Polar, Psychologie, Thriller psychologique

Je te mens

de Maxime Girardeau
Broché – 7 mars 2024
Éditeur : Istya & Cie


Un corps affreusement défiguré, aucun indice et un suspect muré dans le silence, l’enquête de la commandante Castro se présente mal. Le cadavre a été retrouvé dans l’appartement d’un écrivain célèbre en mal d’inspiration. Pressé par les délais, il aurait fait appel à l’intelligence artificielle pour stimuler sa créativité. Mais on ne danse pas impunément avec le diable.

Un suspense hitchcockien au service d’une intrigue à la Black Mirror.

Maxime Girardeau a travaillé dix ans chez Microsoft et fondé un incubateur de start-ups. Il est l’auteur chez Fayard de deux polars repris par Pocket et traduit en trois langues, Persona (2020) et Ego (2022).

Je viens de refermer Je te mens de Maxime Girardeau, et comment vous dire… Je suis encore sous le choc !
Un thriller étonnant, vertigineux, qui m’a tenu en haleine du début à la fin et plus encore. Je n’arrête pas de me trituré le cerveau à son sujet !

Max Guerarida, écrivain en perte d’inspiration, décide de s’aider de ChatGPT pour retrouver l’élan créatif. Mais pas question de tricher : l’IA devient un personnage à part entière, qu’il baptise Loïe.

Ce qui commence comme un jeu d’écriture bascule vite dans l’étrange. Max s’obsède pour son voisin, Nathan, qu’il espionne et transforme en personnage… jusqu’à ce qu’un cadavre soit retrouvé dans son appartement et que Max disparaisse du jour au lendemain sans laisser de trace. L’enquête est confiée à la commandante Castro et au capitaine Brabant, mais ce n’est qu’une des facettes du récit. L’autre, plus troublante encore, c’est ce lien ambigu entre Max et Loïe. L’écrivain parle avec l’IA comme à une confidente, une muse, voire une amante virtuelle.

Maxime Girardeau joue avec les frontières entre réel et fiction, entre l’humain et la machine. Et il le fait avec une virtuosité qui force mon admiration. L’intrigue est rythmée, les rebondissements nombreux, les personnages fascinants. Même le nom du héros — Max Guerarida — brouille les pistes en miroir avec celui de l’auteur. D’ailleurs comme il le précise au début de son roman il a utilisé lui-même cet artifice de l’IA, durant son écriture, et tout ce que dit “sa Loïe” est reproduit tel quel, sans retouche, en italique dans le texte. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve l’idée aussi incroyable que brillante ! Mais surtout, Maxime ne triche pas !

Ce roman m’a aussi fait réfléchir.
Une IA peut-elle vraiment coécrire une œuvre littéraire ? Peut-elle avoir un style, une voix, une âme ? Et que devient la vérité dans tout cela ? Force est de constater que nous sommes entré dans un monde nouveau, qui va vite, très vite. Mais jusqu’où ira-t-il ? Ne risquons-nous pas un jour de perdre notre place d’humain sur Terre ?

Je te mens est un thriller singulier, très maîtrisé, et résolument contemporain.
À mes yeux une réussite totale que je conseille vivement.

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Extraits :

« Le jour se lève.
Dans le monde physique, peu de phénomènes ont un pouvoir plus grand que l’aube. Par sa simple apparition, elle transforme la perception de tout ce qui nous entoure. La pierre, les arbres, l’eau, le ciel, les animaux, tout change à son contact. Même les visages et les corps. L’aube n’a qu’à se lever pour que tout ce qu’on percevait mal vous transperce soudain de sa grâce. »

« “— Tu sais à qui cette voix me fait penser ?” m’a demandé Mathieu.
J’ai senti mon pouce toucher mon annulaire à la recherche du fantôme de mon alliance et j’ai éprouvé le vide de ma poitrine. J’ai serré le poing pour le recouvrir de ma colère. »

« “Qui êtes-vous ? Où est Max ?” demande une voix à la fois artificielle et sensuelle, cuivrée et éraillée, le tout relevé d’un accent italien. »

« Lorsque la commandante Castro et la capitaine Brabant pénètrent dans les bureaux de Cryptax, ils sont surpris de découvrir que ce que les reportages télé montrent des start-up du nouveau monde est exact: il y a bien des jeunes en jeans et baskets, une moyenne d’âge d’à peine trente ans, de la nourriture gratuite, des espaces écologiques, l’éternel baby-foot, des tenues vestimentaires dépareillées et pour les hommes, des moustaches étranges qui rappellent les Village People. »

Maxime Girardeau a passé plus de dix ans à travailler dans le marketing pour Microsoft.
Il partage aujourd’hui son temps entre l’écriture et la direction d’un incubateur de startups.
Il est l’auteur de PERSONA (Fayard, 2020) sélectionné pour le Prix des Nouvelles Voix du Polar et d’EGO (Fayard, 2022), finaliste du Prix Landerneau du Polar.
Les livres de Maxime ont été publiés au Japon, en République tchèque et en Russie.

Drame, Polar, Suspense, Thriller psychologique

L’Affaire Isobel Vine

de Tony Cavanaugh
Poche – 8 mars 2018
Éditions : Points

Et dire qu’il s’était juré de ne plus y remettre les pieds. Quatre ans après avoir quitté la police de Melbourne, Darian Richards s’apprête à réintégrer les rangs de la Criminelle. Quel enquêteur ne rêverait-il pas de résoudre la célèbre affaire Isobel Vine ? Une affaire d’autant plus délicate que quatre jeunes flics participaient à la soirée fatale. Vingt-cinq ans après cette mort suspecte, Richards est bien décidé à faire triompher la vérité. Au risque de voir tomber ses plus proches alliés.

« Pas moyen et aucune envie de décrocher. »
Bernard Poirette, « C’est à lire », RTL

« Un cold case chaud et bien huilé. »
Julie Malaure, Le Point

Très bon polar qui renouvelle le genre. Les personnages sont mystérieux, barrés, mais attachants, avec flics ripoux et ambigus mais surtout une intrigue qui tient la route. L’écriture m’a happée. Précise, acérée, presque sèche, mais incroyablement évocatrice. Une narration qui épouse le rythme des personnages : entre tension et langueur, lucidité brutale et désespoir contenu.

Ce n’est pas l’intrigue en soi qui m’a saisi, même si elle tient la route, c’est cette atmosphère, cette immersion dans les coulisses troubles d’une police où la ligne entre le bien et le mal est constamment floutée. Le meurtre d’Isobel Vine, 25 ans plus tôt, n’est que la porte d’entrée vers un univers où chacun a ses ombres, ses pactes et ses silences.

Le rythme est étrange, hypnotique. j’avançais sans courir, mais je n’ai jamais décroché. J’ai aimé cette tension douce, cette impression d’être dans un polar qui pense autant qu’il cogne.

Et puis il y a l’écriture de Tony Cavanaugh qui m’a m’a bluffé de bout en bout, nerveuse, parfois cynique, mais toujours juste. Sa manière de faire parler les rues, les souvenirs, les blessures aussi. Je pense que la traduction de Fabrice Pointeau n’y est sans doute pas pour rien.

