Émotion, Drame, Nouvelles, Psychologie, Suspense

SEPT SAISON 2

Les padawans de René Manzor
de Katazina,
Sarah Bordy,
Elsa Morienval,
Marlène Pascaud,
Sébastien Lemaire,
Stéphanie Baudron-Cosson,
Corinne Garnier & Patrice-Tom Garcia,

Broché – 2 juin 2025
Éditeur : Des livres et du Rêve

Sept Nouveaux Talents
Sept Premières Nouvelles…

L’idée folle de René Manzor, réalisateur, scénariste et romancier, a fait du chemin.
Donner vie à ce prof d’écriture qu’il cherchait désespérément étant môme, quelqu’un qui vous apprendrait les secrets de l’écriture comme un prof de guitare vous montre les accords.
Grâce à son « coaching », René montre la voie à ses padawans, des débutants de tous âges qui donnent vie à leur histoire.
SEPT d’entre elles sont publiées dans ce second recueil.
Elles révèlent SEPT nouveaux talents…

SEPT – Saison 2 : une suite que j’attendais avec impatience !

Écrire une nouvelle, c’est capturer l’instant avant qu’il ne s’échappe.
C’est tendre un fil invisible entre le souffle et la chute.
C’est dire beaucoup, avec presque pas de mots.
Et parfois, y glisser une volonté d’éternité.

Dans ce second opus de SEPT, ils sont de nouveaux sept à avoir relevé ce défi.
Sept voix brutes ou ciselées, portées par l’ombre bienveillante et les conseils avisés de René Manzor, chef d’orchestre de l’invisible.
Il y a du feu dans ces pages. Des tremblements. Des frissons. Du sang, des larmes, mais aussi des battements de cœur qui résonnent longtemps après la dernière ligne.
On y croise des destins qui basculent, des silences qui crient, des regards qui s’écrivent plus fort que des mots.
Et moi, lecteur, j’ai marché à travers ces histoires comme on traverse un rêve : sans vouloir en sortir… du moins pas tout de suite.

Qu’est-ce qu’un(e) auteur(e), sinon un passeur d’ombres et de lumières, un veilleur de l’intime. Celui ou celle qui, le temps d’un récit, rallume dans nos regards l’émerveillement de l’enfance ?
Ou peut-être un magicien discret qui nous parle sans bruit, mais touche juste ?

Ces SEPT, dont la plupart signent ici leur première publication, ont encore frappé très fort.

Un grand merci à René pour cette idée qui éclaire auteurs et lecteurs.
Un non moins grand merci à Angie Lollia et à ses Éditions “Des Livres et du Rêve”, qui portent tellement bien son nom et qui donne chair à ce livre que j’ai eu, une nouvelle fois, le bonheur d’habiller, un plaisir renouvelé.

Un cadeau à offrir, un trésor à garder.
Et un geste solidaire, aussi : 1€ reversé à l’association UN PAS VERS LA VIE – AUTISME pour chaque exemplaire acheté.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

La cabane – Sébastien Lemaire
« Ce soir-là, les parents d’Arthur étaient invités chez des collègues. Leur fils, ne voulant pas y aller, son père l’avait autorisé à dormir chez Benjamin et Thomas. C’était une occasion inouïe de mettre leur plan à exécution : venger Arthur du pervers qui l’avait tripoté. Pas une vengeance frontale, non !
Juste une façon de faire comprendre à Paul Mercier que des gens étaient au courant de ses agissements. »

Tabou – Elsa Morienval
« – Wow ! Super, Nath ! Trop contente que tu reviennes parmi nous ! Qu’est-ce qui nous vaut cet honneur ?
– Un héritage.
– Tu déconnes. Héritage de quoi ? D’emmerdes, sûrement, avec la famille que t’as !
– J’espère que non. J’ai rendez-vous avec le notaire. Je te tiens au courant.
– T’as intérêt! Et il faut qu’on se voie, histoire que je te fasse perdre ce « môdit » accent québécois !
– Bisous, ma Sof. »

Manque d’oxygène critique – Marlène Pascaud
« Dans le salon, l’horloge chuchotait les secondes.
Andréa se tenait assise sur le vieux canapé en tissu aux côtés de son père. Les lunettes à oxygène dans le nez, il dormait paisiblement.
Mais pour combien de jours encore ?
Le temps lui était compté, ils le savaient tous les deux. »

Rancune sanglante – Katazina
« La femme, nue, tête baissée sur sa poitrine, est pendante au portant de la douche. Ses intestins sortent d’une plaie béante, d’environ trois centimètres de largeur. Son torse est ouvert sur toute sa longueur, jusqu’au pubis. Des lambeaux de peau d’une couleur verdâtre retombent. D’un mouvement de bras, le légiste écarte les mouches qui viennent le saluer. Il tourne autour du corps et continue à prendre des photos sous tous les angles. »

Le cinquième taureau – Corinne Garnier & Patrice-Tom Garcia
« Le jour se lève, peinant à percer les ténèbres qui recouvrent la ville. Séville a connu une des pires nuits de son histoire. Les explosions ont déchiqueté la belle Andalouse. La vue, depuis le couvent, est cauchemardesque : des camions sillonnent les rues pour ramasser les cadavres, des villas sont brûlées, d’autres, en ruines. Les canons ont défiguré la ville. »

Remake – Sarah Bordy
« Lorsque la scène de l’effeuillage arrive enfin, Vixen bout déjà. Cette fille lui a tout pris. Ses mimiques, son look, sa coupe de cheveux, cette tignasse blonde, signature à laquelle Cynthia a seulement ajouté une frange épaisse. Lorsque le saxophone émet ses premières notes, elle remarque tout de suite que la chorégraphie est la même. Le même costume, les mêmes mouvements, la même sensualité. Tout est copié, jusqu’à la couleur du boa. Seule la fille change.
Un véritable plagiat.
Sale petite pute. »

Un cri d’enfant – Stéphanie Baudron-Cosson
« Depuis une semaine, Joanna s’est enfermée dans son minuscule appartement, au cinquième étage de son immeuble du centre-ville de Cahors. Ses journées sont ponctuées des cris stridents, des grognements et des balancements incessants de son fils Morgan, quatre ans, autiste profond et non verbal.
Avant de s’enfermer avec lui, elle a consulté tous les spécialistes de la région : assistantes sociales, puéricultrices, orthophonistes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes. Elle s’est documentée, a contacté des associations de parents d’enfants atteints de ce trouble. Si son expérience professionnelle d’éducatrice spécialisée et son amour pour son fils lui ont permis d’imaginer des rituels pour le rassurer, c’est elle qui a le plus souffert de cet isolement. »

En 2020, quand le covid frappe et que les tournages s’arrêtent, le réalisateur, scénariste et romancier, René Manzor, a une idée folle : donner vie à ce prof d’écriture qu’il cherchait désespérément étant môme, quelqu’un qui vous apprendrait les secrets de l’écriture comme un prof de guitare vous montre les accords.

