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Amour, Émotion, Poésie

Une nuit particulière

de Grégoire Delacourt
Poche – 27 mars 2024
Éditions : Le Livre de Poche

J’avais envie de retrouver un homme et une femme capables de se jeter dans le vide par amour. Parce que c’est vivre sans amour qui est l’enfer. G. D.

Elle s’appelle Aurore, lui, Simeone. Un soir d’automne, ces deux inconnus emplis de désespoir, qui croient n’avoir plus rien à perdre, font connaissance. Commence alors une nuit qui ne ressemble à aucune autre. Au matin, rien ne sera plus comme avant… Une conversation romanesque, poétique, fulgurante.

« Le souffle ardent de ces amants foudroyés va droit au cœur. »
Marie France.

« Les mots sont magnifiques. Ce sont deux poésies qui se rencontrent. »
Le Figaro magazine.

« Un périple éminemment lyrique. »
Lire magazine.

« Une promenade à deux où le goût de l’Italie et celui des sentiments passionnés marchent main dans la main. »
Psychologie magazine.

Une nuit particulière de Grégoire Delacourt raconte la rencontre fortuite de deux personnages que tout opposait mais qui, au cours d’une nuit, partagent un moment unique. L’auteur nous plonge dans l’intimité de ses protagonistes, en nous dévoilant leurs fragilités, leurs peurs mais aussi leurs rêves.
L’histoire se déroule sur une seule nuit, dans un cadre urbain anonyme, qui met en lumière une femme, bourgeoise et solitaire, et un homme plus marginal, qui porte en lui une douleur profonde. Cette rencontre va les pousser à se remettre en question, à explorer les aspects cachés de leur personnalité et de leur vécu.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la subtilité avec laquelle l’auteur aborde les émotions humaines. Il excelle dans l’art de décrire des sentiments complexes, souvent en quelques mots, créant ainsi une atmosphère empreinte de tendresse et de mélancolie. On sent chez lui une grande capacité à capter des instants de vie qui paraissent anodins au premier abord, mais qui prennent une résonance particulière au fil des pages à travers sa narration.
Le style de Delacourt est comme toujours poétique et délicat, avec un sens aigu de l’observation des petites choses qui font et qui sont la vie. Ce roman, bien qu’intime et émouvant, pourra sembler un peu trop introspectif pour certains, mais pour moi où chaque détail compte, il a su me toucher et me surprendre même, prouvant que les rencontres, même éphémères, peuvent bouleverser et changer des vies.

Une lecture émouvante, une belle réflexion sur la solitude, la quête du bonheur et la capacité de chacun à se réinventer.

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Extraits :

« J’ai parlé ce soir de beauté et de douleur.
J’ai parlé de ce que la première crée la seconde et que cette dernière est insupportable.
Elle est un silex dans la bouche, un feu dans les entrailles.
J’ai parlé de l’immense beauté de l’amour et de la grande douleur d’être quittée.
Abandonnée.
Jetée. »

« Nous les femmes sommes faites de promesses et de regrets. C’est-à-dire de futur et de passé. Nous avons un réel problème avec le présent. »

« Je ne connais pour l’instant que son odeur et la rugosité de sa main et je me dis que ses effleurements doivent laisser des griffures.
Je serai peut-être comme une page de livre demain, sillonnée de mots, lorsqu’il m’aura entièrement caressée. »

« – Je n’ai jamais trompé ma femme.
– Je ne vous demande pas de la tromper. Je vous demande de m’aimer. »

« Je lui dis ceci, parce que je ne veux risquer aucune méprise ; parce que ce que je lui offre cette nuit, c’est ma vie.
— Je n’avais jamais fait ce que j’ai fait à l’hôtel tout à l’heure.
Je crois que j’ai rosi en disant cela.
– Je n’avais jamais suivi une inconnue dans un hôtel.
– Oui. Des choses dangereuses.
– Je vous trouve rare, dis-je.
Il sourit. Une mélancolie. »

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Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt publie à cinquante ans son premier roman, L’Écrivain de la famille, récompensé par cinq prix littéraires dont le prix Marcel Pagnol. La Liste de mes envies, best-seller international publié et traduit dans plus de trente pays, a fait l’objet de nombreuses adaptations théâtrales et d’un film de cinéma. On ne voyait que le bonheur a figuré sur la liste du Goncourt et a été élu roman de l’année par Le Parisien. Mon Père et L’Enfant réparé ont été unanimement salués par la critique.

Anticipation, Drame, Science Fiction

Le Passage *

de Justin Cronin
Poche – 7 mars 2013
Éditions : Pocket

Années 2010. Dans le Tennessee, Amy, une enfant abandonnée de six ans est recueillie dans un couvent… Dans la jungle bolivienne, l’armée américaine recherche les membres d’une expédition atteints d’un mystérieux virus… Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de contribuer à une expérience scientifique gouvernementale. Lui et les autres condamnés à la peine capitale participant au projet mutent et développent une force physique extraordinaire. Les deux agents du FBI sont alors chargés d’enlever une enfant, Amy. Peu après que le virus a été inoculé à cette dernière, les mutants attaquent le centre de recherches. Près d’un siècle plus tard. Une communauté a survécu à l’apocalypse causée par l’attaque des viruls, ainsi qu’ont été baptisés les mutants. Une adolescente la rejoint bientôt. Une puce électronique implantée sous sa peau révèle qu’il s’agit d’Amy, âgée désormais de plus de cent ans mais qui en paraît à peine quatorze… L’aventure ne fait que commencer.

Justin Cronin m’a entrainé, que dis-je, m’a happé dans sa fresque apocalyptique d’une puissance narrative incroyable. Son écriture immersive, à la croisée du thriller et de la science-fiction, déploie une galerie de personnages inoubliables, des survivants rongés par la peur aux créatures nocturnes hantant un monde dévasté. Le roman m’a un peu fait pensé de part son ambiance à Je suis une légende le film avec Will Smith et à The Road avec Viggo Mortensen, mais il impose surtout, je trouve, sa propre identité en mêlant tragédie intime et survie collective. Chaque page est une montée en tension, chaque chapitre une plongée dans l’inconnu. Un roman monumental de 1280 pages, fascinant et ambitieux à l’atmosphère suffocante, où l’espoir subsiste malgré la nuit qui s’étire et semble éternelle.

Cronin prend le temps de poser son univers et ses personnages, ce qui peut sembler lent au début, mais l’immersion en devient d’autant plus forte. J’ai particulièrement aimé la construction du récit, avec cette alternance entre le passé et le présent, et la montée en tension constante. La seconde partie, plus tournée vers la survie post-apocalyptique, m’a un peu moins captivé que la première, mais l’ensemble reste très agréable à lire.
Les tomes 2 et 3, Les Douze avec ses 960 pages et La Cité des Miroirs et ses 1088 pages sont dans ma PAL 😅 😜 😂!!!

