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Polar historique, Suspense

Les Démons de l’inspecteur Lerouet

Une enquête d’Hippolyte Salvignac*******
de Philippe Grandcoing
Broché – 6 mars 2025
Éditions : de Borée

Mars 1912. Alors que la France frémit d’horreur à la lecture des exploits sanglants de la bande à Bonnot, l’inspecteur Jules Lerouet poursuit de son côté une vengeance personnelle, mettant sa carrière et sa vie en danger. Sur la piste d’un mystérieux tueur, réussira-t-il, avec l’aide de ses amis Hippolyte et Léopoldine, à découvrir qui s’en prend systématiquement à ses proches ? Pourra-t-il laver son honneur et reprendre sa place au sein des forces de police qui traquent sans relâche les bandits anarchistes ? Résoudra-t-il cette autre affaire qui lui tient à coeur : la disparition de La Joconde, dérobée au Louvre quelques mois plus tôt.

Philippe Grandcoing frappe fort avec le 7ᵉ tome de la série « Une enquête d’Hippolyte Salvignac« .

Dans un Paris de 1912 en pleine effervescence, l’inspecteur Lerouet perd tout et sombre… Entre la bande à Bonnot, le vol de la Joconde et la crasse des bas-fonds, ce polar historique est une immersion intense dans une Belle Époque qui n’a de belle que le nom.
Un roman noir, érudit, et palpitant, que j’ai dévoré.

Dans Les Démons de l’inspecteur Lerouet, Philippe m’a littéralement happé dans ce Paris aussi fascinant qu’angoissant. L’assassinat sauvage de la compagne de Jules Lerouet plonge ce dernier dans une spirale noire de douleur et d’alcool. Dépossédé même du droit au deuil par la famille de celle-ci, il décide alors de mener sa propre enquête, quitte à défier sa hiérarchie et frôler l’illégalité.

J’ai été captivé par l’atmosphère des bouges parisiens, des bordels crasseux aux bas-fonds en ébullition, et séduit encore une fois par l’érudition de l’auteur qui connaît la Belle Époque sur le bout des doigts. J’ai suivi Lerouet, personnage brisé, dans une quête où la vengeance et la justice se confondaient. Heureusement, Hippolyte Salvignac et Léopoldine sa compagne, sont toujours à ses côtés, fidèles à eux-mêmes.

Ce roman se lit d’une traite, et j’ai terminé la dernière page avec une seule envie, plonger très vite dans les enquêtes à venir de cette formidable série.

Un grand merci à Virginie, des éditions de Borée, pour ce partage ! 🙏

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Extraits :

« Elle avait compris qu’il se passait quelque chose d’anormal lorsqu’elle entendait sa mère crier. Sûrement contre quelqu’un qui mettait du bazar. Elle avait cru reconnaître le bruit d’une chaise qui cogne le sol. Elle s’était levée et avait passé une tête timide par la porte. C’était l’heure de la sieste, mais comment voulait-on qu’elle dorme si l’on faisait tant de bruit en bas ? Elle s’aventure jusqu’au palier et s’approche de l’escalier. Puis il y a eu ce bruit bizarre, comme quand une bûche craque dans la cheminée. Sa mère hurla, encore plus fort que la première fois. La peur de l’emporta sur la curiosité. »

« Pas plus tard qu’hier un gars m’a demandé si j’avais des icônes anciennes. Il est resté une heure à m’expliquer que seule la Russie avait su garder une âme pure, que le catholicisme avait trahi le christianisme originel, que seuls les orthodoxes étaient fidèles au message du Christ. Il m’a fait un peu peur, à vrai dire. Avec des gars comme lui, on rallumerait vite fait bien fait les bûchers de l’Inquisition pour les sorcières, les Juifs, les sodomites et les blasphémateurs… »

« Salvignac regardait avec admiration sa compagne mener la conversation. Elle ne laissait aucun répit à Lerouet, ne parlant que du drame et de ses conséquences. Elle fouraillait dans la plaie à vif, quitte à la faire encore saigner, dans le seul but de faire réagir le patient. Elle n’avait pas peur de la douleur et encore moins de l’expression de celle-ci. Il avait toujours pensé que Léopoldine avait le goût du tragique, certaines de ses toiles en témoignaient, et maintenant il en avait la confirmation. Elle poussait Jules à affronter la réalité et non à la fuir.
– Demain, je retournerai au cimetière, fleurir sa tombe. On ne peut quand même pas la laisser comme ça, c’est d’un triste. »

« Jules Lerouet avait renoncé à son déguisement. Ce 25 avril était le dernier jour du congé officiel qui lui avait accordé ses supérieures grâce à l’entregent de Célestin Hennion. Il avait décidé de jouer son va-tout. Puisque rien dans le passé de Madeleine ne semblait expliquer les raisons de sa mort, il ne restait qu’une seule hypothèse : on cherchait à l’atteindre, lui. »

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

  • Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
  • La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
  • Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
  • Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

Ouvrages collectifs

  • 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
  • Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
  • L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
  • Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2008.
  • Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2009.
  • Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
  • Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
  • Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2011.
  • Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2011.
  • Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, avril 2012.
  • Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, octobre 2013.
  • Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2013.
  • Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
  • Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
  • Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
  • Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
  • La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
  • Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
  • L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions.

Publications diverses

  • Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.
Drame, Frisson horreur, Thriller psychologique

L’Empathie Tome 2

de Antoine Renand
Broché – 12 octobre 2023
Éditeur : Robert Laffont

Plusieurs années après l’affaire Alpha, c’est dans une unité toujours traumatisée que Margot Tréabol rencontre le commandant Euvrard pour intégrer le 2e district de police judiciaire, la  » brigade du viol « .
Accompagnée de son collègue Théo, Margot mènera l’enquête dans le milieu des discothèques, où un prédateur pique des jeunes femmes avec des seringues remplies de GHB, avant d’abuser d’elles.

Parallèlement à cette traque, Serflex, un violeur en série qui sévissait par cycles depuis vingt-cinq ans, réapparaît. Son mode opératoire : écrire à ses futures victimes pour les prévenir qu’un jour il s’en prendra à elles. Dans un mois ? Un an ? Dix ? Afin de les plonger dans la terreur ; dans une torture psychologique, avant la potentielle torture physique.
Pour les forces de police, ce monstre demeure un mystère. Y compris pour un ancien flic, ayant autrefois travaillé sur ce dossier : Anthony Rauch.

Après Alpha, place à Serflex, un prédateur qui harcèle ses victimes des années avant de frapper. Antoine Renand livre un thriller aussi noir que brillant, porté par des personnages puissants, une enquête haletante et une atmosphère oppressante. Une suite encore plus maîtrisée…

Avec ce deuxième tome de L’Empathie, l’auteur prouve qu’il ne se contente pas de réitérer une formule. Il l’enrichit, l’approfondit, et l’assombrit même. Si Alpha, incarnait un mal brut, Serflex est plus insidieux, plus pervers, instaurant une terreur psychologique aussi intense que la violence physique.

