Une vie de flic

 

Qui n’a jamais eu à faire avec un “flic” un jour ?
Et qu’est-ce qu’un “Flic” ?

J’ai eu la chance (ou pas, d’ailleurs, il faudrait que je leurs pose la question ! 😂) d’avoir régulièrement des policiers de tout grade dans mon entourage. Dans ma famille, certains voisins, des amis aussi…
Lorsque j’étais enfant, jamais je n’aurai osé appeler “flics” les amis de mon père qui venaient régulièrement à la maison…
La lecture captivante et très réaliste, proposée par Éric m’a fait comprendre que le mot “flic” n’était pas forcément une insulte en fonction de la personne qui le prononçait et au contraire, je pense qu’Éric l’accepte avec fierté.

Alors va pour le mot flic.
Flic, qui malheureusement de plus en plus est décrié, bafoué, insulté, caillassé…
Alors qu’il ne compte pas ses heures, en encaissant au quotidien les difficultés que l’on peut difficilement imaginer.

Avec beaucoup de pudeur Éric nous raconte sa vie, son quotidien, essentiel pour notre bien à tous, même si souvent, nous avons tendance à l’oublier. Ce sont “les gardiens de notre paix“, sans eux où serions nous ?

Une vie de flic n’est pas un roman.
C’est une succession de quinze histoires vraies, d’anecdotes vécues par l’auteur dans son quotidien… Attention, pas de héros sortis tout droit d’une série B, ou d’un film, ici les flics, sont avant tout des êtres humains.

Éric nous raconte son récit, une vie de labeur, une vie d’émotions aussi, de doute parfois, d’amour et d’entreaide souvent, nous rappelant qu’il n’est pas une machine et que c’est avec ce quotidien pesant et souvent ingrat qu’il doit se construire au jour le jour… Certains passages m’ont retourné l’estomac alors que d’autres m’ont fait esquisser un sourire. Il égratigne aussi, sans méchanceté aucune, mais avec un réel constat sur la “bureaucratie” et certaines réflexions bien menées, qui leur lie les mains et qui défait régulièrement ce que les policiers ont mit tant de mal à mettre en place.
Et malgré son vécu, j’ai senti, ou “ressenti” de la psychologie, de l’amour et beaucoup d’émotions envers toutes ces personnes qui gravitent autour de lui quelle que soient leurs conditions sociales…

Alors, merci Éric, j’ai aimé le rendu que tu nous donnes de la police, ta police, celle de tous les jours.
J’ai aimé ton écriture simple et touchante où à aucun moment, je ne me suis ennuyé, d’ailleurs le bêtisier final est une fin idéale pour ouvrir une soupape nécessaire, suite à certains passages particulièrement forts de ta vie.

Il me tarde de te rencontrer, il me tarde de pouvoir discuter avec toi…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Peu de gens sont en mesure de comprendre ce qu’est véritablement la vie d’un flic. Ce qu’il côtoie à longueur de journée, ce qu’il ressent est ce à quoi il est confronté tout au long de sa carrière. Lorsque l’on n’a pas vécu certaines situations de l’intérieur, on ne peut que se contenter de les imaginer, se les figurer, mais sans ne jamais avoir aucune certitude. On ne connaît vraiment leurs vérités crues que si l’on touche chaque image du doigt.
Leur carrière pourrait, par certaines facettes, être assimilé à celle d’un pompier d’un médecin urgentiste. Ces hommes qui sont là pour porter secours, sauver des vies, parfois au péril de la leur. Pourtant, rien n’y ressemble.
Une divergence, mais de taille, fait toute la différence. L’homme symbolise, par le biais de son uniforme, le revers de la médaille. Il est aussi celui qui sanctionne. Tout le monde en est conscient, un flic n’est apprécié que quand on a besoin de lui. Dans le cas contraire, lorsqu’il prévient le désordre, il devient, aux yeux d’une certaine caste de la population, un paria, l’empêcheur de tourner en rond, le connard de poulet. Ne vous y trompez pas, les lois ne sont pas faites par les flics, leur job est seulement de les faire appliquer, souvent avec discernement. »