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Extraits :

« Avant de devenir la Fille de nulle part – Celle qui vint en marchant, la Première, la Dernière et la Seule, et qui vécut mille ans -, ce n’était qu’une petite fille appelée Amy. Amy Harper Bellafonte, née dans l’Iowa.
À sa naissance, sa mère, Jeannette, avait dix-neuf ans. Jeannette lui donna le prénom de sa propre mère, Amy, morte quand elle était tout bébé, et pour deuxième prénom Harper, à cause de Harper Lee, la femme qui avait écrit Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, le livre préféré de Jeannette – à vrai dire, le seul livre qu’elle ait lu jusqu’au bout à l’école. Elle aurait pu l’appeler Scout, comme l’héroïne de l’histoire, parce qu’elle aurait voulu que sa petite fille devienne pareille en grandissant, forte et drôle et futée, tout ce qu’elle, Jeannette, n’avait jamais réussi à être. Mais Scout était un nom de garçon, et elle ne voulait pas que sa fille passe sa vie à s’expliquer là-dessus. »

« — Regardez-la ! Cette fille parle aux ours ! fit une voix.
Un murmure incrédule parcourut la foule. Les appareils photo commencèrent à mitrailler. Lacey s’accroupit à côté d’Amy, écarta avec ses doigts les mèches de cheveux noirs de son visage. La fillette avait les joues ruisselantes d’eau et de larmes mêlées. Il se passait quelque chose.
— moi, mon enfant.
— Ils savent, fit Amy, les mains toujours plaquées contre la vitre.
— Les ours ? Qu’est-ce qu’ils savent ?
La petite fille leva la tête vers elle. Lacey n’en revenait pas. Elle n’avait jamais vu une telle expression de tristesse sur le visage d’un enfant, comme si elle avait eu la révélation d’un grand malheur. Et pourtant, dans ses yeux, elle ne lisait aucune crainte. Quoi que Amy ait appris, elle l’acceptait.
— Ce que je suis, répondit-elle. »

« Carl et Martha étaient morts. Ils étaient blottis l’un contre l’autre, comme des cuillères dans un tiroir, dans le lit d’hôpital, Carl serrant sa femme contre lui, un bras passé autour de ses épaules. On aurait dit qu’ils dormaient. Ç’aurait pu être la fumée, mais l’air de la pièce disait à Wolgast qu’ils étaient morts bien avant l’incendie. Sur la table de nuit, il y avait une bouteille de whisky à moitié vide et à côté un journal plié, comme celui qu’il avait vu, d’une minceur inquiétante, avec un énorme gros titre hurlant dont il détourna le regard. II préféra le mettre dans sa poche pour le lire plus tard, et resta un moment debout au pied du lit où les corps étaient allongés. Puis il referma la porte de la chambre et alors seulement, enfin, il pleura. »

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Né en 1962, Justin Cronin a effectué ses études à l’université de Harvard. Il est l’auteur de plusieurs romans dont Huit saisons (Mercure de France, 2003), couronné par le prix Pen-Hemingway. Il vit avec sa femme et ses enfants à Houston, au Texas, où il enseigne l’anglais, à l’université Rice.
Retrouvez la trilogie de l’auteur sur http://enterthepassage.com/

Émotion, Philosophique, Psychologie

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

de Stefan Zweig
Poche – 1 janvier 1992
Éditions : Le Livre de Poche

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée… Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Dans ce court mais intense roman, Stefan Zweig nous plonge au cœur des tourments de l’âme humaine à travers le récit bouleversant d’une femme aristocrate dont la vie bascule en l’espace d’une seule journée. Lors d’un séjour dans une pension de la Côte d’Azur, la narratrice, une femme respectable et bien établie, se laisse submerger par une attirance irrépressible envers un jeune homme tourmenté, accro aux jeux de hasard. En une nuit, poussée par un élan irrépressible, elle remet en question tout ce qui définissait son monde, cédant à un désir aussi fulgurant qu’incontrôlable.

Zweig, avec son talent inégalé pour disséquer l’âme humaine, dissèque avec une précision remarquable la lutte entre raison et pulsion, entre conventions sociales et élans du cœur. Son écriture fluide et vibrante saisit avec une justesse troublante les émotions qui traversent cette femme, partagée entre l’effroi et l’abandon, entre la culpabilité et l’exaltation. L’analyse psychologique, portée par une narration élégante et incisive, rend chaque sentiment palpable, chaque hésitation poignante.

Ce récit, d’une grande intensité, m’a interpellé sur la fragilité des certitudes et la force des passions inavouées. En quelques pages seulement, Zweig parvient à capturer toute la complexité de l’âme humaine et nous entraîne dans une réflexion vertigineuse sur la passion et ses conséquences.

Un chef-d’œuvre concis et envoûtant, à lire absolument !

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Extraits :

« En effet, au train de midi, exactement de midi vingt je dois indiquer l’heure avec précision parce que c’est important, aussi bien pour cet épisode que pour le sujet de notre conversation si animée), un jeune Français était arrivé et avait loué une chambre donnant sur la mer: cela seul annonçait déjà une certaine aisance pécuniaire. Il se faisait agréablement remarquer, non seulement par son élégance discrète, mais surtout par sa beauté très grande et tout à fait sympathique: au milieu d’un visage étroit de jeune fille, une moustache blonde et soyeuse caressait ses lèvres, d’une chaude sensualité; au-dessus de son front très blanc bouclaient des cheveux bruns et ondulés; chaque regard de ses yeux doux était une caresse; tout dans sa personne était tendre, flatteur, aimable, sans cependant rien d’artificiel ni de maniéré. De loin, à vrai dire, il rappelait d’abord un peu ces figures de cire de couleur rose et à la pose recherchée qui, une élégante canne à la main, dans les vitrines des grands magasins de mode, incarnent l’idéal de la beauté masculine. »