Polar historique, Sciences, Suspense

Jules Verne contre Némo

de Céline Ghys
Poche – 8 mai 2025
Éditeur : MON POCHE

Amiens, 1882. Une ombre rôde la nuit dans les rues de la capitale picarde et les meurtres s’enchaînent. Provocateur et sans limites, l’assassin signe ses crimes odieux du nom de Nemo, le célèbre personnage de Vingt mille lieues sous les mers, dans des lettres qu’il envoie à la presse. Jules Verne va devoir, bien malgré lui, se lancer à sa poursuite, avec l’aide du nouveau commissaire de la brigade criminelle et d’un mystérieux journaliste, tous deux fraîchement débarqués de Paris. Le drôle de trio ne reculera devant rien et exploitera au mieux les compétences de chacun pour élucider cette affaire et tenter d’arrêter Nemo, un des premiers tueurs en série de l’Histoire. Jules Verne comme vous ne l’avez jamais lu !

Quelle lecture passionnante !
Dès les premières pages, je me suis retrouvé embarqué dans une enquête palpitante, menée tambour battant par un jeune commissaire tout juste arrivé à Amiens. À ses côtés, un journaliste curieux et… Jules Verne lui-même !
Car l’assassin signe ses crimes du nom de “Nemo”, en référence au célèbre capitaine imaginé par l’écrivain. Forcé d’intégrer cette traque inattendue, Jules Verne se confronte à ses propres créations, dans une atmosphère à la fois historique et pleine de suspense.

L’intrigue, solidement ancrée dans la fin du XIXe siècle, offre une reconstitution immersive de l’époque : ses avancées scientifiques, sa misère sociale, mais aussi ses carcans, notamment sur la place des femmes. L’écriture de Céline Ghys est fluide, documentée, et le rythme soutenu. Chaque personnage est finement construit, de Claudine, la nièce de Verne, au capitaine Chastagnol, en passant par le mystérieux tueur.

Ce roman, c’est aussi un bel hommage à l’œuvre de Jules Verne, une réflexion habile sur le lien entre un auteur et ses personnages, et une manière originale de revisiter son univers. J’ai refermé ce livre avec enthousiasme, impressionné par cette aventure littéraire audacieuse. Un vrai coup de cœur que je recommande chaudement à tous les amateurs de thrillers historiques et de romans d’aventure bien ficelés.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Chère lectrice, cher lecteur,
Vous venez de tourner les premières pages d’un roman historique, un mélange de réalité et de fiction littéraire. Dans la belle tradition du genre, il mêlera des figures authentiques à des personnages imaginaires, des faits à des inventions, pour votre plus grand divertissement.
Si vous cherchez une biographie de Jules Verne ou un livre d’histoire, vous vous êtes trompé de rayon.
Vous êtes encore là ? Je vous félicite. »

« La comédienne ouvrit le fermoir de son immense sac en cuir bordeaux dans lequel elle rangeait tout son fatras : des brosses à cheveux, des épingles à chignons, des fards… Elle eut du mal à y caser son volumineux corset en os de baleine. Elle pensa qu’elle se débarrasserait avec plaisir, une fois chez elle, de cet outil de torture qui lui compressait les côtes chaque soir. Elle se remémora tout ce qu’elle s’était infligé pour tenter de rivaliser, en vain, avec celle qui incarnait la sublime Nadia Fédor dans la pièce de Jules Verne. »

« Un gant de cuir fondit sur le visage de la comédienne, bousculant son chapeau qui fut emporté par une rafale.
La main s’abattit brutalement sur ses lèvres afin de l’empêcher de crier.
Marie Nicolet lâcha son sac pour se débattre.
Son agresseur lui assena alors un violent coup dans le ventre, suivi de plusieurs autres qui lui arrachèrent les entrailles.
L’esprit encore lucide, elle comprit qu’un couteau avait pénétré son abdomen, la labourant de part et d’autre avec frénésie.
Marie ne pouvait pas hurler. La douleur la laissa sans voix. »

« Le gardien de la morgue fut tiré du lit et les aida à poser le corps de la défunte sur un établi en bois, acheté d’occasion aux bouchers de Saint-Leu. Il maugréa, car cette femme éventrée allait lui saloper sa salle qu’il avait lavée le mois dernier en y jetant plusieurs seaux d’eau pris au fleuve. »

« – Honorine, Claudine est moderne ! Les temps ont changé et c’est tout à son honneur de vouer son existence aux malades en apprenant, dans cette nouvelle école, une profession qui s’anoblit. Il est dans le caractère des femmes de s’acquitter bien mieux de l’art de soigner. Elles sont plus aptes à exercer cette tâche grâce à leur douceur naturelle, leurs attentions délicates et consolantes qui hâtent le rétablissement. »

« Je n’oublie jamais d’où je viens »

Originaire des Sablons au Mans, Céline Ghys est professeure de Lettres et d’Histoire, diplômée de l’Université du Maine. Elle fait partie du collectif “Les Louves du Polar”. Après Le Manuscrit perdu de Saint-Riquier, Le secret de Guy de Ponthieu et Le crâne de Saint Jean-Baptiste, vendus à plus de 10 000 exemplaires dans sa région d’adoption, les Hauts-de-France, elle rejoint les éditions Fayard et publie son quatrième roman Jules Verne contre Nemo en mai 2024.
À mi-chemin entre roman historique et polar, ses livres sont toujours très rythmés et richement documentés.

Drame, Polar, Suspense

Des poignards dans les sourires

de Cécile Cabanac
Broché – 7 février 2019
Éditions : Fleuve éditions

Catherine Renon n’a plus vu son mari François depuis des jours et ne semble pas s’en émouvoir. Dans ce coin d’Auvergne où les rumeurs blessent et tuent, pas question de prêter le flanc à la calomnie. Et surtout pas à sa belle-mère, veuve solitaire qui voue à son fils un culte tout en démesure.
Virginie Sevran et Pierre Biolet, du SRPJ de Clermont-Ferrand, ont été appelés pour constater la présence d’un corps démembré et en partie brûlé au Col des Goules.
C’est la première enquête de Virginie depuis qu’elle a quitté le 36, quai des Orfèvres pour la province, à la stupéfaction de ses proches. Quant à Pierre, il observe sa nouvelle coéquipière d’un oeil à la fois bienveillant et inquiet. Qu’est-elle venue chercher ?
Quand l’enquête met un nom sur ce corps, celui de François Renon, les questions les plus folles surgissent, avec une seule certitude : tous les meurtriers possibles de ce fils de bonne famille sont autant de facettes d’une victime annoncée.

Avec ce huis clos provincial où les faux-semblants ont de beaux jours devant eux, Cécile Cabanac signe un premier polar chabrolien hautement maîtrisé.

