Adolescence, Émotion, Roman

Les Toiles de la discorde

de Albert Ducloz
Broché – 4 janvier 2024
Éditions : Éditions de borée

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1954. Doué pour les arts graphiques, le jeune François Dufour s’inscrit à l’école des Arts du Puy-en-Velay et sympathise avec sa jeune voisine, Émeline Landry. Bientôt, celle-ci pose nue pour François. Furieux, les parents du jeune artiste détruisent le tableau. Les deux adolescents, après avoir fugué, trouvent refuge chez leur professeur de peinture, Sébastien Favre, et sa femme, la belle Clara. Alors encouragé par son professeur, François reprend la peinture de nus et se met rapidement en tête de peindre Clara. Sébastien, bien que très réticent, accepte. Un choix qu’il ne tardera pas à regretter…

 

• Couv_2024-005_Ducloz Albert - Les Toiles de la discorde

 

1954, François Dufour a une passion pour le dessin et en plus, il est doué. Tous les ans pour Noël, il se fait offrir des crayons de couleur, des carnets de croquis. Puis il découvre la peinture. Maintenant, il sait ce qu’il veut faire plus tard. Mais comment l’annoncer à sa famille. Finalement, grâce à son talent, il est encouragé par un professeur à rejoindre l’école des Art du Puy-en-Velay tous les jeudis en plus de ses cours hebdomadaires. Émeline Landry, une jeune voisine, aime aussi le dessin. François demande à son professeur M. Favre, s’il peut y avoir une possibilité qu’elle intègre le cours avec lui. Au contraire, lui répond-il, elle sera la première fille du groupe.

Ainsi commence ce récit que j’ai énormément apprécié. L’histoire m’a replongé dans mon enfance, où je passais des heures et des heures à dessiner, à colorier, jamais fatigué j’en voulais toujours plus, et plus un jour plus tard, à l’adolescence, j’ai intégré un établissement d’Art Graphique. Dessins, perspective, peintures, natures mortes et nus. Je me suis revu, dans le récit d’Albert Ducloz. J’étais tout jeune avec cette dualité, timidité et fonceur, car j’en voulais toujours plus. d’ailleurs, j’ai trouvé les premiers cours du récit très bien racontés. puis très vite, ce furent mes premiers cours de nus. La gène d’abord, de voir des femmes plus âgées que moi complètement dévêtues qui nous regardaient et nous mettaient à l’aise. La colère de mes parents, lorsqu’ils apprirent en quoi consistaient certains de nos cours. Moi, je ne voyais que des modèles, souvent des femmes, rarement des hommes. L’univers de la peinture ne m’est donc pas inconnu et c’est pour cela que je voulais lire ce roman fort bien écrit et très intéressant. La passion des jeunes artistes qui se mêle à une jalousie qui ne peut pas, ne pas exister. Ils sont jeunes, ils sont amoureux. Mais quand est-il lorsque François veut peindre une autre femme ? Comment réagira Émeline ? D’autant plus que cette femme n’est autre que la femme de M. Favre, leur professeur…

Une bien belle histoire qui m’a portée dans un monde agréable où je me suis attaché aux personnages, les descriptions aussi sont particulièrement réussies. Je ne connaissais pas Albert Ducloz, c’est une très belle découverte !

Un grand merci aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée…

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Extraits :

« Les derniers jours de juin 1954 se prélassent au village de Lavoûte-sur-Loire, au cœur de la Haute-Loire. Nous touchons aux vacances d’été. À cette époque, ce havre de paix où je suis né prend ses aises à la campagne. Mon père, lorsqu’il a planté les arbres du verger, s’y est pris de telle sorte que la famille puisse disposer de fruits toute l’année. Des claies menuisées de ses mains et installées à la cave permettent d’y conserver pommes et poires hors de l’humidité et d’attendre ainsi le prochain printemps pour le parfait mûrissement des premiers fruits rouges. »

« Au jour convenu, aussitôt à pied d’œuvre, nous posons nos vélos contre le premier tronc venu, pénétrons bravement en forêt sans craindre les fougères et choisissons nos places. J’observe les frondaisons aux orangés luisants du soleil d’après-midi et les ors des feuillages que les premières gelées n’ont pas encore fait tomber. Face à moi, légèrement en recul, je surprends deux hêtres dont les troncs se nouent a s’embrasser. Je n’ose encore imaginer qu’ils pourraient être Émeline et moi-même. De temps à autre, un coup de vent fait envoler les feuilles qui virevoltent comme des flocons jusqu’à se laisser aller à rejoindre celles qui avant elles ont épousé le sol. »

« Sur la route du retour, pédalant côte à côte, nous profitons d’un chemin qui s’égare de la route et l’empruntons pour le quitter vers un bosquet ; contre un bouleau, nous posons nos vélos et, longuement, longuement, nous nous embrassons.
C’est la première fois. Pas suffisamment longtemps, certes, les parents sont exigeants sur les horaires de retour, mais enfin, à partir de ce très long baiser, Émeline et moi ne sommes plus seulement amis.
Un baiser hebdomadaire, si long et passionné soit-il, ne nous suffit pas. Nous cherchons et nous trouvons. Nous allons prendre prétexte de peindre pour nous retrouver, mais où ? »

 

Albert Ducloz écrit pour son propre plaisir depuis l’enfance romans, poésies, contes et nouvelles. En 2002, après une carrière de directeur d’établissement de soins, il publie son premier roman, Citadelles d’orgueil. En 2015, il obtient le prix du Cercle littéraire Médicis pour son roman Les Trois Promesses et, la même année, le prix La Plume et la Lettre pour Le Chant d’Aurore. Avec Les Toile de la discorde, il signe son dix-septième roman aux éditions De Borée.