« Pendant la nuit, il pouvait être onze heures, j’étais assis dans ma chambre en train de finir la lecture d’un livre, lorsque j’entendis tout à coup par la fenêtre ouverte, des cris et des appels inquiets dans le jardin, qui témoignaient d’une agitation certaine dans l’hôtel d’à côté. Plutôt par inquiétude que par curio-sité, je descendis aussitôt, et en cinquante pas je m’y rendis, pour trouver les clients et le personnel dans un état de grand trouble et d’émotion. Mme Henriette, dont le mari, avec sa ponctualité coutumière, jouait aux dominos avec son ami de Namur, n’était pas rentrée de la promenade qu’elle faisait tous les soirs sur le front de mer, et l’on craignait un accident.
Comme un taureau, cet homme corpulent, d’habitude si pesant, se précipitait continuellement vers le littoral, et quand sa voix altérée par l’émotion criait dans la nuit: « Henriette!
Henriette!», ce son avait quelque chose d’aussi terrifiant et de primitif que le cri d’une bête gigantesque, frappée à mort. Les serveurs et les boys se démenaient, montant et descendant les escaliers; on réveilla tous les clients et l’on téléphona à la gendarmerie. Mais au milieu de ce tumulte, le gros homme, son gilet déboutonné, titubait et marchait pesamment en sanglotant et en criant sans cesse… »

« Vous avez parfaitement raison ; la vérité à demi ne vaut rien, il la faut toujours entière. Je rassemblerai toutes mes forces pour ne rien dissimuler vis-à-vis de moi-même ou de vous. Venez après diner dans ma chambre (à soixante-sept ans, je n’ai à craindre aucune fausse interprétation), car dans le jardin ou dans le voisinage des gens, je ne puis parler.
Croyez-moi, il ne m’a pas été facile de me décider. »

Né à Vienne en 1881, fils d’un industriel, Stefan Zweig a pu étudier en toute liberté l’histoire, les belles-lettres et la philosophie. Grand humaniste, ami de Romain Rolland, d’Émile Verhaeren et de Sigmund Freud, il a exercé son talent dans tous les genres (traductions, poèmes, romans, pièces de théâtre) mais a surtout excellé dans l’art de la nouvelle (La Confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme), l’essai et la biographie (Marie-Antoinette, Fouché, Magellan…).
Désespéré par la montée du nazisme, il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis.
En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.

Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie

Dix-Neuf Marches

de Millie Bobby Brown
Broché – 25 janvier 2024
Éditions : Robert Laffont

Best-seller du New York Times, le premier roman bouleversant de l’actrice révélée par Stranger Things et Enola Holmes.

Nellie Morris, jeune fille dont la joie de vivre est contagieuse, tente de mener une vie normale dans l’East End de Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, tandis que la capitale anglaise reste sous la menace constante des raids aériens allemands. Entourée par ses parents, son frère cadet et sa petite sœur, et bien occupée par son travail d’assistante de la maire du district de Bethnal Green, elle arrive à sortir de temps à autre au pub où elle aime chanter avec sa meilleure amie Barbara et son ami d’enfance Billy qui a toujours eu un faible pour elle.

La rencontre de Nellie avec Ray, un bel aviateur américain, va venir bouleverser ses certitudes et encourager son désir de voir le monde. C’est alors qu’un terrible accident survient à l’abri de la station de métro de Bethnal Green où Nellie et sa famille se réfugient en cas d’alerte. Son courage, sa détermination vont l’aider à surmonter cette épreuve qui touche ses proches en plein cœur.

« Vous ouvrirez peut-être Dix-neuf marches pour le nom de la star,
mais vous le lirez pour l’histoire d’un évènement méconnu
de la Seconde Guerre mondiale. »
New York Times

« Inspiré d’une histoire vraie, ce roman donne les larmes aux yeux,
mais met de l’espoir dans le cœur. »
The Mirror

« Un roman bouleversant. »
Madame Figaro

Dans son premier roman, Dix-Neuf Marches, Millie Bobby Brown m’a amené à Londres en 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale.

Inspiré de faits réels, ce récit dépeint avec authenticité la vie quotidienne des Londoniens sous les bombes, mêlant habilement histoire d’amour, drame familial et contexte historique. Pour un premier roman, Millie offre une œuvre touchante et bien construite et immersive, portée par des personnages profonds et des descriptions saisissantes qui m’ont plongé au cœur du Londres en guerre. À travers les thèmes de l’amour, de la perte et de l’espoir, Dix-Neuf Marches résonne avec une intensité particulière.

Une lecture prenante et agréable que je recommande !

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Extraits :

« C’était un samedi de septembre lumineux qui sentait l’été. Nellie avait eu une grosse semaine à l’hôtel de ville, où elle travaillait comme assistante de la maire, et aujourd’hui, elle aspirait à un peu de normalité, à retrouver, un instant, la saveur de la vie d’avant la guerre, les raids aériens, le rationnement, les bulletins d’information sinistres que diffusait inlassablement la TSF. Elle avait décidé d’emmener Flo, sa petite sœur, pique-niquer au parc. Il faisait chaud. Assez pour se mettre à nourrir l’espoir que le temps tournerait bientôt et que les feuilles commenceraient à tomber des arbres – et pour se reprocher aussitôt de ne pas apprécier cette belle journée à sa juste valeur. »

« Elles s’apprêtaient à rassembler leurs affaires quand le gémissement suraigu de la sirène s’éleva.
— Une attaque en plein jour ? Vraiment ? s’étonna Nellie, son cœur s’emballant dans sa poitrine.
Elle fourra les restes de leur pique-nique dans le panier et saisit la main de Flo.
— Viens, il faut courir !
— Nelliiie! Où on va aller ? Je ne veux pas recevoir une bombe sur la tête ! hurla la fillette terrifiée. »

« Nellie respira l’air froid et regarda autour d’eux alors qu’ils émergeaient de l’abri le lendemain matin.
C’était toujours un soulagement de découvrir que vous aviez encore survécu à une de ces nuits, mais il y avait aussi l’angoisse de ce que vous risquiez de découvrir une fois dehors, et la possibilité que votre maison ne soit plus là. Elle ne vit pas de nouveaux décombres dans le voisinage immédiat du métro. Le nœud d’anxiété qui lui serrait l’estomac commença à se relâcher. Elle vérifia l’heure. Elle avait tout juste le temps de rentrer à la maison, de déposer son ballot, et de faire sa toilette avant d’aller au travail. »

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Millie Bobby Brown est une actrice, mannequin et productrice britannique révélée par la série Stranger Things sur Netflix. Elle incarne ensuite Enola Holmes dans la série du même nom. En 2018, elle devient la plus jeune ambassadrice du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Et la même année, elle figure sur la liste des cent personnes les plus influentes dans le monde établie par TIME Magazine. En 2019, elle lance sa marque de cosmétique florence by mills.