« Cécile Cabanac est vraiment une nouvelle plume à suivre. »
Elise Lépine, « Pistes Noires », Polar+

« Un polar dense, riche en rebondissements. »
Télé Loisirs

« Ce thriller brillant est écrit avec finesse, et l’auteure nous prend dans sa toile avec une facilité étonnante. »
Blog annesophiebooks

« Si vous cherchez un bon polar, intelligemment construit, réaliste et sans surenchère, Des poignards dans les sourires est fait pour vous. »
Blog gruznamur

« Ce roman, à l’intrigue subtile, voire retorse, à la gale rie de per son nages attachants ou repoussants, mais tous intéressants, offre un grand moment de lecture-plaisir. »
Le litteraire.com

Je me suis lancé dans Des poignards dans les sourires de Cécile Cabanac sans vraiment savoir à quoi m’attendre, mais très vite, j’ai été happé par cette histoire où chaque personnage traîne ses propres démons.

L’intrigue, dense et tortueuse, tissée de secrets, de non-dits et de rancunes sourdes, m’a rapidement serré les tripes. L’auteure maîtrise avec brio ce savant équilibre entre tension et émotion, mêlant enquête policière et vie familiale de manière surprenante. Le découpage en chapitres alternés m’a d’abord déstabilisé, mais j’ai fini par apprécier ce rythme particulier, qui m’a forcé à m’immiscer dans le quotidien troublé de chaque personnage.

Au fil des pages, j’ai découvert des personnages complexes, nuancés, loin de tout manichéisme. Leurs failles m’ont intrigué, parfois déstabilisé, mais surtout donné envie de comprendre ce qui les pousse à agir ainsi. Les thèmes, bien que classiques (disparition, famille dysfonctionnelle, couples en crise), sont abordés avec une touche personnelle qui donne au récit une profondeur saisissante. L’atmosphère, parfois malsaine, reste captivante grâce à la plume maîtrisée de Cécile Cabanac.

L’enquête menée par Virginie Sevran et Pierre Biolet, deux flics loin des clichés, marqués par leurs passés mais profondément humains, apporte un souffle réaliste et sensible. Et puis cette famille Renon, derrière son vernis bourgeois, révèle peu à peu ses fractures, ses rancunes, ses secrets… Entre huis clos familial et enquête policière, ce premier roman, puissant et émouvant, s’impose comme une promesse de talent dans le thriller français.
Une lecture que je recommande…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Il est allongé sur son lit. Il retient un instant son souffle. Pas un bruit. Sa femme et ses enfants ne sont pas là. D’ordinaire, il ne remarque pas leur absence.
La chambre est plongée dans la pénombre, quelques poussières en suspension dansent dans une fine raie lumineuse qui s’échappe entre les rideaux. Bien que François se rappelle s’être réveillé ici des milliers de fois, quelque chose a changé. Ses vêtements sont éparpillés au sol. À sa droite, sur la table de chevet, une bouteille de whisky est entamée. La porte qui lui fait face est fermée. L’air est lourd. Son alliance comprime son doigt, la fine chaîne autour de son cou semble avoir raccourci dans la nuit, les draps collent à sa peau en sueur. Il palpe ses yeux gonflés. Leurs orbites sont douloureuses comme si des grains de sable se baladaient sous ses paupières. Sa main calleuse frotte son visage anesthésié.
Il finit par se redresser et s’assoit sur le lit. Un étourdissement le surprend. Dans ses tempes, le sang exerce une pression désagréable. Sa respiration est courte, saccadée. »

« Une profonde angoisse l’étreint. Il ne veut pas être seul. Il a besoin de la chaleur de ses enfants auprès de lui. Il fait si froid. Son estomac le brûle avec une intensité douloureuse. L’alcool ocre teinte un fond de bouteille sur la table basse. Il l’avale brutalement dans un râle. »

« Un homme aux cheveux bruns est adossé à son pick-up. Il vient d’allumer une cigarette sur laquelle il tire longuement, puis il renverse sa tête en arrière et observe la fumée blanche qui s’échappe de sa bouche. »

Native du Pays basque, Cécile Cabanac est journaliste, réalisatrice et romancière.

Elle fait ses armes en presse écrite au journal « Sud-Ouest ».
Après une Maîtrise d’histoire contemporaine à l’Université Montaigne à Bordeaux, elle a ensuite intégré l’École supérieure de journalisme de Lille. Elle s’y spécialise dans l’audiovisuel. Diplômée de la 75e promotion, elle rejoint, en 2001, TF1 à Paris comme JRI (journaliste reporter d’images). Maniant avec dextérité la caméra, elle réalise de nombreux reportages pour journaux télévisés de TF1 et LCI.

En tant que journaliste réalisatrice, Cécile intègre ensuite « Le magazine de la santé » sur France 5. Elle sera également chroniqueuse au « Magazine de la Santé » ainsi qu’aux « Maternelles » sur France 5.

En parallèle elle réalise des documentaires de société pour France 5 et de nombreux numéros de l’émission « Faites entrez l’accusé » sur France 2.
Passionnée par la création, l’art, la musique, la mode et l’image, Cécile a été chef de projet communication au sein de Bonne-Graine, de 2015 à 2016.

Après Des poignards dans les sourires (2019), elle publie, en 2020, Requiem pour un diamant.

page Facebook : https://www.facebook.com/CecileCabanac.Officiel

Polar historique, Suspense

Les Démons de l’inspecteur Lerouet

Une enquête d’Hippolyte Salvignac*******
de Philippe Grandcoing
Broché – 6 mars 2025
Éditions : de Borée

Mars 1912. Alors que la France frémit d’horreur à la lecture des exploits sanglants de la bande à Bonnot, l’inspecteur Jules Lerouet poursuit de son côté une vengeance personnelle, mettant sa carrière et sa vie en danger. Sur la piste d’un mystérieux tueur, réussira-t-il, avec l’aide de ses amis Hippolyte et Léopoldine, à découvrir qui s’en prend systématiquement à ses proches ? Pourra-t-il laver son honneur et reprendre sa place au sein des forces de police qui traquent sans relâche les bandits anarchistes ? Résoudra-t-il cette autre affaire qui lui tient à coeur : la disparition de La Joconde, dérobée au Louvre quelques mois plus tôt.

Philippe Grandcoing frappe fort avec le 7ᵉ tome de la série « Une enquête d’Hippolyte Salvignac« .

Dans un Paris de 1912 en pleine effervescence, l’inspecteur Lerouet perd tout et sombre… Entre la bande à Bonnot, le vol de la Joconde et la crasse des bas-fonds, ce polar historique est une immersion intense dans une Belle Époque qui n’a de belle que le nom.
Un roman noir, érudit, et palpitant, que j’ai dévoré.