« Il y a des gens qui, durant toute leur existence, n’auront aucun statut. Des personnes paisibles, des inconnus. Ceux pour qui la vie n’est qu’un simple passage sur cette terre. Ils feront leur petit bonhomme de chemin sans remous, en sachant qu’ils n’y laisseront aucune trace, seulement une vie remplie de bonheurs simples, des études, un travail, de l’amour, une famille, des enfants. Un tas de petites lueurs sans intérêt pour celles et ceux qui croiseront leur chemin, mais tellement essentiel pour eux. Une vie tranquille, pacifique. »

 

Je suis né à Casablanca en juillet 1967.

Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.

Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.

Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.

Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.

À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.

Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.

L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.

En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.

Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.

La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.

Fin février 2015, Chroniques d’une vie de flic voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.

Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)

Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.

Émotion, Drame, Folie, Histoire vraie, Noir

Je suis encore vivante, alors je parle.**

de Paloma
Broché – 5 avril 2023
Éditions : Maïa

• Bandeau_Intro - 5.jpg

À force d’avoir regardé le film de ma vie vers ce qui m’a assassinée, vers l’irréparable, je me suis brûlé les yeux. Ce retour dans le temps m’a rappelé la promesse que je me suis faite depuis le jour où j’ai emprunté la plume, celle d’arracher de mes propres mains cette espèce de poignard qui me lacère le cœur depuis toujours. Après mon enfance dévastée par une sœur déphasée, ici, dans cette suite de ma vie, je fixe douloureusement ma jeunesse détruite après avoir dit « oui » pour le pire à celui qui a lâchement mis en avant sa bipolarité, pour que je trépasse avec lui. De mes deux premières vies, je ne me souviens que d’un champ de ruines. Pour avoir mené leurs stratégies fourbes, dangereuses, diaboliques, sans même qu’ils n’expriment aucun regret, ceux-là ne méritent plus aucun de mes égards, jamais. L’écrit de mes souvenirs ne saura me faire oublier que l’on m’a arraché le droit au bonheur, et rien ne s’effacera jamais de ma mémoire, car ma rancune est lourde de haine. Alors, tant que je serai vivante, je répondrai présente, je lèverai mon poing avec rage pour briser, pulvériser et même faire écrouer tous les genres de prédateurs pour qu’enfin justice soit rendue à tous ceux qui pleurent comme j’ai pleuré. J’ai versé assez d’encre sur mes pages, j’ai versé assez de larmes dans le vide pour laisser mes lignes dans l’oubli, voilà pourquoi j’ai écrit mon histoire tatouée à jamais dans mon cœur, mon unique revanche sur la vie.

 

• Couv_2023-051_Paloma - Je suis encore vivante, alors je parle_2

 

Il était une fois une petite fille qui aurait aimé être heureuse et profiter de la vie, mais malheureusement, la vie, sa famille et surtout sa sœur en avaient décidé autrement.
La petite Paloma a grandi, elle est devenue adulte, mais le sort continue à s’acharner sur elle…

Après un premier tome, très dur où Paloma se dévoilait sur son passé, c’est sa vie d’adulte maintenant qu’elle nous confie dans ce second volet.
J’aurais voulu croire que la seconde partie de sa vie aurait été plus sereine, mais rien n’a fonctionné comme elle le souhaitait.
Un mariage raté d’abord, qui va lui gâcher le début de sa nouvelle vie. Un mari inexistant, violant et alcoolique, avant d’être atteint par l’hépatite C et pour finir, il va perdre la tête menant une vie d’enfer à la pauvre Paloma. Heureusement, ses deux filles lui amèneront l’amour dont elle a besoin… dans cette histoire vraiment sombre et dramatique.