  • Dix-Neuf Marches est son premier roman.
Anticipation, Émotion, Science Fiction, Thriller psychologique

Memoria

de Alan Spade
Broché – 16 décembre 2021
Éditions : Éditions Emmanuel Guillot

Quelle place occupe la mémoire dans notre vie de tous les jours ? Depuis qu’elle a perdu une partie de ses souvenirs intimes, Lucinda Vels traverse le quotidien comme un fantôme. Avec un certain cynisme, elle équipe d’autres personnes d’implants neuronaux, alors qu’en tant que « Tradi », elle désapprouve totalement la démarche. Mais elle a besoin d’amasser les crédits pour accomplir son rêve d’une société plus juste, et ce travail paie bien. Ironie du sort, elle va finir par se laisser persuader d’utiliser la technologie sur elle-même, afin de recouvrer la mémoire. C’est alors qu’elle se découvre mère. Elle qui a toujours pris soin de ne pas tomber amoureuse a eu une fille, et son destin va en être bouleversé.

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de rencontrer Alan Spade lors d’une séance de dédicace dans un centre commercial près de chez moi. Une rencontre bien trop brève à mon goût : un rendez-vous m’attendait, et je n’ai pas pu échanger autant que je l’aurais souhaité. Compte tenu de ma pile à lire, je lui avais précisé que ma lecture ne serait pas pour tout de suite…

Mais avant-hier soir, en rentrant chez moi, mon regard a été attiré par le livre d’Alan, posé sur mon bureau. J’avais oublié de le ranger. Je l’ai pris en main… et c’est à ce moment précis que tout a basculé. Par curiosité, j’ai lu quelques pages… et ma fierté en a pris un coup. Impossible de m’immerger dans l’histoire, comme si un mur invisible m’empêchait d’y entrer. Dès lors, ce livre est devenu un défi.

J’ai tout mis en pause, réglé mes affaires courantes, dîné, puis enfin, dans le calme, j’ai repris ma lecture depuis le début. Le style d’Alan n’est pas forcément fluide au premier abord ; il a exigé, au lecteur que je suis, une attention particulière. J’ai régulièrement dû me référer au glossaire, précieux allié placé à la fin du roman. Mais au fil des pages, un déclic s’est produit, j’ai commencé à percevoir la richesse de son écriture, son érudition et sa parfaite maîtrise de son univers. Peu à peu, je me suis laissé happer. L’histoire, mêlant mémoire et identité, distille une tension constante, nourrie par un rythme haletant et des retournements de situation imprévisibles.

Lucinda Vels, l’héroïne est confronté à une réalité instable, elle voit ses souvenirs lui échapper, se dérobant comme du sable entre ses doigts. Manipulation, quête de vérité, course contre le temps… Alan Spade tisse un récit immersif et angoissant, qui m’a plongé dans une spirale où le passé et le présent s’entrelaçaient dangereusement.

Memoria est un roman exigeant, mais envoûtant. Une lecture qui se mérite, mais qui, une fois apprivoisée, dévoile toute sa profondeur. Cela faisait longtemps que je n’avais pas “exploré” un roman de science-fiction aussi fascinant, et je ne regrette pas ce voyage dans un univers où la mémoire est à la fois une force et une menace.

Une lecture à ne pas manquer si vous aimez les thrillers psychologiques et les récits qui interrogent au plus profond de soi !

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Extraits :

« Lucinda palpa ses draps fiévreusement, comme si le simple fait de les agripper pouvait retenir le délicieux rêve et ces images qui s’enfuyaient. Elle avait été sur le point de voir ses yeux ! De pouvoir enfin connaître leur couleur, de plonger dans ces fenêtres de l’âme de l’enfant. Et tout cela lui échappait ! »

« Comme souvent ces derniers temps, Lucinda se rappela les instants qui avaient suivi son réveil dans son lit, ce jour fatidique où elle avait perdu la mémoire. Cette impression que de larges pans de son existence lui faisaient défaut avait été la plus marquante. Elle s’était demandé si elle n’était pas folle en réalisant que sa vie sociale était aussi emplie que le vide intergalactique. Ce n’était que par la suite, lorsque sa mère lui avait appris qu’elle la croyait sur Elsevia, une planète lointaine, qu’elle avait commencé à penser que sa santé mentale n’était peut-être pas en cause. Pourquoi lui aurait-elle menti ainsi ? »

« – “Citoyenne, vous n’étiez pas à votre poste hier matin ? Une visite à l’infirmerie, je crois ?
– Bien malgré moi.
– Comment allez-vous ?
– Beaucoup mieux, merci.
– Où en êtes-vous du découplage synaptique du Cyclon B26-Z?”
Le B26-Z était la dernière version des calottes neuronales de la Nan Tech. Lucinda avait commencé à travailler dessus deux semaines auparavant.
– “Cela avance correctement, répondit-elle. J’ai éliminé 75 % des scories résiduelles. Les variations de fréquence restent dans les normes.” »

« – Écoute, la semaine prochaine, c’est la fête de la Réconciliation. Si tu as vraiment eu une fille, c’est obligé que tu l’y aies emmenée au moins une fois. Attends jusque là. Des souvenirs te reviendront sûrement. Comme dans le Splash à rebond, tu sais.
Lucinda hocha la tête d’un air assez peu convaincu, mais Annette eut l’impression que sa détermination avait fléchi. »

« J’aime concevoir des univers ayant leur cohérence intrinsèque, qu’il s’agisse d’univers de science-fiction, de fantastique ou de fantasy (ou un peu des trois). Ils doivent avoir leur personnalité propre, l’un des meilleurs modèles en ce domaine étant vraisemblablement Dune, de Franck Herbert. Dans mes histoires, j’essaie d’imprimer un certain rythme de lecture, de ménager une tension dramatique et émotionnelle. Je considère que la littérature est l’un de ces domaines où l’on est en apprentissage toute sa vie. Je m’efforce d’améliorer chacun de mes ouvrages, de tirer parti de mes erreurs. C’est pourquoi les critiques sont importantes.

En plus de ses nombreuses autres qualités, Anne-Christine, mon épouse, m’offre une aide extrêmement précieuse, tant du point de vue du fond que de la forme. Elle m’apporte son point de vue féminin, qui est irremplaçable. J’écoute avec attention ses critiques. Celles-ci s’améliorent avec chaque livre. Ses compliments sont si rares que cela me permet de me concentrer sur l’essentiel.

En écrivant Espace et Spasmes (devenu depuis Les Explorateurs) et le Cycle d’Ardalia, j’ai pris conscience qu’à partir du moment où j’essayais de communiquer une part de rêve, tout devait concourir à provoquer en vous le frisson de l’évasion : de la couverture au titre du livre, en passant par le nom de l’auteur ! C’est pourquoi j’ai opté pour un pseudo, Alan Spade, qui m’est venu tout naturellement.

Afin d’élargir mon public, parce que c’est un genre qui me tient à cœur et que j’aime relever des défis, je me suis dernièrement lancé dans l’écriture de thrillers. L’un d’entre eux, ma nouvelle Le Vagabond, est offert en téléchargement gratuit.