Émotion, Histoire, Histoire vraie

Tous les chemins mènent à Chamonix

Réflexions, impressions et anecdotes des confins du monde au pays du Mont-Blanc
de Annette Rossi
Broché – 14 juin 2023
Éditeur : Éditions Encre rouge

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Annette Rossi, fidèle à sa passion pour les grands espaces, tisse subtilement la toile de ses chroniques de grande voyageuse. Que des coups de cœur égrenés comme des points lumineux sur la carte du monde.
D’un ton vif, souvent tendre et parfois gentiment ironique, cette native des Pays-Bas nous livre ses réflexions et ses réminiscences sur la vallée du Mont-Blanc. En parallèle, elle nous fait découvrir d’autres sites, montagneux ou pas, riches en légendes, baignés d’autres atmosphères, suscitant d’autres émotions.
L’Himalaya, les Carpates, le Taurus, les Rocheuses, le Tian Shan, le Caucase, l’Elbourz, les Andes, les Scandes, mais aussi le Japon, la Chine, l’Éthiopie, l’Arabie, l’Islande, l’Écosse, la Bosnie, Cuba… Quel lien avec Chamonix ? L’auteure vous le dévoilera.
Son mari Philippe, complice de ses pérégrinations, est assurément un inspirateur très avisé. Né à Chamonix, il a tôt compris le sens du mot paradis. Quel plus bel étalon de valeur en filigrane de chacune des chroniques d’Annette Rossi !
Tous les chemins mènent à Chamonix n’est pas un livre DE Chamonix ni SUR Chamonix. Si c’est un puissant hommage à la vallée de Chamonix et son extraordinaire résonance dans le monde, il démontre surtout l’incroyable impact des hautes cimes sur l’esprit humain.

Annette Rossi est aussi l’auteure de la série Tapis magique, une initiation au voyage dans des contrées peu ou mal explorées et du roman en trois tomes ALEXANDRE, une aventure historico-romanesque à la découverte du tombeau disparu d’Alexandre le Grand : Le pacte de Babylone, La malédiction de Tamerlan, L’horizon d’Aton.

 

• Couv_2023-088_Rossi Annette - Tous les chemins mènent à Chamonix

 

Avec Tous les chemins mènent à Chamonix, je m’attendais à quelques belles balades sur des pentes enneigées et ensoleillées près du Mont-Blanc et de ses environs. Je m’attendais aussi à un peu d’Histoire de la région, les premiers guides de montagnes, l’évolution de la région dans le temps, voire peut-être un passage sur les Jeux olympiques d’hiver de 1924 !
J’avais vraiment hâte de le commencer…

Très vite, lorsque j’ai commencé à le lire, je me suis rendu compte que je m’étais complètement fourvoyé !

Je m’attendais à des balades, Annette Rossi nous offre des voyages ! Que dis-je, non pas des voyages… ce sont des périples magnifiques, des aventures merveilleuses à travers le monde entier. La Mésopotamie, la Turquie, l’Arménie, l’Himalaya bien sûr, les Carpates, la Norvège, les Rocheuses, les Andes, le Japon, la Chine et bien d’autres encore…

Chaque chapitre sera un voyage magnifique, leçons de vie, leçons d’Histoire agrémentées de photos vraiment incroyables prises pour la plupart, par Philippe Rossi, le conjoint d’Annette. Rien qu’avec les photos, j’ai passé plusieurs heures à les regarder, examiner les détails, les admirer.

Le travail accompli par Annette est titanesque, il se déroule sur plusieurs années. Et non-contente de cela, chaque chapitre commence par une petite poésie, juste quelques lignes écrites par Annette elle-même. Un nouveau talent que je ne lui connaissais pas !

Un ouvrage d’une qualité exceptionnelle, qui m’a transporté dans des lieux magnifiques à travers le temps, de très beaux voyages qui marqueront mon esprit, impossible d’en être autrement.
Quelles surprises nous réservera-t-elle pour son prochain livre ?

Dans tous les cas, on ne peut pas, ne pas avoir envie de voyager, une fois la dernière page tournée !

Merci Annette, merci Philippe, merci Blandine…

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Extraits :

« Le jour où on me proposa d’écrire une série de chroniques sur Chamonix, je fus surprise et flattée, mais aussi un tantinet paniquée. Que raconter qui pourrait intéresser les amoureux de la vallée de Chamonix et ses merveilleuses montagnes qui n’ait déjà été dit, écrit, montré… des milliers de fois ?
Comment pourrais-je captiver l’attention de lecteurs, moi, une fille issue du plat pays ? Pas le plat pays de Jacques Brel, non, le mien, bien plus plat encore : les Pays-Bas. Non seulement plat, mais aussi bas, plus bas que le niveau de la mer. »

