Roman

Le triptyque

de Gérard Papier-Wagner
Broché – 13 août 2023
Éditeur : Autoédition

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Chargé de retrouver les ayants droit d’un triptyque, peint par Mihaly Munkacsy, saisi en 1914, l’avocat Franz Herleen découvrit que sa veuve, petite brune d’une modeste famille luxembourgeoise, née Cécile Papier, fut dans les années 1880-90 une reine du Tout-Paris des Arts. Celle-ci s’avérant une parente de son ami de collège perdu de vue depuis plus de vingt ans, il reprit contact avec ce dernier pour lui raconter l’étonnante histoire de son arrière-cousine.
L’arrestation de son enquêteur en Hongrie, pays natal du peintre, lui fit soudain voir les choses sous un autre angle, d’autant que Budapest se déclara entretemps légitime candidate à l’acquisition de ces trois tableaux inédits, œuvres de celui qui fut jugé digne de funérailles nationales.

 

• Couv_2024-067_Papier-Wagner Gérard - Le tryptique

 

Encore un roman de Gérard Papier-Wagner inclassable, même s’il a tendance à “glisser” doucement vers le roman historique. Mais les parties personnelles et témoignages sont tellement présents…

Une chose est certaine, la part de recherche est omniprésente et très importante tout le long du récit.
Tel un roman policier, le récit devient de plus en plus immersif, de plus en plus intéressant, et les passionnés d’Histoire, d’art et surtout de peinture vont apprendre de nombreuses choses.
Après de nombreuses péripéties, où je ne me suis pas ennuyé un instant, tout se dévoile enfin.
Car il s’agit bien des ascendants de l’auteur dont il est question !

Et quels ascendants !
On a tendance à les oublier, mais ils sont les fondations de ce que nous sommes et la fierté des vivants. Il est vrai qu’au bout de quelques générations sans traces, photos ou écrits, c’est recherche ne sont pas faciles du tout. Gérard a eu la chance de pouvoir travailler sur sa généalogie, les différentes filiations et lien de parenté. C’est une mine d’or et il nous en fait profiter aujourd’hui.

Qui ne s’est jamais demandé qui étaient et à quoi ressemblaient leurs ancêtres dans leurs quotidiens.

Un très beau récit mêlant fiction et vérité qui ne pourra vous laisser indifférent !

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Extraits :

« – Alors, de quoi avez-vous finalement parlé ?
– Tu te doutes bien que nous avons évoqué nos années de collège, puis nos études, et enfin nos situations.
– Il t’a dit comment ces toiles étaient arrivées chez cette femme ? Ni qui elle était pour posséder de tels trésors ?
Cette question me tarauda suffisamment pour que j’appelasse Frank après dîner. »

« Ainsi passèrent-ils en amoureux, chez lui, le wee-kend et, voulant éviter de perturber les relations de travail au bureau, choisirent de garder cette liaison confidentielle.
Seul fut différent le regard de l’un sur l’autre, il ne pouvait plus apercevoir les mains de Claire sans les imaginer instruites des secrets de leurs corps. »

« Franz avait réglé son réveil à 8h00 pour joindre aussitôt l’ambassadeur de France à Budapest en espérant que celui-ci aurait ce matin du temps à lui consacrer. Il ne le connaissait pas personnellement, mais par des amis communs. Un homme que l’on disait habile et très bien informé. Aussitôt le rendez-vous noté, il prévint Pétra de ne pas se déranger, puisque l’ambassade se trouvait avenue Kossuth Lajos de même que son hôtel. Elle insista néanmoins pour venir. » 

 

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Le disparu de Monrovia
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

La double vie des Jodlere
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

Le rendez-vous de Tchimbamba
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/21/le-rendez-vous-de-tchimbamba/

Roman

Mon passé, mon chat et toi

de Sonia Barra
Broché – 1 juin 2024
Éditions : Des livres et du Rêve

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« Si seulement j’avais su ? »
Qui n’a jamais prononcé cette phrase au moins une fois ?
C’est ce que va expérimenter Violette, à l’approche de la cinquantaine, entre situation familiale tumultueuse, petits boulots et souvenir d’une relation amoureuse inguérissable.
Monsieur Patate, son ex-mari, madame Mignon, sa patronne, qui n’a de mignon que le nom, sa mère tyrannique, une sœur envahissante… des personnages hauts en couleur.
Maintenant, elle sait. Violette décide de prendre sa vie en main et de se bouger le « coco » pour retrouver son équilibre.
Plus facile à dire qu’à faire !

Dans ce troisième roman, Sonia Barra s’inspire une fois encore de sa vie, et l’on oublie le temps qui passe entre rire et émotions.

 

• Couv_2024-066_Barra Sonia - Mon passé, mon chat et toi

 

J’ai eu une envie de faire une “pause” sur mes lectures sérieuses ou engagées.

La lecture se doit aussi d’être une source de bien-être et pourquoi pas d’amusement lorsque le besoin s’en fait ressentir. Sonia Barra coche toutes les cases, et elle m’a entraîné tout doucement dans son monde plein d’humour et de folie…

Avec “Mon passé, mon chat et toi”, l’auteure nous raconte les aventures abracadabrantes, extravagantes, et même parfois farfelues de son héroïne, Violette. Aucun temps mort, même le chat, Patapouf, à régulièrement son mot à dire. Je ne pensais pas entrer aussi facilement dans cet univers hilarant à souhait. Je pense que j’en avais vraiment besoin et j’ai dévoré le roman en quelques heures…

Bravo Sonia, pour toutes ces aventures. Je pense que chacun devrait y trouver assez facilement une part de vécu… et pas forcément avec madame Mignon !!!

Une lecture pétillante à l’image de l’illustration de la couverture (Laulec) que j’ai eue la chance de réaliser il y a quelques mois !

Merci Angie pour ta confiance…

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Extraits :

« De retour dans mon petit deux-pièces douillet, mon premier geste est de me servir un verre de Côtes du Rhône. J’en bois direct une gorgée. Je peux enfin souffler, me décontracter. Hormis le bruit incessant des nombreux voisins de cette résidence de l’Argentière à Mandelieu, je me sens bien chez moi. Mon appartement fourmille d’objets insolites d’antan. Cela va de la malle de voyage, en passant par le porte-parapluie en fer forgé. »

« — Quoi ?! l’interrogé-je. Tu préfères ta pâtée au saumon ?! Je t’en ai déjà donné ce matin. Tu as vu un peu comme t’es gros ? Oh ! et puis zut… t’as gagné, sac à puces.
Je finis par céder à son chantage affectif. Comme d’habitude. À coups de ronronnements, en passant et repassant entre mes jambes, il gagne. C’est un véritable gouffre financier ce chat. Monsieur n’aime que les bonnes choses ! »