À vous de juger en me lisant si j’ai su saisir l’air du temps, si ce que j’écris fait écho à vos interrogations ou vous touche d’une manière ou d’une autre. Ou simplement si vous en retirez quelque plaisir. »

Mon site d’auteur : http://emlguillot.free.fr/index.html

Mon blog : http://alanspade.blogspot.fr/

Émotion, Biographie, Histoire vraie

Maria Montessori

Femmes d’exception, Volume 10.
de Ariadna Castellarnau et Mercedes Castro
Broché – 26 février 2020
Éditions : RBA

À une époque où les portes de l’université étaient fermées aux femmes, Maria Montessori dut, pour réaliser sa vocation, lutter âprement contre les préjugés de son temps. En tant que médecin, elle ne cessa de lutter contre les souffrances dont elle était témoin. Comme pédagogue, elle fut la conceptrice d’une méthode qui renouvela en profondeur et de manière irréversible l’enseignement des enfants de toutes classes et de toutes conditions. Mais sa contribution alla bien au-delà, car l’éducation était pour elle le moyen d’instaurer une paix durable dans le monde.

Je croyais en savoir un peu sur Maria Montessori, mais au fil de ma lecture, j’ai découvert le parcours remarquable de cette femme hors du commun !

« J’eu l’intuition que le problème de ces déficients était moins d’ordre médical que pédagogique… »

Maria Montessori est pour moi, une figure incontournable de l’éducation moderne. Dans ce dixième volume de la collection Femmes d’exception, Castro Mercedes et Ariadna Castellarnau retracent avec justesse le parcours fascinant de cette femme visionnaire, dont les idées ont révolutionné l’apprentissage des enfants à travers le monde entier.

Dès les premières pages, j’ai découvert une Maria Montessori déterminée à s’imposer dans un monde dominé par les hommes. Première femme médecin en Italie, elle se passionne pour la pédagogie et consacre sa vie à l’éducation des enfants, notamment ceux en difficulté. Convaincue que chaque enfant possède un potentiel immense, elle développera une méthode fondée sur l’autonomie, l’expérimentation et le respect du rythme individuel. Son approche, en rupture avec l’enseignement traditionnel, prône un apprentissage sensoriel et ludique, basé sur la manipulation d’objets conçus pour stimuler l’intelligence, mais surtout la curiosité.

« Dans sa vie, je réfléchis à la société et à la manière dont, avec une enfance éduquée dans la paix, nous aurons un avenir sans guerres. »

Au fil des chapitres, l’ouvrage met en lumière les obstacles qu’elle a dû affronter, son engagement pour les droits des enfants et l’essor international de la pédagogie Montessori, aujourd’hui adoptée dans de nombreuses écoles. Le livre ne se contente pas d’être un récit biographique ; il s’agit aussi d’un hommage à une femme inspirante qui a transformé la manière dont nous envisageons l’éducation.

Une lecture que j’ai trouvé très enrichissante, que je recommande à tous ceux qui s’intéressent à l’éducation et à l’émancipation des esprits.

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Extraits :

« Maria Montessori désapprouvait les méthodes d’enseignement utilisées en Europe ; elle les trouvait rigides, voire cruelles. Elle pensait que l’enfant ne devait être ni façonné, ni dirigé – et encore moins puni -, mais qu’il devait acquérir progressivement ses connaissances, en toute liberté, d’une manière qui respecterait son propre développement. Elle mit alors au point une pédagogie visionnaire, basée sur le développement de la créativité, l’apprentissage par l’expérimentation et l’autonomie de l’élève. »

« Il était plus de neuf heures du soir, elle était fatiguée et les vapeurs de formol lui donnaient des nausées. Comme à chaque fois qu’elle pénétrait dans la salle de dissection de la faculté de médecine de La Sapienza, elle avait cru défaillir, pas à cause du contact avec la mort, mais par l’odeur qui émanait du formol. À une époque, afin de pallier cet inconvénient, elle avait engagé un homme pour fumer à ses côtés pendant qu’elle travaillait ; l’odeur de la cigarette réussissait un tant soit peu à atténuer ses nausées. Cela ne convertissait pas pour autant la dissection en une tâche aisée.
Plus tard, elle se mit d’ailleurs à fumer elle-même. »

« Il convient de rappeler que la médecine du XIXe siècle était chargée de préjugés contre le sexe féminin. Il était fréquent d’entendre, par exemple, que lorsqu’un couple donnait naissance à une fille, c’était une conséquence de l’état de fatigue du mari ; en d’autres termes, la femme était considérée comme un être imparfait, de seconde catégorie. »

« Je demande à tous mes chers enfants, qui ont tant de pouvoir, de s’unir à moi afin de construire la paix entre les hommes, dans le monde entier. » Les enfants, c’est à eux maintenant qu’il revient de prendre le flambeau et bâtir, de leurs jolies mains, un monde nouveau. »

Ariadna Castellarnau est diplômée en philologie hispanique et en théorie de la littérature et des littératures comparées. Elle a écrit dans les revues Anfibia (Argentine) et Label Negra (Pérou), ainsi que dans les suppléments culturels Radar et Diario Perfil. Ses récits ont été publiés dans diverses anthologies : Interzona (Panorama interzona) et Extrema Ficción (Antologías Traviesa n° 4). En 2015, il a remporté le prix international Las Américas du meilleur roman latino-américain avec son livre Quema.

Mercedes Díaz est diplômé en droit de l’Université autonome de Madrid et travaille comme éditeur de livres. Elle est l’auteur, entre autres romans, de la période Y punto. (2008, Alfaguara), œuvre distinguée comme meilleur premier long métrage en langue espagnole par le Festival du premier roman de Chambéry (France), et Mantis (2010, Alfaguara).

Émotion, Drame, Frisson horreur, Suspense, Thriller

Les deux visages du chaos

de Serge Bertrand
Broché – 4 mars 2025
Éditions : Les Presses du Midi

Marseille.
Un climat de plus en plus oppressant règne dans la cité phocéenne. En effet, deux individus sèment la terreur depuis plusieurs jours. Ainsi, un homme vêtu d’un sweat à capuche gris traque les petits délinquants avec une haine farouche. En parallèle, le serial killer autoproclamé « Anubis, dieu des Morts » génère une peur bien légitime après avoir commis plusieurs meurtres. Forcément la pression est grande sur le commissaire Blanchard et sa précieuse adjointe, Mélusine Merle. Il leur faut au plus vite démasquer et mettre hors d’état de nuire les deux psychopathes.
Une enquête sombre, pleine de rebondissements, démarre alors. Chercher leurs mobiles et comprendre leurs modes de fonctionnement n’est bien sûr pas sans risque. La lutte du bien contre le mal reprend de plus belle dans les rues marseillaises.