Un vrai polar noir, sans tape-à-l’œil. Dense, humain, implacable… Je referme ce livre avec le sentiment d’avoir vécu une lecture différente.
Une belle découverte.

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Extraits :

« Je coule.
Tout autour de moi, la pression et les remous de l’eau. Au-dessus de moi, une surface chatoyante, l’éclat tacheté du soleil. Je ne peux pas remonter vers lui. Je n’entends rien hormis le rugissement dans mes oreilles. Je coule. Sous moi, je ne vois aucune forme, tout est sombre. Je descends vers le fond de l’océan. Si je l’atteins vivant, j’entendrai probablement un bruit sourd en le heurtant. Mes bras s’agitent, mes jambes se débattent, j’essaie de trouver quelque chose de ferme pour y poser les pieds, pour rebondir dessus vers la surface, mais il n’y a rien, juste l’écrasement de l’eau. »

« Je déteste l’eau. Pas le truc qui coule des robinets – ça, ça va. Je déteste être dedans. Les océans. Les lacs. Les piscines. Les rivières. J’ai failli me noyer à onze ans. Mon père, dans une furieuse crise de je-ne-sais-quoi, après de trop nombreuses bières et voyant mes regards inquiets, m’a soulevé du sol de notre petite embarcation de location et balancé dans la mer. J’ai coulé. Dans ce qui était je suppose un soudain accès de culpabilité, il a plongé à ma suite et m’a attrapé alors que j’étais en train de boire la tasse, puis a remonté mon corps inerte jusqu’à la surface. »

« Mes pieds me faisaient souffrir. C’était la première fois en quatre ans que je portais des chaussures en cuir. Je portais aussi un costume, également pour la première fois en quatre ans. Chemise enfoncée dans le pantalon et cravate serrée autour du cou. J’approchais du QG de St Kilda Road, gravissais les marches et pénétrais dans le hall. C’était mon premier jour de boulot en tant que flic réintégré. »

« J’espérais que si mon enquête révélait une implication des policiers dans la mort d’Isobel, je n’aurais pas à subir les assauts et la pression du syndicat contre moi, car pour ce qui le concernait, ses membres étaient respectables et devaient être défendus coûte que coûte.
J’essaie d’éviter la politique, mais c’est impossible. sElle est là, comme le mal. On peut fermer les yeux, certes, mais les machinations et les pactes en coulisse sont comme une rumeur permanente dans le monde de la police, comme les rouages d’une machine. »

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Tony Cavanaugh est un auteur de romans policiers, scénariste et producteur.

Après des études universitaires dédiées à la littérature anglaise et à l’histoire de l’art, il débute sa carrière dans l’industrie cinématographique où il a travaillé pendant plus de trente ans.

Il est auteur d’une série policière ayant pour héros Darian Richards, ancien policier ayant quitté la brigade des homicides pour une retraite solitaire loin du crime. La promesse (« Promise », 2012) est le premier tome de la série.

L’Affaire Isobel Vine (« Kingdom of the Strong », 2015) est son premier roman publié en France (Sonatine).

Tony Cavanaugh vit à Melbourne.

son site : https://www.tonycavanaugh.com/
page Facebook : https://www.facebook.com/

Drame, Folie, Thriller, Thriller psychologique, Violence

Papillon de nuit

de David Belo
Broché – 15 mai 2025
Éditeur : Éditions Taurnada

Tiffany Malcom, photographe, travaille occasionnellement pour la mairie d’Opatoma. Alors qu’elle couvre la fête annuelle en l’honneur du père fondateur de la ville, Lily, sa fille de 7 ans, disparaît.
Depuis ce jour, inconsolable, c’est une lente agonie pour la jeune femme, entre drogues en tout genre et scarifications…
Lorsque son dealer lui propose une nouvelle substance, Tiffany n’hésite pas longtemps. Durant son trip, elle se retrouve propulsée dans les années 1800, où sévit un redoutable et mystérieux kidnappeur d’enfants… Aussi improbable que cela puisse paraître, la photographe est peu à peu persuadée qu’il s’agit de l’homme qui a enlevé sa fille !
Mais où se trouve la frontière entre hallucination et réalité ? Comment démêler le vrai du faux sans perdre la raison ?…

J’ai découvert l’écriture de David Belo, il y a un an, avec Mon ami Charly. Depuis, quelque chose de son style me poursuit. Une voix singulière, radicalement étrangère à ce que j’avais pu lire jusque-là dans ce registre. Papillon de nuit n’a fait que renforcer cette impression, une claque douce-amère, dérangeante, mais tellement magnétique.

Tiffany Malcom, l’héroïne, une femme brisée qui n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis la disparition de sa fille. Elle sombre dans la drogue, elle dérive, se mutile, s’anesthésie, mais s’acharne à survivre. Jusqu’au jour où un dealer lui propose une drogue inédite, et dès la première prise, elle se retrouve projetée dans un autre siècle, quelque part dans les années 1800. Là, elle croise un homme inquiétant affublé d’un chapeau tricorne et… de six doigts. Sa présence seule est un malaise. Puis, c’est le retour brutal à son époque. Ses voyages se répètent. Et peu à peu, une certitude s’impose. Cet homme est forcément lié aux enlèvements d’enfants, dans le passé comme dans le présent. Alors elle tente l’impossible : l’arrêter, peu importe le siècle.

Roman sombre, viscéral, souvent trash, Papillon de nuit n’épargne rien. Il m’a captivé. Ce qui pourrait être insupportable devient une expérience de lecture saisissante grâce à la plume de David, qui manie le chaos avec une précision presque chirurgicale. Il m’a plongé dans les rues angoissantes d’Opatoma, cette ville fictive aux contours concentriques, mi-cauchemar gothique, mi-reflet du réel, quelque part sur la côte Est des États-Unis. Là, le passé et le présent s’entrelacent jusqu’à nous perdre.

Ce que j’ai aimé, au-delà de l’intrigue, c’est cette immersion totale dans l’esprit de Tiffany, avec ses fêlures, ses résistances, sa lucidité vacillante. Et puis cette galerie de personnages… tantôt touchants, tantôt glaçants, souvent les deux à la fois. David a décidément un univers bien à lui. Pour qui aime se perdre dans des récits où le fantastique ronge malheureusement la réalité, voire même l’actualité toute récente, celle que l’on doit regarder bien en face, que l’on doit à tout prix éradiquer. Papillon de nuit est une invitation troublante, un rappel à l’ordre… inoubliable.
Alors, « Adieu ! petit papillon.

Merci aux éditions Taurnada pour ce voyage sans retour garanti.
Un vrai frisson pour tous les amateurs du genre.
Remerciement aussi à mon ami Marc Schaub pour son talent photographique, qui a inspiré le visuel d’introduction de mon Ressenti…

D’ailleurs, je vous invite à jeter un coup d’œil sur sa page : https://www.facebook.com/profile.php?id=100013440751787&sk=photos_by&locale=fr_FR
Vous allez prendre des “rêves” plein la tête !

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Extraits :

« Il m’eut fallu un courage inébranlable pour ouvrir les yeux, affronter et délier ce sac de nœuds. Car il en allait de ma responsabilité, la population avait foi en moi.
La Jouivénile devait être éradiquée… de toute urgence.