Dans Les Démons de l’inspecteur Lerouet, Philippe m’a littéralement happé dans ce Paris aussi fascinant qu’angoissant. L’assassinat sauvage de la compagne de Jules Lerouet plonge ce dernier dans une spirale noire de douleur et d’alcool. Dépossédé même du droit au deuil par la famille de celle-ci, il décide alors de mener sa propre enquête, quitte à défier sa hiérarchie et frôler l’illégalité.

J’ai été captivé par l’atmosphère des bouges parisiens, des bordels crasseux aux bas-fonds en ébullition, et séduit encore une fois par l’érudition de l’auteur qui connaît la Belle Époque sur le bout des doigts. J’ai suivi Lerouet, personnage brisé, dans une quête où la vengeance et la justice se confondaient. Heureusement, Hippolyte Salvignac et Léopoldine sa compagne, sont toujours à ses côtés, fidèles à eux-mêmes.

Ce roman se lit d’une traite, et j’ai terminé la dernière page avec une seule envie, plonger très vite dans les enquêtes à venir de cette formidable série.

Un grand merci à Virginie, des éditions de Borée, pour ce partage ! 🙏

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Elle avait compris qu’il se passait quelque chose d’anormal lorsqu’elle entendait sa mère crier. Sûrement contre quelqu’un qui mettait du bazar. Elle avait cru reconnaître le bruit d’une chaise qui cogne le sol. Elle s’était levée et avait passé une tête timide par la porte. C’était l’heure de la sieste, mais comment voulait-on qu’elle dorme si l’on faisait tant de bruit en bas ? Elle s’aventure jusqu’au palier et s’approche de l’escalier. Puis il y a eu ce bruit bizarre, comme quand une bûche craque dans la cheminée. Sa mère hurla, encore plus fort que la première fois. La peur de l’emporta sur la curiosité. »

« Pas plus tard qu’hier un gars m’a demandé si j’avais des icônes anciennes. Il est resté une heure à m’expliquer que seule la Russie avait su garder une âme pure, que le catholicisme avait trahi le christianisme originel, que seuls les orthodoxes étaient fidèles au message du Christ. Il m’a fait un peu peur, à vrai dire. Avec des gars comme lui, on rallumerait vite fait bien fait les bûchers de l’Inquisition pour les sorcières, les Juifs, les sodomites et les blasphémateurs… »

« Salvignac regardait avec admiration sa compagne mener la conversation. Elle ne laissait aucun répit à Lerouet, ne parlant que du drame et de ses conséquences. Elle fouraillait dans la plaie à vif, quitte à la faire encore saigner, dans le seul but de faire réagir le patient. Elle n’avait pas peur de la douleur et encore moins de l’expression de celle-ci. Il avait toujours pensé que Léopoldine avait le goût du tragique, certaines de ses toiles en témoignaient, et maintenant il en avait la confirmation. Elle poussait Jules à affronter la réalité et non à la fuir.
– Demain, je retournerai au cimetière, fleurir sa tombe. On ne peut quand même pas la laisser comme ça, c’est d’un triste. »

« Jules Lerouet avait renoncé à son déguisement. Ce 25 avril était le dernier jour du congé officiel qui lui avait accordé ses supérieures grâce à l’entregent de Célestin Hennion. Il avait décidé de jouer son va-tout. Puisque rien dans le passé de Madeleine ne semblait expliquer les raisons de sa mort, il ne restait qu’une seule hypothèse : on cherchait à l’atteindre, lui. »

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

  • Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
  • La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
  • Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
  • Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

Ouvrages collectifs

  • 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
  • Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
  • L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
  • Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2008.
  • Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2009.
  • Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
  • Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
  • Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2011.
  • Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2011.
  • Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, avril 2012.
  • Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, octobre 2013.
  • Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2013.
  • Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
  • Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
  • Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
  • Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
  • La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
  • Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
  • L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions.

Publications diverses

  • Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.
Émotion, Drame, Suspense, Thriller

L’Empathie

de Antoine Renand
Broché – 17 janvier 2019
Éditeur : Robert Laffont

Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte.
« Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. »

Cet homme, c’est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit. Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la “brigade du viol”.
Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets. Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.

Avec L’Empathie, Antoine Renand signe un excellent premier roman, je dirai même un premier roman coup de poing, aussi haletant que dérangeant. Un thriller noir, brutal, qui explore dans tous les sens, la psyché d’un tueur en série insaisissable. Il s’est nommé “Alpha”, c’est un prédateur de l’ombre dont la violence s’exerce sur ses “Omegas” et même sur certains couples. Face à lui, Anthony Rauch, dit “La Poire”, un flic au physique banal mais à la personnalité fascinante, faisant partie d’une brigade spécialisée dans les viols. Lui aussi traîne un passé aussi lourd que les affaires qu’il mène, mais vaillamment tentera de remonter la trace de ce démon contemporain.

Ce qui distingue L’Empathie à d’autres romans, c’est sa construction narrative très audacieuse et parfois même dérangeante. Je me suis retrouvé dans la tête de tous les protagonistes du roman, alternant les points de vue des victimes, des bourreaux mais aussi des enquêteurs. C’est la force du roman, il explore les parcours de chacun, souvent depuis l’enfance, révélant peu à peu les racines du mal. Mais ce qui s’impose, malgré l’horreur, c’est l’empathie. Celle qui nous lie aux personnages, même les plus ambigus, elle devient frontière entre pulsions et humanité.

L’auteur ne recule devant rien pour souligner l’innommable. Son style est cru, presque trop parfois, mais il sert un propos. Ne pensez pas sortir indemne de cette lecture. L’ensemble est solidement documenté, addictif et brillamment mené. Un roman fort, viscéral, et une vraie claque pour un coup d’essai transformé en coup de maître.

Je lirai les suivants sans hésiter.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Il avait commencé par s’introduire dans des maisons. Pas pour voler. Non qu’il fût opposé à cette idée, car il n’hésitait jamais à dérober un objet de valeur ou qu’il trouvait à son goût si une opportunité se présentait. Mais à cette époque il gagnait relativement bien sa vie, la navigation lui offrant un revenu suffisant au vu de ses très modestes besoins. »

« Aussi surprenant que cela puisse paraître au vu des événements qui allaient suivre, violer cette femme, ce jour-là, ne lui avait pas traversé l’esprit. Il venait chercher autre chose, une autre sensation. Pourtant, avec le recul, Alpha considérait que l’émoi très vif qu’il avait ressenti ce soir-là était à l’origine du grand projet qu’il mettrait plus tard à exécution.
Sa délectation s’était encore accumulée lorsque l’affaire avait été relayée par les médias : deux jours plus tard, le fait-diversier d’un journal local avait raconté le désarroi de la mère de famille quand elle avait découvert les photos d’un inconnu sur son smartphone. Le journaliste la décrivait « en état de choc » ; il ajoutait que la police n’avait aucune piste sérieuse et lançait un appel à témoin. »