« Nous remontons. De l’obscurité, nous aboutissons à la lumière. Le soleil fait une timide apparition et l’intérieur de l’église baigne dans une éblouissante lueur blanchâtre qui se déverse par les fenêtres. Nous remercions père et fils. Le garçon récupère les bougies, mais refuse quelques pièces que nous mettons dans la boîte à donation.
Nous quittons l’église. Ils nous raccompagnent. Nous traversons la cour piétinant les hautes herbes. Père et fils nous suivent en silence. Nous passons sous le porche. Nous les remercions encore, prenons congé, et les saluons à la manière orientale, la main droite sur le cœur, tête inclinée. Ils font de même. Un regard profond de bienveillance. Pas une parole n’a été prononcée. Instants solennels. Nous longeons les murailles, ils nous suivent. Nous montons dans la voiture. Ils sont là, nous observent, nous regardent partir. »

« Du Tibet à la Russie, de la Chine à l’Inde, légendes et textes sacrés mentionnent l’existence d’un royaume parfait enclavé dans les contreforts himalayens. Un royaume dissimulé dans une vallée d’une grande beauté et ceinturée de montagnes enneigées…
La cité de Shambhala, du sanskrit « lieu du bonheur paisible », est le pays des immortels, des hommes et des femmes d’une grande sagesse. C’est un lieu mystérieux, centre exceptionnel de spiritualité, un sanctuaire mystique dirigé par un roi-prêtre, artisan du cataclysme qui viendra chasser les forces obscures et sauver l’humanité afin d’établir un âge d’or. Il est également le grand justicier qui, sur son cheval blanc, à la tête de son armée invincible, viendra restaurer le dharma, l’ordre du monde. »

« La vallée de Chamonix est un paradis pour les amoureux de la nature, lit-on souvent dans les brochures touristiques. Si la phrase semble banale, le lieu, lui, ne l’est pas.
Encerclé de majestueuses montagnes drapées de neige d’un blanc virginal ou boisé de forêts féériques selon la saison, habité par une riche faune et couvert de millions de fleurs multicolores, ce lieu est exceptionnel. Un paradis, certes ! »

 

Annette Rossi, originaire des Pays Bas et ayant adopté Chamonix comme terre de prédilection, est aussi l’autrice du roman en trois tomes ALEXANDRE, une aventure historico-romanesque à la découverte du tombeau disparu d’Alexandre le Grand : Le pacte de Babylone, La malédiction de Tamerlan, L’horizon d’Aton, une expérience des plus inspirées qui prouve, s’il en est besoin, son talent et son inépuisable imagination.

La réalisation de cet ouvrage est une consécration qui sans aucun doute saura séduire tous les amateurs de voyages.

Émotion, Nouvelles

Singulières – Insolites – Atypiques

ÉDITION SPÉCIALE
de Corinne Falbet-Desmoulin
Broché – 10 avril 2018
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Cette Édition spéciale regroupe les trois recueils de nouvelles de Corinne Falbet-Desmoulin : Singulières, Insolites et Atypiques. Les femmes, l’amour et l’amitié, la famille, sont les thèmes abordés, dans une écriture fluide et sensible, où la poésie, l’amour de la nature et la sensualité ont toujours leur place… ainsi que la surprise !

 

• Couv_098_Falbet-Desmoulin Corinne - Singulières, Insolites, atypiques

 

Je suis fan de nouvelles depuis mes premières lectures.
Avec cette ÉDITION SPÉCIALE, regroupant trois livres, je me suis vraiment régalé. Elles sont toutes très agréables et certaines sont vraiment sublimes !
Corinne Falbet-Desmoulin, est arrivée à me surprendre plus d’une fois, avec de véritables surprises !!!

Les thématiques sont diverses et variées. L’amour revient régulièrement, mais aussi, la famille, les animaux, l’amitié, l’homosexualité, la maladie, le handicap, le deuil… C’est très complet, très divertissant. Impossible de s’ennuyer, Corinne donne un rythme global très intéressant à ses textes. Il me suffisait d’avoir quelques instants de libres, et hop ! J’enchaînais de suite avec une nouvelle histoire… et en plus, j’ai appris des choses !
Savez-vous ce qu’est un “célesta” ?
Je vous laisse chercher.
C’est magnifique. Je connaissais pourtant ce son, sans en connaître le nom…

J’ai souri, j’ai été ému, triste et aussi heureux, je suis passé par toutes les émotions. J’ai eu l’impression de vivre avec des amis pendant quelques heures, bien trop courtes…
Alors, peut-être est-ce un recueil plus adressé aux femmes, car il s’y dégage énormément de sensibilité, mais personnellement, j’ai savouré chaque instant de ma lecture.

Pour tous ceux qui voudraient découvrir la plume de Corinne, je vous conseille vivement ce recueil qui vous donnera une belle idée de tout son savoir faire…

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Extraits :
« Le tissu souple de la jupe glissa le long des bas soyeux, révélant des jambes bien galbées, ainsi que Diego l’avais secrètement espéré. Tout en frémissant d’impatience, il tendit la main vers le porte-jarretelles noir à hauteur de son visage.
Luisa regardait avec attention le jeune homme agenouillé devant elle et se laissait faire, un sourire amusé flottant sur ses lèvres encore légèrement fardées. Cette fois, ce sera bien plus facile, pensa-t-elle. »

« Une fois la période de cicatrisation terminée, les premiers temps furent un enchantement pour Sébastien et Marie. Ils ne se lassaient pas de leurs nouveaux corps, les redécouvrant chaque jour avec bonheur, chaque soir avec émerveillement.
Celui de la jeune femme surtout, il suscitait l’admiration sans réserve de son époux. Il répétait qu’au cours de sa vie, c’était le tatouage le plus subtil qui lui ait été donné de voir. Un acte extraordinaire, transformant le corps de sa compagne en une véritable œuvre d’art. »