L’écriture de Paloma est très personnelle. Un besoin de se débarrasser de son vécu, d’alléger son esprit peut-être. Colère et tristesse m’ont régulièrement accompagné durant ma lecture. Mais comment a-t-elle fait ? Comment a-t-elle supporté tout cela ? Même si elle est une femme forte… C’est bouleversant et tellement souvent cruel.

Je n’irai pas plus loin, je laisse à Paloma le droit de vous confier à votre tour, ce livre déchirant qui ne pourra laisser personne insensible.

Merci Paloma, tu mérites aujourd’hui amplement ta vie heureuse, auprès de ceux que tu aimes et de ceux qui t’aiment…

Encore merci, Blandine pour cette seconde parenthèse si personnelle et tellement émouvante.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« L’encre que j’ai versée sur mes pages à présent usées, les larmes incessantes, qui ont glissé sur mon visage me rappellent que j’en ai oublié jusqu’à ma propre existence. J’ai pourtant exigé à ma mémoire de tout effacer, mais il y a bien longtemps maintenant que je ne crois plus à cette sorte d’amnésie forcée, pour oublier… »

« Quelques mois s’écoulèrent et alors que je le croisais en voiture, il me proposa d’emblée de venir avec lui pour assister dans l’heure, qui suivait à la destruction de notre maison, je refusais. Entre ma mère et lui qui venait de se séparer, les anecdotes destructrices journalières de la saga familiale, et toutes les entraves que je devais affronter au quotidien, voir le fruit de leur labeur, de toute une vie voler en éclats en quelques minutes était au-dessus de mes forces. Peut-être aurais-je dû assister à ce triste événement, cela m’aurait aidée, qui sait, en ne voyant que mes mauvais souvenirs exploser sous mes yeux, mes chagrins auraient un peu disparu avec la maison. »

« L’amertume et la haine ne me laisse plus le choix entre garder le silence dans lequel je me suis murée depuis toujours et la rage de parler enfin. Alors, dans un souffle de lassitude et, au travers des mots qui ne seront pourtant jamais assez puissants pour arracher les empreintes qui ont marqué ce corps et cette tête témoins de tant de douleurs, qui ont détruit gratuitement mes rêves, je me pose comme une pierre, et je balance ici, tout ce qui m’a brisée. »

« Plus de regards en arrière, transformer les larmes au sourire et détruire les mauvais souvenirs pour survivre serait la meilleure résolution pour savourer ce que l’on appelle le bonheur.
Serais-je capable à la fin de transformer le courage qui me manque pour faire exploser cette rage qui sommeille en moi depuis si longtemps pour trouver enfin la paix ? »

Je suis encore vivante alors je parle.jpg

 

Tombée dans le terrible chaos de ses deux premières vies de souffrances et de tragédies qui l’ont brisée, Paloma a pendant de très longues années éprouvé le besoin de les conjurer avec des mots pour l’aider à survivre et à trouver un soupçon de paix. Elle souhaite réunir toutes ses forces pour crier au monde entier de ne jamais quitter un enfant des yeux, lui aussi est un être vivant, il est précieux, il est la suite de nous-mêmes. Au travers des pages de ce premier tome qu’elle a ouvert il y a bien longtemps, elle s’est exprimée à cœur ouvert, puis l’a refermé pour toujours.