« En d’autres temps, un homme comme lui aurait pu être heureux ; sa vie aurait eu un sens. En des âges barbares – guerriers tout du moins – où l’homme était encore debout et où la loi du plus fort était unique. Les qualités d’Alpha auraient été prédominantes. Tuer. Avilir l’adversaire, le réduire en esclavage. Prendre ses femmes, ses filles et les violer. Tout ce qui faisait de lui un monstre avait autrefois constitué l’essence d’un grand chef. »

Antoine Renand est un écrivain, scénariste et réalisateur français.
En 2019, il publie son premier roman, L’Empathie, aux éditions Robert Laffont. Très remarqué par la critique et par le public, le livre est lauréat du prix Nouvelles Voix du polar et finaliste du prix Maison de la presse. Ses romans suivants, Fermer les yeux (à nouveau finaliste du prix Maison de la presse) et S’adapter ou mourir, connaissent le même succès. L’Empathie tome 2. La Fille de Jonathan Becker sort aux éditions HarperCollins le 5 mars 2025.

Émotion, Drame, Folie, Suspense, Thriller psychologique, Violence

Leona

Les dés sont jetés
de Jenny Rogneby
Broché – 4 mai 2016
Éditeur : Presses de la Cité

Qui perd gagne.
Stockholm, un jour de septembre. Une petite fille de sept ans, nue et recouverte de sang, braque une banque du centre de la ville avec pour seules armes un ours en peluche et un magnétophone. La fillette disparaît ensuite avec l’argent.
La trouble et manipulatrice Leona Lindberg s’arrange pour récupérer l’affaire avant ses confrères de la police judiciaire. Christer Skoog, lui, est journaliste. Il dispose d’embarrassantes informations au sujet de Leona ; des informations qu’il est prêt à taire si cette dernière accepte de l’aider à résoudre une enquête qui l’obsède depuis des années…

Grandiose et subversif. Jenny Rogneby tire les ficelles de ce premier roman d’une main de maître et, avec le personnage atypique de Leona, fait une entrée fracassante dans le monde du thriller.

Je referme Leona – Les dés sont jetés avec une sensation étrange, presque coupable. J’ai suivi cette femme hors du commun, glaciale et désabusée, dans un monde où la morale est un costume qu’on retire le soir. Et je dois l’admettre : j’ai été fasciné. Leona Lindberg n’est pas une héroïne, pas même une anti-héroïne ; elle est un paradoxe sur deux jambes, une policière qui passe de l’autre côté avec une froideur qui glace le sang.

J’ai souvent voulu la secouer, lui crier de revenir à la raison, mais Jenny Rogneby nous tient en laisse, page après page, nous forçant à accepter l’inacceptable. Il y a dans ce roman une tension constante, un malaise latent. C’est noir, très noir, et pourtant, je n’ai pas pu lâcher ce récit troublant. Leona est une énigme que l’on tente de résoudre tout en sachant qu’on ne le pourra pas.

Ce qui me reste, ce n’est pas la résolution de l’intrigue, bien que l’écriture soit habile et rythmée. Ce sont les failles de Leona, ses silences, ses regards fuyants. J’ai terminé ce livre comme on quitte une pièce trop longtemps restée dans la pénombre : un peu sonné…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Personne ne l’avait encore remarquée. Sans bruit, elle trottina à petites foulées sur le tapis jusqu’au centre du grand hall de la banque.
Ses pas étaient déterminés.
Son regard, vitreux. Les battements de son cœur, assourdissants.
Entièrement concentrée sur son rythme cardiaque, elle ne sentait plus sa blessure, ni le sang séché sur son corps nu et fluet. Chaque pulsation résonnait dans ses oreilles. 1-2… 3-4-5… 6… Trop irrégulières pour qu’elle puisse les compter. Elle serra de toutes ses forces l’ours en peluche sur sa poitrine. Les palpitations lui semblaient un peu moins fortes ainsi. »

« Olivia s’était mise à trembler. Elle essaya en vain de se détendre. À cause de la pluie, tout était mouillé et froid. Ses yeux et son nez coulaient et la démangeaient. Chaque fois qu’elle tentait de se gratter, la douleur lui arrachait quelques larmes.
Elle avait eu beaucoup de mal à soulever le sac à dos dans la banque, mais, une fois celui-ci hissé sur ses épaules, ça avait été. En revanche, ensuite, quand elle avait dû l’enlever, elle avait perdu l’équilibre et s’était étalée par terre. La blessure de son genou saignait et la brûlait beaucoup plus qu’avant. Le sac à dos était trempé et sale.
Elle pria le ciel pour que rien ne se soit cassé, car sinon papa serait très en colère. »

« J’ai réarrangé deux stylos posés sur la table devant moi. Je n’aimais pas avoir des objets pointus tournés vers moi. Et en plus, ils étaient de travers.
Ce faisant, j’ai remarqué que l’ongle de mon pouce était trop long par rapport aux autres. Je venais de les faire manucurer chez Madeleine, au coin de la rue. Elle s’appliquait d’ordinaire dans son travail. Quelle déception ! »

« Des années durant, j’avais combattu ce sentiment, refoulé mon « moi » véritable. Je me réveillais en sueur la nuit, avec l’impression qu’un piège se refermait sur moi. Prisonnière du monde que je m’étais moi-même créé. Je ne pouvais plus ignorer ma propre nature.
Quand j’avais commencé à remettre en question mon désir d’être comme les autres, tout était devenu plus clair. Je n’avais pas d’autre choix.
Je devais me libérer. »

Née en 1974 en Éthiopie, la Suédoise Jenny Rogneby a étudié la criminologie à Stockholm. D’abord musicienne, elle a fait la première partie d’un concert de Michael Jackson à Tallinn en Estonie, elle a travaillé pendant sept ans dans la police, à Stockholm, comme criminologue, avant de se lancer dans l’écriture de son premier roman, Leona : Les dés sont jetés, devenu dès sa sortie un best-seller en Suède, et qui a été traduit dans une dizaine de pays.

Leona : La fin justifie les moyens est son second polar avec comme héroïne l’inspectrice Leona Lindberg.