« Je claque la porte de madame Mignon pour décamper au plus vite. Je trottine dans l’allée chargée de gravier vers ma titine. Je suis vannée. Mon moral fait la grève. La paix éblouissante du ciel bleu à perte de vue ne me réconforte guère. Madame Mignon m’a lessivée, pressée comme un citron, vidée de ma pulpe. Vivement ce soir. J’ai hâte de revoir Victor. »

« Emmitouflée dans mon vieux peignoir à fleurs, je m’accorde un café en bayant aux corneilles. Une tasse fumante dans ma main, les yeux mi-clos, je savoure chaque rayon du soleil qui caresse ma peau. Je replonge mon esprit dans les plaisirs voluptueux de la veille. Entre mes jambes, je ressens un léger frétillement, avant de m’apercevoir qu’il s’agit du bout de la queue de Patapouf effectuant un grand huit.
– Non, toi je ne te parle plus, tu as attaqué mon chéri et bousillé mes rideaux !
– Miaouuuuuuuuuu…
– Pas besoin de te justifier, ça ne prend pas ! »

 

 

“Je raconte ce que je vois, ce que l’on dit, ce qui me surprend ou ce qui m’émeut. Mon esprit de « fille » est à l’affût d’anecdotes et de ragots qui batifolent dans mes écrits.”

Native du Sud de la France (en 1974), Sonia BARRA quitte son berceau natal à l’âge de 21 ans pour une échappée paradisiaque de sept années à Marie-Galante. Enthousiaste et inspirée, elle s’initie à l’art de la peinture, de la photographie et se laisse porter par la danse latine. Amoureuse de la nature, elle tient son jardin d’une main verte et écologique.

Aujourd’hui, elle partage sa vie entre son métier de secrétaire médicale et l’écriture de romans reflétant sa personnalité résolument positive. Elle révèle et confie à ses lecteurs des moments de vie capturés au fil du temps et s’imprègne de la pluralité humaine qui l’entoure pour modeler ses personnages. Sa plume spontanée, authentique et sincère lui insuffle des histoires où chacun d’entre nous se retrouve… toujours un peu.

Roman

La Liste 2 mes envies

de Grégoire Delacourt
Broché – 17 avril 2024
Éditions : Albin Michel

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“Grégoire Delacourt signe un roman particulièrement enthousiasmant qui nous incite à réfléchir sur nos besoins fondamentaux.”
Lire-Magazine Littéraire

Coup de cœur du Parisien

Dans La liste de mes envies, Jocelyne avait gagné 18 millions qu’elle refusait d’encaisser.
Dans cette suite très attendue, il lui en reste 15, et une seule envie.
Les dépenser.

“Une fable contemporaine pleine de charme et de sagesse.”
Point de Vue

Dix ans après le succès phénoménal de La liste de mes envies 1,5 million d’exemplaires, best-seller international traduit en 35 langues, adapté au cinéma et au théâtre Grégoire Delacourt réussit, avec La liste 2 mes envies, son pari : le retour de Jocelyne, la mercière d’Arras, encore plus surprenante, plus drôle et plus touchante.

 

• Couv_2024-065_Delacourt Grégoire - La Liste 2 de mes envies

 

“L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue ».
Qui n’a jamais prononcé ou pensé cette phrase ?

Dans le premier tome de Grégoire Delacourt, Jocelyne avait gagné 18 millions à l’Euro Millions. Somme qu’elle refusait d’encaisser, son mari lui ayant joué un mauvais tour. Mais il lui restait toujours 15 millions.

Dans cette suite sortie douze ans après le premier volet, Jocelyne, notre sympathique mercière d’Arras, compte bien en profiter ! Mais elle va très vite s’apercevoir que l’argent ne permet pas de tout acheter.

J’ai vu de nombreuses déceptions à cette suite.
Soit, on n’y retrouve pas la surprise du premier volet, et quelqu’un qui dilapide sa fortune en produits de luxe, ça ne m’apitoie pas. Mais j’ai aimé quand même suivre les aventures rocambolesques de Jo et de ces copines. La plume de l’auteur est plaisante avec beaucoup de dérision, il n’y va pas par quatre chemins. C’est un roman léger, avec de l’humour, une dose de bonne humeur et de tendresse.

Je retiendrai personnellement l’émouvante relation qu’entretient Jocelyne avec son père, atteint de la maladie d’Alzheimer…

L’argent nous pervertit, nous détournant les sens de l’essentiel.
Excellent maître, nous en sommes malheureusement les esclaves, jusqu’à penser pouvoir acheter le bonheur…

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Extraits :
« Moi, ce sont les sacs. Tous les sacs. Cabas, pochette, enveloppe, sac seau, minaudière, doctor bag, tote bag, sac bowling. J’en suis dingue, cela dit, ce n’est pas si dingue que ça. Il y a bien des gens qui collectionnent les chouettes. Hou, hou. Les bestioles qui hululent. Ou les boîtes de camembert. Ou les enclumes. Non, mais les enclumes, vous vous rendez compte ? Et puis, la psy m’a dit que manusaccaphile, c’est mon nom de collectionneuse de sacs, ce n’est pas une maladie. Juste une passion. »

« On avait de l’argent à ne pas savoir qu’en faire et on se retrouvait dans une maison moche, au bord d’une route moche, des champs moches à perte de vue, des odeurs de bouse, d’épandage, un trou du cul majuscule. Alors, posséder la guitare du Prix Nobel de littérature, ça m’avait paru excitant. »

« Nous étions allés boire un café à quelques rues de là.
Je suis content que tu sois venue, m’avait-il dit. Je suis contente d’être venue, lui avais-je dit.
Nous nous étions retrouvés. »

« Je suis bouleversée parce que la souffrance d’un enfant m’apparaît toujours comme une atrocité, et notre impuissance parfois à les sauver, une inhumanité.
Je monte à la salle de bains, besoin d’une longue douche, me laver des chagrins du monde, dissoudre le poids des larmes. »

 

 

Grégoire Delacourt a publié onze romans dont L’Écrivain de la famille (Lattès, 2011, Prix Marcel Pagnol 2011, Prix Carrefour du Premier Roman 2011, Prix Coeur de France 2011), La liste de mes envies (Lattès, 2012, traduit en 35 langues, adapté au cinéma par Didier Le Pêcheur en 2014), ou encore L’enfant réparé (Grasset, 2021).

Amour, Polar, Roman, Science Fiction, Thriller

Projet Aurora 2142

de Michael Fenris
Broché – 1 juin 2024
Éditions : Des livres et du Rêve

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Années 50, Purdence, petite ville oubliée du Nouveau-Mexique au nom mal orthographié, que personne n’a jamais songé à corriger.
Perdus dans ce désert, le shérif Stone et son adjoint Brent mènent une vie monotone, entre chaleur étouffante et beuveries du samedi soir.
Jusqu’au jour où un cadavre est retrouvé, comme tombé du ciel.
Son corps a subi de multiples opérations, son squelette est recouvert d’une matière inconnue tout comme sa mystérieuse combinaison orange.
Le médecin local est dépassé. Y a-t-il un lien avec les bases militaires voisines et leurs récents essais nucléaires ?