La brigade du viol reprend du service, cette fois sous la houlette d’un duo remanié : Théo, qu’on avait déjà rencontré, et Margot Tréabol, une recrue déterminée, sur une double enquête. Un prédateur utilisant du GHB pour neutraliser ses victimes, et le retour glaçant d’un violeur en série à l’identité troublante. On retrouve bien sûr Anthony Rauch, ancien flic hanté par ses démons, qui n’a pas dit son dernier mot, il revient dans le jeu, apportant profondeur et tension, rattrapé par l’ombre d’Alpha et la noirceur de Serflex.

La psychologie des personnages est toujours aussi fine, l’écriture incisive et acérée est presque cinématographique, les rebondissements nombreux et maîtrisés. L’auteur excelle à dresser des portraits psychologiques complexes, humains, marqués par la douleur. Le rythme est implacable, les scènes marquantes, et le malaise palpable.

Plus qu’un simple thriller, le tome 2 m’a interrogé les mécanismes du mal, la mémoire traumatique, et la frontière parfois floue entre la justice et la vengeance. Une suite plus forte, plus noire, et qui laisse espérer (ou redouter) une nouvelle plongée dans les ténèbres, dans un nouveau tome à venir…

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Extraits :

« Elle ne pouvait cacher que quelque chose chez lui la fascinait. Une intensité particulière ; la combinaison d’une aisance absolue et d’un accablement. Avec une détermination affûtée comme une lame, faisant fi du regard des autres et des dommages collatéraux… dans laquelle Margot, qui n’aimait pas les conventions et dédaignait les compromis, se retrouvait.
Et puis, il y avait son mystère… »

« UN JOUR, JE M’EN PRENDRAI À TOI.
JE PÉNÈTRERAI CHEZ TOI, TE VIOLERAI.
TU NE SAURAS PAS QUAND.
PEU IMPORTE OÙ TU IRAS VIVRE, JE TE RETROUVERAI.
JE T’OBSERVE…
Les espionner demeurait la plus délicieuse étape. Le miel. Les préliminaires. Capter leur réaction, de loin, être témoin de leur détresse. Voir lesquelles devenaient vigilantes ; lesquelles décidaient de vivre normalement, avant tout ! Ces deux profils avaient toujours existé. »

« Elle avait du plaisir à se trouver avec ses collègues masculins, à sentir qu’elle faisait partie de leur équipe. Non qu’elle s’estimât inférieure au contraire, et elle abhorrait le machisme ou qu’elle n’appréciât pas la compagnie des femmes… Mais depuis toujours, les activités considérées – à tort comme celles des mecs la séduisaient. Les sports de contact, de vitesse, le risque… Son père avait longtemps voulu la cantonner à des loisirs, puis à des professions jugés plus féminins. La police était un concentré de tout ce qui l’attirait. »

« Ce n’est que ma part de vérité mais… ce genre de gens sont comme schizophrènes : ils se voudraient altruistes, bienfaiteurs de causes nobles, mais leur espèce est celle des égoïstes, des individualistes… des prédateurs. Leur misanthropie n’est jamais cachée loin derrière leur philanthropie de surface. »

Antoine Renand est un écrivain, scénariste et réalisateur français.
En 2019, il publie son premier roman, L’Empathie, aux éditions Robert Laffont. Très remarqué par la critique et par le public, le livre est lauréat du prix Nouvelles Voix du polar et finaliste du prix Maison de la presse. Ses romans suivants, Fermer les yeux (à nouveau finaliste du prix Maison de la presse) et S’adapter ou mourir, connaissent le même succès. L’Empathie tome 2. La Fille de Jonathan Becker sort aux éditions HarperCollins le 5 mars 2025.

Émotion, Drame, Suspense, Thriller

L’Empathie

de Antoine Renand
Broché – 17 janvier 2019
Éditeur : Robert Laffont

Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte.
« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »

Cet homme, c’est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit. Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la “brigade du viol”.
Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets. Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.

Avec L’Empathie, Antoine Renand signe un excellent premier roman, je dirai même un premier roman coup de poing, aussi haletant que dérangeant. Un thriller noir, brutal, qui explore dans tous les sens, la psyché d’un tueur en série insaisissable. Il s’est nommé “Alpha”, c’est un prédateur de l’ombre dont la violence s’exerce sur ses “Omegas” et même sur certains couples. Face à lui, Anthony Rauch, dit “La Poire”, un flic au physique banal mais à la personnalité fascinante, faisant partie d’une brigade spécialisée dans les viols. Lui aussi traîne un passé aussi lourd que les affaires qu’il mène, mais vaillamment tentera de remonter la trace de ce démon contemporain.

Ce qui distingue L’Empathie à d’autres romans, c’est sa construction narrative très audacieuse et parfois même dérangeante. Je me suis retrouvé dans la tête de tous les protagonistes du roman, alternant les points de vue des victimes, des bourreaux mais aussi des enquêteurs. C’est la force du roman, il explore les parcours de chacun, souvent depuis l’enfance, révélant peu à peu les racines du mal. Mais ce qui s’impose, malgré l’horreur, c’est l’empathie. Celle qui nous lie aux personnages, même les plus ambigus, elle devient frontière entre pulsions et humanité.

L’auteur ne recule devant rien pour souligner l’innommable. Son style est cru, presque trop parfois, mais il sert un propos. Ne pensez pas sortir indemne de cette lecture. L’ensemble est solidement documenté, addictif et brillamment mené. Un roman fort, viscéral, et une vraie claque pour un coup d’essai transformé en coup de maître.

Je lirai les suivants sans hésiter.

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Extraits :

« Il avait commencé par s’introduire dans des maisons. Pas pour voler. Non qu’il fût opposé à cette idée, car il n’hésitait jamais à dérober un objet de valeur ou qu’il trouvait à son goût si une opportunité se présentait. Mais à cette époque il gagnait relativement bien sa vie, la navigation lui offrant un revenu suffisant au vu de ses très modestes besoins. »

« Aussi surprenant que cela puisse paraître au vu des événements qui allaient suivre, violer cette femme, ce jour-là, ne lui avait pas traversé l’esprit. Il venait chercher autre chose, une autre sensation. Pourtant, avec le recul, Alpha considérait que l’émoi très vif qu’il avait ressenti ce soir-là était à l’origine du grand projet qu’il mettrait plus tard à exécution.
Sa délectation s’était encore accumulée lorsque l’affaire avait été relayée par les médias : deux jours plus tard, le fait-diversier d’un journal local avait raconté le désarroi de la mère de famille quand elle avait découvert les photos d’un inconnu sur son smartphone. Le journaliste la décrivait « en état de choc » ; il ajoutait que la police n’avait aucune piste sérieuse et lançait un appel à témoin. »