Je suis John MacDugall.
Je suis l’alpha et l’oméga.
Je suis la mémoire.
Je suis le Jugement dernier.
Je suis inéluctable.
Je suis OPATOMA.

Extrait du livre rouge. »

« Malgré un visage très amaigri et blanc à faire peur, à cause de la dépression, David était un vrai gentil. Le genre de personne sur qui on pouvait compter, jamais un mot plus haut que l’autre, toujours prêt à rendre service, le gendre idéal en somme… jusqu’à aujourd’hui.
L’annonce de son obsolescence programmée avait éveillé cette noirceur dormant au fond de ses entrailles.
Et la petite voix, « Jiminy », était entrée en scène. »

« Tiffany sortit de la douche à peine vêtue. Sur une musique des Doors, elle l’aguicha avec sensualité, et David ne se fit pas prier. Envoyant valser toutes retenues, il l’enlaça de ses gestes bestiaux et la plaqua contre la verrière.
Fesses nues en contact avec la vitre glacée.
Peaux moites.
Respirations saccadées.
Excitations au paroxysme. »

« Boom / Boom ! Boom !
Éjectée de son propre corps, une projection astrale, détachée de sa chair, de son sang.
Comme aspirée par un trou noir, l’âme de Tiffany fut arrachée à ses entrailles et renvoyée à son époque.
Ne dit-on pas qu’il ne faut jamais réveiller un somnambule, le sortir de sa transe, du cauchemar ?…
L’extirper de sa petite mort ?
Boom ! Boom !
Ça cogne à la porte. »

David Belo est un peintre et décorateur en bâtiments depuis 1997… il est aujourd’hui artisan Spécialiste en décoration, entreprise BeloDeco (ancienne technique décorative : patine, imitation bois, imitation marbre, fresques etc…. )

Il a commencé la peinture sur tableau en janvier 2017. La passion du métier ainsi que ses connaissances lui permettent une bonne évolution dans le domaine de l’art. Peinture et photographie sont naturellement devenues sa façon de penser… vivre… Ses toiles sont réalisées avec des peintures de bâtiment, il joue avec les matières et les transparences de glacis à l’ancienne. (huile de lin – térébentine – pigments en poudre)

Il vit et travaille à Mogneville (France).

Passionné de films d’horreur, thrillers et adepte des livres audio, c’est à son tour d’inviter les lecteurs à frissonner au rythme de ses mots.

  • Auto-édition du recueil photographique des tableaux d’auteurs Portraits & mots d’écrivains (2020).
  • Représentation du tableau “Il était deux fois” de Franck THILLIEZ (2021), publié dans la version poche.
  • Mourir gentiment (2021), novella au format switch, Publié par Hugo Publishing sur Nextory.
  • OPATOMA, le fleuve aux mille morts (2023), aux éditions LBS, diffusion Dilisco, groupe Albin Michel. Parrainé et Bandeau sur couverture par Claire Favan, auteure.
  • Le monde part en vrille (2023), Nouvelle au format numérique aux éditions Taurnada.
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/05/17/le-monde-part-en-vrille/
  • MON AMI CHARLY (2024), édition Taurnada.
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/05/15/mon-ami-charly/
Drame, Frisson horreur, Thriller psychologique

L’Empathie Tome 2

de Antoine Renand
Broché – 12 octobre 2023
Éditeur : Robert Laffont

Plusieurs années après l’affaire Alpha, c’est dans une unité toujours traumatisée que Margot Tréabol rencontre le commandant Euvrard pour intégrer le 2e district de police judiciaire, la  » brigade du viol « .
Accompagnée de son collègue Théo, Margot mènera l’enquête dans le milieu des discothèques, où un prédateur pique des jeunes femmes avec des seringues remplies de GHB, avant d’abuser d’elles.

Parallèlement à cette traque, Serflex, un violeur en série qui sévissait par cycles depuis vingt-cinq ans, réapparaît. Son mode opératoire : écrire à ses futures victimes pour les prévenir qu’un jour il s’en prendra à elles. Dans un mois ? Un an ? Dix ? Afin de les plonger dans la terreur ; dans une torture psychologique, avant la potentielle torture physique.
Pour les forces de police, ce monstre demeure un mystère. Y compris pour un ancien flic, ayant autrefois travaillé sur ce dossier : Anthony Rauch.

Après Alpha, place à Serflex, un prédateur qui harcèle ses victimes des années avant de frapper. Antoine Renand livre un thriller aussi noir que brillant, porté par des personnages puissants, une enquête haletante et une atmosphère oppressante. Une suite encore plus maîtrisée…

Avec ce deuxième tome de L’Empathie, l’auteur prouve qu’il ne se contente pas de réitérer une formule. Il l’enrichit, l’approfondit, et l’assombrit même. Si Alpha, incarnait un mal brut, Serflex est plus insidieux, plus pervers, instaurant une terreur psychologique aussi intense que la violence physique.

La brigade du viol reprend du service, cette fois sous la houlette d’un duo remanié : Théo, qu’on avait déjà rencontré, et Margot Tréabol, une recrue déterminée, sur une double enquête. Un prédateur utilisant du GHB pour neutraliser ses victimes, et le retour glaçant d’un violeur en série à l’identité troublante. On retrouve bien sûr Anthony Rauch, ancien flic hanté par ses démons, qui n’a pas dit son dernier mot, il revient dans le jeu, apportant profondeur et tension, rattrapé par l’ombre d’Alpha et la noirceur de Serflex.

La psychologie des personnages est toujours aussi fine, l’écriture incisive et acérée est presque cinématographique, les rebondissements nombreux et maîtrisés. L’auteur excelle à dresser des portraits psychologiques complexes, humains, marqués par la douleur. Le rythme est implacable, les scènes marquantes, et le malaise palpable.

Plus qu’un simple thriller, le tome 2 m’a interrogé les mécanismes du mal, la mémoire traumatique, et la frontière parfois floue entre la justice et la vengeance. Une suite plus forte, plus noire, et qui laisse espérer (ou redouter) une nouvelle plongée dans les ténèbres, dans un nouveau tome à venir…

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Extraits :

« Elle ne pouvait cacher que quelque chose chez lui la fascinait. Une intensité particulière ; la combinaison d’une aisance absolue et d’un accablement. Avec une détermination affûtée comme une lame, faisant fi du regard des autres et des dommages collatéraux… dans laquelle Margot, qui n’aimait pas les conventions et dédaignait les compromis, se retrouvait.
Et puis, il y avait son mystère… »

« UN JOUR, JE M’EN PRENDRAI À TOI.
JE PÉNÈTRERAI CHEZ TOI, TE VIOLERAI.
TU NE SAURAS PAS QUAND.
PEU IMPORTE OÙ TU IRAS VIVRE, JE TE RETROUVERAI.
JE T’OBSERVE…
Les espionner demeurait la plus délicieuse étape. Le miel. Les préliminaires. Capter leur réaction, de loin, être témoin de leur détresse. Voir lesquelles devenaient vigilantes ; lesquelles décidaient de vivre normalement, avant tout ! Ces deux profils avaient toujours existé. »