Lu d’une traite !

Avec Les Deux Visages du Chaos, Serge Bertrand nous plonge dans un récit captivant et haletant où l’ordre et le désordre s’entrelacent avec une intensité saisissante. Ce roman, à la frontière du thriller et de la philosophie, explore les dualités profondes qui gouvernent notre monde : lumière et obscurité, raison et folie, destin et liberté.

L’histoire, qui est la suite de Ils doivent tous mourir mais qui peut se lire indépendamment, suit deux protagonistes en proie à leurs propres démons, pris dans une spirale où chaque choix semble enfoncer davantage leur fragile équilibre dans un chaos grandissant. Entre complots, révélations inattendues et une tension qui monte crescendo, Serge tisse une intrigue où je me suis retrouvé, sans cesse sur le fil du rasoir entre le bien et le mal. Ses personnages, d’une profondeur saisissante, évoluent dans un univers où le réalisme se fond avec l’étrange, brouillant les frontières et créant une immersion totale.

L’écriture est ciselée, addictive, le style percutant, oscillant entre descriptions immersives et dialogues percutants. Chaque page distille une atmosphère singulière, tantôt oppressante, tantôt hypnotique, qui entraîne une réflexion sur le chaos lui-même, mais aussi sur la vie dans toute sa complexité. Ce roman ne s’est pas contenté de me raconter une histoire. Il m’a secoué, dérangé, et a remis en question mes propres perceptions sur le bien et le mal…

Une lecture que je recommande vivement à ceux qui cherchent plus qu’un simple divertissement, une lecture qui, bien après l’avoir refermé, continue de me hanter l’esprit.

Bravo Serge, tu confirmes définitivement, pour moi, ta place dans le monde du polar et du thriller français !

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Extraits :

« Patrick Blanchard, parisien d’origine, a été muté à Marseille à sa demande. Il est grand, beau gosse, avec des cheveux longs noirs jusqu’aux épaules et des yeux d’un bleu lagon envoûtant.
Mélusine Merle, authentique Marseillaise, s’exprime avec un accent à couper au couteau. Elle est petite, pulpeuse, avec des cheveux blonds et une frange ; son regard noisette brille d’une lueur d’intelligence, son sourire est ravageur et son rire communicatif. Le voyage long est éprouvant, mais le décalage horaire s’avère moins pénible au retour qu’à l’aller. A peine arrivés, Blanchard et Merle se rendent directement à l’appartement de Mélusine, en face de la célèbre plage des Catalans, et sombrent dans un sommeil profond et réparateur. »

« — Hé, Ducon, si tu ne veux pas de problèmes, tu nous donnes ton fric, ta montre et ton portable ! Je te conseille de faire vite et surtout de ne pas nous contrarier. Tu vas nous remettre aussi ta carte de crédit et le code. Nous restons trois dans le parking avec toi, notre copain va au distributeur. Si tu fais le con à nous donner un code bidon, c’est tant pis pour toi, réfléchis bien. Tu n’as pas droit à l’erreur. »

« La dame âgée sourit à l’homme à la capuche et lui parle :
– Merci beaucoup, monsieur ! Vous avez fait exactement ce qu’il fallait faire pour ce genre de petites canailles. Peut-être que cela lui permettra de réfléchir pour se comporter différemment, une autre fois. C’est comme avec les bourricots, sans le bâton, ils n’avancent pas. Maintenant, il n’y a plus de règles de conduite, plus de respect. Je me demande où va notre société. »

« Tout autour, d’un élan unanime, les gens applaudissent. Les deux loubards reprendront leur esprit un peu plus tard avec un mal de crâne. La solution reste éphémère, mais pour la journée les passants ne seront plus importunés. L’homme à la capuche poursuit son chemin. Dans son esprit, tout est clair, il s’entraîne pour atteindre son objectif et rien ne pourra le faire renoncer. »

« Un assortiment de photos dévoile toutes sortes de personnalités du monde politique et médiatique. C’est incroyable le nombre de « gros légumes » qui fréquentent ce night-club libertin. On leur donnerait le bon Dieu sans confession, mais ils sont loin d’être de blanches colombes comme ils veulent nous le faire croire. Pour la plupart, hommes et femmes sont mariés et tous ces couples illégitimes viennent assouvir en secret leurs fantasmes sexuels et, bien souvent, leur tendance homosexuelle refoulée. Ils profitent aussi des services de jeunes garçons ou filles qui se vendent. »

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires et avoir mené une vie de rocker pendant des années sur les routes et sur les scènes, Serge Bertrand trouve de la motivation en témoignant de cette époque folle avec deux livres autobiographiques sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.

Son premier polar :

Frisson horreur, Suspense, Thriller, Thriller psychologique

Signatures

de Tom Clearlake
Broché – 19 janvier 2022
Éditeur : Moonlight éditions.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se voit confier le dossier du meurtre sordide d’une femme, en région parisienne. Quelques jours plus tard, une autre victime est retrouvée morte dans la forêt de Sénart. Comme la première, son corps a été l’objet d’une mise en scène macabre.
Pour Margot et son équipe, le lien entre ces deux dossiers est évident. Il s’agit bien d’un même tueur. Et ce dernier semblerait s’attacher à faire de chacun de ses assassinats une œuvre d’art.
Les choses se compliquent quand le tueur entre en contact avec un journaliste pour l’envoyer sur le lieu de sa troisième composition.

Découvrez aussi « Sans retour », « Le Seuil », « Signatures » et d’autres thrillers terrifiants signés Tom Clearlake !

Tom Clearlake, depuis ma première lecture, fait partie de ces auteurs dont j’aime particulièrement la plume, sombre et envoûtante. Avec Signatures, il m’a entraîné dans un thriller particulièrement oppressant, où l’art et la mort s’entrelacent de façon glaçante.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se retrouve confrontée à une affaire terrifiante : une femme assassinée dans des conditions effroyables, suivie d’un second crime qui laisse présager l’œuvre d’un tueur en série. Chaque victime est mise en scène comme une macabre composition artistique, révélant un meurtrier à l’ego démesuré.

Bernard Coutier, lui est un écrivain populaire connaissant le syndrome de la page blanche et en quête d’inspiration. Il décide de plonger dans l’univers du criminel et d’écrire un “true crime”, sans se douter qu’il va devenir une pièce maîtresse du jeu dangereux orchestré par l’assassin, qui le contactera en retour, lui offrant l’exclusivité de sa prochaine “création”. L’histoire prend alors une tournure vertigineuse, explorant les méandres de l’horreur et de la fascination morbide.