« En d’autres temps, un homme comme lui aurait pu être heureux ; sa vie aurait eu un sens. En des âges barbares – guerriers tout du moins – où l’homme était encore debout et où la loi du plus fort était unique. Les qualités d’Alpha auraient été prédominantes. Tuer. Avilir l’adversaire, le réduire en esclavage. Prendre ses femmes, ses filles et les violer. Tout ce qui faisait de lui un monstre avait autrefois constitué l’essence d’un grand chef. »

Antoine Renand est un écrivain, scénariste et réalisateur français.
En 2019, il publie son premier roman, L’Empathie, aux éditions Robert Laffont. Très remarqué par la critique et par le public, le livre est lauréat du prix Nouvelles Voix du polar et finaliste du prix Maison de la presse. Ses romans suivants, Fermer les yeux (à nouveau finaliste du prix Maison de la presse) et S’adapter ou mourir, connaissent le même succès. L’Empathie tome 2. La Fille de Jonathan Becker sort aux éditions HarperCollins le 5 mars 2025.

Humour, Philosophique

Le C.V. de Dieu

de Jean-Louis Fournier
Broché – 29 octobre 2008
Éditions : Stock

Le ciel était fini, la terre était finie, les animaux étaient finis, l’homme était fini. Dieu pensa qu’il était fini aussi, et sombra dans une profonde mélancolie. Il ne savait à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le cœur n’y était plus. Il n’avait plus confiance en lui, il avait perdu la foi. Dieu ne croyait plus en Dieu. Il lui fallait d’urgence de l’activité, de nouveaux projets, de gros chantiers. Il décida alors de chercher du travail, et, comme tout un chacun, il rédigea son curriculum vitae…

Un vrai moment de détente, drôle et surprenant. Je n’ai pas simplement lu ce livre avec un sourire en coin, je l’ai englouti en à peine une heure, d’une traite tant l’humour y est savoureux. Jean-Louis Fournier inverse la perspective classique : ici, c’est Dieu qui ressemble à un homme, avec tous ses doutes, ses maladresses, et surtout ses erreurs… qu’il reconnaît (grâce à son auteur) avec une ironie décapante. Dieu y vient postuler pour un nouveau job : après avoir “créé le monde”, il cherche un poste plus calme. L’idée est aussi absurde qu’intelligente !

Dès les premières pages, j’ai ri. Pas d’un rire gras, mais de celui qui naît quand l’intelligence se glisse entre les mots. En effet, le récit est truffé de jeux de mots, de clins d’œil malicieux, mais aussi de réflexions profondes sur l’humanité, sur la foi et le sens des choses. Dieu, lassé de ses fonctions divines, descend sur Terre et tente de passer un entretien d’embauche. Résultat, une parodie réjouissante du monde du travail et une satire grinçante, mais jamais méchante autour de la religion.

Certains passages marquent plus encore par leur portée philosophique, les guerres, les religions, la souffrance… notamment quand Dieu assume un “casier judiciaire” ou qu’il s’amuse de tout, avec une froideur parfois désobligeante. En quelques pages bien affûtées, Jean-louis est arrivé à me transmettre ce que certains philosophes peinent à exprimer en plusieurs volumes entiers.

Vu le plaisir que j’ai ressenti durant toute ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au plaisir que Jean-Louis Fournier avait dù avoir en l’écrivant. C’est impertinent, parfois provocant, mais toujours drôle, même (et surtout) pour les croyants s’ils ont de l’autodérision. Ce roman m’a parlé parce qu’il ose poser des questions avec humour, avec finesse, mais surtout, il donne un visage faillible à l’infaillible. Un Dieu qui doute, qui bredouille…
Un livre à lire, puis à relire, pour savourer encore les meilleures piques tout en poussant la réflexion. Car si Dieu m’envoyait vraiment son CV, l’embaucherai-je ? Très honnêtement, j’hésite encore…

Je recommande chaudement Le C.V. de Dieu de Jean-Louis Fournier.

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Extraits :

« – Ici, c’est moi à côté de la Terre. Je venais de la finir, elle n’était pas entièrement sèche, mon pied s’enfonce encore dedans.
– Vous avez mis combien de temps ?
– Une journée.
Le directeur est absolument sidéré.
– Sidérant ! dit-il.
– Sans habillage bien sûr, la forme nue.
– C’est vous qui avez eu l’idée d’une sphère ?
– J’avais d’abord commencé par un cube, mais j’ai pensé à ceux qui allaient être assis sur les pièces. J’ai arrondi les angles, c’est devenu une boule.
– Quel est le mode de fixation ?
– Vous permettez que je ne réponde pas ? Brevet exclusif.
– C’est éclairé de l’intérieur ?
– Non, par l’extérieur, grâce au Soleil. Vous avez là une photo plus grande, avec le Soleil et la Terre.
– Efficacité. Alors, le Soleil, c’est vous aussi, bravo, quelle idée lumineuse ! Mais dites donc, vous devez toucher des droits d’auteur énormes ? »

« À 21 h 45 : Un groupe d’individus en robes noires est venu à la pension « Les Mimosas » et a demandé à voir Dieu. Le patron leur a déclaré que Dieu dormait et qu’ils devraient repasser demain matin. Ils ont décidé de l’attendre.
À 22 h 50 : Réveillé par le bruit, Dieu est descendu dans le hall en pyjama. Il a été violemment pris à partie par les prêtres, qui l’ont insulté en latin, lui reprochant de s’habiller en civil.
À 23 h 04 : Dieu s’est mis en rogne et a giflé le meneur du groupe, lui enjoignant d’aller se faire foutre. Puis il est remonté se coucher en maudissant ces cons d’intégristes. »

« – Pourquoi avez-vous fait une population multicolore ? demande le directeur à Dieu.
– Vous avez déjà regardé des nouveaux-nés blancs ?
– J’en ai fait deux, dit fièrement le directeur.
– Y a pas de quoi se vanter, c’est pas très beau, on dirait des endives. Des bébés noirs, ou jaunes, ou rouges, c’est plus gai.
– Est-ce qu’avec des hommes de toutes les couleurs vous n’alliez pas au-devant de gros problèmes ?
– J’aime le risque, la difficulté.
– Toujours votre fameux ad astra per aspera ?
– Tu l’as dit, bouffi ! De toute façon, il est trop tard maintenant pour les repeindre tous de la même couleur, ils ne seront jamais d’accord. »

« – Je peux vous offrir quelque chose ? demande le directeur du personnel à Dieu.
– Je veux bien, oui.
– Un whisky ou un jus de fruit ?
– Un petit whisky, s’il vous plaît.
– C’est vous qui avez inventé l’alcool ?
– Oui.
– C’est une grande responsabilité !
– Je sais, mais j’ai des circonstances atténuantes.
– C’est-à-dire ?
– Je l’avais caché, dans les fruits, dans les légumes, dans les plantes, mais ils ont réussi à le trouver.
– Vous l’aviez quand même inventé, pourquoi ?
– Quand ça va mal, j’aime être un peu pompette. Ça m’a bien aidé quand j’ai eu mes ennuis avec mon fils, sinon je ne sais pas ce que j’aurais fait. J’étais capable de tout, j’aurais pu commettre l’irréparable. »

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision, né le 19 décembre 1938 à Calais.