« Elle avait du plaisir à se trouver avec ses collègues masculins, à sentir qu’elle faisait partie de leur équipe. Non qu’elle s’estimât inférieure au contraire, et elle abhorrait le machisme ou qu’elle n’appréciât pas la compagnie des femmes… Mais depuis toujours, les activités considérées – à tort comme celles des mecs la séduisaient. Les sports de contact, de vitesse, le risque… Son père avait longtemps voulu la cantonner à des loisirs, puis à des professions jugés plus féminins. La police était un concentré de tout ce qui l’attirait. »

« Ce n’est que ma part de vérité mais… ce genre de gens sont comme schizophrènes : ils se voudraient altruistes, bienfaiteurs de causes nobles, mais leur espèce est celle des égoïstes, des individualistes… des prédateurs. Leur misanthropie n’est jamais cachée loin derrière leur philanthropie de surface. »

Antoine Renand est un écrivain, scénariste et réalisateur français.
En 2019, il publie son premier roman, L’Empathie, aux éditions Robert Laffont. Très remarqué par la critique et par le public, le livre est lauréat du prix Nouvelles Voix du polar et finaliste du prix Maison de la presse. Ses romans suivants, Fermer les yeux (à nouveau finaliste du prix Maison de la presse) et S’adapter ou mourir, connaissent le même succès. L’Empathie tome 2. La Fille de Jonathan Becker sort aux éditions HarperCollins le 5 mars 2025.

Émotion, Drame, Folie, Suspense, Thriller psychologique, Violence

Leona

Les dés sont jetés
de Jenny Rogneby
Broché – 4 mai 2016
Éditeur : Presses de la Cité

Qui perd gagne.
Stockholm, un jour de septembre. Une petite fille de sept ans, nue et recouverte de sang, braque une banque du centre de la ville avec pour seules armes un ours en peluche et un magnétophone. La fillette disparaît ensuite avec l’argent.
La trouble et manipulatrice Leona Lindberg s’arrange pour récupérer l’affaire avant ses confrères de la police judiciaire. Christer Skoog, lui, est journaliste. Il dispose d’embarrassantes informations au sujet de Leona ; des informations qu’il est prêt à taire si cette dernière accepte de l’aider à résoudre une enquête qui l’obsède depuis des années…

Grandiose et subversif. Jenny Rogneby tire les ficelles de ce premier roman d’une main de maître et, avec le personnage atypique de Leona, fait une entrée fracassante dans le monde du thriller.

Je referme Leona – Les dés sont jetés avec une sensation étrange, presque coupable. J’ai suivi cette femme hors du commun, glaciale et désabusée, dans un monde où la morale est un costume qu’on retire le soir. Et je dois l’admettre : j’ai été fasciné. Leona Lindberg n’est pas une héroïne, pas même une anti-héroïne ; elle est un paradoxe sur deux jambes, une policière qui passe de l’autre côté avec une froideur qui glace le sang.

J’ai souvent voulu la secouer, lui crier de revenir à la raison, mais Jenny Rogneby nous tient en laisse, page après page, nous forçant à accepter l’inacceptable. Il y a dans ce roman une tension constante, un malaise latent. C’est noir, très noir, et pourtant, je n’ai pas pu lâcher ce récit troublant. Leona est une énigme que l’on tente de résoudre tout en sachant qu’on ne le pourra pas.

Ce qui me reste, ce n’est pas la résolution de l’intrigue, bien que l’écriture soit habile et rythmée. Ce sont les failles de Leona, ses silences, ses regards fuyants. J’ai terminé ce livre comme on quitte une pièce trop longtemps restée dans la pénombre : un peu sonné…

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Extraits :

« Personne ne l’avait encore remarquée. Sans bruit, elle trottina à petites foulées sur le tapis jusqu’au centre du grand hall de la banque.
Ses pas étaient déterminés.
Son regard, vitreux. Les battements de son cœur, assourdissants.
Entièrement concentrée sur son rythme cardiaque, elle ne sentait plus sa blessure, ni le sang séché sur son corps nu et fluet. Chaque pulsation résonnait dans ses oreilles. 1-2… 3-4-5… 6… Trop irrégulières pour qu’elle puisse les compter. Elle serra de toutes ses forces l’ours en peluche sur sa poitrine. Les palpitations lui semblaient un peu moins fortes ainsi. »

« Olivia s’était mise à trembler. Elle essaya en vain de se détendre. À cause de la pluie, tout était mouillé et froid. Ses yeux et son nez coulaient et la démangeaient. Chaque fois qu’elle tentait de se gratter, la douleur lui arrachait quelques larmes.
Elle avait eu beaucoup de mal à soulever le sac à dos dans la banque, mais, une fois celui-ci hissé sur ses épaules, ça avait été. En revanche, ensuite, quand elle avait dû l’enlever, elle avait perdu l’équilibre et s’était étalée par terre. La blessure de son genou saignait et la brûlait beaucoup plus qu’avant. Le sac à dos était trempé et sale.
Elle pria le ciel pour que rien ne se soit cassé, car sinon papa serait très en colère. »

« J’ai réarrangé deux stylos posés sur la table devant moi. Je n’aimais pas avoir des objets pointus tournés vers moi. Et en plus, ils étaient de travers.
Ce faisant, j’ai remarqué que l’ongle de mon pouce était trop long par rapport aux autres. Je venais de les faire manucurer chez Madeleine, au coin de la rue. Elle s’appliquait d’ordinaire dans son travail. Quelle déception ! »

« Des années durant, j’avais combattu ce sentiment, refoulé mon « moi » véritable. Je me réveillais en sueur la nuit, avec l’impression qu’un piège se refermait sur moi. Prisonnière du monde que je m’étais moi-même créé. Je ne pouvais plus ignorer ma propre nature.
Quand j’avais commencé à remettre en question mon désir d’être comme les autres, tout était devenu plus clair. Je n’avais pas d’autre choix.
Je devais me libérer. »

Née en 1974 en Éthiopie, la Suédoise Jenny Rogneby a étudié la criminologie à Stockholm. D’abord musicienne, elle a fait la première partie d’un concert de Michael Jackson à Tallinn en Estonie, elle a travaillé pendant sept ans dans la police, à Stockholm, comme criminologue, avant de se lancer dans l’écriture de son premier roman, Leona : Les dés sont jetés, devenu dès sa sortie un best-seller en Suède, et qui a été traduit dans une dizaine de pays.

Leona : La fin justifie les moyens est son second polar avec comme héroïne l’inspectrice Leona Lindberg.

Jenny Rogneby vit à Malte

Page Facebook : https://www.facebook.com/jenny.rogneby

Anticipation, Émotion, Science Fiction, Thriller psychologique

Memoria

de Alan Spade
Broché – 16 décembre 2021
Éditions : Éditions Emmanuel Guillot

Quelle place occupe la mémoire dans notre vie de tous les jours ? Depuis qu’elle a perdu une partie de ses souvenirs intimes, Lucinda Vels traverse le quotidien comme un fantôme. Avec un certain cynisme, elle équipe d’autres personnes d’implants neuronaux, alors qu’en tant que « Tradi », elle désapprouve totalement la démarche. Mais elle a besoin d’amasser les crédits pour accomplir son rêve d’une société plus juste, et ce travail paie bien. Ironie du sort, elle va finir par se laisser persuader d’utiliser la technologie sur elle-même, afin de recouvrer la mémoire. C’est alors qu’elle se découvre mère. Elle qui a toujours pris soin de ne pas tomber amoureuse a eu une fille, et son destin va en être bouleversé.