Je suis encore vivante, alors je parle*
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/20/je-suis-encore-vivante-alors-je-parle/

La première vie de l’auteure, relatée dans le tome 1, lui rappelle l’horreur du souvenir d’une enfance meurtrie, perdue. Elle ne l’a pas oubliée, mais elle l’a laissée partir pour toujours. Ce tome 2 est l’empreinte de sa vie d’après, foudroyée, pulvérisée, qui accuse son face-à-face avec un drame effroyable dépassant l’entendement et qui s’est sauvagement transformé en une tragédie sortie tout droit du paranormal. L’auteure s’est jetée au-devant de tous les dangers jusqu’au péril de sa vie pour un être innommable, un maniaco-dépressif. Oui, pour lui, sans réfléchir aux conséquences et sans reproche aucun, elle a payé le prix de toute sa vie… pour rien. Elle a offert sa main à cet être au cœur percé et dépourvu de tous sentiments. Il l’a trahie, a entaillé sa vie et a tenté de l’enfoncer avec lui dans les abîmes de ses délires, mais sa folie, qui quelquefois n’en était pas une, n’a pas eu raison d’elle. Elle s’est battue comme une rescapée qu’elle est aujourd’hui, mais lui non plus ne lui rendra pas ses jeunes années.

Émotion, Dystopie, Noir

L’Amour maternel

de Solène Bakowski, Melissa Da Costa, Adeline Dieudonné, Antoine Dole, Isabelle Duquesnoy, Johana Gustawsson, Marin Ledun, Maud Mayeras, Carène Ponte, Romain Puértolas.
Sous la direction de Caroline Vallat
Broché – 11 mai 2023
Éditions : Plon

• Bandeau_Intro - 4.jpg

Dix autrices et auteurs incontournables s’aventurent à explorer le thème le plus périlleux et noble de la littérature… l’amour.
Mais pas n’importe lequel, l’amour pur, inconditionnel, tout-puissant et inaltérable : L’AMOUR MATERNEL.
Éclectiques et saisissantes, douces ou brutales, les nouvelles inédites de ce recueil sondent les diverses facettes du lien qui unit une mère et son enfant, les plus merveilleuses comme les plus sombres…

• Couv_2023-050_Collectif - L'amour maternel

 

“Deux mères viennent d’accoucher et se trouvent dans la même chambre à la maternité.
L’une a son enfant avec elle, l’autre pas…”

“Quatre enfants vivent cloîtrés dans un “monde Cube” avec leur mère. Ils ne sont jamais sortis de chez eux… N’ont jamais vu le soleil…”

“La vie est devenue un véritable enfer. Une mère et ses enfants sont sortis pour ramasser du petit-bois. Le mari est parti avec les hommes à la chasse. La maman se retrouve soudain face à un énorme chien enragé qui a faim lui aussi. Elle va tout faire pour protéger sa progéniture…”

“Dans un futur proche, les familles ne se nourrissent plus à leur faim. La nourriture devient une véritable obsession. Au point de penser à commettre l’irréparable ?”

etc…

Dix nouvelles sur l’amour maternel, interprétées par des auteurs cinq étoiles, ce qui ne m’étonne pas venant de Caroline Vallat.
Je connais bien la plupart des auteurs présents et cela me faisait plaisir de voir dans quelle direction ils allaient bien pouvoir aller.
Chacune des nouvelles m’a touché à sa façon, mais j’avoue que celle de Marin Ledun, celle de Romain Puértolas et de Maud Mayeras m’ont complètement bouleversée, et ce, des leurs premiers mots !

Lorsque je pense à l’amour maternel, la première idée qui me vient à l’esprit, c’est la tendresse, les câlins, la douceur. J’ai bien agréablement été, non pas surpris, mais touché par la direction donné par certains des auteurs.
Quelques récits pourront vous paraître durs, sombres ou horribles, mais c’est aussi ce qui m’a plus dans cet exercice, essayer d’aller là où on ne les attendait pas.
Certaines sont très émouvantes et quoi qu’il en soit, et l’amour est toujours présent dans chacune des histoires proposées tout en étant très différentes les unes des autres.

Un grand bravo à Caroline, aux auteures et auteurs bien sûr. La couverture est superbe !
Un livre qui s’adresse à tous.
En cette période, je pense effectivement qu’il ferait un excellent cadeau pour la fête de toutes les mamans !

Toutes les mères ne sont pas parfaites. Ce n’est pas ce qu’on leur demande…
Le plus important, n’est-il pas qu’elles soient aimantes ?

÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Il faut commencer par le plus jeune. Blandine le sait. Briser la volonté la plus faible puis forcer les autres à se mettre à table. Le Benjamin a à peine cinq ans. Blond comme tous les autres, frêle, doté de grands yeux noirs d’ébène qui pourrait tromper et inspirer une profonde tendresse. »

« Une odeur puissante de sève et d’humus saturait l’air humide. Les lumières rasantes précédant le crépuscule transperçaient la forêt de pins de flèches dorées menaçantes. Les lignes effilées des troncs et de leurs ombres géantes quadrillaient le sous-bois.
Au cœur du pignadar, cinq silhouettes lilliputiennes se déplaçaient dans un dédale de broussailles d’ajoncs épineux, de bourdaines et de fougères aux frondes de coupantes. Une famille de gemmeurs, une femme et ses quatre enfants, les bras chargés de fagots de bruyère fraîchement coupée, et de sacs de Jute remplis de pignes et de galips, des copeaux de bois gavés de sève servant à allumer le feu. »

« À la lueur de la torche, il vit sa pâleur, sa fatigue extrême. D’un rapide coup d’œil, il examina la gravité de ses blessures, effleura de l’index la tache brune qui maculait le tissu de sa tunique, ainsi que sa chevelure poisseuse de sang. Il posa son regard sur le chien inerte, prit le temps d’observer les stigmates de la maladie, à distance, fixa ses enfants, l’un après l’autre, puis revint sur son épouse et la contempla longuement. Quand il comprit qu’il était trop tard, il se pencha sur elle, l’enlaça un instant et l’embrassa. »

« Maman ! Entend-elle alors. Abasourdie, elle se retourne sans y croire, les mains sur son tablier, le sang tambourinant ses tempes. Elle se laisse choir sur le sol en même temps qu’elle voit Marion et Thibault, les deux amours de sa vie, là, accourant, la prenant dans leurs bras, affolés, ne sachant que faire. Dans l’âtre, un feu brûle, puissant, sous une marmite vide qu’elle a laissé à leur attention. »

 

 

Caroline Vallat, libraire passionnée, passeuse de mots…

Émue. Vraiment. Je suis tellement fière d’avoir pu réunir autant d’auteur(e)s que j’aime dans ce recueil et sur ce thème. Quel beau cadeau ils m’ont fait, quel beau cadeau ils vous ont fait à travers leurs dix nouvelles sur “L’amour maternel”.

Émotion, Philosophique, Témoignage

À cause du Zibaldone

Gérard Papier-Wagner
Broché – 9 octobre 2022
Éditions : Auto édition

• Bandeau_Intro - 3.jpg

Paris 1983. Le narrateur se sent terriblement seul après le décès prématuré des deux amis avec lesquels il entretenait une relation fusionnelle depuis leur seconde à Condorcet. Solidarité ayant vite entrainé une culture du secret. Ainsi devinrent-ils dépositaires d’informations, qu’ils se promirent de révéler par honnêteté dans un ouvrage que publierait le survivant après une conjointe mise en forme durant leur retraite. Sauf que la fatalité précipita le dénouement. La tâche parait aujourd’hui énorme à celui qui reste et s’interroge sur ses capacités à respecter son serment. C’est alors qu’il fait la connaissance de la famille Ackerman.

 

• Couv_2023-049_Papier-Wagner Gérard - A cause du Zibaldone

 

Tout d’abord, je vérifie que toutes mes urgences sont bien terminées. Voilà, c’est fait.
Pas un bruit dans la maison, tout le monde dors. À partir de maintenant, le temps qui passe est pour moi, c’est comme un cadeau.
Pourquoi un cadeau, me direz-vous ?