Il réalise régulièrement l’émission télévisée Italiques de Marc Gilbert entre 1971 et 1974.

Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d’Antivol, l’oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il a été le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986).

En 2008, Jean-Louis Fournier publie le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui reçoit le prix Femina, suscite un certain nombre de controverses et une réponse de la mère des deux garçons.

Depuis, il écrit un roman chaque année.
Poète et Paysan en 2010, Veuf en 2011. En 2013, il sort La servante du Seigneur dans laquelle il parle de sa fille. Celle-ci a exigé et obtenu un droit de réponse. À la fin du roman, elle signe 5 pages avec sa version des faits.
En 2020, il publie Merci qui ? Merci mon chien.

Jean-Louis Fournier a écrit et joué au Théâtre du Rond-Point deux pièces inspirées de ses écrits, Tout enfant abandonné sera détruit, donnée en novembre 2011 et Mon dernier cheveu noir, donnée en novembre 2012.

Je ne suis pas seul à être seul (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/08/je-ne-suis-pas-seul-a-etre-seul/

Émotion, Drame, Frisson horreur, Histoire vraie, Historique

La chasse aux âmes

de Sophie Blandinieres
Broché – 27 août 2020
Éditeur : Plon

L’Histoire bouscule les âmes, la perversité de l’occupant nazi qui veut corrompre, voir ses victimes s’autodétruire et met en place un jeu ignoble dont l’objectif est de survivre, à n’importe quel prix : vendre son âme en dénonçant les siens ou ses voisins, abandonner ses enfants affamés, ou sauver son enfant, lui apprendre à ne plus être juif, céder son âme au catholicisme pour un temps ou pour toujours en échange de sa vie. Pour survivre, il faut sortir du ghetto. Par tous les moyens.
Trois femmes, une Polonaise, Janina, et deux juives, Bela et Chana, vont les leur donner. Elles ont organisé un réseau clandestin qui fait passer le mur aux enfants et leur donne, pour se cacher en zone aryenne, une nouvelle identité, un nouveau foyer, une nouvelle foi. Parce qu’ils sont l’avenir, parce qu’ils seront les premiers à mourrir…

Dans ce récit poignant et lumineux, Sophie Blandinières m’a entraîné dans l’univers brisé du ghetto de Varsovie, en novembre 1940. À travers les destins croisés de deux familles juives, elle raconte l’impensable : l’étau qui se resserre jour après jour, l’humiliation, la faim, la peur omniprésente, jusqu’à l’effacement presque total de ce qui faisait leur vie, leur humanité.

Et pourtant, sous cette chape de désespoir, l’auteure fait jaillir une lumière fragile mais tenace : celle du courage et de l’espoir. Trois femmes d’exception, portées par une foi inébranlable en la vie, organisent l’évasion d’enfants condamnés. Elles défient l’horreur par leur détermination et leur amour, arrachant à la barbarie quelques âmes innocentes.

L’écriture est belle, dense, parfois presque poétique, ce qui rend la violence des faits encore plus saisissante. Encore une fois, une lecture dont je ne sors pas indemne. Ce livre marque, il bouscule, il rappelle combien il est vital et nécessaire de ne jamais oublier. C’est un hommage vibrant à ceux qui ont lutté, aimé, résisté, même quand tout semblait perdu.
Un roman nécessaire, bouleversant, qui met des mots puissants sur une tragédie souvent tue ou mal connue.

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Extraits :

« L’homme était nu. La barbe en feu, les pieds dans la neige, il exécutait des mouvements de gymnastique ineptes, levant le bras gauche et la jambe droite ensemble, tournant sur lui-même de plus en plus vite pour tenter d’éteindre le brasier qu’était son menton.
Dès qu’il ralentissait, épuisé par le vertige, les efforts, et ses blessures, il recevait un coup de gourdin, alors il se réanimait, il se remettait à danser, disgracieux et pathé-tique, sous les yeux noirs des bouleaux décharnés par l’hiver. Le désarticulé chantait aussi, puisqu’on le lui avait demandé, puisqu’il consentait à laisser l’humanité le quitter pour ne pas mourir. »

« Officiellement, elle était demeurée Maria, qu’elle devienne juive, en cette année 1968, n’était pas approprié: en mars, la Pologne avait renoué avec son vice, avec ses mauvais gestes, son vilain réflexe, sa vieille pulsion de déjudaïsation, odzydzanie. De nouveau, on refusait aux Juifs le droit d’être polonais et, pour être bien certains qu’ils s’en iraient, habilement, on les avait destitués, on les avait privés de leur métier, de leurs revenus. On comptait sur l’humiliation, l’appauvrissement et la terreur. Comme ils n’avaient eu d’autre choix, pour survivre, que d’avoir une mémoire, ils avaient eu peur, effroyablement peur, car ça commençait toujours par de petites et grandes vexations, par des restrictions sérieuses de la citoyenneté, plus le droit d’exercer sa profession, plus le droit d’entrer ici ou là, ni de sortir, plus le droit de se fondre dans la foule, plus le droit d’être la foule. »

« Encouragés par la politique antisémite de leurs chefs et incités concrètement à réquisitionner, c’est-à-dire à piller les biens juifs, les soldats allemands entraient de force pour voler les draps, les meubles, le nécessaire à leur installation, et les objets de valeur qu’ils soupçonnaient toujours leurs victimes d’avoir planqués. Parfois, voler les Juifs ne calmait pas leur appétit, alors ils violaient les Juives. »

« Les parents de Joachim avaient donné des consignes de prudence à leurs quatre enfants, et surtout aux deux aînés, plus autonomes, parce que, dans les rues, des scènes ignobles se déroulaient, une femme enceinte qui trébuche, tombe, qu’on empêche de se relever, qui reçoit une balle dans la tête et dans le ventre, trois enfants dégommés comme des bouteilles de bière devant un hôpital, il ne fallait pas tenter le hasard ; la roulette russe n’était pas un jeu acceptable pour un Juif. »

Sophie Blandinières a été professeur et journaliste avant de devenir nègre littéraire. Elle consacre maintenant sa vie à l’écriture.

Elle a prêté sa plume à des personnes aussi diverses que Patricia Kaas, Yves Rénier, Charles Berling, Roselyne Bachelot – et à d’autres encore, dont elle s’est engagée par contrat à ne jamais divulguer les noms.

Elle a obtenu le prix Françoise Sagan pour son premier livre Le sort tomba sur le plus jeune, paru chez Flammarion.