Michaël Fenris nous livre une œuvre captivante entre polar et science-fiction.
Une plume efficace à découvrir de toute urgence.

 

• Couv_2024-062_Fenris Michaël - Projet Aurora 2142

 

1955.
Ville de purdence, complètement perdue dans le désert. Le shérif Stone et son adjoint Brent occupent comme ils peuvent leur quotidien bien monotone, quand un jour, ils sont appelés suite, à la découverte d’un cadavre qui n’a plus de visage et semble tombé du ciel !
Il est brisé en mille morceaux, est vêtu d’un type de combinaison orange que personne n’a vue jusqu’à présent, et porte aussi un étrange médaillon autour de son cou.
Le médecin légiste qui récupère le corps se rend compte que la victime a été greffé sur tout le corps avec des prothèses utilisant des matériaux et une pratique médicale encore inconnus.
Qui est ce personnage ? D’où vient-il et où a-t-il pu bénéficier de cette intervention médicale extrêmement pointue ?

Michael Fenris aligne les phrases et fait défiler ses chapitres d’une main de maître dans ce roman inclassable, qui oscille régulièrement entre polar, roman d’espionnage, de guerre et de science-fiction.
J’ai pris énormément de plaisir à retrouver sa plume et ses dialogues gouailleurs, malgré un suspense constant et une volonté flagrante de perdre son lecteur. Et il y parvient parfois, et c’est à chaque fois pour mieux rebondir. On va suivre ainsi une enquête, où chaque nouvel élément trouvé va perdre un peu plus nos policiers au point qu’ils se perdront d’abord complètement avant de recevoir un message qui va les retourner !
Des rebondissements constants, une fin étonnante, et cerise sur le gâteau, une belle histoire d’amour qui arrive à se glisser très agréablement dans le récit, je ne peux que vous conseiller ce roman “mélanges de genres” très bien ficelé !

Un grand merci à Angie Lollia, des éditions Des livres et du rêve, qui m’a permis de m’amuser, en réalisant cette couverture complètement folle !!!

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Extraits :

« Le mort est tel que ce vieux Buggy l’a déclaré. Allongé dans le sable, enfoncé, une main en griffe tendue vers le ciel comme s’il cherchait à implorer quelque chose, ou quelqu’un. Sa jambe droite forme un angle de quatre-vingt-dix degrés avec le reste du corps, elle part vers l’extérieur, le pied en haut. Quant à son visage, il n’existe plus. »

« – Comment ça va, shérif ?

Stone hausse les épaules. On fait aller.
– Alors, c’était vrai ce que racontait Buggy ? À propos du macchabée ?
La question irrite le policier. Cette vieille outre a dû en parler aux trois-quarts de la ville.
– Je croyais que personne ne prêtait attention aux délires de ce poivrot. »

« Le corps d’un individu d’une trentaine d’années, équipé de multiples prothèses de très haute technologie, dont même nos plus éminents chirurgiens ignorent le principe. J’ajouterai que le défunt était vêtu d’une combinaison recouverte de fils d’un métal extrêmement résistant, et qu’il présente tellement de fractures qu’il semble être tombé d’un avion en vol.

– En quoi cela me concerne-t-il ?
– L’homme en question possédait une plaque d’identification au nom de Tom Briard, né le 26 mars 1910.
– Un faux, assurément ! »

« Debout sur la terrasse de sa maison, Anthony Stone fume une cigarette, nu comme un ver. Dans la chambre à côté, Sarah-Lou Cornell dort à poings fermés. Lorsqu’il est rentré de chez Buggy, elle s’est précipitée sur lui, presque désespérée, incapable de contenir son émotion de le voir sain et sauf. Elle l’a littéralement harcelé de questions auxquelles il a répondu de façon évasive, avant de le tirer en direction du lit. Ils ont fait l’amour doucement, c’est elle qui a pris la direction des manœuvres, le laissant allongé sur les draps tandis qu’elle s’installait sur lui. »

 

Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.
Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.

Sont respectivement sortis :

Chez Prisma
– Feuilles en 2015,
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/17/feuilles/
– le Syndrome Noah en 2016,
– Thérianthrope en 2018,
– L’île en 2019,
– Déviation en 2020
– Émersion en 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/19/emersion/

Chez Evidence
– Neige,
– Whistlers,
– Horizons Funèbres
– Le Fétichiste.

Chez Eaux Troubles
– Diamants sur Macchabées (reprise d’un auto édité)
– Vengeance sur Pellicule.

En autoédition
– Aaverhelyon,
– Diamants sur Macchabées 1° version
– les 7.

En parallèle il développe les aventures de Don et de Luc Dassaut sous un autre nom, et travaille au scénario de plusieurs BD.

Amour, Émotion, Drame, Historique, Roman

De sang et d’encre

de Jacquie Béal
Broché – 2 janvier 2019
Éditions : Terres de l’Ouest

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Dans le Périgord du XVIe siècle, les conflits entre catholiques et protestants font rage. Dans cette lutte sanglante, Landry et sa petite soeur voient leurs parents mourir sous leurs yeux. Les deux orphelins s’enfuient et trouvent refuge chez un imprimeur qui les prend sous sa protection. Landry devient colporteur et, au péril de sa vie, diffuse des livres emplis d’idées neuves et d’appels à la résistance. En chemin, le jeune homme découvre le goût de la liberté de vivre et de penser. Au milieu du chaos, Landry fait également une rencontre qui change sa vie : Mathilie, fille de gentilhomme et catholique. À ses côtés, il apprend que l’amour ne connaît pas de barrières sociales. Mais, dans la tourmente de l’Histoire, la conquête du bonheur a forcément un prix…

 

• Couv_2024-061_Béal Jacquie - De sang et d'encre

 

Je découvre la plume fluide et très élégante de Jacquie Béal, sa passion pour l’histoire est évidente, mais surtout sa passion pour les mots. Les dialogues sont superbes, au point de m’avoir fait traverser de temps, et permis de vivre au côté de Landry durant quelques pages.

Landry, c’est le personnage “phare” du roman. Un jeune homme qui dès le début du roman perd ses parents et se retrouve tout seul avec sa petite sœur Francette devenu aphasique suite au drame. Landry, va grandir et évoluer tout le long du récit. D’abord protecteur de sa sœur, il deviendra colporteur pour l’imprimeur qui les a recueillis dans sa famille d’obédience protestante. C’est un jeune homme bien, qui fait toujours son possible pour aider et faire ce qui est juste autour de lui. Il hait la guerre et refuse de choisir un camp en cette période si sombre et si troublée des guerres de religion.