« J’étais tout juste adolescente lorsque j’ai compris que je préférais les femmes. Mes amies s’extasiaient toutes sur les biceps musclés, les hanches étroites des garçons de notre âge ou un peu plus vieux. Les épaules larges les faisaient fantasmer. Moi, je n’y étais pas complètement insensible, mais je sentais bien que ma prédilection allait vers le corps des filles. Trouvant plus belles les formes épanouies, les courbes des seins, les attaches délicates. Je rêvais de me blottir dans des bras féminins, me fondre dans leur douceur, ne cherchant plus à lutter contre cette attirance qu’à en connaître profondément la cause. »

« Le visage détendu, Claire sourit. Elle porte sa robe favorite, la bleu cobalt en soie qui lui va si bien. Marc enfouit son nez dans le cou de sa femme, respire avec délices son parfum fleuri et fruité à la fois. Il reconnaît tout de suite l’ananas ensoleillé et la fraise est sucrée en note de tête, suivies peu après d’une note de cœur subtile, l’association de rose, Jasmin et muguet. Puis il se laisse griser par la note de fond, ambre et musc blanc, qui amène une indéniable touche sensuelle et raffinée. »

« Quant à leurs parents à tous les deux, ils dorment maintenant dans l’un des deux cimetières de la ville. Nul besoin d’aller se recueillir sur leurs tombes pour penser à eux. On peut tout aussi bien les évoquer n’importe où, n’importe quand. Les revoir en rêve. Leur parler même parfois. »

 

 

Passionnée d’écriture, de lecture et de piano, Corinne Falbet-Desmoulin habite à Léognan, une ville au milieu des vignes près de Bordeaux. Elle écrit depuis l’enfance (recueil de poèmes, album pour enfants, chansons intimistes, nouvelles, roman).

En 2015, elle décide de participer à des concours de nouvelles. Très vite, ses textes remportent des prix et distinctions littéraires, qui l’encouragent à continuer. Trois recueils voient alors le jour : Singulières édité en 2016, Insolites en 2017 et Atypiques en 2018. Ils sont disponibles à l’unité ou regroupés dans une trilogie.

Quatre nouvelles faisant partie de Singulières ont été particulièrement remarquées : Le fantasme de Lucile, ayant obtenu le Prix Gérard de Nerval de la Nouvelle 2016 (d’une valeur de mille euros), organisé au Touquet par les Éditions Arthémuse. La couleur noire de l’amour, qui a reçu un prix littéraire de La Lampe de Chevet Éditions. Eva, primée par l’Association de Poésie Contemporaine Française. Enfin, L’amoureuse, publiée par l’éditeur Jacques Flament, dans son anthologie sur la folie.

Dans Insolites, sept nouvelles sont également à citer : Chloé, choisie parmi près de 250 textes, qui a remporté le Prix Écriture d’Azur 2015. Tu m’as apporté le monde, ayant obtenu le Premier Prix du concours Clair de plume 2017, dans le cadre du festival du livre de Sète Les Automn’halles. Évasion, qui a reçu un deuxième prix à Aubagne, au concours 2015 de Provence poésie. L’apparence, qui s’est vu décerner également un deuxième prix dans la revue de poésie Florilège. Hina et l’empereur faisant partie du recueil de science fiction Lauréats anticipation 2018 des éditions Mondes Futuristes. Enfin, les récits Le tunnel et Voyage ayant été édités par Jacques Flament Éditions.

Dans Atypiques, Belle et rebelle a obtenu le Prix Denise Boizot 2018 décerné par l’Association des Paralysés de France. Infidèle a reçu le deuxième prix du Salon des Poètes de Lyon 2018. Une semaine sans Allan a été finaliste du Prix des Beffrois. Lettre ouverte aux vivants fait partie du recueil 2018 du Prix Jean-Jacques ROBERT de la Nouvelle. Enfin, L’ami d’Edgar a obtenu les félicitations du jury des Appaméennes du livre.

En 2019, Corinne Falbet-Desmoulin publie un roman choral, véritable coup de cœur pour de nombreux lecteurs : Les cadeaux du cœur. Il a été traduit en italien sous le titre : I DONI DEL CUORE.

Son recueil de poèmes Poèmes d’hier et d’aujourd’hui a été édité en mai 2019. Elle y présente trente-cinq textes illustrés, créés depuis l’âge de dix-sept ans. Deux d’entre eux ont été primés par APF-France Handicap : deuxième place au Prix de poésie de la Rose d’Or 2019.

Émotion, Suspense

Hanna

de Laurence Peyrin
Poche – 6 avril 2017
Éditions : Pocket

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Pour oublier les périls qu’a surmontés son couple, Hanna a quitté l’Irlande et ouvert à New York une librairie/salon de thé dont le succès n’est qu’un début. Mais si l’avenir semble son unique préoccupation, c’est le passé qui hante Hanna. Eleanor, d’abord, gazouillant bébé de 6 mois dont la présence lui rappelle sans cesse un amour sacrifié… Et puis Zelda, la vieille dame à l’identité mystérieuse dont le souvenir solaire vient souvent la visiter.
Il suffira d’un impromptu retour en terre natale pour, d’un souffle, écrouler le château de cartes qu’est devenue sa vie… Et rebondir à nouveau.