Drame, Folie, Polar, Thriller

Asphalte

de Pascal Alliot
Broché – Avril 2025
Éditeur : Hugo Stern

Sophie Debreuil se voit dépositaire d’un bon de sortie. Trois mois, voire un peu plus, qu’elle croupit là, dans ce lieu aseptisé dans lequel tout est dédié au sommeil et à l’oubli à tout prix. Le repos pour ne pas sombrer dans les couloirs désastreux des souvenirs tenaces, ceux-là mêmes qui vous pourrissent le cours désuet de votre désuète existence. Une chape de plomb scellée à vos pieds et vous entraînant irrémédiablement vers les profondeurs noires et inquiétantes, même troublantes, d’un lac dans lequel on vous a jeté, sans préavis, par volonté de vous tuer l’âme. Une histoire sordide de lande désagrégée, de tueur machiavélique et Darius Maloberti, un prêcheur délirant, la placent dans une sorte de coma passif. Dormir pour oublier, oublier que l’on dort. Un chaînon embarquant l’autre dans une histoire, celle de la douleur intérieure, la cicatrice pas réellement fermée d’une chute vers les bas-fonds d’un monde en fusion. Celle de son équilibre sur cette terre de cendres.

J’ai terminé le dernier roman de Pascal Alliot, que j’ai lu d’une traite, cette nuit avec le souffle court, comme si la noirceur du récit s’était lentement infiltrée en moi. Cela faisait longtemps qu’un polar ne m’avait autant secoué. Pascal signe ici un roman puissant, où l’ambition narrative rivalise avec la précision chirurgicale du style.

L’histoire se déroule dans une grande ville portuaire du sud de la France, jamais nommée, mais si bien décrite qu’on en devine chaque recoin. Cette ville, l’auteur la connaît intimement, et cela se sent. Elle devient un personnage à part entière, gangrenée par la violence, les trafics, les tensions sociales et la corruption. Une ville étouffante, écrasée de soleil et plus encore par la rage.

Au cœur de cette fresque urbaine, j’ai suivi de très près Sophie Debreuil, commandant de police, une femme forte et plus encore, et son adjoint Davos, son pilier, dans une enquête qui dépasse très vite les codes du polar pour glisser vers le thriller politique et social. Corruption, extrémisme, dérives du pouvoir… Tout y passe, sans jugement, dans un récit où le mal n’a pas toujours le visage que l’on croit.

Ce qui m’a beaucoup plu, c’est l’évolution du style de Pascal. Sa plume, que je connaissais déjà acérée, gagne ici en profondeur. Il alterne les flashbacks, les scènes d’actions nerveuses et les instants de réflexion, sans jamais perdre le rythme. Un vrai tour de force.

Asphalte n’est pas qu’un roman noir, c’est un uppercut littéraire. C’est un miroir brisé qui reflète le prisme de notre époque, c’est une plongée brutale dans les profondeurs d’un monde en chute libre, une œuvre qui dérangera peut-être certains lecteurs.
Vous pourrez essayer de l’oublier… mais vous n’y parviendrez pas !
Certains passages particulièrement captivant une fois lus et visualisés ne s’effaceront plus jamais…

Un polar à part, unique, très loin de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent.
J’oserais même dire, “un POLAR version 3.0” !

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Extraits :

« Soleil de plomb arrivé bien trop tôt pour la saison. Qui a pris, une fois encore, tout le monde à court. Chaleur étouffante qui vous emporte sans crier gare vers une sorte d’agonie lascive.
Au loin, des bruits de pneus fracassant la gomme contre le bitume, et puis un coup de feu suivi de trois autres. Comme souvent par ici. Un jeune mec, une balle en pleine tête, s’effondre, abattu, tué sur le coup. Il en tombe des dizaines par an, des serviteurs de l’Enfer. »

« Tout le monde garde en mémoire les photos parues dans la presse, le reportage lors du journal télévisé, montrant neuf cadavres, emballés tels des pharaons, à l’aide de tissus d’un blanc magnifique, dont on a explosé la tête au préalable, sûrement à l’aide d’une masse, et dont le faciès se voyait absent. On les a pendus par les pieds, avec une solide corde, à l’entrée de l’artère principale de la ville, sur les contreforts du tunnel de la Barguèse. Ils se balançaient là, comme des cocons de papillons de nuit qui ne voulaient plus naître, des sphinx de la mort. Mise en scène insoutenable. Mais ô combien efficace ! »

« Sophie Debreuil se voit dépositaire d’un bon de sortie. Trois mois, voire un peu plus, qu’elle croupit là, dans ce lieu aseptisé dans lequel tout est dédié au sommeil et à l’oubli à tout prix. Le repos pour ne pas sombrer dans les couloirs désastreux des souvenirs tenaces, ceux-là mêmes qui vous pourrissent le cours désuet de votre désuète existence. Une chape de plomb scellée à vos pieds et vous entraînant irrémédiablement vers les profondeurs noires et inquiétantes, même troublantes, d’un lac dans lequel on vous a jeté, sans préavis, par volonté de vous tuer l’âme. »

« Elle quitte alors la douche, repue, lessivée des plus convenablement par ce savon-douche qu’elle fait rentrer en douce en amadouant malicieusement un jeune infirmier tombé sous le charme de cette délicieuse blonde désormais trentenaire au regard de braise. Elle a maintenant les cheveux très courts, témoins d’une nouvelle étape de sa vie.
Alors, parer au plus urgent est élémentaire : s’habiller, sortir de la chambre, remplir les ultimes papiers et se sauver à toutes jambes loin de ce lieu funeste. Prendre un taxi ou un bus et regagner son domicile. En toute hâte. »

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Archéologue céramologue, Pascal Alliot vit en Espagne, près de Barcelone.
Avec son premier roman, Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire, l’auteur nous entraîne dans un imaginaire brutal, onirique, riche et haletant, nous faisant visiter les tréfonds de l’âme tourmentée d’un meurtrier.
Écrivain discret mais prolifique, il s’est imposé au fil des années comme l’une des voix les plus singulières du polar français contemporain.

Émotion, Drame, Folie, Suspense, Thriller psychologique, Violence

Leona

Les dés sont jetés
de Jenny Rogneby
Broché – 4 mai 2016
Éditeur : Presses de la Cité

Qui perd gagne.
Stockholm, un jour de septembre. Une petite fille de sept ans, nue et recouverte de sang, braque une banque du centre de la ville avec pour seules armes un ours en peluche et un magnétophone. La fillette disparaît ensuite avec l’argent.
La trouble et manipulatrice Leona Lindberg s’arrange pour récupérer l’affaire avant ses confrères de la police judiciaire. Christer Skoog, lui, est journaliste. Il dispose d’embarrassantes informations au sujet de Leona ; des informations qu’il est prêt à taire si cette dernière accepte de l’aider à résoudre une enquête qui l’obsède depuis des années…

Grandiose et subversif. Jenny Rogneby tire les ficelles de ce premier roman d’une main de maître et, avec le personnage atypique de Leona, fait une entrée fracassante dans le monde du thriller.