Jenny Rogneby vit à Malte

Page Facebook : https://www.facebook.com/jenny.rogneby

Drame, Frisson horreur, Suspense, Thriller

Confiance mortelle

de Iris Johansen
Broché – 2 novembre 2006
Éditeur : Encre de nuit

Depuis son plus jeune âge, Elena Kyler combat auprès des guérilleros colombiens. Elle est forte, intelligente et déterminée, et dans ce monde d’une extrême violence, personne n’a idée de ce qu’elle est capable de faire. Mais elle est aussi et avant tout une mère qui adore son fils. Or le père de celui-ci, Rico Chavez, grand ponte de la drogue, décide de le récupérer coûte que coûte pour en faire son digne héritier et éliminer par la même occasion Elena, pour qui il éprouve un amour mêlé de haine. La jeune femme devra user de toute son expérience de combattante afin de protéger et de sauver son petit garçon. Pour lui, elle devra même, pour la première fois de sa vie, demander de l’aide. Le troublant et séduisant Sean Galen est alors sollicité en vue de la secourir. Bien que suspicieux, Galen accepte la mission et se rend en Colombie où sa première rencontre avec Elena est des plus musclées. Mais s’il est certes attirant et plein d’humour, saura-t-il pour autant gagner sa confiance, elle qui sait plus que quiconque qu’il ne faut pas se fier aux autres, car la confiance peut être mortelle… ?

La cavale d’Elena est rythmée par des rencontres improbables, des alliés atypiques – parfois à la morale douteuse, mais loyaux –, et une succession d’événements rocambolesques. Le récit alterne entre scènes d’action intenses, moments de tension, mais aussi des phases plus calmes, où l’on assiste à des tentatives de réflexions philosophiques ou sentimentales entre les personnages. Ces passages m’ont parfois paru un peu forcés, la psychologie des protagonistes manquant de profondeur et sombrant trop souvent pour moi dans la caricature.

Je vous avoue avoir accueilli la fin du roman avec un peu de soulagement. Malgré ma bonne volonté, il m’a été difficile d’aller au bout de ma lecture. J’ai tenu par respect pour l’autrice, mais sans réelle conviction.

J’avais déjà lu quelques ouvrages d’Iris Johansen il y a plusieurs années et je n’y ai pas retrouvé le style qui m’avait séduit à l’époque. Peut-être est-ce moi qui ai changé… Ou peut-être tout simplement que la richesse des plumes françaises que je lis depuis sept ans maintenant a tout simplement élevé mes exigences de lecteur.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Elena Kyler frissonna en voyant qu’un cafard grimpait le long de son soutiens-gorge. Elle le chassa. Mon Dieu ! Les cafards. Elle détestait ça. Et cette cellule en grouillait. Enfin, cela valait toujours mieux que les rats… »

« Elena supporta la douleur sans une plainte, mais elle perdit connaissance au moment où Galen achevait de la recoudre.
– On n’est pas tombé sur une mauviette, dit-il.
– Elle va s’en remettre ?
Galen haussa les épaules.
– À condition de ne pas avoir chopé une infection. Si ça peut vous rassurer, je crois qu’elle s’était recousue elle-même. Les sutures étaient faites n’importe comment. Et inégales. On ferait mieux de la ramener au camp avant qu’elle ne revienne à elle. »

« Chavez, accroupi, effleura les traces d’un rouge sombre qui maculaient le sol de la pharmacie.
Le sang d’Elena.
Elle était blessée. Et elle essayait de se soigner elle-même. Animal en fuite, elle cherchait un abri où se cacher…
Non. Si tel était le cas, elle se serait cachée dans les collines à proximité de Belém. Elle se dépêchait de fuir, et il y avait une raison à cela. Elle avait une idée en tête. Elle poursuivait un objectif précis.
Et ce mais, Chavez le connaît. »

« Chavez, ayant retiré le couvercle du coffre à jouets, pris en haut de la pile l’arc et le carquois. Comment osait-elle donner à l’enfant ces jouets bon marché, cette camelote ? Elle l’avait caché dans cette maison. Le gosse ne savait que ce qu’elle avait bien voulu lui dire.
Son fils. »

« — Comment va Barry ?
– Il a peur, a répondu Elena en serrant l’enfant entre ses bras. Mais il a été très courageux. N’est-ce pas, chéri ? Dans cinq minutes, il se sentira mieux.
Barry se tut ; il continue de se blottir contre sa mère.
Mon Dieu, pourvu que ce soit vrai. Pourvu qu’il se sente mieux. Depuis qu’il était né, elle avait toujours tout fait pour le protéger contre les violences dont se tissait son existence à elle; et voilà qu’il était exposé à l’horreur à son tournée. »

Romancière très populaire, Iris Johansen vit en Géorgie, près d’Atlanta. Auteur de romans sentimentaux, elle s’est lancée à la fin des années 1990 dans l’écriture de thrillers. Devenue la rivale de Mary Higgins Clark et de Patricia Cornwell, elle sait passionner des millions de lecteurs en rendant crédibles ses personnages féminins, non conformistes et toujours très attachants. Iris Johansen a déjà vendu plus de huit millions de livres depuis le début de sa carrière et a reçu de nombreux prix pour ses romans.

Drame, Histoire, Polar historique, Suspense

Les Noyés des bords de Marne

Une enquête d’Hippolyte Salvignac******
de Philippe Grandcoing
Broché – 7 mars 2024
Éditions : de Borée

Un avion qui s’écrase et tue le ministre de la Guerre, une crise diplomatique majeure entre la France et l’Allemagne à propos du Maroc, une malle contenant un cadavre sans tête repêchée dans la Marne, un marchand juif qui disparaît mystérieusement : Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet n’ont décidément pas le temps de s’ennuyer en ce printemps 1911. Aussi improbable que cela puisse paraître, toutes ces affaires semblent être reliées. Avec ce 6e volume des enquêtes d’Hippolyte Salvignac, l’historien et romancier Philippe Grandcoing, fin connaisseur de la période, poursuit l’exploration de la France des années 1900 et fait découvrir l’incroyable richesse de cette époque.

Printemps 1911. Un avion s’écrase, tuant le ministre de la Guerre. Une malle contenant un cadavre sans tête flotte sur les eaux sombres de la Marne. Un marchand juif disparaît sans laisser de trace. Et dans les coulisses du pouvoir, une crise diplomatique éclate avec l’Allemagne.

Ces événements, que tout semble opposer, finissent par tisser une toile invisible mais implacable. Et lorsque l’antiquaire à la retraite Hippolyte Salvignac, épaulé par le tenace inspecteur Jules Lerouet, commence à tirer sur ce fil, ils mettront à jour des vérités bien plus dangereuses qu’ils ne l’avaient imaginé.

Dans Les Noyés des bords de Marne, sixième enquête d’Hippolyte Salvignac, Philippe Grandcoing confirme tout son talent : celui de mêler le frisson de l’intrigue au souffle de l’Histoire. Grâce à sa plume précise d’historien, il reconstitue avec brio la France de la Belle Époque, ses luttes, ses ombres et ses fulgurances. Les personnages féminins, et en particulier Léopoldine, artiste libre et compagne d’Hippolyte, donnent une force moderne et humaine à cette fresque d’époque.

J’ai été une fois de plus happé par cette nouvelle enquête, aussi haletante qu’érudite. Ici chaque détail historique enrichit l’intrigue sans jamais l’alourdir, chaque description accroît la tension, chaque dialogue dévoile une pièce du puzzle.