Perce que je tiens à la main, À cause du Zibaldone de Gérard Papier-Wagner et je sais que cela va être un cadeau. Après avoir lu déjà deux romans du même auteur, ce ne pourra être que cela… Un moment de bien-être où les personnages quels qu’ils soient, vont m’emmener avec eux paisiblement dans leur histoire…

Très vite, l’auteur me parle de musique, de violon. J’ai ce qu’il faut dans l’une de mes playlists. Stjepan Hauser me parait tout indiqué pour m’accompagner durant mon voyage… Gérard me chuchote la première sonate de Bach, c’est parfait pour moi… Pas trop fort, attention à ne pas nuire à la qualité et à l’intention des mots !
C’est parti…

La famille Ackerman habite dans un appartement très XIXe. M. Ackerman travaille avec sa fille Sarah dans une libraire tout près de Radio France. Grâce à un livre de Zibaldone, ils vont faire connaissance de Gérard un violoniste qui travaille avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Gérard ressemble au fils de Ackerman aujourd’hui décédé qui lui aussi jouait du violon… Gérard aime les blondes aux yeux bleus, mais se rend compte très vite que Sarah à un petit quelque chose qui le fait frémir. Gérard avait fait une promesse à deux amis décédés aussi. Avec Sarah, qui lui propose un coup de main pour l’écriture, ils vont se retrouver une fois par semaine afin de révéler toutes les informations qu’il a conservées en sa possession.

Au fil du récit, des liens très fort vont se mettre en place entre Gérard et cette drôle de famille “tombée du ciel”. De vieux secrets, un serment honoré, un livre écrit à quatre mains, tout s’enchaîne très vite dans cette simple histoire… Mais quelle histoire !

Moment suspendu d’une profonde richesse, des sourires, des pleurs aussi, des ombres qui planent, l’amour qui va et vient, un récit captivant où Religions, Arts et Musique n’ont pas besoin de crier pour se faire entendre… C’est beau.

Encore un très bon moment de lecture… une douce musique…
Merci Gérard

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Il ne restait que moi. Un moi fragile et retranché depuis la disparition de François et de Michel autant mes alter ego que ma conscience. Un vide qui se creusait davantage sitôt que cessait de m’absorber la musique omniprésente dans ma vie que je gagnais comme second violon au sein de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. »

« Mai était déjà vieux de huit jours, lorsque je m’arrêtai de nouveau à la librairie pour payer ce gros volume avec lequel je me familiarisais peu à peu. Mr Ackerman conseillait une cliente au rayon des romans. Je m’apprêtais à engager la conversation avec sa fille m’ayant aimablement souri quand celui-ci nous rejoignit.
– J’attendais votre visite. Allons nous asseoir, on sera plus tranquille pour parler.
Parler de quoi, Grand Dieu, pensai-je prêt à trouver un moyen de m’esquiver.
– Sarah m’a informé pour le Zibaldone. J’en suis sincèrement heureux, cet ouvrage est un concentré de savoir essentiel.
– Le passage sur la musique m’a beaucoup intéressé.
– Seriez-vous musicien ? »

« Elle était juive.
Nos regards se croisant, je découvris dans le sien une lueur de chagrin qui me fait prendre ses mains, qu’elle ne retira pas. Ce premier contact prolongé me trouble du fait que je ne savais quel nom donner à notre attachement.
J’attendis des confidences qui ne vinrent pas. »

« Le danger de la Connaissance vient de ce qu’elle incite à vouloir comprendre, et expliquer ce qui devrait juste être vécu et l’être pleinement avec humilité. »

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

Drame, Folie, Histoire vraie, Sciences

Fukushima

Tremblements et stupeur – 10 ans après
Jean-Michel Jacquemin-Raffestin & Mickaël Naveau
Broché – 18 mars 2021
Éditions : Les éditions Trédaniel