Je referme Leona – Les dés sont jetés avec une sensation étrange, presque coupable. J’ai suivi cette femme hors du commun, glaciale et désabusée, dans un monde où la morale est un costume qu’on retire le soir. Et je dois l’admettre : j’ai été fasciné. Leona Lindberg n’est pas une héroïne, pas même une anti-héroïne ; elle est un paradoxe sur deux jambes, une policière qui passe de l’autre côté avec une froideur qui glace le sang.

J’ai souvent voulu la secouer, lui crier de revenir à la raison, mais Jenny Rogneby nous tient en laisse, page après page, nous forçant à accepter l’inacceptable. Il y a dans ce roman une tension constante, un malaise latent. C’est noir, très noir, et pourtant, je n’ai pas pu lâcher ce récit troublant. Leona est une énigme que l’on tente de résoudre tout en sachant qu’on ne le pourra pas.

Ce qui me reste, ce n’est pas la résolution de l’intrigue, bien que l’écriture soit habile et rythmée. Ce sont les failles de Leona, ses silences, ses regards fuyants. J’ai terminé ce livre comme on quitte une pièce trop longtemps restée dans la pénombre : un peu sonné…

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Extraits :

« Personne ne l’avait encore remarquée. Sans bruit, elle trottina à petites foulées sur le tapis jusqu’au centre du grand hall de la banque.
Ses pas étaient déterminés.
Son regard, vitreux. Les battements de son cœur, assourdissants.
Entièrement concentrée sur son rythme cardiaque, elle ne sentait plus sa blessure, ni le sang séché sur son corps nu et fluet. Chaque pulsation résonnait dans ses oreilles. 1-2… 3-4-5… 6… Trop irrégulières pour qu’elle puisse les compter. Elle serra de toutes ses forces l’ours en peluche sur sa poitrine. Les palpitations lui semblaient un peu moins fortes ainsi. »

« Olivia s’était mise à trembler. Elle essaya en vain de se détendre. À cause de la pluie, tout était mouillé et froid. Ses yeux et son nez coulaient et la démangeaient. Chaque fois qu’elle tentait de se gratter, la douleur lui arrachait quelques larmes.
Elle avait eu beaucoup de mal à soulever le sac à dos dans la banque, mais, une fois celui-ci hissé sur ses épaules, ça avait été. En revanche, ensuite, quand elle avait dû l’enlever, elle avait perdu l’équilibre et s’était étalée par terre. La blessure de son genou saignait et la brûlait beaucoup plus qu’avant. Le sac à dos était trempé et sale.
Elle pria le ciel pour que rien ne se soit cassé, car sinon papa serait très en colère. »

« J’ai réarrangé deux stylos posés sur la table devant moi. Je n’aimais pas avoir des objets pointus tournés vers moi. Et en plus, ils étaient de travers.
Ce faisant, j’ai remarqué que l’ongle de mon pouce était trop long par rapport aux autres. Je venais de les faire manucurer chez Madeleine, au coin de la rue. Elle s’appliquait d’ordinaire dans son travail. Quelle déception ! »

« Des années durant, j’avais combattu ce sentiment, refoulé mon « moi » véritable. Je me réveillais en sueur la nuit, avec l’impression qu’un piège se refermait sur moi. Prisonnière du monde que je m’étais moi-même créé. Je ne pouvais plus ignorer ma propre nature.
Quand j’avais commencé à remettre en question mon désir d’être comme les autres, tout était devenu plus clair. Je n’avais pas d’autre choix.
Je devais me libérer. »

Née en 1974 en Éthiopie, la Suédoise Jenny Rogneby a étudié la criminologie à Stockholm. D’abord musicienne, elle a fait la première partie d’un concert de Michael Jackson à Tallinn en Estonie, elle a travaillé pendant sept ans dans la police, à Stockholm, comme criminologue, avant de se lancer dans l’écriture de son premier roman, Leona : Les dés sont jetés, devenu dès sa sortie un best-seller en Suède, et qui a été traduit dans une dizaine de pays.

Leona : La fin justifie les moyens est son second polar avec comme héroïne l’inspectrice Leona Lindberg.

Jenny Rogneby vit à Malte

Page Facebook : https://www.facebook.com/jenny.rogneby

Drame, Frisson horreur, Suspense, Thriller

Confiance mortelle

de Iris Johansen
Broché – 2 novembre 2006
Éditeur : Encre de nuit

Depuis son plus jeune âge, Elena Kyler combat auprès des guérilleros colombiens. Elle est forte, intelligente et déterminée, et dans ce monde d’une extrême violence, personne n’a idée de ce qu’elle est capable de faire. Mais elle est aussi et avant tout une mère qui adore son fils. Or le père de celui-ci, Rico Chavez, grand ponte de la drogue, décide de le récupérer coûte que coûte pour en faire son digne héritier et éliminer par la même occasion Elena, pour qui il éprouve un amour mêlé de haine. La jeune femme devra user de toute son expérience de combattante afin de protéger et de sauver son petit garçon. Pour lui, elle devra même, pour la première fois de sa vie, demander de l’aide. Le troublant et séduisant Sean Galen est alors sollicité en vue de la secourir. Bien que suspicieux, Galen accepte la mission et se rend en Colombie où sa première rencontre avec Elena est des plus musclées. Mais s’il est certes attirant et plein d’humour, saura-t-il pour autant gagner sa confiance, elle qui sait plus que quiconque qu’il ne faut pas se fier aux autres, car la confiance peut être mortelle… ?

La cavale d’Elena est rythmée par des rencontres improbables, des alliés atypiques – parfois à la morale douteuse, mais loyaux –, et une succession d’événements rocambolesques. Le récit alterne entre scènes d’action intenses, moments de tension, mais aussi des phases plus calmes, où l’on assiste à des tentatives de réflexions philosophiques ou sentimentales entre les personnages. Ces passages m’ont parfois paru un peu forcés, la psychologie des protagonistes manquant de profondeur et sombrant trop souvent pour moi dans la caricature.

Je vous avoue avoir accueilli la fin du roman avec un peu de soulagement. Malgré ma bonne volonté, il m’a été difficile d’aller au bout de ma lecture. J’ai tenu par respect pour l’autrice, mais sans réelle conviction.

J’avais déjà lu quelques ouvrages d’Iris Johansen il y a plusieurs années et je n’y ai pas retrouvé le style qui m’avait séduit à l’époque. Peut-être est-ce moi qui ai changé… Ou peut-être tout simplement que la richesse des plumes françaises que je lis depuis sept ans maintenant a tout simplement élevé mes exigences de lecteur.