 

• Couv_095_Peyrin Laurence - Hanna

 

Le mois dernier, j’ai lu “La drôle de vie de Zelda Zonk”.
Quand j’ai appris qu’il y avait une suite, je ne pouvais pas la laisser passer…

J’ai retrouvé les personnages que j’avais aimés et récupéré très vite les repères du récit, dans une « légère” avancée dans le temps, et avec la présence de celle qui va bousculer le roman, “Eleanor” !
Zelda elle, est un peu moins présente que dans le premier volet, mais elle nous réserve quand même, malgré son décès, de “belles surprises”.
Alors que Laurence Peyrin avait surtout abordé la thématique du mensonge dans le couple et de l’amitié dans son premier volet, ici, après la maternité, ce sont surtout les relations dans la “Famille” qui prennent de l’importance. Je ne sais pas pour vous, mais elle arrive à me faire trouver une part de moi-même dans presque chacun de ses personnages, tantôt une scène presque vécue, tantôt une réaction que j’aurais pu avoir, ou des décisions que j’aurais prises sans hésitations…

Laurence transmet beaucoup de sensibilité tout le long du récit. C’est émouvant, mais c’est aussi drôle, piquant et très humain !

La fin de “Hanna”, confirme donc ma première idée.
Laurence sera pour moi une auteure à suivre… Elle aborde ses sujets avec une simplicité déguisée qui me plaît. Elle nous fait tourner en rond à volonté, donne un rythme à une scène pour mieux nous faire languir à la suivante, et le fil rouge qui sert d’intrigue, malgré le fait qu’on y revienne régulièrement n’est pas, le plus important !
Pour moi… Le plus important, ce sont ceux qui restent, c’est l’amour, la passion et les gazouillis d’un bébé…

Une belle histoire à lire sans aucune modération !

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Extraits :

« Hanna était ce jour-là, à ce moment-là, complètement immobile, plantée à l’orée de Central Park.
C’était un jour comme un autre à New York, deux mois après qu’elle avait quitté Paris, puis l’Irlande. La jeune femme en exil n’avait guère mis de temps à développer ce fameux sentiment d’appartenance à la ville – Jeffrey avait raison, Manhattan n’était pas farouche : il suffisait d’une bonne paire de chaussures et elle s’offrait à vous. »

« Après une grossesse qui lui avait semblé durer des années, Hanna avait repris sa marche dans Manhattan – mais aujourd’hui, elle ne marchait plus seule. Dans les allées qu’elle arpentait le nez en l’air, s’attachant à observer les étourneaux sansonnets qui se réinstallaient sur les bras des lampadaires, elle avait adopté la démarche lente et chaloupés des mères-à-poussettes qu’elle avait si longtemps enviées. »

« Mais maintenant, il fallait qu’Hanna se réveille. Michael le lui demandait. Elle était à la fois terrorisée, incandescente, en pièces… Ses sentiments étaient indescriptibles. Elle avait dû recourir à une bonne vieille bouteille de whisky hors d’âge pour calmer les chevaux qui, dans un vacarme assourdissant, galopaient dans ses veines. »

« Elle frémit, arc-boutée sur la douleur qu’allaient lui infliger les mots à venir, mais il hocha simplement la tête. Une plainte monta qu’elle ne put étouffer, puis sa main fut sous sa chemise, ses lèvres fondant sur les siennes. Elle perdait la tête, repoussant chaque centimètre de tissu qui gênait ses caresses. Libérée, elle psalmodiait son nom en tirant sur les boutons, la ceinture, chuchotait tous les mots d’amour du monde sans retenue.
Sans lui répondre, il la couvrit de baisers, achevant de la déshabiller sans ménagement. Ils chassèrent le restant du jour de leurs souffles erratiques, puis la nuit se coucha. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…

Émotion, Roman, Suspense

La drôle de vie de Zelda Zonk

de Laurence Peyrin
Poche – 2 juin 2016
Éditions : Pocket

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Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

“Notons la plume alerte et rafraîchissante de Laurence Peyrin, qui fait preuve d’un talent d’écriture rare. Une véritable gourmandise.” Metronews

Cet ouvrage a reçu le Prix Maison de la Presse
Prix Maison de la Presse – 2015

 

• Couv_087_Peyrin Laurence - La Drôle de vie de Zelda Zonk

 

La semaine dernière, j’ai découvert une nouvelle plume…
Cela faisait un moment que je voyais des romans de Laurence Peyrin exposés, mais je ne me sentais pas visé du tout. Dernièrement, l’orientation de mes lectures ayant changé, je me suis dit… et pourquoi pas ?

Je commence ma lecture.
Les premières pages sont plutôt agréables, le sujet plaisant et les personnages tendres et très vite attachants. Puis soudain, ma lecture devint plus immersive, un petit je ne sais quoi qui me titille, qui me plaît et qui m’emporte. Le sujet est profond, mais traité avec humour et délicatesse, voire même de la tendresse…

Nous sommes en Irlande, suite à un accident Hanna partage sa chambre d’hôpital avec une vieille dame mystérieuse, Zelda Zonk. Elles font connaissance et un lien se tisse entre elles, elles parlent de tout, de rien, mais sentent bien au fond d’elles-mêmes qu’il y a quelque chose qui se met en place.
Zelda à un fils, Michael qui est bel homme, et qui va très vite “piquer” le cœur d’Hanna.
Dès lors, elle va se demander quel chemin elle devra suivre à partir de ce moment.
Quitter son mari, qui lui assure un quotidien bien rangé et sans encombre, ou bousculer sa vie et choisir une vie de passion ?