• Bandeau_Intro - 2.jpg

Fukushima, 10 ans après !
Le 11/3, c’est ainsi que les Japonais appellent désormais la catastrophe de Fukushima, ce nom qu’ils ne veulent plus entendre. C’est le 11 mars 2011 à 14 heures 46 min 23 sec, heure locale, que le Japon a vécu son plus terrible tremblement de terre de magnitude 9 sur l’échelle de Richter. Ce tremblement de terre qui va déjà endommager la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ishi provoque un tsunami avec une vague haute de plus de 30 mètres à certains endroits qui va ravager 600 km de côte, pénétrant jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres. Ce tsunami a provoqué la plus grande catastrophe nucléaire civile de tous les temps. Plus grave que Tchernobyl, elle sera classée 7 sur l’échelle de INES.
La centrale de Fukushima Dai-Ishi se retrouve au cœur du désastre, privée d’électricité, il n’y a plus de refroidissement des cœurs de réacteur. Le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 fondent et le corium perce les cuves de protection, tous les produits radioactifs volatils s’échappent. La population est d’abord évacuée sur 10 km, puis le lendemain sur 30 km. Les enseignements de Tchernobyl n’ont servi à rien. Il ne faut pas paniquer la population.
La mentalité japonaise fait qu’un tel accident était impossible, donc rien n’est prévu, les employés comme les cadres ne prennent pas les bonnes décisions parce qu’ils ne sont pas informés de ce qu’ils doivent faire. Plusieurs bâtiments explosent dans les jours suivants. La radioactivité se répand dans l’air et dans l’eau qui se déverse dans l’océan Pacifique régulièrement. Chaque semaine de nouveaux problèmes techniques, de nouvelles fuites montrent que rien n’est maitrisé.

Aujourd’hui, 10 ans après, il y a une très forte contamination des sols, des plantes, du riz, des animaux, au sol comme dans l’océan Pacifique, même en Californie les thons sont contaminés. Normal, on trouve encore de l’iode 131 radioactif dans les boues d’épuration alors que sa période de vie est de 8 jours. Il aurait dû disparaître après 10 semaines.
A présent, afin que l’État cesse de payer des compensations, les populations déplacées doivent revenir vivre sur des terres fortement contaminées. Des milliers de cancers de la thyroïde sont détectés chez les enfants, enfin reconnus par les autorités.
Le Japon a dû fermer tous ses réacteurs nucléaires dont un certain nombre ne seront jamais remis en fonction. Toutefois, il a été décidé de redémarrer le réacteur n°1 de la centrale de Sendai le jour anniversaire de Hiroshima en août 2015. Le n°2 a été redémarré le 15 octobre 2015, d’autres ont suivi, 9 ont redémarré à ce jour.

 

• Couv_2023-048_Jacquemin Raffestin Jean-Michel & Naveau Mickaël - Fukushima - Tremblements et stupeur 10 ans après

 

Habituellement, lorsque je lis un livre, je pense au plaisir que je vais ressentir.
Les émotions qui vont me traverser quelles qu’elles soient, joie, tristesse, angoisse, etc.

Il y a quelques mois, j’ai reçu chez moi le dernier livre de Jean-Michel Jacquemin-Raffestin “Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu’ils font”. J’avais déjà un doute sur tout ce qui se passait autour de nous, mais je n’aurais jamais pu imaginer jusqu’où allait la vérité.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/09/ne-leur-pardonnez-pas-ils-savent-tres-bien-ce-quils-font/

Dans “Fukushima – Tremblements et stupeur – 10 ans après”, j’ai ressenti la même douleur.
Pourquoi tous ces mensonges alors que l’on sait très bien qu’un jour ou l’autre la vérité éclatera.
Encore une fois, la vérité n’est pas vraiment belle à entendre.

Le livre est scindé en deux parties.
La première est une énumération de faits clairs et précis. Des explications, des bilans, des statistiques, impossible de ne pas comprendre les données incroyables récoltées par Jean-Michel, il a mené une enquête et toutes ses sources sont indiquées.