Tom maîtrise l’art du suspense avec brio. Chaque scène est décrite avec une intensité redoutable et un style percutant. Les personnages sont profonds, torturés, et le portrait du tueur est si glaçant qu’il en devient presque hypnotique, et au milieu de toute cette noirceur, il y a quand même beaucoup d’émotion et de sensibilité. Je me suis demandé plusieurs fois, où il allait chercher toutes ses idées et plusieurs fois j’ai eu l’impression de regarder un film complètement déjanté !
Signatures est un thriller psychologique d’une rare noirceur, un véritable page-turner qui a happé le lecteur que je suis, du début à la fin et qui m’a laissé une empreinte indélébile. Impossible de lâcher cette lecture aussi captivante… qui sera sûrement impossible à oublier !

Je vous recommande vivement son livre, c’est un véritable coup de cœur.

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Extrait :

« La sonnerie du téléphone fixe déchira le silence feutré de l’appartement. Claire Lensac sursauta. La tasse qu’elle tenait entre ses doigts parfaitement manucurés lui échappa. Son contenu, un thé vert bio de Ceylan, se répandit sur le marbre blanc de la cuisine. Les éclats de porcelaine filèrent sous les meubles pour se cacher, ne pas déranger l’ordre irréprochable que Mlle Lensac entretenait dans son trois-pièces. Ce téléphone n’avait dû sonner qu’une dizaine de fois depuis qu’elle avait emménagé ici – un modèle datant des années quatre-vingt qu’elle avait dégoté chez un antiquaire. Troublée, elle traversa le salon et décrocha le combiné en bakélite. »

« Un vent glacial venait caresser ses joues figées, froides maintenant, comme cette brise. Ses joues qu’aucun sourire ne viendrait plus animer.
Il l’avait amenée jusqu’ici, car c’était ici qu’il fallait qu’elle soit retrouvée. Dans cette maison. Dans la véranda délabrée, sur le carrelage de marbre blanc jonché d’éclats de verre, il avait disposé la toile qu’il avait peinte avec son sang sur un chevalet. »

« Dix autres minutes, au moins, s’étaient écoulées. Il était encore là, immobile, dans sa robe à fleurs jaunes, réalisant peu à peu qu’il était libre, qu’il n’aurait plus à redescendre dans cette cave humide et froide. Que sa geôlière, ce dragon déguisé en mère, avait été terrassée. Jerry n’avait pas bougé, lui non plus, reproduisant ses gestes dans un mimétisme parfait. Ensuite l’atmosphère était devenue lourde, le ciel s’était assombri, jusqu’à devenir un amas noir de fureur. La foudre s’était mise à gronder au loin. Et Jerry avait souri. »

« – Le consumérisme est donc la source du mal.
– Oui. Nous fabriquons et achetons toutes ces choses dont nous n’avons pas réellement besoin. Voilà le cœur du problème actuel, à l’échelle planétaire.
– Nous sommes en plein paradoxe, dit Busnel.
– En effet. »

« Ma seule activité a été de raconter les vies d’autres personnes, des personnes que j’aurais peut-être aimé avoir eues comme amies ou comme proches. Des personnes que j’aurais aimé protéger, garder sous mon aile… Pourquoi les auteurs doivent-ils être si désespérément seuls ? »

Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

Amour, Émotion, Fantastique, Histoire, Magique

La stèle sacrée

de Florence Jouniaux
Broché – 13 février 2020
Éditeur : M+ éditions

Soudain, il se souvint. L’inscription ! !
Au même moment, un grand gaillard roux, vêtu d’une tunique courte, se pencha sur lui, l’air anxieux.
Quomodo vales 1? prononça-t-il en latin.
Ces mots confirmèrent ses pires craintes. Il avait beau se dire que c’était impossible, mais à moins d’être dans un peplum, il avait devant lui un authentique gaulois et se trouvait encore sur le forum, mais celui de l’antiquité ! Pas de doute ! Il avait traversé l’espace-temps !

Antoine, futur doctorant en lettres classiques, est en visite à Rome, avec la belle Chiara. Il ne s’attendait pas à côtoyer les celtes et les romains du premier siècle après Jésus-Christ pour répondre à une question cruciale ! Ses connaissances historiques vont influer sur le sort du peuple voltinien, situé dans la région des Allobroges, dans la Gaule Narbonnaise de l’époque.
Une autre question se pose à lui : comment va-t-il revenir dans le présent et retrouver la belle Chiara qui lui sert de guide ?

1 “Comment te sens-tu ?”

Une plongée au cœur d’un autre temps…

Cette lecture a été un véritable plaisir. Elle m’a replongé dans mes jeunes années, lorsque j’étais étudiant et que j’explorais sans arrêt les origines de mon pays en alternant avec joie entre le français, le grec et le latin !

Florence Jouniaux m’a entraîné dans son voyage, une odyssée où le passé ressurgit, révélant les mystères d’un artefact aux pouvoirs insoupçonnés. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette intrigue où l’histoire et l’ésotérisme s’entremêlent avec une fluidité remarquable. L’autrice nous offre un récit richement documenté, où chaque détail semble sculpté dans la pierre du temps.

Tout commence lorsqu’un archéologue met au jour une stèle ancienne portant l’inscription Tempus fugit, sed veritas manet – Le temps s’enfuit, mais la vérité demeure. Rapidement, cette trouvaille nous entraîne dans une quête haletante où le destin des civilisations semble suspendu à une simple pierre gravée.

À travers une plume immersive et très érudite, Florence Jouniaux nous fait traverser les âges, explorant cette soif insatiable de savoir qui anime toute l’humanité.
Scientia potentia est, Le savoir est un pouvoir, mais il peut aussi se révéler une malédiction…
Dès lors, est-il une lumière ou devient-il un fardeau ?

Entre mystères ancestraux, quête de vérité et tensions croissantes, La Stèle sacrée captive autant qu’elle interroge. Un roman fascinant, où les vestiges du passé chuchotent encore à l’oreille des vivants. Une lecture passionnante et magnifiquement construite que les amateurs d’histoire et de mystère apprécieront sans aucun doute.

À découvrir sans hésitation !