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de rencontrer Alan Spade lors d’une séance de dédicace dans un centre commercial près de chez moi. Une rencontre bien trop brève à mon goût : un rendez-vous m’attendait, et je n’ai pas pu échanger autant que je l’aurais souhaité. Compte tenu de ma pile à lire, je lui avais précisé que ma lecture ne serait pas pour tout de suite…

Mais avant-hier soir, en rentrant chez moi, mon regard a été attiré par le livre d’Alan, posé sur mon bureau. J’avais oublié de le ranger. Je l’ai pris en main… et c’est à ce moment précis que tout a basculé. Par curiosité, j’ai lu quelques pages… et ma fierté en a pris un coup. Impossible de m’immerger dans l’histoire, comme si un mur invisible m’empêchait d’y entrer. Dès lors, ce livre est devenu un défi.

J’ai tout mis en pause, réglé mes affaires courantes, dîné, puis enfin, dans le calme, j’ai repris ma lecture depuis le début. Le style d’Alan n’est pas forcément fluide au premier abord ; il a exigé, au lecteur que je suis, une attention particulière. J’ai régulièrement dû me référer au glossaire, précieux allié placé à la fin du roman. Mais au fil des pages, un déclic s’est produit, j’ai commencé à percevoir la richesse de son écriture, son érudition et sa parfaite maîtrise de son univers. Peu à peu, je me suis laissé happer. L’histoire, mêlant mémoire et identité, distille une tension constante, nourrie par un rythme haletant et des retournements de situation imprévisibles.

Lucinda Vels, l’héroïne est confronté à une réalité instable, elle voit ses souvenirs lui échapper, se dérobant comme du sable entre ses doigts. Manipulation, quête de vérité, course contre le temps… Alan Spade tisse un récit immersif et angoissant, qui m’a plongé dans une spirale où le passé et le présent s’entrelaçaient dangereusement.

Memoria est un roman exigeant, mais envoûtant. Une lecture qui se mérite, mais qui, une fois apprivoisée, dévoile toute sa profondeur. Cela faisait longtemps que je n’avais pas “exploré” un roman de science-fiction aussi fascinant, et je ne regrette pas ce voyage dans un univers où la mémoire est à la fois une force et une menace.

Une lecture à ne pas manquer si vous aimez les thrillers psychologiques et les récits qui interrogent au plus profond de soi !

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Extraits :

« Lucinda palpa ses draps fiévreusement, comme si le simple fait de les agripper pouvait retenir le délicieux rêve et ces images qui s’enfuyaient. Elle avait été sur le point de voir ses yeux ! De pouvoir enfin connaître leur couleur, de plonger dans ces fenêtres de l’âme de l’enfant. Et tout cela lui échappait ! »

« Comme souvent ces derniers temps, Lucinda se rappela les instants qui avaient suivi son réveil dans son lit, ce jour fatidique où elle avait perdu la mémoire. Cette impression que de larges pans de son existence lui faisaient défaut avait été la plus marquante. Elle s’était demandé si elle n’était pas folle en réalisant que sa vie sociale était aussi emplie que le vide intergalactique. Ce n’était que par la suite, lorsque sa mère lui avait appris qu’elle la croyait sur Elsevia, une planète lointaine, qu’elle avait commencé à penser que sa santé mentale n’était peut-être pas en cause. Pourquoi lui aurait-elle menti ainsi ? »

« – “Citoyenne, vous n’étiez pas à votre poste hier matin ? Une visite à l’infirmerie, je crois ?
– Bien malgré moi.
– Comment allez-vous ?
– Beaucoup mieux, merci.
– Où en êtes-vous du découplage synaptique du Cyclon B26-Z?”
Le B26-Z était la dernière version des calottes neuronales de la Nan Tech. Lucinda avait commencé à travailler dessus deux semaines auparavant.
– “Cela avance correctement, répondit-elle. J’ai éliminé 75 % des scories résiduelles. Les variations de fréquence restent dans les normes.” »

« – Écoute, la semaine prochaine, c’est la fête de la Réconciliation. Si tu as vraiment eu une fille, c’est obligé que tu l’y aies emmenée au moins une fois. Attends jusque là. Des souvenirs te reviendront sûrement. Comme dans le Splash à rebond, tu sais.
Lucinda hocha la tête d’un air assez peu convaincu, mais Annette eut l’impression que sa détermination avait fléchi. »

« J’aime concevoir des univers ayant leur cohérence intrinsèque, qu’il s’agisse d’univers de science-fiction, de fantastique ou de fantasy (ou un peu des trois). Ils doivent avoir leur personnalité propre, l’un des meilleurs modèles en ce domaine étant vraisemblablement Dune, de Franck Herbert. Dans mes histoires, j’essaie d’imprimer un certain rythme de lecture, de ménager une tension dramatique et émotionnelle. Je considère que la littérature est l’un de ces domaines où l’on est en apprentissage toute sa vie. Je m’efforce d’améliorer chacun de mes ouvrages, de tirer parti de mes erreurs. C’est pourquoi les critiques sont importantes.

En plus de ses nombreuses autres qualités, Anne-Christine, mon épouse, m’offre une aide extrêmement précieuse, tant du point de vue du fond que de la forme. Elle m’apporte son point de vue féminin, qui est irremplaçable. J’écoute avec attention ses critiques. Celles-ci s’améliorent avec chaque livre. Ses compliments sont si rares que cela me permet de me concentrer sur l’essentiel.

En écrivant Espace et Spasmes (devenu depuis Les Explorateurs) et le Cycle d’Ardalia, j’ai pris conscience qu’à partir du moment où j’essayais de communiquer une part de rêve, tout devait concourir à provoquer en vous le frisson de l’évasion : de la couverture au titre du livre, en passant par le nom de l’auteur ! C’est pourquoi j’ai opté pour un pseudo, Alan Spade, qui m’est venu tout naturellement.

Afin d’élargir mon public, parce que c’est un genre qui me tient à cœur et que j’aime relever des défis, je me suis dernièrement lancé dans l’écriture de thrillers. L’un d’entre eux, ma nouvelle Le Vagabond, est offert en téléchargement gratuit.

À vous de juger en me lisant si j’ai su saisir l’air du temps, si ce que j’écris fait écho à vos interrogations ou vous touche d’une manière ou d’une autre. Ou simplement si vous en retirez quelque plaisir. »

Mon site d’auteur : http://emlguillot.free.fr/index.html

Mon blog : http://alanspade.blogspot.fr/

Frisson horreur, Suspense, Thriller, Thriller psychologique

Signatures

de Tom Clearlake
Broché – 19 janvier 2022
Éditeur : Moonlight éditions.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se voit confier le dossier du meurtre sordide d’une femme, en région parisienne. Quelques jours plus tard, une autre victime est retrouvée morte dans la forêt de Sénart. Comme la première, son corps a été l’objet d’une mise en scène macabre.
Pour Margot et son équipe, le lien entre ces deux dossiers est évident. Il s’agit bien d’un même tueur. Et ce dernier semblerait s’attacher à faire de chacun de ses assassinats une œuvre d’art.
Les choses se compliquent quand le tueur entre en contact avec un journaliste pour l’envoyer sur le lieu de sa troisième composition.