Et puis, il y a cette fixation de la part d’Hanna. Zelda, est-elle Marylin Monroe ?
Zelda Zonk, n’était-il pas le nom qu’utilisait Marilyn pour se déplacer tranquillement et incognito ?

Un roman très agréable. De l’amour, de la passion, du suspense, de l’amitié et des choix de vie qui pourraient mener à la culpabilité, voire aux regrets.
Mais… la vie n’est-elle pas un tourbillon ?

Une lecture sans regret pour ce roman bien mené, que j’ai apprécié et savouré page après page…
… Suffisamment pour étendre ma PAL d’un roman supplémentaire, “Hanna”, la suite directe de celui-ci !

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Extraits :

« Patti avait des rondeurs d’enfance que sa mère craignait de voir partir.
Déjà, son corps se déliait, ses jambes se faisaient plus maigrichonnes, ses pieds moins dodus. À chacun de ses retours, Gail redoutait de voir sa fille changer de chaussures. Ses pieds, si doux, si ronds, éveillaient en elle une sorte d’appétit ; elle en adorait les petits ongles, nacrés comme des coquillages, calés par des coussinets roses – comme des bébés cochons –, les plis sur les orteils replets, l’absence de corne sous les talons. Elle les portait souvent jusqu’à son nez, sa bouche, avec une gaieté vorace, en reniflant l’odeur sans retenue. »

« Tu sais, dit Hanna, depuis ce foutu accident, je me suis posé plein de questions. Et je n’ai eu qu’une seule réponse, pour toutes : “C’est comme ça…” Pourquoi ai-je survécu alors que d’autres sont morts ? C’est comme ça. Pourquoi mes parents ne se sont pas précipités à l’hôpital ? C’est comme ça… Pour le bébé, c’est pareil : c’est comme ça. Je ne serai peut-être jamais enceinte, c’est comme ça. Je me fais à l’idée. C’est la vie qui décide. Moi, je ne veux plus y penser. »

« Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait ces yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux et en lâcha une moitié dans sa tasse. »

« Elle prit le temps de s’asseoir, ses deux pieds bien plats sur les ronds en caoutchouc noirs et usés qui recouvraient le sol.
“Michael… Donnez-moi deux jours”, dit-elle sans réfléchir.
Sa voix tremblait, mais elle était forte, et rebondissait dans les parois du sarcophage qu’il la ramenait à Dearbly.
Un silence, de son côté à lui. “Deux jours ?” Finit-il par demander. Elle prit son élan : “Deux jours avec vous, n’importe où. Vous et moi. Deux jours, deux nuits.” Il comprit. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…

Adolescence, Émotion, Drame

Les ailes collées

de Sophie de Baere
Broché – 2 février 2022
Édition : J-C Lattès

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« Sa poésie à Paul, c’était Joseph. Et Joseph n’était plus là. »

Suis-je passé à côté de ma vie ?
C’est la question qui éclabousse Paul lorsque, le jour de son mariage, il retrouve Joseph, un ami perdu de vue depuis vingt ans.
Et c’est l’été 1983 qui ressurgit soudain. Celui des débuts flamboyants et des premiers renoncements. Avant que la violence des autres fonde sur lui et bouleverse à jamais son existence et celle des siens.

Roman incandescent sur la complexité et la force des liens filiaux et amoureux, Les ailes collées explore, avec une sensibilité rare, ce qui aurait pu être et ce qui pourrait renaître.

Finaliste Prix Maison de la presse 2022
Sélection Prix du Château de Maffliers 2022
Sélection Prix Françoise Sagan 2022
Sélection Prix des lecteurs Version Fémina 2022
Sélection Prix Orange du Livre 2022

« D’une plume précise, l’auteure interroge la complexité des liens familiaux et amoureux des ados et déploie ses ailes dans ce roman puissant. » Version Femina

« Une langue simple, visuelle, et une justesse sociologique renversante » Le Parisien week-end

« Un roman sensible et délicat sur les sentiments que l’on cache, la violence à l’école, l’indifférence des adultes, le tout servi par une plume incandescente et joliment poétique. » Psychologies Magazine

« Une fresque intime à l’écriture qui touche en plein cœur. » Cosmopolitan

« Véritable explosion d’émotions pour ce troisième roman ! Jonglant habillement avec deux mondes bien différents : les années 80 et 2000, elle explore en profondeur les coulisses et devenirs de nos rêves enfouis de jeunesse. »La Fringale Culturelle

 

Couv_030_De Baere Sophie - Les ailes collées

 

J’ai trouvé ce roman il y a quelques jours dans ma boîte aux lettres sans aucune indication sur l’expéditeur, malgré diverses recherches, impossible de savoir de qui il venait !
Alors merci à cet(te) inconnu(e) pour cette très belle découverte !

Commencé ce matin, il fallait absolument que je le termine avant de me coucher. Il me fallait absolument connaître sa fin…
“Les ailes collées”, fait partie de ces romans poignants et bouleversants… Il a une noirceur rayonnante, et m’a captivé dès les premières phrases. Très vite, j’ai senti que cette histoire allait me toucher, me remuer. Dès lors, il m’était impossible de ne pas vivre, la tristesse et la souffrance ressentie par Paul.