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Extraits :

« Après plusieurs occasions manquées, lui, l’étudiant en histoire ancienne et histoire de l’art, pourrait voir de ses yeux tout ce qu’il avait imaginé lors de ses cours ! Il venait de terminer son master, soutenant un mémoire qui portait sur « Le rapport entre les peuples italiques et la capitale romaine au premier siècle après Jésus Christ » et avait obtenu mention Très Bien. Il avait donc amplement mérité ces vacances ! Et commencer par trois semaines à Rome était inestimable, surtout que son professeur d’histoire latine lui avait donné l’adresse d’un monastère au centre de Rome, où des religieuses hébergeaient les touristes pour une somme raisonnable. »

« À peine avait-il eu le temps d’en terminer la lecture qu’il ressentit un froid intense, avec l’impression d’être plongé dans le noir et d’avoir le corps tiraillé. Pour finir, il lui sembla que des milliers d’aiguilles le transperçaient. Une terrible nausée l’envahit, accompagnée de tremblements incoercibles. Il perdit connaissance. »

« Aeddan prononça alors doucement :
– Crois-tu encore au pouvoir des devins ?
– Oui, puisqu’ils communiquent avec les dieux.
– En effet et j’ai eu la chance d’être éclairé par la lumière divine : ils m’ont montré, dans une vision, un jeune homme du futur, qui s’intéresse aux civilisations du passé, et à celle des romains en particulier. J’ai réussi à faire apparaître une inscription sur un des monuments du forum romain, et les dieux l’ont rendue opérante : il a traversé le temps et Quintus l’a ramené ici, depuis Rome.
– Vraiment ? ! s’exclama-t-il, sidéré. C’est absolument extraordinaire !
– Tu peux le dire ! Et je remercie les dieux chaque jour de m’avoir inspiré.
– J’ai vraiment hâte de l’entendre ! »

Florence Jouniaux est née en Savoie, à Chambéry et a suivi des études de lettres classiques. Mère de trois enfants, elle est professeure par vocation et enseigne la littérature avec passion au lycée de la Versoie à Thonon-les-Bains.

Un soir, une muse lui a soufflé le début d’un roman et c’est ainsi que l’écriture a surgi dans sa vie, nourrie de ses lectures en tous genres, notamment la fantasy et l’histoire. Ses maîtres sont aussi bien Tolkien, Robin Hobb, Dan Simmons, Bernard Simmonay que Zola ou Maupassant. Amoureuse des langues, elle aime en inventer dans ses romans fantasy où son imagination ne connaît pas de limites. Ainsi a-t-elle écrit deux trilogies de ce genre, dont l’une est à paraître. Chaque nouveau roman est une aventure qu’elle partage avec ses héros, des héros très humains qui aiment les plaisirs de la vie, tout comme elle. Aussi ne vous étonnez pas pas de trouver quelques menus gastronomiques au fil des pages…

    Adolescence, Amour, Autobiographie, Émotion

    Les Rêveurs

    de Isabelle Carré
    Poche – 30 janvier 2019
    Éditeur : Le Livre de Poche

    « On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… »

    Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées du moment, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

    Une parfaite unité de ton, une grande justesse d’observation.
    La Croix.

    Une plume aussi délicate qu’experte,
    qui virevolte d’une scène à une autre, d’un sentiment à un autre.
    L’Express.

    L’auteure a su créer un objet passionnant, dont chaque détail sonne juste.
    Elle.

    Avec Les Rêveurs” son premier roman, Isabelle Carré nous ouvre les portes de son passé, un récit intime et sensible où réalité et fiction s’entrelacent avec une douceur mélancolique. À travers une écriture délicate et lumineuse, elle remonte le fil de son enfance marquée par la singularité et les silences, une famille éclatée, des parents en quête d’un bonheur insaisissable, et une petite fille qui observe, tente de comprendre, d’aimer malgré tout.

    Dans ce roman, l’auteure évoque les non-dits, ces blessures discrètes qui façonnent un être, mais aussi les échappées belles, les instants de grâce qui illuminent l’existence. Elle décrit un père rêveur, une mère éprise de liberté, un monde où l’enfance se construit entre l’émerveillement et l’incompréhension des adultes. Loin d’un simple récit autobiographique, Les Rêveurs est un roman d’apprentissage où chaque souvenir semble suspendu dans une bulle de douceur, parfois teintée de tristesse.

    Je me suis laissé porter en douceur par son écriture intime, poétique, tendre et mélancolique, où chaque mot semble pesé avec soin pour en révéler toute la justesse, où chacun pourra, je le pense, retrouver un fragment de sa propre histoire.

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    Extraits :

    « Elle n’a pas senti ma main lui échapper, elle n’était que de l’eau ou du vent dans la sienne. J’ai six ou sept ans, et ce rêve revient de plus en plus sou-vent. Je sais bien que ce n’est qu’un cauchemar, mais il semble contenir une vérité que je ne saurais ignorer : ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d’aucun danger, elle n’est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s’en va. »

    « Tu vas aller vivre là-bas, ton frère te donnera un peu d’argent, tu éviteras absolument de voir tes amis, et surtout tu n’iras pas dans Paris, à aucun moment, tu entends ! Il ne faut pas qu’on te voie… La clinique qu’on t’a trouvée pourra t’accueillir jusqu’au terme, tu n’auras qu’un papier à signer. Un papier, c’est tout. »

    « Mais l’enfant qui n’a pas possédé ce trésor ne le récupérera jamais. Il restera pour toujours démuni, lésé, comme tous ceux qui ont grandi sans tendresse, et se sont rassurés seuls dans leur chambre, les genoux repliés dans des bras gelés.
    Se raconter des histoires, se frotter la joue avec un mouchoir, chanter à voix basse…
    Aucun adulte ne la félicite jamais pour ces efforts, ils passent inaperçus. On prend vite l’habitude de ne compter que sur soi-même. »

    « Dès le lendemain de sa naissance, ils sont revenus.
    Son père et ses sœurs sont restés un long moment silencieux, son frère a tout de même fait l’effort de quelques paroles de circonstance. Puis ils sont repar-tis, la laissant seule avec son enfant.
    Elle comprend à leur façon de dire au revoir qu’ils ne reviendront plus.
    Tout ce qui vient d’eux lui est égal désormais. Et tout ce qui ne viendra jamais. »

    Isabelle Carré est une actrice et écrivaine française.

    Au théâtre comme au cinéma, elle est l’une des plus grandes comédiennes françaises.
    Elle a obtenu le César de la meilleure actrice en 2003 pour son rôle dans Se souvenir des belles choses ainsi que le Molière de la comédienne à deux reprises (en 1999 : Molière pour Mademoiselle Else et en 2004 pour L’Hiver sous la table).

    Elle se lance dans l’écriture en 2018 avec un premier roman très remarqué, Les rêveurs, qui remporte un extraordinaire succès et est couronné, entre autres, du Grand Prix RTL-Lire, du Prix des lecteurs L’Express-BFMTV et du Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, et Du côté des Indiens, en 2020.