Découvrez aussi « Sans retour », « Le Seuil », « Signatures » et d’autres thrillers terrifiants signés Tom Clearlake !

Tom Clearlake, depuis ma première lecture, fait partie de ces auteurs dont j’aime particulièrement la plume, sombre et envoûtante. Avec Signatures, il m’a entraîné dans un thriller particulièrement oppressant, où l’art et la mort s’entrelacent de façon glaçante.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se retrouve confrontée à une affaire terrifiante : une femme assassinée dans des conditions effroyables, suivie d’un second crime qui laisse présager l’œuvre d’un tueur en série. Chaque victime est mise en scène comme une macabre composition artistique, révélant un meurtrier à l’ego démesuré.

Bernard Coutier, lui est un écrivain populaire connaissant le syndrome de la page blanche et en quête d’inspiration. Il décide de plonger dans l’univers du criminel et d’écrire un “true crime”, sans se douter qu’il va devenir une pièce maîtresse du jeu dangereux orchestré par l’assassin, qui le contactera en retour, lui offrant l’exclusivité de sa prochaine “création”. L’histoire prend alors une tournure vertigineuse, explorant les méandres de l’horreur et de la fascination morbide.

Tom maîtrise l’art du suspense avec brio. Chaque scène est décrite avec une intensité redoutable et un style percutant. Les personnages sont profonds, torturés, et le portrait du tueur est si glaçant qu’il en devient presque hypnotique, et au milieu de toute cette noirceur, il y a quand même beaucoup d’émotion et de sensibilité. Je me suis demandé plusieurs fois, où il allait chercher toutes ses idées et plusieurs fois j’ai eu l’impression de regarder un film complètement déjanté !
Signatures est un thriller psychologique d’une rare noirceur, un véritable page-turner qui a happé le lecteur que je suis, du début à la fin et qui m’a laissé une empreinte indélébile. Impossible de lâcher cette lecture aussi captivante… qui sera sûrement impossible à oublier !

Je vous recommande vivement son livre, c’est un véritable coup de cœur.

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Extrait :

« La sonnerie du téléphone fixe déchira le silence feutré de l’appartement. Claire Lensac sursauta. La tasse qu’elle tenait entre ses doigts parfaitement manucurés lui échappa. Son contenu, un thé vert bio de Ceylan, se répandit sur le marbre blanc de la cuisine. Les éclats de porcelaine filèrent sous les meubles pour se cacher, ne pas déranger l’ordre irréprochable que Mlle Lensac entretenait dans son trois-pièces. Ce téléphone n’avait dû sonner qu’une dizaine de fois depuis qu’elle avait emménagé ici – un modèle datant des années quatre-vingt qu’elle avait dégoté chez un antiquaire. Troublée, elle traversa le salon et décrocha le combiné en bakélite. »

« Un vent glacial venait caresser ses joues figées, froides maintenant, comme cette brise. Ses joues qu’aucun sourire ne viendrait plus animer.
Il l’avait amenée jusqu’ici, car c’était ici qu’il fallait qu’elle soit retrouvée. Dans cette maison. Dans la véranda délabrée, sur le carrelage de marbre blanc jonché d’éclats de verre, il avait disposé la toile qu’il avait peinte avec son sang sur un chevalet. »

« Dix autres minutes, au moins, s’étaient écoulées. Il était encore là, immobile, dans sa robe à fleurs jaunes, réalisant peu à peu qu’il était libre, qu’il n’aurait plus à redescendre dans cette cave humide et froide. Que sa geôlière, ce dragon déguisé en mère, avait été terrassée. Jerry n’avait pas bougé, lui non plus, reproduisant ses gestes dans un mimétisme parfait. Ensuite l’atmosphère était devenue lourde, le ciel s’était assombri, jusqu’à devenir un amas noir de fureur. La foudre s’était mise à gronder au loin. Et Jerry avait souri. »

« – Le consumérisme est donc la source du mal.
– Oui. Nous fabriquons et achetons toutes ces choses dont nous n’avons pas réellement besoin. Voilà le cœur du problème actuel, à l’échelle planétaire.
– Nous sommes en plein paradoxe, dit Busnel.
– En effet. »

« Ma seule activité a été de raconter les vies d’autres personnes, des personnes que j’aurais peut-être aimé avoir eues comme amies ou comme proches. Des personnes que j’aurais aimé protéger, garder sous mon aile… Pourquoi les auteurs doivent-ils être si désespérément seuls ? »

Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

Frisson horreur, Thriller psychologique

L’Essence des Ténèbres

de Thomas Clearlake
Broché – 30 avril 2018
Éditeur : Moonlight éditions

La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d’enfants inexpliquées. Cinq au total, en l’espace de quatre mois. Bien qu’aucun indice formel n’ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu’il s’agit d’enlèvements. Le FBI est chargé du dossier.
L’agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter.
Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d’agent, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s’être emparé des forêts alentour de la ville… et ça n’est que le début de son enquête.

J’ai lu ce roman en octobre 2018, à une période où je n’avais pas encore mon blog.
J’ai eu envie de le relire, mais surtout de lui donner l’hommage qu’il méritait.
Et en ouvrant le livre… Surprise !!!
J’ai retrouvé les notes que j’avais écrites à l’époque en fin de lecture, soigneusement rangées à l’intérieur du livre…
Le temps passe décidément trop vite.

11 octobre 2018.
Je découvre un nouvel auteur, Thomas Clearlake. L’Essence des Ténèbres, est un SUPERBE thriller qui mêle policier, fantastique et horreur. Il va très loin, très loin vers l’obscurité.
Je n’ai pas pu le quitter, dès les premières pages !
L’écriture est excellente et évolue le long de ce récit psychologique où les héros attachants sont très vite dépassés par ce qui leur arrive. L’action est omniprésente, aucun temps mort. J’ai pensé à Stephen King, à Graham Masterton, à Dan Simmons, à Clive Barker, c’est vous dire le niveau, et je ne vous avais pas encore précisé, mais c’est le premier roman de Thomas !!!
Que du bonheur…

J’avoue que je ne m’attendais pas du tout à “ça” en commençant ma lecture.
L’imagination débordante et très fertile de l’auteur m’a complètement retourné. C’est surprenant bien sûr, mais aussi puissant, violent, angoissant. La plume de Thomas est fluide et agréable, avec un style très simple mais très pointu dans ce récit incroyablement riche par la diversité des divers sujets développés.

Un site sacré est profané, une puissance obscure va se réveiller… Il va falloir vaincre “le Mal absolu”.

Pour les vrais amateurs du genre, c’est du lourd !
Âmes sensibles s’abstenir.