L’auteure de par son analyse très subtile, nous montre la vie et les tourments que vivaient la plupart des gens qui par peur, n’avaient pas d’autres choix que d’adhérer à la religion imposée par leur seigneur. Landry arrive par ses doutes, ses interrogations, à passer outre. Il sait qu’il y a du mauvais partout, et que les bons aussi se cachent, qu’elle que soit leur religion, de crainte de mourir. Puis, un jour Landry, pendant l’une de ses expéditions, rencontre une jeune fille de “bonne famille”, orpheline aussi, mais de religion catholique, Mathilie.
Pour lui, c’est un coup de foudre !
Mais comment une fille bien née, pourrait-elle s’intéresser à lui, alors qu’ils n’ont même pas la même Religion ?

Jacquie m’a agréablement surpris durant toute ma lecture, mais surtout à deux niveaux. Tout d’abord pour sa remarquable érudition sur les sujets traités, et aussi pour avoir choisi un homme pour personnage principal, lui offrant ainsi toutes les pensées féminines qui sont en elle, faisant de Landry un personnage auquel on s’attache très vite…
Par contre j’espère qu’une suite sera prévue, car le lecteur que je suis est resté sur sa faim !

Cet excellent roman décrivant avec précision les horreurs de la guerre, la famine, les maladies, les fléaux de l’époque, les mentalités et les coutumes de la noblesse, les persécutions qu’ils faisaient endurer à ceux qui n’étaient pas bien “nés”, s’adressera plus particulièrement aux passionnés d’Histoire, et du Moyen Âge…

Personnellement, je Valide !!!

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Extraits :

« De cachette en cachette, il s’était tenu à l’écart des maisons, car les paysans, excédés, étaient devenus des meurtriers. Ils tuaient sans même chercher à savoir si vous étiez papiste ou parpaillot. Ils tuaient parce qu’ils avaient pris goût au sang.
Mariotte pleura son homme. Parfois, elle imaginait qu’il pourrissait dans une fosse commune. Avait-on séparé les catholiques et les protestants ? Un trou pour les uns, un trou pour les autres ? »

« – Te mets pas en peine, Ricou. La mère en veut au monde entier depuis que mon père est mort.
– Je sais bien. Remarque, elle a raison de dire que la guerre, c’est pas tant beau que ça. La guerre, c’est beaucoup de sang et de souffrance, sauf quand on la fait comme les seigneurs : la piétaille devant comme chair à canon et la cavalerie derrière, dans ses plus beaux habits. Ceux qui commandent observent bien à l’abri, et ils empochent la victoire et les honneurs. »

« Ils se mirent en route. Au-delà du bois, c’était l’inconnu. Landry avait déjà fait la route jusqu’à Villamblard, et il savait que Bergerac se trouvait à quelques lieues de marche seulement, mais Francette se fatiguait vite et ne pourrait pas supporter de trop longues étapes. »

« – Après la bataille de Moncontour, la Double était parsemée de cadavres : des soldats, des femmes, des enfants…
– Crois-tu vraiment que ces femmes et ces enfants ont été tués au nom de Dieu ? Pour de nobles raisons ?
C’était le chaos. On avait l’impression de traverser l’Enfer. »

« Quand la haine s’allie au désordre, la violence l’emporte toujours sur la raison. »

Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

Roman

Carnets Noirs

Francs Mensonges**
de Muriel L. Mazoëlys
Broché – 27 février 2023
Éditions : auto-édition

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La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera…

10 janvier – Lille – France
Prisonnier, l’homme de main Lars Volkof a tout avoué : meurtres, enlèvements… la cascade de violences qui se déchaîne depuis le Nouvel An est orchestrée par un seul homme : Zeus.

Celui-ci convoite Matthew et les carnets noirs. Si ses objectifs sont clairs, ses motivations le sont beaucoup moins. Cupidité, pouvoir, folie… ? Les hypothèses fusent mais les preuves manquent. Pour le stopper, une véritable course contre la montre s’engage sur tous les fronts.

Alors que le colonel, Mark et Paul tentent d’identifier Zeus, Matthew et Marina s’allient pour percer le secret des carnet noirs auprès de seul survivant du projet Olympe : Vassili Medvelev, biochimiste reclus au fin fond de la Russie.

De Lille à Novgorod en passant par les montagnes suisses, les équipes s’activent, décidées à circonvenir la menace.

Et si le danger surgissait là où personne ne l’attendait ?

 

• Couv_2024-058_Mazoëlys Muriel L. - Carnets Noirs - Francs mensonges**

“Carnets Noirs” est la suite directe “Invisibles et Fatals”.
En terminant le 1er Tome, je ne pouvais pas ne pas enchaîner sur le 2e dans la foulée. D’ailleurs, devinez quelle est ma lecture actuelle !
Il est impossible de lire ce second tome avant d’avoir lu le premier. Francs Mensonges se décline en trois tomes, avec un même récit qui se poursuit.

Dans ce second tome, c’est surtout le duo Matthew et Marina qui est en avant. En effet, afin de mettre la main sur les fameux carnets noirs, un voyage en Russie auprès de la famille de Marina s’imposait. Pendant ce temps-là, Paul et Mark sont partis en Suisse menant leur enquête en parallèle.
L’histoire est toujours aussi palpitante, addictive même, les personnages de plus en plus attachants malgré leurs caractères bien trempés. Muriel est vraiment très forte. Chaque chapitre est comme un rebond qui nous entraîne dans son récit où le suspense est maître !
Le premier volet a été un coup de cœur pour moi, je n’arrive pas à me rendre compte si celui-ci n’est pas encore meilleur…
J’ai été entraîné dans cette enquête complexe et fluide à la fois qui m’a fait voyager entre la Russie, la Suisse.
L’intrigue principale est légèrement mise de côté, mais je pense pour mieux “exploser” dans le dernier acte.

Un superbe moment de lecture, cette trilogie fait partie des meilleurs thrillers scientifiques que j’ai lus à ce jour, et sans Blandine, je serai forcément passé à côté.