2003.
Paul et Ana vont se marier et s’apprêtent aussi à devenir parents.
Ana veut faire une belle surprise à son futur mari, une surprise qui va replonger Paul vingt ans en arrière, à l’aube de son adolescence.

Été 1983.
Paul est mal dans sa peau. Timide, bègue et mal aimé, un père qui ne le “voit” pas et ne pense qu’à tromper sa femme, une mère qui a tout compris et noie au quotidien sa tristesse dans l’alcool…

… Et puis, il y a Joseph. Il est beau, il est libre, il est aimé de tous.
Dès lors, grâce à sa rencontre avec cet esprit bohème, la vie de Paul va prendre une tout autre direction…

Il y a de la passion dans la plume de Sophie de Baere. Elle griffe, elle écrit avec ses tripes, mais aussi beaucoup d’amour, de poésie et de sensibilité…
Je serai incapable, par mes simples mots, de retranscrire la façon dont Sophie m’a littéralement submergé dans cette histoire qui a beaucoup résonné en moi…

Pages après pages, l’émotion que j’ai ressentie montait, gonflait, alternant entre tristesse et colère.
Paul a subi tant de haine, tant de coups, je n’ai pu que compatir à son sort.
Et encore une fois, c’est la haine qui polluera un bonheur qui ne demandait qu’à s’épanouir.
Impossible de vous en dire plus sans trahir le récit.

Je me suis senti fragile à la fin de ma lecture, arrivée finalement beaucoup trop tôt.
On ne ressort pas entier d’un tel récit, d’une telle écriture…

“Les ailes collées” est le troisième roman de Sophie, après “La dérobée” et “Les corps conjugaux”. Ma curiosité, me pousse tout naturellement à la connaître un peu mieux, à la découvrir un peu plus…

Un nouveau coup de cœur pour ce roman qui m’a fait retourner au cœur de mon adolescence…
Merci Sophie !

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Extraits :

« Avant Joseph et aussi loin qu’il s’en souvienne, Paul n’avait jamais eu de véritable ami. À la maternelle, tout se passait plutôt bien avec ses camarades, mais les choses s’étaient corsées à son entrée en primaire.
Un être à part. Voilà ce que ses problèmes d’élocution avaient peu à peu fait de lui. Personne ou presque ne voulait jouer avec le bègue. Ni le groupe qui s’amusait à poules-renard-vipères, ni le clan des billes, ni les filles des cordes à sauter. Les autres enfants n’étaient pas méchants avec lui, on ne pouvait pas dire ça. Ils refusaient simplement de l’intégrer à leurs jeux. Même avec les billes neuves et la corde à sauter fluorescente que lui avait achetées la mère. »

« Dorénavant, la pauvre femme traînait le plus souvent en vieux tee-shirt informe et en caleçon au noir délavé. Même le Shalimar qui collait à sa peau et à ses cheveux avait disparu. Charles appelait ça être en bannette, mais cette bannette, pour Paul, c’était le signe que la mère avait rendu les armes. »

« Allongé sur son lit, le garçon expirait est inspirait. Fort. Longtemps. En élargissant ses poumons puis en les rétractant d’un coup, il tentait d’extirper les mauvaises pensées, d’oublier ce grand trou dans l’estomac. Cette douleur qui crochetait sa voix et bousculait ses pauvres mots. »

« Le soir trembla, la lune devint rouge. Paul n’était plus qu’un mélange de sable et d’eau.
Il fallait absolument qu’il se ressaisisse, alors, sans rien dire à ses parents, le garçon commanda une Heineken au comptoir. Il l’a bu derrière la sono, à quelques centimètres de la grosse enceinte. Il comptait sur la bière et la pluie de décibels pour s’étourdir et fragmenter sa peur.

 

 

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir vécue à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises. Elle a publié en 2018 son premier roman, “La Dérobée” puis “Les Corps conjugaux”, récit d’un amour fou et bouleversant, paru aux éditions JC Lattès en 2020.

Émotion, Drame

Le jour où

Bandeau_Amélie

Le jour où
Amelie Antoine
Broché – 3 septembre 2020
Éditeur : XO Éditions

Printemps 2019, un cimetière parisien.
Rebecca a pris l’habitude de venir fleurir des tombes à l’abandon.
Benjamin, lui, vient assister à l’enterrement d’un inconnu.
Quand le hasard les met sur la route l’un de l’autre, le rapprochement se fait avec douceur et prudence, chacun prisonnier de sa propre souffrance.
Les secrets du passé sont parfois lourds à dévoiler, et ceux de Rebecca font osciller Benjamin entre amour fou et inquiétude sourde.
Et comment séduire une femme alors que l’on porte en soi une lourde culpabilité ?

Ces deux écorchés vifs vont pourtant apprendre à s’apprivoiser, à baisser les armes, laissant de côté l’ombre pour la lumière…

Un roman bouleversant, une plume hypnotisante

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Bonjour à toutes et à tous.

“Le jour où” est un roman à la fois triste et tendre, une histoire de peines, d’amours, de déceptions et d’espoirs…
Un roman qui aborde un sujet douloureux… Une histoire de la vie !