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Extraits :

« Elena Kyler frissonna en voyant qu’un cafard grimpait le long de son soutiens-gorge. Elle le chassa. Mon Dieu ! Les cafards. Elle détestait ça. Et cette cellule en grouillait. Enfin, cela valait toujours mieux que les rats… »

« Elena supporta la douleur sans une plainte, mais elle perdit connaissance au moment où Galen achevait de la recoudre.
– On n’est pas tombé sur une mauviette, dit-il.
– Elle va s’en remettre ?
Galen haussa les épaules.
– À condition de ne pas avoir chopé une infection. Si ça peut vous rassurer, je crois qu’elle s’était recousue elle-même. Les sutures étaient faites n’importe comment. Et inégales. On ferait mieux de la ramener au camp avant qu’elle ne revienne à elle. »

« Chavez, accroupi, effleura les traces d’un rouge sombre qui maculaient le sol de la pharmacie.
Le sang d’Elena.
Elle était blessée. Et elle essayait de se soigner elle-même. Animal en fuite, elle cherchait un abri où se cacher…
Non. Si tel était le cas, elle se serait cachée dans les collines à proximité de Belém. Elle se dépêchait de fuir, et il y avait une raison à cela. Elle avait une idée en tête. Elle poursuivait un objectif précis.
Et ce mais, Chavez le connaît. »

« Chavez, ayant retiré le couvercle du coffre à jouets, pris en haut de la pile l’arc et le carquois. Comment osait-elle donner à l’enfant ces jouets bon marché, cette camelote ? Elle l’avait caché dans cette maison. Le gosse ne savait que ce qu’elle avait bien voulu lui dire.
Son fils. »

« — Comment va Barry ?
– Il a peur, a répondu Elena en serrant l’enfant entre ses bras. Mais il a été très courageux. N’est-ce pas, chéri ? Dans cinq minutes, il se sentira mieux.
Barry se tut ; il continue de se blottir contre sa mère.
Mon Dieu, pourvu que ce soit vrai. Pourvu qu’il se sente mieux. Depuis qu’il était né, elle avait toujours tout fait pour le protéger contre les violences dont se tissait son existence à elle; et voilà qu’il était exposé à l’horreur à son tournée. »

Romancière très populaire, Iris Johansen vit en Géorgie, près d’Atlanta. Auteur de romans sentimentaux, elle s’est lancée à la fin des années 1990 dans l’écriture de thrillers. Devenue la rivale de Mary Higgins Clark et de Patricia Cornwell, elle sait passionner des millions de lecteurs en rendant crédibles ses personnages féminins, non conformistes et toujours très attachants. Iris Johansen a déjà vendu plus de huit millions de livres depuis le début de sa carrière et a reçu de nombreux prix pour ses romans.

Autobiographie, Émotion, Histoire vraie

Quand Maman plantait des brosses à dents

de Christelle Bardet
Broché – 13 mars 2025
Éditeur : MON POCHE

En 2002, la mère de Christelle Bardet est diagnostiquée de la maladie d’Alzheimer à l’âge de 56 ans. L’auteure l’accompagne durant 14 ans, et raconte les premiers troubles, la vie à la maison, puis en institution. Elle livre des moments magnifiques, pleins d’amour, parfois drôles et poétiques.

Je ne savais pas que l’Alzheimer pouvait planter des brosses à dents dans les jardinières. C’est le genre de chose qui ne figure pas dans les manuels médicaux, mais qui dit tout. En lisant Quand maman plantait des brosses à dents, j’ai eu l’impression d’entrer pages après pages dans l’intimité d’un quotidien à la fois absurde, tendre et terriblement bouleversant. À travers le récit de Christelle, j’ai suivi une fille qui devient parent de sa propre mère, et qui, sans héroïsme mais avec une force immense, apprend à aimer autrement.

Ce livre ne se contente pas de raconter une maladie, il met des mots sur l’indicible. Il y a de la pudeur, de la douleur, de la colère, beaucoup d’humour aussi, mais surtout l’histoire de la vie. J’ai ri, devant des situations inattendues, et j’ai été très ému souvent, face à une dégradation silencieuse et inexorable. Christelle Bardet ne cherche pas à s’apitoyer au contraire. Elle partage, elle confie, elle transmet.

Alors, à la fin du livre oui, je me suis senti bouleversé, mais finalement étrangement apaisé aussi. Car il y a dans cette histoire des vérités universelles, celles des liens, même quand la mémoire s’efface.

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Extraits :

« J’AI TENDANCE à trouver à toute situation, même très triste, un angle cocasse. Avec plus ou moins de réussite ou de bon goût parfois, mais je m’en moque. Je crois qu’on peut rire de tout, et surtout du pire. Depuis l’enfance. Du fond de la classe, près du radiateur évidemment, où l’on m’a souvent reproché la portée de ma voix – qu’on me reproche encore aujourd’hui -, tout peut être matière à rire.
En période joyeuse, avoir de l’humour, c’est du bonheur, alors qu’en période trouble, cela devient un kit de survie… »

« TOUJOURS HARCELÉE par ma désagréable intuition, je décidai d’emmener ma mère consulter un spécialiste peu après.
J’ai commencé par lui prendre un rendez-vous avec notre médecin de famille où elle se rendrait seule, ce qui devait, a priori, ne poser aucun souci. Le soir, en l’appelant pour savoir comment s’était passée la visite, elle m’annonça très naturellement qu’elle n’avait pas eu lieu : le docteur ne se trouvait pas au cabinet, qui était curieusement fermé. Après vérification auprès du médecin, j’appris qu’elle ne s’était pas présentée à l’heure dite. Je compris ensuite qu’elle n’avait pas retrouvé le chemin du cabinet. »

« L’hypocrisie de ce système est incroyable : je n’ai jamais reçu le moindre accompagnement ; en revanche, chaque année, il nous a fallu, sans faute, rendre un dossier long comme le bras, dûment rempli, avant le 15 mars. Des dossiers jamais contrôlés ensuite, évidemment. En quasiment dix années comme tutrice légale, je n’ai eu aucun rendez-vous avec une personne du service des tutelles. »

« Pire, en quelques semaines, ma mère a été envoyée à plusieurs reprises aux urgences. Dès qu’elle donnait le moindre signe de faiblesse, le personnel ne perdait pas de temps et appelait les pompiers. La pauvre se retrouvait larguée jusqu’à ce que j’arrive, et qu’elle puisse être prise en charge. En général les urgentistes attendaient ma venue afin que je puisse expliquer son cas, vu qu’elle ne parlait plus que par onomatopées. J’avais du mal à supporter la vision de son petit corps, sur un brancard, perdu dans le couloir des urgences des heures durant. »

Née en 1975 à Lyon, Christelle Bardet a fait des études de communication, avant de suivre diverses trajectoires. Dans la presse magazine, puis dans le secteur médical, elle gère aujourd’hui la communication d’une société productrice de spectacles.