Je ne l’ai pas encore fini le troisième volet, mais je peux d’ores et déjà, vous conseiller de lire ce triptyque de toute urgence !
Personnellement, j’ai hâte d’arriver au dénouement final…

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Extraits :

« Mort. Il était mort depuis dix jours.
Quatorze mille quatre cents minutes. Deux cent quarante heures. Le temps semblait figé alors que l’information instillait lentement dans son esprit, accompagnée d’une poussée d’adrénaline. »

« Un courant d’air froid réveilla Marina. Brutalement, elle prit conscience de son environnement. La couverture rugueuse la couvrait entièrement. Un feu fourni brûlait dans l’âtre. Mais elle était seule. Où était Matthew ?
Une vague de panique l’envahit à l’idée qu’il l’avait abandonnée. Aussitôt, elle se sentit partagée entre son cœur qui lui criait que ce n’était pas le genre de Matthew et son esprit qui la raillait en prétendant qu’elle n’avait pas besoin de lui pour s’en sortir. »

« Avant de se maudire. Sous ses yeux, les images étaient cruelles. Heureusement, le son était éteint.
Figée sur son fauteuil, elle retenait sa respiration. Incapable de stopper le flux d’images écœurantes.
Bientôt, la vidéo s’arrêta. Sur le plan final, quelques mots : « Prendras-tu le risque ? »
Alors, les larmes coulèrent sur ses joues.
Un peu plus loin, une perruque brune fut arrachée d’une main ferme et jetée dans une poubelle. Sa propriétaire espérait que sa mise en garde porterait ses fruits. Sinon, elle attaquerait. »

« James Blake quitta le manoir des Ivanov, la rage au cœur ; personne n’avait jamais osé lui parler sur ce ton sec et péremptoire. C’était officiel, ce Nicolaï caracolait en tête de la liste de ses bêtes noires. Alors que le taxi le ramenait à son hôtel, il ruminait des idées de vengeance à son encontre, plus radicales les unes que les autres. »

 

Ingénieure, docteure en sciences, maman et grande amatrice de chocolat, Muriel MAZOËLYS puise son inspiration dans les découvertes scientifiques et technologiques qui rythment notre quotidien ainsi que dans les grands défis que nous devons relever.

Portée par ses activités de recherche, elle développe dans ses romans l’ambiguïté sous-jacente à toute découverte : là où certains s’extasient d’un progrès phénoménal, d’autres y voient une menace ou pire, une opportunité d’instrumentalisation.

Elle aime tisser des intrigues complexes et mêler suspense, sciences et secrets dans ses romans. Quatre mots-clés résument son inspiration : la famille, la science, les secrets et l’amitié. Si ces thèmes vous interpellent, foncez découvrir sa plume !

Invisibles et Fatals
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/19/invisibles-fatales/

Amour, Émotion, Drame, Philosophique, Roman

La Souffleuse de cœur

de Aurélie Caruso
Broché – 29 novembre 2023
Éditions : Books on Demand

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Romane 40 ans est avocate à l’ONU. Passionnée par son travail à Genève, elle passe ses journées à soutenir la cause des femmes. Mais au cours d’une conférence, elle perd pied. Le diagnostic tombe : burn-out. Entre Genève et le Mexique, en passant par l’éco-village de la Drôme, elle va se laisser embarquer par Rachèle, son amie de toujours, yogi écolo légèrement excentrique, sur les chemins de la reconnexion à soi. Ses rencontres avec le peu conventionnel Dr Bichat et la thérapie assistée par psychédéliques viennent éveiller ses sens. Et si la vie était bien plus large que ce que lui laissait croire son esprit rationnel ? Et si son travail, qu’elle avait mis sur un piedestal, ne comblait plus ses manques ? Et si elle découvrait ses forces intérieures ? Au delà des limitations du mental, elle expérimente le voyage chamanique, bouscule ses croyances et découvre l’énergie du cœur dans des relations puissantes et profondes qui l’emmènent à la rencontre d’elle même.

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J’ai rencontré Aurélie Caruso, il y quelques jours, lors d’une soirée organisée par Babelio qui recevait Laurent Gounelle, pour son dernier roman “Un monde presque parfait”. Arrivés assez tôt, nous avons pu échanger un peu sur nos parcours respectifs, et plus encore. Nous avons bien sûr parlé littérature, et justement Aurélie était venu avec un roman, son premier roman qu’elle avait prévu d’offrir à Laurent Gounelle. J’ai passé une très belle soirée en sa compagnie.

“La Souffleuse de cœur”, est donc un premier roman qui intègre tout ce qui fait la force d’un premier livre. Le style est prenant et tous les personnages attachants dans ce sujet qui me touche tout particulièrement. Alors je me suis laissé emporter… Emporter par les mots, emporter par la force du récit… et je pèse mes mots ! J’ai eu l’impression parfois d’être avec les personnages. D’être là, de les voir et de pouvoir les écouter et ressentir ce tout ce qu’ils vivaient.

À 40 ans, passionnée et fière de son travail, Romane est avocate. Mais un jour va venir et bouleverser son rythme quotidien et ses habitudes de travail. Elle craque. C’est le burn-out dont elle a tant entendu parler ces dernières années. Mais elle refuse de se laisser emporter. Romane veut absolument reprendre le dessus. Elle décide de voyager et elle fera ainsi des rencontres inattendues qui vont l’aider à se reconstruire et à reprendre confiance en elle, qui vont lui permettre d’aller jusqu’au bout d’elle-même…

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement bienveillant, il a beaucoup résonné en moi grâce à une dimension spirituelle très présente amenant une certaine sagesse au récit.
Bravo et merci Aurélie !
Je le sentais très fort, tout au fond de moi, que tu allais m’emmener dans un très beau voyage. Tu es allé au-delà…

J’ai hâte de lire tes prochains récits…

PS. Aurélie, moi aussi, j’adore Ludovico Einaudi !

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Extraits :

« Le médecin se lève et s’assoit sur le bord du bureau. Il pose une main rassurante sur l’épaule de la jeune femme et la regarde avec compassion :
– Romane, au vu des symptômes que vous présentez et en tenant compte de votre situation professionnelle trop stressante, je me vois dans l’obligation de vous arrêter. Une quinzaine de jours dans un premier temps. C’est un minimum pour récupérer. Mais évidemment, nous ferons le point à ce moment-là et il est fort possible que je vous prolonge l’arrêt, si besoin est. Entre-temps, j’aimerais que vous vous reposiez. Je sais à quel point vous êtes attachée à votre travail, mais je vous assure que le repos physique et mental est essentiel. Je vais vous adresser à l’un de mes confrères, le Dr Bichat. Il est psychiatre. J’ai la conviction qu’il pourrait vraiment vous aider. »

« Arrivée à l’appartement, c’est une Romane épuisée qui s’écroule sur son canapé. Il est midi et elle passera toute l’après-midi là, Poustache à ses pieds, et Rachèle la surveillant du coin de l’œil. Elle a mis sa playlist favorite en fond, les ondes musicales réconfortent les cœurs meurtris. Bach, Vivaldi et Einaudi tenteront de consoler son âme blessée. »

« À cet instant précis, Romane prend conscience du décalage immense entre la réalité de Mathilde et la sienne. Un fossé gigantesque. Une montée de colère parcourt sa gorge et vient enserrer ses mâchoires. “À quoi sert la vie ?”, pense-t-elle. C’est une question à laquelle je ne peux répondre. J’ai eu tellement de mal à vivre cette dernière année… à quoi sert la vie ? Je n’en sais rien ! C’est un luxe de pouvoir se poser cette question…”. »

« Transforme tes peurs en confiance. »

 

Aurélie Caruso est thérapeute holistique à Genève et poursuit des études de psychologie. En 2019, après avoir donné des séances de yoga dans des classes de primaire, elle créé son « jeu de cartes de yoga et méditation » qui rencontre un succès auprès des enfants, des enseignants et professeurs de yoga.