Un très grand merci à Lau Re pour m’avoir fait partager cette excellente découverte et à Annie Soyer pour me l’avoir remise en tête…

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Extrait :

« Pour son retour vers le vallon où il avait repéré le brouillard suspect, il planifia un autre parcours, car il lui fallait déployer au maximum le dispositif de surveillance. Il emprunta un sentier qui filait vers l’est, même si ce trajet était plus long pour atteindre le vallon.
Le chemin suivait un cours d’eau encaissé qui serpentait au gré des reliefs. La végétation était ici plus dense que dans les bois et l’air plus froid. Après deux heures de marche, le jour commença à décliner. Il passa ses lunettes à vision nocturne. Dans les eaux de la rivière qu’il longeait, il n’observa, là encore, pas la moindre forme de vie. Il continua de progresser durant deux heures le long du cours d’eau. Une quinzaine de kilomètres avant d’arriver sur l’objectif, le sentier bifurqua au nord et remonta dans les bois. Il fit une pause et retira ses lunettes. La nuit était aussi noire que de l’encre, mais la lune n’allait pas tarder à se lever. Il constata qu’il s’était presque habitué au silence.
Et cela ne lui plaisait pas du tout.
Le jour s’était effacé pour laisser place au crépuscule. Ce silence mortuaire rendait peu à peu ce qui revenait de droit à la nuit souveraine. La nuit qui, chaque soir, revêtait lentement les bois de son habit somptueux de noirceur. Maintenant, toutes les choses obscures et grouillantes pouvaient errer librement, toutes les peurs pouvaient trouver leurs raisons d’être. Tous les hommes et toutes les bêtes pouvaient se tapir dans leur antre, se blottir les uns contre les autres, pour préserver fébrilement la pâle lueur de leur vie. À toute question, il n’y avait plus de réponse. L’obscur anéantissait la raison pour laisser dominer le doute et l’ignorance. Depuis l’aube des temps, au-tour des cheminées, l’on contait alors les histoires les plus terribles. Parfois, elles étaient vraies. Le mal était ainsi libéré et pouvait proliférer dans la nuit.
La lune se leva majestueusement au-dessus des bois.
Cooper apprécia l’instant.
Il resta un moment assis à contempler le croissant de lumière pâle. Il lui était arrivé, quelques fois, d’ex-primer le ressenti que lui inspiraient de tels instants par des mots. Il lui arrivait de griffonner des vers dans un carnet. Une prose simple et efficace, qui lui ressemblait. Au cours de ces moments, il ressentait toujours une profonde incohérence dans sa vie. Car, bien loin du poète, il n’était presque pas différent des bêtes qu’il traquait.
Il chassa ses rêveries et revint à sa mission. »

Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

Drame, Folie, Frisson horreur, Thriller psychologique

Le Seuil

Tom Clearlake
Broché – 16 février 2024
Éditeur : Moonlight

D’un côté, il y a Bruno Loubet, capitaine à la criminelle de Lyon.
De l’autre, sa fille, Léa, qui a disparu.
Entre eux, cette frontière qui sépare le monde réel
des profondeurs les plus sombres d’Internet,
Pour la retrouver, Bruno va franchir le seuil,
et découvrir que l’enfer existe.
Il suffit de s’y connecter.

Après Sans retour, Avides, et Signatures,
plongez dans le dernier thriller policier de Tom Clearlake.
Êtes-vous prêts à passer de l’autre côté ?

Chaque ouvrage de Tom Clearlake est un véritable coup de poing psychologique… “Le Seuil” ne déroge pas à la règle, et c’est une bonne chose !

Dès les premiers mots, la magie opère : j’ai de nouveau été littéralement absorbé par le récit grâce à sa plume puissante et très visuelle. L’angoisse et le stress de Bruno Loubet ainsi que d’Alice, son épouse, vont progressivement s’intensifier. Ils n’ont pas de nouvelles de leur fille depuis plusieurs jours maintenant… Je suis plongé dans une lecture intense…
Et tout à coup, je me suis retrouvé à la page 87, “DE l’AUTRE CÔTÉ”, c’est à ce moment-là que tout a basculé !

Bienvenus en enfer… Jusqu’à quel degré de perversité l’homme peut-il aller ?
Quelle angoisse ! Il m’a été impossible de refermer mon livre, – assez tard, je dois l’avouer, il compte plus de 500 pages – sans savoir comment il allait se terminer.
Les personnages sont remarquablement construits, présentant à la fois leurs forces et leurs faiblesses, chacun possédant une personnalité psychologique clairement définie, offrant un éventail plutôt exhaustif et réaliste de notre société contemporaine.

J’ai découvert, Tom, en 2018, grâce à son remarquable L’Essence des ténèbres. Ensuite, j’ai enchaîné avec ses autres romans. D’ailleurs, en préparant mon Ressenti, je viens de réaliser qu’il a publié un roman en 2022, Signatures, que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire !
Tom. Comment vous dire, c’est “LE PRO” des atmosphères oppressantes, du suspense, des situations anxiogènes où les rebondissements sont omniprésents. Ne cherchez surtout pas à anticiper la fin de ses romans. C’est tout simplement impossible !
Ignorer son existence, c’est quelque part, passer à côté d’une valeur sûre dans son domaine littéraire, et ce n’est pas parce qu’il a un couteau sur ma gorge que je vous dis ça ! ! ! 😀 😀 😀

Bruno Loubet, qui dirige la section criminelle à Lyon, est surtout un père. Léa, sa fille âgée de 22 ans, a disparu. En raison d’une faute professionnelle, il sera écarté de ses fonctions. Qu’à cela ne tienne. Il fera tout son possible pour la retrouver, quitte à dépasser la ligne rouge et franchir les limites de la légalité si nécessaire. Il n’a qu’un objectif : sauver Léa. Il réalisera rapidement que d’autres adolescents ont disparu le même jour que sa fille. Dès lors, il va se retrouver face à une machination sordide aux ramifications auxquelles il ne s’attendait pas du tout.

Puis, j’arrive la page 265. À partir de là, c’est l’horreur…
Cependant le pire restait encore à venir après la page 530 !
Et si tout cela existait vraiment ?
Lorsque le Darknet s’infiltre dans notre vie quotidienne…

Tom frappe vraiment très fort avec ce nouveau polar/thriller coup de cœur, à découvrir de toute urgence !