La seconde partie, raconte le vécu de Mickaël Naveau, enseignant, qui se trouvait à Tokyo le 11 mars 2011. Son récit se lit comme une histoire, une bien triste histoire, dont on ne connaît malheureusement toujours pas la fin.

Pourquoi ?
Pourquoi ce silence coupable ?
Pourquoi ces mensonges ?
Pourquoi les autorités n’assument-elles pas et ne réagissent pas comme elles le devraient ?

Je me suis posé énormément de questions durant ma lecture, elles commençaient toutes de la même façon.
Pourquoi ?

Douze ans après la tragédie, les conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima sont loin d’être élucidées. La bataille entre le deux camps opposés n’en fini pas, et ce, malgré les preuves accablantes.

le Comité de suivi sanitaire du département de Fukushima, a communiqué ses derniers chiffres.
345 cancers de la thyroïde ont été détectés sur des personnes qui étaient mineures au moment de l’accident de Fukushima. De rapport en rapport, le total augmente.

Je ne pourrais pas en quelques mots résumer les trois cents pages de ce livre “précieux”.

Nous devons réapprendre à ouvrir les yeux, à nous poser les bonnes questions, à nous renseigner afin de voir, pour comprendre…
J’aurais aimé que ce livre n’existât jamais… Mais il est là !
Les États nous mentent, tout le monde le sait. On en a ici une énième preuve !

Merci Jean-Michel, encore une fois, de dénoncer ce scandale grâce àce travail minutieux…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Il est essentiel que le débat puisse être enfin ouvert sur les conséquences sanitaires de Fukushima et poursuivi sur celles de Tchernobyl, sans parler de la catastrophe, de Kychtym, en 1957, dans le complexe nucléaire de Maïak. À l’heure où le monde s’interroge sur ses choix énergétiques pour sortir de l’économie carbonée est où le lobby nucléaire essaye de peser pour inclure l’énergie nucléaire dans les énergies décarbonées qui seraient assimilables à tes énergies renouvelables, ce qui est évidemment tout à fait faux, il est indispensable de rappeler les conséquences sanitaires liées aux accidents nucléaires et, par voie de conséquence, les risques insupportables auxquels cette énergie expose les humains pour des générations et des générations »

« Qui nous informe aujourd’hui sur Fukushima et ses conséquences ? Que se passe-t-il là-bas ? C’est vrai, c’est très loin. Ça ne nous touche pas. Nous ne risquons rien. Donc les médias français ne s’en occupent pas trop. …/… mais les consignes sont claires : ne pas affoler la population. »

« En novembre 2013, nouvelle fuite d’eau due à un nouveau réservoir. Ces incidents se multiplient régulièrement sans solution. Le gouvernement japonais a reconnu que chaque jour, plus de 300 m3 d’eau contaminée étaient déversés dans l’Océan Pacifique près de la centrale de Fukushima. De ce fait, sur la plage de Yotsukura, la baignade est autorisée, pas en fonction de la force du vent, mais du niveau de radioactivité de l’eau dans l’océan…
Dormez tranquille, braves gens, tout va bien ! »

« Japon : la situation est imprévisible !
Non ! C’est un mensonge ! La situation est prévisible. Il existe différents scenarii, pires les uns que les autres. Quelques spécialistes n’hésitent pas à décrire la réalité, à dire la vérité comme on le fait avec un malade atteint d’un cancer. »

 

Jean-Michel Jacquemin-Raffestin nous offre un livre dans la continuité du combat qu’il mène depuis 1986 contre les ravages et les dangers de l’Industrie nucléaire dans le monde. Après Tchernobyl, cachez ce nuage que je ne saurais voir (paru chez le même éditeur), il reprend sa plume pour dénoncer le scandale de Fukushima.

Mickaël Naveau, diplômé en droit, japonais et relations internationales, a vécu à Osaka de 2002 à 2008, et depuis à Tokyo où il est enseignant.