En 2022, elle se met à l’écriture, un rêve qu’elle portait en elle depuis 10 ans.

“La Souffleuse de cœur”, son premier roman, est édité fin 2023. Ce roman initiatique aborde les thématiques du burn-out, du droit des femmes, du chamanisme et des thérapies assistées par psychédéliques. L’histoire fait voyager le lecteur entre Genève, la Drôme et le Mexique.

Aurélie est passionnée par les recherches sur la Conscience, la psychologie et le vivant. Elle participe à plusieurs cercles littéraires, aime rencontrer les auteurs et ne rate pas une occasion de pousser la porte d’une librairie.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Merci maîtresse !

De rien c’est mon job
de Anouk F.
Poche – 4 avril 2024
Éditions : Mon Poche

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C’est l’histoire de Carla, qui est venue et qui a dû repartir. Trop vite. C’est l’histoire de Martim, qui aurait préféré ne pas être là, avec nous. C’est aussi celle d’Habib, qui espère chaque matin qu’il y aura sport aujourd’hui. C’est l’histoire de Valentine et de son papa. D’Adriano et de la quiche qu’il a vomie sur sa dictée ce matin. De Timéo, qui n’avait pas de chat mais des griffures quand même. De la corde de Laurence, la directrice, sur laquelle on a un peu trop tiré. C’est leur histoire à tous. Et la mienne, aussi. L’histoire de mon école, de notre école. Et de la vôtre aussi, sûrement.

 

• Couv_2024-046_F. Anouk - Merci maîtresse ! De rien c'est mon job

 

Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais avoir un “petit” livre entre les mains, quelques pages à lire avant la fin de la journée…

Vous l’aurez compris, le récit raconte l’histoire d’une « maîtresse ». Elle enseigne dans une classe de CE2 constituée d’enfants parlant plusieurs langues. Nos enfants ont changé. Les parents plus difficiles à gérer, dans cette société qui exige toujours plus de performances.

J’ai très vite été happée par le roman… Par cette maîtresse très touchante, par ses élèves venant de diverses origines sociales.
On ne devient pas enseignant par hasard, on ne le fait pas non plus pour l’argent. C’est pour moi, lorsqu’il est bien fait, un des plus beaux métiers qui soit, et j’ai voulu moi-même à un moment de ma vie être enseignant dans les Arts Graphiques…

Anouk F., raconte une belle histoire, sûrement son histoire, son quotidien, drôle ou triste, avec beaucoup d’émotion et de respect pour “ses” enfants.
Je suis sorti de mon rôle de lecteur, pour redevenir l’enfant que j’avais été avec la chance que j’avais eue avec ma maîtresse au CP. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontrait, elle continuait à sourire, et à nous donner la confiance, qui nous manquait pour la plupart. J’étais moi-même un enfant allophone, comme la plupart des élèves de la classe. Nous venions tous d’horizons différents, mais arrivions quand même à communiquer, avec les mains, les yeux, des grimaces aussi et parfois avec la bouche. Malgré nos couleurs de peaux différentes, nous étions tous pareils…

J’ai retrouvé, beaucoup de choses vécues, à travers ces quelques pages. J’ai pu imaginer très facilement la fierté, que devait ressentir certains enseignants lorsqu’ils atteignent leurs objectifs sans jamais baisser les bras, lorsqu’ils voyaient l’évolution de leurs élèves, toujours avec beaucoup de dévouement.

Merci maîtresse !, est une belle histoire, l’histoire de mon école, de notre école, l’histoire d’une maîtresse qui ouvre les portes de sa classe, et qui sut ouvrir son cœur dans son quotidien, avec une vraie sincérité. Soyez tous les bienvenus dans sa classe, venez partager ses joies et ses tristesses !
J’ai souri, j’ai pleuré, j’ai passé un réel moment de bonheur avec ce livre, une nouvelle fois un “coup de cœur”.
Une histoire que je vous recommande vivement et qui s’adresse à tous.

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Extraits :

« Je veux être au service des autres, oui, encore.

Mais j’aimerais que ces autres ne soient plus cachés derrière leur poste de radio, qu’ils soient là, en face de moi. Je verrais leurs yeux, leurs oreilles.
Ils ne pourraient pas tourner le bouton quand ce que je leur dirais ne les intéresserait plus. Ils baisseraient peut-être les yeux, les oreilles, mais je le saurais, je le verrais. Alors je me reprendrais. »

« 11 h 45. Je ramène la plupart des enfants au portail. Rares sont ceux qui mangent à la cantine, en ce jour de rentrée. La maman de Kahina est aux premières loges, inquiète. Persuadée, de toute façon, que ça s’est mal passé. »

« Je crois que je suis vraiment devenue enseignante le jour où j’ai accepté de ne pas être capable de tout faire, en tout cas pas tout de suite. Je crois que j’ai failli quitter ce métier à chaque fois que je me suis rendu compte que je ne pourrai pas les aider tous, en tout cas pas comme il faut. »

« MAIS ON NE GAGNE PAS à tous les coups. Loin de là. Souvent, même, on se ramasse complètement. On essaie, c’est l’essentiel, finalement. Il faut juste savoir se le dire, et y croire. »

« Je vois, oui, très bien. J’ai même envie de pleurer tellement je vois. Amina regarde Yacine. Tout le monde regarde Yacine. Quand il s’en aperçoit, quand il entend que je le félicite, que je le remercie, il est fier, mon petit bonhomme de travers, et il a de quoi. »

 

Après avoir été journaliste pendant plus de huit ans pour Radio France, Anouk F. démissionne et s’inscrit en candidat libre au concours de professeur des écoles. Elle commence à enseigner en septembre 2013 et est actuellement “maîtresse” dans le sud de la France, dans une école REP (Réseau d’Éducation Prioritaire), dite “de regroupement”, accueillant des enfants allophones.

son blog : https://merci-maitresse.fr/
page Facebook : https://www.facebook.com/AnoukF2
Twitter : https://twitter.com/AnoukF2

Amour, Émotion, Drame, Roman, Thriller ésotérique

L’Oracle de Constantinople

Les étoiles d’Orion*** – 1097
de Brice Nadin
Broché – 12 février 2024
Éditeur : Leo Éditions

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Royaume des Francs, 1096. L’opération armée la plus importante de son temps est en marche. Trente-cinq mille pauvres gens ont tout abandonné pour suivre le prédicateur Pierre l’Ermite sur les routes de Constantinople. Ils seront bientôt rejoints par l’armée des barons qui répondent massivement à l’appel du pape Urbain II : libérer Jérusalem du joug païen.
C’est dans ce contexte que l’on retrouve Joachim de Saint-Ange et Alix de Saint-Germain. Dans un rêve étrange, le regretté Odon met son ancien disciple sur la piste d’une vieille prophétie byzantine qui, extraordinairement, les concerne tous les deux :
Deux Celtes se succèdent à Constantinople. Odon est l’émissaire de Rome. Joachim est son élève. Lorsqu’il se présentera, l’héritière se révélera, et au bout de la route, la ville tombera.
Commence pour l’ancien novice un périple qui lui fera découvrir l’histoire cachée d’Odon et le plongera au cœur de la croisade populaire. Il le mènera de Reims à Bouillon puis jusqu’aux rives du Bosphore, sur les traces de l’impératrice Marie d’Alanie et de la mystérieuse héritière. Entre le ciel et l’ombre, son amour pour Alix y résistera-t-il ?