Dans son livre Quand maman plantait des brosses à dents, la compagne de Laurent Gerra, raconte les dures années où elle a dû affronter la maladie de sa mère, atteinte d’Alzheimer.

Roman

Le Musée secret

Une aventure de Cassiopée Vitt
de Steve Berry, M.J. Rose
Broché – octobre 2022
Éditeur : Cherche Midi

Entrez dans les secrets les mieux gardés des vols d’œuvres d’art par les nazis.
Installée dans le Sud de la France, Cassiopée Vitt a décidé de se séparer d’une partie de son héritage : quinze tableaux de maîtres acquis par son père dans les plus respectables galeries d’art parisiennes après la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu’elle arrive dans sa maison de famille de Tossa de Mar, une surprise de taille l’attend : les prétendus chefs-d’œuvre se révèlent être des copies. C’est le début d’une aventure qui va la conduire en Andorre, dans un lieu ultrasecret, le  » Dépôt « , où sont réunis, cachés aux yeux du monde, des trésors réputés disparus depuis longtemps. Cassiopée comprend bientôt que la clé de toute cette étrange affaire se trouve au cœur des secrets les mieux gardés de l’occupation nazie.

Après Le Manuscrit cathare, cette nouvelle aventure passionnante de Cassiopée Vitt, qui s’achève au Mémorial de la Shoah à Paris, nous plonge dans les arcanes encore obscurs de la spoliation des œuvres d’art durant la Seconde Guerre mondiale.

Je viens de refermer Le Musée secret de Steve Berry. Le roman se lit vite, trop vite même. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette enquête haletante, mêlant histoire de l’art, secrets d’État et suspense politique. Suivre Cassiopée Vitt dans cette course contre la montre a été un vrai plaisir. Elle est forte, complexe, pleine de nuances.

Ce que j’ai trouvé fascinant, c’est la manière dont Berry tisse réalité historique et fiction. Le lien avec le Vatican, les œuvres d’art disparues, les coulisses du pouvoir… tout semble possible. À chaque chapitre, je me suis surpris à vouloir vérifier si tel ou tel fait était réel – et c’est là que réside la force du roman : il brouille habilement les frontières entre le vrai et l’inventé.

J’ai aussi été marqué par les thèmes de la mémoire, de la justice et de la manière dont l’Histoire peut être manipulée. L’intrigue ne m’a jamais lâché : j’étais embarqué du début à la fin, incapable de poser le livre.

Un roman intelligent, palpitant, et d’une actualité troublante. Je le recommande vivement à tous les amateurs de thrillers historiques.

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Extraits :

« “Il y a un problème ?” demandai-je à nouveau.
Miguel se tourna vers moi. Son visage avait changé de couleur, il se mordait la lèvre inférieure.
“Je ne sais pas comment te dire ça, mais… aucun de ces tableaux n’est authentique.” Il fit une pause.

“Tous, sans exception, sont des faux.” »

« – “Il y a une autre possibilité”, reprit Miguel.
Je l’avais déjà envisagée.
“Que les originaux aient été volés, après la mort de mon père. Beaucoup de temps a passé. Les occasions n’ont pas manqué.” Mais je ne pouvais pas oublier que la villa disposait d’un système de surveillance de pointe et que deux personnes s’en occupaient depuis plus de trente ans. “Paulo et Angelina sont irréprochables.
– Pardonne-moi, Cassiopée, mais la confiance est une chose singulière. Nous croyons connaître les gens. Pourtant, comme pour ces tableaux, parfois nous ne voyons pas ce qui est juste devant nos yeux.” »

« “La plupart de ces scénarios n’ont guère de sens, Cassiopée”, me dit Nicodème après que je lui eus expliqué au téléphone toutes les hypothèses de Miguel quant aux raisons pour lesquelles les tableaux n’étaient pas authentiques. Mais ce dont je suis sûr, s’est que ton père n’aurait jamais acheté des faux. »

« La guerre faisait rage, des millions de personnes étaient déportées, internées et assassinées, mais le marché de l’art était florissant. À partir de 1941, le gouvernement français de Vichy – avec la bénédiction des nazis – a volé tout ce qu’il pouvait aux Juifs. Ils se sont approprié leurs entreprises, leurs comptes bancaires, leurs maisons, leurs bijoux et leurs œuvres d’art. Ce pillage a permis à nombre de salles de ventes aux enchères et de galeries d’art de s’enrichir pendant que les Juifs dépérissaient dans des camps d’internement, affamés et mourant par milliers. On estime que plus de sept cent mille tableaux ont été dérobés aux Juifs pendant la guerre. Plus de cent mille d’entre eux manquent toujours à l’appel. »

Steve Berry étudie le droit à l’Université de Mercer à Macon. Il est ensuite avocat et plaide pendant une trentaine d’années avant d’occuper de hautes fonctions dans la magistrature pour 14 ans. Il est un membre fondateur de l’International Thriller Writers, une association de plus de 2600 auteurs de romans policiers de partout dans le monde, dont il est co-président pendant trois ans.

En 1990, il se lance dans l’écriture. En 2000 et 2001, il remporte le prix Georgia State Bar Fiction Writing Contest. En 2003, son premier roman, Le Musée perdu (The Amber Room), paraît chez l’éditeur Ballantine Books. Depuis, il a publié plusieurs thrillers, qui sont devenus autant de best-sellers.

À partir de 2006, il amorce la série des aventures de Cotton Malone.

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M.J. Rose, auteure figurant sur les listes des best-sellers du New York Times, USA Today et Wall Street Journal, a grandi à New York, principalement dans les galeries labyrinthiques du Metropolitan Museum, les tunnels sombres et les jardins luxuriants de Central Park, et en lisant les livres préférés de sa mère avant même d’y être autorisée. Elle croit que le mystère et la magie nous entourent, mais que nous sommes trop souvent trop occupés pour les remarquer… Les livres qui amplifient le mystère et la magie attirent l’attention sur eux et nous rappellent de les chercher et de nous en émerveiller.

Les écrits de Rose ont été publiés dans de nombreux magazines, dont Oprah Magazine et The Adventurine. Elle a également été mise en avant dans le New York Times, Newsweek, Wall Street Journal, Time, USA Today, ainsi que dans l’émission Today Show et à la radio NPR.

Diplômée de l’université de Syracuse, Rose a réalisé une publicité diffusée au Museum of Modern Art à New York. Depuis 2005, elle dirige la première entreprise de marketing dédiée aux auteurs – Authorbuzz.com. Elle est également cofondatrice de 1001DarkNights.com et TheBlueBoxPress.com.

La série télévisée PAST LIFE est inspirée des romans de Rose issus de sa série Reincarnationist.

– Le Manuscrit cathare (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/04/20/le-manuscrit-cathare/