Quelle superbe lecture !
Amélie Antoine par sa plume, avec énormément de sensibilité, m’a mené dans les profondeurs de l’âme humaine. Sa délicatesse m’a touchée directement au cœur. Un roman que je n’ai pas pu lâcher, j’ai eu l’impression de le vivre… il y a certains romans qui me font cela. Ils me touchent au plus profond de mon être… Mais, celui-ci a en plus, la particularité d’avoir certaines résonances par rapport à mon propre vécu.

Je voudrais tellement pouvoir vous en dire plus, afin que vous alliez très vite chez votre libraire…

Comment vous amener à Amélie ?

Vous dire que je suis complètement bouleversé par cette histoire.
Qu’il m’a fallu pour la première fois, quelques jours avant d’écrire mon “Ressenti” !
Que c’est encore tout ému par son récit que je vous livre ces quelques mots.
De la même façon, je n’ai pu enchaîner aucune lecture depuis, comme j’ai pourtant l’habitude de le faire…
Alors, j’ai relu, et “re-relu“, comme ça, au hasard plusieurs chapitres !
J’en ai eu besoin. Le besoin de rester encore quelques heures avec Benjamin, avec Rebecca !

56 chapitres envoutants qui commencent et finissent le 7 mars, jours de mon anniversaire…

L’écriture bienveillante d’Amélie donne un réalisme tellement troublant à son récit que je me le suis complètement approprié. J’étais à la fois Benjamin et Rebecca. Deux écorchés de l’existence, deux êtres en souffrance qui ne s’imaginent pas pouvoir renaître de leurs cendres. Plusieurs fois les larmes me sont montées aux yeux.

Amélie alterne son récit entre le passé et le présent, chaque chapitre est rythmé autour d’un “le jour où” ou d’un “le jour d’après”.
Mais “le jour où” quoi ?
Et “le jour d’après” quoi ?

Le vécu de Benjamin est dur, très dur à accepter, et la culpabilité va très vite l’empêcher de vivre sa vie, son quotidien.
Rebecca, elle, a vécu et vit l’innommable, le pire que l’on puisse imaginer… Ils se rencontreront dans un lieu inattendu et pourtant très significatif, un cimetière parisien. Dans ce contexte très sombre et moralement éprouvant, ces deux êtres ayant perdu “leur vie” vont se porter l’un l’autre, afin d’essayer de revenir parmi “les vivants”.

Une lecture saisissante…
Ce livre ne pourra que vous toucher, car malgré tout ce que vivront nos héros, il y a toujours une petite lueur au bout, tout au bout du tunnel, à laquelle s’accrocher…

Je ne peux que vous recommander vivement, ce magnifique roman !

Gros, gros coup de cœur…
(et ce, malgré le fait que Louis disparaisse soudainement du roman…)

Un Grand Merci Amélie…

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Extraits :

« On devrait toujours faire les choses au moment où l’on a envie de les faire, sans tergiverser, sans vouloir être raisonnable, sans remettre à plus tard. Parce qu’on ne sait jamais s’il y aura un « plus tard », en réalité. Et il suffit d’un minuscule grain de sable pour que le « plus tard » se transforme en « trop tard », pour que l’espoir se métamorphose en regrets. La pire erreur que l’on puisse faire, dans la vie, c’est d’être raisonnable. De temporiser, de douter, d’attendre. Au lieu de se contenter de vivre. »

…/…

« Depuis l’accident, Benjamin se reconnaît de moins en moins. C’est comme si tout le terrorisait. Jour après jour, il a l’étrange sentiment que son espace se réduit comme peau de chagrin : il ne se sent à peu près bien que chez lui, comme si son appartement était le seul endroit où il soit à l’abri. À l’abri de quoi ? Il ne saurait pas vraiment le dire. D’une énième crise d’angoisse, sans doute. Chaque fois qu’il doit sortir, pour aller faire quelques courses par exemple, il a cette sensation de poids qui lui comprime la cage thoracique, qui lui noue l’estomac. Cette impression qu’un danger est imminent, qu’une catastrophe va se produire, là, juste devant ses yeux, et qui ne pourra rien faire pour l’éviter. »

 

 

Amélie Antoine est née en 1984, ce qui en fait encore d’elle, d’après son éditeur, une « jeune trentenaire ». Elle vit à Lille avec sa famille.

Après un récit autobiographique, Combien de temps, publié en 2011, elle se lance dans la fiction et publie en mars 2015 son premier roman Fidèle au poste. Ce texte connaît très vite un vif succès, et parvient à séduire plus de 25 000 lecteurs en autoédition, avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon et de sortir en librairie en mars 2016, puis dans les pays anglophones en août 2016. Depuis, ce sont plus de 250 000 lecteurs qui ont été conquis par ce thriller psychologique ! Une adaptation au cinéma est en cours de réalisation.

Son deuxième roman, Au nom de quoi, sort en 2016. Par obligation éditoriale, il est dans un premier temps publié sous le pseudonyme de Dorian Meune. Ce texte revient, par le biais de la fiction, sur la soirée du 13 novembre 2015 au Bataclan.

Sorti en 2017 en librairie, son troisième roman, Quand on n’a que l’humour…, retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

En novembre 2017, c’est un projet atypique de deux romans noirs qu’elle publie avec Solène Bakowski : Avec elle / Sans elle.

“Raisons obscures” (2019) est son sixième roman, il est publié chez XO éditions.

son site : http://www.amelie-antoine.com
page Facebook : https://www.facebook.com/AmelieAtn/