 

• Couv_2024-022_Nadin Brice - L'Oracle de Constantinople

 

L’oracle de Constantinople, de Brice Nadin, met-il un point final à cette superbe trilogie, Les Étoiles d’Orion ?

Chaque tome aura été pour moi une révélation et un vrai coup de cœur.

Je n’aurai imaginé, il y a une vingtaine d’années que l’on puisse avoir en France des auteurs d’une telle érudition dans les romans ésotériques. Pour moi, ils se trouvaient exclusivement de l’autre côté de nos frontières. Dan Brown, Michael Connely, Arnaldur Indridason, Steve berry, Mario Giordano, Glenn Cooper, J.R. dos Santos et tant d’autres…
Puis, j’ai découvert que la France aussi était capable de nous proposer de vrais chefs-d’œuvre. Henri Loevenbruck, Frédéric Lenoir, Giacometti Ravenne, Violette Cabesos, Nicolas Beuglet, Jean-Christophe Grangé, Jérôme Loubry, pour ne citer qu’eux.

En 2019, j’ai découvert grâce à une cousine, Brice Nadin.
C’est tout de suite un coup de cœur. Pour l’histoire, pour les connaissances qu’il développe, mais aussi pour sa magie, sa façon d’entrer dans ma tête. Certaines de ses idées m’ont conquises et m’ont portées très loin. Puis j’ai découvert (le hasard est incroyable), que Brice vivait à Saint-Leu-la-Forêt, comme moi !
Alors nous nous sommes vus et avons échanger sur nos métiers respectifs, mais surtout sur ses écrits passés et à venir ! Il nous réserve encore de belles surprises…

“L’oracle de Constantinople”, après les deux premiers tomes, continue de raconter un passage de notre Histoire de la plus grande importance. La préparation de l’Église pour les Croisades, afin de libérer Jérusalem du joug païen. Ce furent ainsi plusieurs milliers de pauvres personnes, soldats, cultivateurs, éleveurs, etc., qui vont traverser l’Europe suite à l’appel du Pape Urbain II, leur promettant un accès direct au paradis en cas de décès de leur part.

Joachim et Alix vont être emportés dans ce périple plein de rebondissements, à travers des terres inconnues, jusqu’à Constantinople, suite à un message caché, que leurs avait laissé Odon avant son décès. Plus qu’un message, il révèle une vieille prophétie datant de plusieurs années, impliquant Joachim, alors qu’il n’était même pas encore né !

Malgré cette période très dure, sombre et violente, Brice glisse avec parcimonie une ambiance un peu “surnaturelle” mêlée d’humanisme, dans une atmosphère religieuse parfaitement rendue, entre crainte, soumission et amour de l’autre. Une grande découverte pour moi, pour la culture byzantine que je connaissais assez peu.

Avec une très belle intrigue principale, des références historiques pointues, pas de temps mort, avec de la poésie aussi, des messages de paix et d’amours, et une vraie place pour les femmes, Brice est, et sera désormais pour moi un auteur incontournable…

Je vous invite toutes et tous à le découvrir et à entrer dans “son monde” !
Une lecture que je préconise même dès l’adolescence pour les passionnés du genre…

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Extraits :

« La lumière irradiait de toutes parts…
Sur ce rivage bordé d’une mer turquoise, le plus infime des grains de sable semblait doté de son existence propre et rayonnait mystérieusement.
Je cherchais en vain le soleil dans un ciel si limpide qu’il paraissait irréel… Je restais là, sidéré, comme en suspension.
Où étais-je donc ?
Des vaguelettes aux reflets blancs et or vinrent m’effleurer délicatement les pieds… De grands oiseaux traversèrent l’azur en y traçant d’amicales arabesques. Ils se posèrent à la cime d’immenses arbres tout proches qui ressemblaient à ces pins majestueux qu’on peut admirer en Méditerranée lorsqu’on navigue le long des côtes. »

« – Te rappelles-tu la phrase : “Dans la maison de mon père, il y a plusieurs demeures”?
Oui, répondis-je en tentant de le suivre sans trébucher. C’est la phrase que le Christ adresse à ses disciples alors qu’il s’apprête à les quitter.
– Nous sommes ici dans l’une de ces demeures. Il en existe ainsi une multitude…
– Pourquoi celle-ci ?
– J’ai souhaité y résider un temps… Ici, je vis avec les êtres qui l’ont choisie eux aussi.
Devant mon air incrédule, Odon laissa échapper un sourire espiègle.
– Lorsque nous mourons, quelles que soient nos origines et nos croyances, l’âme quitte le corps, elle se libère de son enveloppe charnelle pour se rendre dans la “demeure” de son choix. Chacun peut ainsi continuer à vivre dans un cadre à sa mesure. »

« Un sourire à peine perceptible émailla la face du marchand.
– Comme tu l’auras sans doute compris, nous sommes tous les trois juifs.
Clément lui sourit en retour.
– Nous n’avons pas les mêmes rites ni les mêmes textes de référence, mais pourquoi n’aurions-nous pas le même Dieu ? Notre-Seigneur est unique. À lui, quels que soient ta langue ou ton dogme, tu pourras adresser tes remerciements.
– Voici là de belles paroles de sagesse. Dommage qu’elles soient si peu partagées par tes frères chrétiens… »

 

Brice Nadin est né en 1967 à Saint-Germain-en-Laye. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Consultant en nouvelles technologies, entrepreneur et père de trois enfants, il a eu d’autres vies avant de devenir romancier.

Passionné d’histoire et d’ésotérisme, en 2019, il publie son premier ouvrage, Les étoiles d’Orion, Cluny 1095, en auto-édition. Porté par une atmosphère médiévale fidèlement reconstituée, matinée d’un peu de surnaturel, le roman séduit plus de 4 000 lecteurs et se classe plusieurs fois en tête des ventes de romans historiques sur la boutique Kindle. Il est aussi « coup de cœur » dans de nombreuses librairies telles que La Procure ou Lamartine à Paris.
Le tome 2, Mare Nostrum, reprend les mêmes personnages attachants pour les conduire cette fois dans un périple autour de la Méditerranée, à la veille de la première croisade.