Je recommande vivement de lire les tomes précédents avant de se plonger dans celui-ci, afin de savourer pleinement l’évolution des personnages. Mais quel bonheur de retrouver cette ambiance unique, entre mystère et mémoire, prenante jusqu’à la dernière ligne.

Un immense merci à Virginie, des éditions de Borée, pour cette nouvelle aventure passionnante ! 🙏

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« C’était une aquarelle qu’il avait récemment acquise. Elle représentait le port de La Valette sur l’île de Malte. Au premier plan, une goélette, toutes voiles dehors, sortait de la rade cernée par les hautes murailles ocre. Il aimait particulièrement cette vue aux couleurs chaudes, comme une promesse d’Orient, alors que l’île était toujours restée un avant-poste de la chrétienté ancrée en Méditerranée. Jouant sur les contrastes, il avait suspendu deux masques africains de part et d’autre du tableau. »

« On en était là au Maroc, dans un pays qui échappait progressivement à l’autorité du sultan, décrédibilisé du fait de sa trop grande complaisance envers les Infidèles. La France s’était autoproclamée gardienne des intérêts européens. Il en résulterait sûrement pour les Marocains une mise sous tutelle accrue et, pour les Français, une nouvelle page glorieuse de leur mission civilisatrice de l’autre côté de la Méditerranée.
Il replia le journal et le laissa sur la table, se disant qu’il ferait sûrement le bonheur d’un autre client. »

« — Y a pas mal de Blancs à qui ça plaît. C’est un peu comme la chasse. Pan ! Pan ! On tire les nègres comme on tirerait des lapins ou des perdrix. Et puis on est tranquille. Personne pour dire quoi que ce soit. Et surtout pas nos chefs. Mais moi, ça m’ a rendu malade.
Pour de vrai ! J’ai attrapé la malaria. Évacué à Saint-Louis du Sénégal et soigné à la quinine. J’m’en suis pas vraiment remis et on a évité de me renvoyer dans la brousse. J’ai travaillé dans les bureaux, j’ai formé des tirailleurs sénégalais. Et, quand j’ai eu tiré les dix ans de mon engagement, j’ai démissionné. Mais avant de partir, j’ai acheté ces photos. Faut pas croire. Mais ça se vend. Y en a même qui les collectionnent. Moi, je voulais les rapporter en France pour montrer à quoi ça ressemble, la conquête de l’Afrique. On n’y va pas pour libérer des esclaves ou apporter la bonne parole. Non, on tue, on viole, on pille. »

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

  • Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
  • La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
  • Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
  • Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

Ouvrages collectifs

  • 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
  • Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
  • L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
  • Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2008.
  • Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2009.
  • Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
  • Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
  • Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2011.
  • Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2011.
  • Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, avril 2012.
  • Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, octobre 2013.
  • Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2013.
  • Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
  • Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
  • Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
  • Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
  • La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
  • Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
  • L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions.

Publications diverses

  • Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.
Émotion, Drame, Frisson horreur, Suspense, Thriller

Les deux visages du chaos

de Serge Bertrand
Broché – 4 mars 2025
Éditions : Les Presses du Midi

Marseille.
Un climat de plus en plus oppressant règne dans la cité phocéenne. En effet, deux individus sèment la terreur depuis plusieurs jours. Ainsi, un homme vêtu d’un sweat à capuche gris traque les petits délinquants avec une haine farouche. En parallèle, le serial killer autoproclamé « Anubis, dieu des Morts » génère une peur bien légitime après avoir commis plusieurs meurtres. Forcément la pression est grande sur le commissaire Blanchard et sa précieuse adjointe, Mélusine Merle. Il leur faut au plus vite démasquer et mettre hors d’état de nuire les deux psychopathes.
Une enquête sombre, pleine de rebondissements, démarre alors. Chercher leurs mobiles et comprendre leurs modes de fonctionnement n’est bien sûr pas sans risque. La lutte du bien contre le mal reprend de plus belle dans les rues marseillaises.

Lu d’une traite !

Avec Les Deux Visages du Chaos, Serge Bertrand nous plonge dans un récit captivant et haletant où l’ordre et le désordre s’entrelacent avec une intensité saisissante. Ce roman, à la frontière du thriller et de la philosophie, explore les dualités profondes qui gouvernent notre monde : lumière et obscurité, raison et folie, destin et liberté.

L’histoire, qui est la suite de Ils doivent tous mourir mais qui peut se lire indépendamment, suit deux protagonistes en proie à leurs propres démons, pris dans une spirale où chaque choix semble enfoncer davantage leur fragile équilibre dans un chaos grandissant. Entre complots, révélations inattendues et une tension qui monte crescendo, Serge tisse une intrigue où je me suis retrouvé, sans cesse sur le fil du rasoir entre le bien et le mal. Ses personnages, d’une profondeur saisissante, évoluent dans un univers où le réalisme se fond avec l’étrange, brouillant les frontières et créant une immersion totale.

L’écriture est ciselée, addictive, le style percutant, oscillant entre descriptions immersives et dialogues percutants. Chaque page distille une atmosphère singulière, tantôt oppressante, tantôt hypnotique, qui entraîne une réflexion sur le chaos lui-même, mais aussi sur la vie dans toute sa complexité. Ce roman ne s’est pas contenté de me raconter une histoire. Il m’a secoué, dérangé, et a remis en question mes propres perceptions sur le bien et le mal…

Une lecture que je recommande vivement à ceux qui cherchent plus qu’un simple divertissement, une lecture qui, bien après l’avoir refermé, continue de me hanter l’esprit.

Bravo Serge, tu confirmes définitivement, pour moi, ta place dans le monde du polar et du thriller français !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Patrick Blanchard, parisien d’origine, a été muté à Marseille à sa demande. Il est grand, beau gosse, avec des cheveux longs noirs jusqu’aux épaules et des yeux d’un bleu lagon envoûtant.
Mélusine Merle, authentique Marseillaise, s’exprime avec un accent à couper au couteau. Elle est petite, pulpeuse, avec des cheveux blonds et une frange ; son regard noisette brille d’une lueur d’intelligence, son sourire est ravageur et son rire communicatif. Le voyage long est éprouvant, mais le décalage horaire s’avère moins pénible au retour qu’à l’aller. A peine arrivés, Blanchard et Merle se rendent directement à l’appartement de Mélusine, en face de la célèbre plage des Catalans, et sombrent dans un sommeil profond et réparateur. »

« — Hé, Ducon, si tu ne veux pas de problèmes, tu nous donnes ton fric, ta montre et ton portable ! Je te conseille de faire vite et surtout de ne pas nous contrarier. Tu vas nous remettre aussi ta carte de crédit et le code. Nous restons trois dans le parking avec toi, notre copain va au distributeur. Si tu fais le con à nous donner un code bidon, c’est tant pis pour toi, réfléchis bien. Tu n’as pas droit à l’erreur. »