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Extraits :

« Le jour peinait à se lever sur la ville, retenu dans le linceul d’une nuit possessive. En plein centre du quartier des affaires, un ballet de lueurs bleues se jouait au pied d’une tour de verre. Deux véhicules de patrouille venaient de stopper devant l’entrée. Les agents en uniforme s’étaient déployés au pas de course autour du bâtiment, leur chef y était entré, accompagné d’un de ses hommes. Un moment plus tard, le gyrophare d’une berline noire vint ajouter sa touche de saphir sur le miroir du building. À son bord, deux officiers de la criminelle tirés de leur lit après l’appel du commissariat central. »

« Il resta immobile, et respira jusqu’à parvenir à se stabiliser. L’image du sourire de Léa persistait. Ses doigts qui voletaient tels des papillons sur le palissandre des cases de sa guitare. Ses longs cheveux noirs, son visage d’ange au teint diaphane, ses yeux rieurs perdus dans ses rêves. Il serra les dents et donna un violent coup de poing dans le volant, déclenchant un bref et inutile coup de klaxon.
– Bordel de merde ! »

« Léa. Sa seule source de lumière dans l’obscurité des basfonds d’une humanité corrompue par le crime, le vice, la folie. Léa. La chair de sa chair. Son unique fille. Son diamant. Elle n’avait pas sa place dans ce monde. Trop innocente. Trop pure. Trop fragile. Comme sa mère.
Elles se ressemblaient tellement toutes les deux. »

« Non, madame, mon état mental n’est, en effet, pas compatible avec l’exercice de mes fonctions de capitaine de police. Mais putain, il est compatible avec ma fonction de père. Je vais retrouver ma fille, vous pouvez me croire. Et je vais la retrouver vivante. Parce que s’il lui est arrivé quelque chose… Si quelqu’un lui a fait du mal… »

« Lorsque Homo sapiens a forgé ses premiers outils, il l’a fait pour sa survie : se nourrir, c’est craindre de mourir de faim, avant tout. Les plaisirs gustatifs sont venus longtemps après, quand l’humanité n’a eu plus rien d’autre à faire qu’amasser de l’argent. Mais ici encore, notez que c’est la peur d’être pauvre qui force le destin de l’homme riche. La peur est la substance même de l’évolution. À l’échelle du vivant, il n’est rien qui s’accomplisse sans elle. »

Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

Drame, Histoire, Noir, Roman, Thriller psychologique

Le onzième châtiment

de Tristan Marco
Broché – 11 septembre 2019
Éditeur : Auto-édition

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“Qui oserait envisager qu’une poignée d’individus arrogants et cupides puissent jouer avec le destin des peuples comme on joue à la dinette ?”

Cassius Belly est vivant.
La nouvelle suscite à ce point l’inquiétude qu’elle réunit en urgence dans un motel miteux du Nevada, le chef d’une importante agence du Renseignement américain, une éminente chercheuse en immunologie et un haut fonctionnaire suisse.
Vingt ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Vingt ans qu’ils le croyaient mort. Le doute qui se distille en eux comme un poison va les contraindre à revisiter un passé que tous s’étaient jurés de ne jamais déterrer.
Entre le Congo Belge de 1958 et le Paris des années 80, les pièces du puzzle s’assemblent, laissant entrevoir les contours d’une chimère.
Lorsque la vérité menace de sortir de l’ombre, lorsque les histoires d’amour sont à ce point contrariées, chacun doit faire face à ses démons, ses incohérences et ses faiblesses.

 

2024-105_Marco Tristan - Le onzième châtiment

 

La littérature à cela de magnifique… On ne sait jamais où elle nous emmènera !

Le onzième châtiment est un roman fort, dur et très actuel. La recherche d’influence, le pouvoir à tout prix, la position de l’Église et des États face au peuple, les mensonges et les dissimulations diverses.
Après Le sang de la licorne et L’étrange cohérence du sablier, je me doutais que ce troisième roman risquait de me plaire. Il est allé bien au-delà.

De nombreuses phrases m’ont marqué durant ma lecture, mais il en est une qui m’a saisie de par son évidence et qui résume assez bien là où veut nous mener l’auteur.
« Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir. »

Un roman très équilibré entre deux époques, le Congo Belge en 1958 et Paris, dans le quartier de Pigalle, en 1980. Tristan, dans son histoire très crédible et addictive, nous propose des personnages qui tiennent vraiment le roman. Ils sont tantôt complexes et profonds avec leurs côtés sombres, tantôt faillibles et blessés, mais toujours menés avec habileté, les différents indices de l’histoire eux se dévoilent petit à petit, faisant littéralement exploser le récit au moment où je m’y attendais le moins. Tout est parfaitement maîtrisé.

Il m’est impossible de développer plus, de peur de trop en dire sur l’intrigue globale et mondiale proposée par Tristan.
Ce que je peux encore ajouter, c’est que Tristan est un grand auteur. En plus de capter ses lecteurs avec des récits prenants, des sujets gravitent toujours entre les frontières ô combien complexes de la violence, de la maltraitance et de l’amour et la bienveillance… Il ose pénétrer dans les “malaises” de l’humanité, des hommes de pouvoir et de ses “décideurs”.

Merci Tristan pour ce beau roman !

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Extraits :

« Il entre dans le motel et se dirige vers le fond d’une salle tout en longueur aux grandes baies vitrées. Une femme blonde, la cinquantaine, est déjà installée à une table et l’attend devant un café fumant. Il s’avance jusqu’à elle et la gratifie d’un baisemain.
— Le temps n’exerce aucun effet sur vous, Merry. »

« Souvent, il m’est arrivé de m’interroger sur le sens de tout cela. Sur le sens de ce chaos qui a toujours sévi en moi. J’ai enduré maintes souffrances physiques, psychiques… infligé tant de blessures à mon âme.
C’est maintenant que je suis sur le plongeoir, prêt à faire le grand saut vers l’inconnu, que je ressens cette urgence de me poser un instant pour réfléchir à cette existence. À toi… à moi… à lui.
La vie est faite d’intervalles, ma toute belle.
Elle est un livre où s’intercalent des pages de petits bonheurs au milieu de chapitres de souffrances. »

« “Ils représentent l’avenir de l’humanité”, martèle sans cesse le docteur Kendal avec une obstination conférant au déni. Quel meilleur moyen de justifier les sévices répétés que l’on fait subir à des animaux que d’invoquer une grande cause. »

« Le silence n’est pas un luxe. Il s’avère parfois une absolue nécessité. Juste pour récupérer de ces coups de barre à mine qui viennent de briser Meredith à tout jamais… qui viennent de briser l’adulte… le médecin… la femme.
— Est-ce que je peux retourner jouer, à présent ?
interroge l’enfant.
Le temps suspend sa course. Le malaise d’un haut-le-cœur nauséeux s’empare de l’Américaine. Elle demeure immobile, ébranlée. Anéantie par ce récit morbide, insupportable. Bouleversée par cette aptitude à vivre, ou plutôt à survivre. L’absence totale d’émotions de Divine confine à l’irrationnel. »

 

Né le 27 mars 1971, Tristan Marco a exercé pendant plus de vingt années le métier de pilote d’hélicoptères, spécialisé dans le sauvetage en mer, comme en montagne. Il est à présent pilote Garde-côtes.

Son premier roman, L’étrange cohérence du sablier (2018), est témoin d’une urgence intérieure de faire partager ses ressentis et son univers, au travers d’un thriller métaphysique.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/06/letrange-coherence-du-sablier/

Vient ensuite Le onzième châtiment (2019), un thriller politique et d’aventures qui fait voyager le lecteur entre le Congo Belge juste avant son indépendance, et le Paris des années 80.

Le sang de la licorne (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/04/18/le-sang-de-la-licorne/
Un polar noir dans lequel deux officiers de gendarmerie se débattent dans une enquête sordide et une course contre la montre pour appréhender un mystérieux tueur en série qui laisse systématiquement sur le lieu du crime des huiles sur toiles aux accents bibliques.

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