Les étoiles d’Orion* – Cluny, 1095
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/30/les-etoiles-dorion/

Les étoiles d’Orion** – Mare Nostrum, 1096
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/11/mare-nostrum/

Émotion, Drame, Philosophique, Roman

Impasse de l’horizon

de Carole Mijeon
Broché – Grand livre, 13 mars 2024
Éditeur : Éditions Daphnis et Chloé

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Un jour, il est rentré chez ses parents, au 12 impasse de l’horizon, et n’est plus jamais ressorti. C’était il y a huit ans. Depuis, personne ne l’a revu. Il est devenu le reclus du 12, celui dont on parle à voix basse quand on se croise sur le trottoir.

Claudia, pré-retraitée malgré elle, habite seule la maison d’en face. Pour elle aussi le temps s’écoule entre quatre murs mais elle, ne l’a pas choisi. Aux aguets derrière ses fenêtres, elle se dit que seul un drame terrible et inavouable peut conduire un jeune homme plein d’avenir à choisir la claustration plutôt que l’aventure de la vie. Est-il la victime d’une agression insurmontable ? Ou au contraire le coupable d’un crime odieux ?

Entrainant le lecteur dans les méandres de son imagination, Claudia va tout faire pour percer le secret de l’Impasse de l’horizon et rencontrer son jeune voisin.

Qui est-il ? Comment vit-il cet enfermement ? Et surtout, que lui est-il arrivé ?

 

• Couv_2024-021_Mijeon Carole - Impasse de l'horizon

 

J’ai pris beaucoup plaisir à lire “Impasse de l’horizon”. Un roman que je n’aurais sûrement pas lu sans la proposition de Babelio. Je découvre ainsi une nouvelle auteure, et surtout un roman très particulier, je dirai même singulier et rempli d’imagination… Les personnages sont tous très intéressants et attachants.

Carole Mijeon a “construit” son récit en deux parties. Claudia et Maxime

Claudia, a été remerciée par la société pour laquelle elle travaillait. Aujourd’hui, elle s’ennuie et passe toutes ses journées derrière sa fenêtre à attendre qu’il se déroule enfin quelque chose de nouveau dans sa vie. Les jours passent… Elle déprime…
Seules les lumières qui s’allument régulièrement en pleine nuit dans la maison en face de chez elle, font travailler son imagination et lui font envisager les scénarios les plus fous…
Que peut-il bien se passer chez ses voisins ? Elle sait qu’ils ont un fils, mais elle ne l’a jamais vu !

Quel personnage étrange que ce Maxime, un homme qui a préféré “s’effacer”, sortir de la société où il ne trouvait pas sa place. Pourquoi refuse-t-il de sortir ? De quoi a-t-il peur ? Est-ce vraiment de la peur ?
Maxime passe toutes ses journées derrière son ordinateur, plongé dans un monde virtuel dans lequel sa vie lui réussit pleinement. Maxime est un “gamer”, c’est toute sa vie !
Et ses journées se passent ainsi… au grand désespoir de ses parents qui ne savent plus comment l’aider. Au fur et à mesure on va le connaître de plus en plus. Maxime m’a touché à plusieurs reprises, sa solitude, sa peur du regard des autres.

Carole a su me prendre et m’emmener en quelques pages dans un univers étrange et pourtant très réaliste qui a pu me paraître parfois répétitif, mais tellement plein de rebondissements… Carole se dévoile parfois entre les lignes. Est-ce une part d’elle-même qu’elle nous montre ou met-elle tout simplement ses héros en avant ?
Dans tous les cas, j’adhère pleinement aux sujets développés ! Je ne m’attendais pas du tout à ce genre de roman tantôt philosophique, tantôt sociétal. Carole nous montre la solitude, la tristesse, la colère aussi, sans jamais oublier, nos choix de vie et le bonheur qu’ils peuvent nous apporter en fonction des chemins que nous emprunterons.

Un roman très agréable à la plume prometteuse avec lequel j’ai passé un excellent moment de lecture, malgré des sujets difficiles…
Sommes-nous libres de vivre la vie que nous désirons ?

Un grand merci à Babelio et aux Éditions Daphnis et Chloé pour cet envoi plus qu’intéressant.

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Extrait :

« C’est la voisine du 7 qui vient de lâcher le morceau. Les décès délient les langues. Après quelques mots d’apitoiement convenus, la brave dame n’a pas tardé à me révéler que les Triaud avaient un secret. “Un cadavre dans le placard, comme on dit”, a-t-elle ajouté, l’air pincé. »

« Quand on élève un enfant, on doit toujours être inquiète. Qu’il ne prenne pas assez de poids quand il est bébé, qu’il meure subitement pendant la nuit, qu’il attrape froid, qu’il se fasse renverser sur le chemin de l’école, qu’il rate son bac, qu’il tourne mal, qu’il soit malheureux en amour, qu’il… Quel enfer que d’imaginer le pire tout le temps ! »

« Chaque soir, il se mit à visionner des vidéos d’opérations sanguinolentes tout en se tailladant frénétiquement. La moindre parcelle de peau vierge était écorchée, parfois même les plaies à peine cicatrisées étaient de nouveau incisées. Nu dans son fauteuil, il jouissait de voir couler le sang sur l’écran tandis que le sien s’échappait de son corps en d’innombrables filets.
Et puis, un jour, il croisa cette femme dans l’ascenseur. »

« – Votre fils est très agité. Incohérent même. Il m’a semblé à bout de forces.
– Mais qu’est-ce qu’il a ? s’effraya madame Triaud.
– Je crois qu’il fait un burn-out. Il n’a pas arrêté de parler de son travail. De ses collègues surtout…
– C’est grave docteur ? »

« Le passé n’est qu’une fiction que l’on se raconte. Une contrefaçon. Aucun souvenir n’est digne de confiance. Car la mémoire est infidèle. Elle travestit le réel, enlumine la grisaille ou noircit le tableau. Sans but ni raison particulière, juste parce que le cerveau se fait berner. Il confond souvenir et imagination. Dès qu’un reliquat de vie est extirpé des méandres de l’esprit, il se combine aux cogitations, s’entremêle avec les rêves, se fracasse sur les émotions et se noie dans le déni. Le décor se transforme, les dialogues se cisèlent, les personnages se caricaturent et les rôles s’inversent. Contaminée par nos pensées, notre mémoire réécrit en permanence notre autobiographie. »

 

Monteuse de profession, Carole Mijeon a travaillé sur de nombreux reportages et documentaires pour la télévision ainsi que pour des productions indépendantes.
Magazines pour France 3 – France 5 – France Ô
Documentaires pour les Films du Balibari, Point du Jour, Camera Lucida productions – ARTE
Muséographie, court-métrages, captations, mode, corporate…

Auteure de :
“Sur la réserve” – éditions Daphnis et Chloé – 2015
“Au pied !” – éditions Daphnis et Chloé – 2017
“Impasse de l’horizon” aux éditions Daphnis et Chloé est son troisième roman – 2024.