« La dame âgée sourit à l’homme à la capuche et lui parle :
– Merci beaucoup, monsieur ! Vous avez fait exactement ce qu’il fallait faire pour ce genre de petites canailles. Peut-être que cela lui permettra de réfléchir pour se comporter différemment, une autre fois. C’est comme avec les bourricots, sans le bâton, ils n’avancent pas. Maintenant, il n’y a plus de règles de conduite, plus de respect. Je me demande où va notre société. »

« Tout autour, d’un élan unanime, les gens applaudissent. Les deux loubards reprendront leur esprit un peu plus tard avec un mal de crâne. La solution reste éphémère, mais pour la journée les passants ne seront plus importunés. L’homme à la capuche poursuit son chemin. Dans son esprit, tout est clair, il s’entraîne pour atteindre son objectif et rien ne pourra le faire renoncer. »

« Un assortiment de photos dévoile toutes sortes de personnalités du monde politique et médiatique. C’est incroyable le nombre de « gros légumes » qui fréquentent ce night-club libertin. On leur donnerait le bon Dieu sans confession, mais ils sont loin d’être de blanches colombes comme ils veulent nous le faire croire. Pour la plupart, hommes et femmes sont mariés et tous ces couples illégitimes viennent assouvir en secret leurs fantasmes sexuels et, bien souvent, leur tendance homosexuelle refoulée. Ils profitent aussi des services de jeunes garçons ou filles qui se vendent. »

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires et avoir mené une vie de rocker pendant des années sur les routes et sur les scènes, Serge Bertrand trouve de la motivation en témoignant de cette époque folle avec deux livres autobiographiques sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.

Son premier polar :

Frisson horreur, Suspense, Thriller, Thriller psychologique

Signatures

de Tom Clearlake
Broché – 19 janvier 2022
Éditeur : Moonlight éditions.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se voit confier le dossier du meurtre sordide d’une femme, en région parisienne. Quelques jours plus tard, une autre victime est retrouvée morte dans la forêt de Sénart. Comme la première, son corps a été l’objet d’une mise en scène macabre.
Pour Margot et son équipe, le lien entre ces deux dossiers est évident. Il s’agit bien d’un même tueur. Et ce dernier semblerait s’attacher à faire de chacun de ses assassinats une œuvre d’art.
Les choses se compliquent quand le tueur entre en contact avec un journaliste pour l’envoyer sur le lieu de sa troisième composition.

Découvrez aussi « Sans retour », « Le Seuil », « Signatures » et d’autres thrillers terrifiants signés Tom Clearlake !

Tom Clearlake, depuis ma première lecture, fait partie de ces auteurs dont j’aime particulièrement la plume, sombre et envoûtante. Avec Signatures, il m’a entraîné dans un thriller particulièrement oppressant, où l’art et la mort s’entrelacent de façon glaçante.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se retrouve confrontée à une affaire terrifiante : une femme assassinée dans des conditions effroyables, suivie d’un second crime qui laisse présager l’œuvre d’un tueur en série. Chaque victime est mise en scène comme une macabre composition artistique, révélant un meurtrier à l’ego démesuré.

Bernard Coutier, lui est un écrivain populaire connaissant le syndrome de la page blanche et en quête d’inspiration. Il décide de plonger dans l’univers du criminel et d’écrire un “true crime”, sans se douter qu’il va devenir une pièce maîtresse du jeu dangereux orchestré par l’assassin, qui le contactera en retour, lui offrant l’exclusivité de sa prochaine “création”. L’histoire prend alors une tournure vertigineuse, explorant les méandres de l’horreur et de la fascination morbide.

Tom maîtrise l’art du suspense avec brio. Chaque scène est décrite avec une intensité redoutable et un style percutant. Les personnages sont profonds, torturés, et le portrait du tueur est si glaçant qu’il en devient presque hypnotique, et au milieu de toute cette noirceur, il y a quand même beaucoup d’émotion et de sensibilité. Je me suis demandé plusieurs fois, où il allait chercher toutes ses idées et plusieurs fois j’ai eu l’impression de regarder un film complètement déjanté !
Signatures est un thriller psychologique d’une rare noirceur, un véritable page-turner qui a happé le lecteur que je suis, du début à la fin et qui m’a laissé une empreinte indélébile. Impossible de lâcher cette lecture aussi captivante… qui sera sûrement impossible à oublier !

Je vous recommande vivement son livre, c’est un véritable coup de cœur.

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« La sonnerie du téléphone fixe déchira le silence feutré de l’appartement. Claire Lensac sursauta. La tasse qu’elle tenait entre ses doigts parfaitement manucurés lui échappa. Son contenu, un thé vert bio de Ceylan, se répandit sur le marbre blanc de la cuisine. Les éclats de porcelaine filèrent sous les meubles pour se cacher, ne pas déranger l’ordre irréprochable que Mlle Lensac entretenait dans son trois-pièces. Ce téléphone n’avait dû sonner qu’une dizaine de fois depuis qu’elle avait emménagé ici – un modèle datant des années quatre-vingt qu’elle avait dégoté chez un antiquaire. Troublée, elle traversa le salon et décrocha le combiné en bakélite. »

« Un vent glacial venait caresser ses joues figées, froides maintenant, comme cette brise. Ses joues qu’aucun sourire ne viendrait plus animer.
Il l’avait amenée jusqu’ici, car c’était ici qu’il fallait qu’elle soit retrouvée. Dans cette maison. Dans la véranda délabrée, sur le carrelage de marbre blanc jonché d’éclats de verre, il avait disposé la toile qu’il avait peinte avec son sang sur un chevalet. »

« Dix autres minutes, au moins, s’étaient écoulées. Il était encore là, immobile, dans sa robe à fleurs jaunes, réalisant peu à peu qu’il était libre, qu’il n’aurait plus à redescendre dans cette cave humide et froide. Que sa geôlière, ce dragon déguisé en mère, avait été terrassée. Jerry n’avait pas bougé, lui non plus, reproduisant ses gestes dans un mimétisme parfait. Ensuite l’atmosphère était devenue lourde, le ciel s’était assombri, jusqu’à devenir un amas noir de fureur. La foudre s’était mise à gronder au loin. Et Jerry avait souri. »

« – Le consumérisme est donc la source du mal.
– Oui. Nous fabriquons et achetons toutes ces choses dont nous n’avons pas réellement besoin. Voilà le cœur du problème actuel, à l’échelle planétaire.
– Nous sommes en plein paradoxe, dit Busnel.
– En effet. »

« Ma seule activité a été de raconter les vies d’autres personnes, des personnes que j’aurais peut-être aimé avoir eues comme amies ou comme proches. Des personnes que j’aurais aimé protéger, garder sous mon aile… Pourquoi les auteurs doivent-ils être si désespérément seuls ? »

Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »