Roman

Le choix d’Albane

de Corinne Falbet-Desmoulin
Broché – 15 octobre 2024
Éditions : BOOKS ON DEMAND

À soixante-deux ans, Albane vit sur l’île de Ré. A cause d’une maladie qui la limite dans son quotidien, elle engage une aide ménagère, Océane. Celle-ci décèle vite qu’un mystère plane autour d’Albane. Les deux femmes deviennent amies et de confidence en confidence, s’entraident à retrouver une vie plus apaisée. Parallèlement, le lecteur suit Lili, la fille d’Albane, biologiste marine aux Maldives. Obnubilée par l’étrange disparition de son père quand elle était enfant, elle pense pouvoir le retrouver dans ce cadre idyllique. Son ami Shahbaj, originaire du Bangladesh, va l’épauler dans sa quête. Que s’est-il réellement passé vingt-six ans auparavant ? Quelle décision Albane a-t-elle prise, qui a profondément impacté ses proches ? A travers son écriture fluide, poétique et son goût du suspense, Corinne Falbet-Desmoulin nous embarque dans une histoire palpitante, emplie de tendresse et d’humanité.

C’est toujours un plaisir de retrouver la plume poétique de Corinne Falbet-Desmoulin.

Au fil de mes lectures, j’ai plongé dans son univers empreint de sensibilité et de descriptions inspirantes. Ses mots souvent judicieusement sélectionnés m’emportent constamment vers ses magnifiques récits…
Cependant, malgré leur légèreté, il existe toujours un moment où la réalité prend le pas sur la poésie de ses pensées. C’est également pour ça que j’apprécie ses romans. Tout ne semble pas aussi « simple » qu’il paraît… Il est nécessaire de comprendre et d’interpréter les messages entre ses lignes.

Dans ce roman choral divisé en trois chapitres, « La disparition », « Une bouteille à la mer » et « Le choix d’Albane », Corinne nous guide vers l’île d’Hanimaadhoo, une des îles Maldives, dans ce très beau récit raconté exclusivement à la première personne du singulier, successivement par Albane, Shahbaj, Lilli et le journal d’Océane.
Les personnages sont très bien travaillés, qu’ils paraissent authentiques, une description des paysages qui m’a donné envie de visiter cette île qui semble paradisiaque !
Une trame très bien orchestrée, constamment empreinte de poésie et de bienveillance…

Albane a 62 ans. Elle réside dans l’île de Ré. Une affection qui la perturbe dans sa vie de tous les jours l’oblige à prendre une aide ménagère à la maison, Océane.
Celle-ci décèlera très vite qu’un mystère plane autour d’Albane. Les deux femmes se lient d’amitié et, en secret, vont se soutenir mutuellement pour retrouver une vie plus tranquille. Lili, fille d’Albane, exerce en tant que biologiste marine. Son ami Shahbaj, originaire du Bangladesh est employé sur l’île d’Hanimaadhoo où travaille désormais Lilli. La réalité de la vie les a rapprochés suite à des difficultés vécues par les uns et les autres.
Le hasard n’existe pas.
Il fallait bien que tout ce beau monde se rencontre !

À la fin du roman, l’autrice exprime clairement son point de vue : “La vie est loin d’être toujours rose, mais capter les petits plaisirs du jour et s’emplir de gratitude, c’est apaiser son âme et ouvrir sa porte au bonheur”.

C’est donc détendu que je termine ma lecture, une magnifique histoire qui se conclut bien, malgré les surprises successives du récit.
Un livre à découvrir…

Blandine, je te remercie de m’avoir offert ce moment de lecture que je vous recommande vivement !

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Extraits :

« Je caresse une fleur de courgette d’un doigt tremblant. Je suis fascinée par cet épanouissement furtif qui illumine le jardin. Ce soir, les pétales à la fragilité de soie et à la couleur du soleil seront déjà refermés sur leur cœur tendre. J’ai longuement observé le ballet des abeilles butineuses. Je les ai vues se gorger du nectar sucré dont elles se nourrissent. Puis, du bout de leurs pattes fines, récolter le pollen doré et poudreux sur les élégantes étamines, avant de le déposer délicatement au cœur du pistil des fleurs femelles, afin de les fertiliser. »

« Mes longues jambes allongées nonchalamment devant moi sur le sable, je tourne la tête vers Lili, assise à côté de moi. Ses yeux brillent, aussi verts que les feuilles de thé dans les immenses plantations de mon pays. Ils créent un joli contraste avec sa peau hâlée. Tout en parlant, elle a dénoué ses longs cheveux bruns, que durant sa journée de travail elle attache toujours en queue-de-cheval avec un chouchou émeraude assorti à son regard. Elle est mignonne, Lili. Je souris en pensant que si je n’aimais pas ma fiancée de tout mon cœur, je me serais sans doute laissé tenter à la courtiser. »

« Ensuite, c’est mon mari qui est sorti de ma vie du jour au lendemain. Rien ne m’avait préparée à cet arrachement. Fulgurance. Foudroiement. Sidération. La souffrance et l’hébétement m’ont longtemps accompagnée. Ils sont d’ailleurs encore présents en moi. Yann m’a bel et bien volé ma sérénité. »

« J’avais conscience d’être morte, a poursuivi maman, en français cette fois, en s’adressant à sa famille. Pourtant, j’étais très calme. Un sentiment d’une plénitude absolue m’avait envahie. Au bout d’un moment, j’ai quitté la plage. Je me suis retrouvée comme aspirée par une sorte de tunnel. C’était sombre, mais ma confiance était totale. Je me sentais en parfaite sécurité. Je progressais vite, vers une lumière blanche d’une extrême douceur et d’une indicible beauté qui m’attirait comme un aimant. »

Corinne Falbet-Desmoulin vit à Léognan, une ville au milieu des vignes près de Bordeaux. Le goût des mots l’accompagne depuis l’enfance. Ancienne institutrice, elle consacre désormais son temps libre à l’écriture.
Avec son premier roman “À l’encre du cœur”, elle a obtenu le Coup de cœur du Jury du Prix Femme Actuelle Développement Personnel 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/19/a-lencre-du-coeur/

Le deuxième “Un seul être nous manque” a été sélectionné pour le Prix du Suspense Psychologique 2022.

“Tout au bout des silences” est son troisième roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/24/tout-au-bout-des-silences/

Auparavant, ses nouvelles et ses poèmes ont remporté 12 Prix littéraires.

Oser l’espoir
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/30/oser-lespoir/

Après « Haïkus d’été« , « Bulles de bien-être » est son deuxième recueil de haïkus.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/01/02/bulles-de-bien-etre/

Un seul être nous manque
https://leressentidejeanpaul.com/2024/02/02/un-seul-etre-nous-manque/

Si vous lui demandez ce que son aventure littéraire représente pour elle, elle vous répondra : QUE DU BONHEUR !

Roman

De l’or dans les veines

de Éric Oliva
Broché – 1 octobre 2024
Éditions : Des livres et du Rêve

Dans l’arrière-pays niçois, les membres de la PJ enquêtent sur une série de meurtres sordides.
Une des affaires les plus perturbantes de leur carrière.
Plusieurs femmes sont assassinées.
Les corps exsangues sont mis aux enchères.
Meurtres en série, sacrifices humains ? Aucune piste ne peut être écartée.

Découvrez le nouveau thriller d’Éric Oliva.
Fort de ses 30 ans à la PJ de Nice, Éric nous balade brillamment dans les bas-fonds de l’âme humaine avec un réalisme impressionnant. Du grand Éric Oliva.

Depuis plusieurs années, Éric Oliva est un écrivain que je suis désormais. Il fait partie pour moi des auteurs qui se renouvellent fréquemment.
Il y parvient une fois de plus.
Ce coup-ci, il nous transporte dans l’arrière-pays niçois, dans un suspense fascinant et authentique, mais surtout particulièrement sombre, avec un sujet qui développe une déviance inédite et méconnue.
Trois cents pages enchaînées rapidement, englouties de temps de dire “Wahou” ! Il y en aurait eu deux fois plus, je les aurais lus avec le même plaisir.
Une écriture visuelle, sans fioriture, voire cinématographique, directe, avec une réelle maîtrise des procédures policières, normal me direz-vous pour cet ancien policier de la police judiciaire de Nice !
Éric nous transmet également les sentiments des victimes, leurs souffrances intenses pleines de réalisme.

Delphine est assassinée dans un jardin public, puis soigneusement vidée de son sang par une fine canule, sans laisser aucune empreinte. Quelques jours plus tard, ce sera le tour d’une de ses collègues de travail, Sophie, toujours en utilisant le même mode opératoire…
Les cadavres sont entièrement vidés de leur sang.
Qui se cache derrière ce meurtrier ?
Qui peut affliger de telles barbaries et surtout quelles raisons ?

Une intrigue palpitante menée tambour battant dans une ambiance glauque et malsaine.
Un véritable triomphe !

En outre, quel bonheur de retrouver des collègues lectrices, et plus encore, dans cette course contre-la-montre qui méritera toute votre attention !

Merci Angie !

Extraits :

« – Ce soir, tu es à moi seul.
En la découvrant, là, nue et resplendissante de beauté, ce furent les premiers mots qui vinrent à l’esprit de Rémy. Elle était allongée, presque alanguie. Il avait pris le temps de poser çà et là une dizaine de bougies qui, allumées, embaumaient l’atmosphère d’un doux mélange de senteurs de vanille et de cannelle. »

« Avec délicatesse, il glissa ses doigts dans sa longue chevelure blonde, y admirant les quelques mèches plus claires encore. La lueur des flammes qui s’y reflétait paraissait leur donner vie. Il en étira plusieurs jusqu’à son visage. L’odeur était particulière, mais ça, il s’en était douté – ô combien conscient de ce que cela signifiait. Mais que dire de plus ? Sinon que c’était sans conteste la cause de sa présence en ces lieux. »

« Avec une infinie douceur, les yeux emplis d’une étrange compassion, l’homme lui libéra enfin la bouche.
Peut-être avait-elle une question, un ultime souhait ? Delphine l’entrouvrit, mais aucun son n’en sortit. Elle était à présent bien trop faible.
Deux doigts glissèrent sur son front. Il remit une mèche en place, essuya une larme. Il aimait la voir belle. Elle le restera à jamais. Délicatement, il posa ses lèvres contre les siennes et, avec avidité, aspira son dernier souffle. »

« Le liquide onctueux coula dans sa gorge en émerveillant ses papilles de son goût un brin sucré, sans doute le résultat de l’infusion de la racine de réglisse incorporée à l’anticoagulant. L’effet était aussi insoupçonné que savoureux. Tout d’abord la douceur, puis l’effluve acidulé, une odeur qu’il aimait plus que tout. Loin d’être écœuré par cette sensation sirupeuse, s’il osait, il en reprendrait une poche ou deux, s’en rassasierait en le sentant se répandre en lui, lentement. »

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Je suis né à Casablanca en juillet 1967.

Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.

Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.

Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.

Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.

À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.

Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.

L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.

En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.

Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.

La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/10/26/mrs-meredith-brown/

Fin février 2015, “Chroniques d’une vie de flic” voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.

Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)

Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.

Le vase rose (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/12/le-vase-rose/

Une vie de flic (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/01/une-vie-de-flic/

Coïncidences (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/23/coincidences/

Du soleil vers l’enfer (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/11/du-soleil-vers-lenfer/

Sentence immédiate (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/12/sentence-immediate/

Roman

On était des loups

de Sandrine Collette
Poche – 30 août 2023
Éditions : Le Livre de Poche

PRIX JEAN GIONO 2022. PRIX RENAUDOT DES LYCÉENS 2022.

Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose. Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours. À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude : ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux. Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompagné d’un enfant terrifié. Dans la lignée de Et toujours les Forêts, Sandrine Collette plonge son lecteur au sein d’une nature aussi écrasante qu’indifférente à l’humain.
Au fil de ces pages sublimes, elle interroge l’instinct paternel et le prix d’une possible renaissance.

Un texte vertigineux.
Christine Ferniot, Télérama.

Ce livre est exceptionnel.
Bernard Lehut, RTL.

Pour pouvoir mettre en lumière les mots qui suivent, il m’aura fallu trois lectures de ce livre…

Fin 2023.
Ma première lecture, n’en était presque pas une.
J’avalais les pages, je me sentais désorienté, bouleversé, je désirais connaître la suite, de comprendre la fin.
C’est anéanti que j’ai tourné la dernière page, avant de poser le livre sur ma table de chevet.
Que s’est-il passé ?
Il est resté là, pendant plusieurs semaines…

Août 2024.
J’ai pris quelques jours de repos, le temps est magnifique.
Il m’était impératif de le relire, d’adopter un autre rythme de lecture, explorer les tensions oppressante entre les lignes, sans craindre de tourner les pages, progresser vers la suite du récit…

Ce matin.
L’écriture de Sandrine Collette m’a toujours beaucoup plu, et il m’a été très difficile de classer ce roman. Non pas parce qu’il ne me plaisait pas, au contraire, mais parce qu’il a réveillé en moi des choses, cachées, oubliées…
Me poser, respirer… L’écriture, captivante et forte, m’a emporté avec Liam et son fils Aru dans des paysages splendides où la nature est présente partout, sauvage.
Des mots sublimes pour saisir la profondeur de nos instincts de « bêtes sauvages » enracinés en nous. Nous sommes tous sauvages, c’est ce côté animal que nous devons maîtriser dans notre vie quotidienne, pour subsister, partager.

Liam a un enfant, il a cinq ans.
Un jour, le destin frappe Liam alors qu’il rentrait de la chasse, il va devoir devenir père. Il va devoir le faire vite, de façon brutale, horrible, bestiale même.
“On était des loups”, dépeint ce parcours intense vers la paternité.
Un livre qui fait mal, un livre qui a brisé mon cœur de papa, qui m’a fait chavirer vers une multitude d’émotions en même temps. Un livre grandiose !
Un livre comme l’est la nature, entre cruauté et beauté…

Ma première lecture avait provoqué un choc et j’avais aimé ça.
Je voulais comprendre pourquoi ?

Je te remercie, Sandrine, pour cette splendide histoire de vie, cet extraordinaire récit d’amour…
Coup de cœur !

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Extraits :

« C’est la nuit je regarde l’enfant qui dort. Un tout petit enfant, il ne sait rien du monde, il ne sait rien faire. Un enfant ce n’est pas fait pour la vie, cette vie-là je veux dire qui est immense et brutale devant lui devant nous. »

« Aru me guette, je ne sais pas comment il fait s’il me guette toute la journée tous les jours que je pars enfin il me repère toujours en premier et là il crie. Ce n’est pas un cri comme un cri c’est de la joie. Ça non plus je n’ai pas les mots pour le dire je le perçois dans ma poitrine et c’est gigantesque et le petit court vers moi il ne court pas vite il est petit. C’est là que c’est bizarre chaque fois ça me fait quelque chose dans le ventre et c’est de l’émotion que je n’arrive pas à retenir, de l’émotion de voir qu’il m’attend et qu’il n’attend que moi et sur son visage le bonheur qu’il y a je ne peux pas l’expliquer c’est immense – mais c’est aussi une sorte de pitié effrayante quand je le regarde cavaler pour me rejoindre, il est tellement petit tellement faible ça me fait peur ça me fait de la tristesse à me broyer, je me dis qu’il sera tout le temps petit et fragile et pourtant je le sais que ce n’est pas vrai seulement je voudrais le protéger pour toujours. »

« C’est juste que je dois me réhabituer à l’idée. Qu’Ava n’est plus là. C’est drôle comme les bonnes choses on se familiarise tout de suite avec, ça nous paraît normal alors que les mauvaises on n’arrive pas à y croire, chaque matin qu’on y repense on se les ramasse comme une gifle et ça me ronge les entrailles. »

« Alors je le prends dans mes bras je dis tu as confiance ? mais comment il aurait confiance dans un père qui pleure en l’emmenant vers cette mer qui n’en est pas une, moi aussi je l’aurais senti venir le problème, moi aussi j’aurais compris que ça allait mal se passer et je ne peux pas lui en vouloir de se débattre. »

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar Une brume si légère, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans Six fourmis blanches (2015).

Il reste la poussière (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît Les larmes noires sur la terre.

Son huitième roman, Et toujours les forêts, une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Elle partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Animal
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/19/animal/

Juste après la vague
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/10/juste-apres-la-vague-de-sandrine-collette/

Et toujours les Forêts
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/08/et-toujours-les-forets/

Madelaine avant l’aube
https://leressentidejeanpaul.com/2024/11/08/madelaine-avant-laube/

Roman

Tata

de Valérie Perrin
Broché – 18 septembre 2024
Éditeur : Albin Michel

“Tata est son livre le plus ambitieux, le plus intime, le plus libérateur, le plus important.”
Pierre Vavasseur – Le Parisien

“Tata est un livre palpitant, surprenant et surtout réussi.”
Le Parisien

“Valérie Perrin s’affirme comme [une] conteuse prodigieuse.”
Olivia de Lamberterie – Elle

“Colette est remorte. Ce mot n’existe nulle part. Remourir, ça n’existe pas.”

Colette était une femme sans histoire. C’est du moins ce que l’on croyait jusqu’au jour où sa nièce apprend son décès par un appel de la police. Car Colette, sa tante unique, a déjà été enterrée il y a trois ans…

Avec ce roman virtuose où s’entrelacent destins et intrigues palpitantes, Valérie Perrin, extraordinaire conteuse de nos vies, signe son grand retour.

Quelques heures ont été nécessaires pour que je puisse rédiger mon Ressenti. J’avais besoin de laisser passer un peu l’émotion qui était restée en moi, les derniers mots du roman m’avaient laissé sans voix.
Car il était extraordinaire, car il était déjà terminé…

J’ai beaucoup aimé chacun des romans de Valérie Perrin, mais celui-ci a quelque chose d’autre pour moi, quelque chose de plus. Son aspect thriller dans sa construction qui se déroule sur plusieurs temporalités, des destins qui s’entrelacent, mêlant des souvenirs d’enfance et le présent, entre une famille juive arrêtée et déportée pour Auschwitz pendant la dernière Guerre Mondiale, un coach de football pédophile, un père et mari violent et criminel dès que le besoin s’en fait ressentir, des fans du Football club de Gueugnon, un petit frère devenu pianiste, un cordonnier au grand cœur, une maman qui finalement ne l’ai plus mais qui le restera pour toujours au fond du cœur et aussi de nombreux personnages secondaires qui petit à petit prennent vie, au même titre que tous les autres, car sans le savoir chacun porte une part de l’énigme, un fragment d’un puzzle, découvert par Agnès, suite au décès de sa tante Colette.

Toutes ces histoires entrelacées… que d’émotions j’ai ressenti, toutes ses images qui sont venues me percuter, tel un grand film qui se déroulait sous mes yeux qui en redemandaient encore et encore !

La magie de Valérie a rendu une histoire horriblement triste, magnifique !
Les centaines d’heures d’enregistrement réalisées par Colette sur des cassettes, quelle belle idée… Pendant plusieurs centaines de pages, la voix de Colette m’a captivé, tout comme celle de Blanche… la pauvre Blanche…

Je te remercie, Valérie, pour cet instant savoureux, en dépit de toute la tristesse qui m’a accompagné et continue de m’accompagner encore un peu. Je crois qu’il était nécessaire de passer par là pour justifier toutes ces rencontres extraordinaires…

J’ai lu tout le roman accompagné, de Mozart, de Bach, Chopin, Beethoven, Vivaldi et bien d’autres, mais aussi Alain Souchon, Jean-Jacques Goldman, Bourvil pour ne mentionner qu’eux.

« Tata », un ouvrage captivant qui mérite d’être lu… Un livre qui je l’espère, vous fera autant de bien qu’il m’en a fait.
Ce qui me ferait véritablement rêver à présent ?

Une magnifique mise en scène au cinéma…

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Extraits :

« Trois ans sans entendre le son de sa voix au téléphone, mais là, il y a prescription. Colette est remorte. Ce mot n’existe nulle part. Remourir, ça n’existe pas.
Au début, le début de ma fin, c’est Cornélia, la nounou, qui emmenait notre enfant chez lui, enfin, chez eux. Et c’est Cornélia qui ramenait notre enfant chez moi. L’enfant a quinze ans à présent. Elle se déplace en métro, ou en taxi s’il est tard. »

« Papa me parlait très peu de Colette. Entre eux, c’était doux. Je n’ai jamais assisté à une dispute, au moindre reproche sous-entendu ou à un geste brusque. Il y avait beaucoup de regards et de silences entre eux. Je n’y prêtais pas attention. Les mecs sur leurs motos m’intéressaient bien plus que la relation entre ma tante et mon père. »

« – Faire un film, c’est écrire pour des personnages réels ou de fiction, avec de la lumière, des images, des mots et des sentiments…
– C’est vrai, ajoute Nathalie. Et quand un roman est extra-ordinaire, il contient de la lumière, des images, des mots et des sentiments. Et les personnages deviennent réels parce qu’on s’y attache. »

« J’ai eu envie de pleurer, mais j’avais la joie. La tristesse a essayé de prendre le dessus, mais elle n’a pas réussi, parce que cet instant ressemblait à aucun des instants que j’avais vécus. La lumière, la chaleur, sa présence, la musique, le champagne. Le beau est et restera toujours le plus fort. »

« La jeune femme avec qui tu as passé une nuit après le cabaret est enceinte de cinq mois. Elle ne peut pas garder l’enfant, parce que sa vie privée est très compliquée. Elle vit sous la coupe d’un homme dangereux, c’est nous qui allons élever l’enfant. Je suis enceinte de toi sans l’être. C’est une autre qui porte notre enfant. »

Valérie Perrin est née en 1967 à Remiremont dans les Vosges. Elle grandit en Bourgogne et s’installe à Paris en 1986, puis en Normandie en 1995.

En 2015, elle publie son premier roman Les oubliés du dimanche chez Albin Michel. Traduit dans une dizaine de pays, il obtient 13 prix littéraires dont le Choix des Libraires 2018 et se classe depuis parmi les meilleures ventes au livre de poche.

En 2018 elle connait un succès retentissant avec son deuxième roman, Changer l’eau des fleurs dans lequel elle décrit le quotidien de Violette Toussaint une garde-cimetière en Bourgogne. Ce roman obtient le Prix Maison de la Presse 2018 et le Prix des Lecteurs au livre de poche en 2019. Avec ce deuxième roman, elle rentre dans le classement très fermé du Figaro Littéraire des 10 auteurs les plus vendus en France en 2019.Et figure toujours en tête des ventes internationales : son roman est traduit dans 30 pays dont la Chine, les Etats-Unis et la Russie. Elle est l’auteure la plus vendue en Italie en 2020. Elle travaille à l’adaptation cinématographique de son roman.

Garde-cimetière, fossoyeurs, aides-soignantes en gériatrie, couturières, bistrotiers, Valérie Perrin met en lumière et en poésie la dureté et la beauté des vies de l’ombre. Elle dit qu’elle écrit des romans d’amour construits comme des polars.

Le 31 Mars 2021, elle publiera son troisième roman, Trois aux Éditions Albin Michel dans lequel elle tisse le destin de trois amis d’enfance sur 30 ans.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/04/15/trois/

De 2010 à 2018, elle est la coscénariste de Claude Lelouch. Avec lui elle signe : « Salaud, on t’aime » avec Johnny Hallyday et Eddy Mitchell. (Tournage 2013 dans les Alpes) « Un plus Une » avec Jean Dujardin et Elsa Zylberstein. (Tournage en Inde janvier/février 2015). « Chacun sa vie » avec Jean Dujardin, Éric Dupond-Moretti, Béatrice Dalle, Johnny Hallyday, Elsa Zylberstein. (Tournage à Beaune juillet 2016) « Les plus belles années d’une vie » avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant (tournage à Deauville en 2018). En 2009, elle publie le carnet de tournage de Ces Amours-là, film de Claude Lelouch, photographies et textes, aux Éditions France Empire. Avant d’écrire des romans et des scénarios, Valérie Perrin a été photographe de plateau, directrice des opérations dans une boite de téléphonie mobile, assistante de direction, vendeuse.

Roman

Frisson Cognitif

Expérience Mortelle au Cœur des Phobies*
de Eymeric Bihan
Broché – 16 mai 2023
Éditeur : Art en Mots

Traiter le mal par le mal…
Au cœur du poumon vert de la planète, Dennis Brown, un riche homme d’affaires PDG d’AnCog S, une entreprise scientifique spécialisée dans l’étude cognitive, se voit expérimenter un traitement révolutionnaire et novateur au coeur d’un centre pour phobique. Avant de proposer son programme de guérison à grande échelle, il veut vérifier son efficacité en se servant de ses employés. Il leur propose une somme d’argent astronomique, en échange ceux-ci devront se confronter à leurs phobies au sein d’attractions conçues spécialement pour eux…

Denis Brown, un entrepreneur, souhaite tester une méthode innovante pour traiter les troubles de la phobie ! Avant de mettre en place son nouveau centre, il prévoit d’abord d’expérimenter ce traitement sur ses employés.

Dès le commencement, Eymeric Bihan manipule judicieusement mes nerfs…

L’idée de « la phobie » est particulièrement inédite, et j’étais enthousiaste à l’idée de savoir jusqu’où l’écrivain allait me conduire. On perçoit rapidement la nécessité d’un travail de recherche pour ce genre de livre, mais…
Nous n’avons pas tous effectué ce travail en question !
Donc, en parallèle de ma lecture, il m’a fallu consulter régulièrement Google pour comprendre les propos d’Eymeric. C’est regrettable, quelques notes par page auraient suffit. Dès ce moment, je me suis retrouvé dans une lecture un peu « laborieuse », nécessitant de me focaliser pour ne pas me perdre, et dans les sauts dans le temps du récit, et dans la tête des différentes personnages qui conduisent le récit…
Je le répète, c’est intéressant mais compliqué et je ne suis vraiment entré dans le roman qu’au bout d’une centaine de pages avec quelques allers/retours.
Ensuite, je trouve que trop de dialogues sont mal retranscrits, où les mots sont mâchés, coupés. On sent bien que c’est une volonté d’Eymeric, mais je n’arrivais pas du tout à me projeter dans ce mode d’élocution.

« Frisson Cognitif », qui constitue le premier volume d’une trilogie, dégage clairement un désir de perfection, voire de perfection excessive.
Des idées remarquables, des personnages captivants, mais tout se déroule trop rapidement malgré un talent qui apparaît entre les lignes. Effectivement, nous explorons un monde inédit, unique et plutôt impressionnant, mais je n’ai malheureusement pas réussi à m’y immerger entièrement.
Cela reste une lecture intense, mais souvent déroutante pour moi. Peut-être parce que je ne me connais pas de phobie référencée ?
Même les grosses araignées velues sont mes amies !

Tentez l’expérience, peut-être l’auteur vous embraquera-t-il là où je n’ai su aller…

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Extraits :

« La recherche minutieuse autour des cognitions est en plein essor depuis plus d’une dizaine d’années, parallèlement aux études menées sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur la biodiversité. Mais pour le riche homme d’affaires, seules les découvertes sur les sciences cognitives avaient de l’intérêt. Un intérêt obsessionnel qui tournait autour des neurosciences et de ses complexités taboues au regard de l’opinion générale : la peur de l’inconnu, de l’irrationnel, de la folie découlant de la défaillance cérébrale… et tout un tas d’autres facteurs repoussés par l’individu lambda. »

« Hors d’haleine et meurtri, il trébucha de nouveau. Ses poursuivants se rapprochaient inexorablement. Il le sentait. Ils n’allaient pas tarder à le rattraper. Il se releva tremblant, fiévreux, mais surtout inquiet. Ces individus, armés d’arcs et cannibales avaient tué ses collègues et amis, et maintenant, ça allait être son tour… »

« … Les gens se plaignent du changement climatique et de ses effets mortels, humains, animaliers ou végétaux, mais ne font rien pour y remédier… Il faut savoir utiliser les ressources du cerveau de temps en temps au lieu de ne penser que par l’argent ou le confort matériel.
Rebecca Miller contempla finalement son tout nouveau vernis, assorti à la couleur de sa robe, en semblant là avoir un réel intérêt pour la ch
ose. »

Eymeric Bihan, 30 ans, est actuellement en poste hébergement au sein d’une maison de retraite dans les Pyrénées, à Saint Lary Soulan.
Suite à une imagination débordante depuis tout petit et à une succession de soucis personnels, il s’est pour ainsi dire plongé dans l’écriture. Tout a commencé par des chansons en anglais, de part son attrait pour la culture américaine. Puis l’écriture a dévié sur des scénarios, des nouvelles pour enfin toucher la construction d’un roman.
Avec Frisson Cognitif, il signe là, la première trilogie, dans le genre littéraire du Cosy Mystery.
Avec les paysages Pyrénéens qui l’entourent, il a de quoi nourrir son inspiration.

Roman

Seine criminelle

de Pascal Marmet
Poche – 13 juin 2024
Éditions : M+

Septembre 2017. À quelques jours du transfert du 36 quai des Orfèvres vers la rue du Bastion, le commandant François Chanel rassemble une équipe atypique pour arrêter un serial killer qui noie des gens dans la Seine. Ce nouvel opus des enquêtes du commandant décode les travers de cette intelligence artificielle aux conséquences déconcertantes et offre au lecteur une déclaration d’amour à la Seine qui tient ici un rôle magistral avec ses bouquinistes, véritables âmes de Paris.

Rares sont les polars scientifiques et amoureux, précieuses sont les intrigues addictives fouillant dans les courants tourmentés de notre siècle.

Ce troisième volet des enquêtes magistrales de Chanel en eaux troubles, décortique le génie de son adversaire, un criminel redoutable et inoubliable.

J’avais bien aimé les deux premiers ouvrages qui relataient de la vie du Commandant François Chanel, mais je dois reconnaître que celui-ci m’a complètement emporté.

Tout d’abord, en raison du fait que ce polar rende un bel hommage aux classiques de la littératures policières, mais aussi à notre métropole, et en particulier à la Seine, qui devient presque un personnage à part entière, parce que l’auteur nous plonge dans une atmosphère parisienne et dans ses fragments d’histoires, avec beaucoup de répartie, riche en expressions très illustrées et pleine de petits détails.

Un livre qui m’a complètement fasciné par tous ses aspects, en particulier pour son aspect « Polar 2.0 ». Son réalisme est si intense qu’il en devient effrayant lorsqu’il confronte la souffrance et le désarroi humains face à l’intelligence artificielle et tout ce qui en résulte.

Remarquablement complexe, tout y est minutieusement décrit et orchestré, d’une main de maître.
Cela s’applique également aux personnages de ce roman, et ils sont nombreux !
Il vous faudra vous accrocher, heureusement Pascal a pris les mesures appropriées pour approfondir nos connaissances sur ces derniers.
On retrouve bien sûr le Commandant François Chanel, qui demeure non seulement élégant et méticuleux, mais également passionné par la mission de cette nouvelle équipe très hétéroclite composée de six enquêteurs, “hommes/femmes”, qu’on lui impose dans cette enquête complexe impliquant une augmentation soudaine de noyés dans la Seine, ayant tous des points communs. Chaque personnage est développé avec une multitude de détails, parcours professionnel, leur origine, leur force et leur faiblesse, leurs savoir-faire ou leurs intuitions, nous donnant ainsi l’opportunité de progresser avec eux tout au long de leurs recherches, comme si nous participions directement à l’enquête..

Pascal nous dévoile une intrigue tout en suspense, chargée de surprises, de rebondissements et d’événements surprenants.
Non seulement ce troisième volet des enquêtes de François Chanel ravira les passionnés de thrillers psychologiques, mais il incarne également pour moi, un polar extrêmement contemporain qui est hors du commun, qui fusionne l’homme et la technologie tout en transcendant les conventions traditionnelles du genre policier, que j’ai lu jusqu’à présent.
Les surprises se succèdent à toute vitesse, en quête de cet assassin complètement invisible, redoutable et chargé de mystère, pour nous mener vers une révélation finale, particulièrement réussie à mon goût.

Bravo et mille mercis Pascal, pour ta confiance renouvelée.

Extraits :

« Avec sa gueule d’atmosphère, ses paupières lourdes et sa gouaille, la blonde incendiaire aux cheveux courts buvait un thé avec la tête de Dark Vador dessinée sur son mug.
D’une voix de confidence, elle se lança dans un monologue faussement léger dont elle avait le secret.

– Depuis plus d’un siècle, les paroliers déclarent régulièrement leur amour à la Seine. Deux mille chansons à la gloire d’un fleuve, c’est beau, non ? Les poètes ont même donné une appellation à ce genre musical : l’air de Paris. Quelle imagination ! »

« À la sortie du métro Pont Neuf, une bande d’adolescentes venues des confins d’Europe de l’Est l’accostèrent. Chanel leva les yeux au ciel, souffla lentement. Elles étaient fraîches, mal éduquées, agressives, presque heureuses d’être libres sur ce terrain de jeu à ciel ouvert. Vol à la tire en journée, prostitution en soirée. Personne ne pouvait imaginer leur misérable condition de vie, encore moins leur histoire de femmes soumises à la brutalité d’hommes de peu de foi. »

« – J’hésite encore à choisir un camp, monsieur. Cela dépendra. Ce qui se passera ici, la façon dont se terminera cette affaire ou comment la justice sera rendue déterminera ma voie future.
– En quoi cette affaire influerait-elle dans vos hésitations ?
– Je ne peux répondre à cette question. Je sais juste qu’aujourd’hui avec dix photos de vous et trente secondes de votre voix, je peux faire un clone numérique parfait pour manipuler votre quotidien, voire vous enfermer pour un meurtre dont vous êtes parfaitement innocent en prouvant que vous avez commis le pire des crimes. Je suis potentiellement une personne hautement dangereuse pour l’équilibre de notre société. Ou pas. Tout dépendra.
– Qui êtes-vous vraiment ?

– Je ne sais pas. Peut-être suis-je le monde que votre génération a laissé agoniser derrière elle. »

« KA glissa, haletante le long du mur.
– Regardez-moi, KA, c’est une crise de panique, il suffira de l’affronter, calez-vous sur ma voix, gonflez votre ventre, respirez fort, expirez lentement, oui, laissez venir, tout doux.
– J’ai arrêté les médicaments, alors la vie, ça fait peur sans béquilles chimiques. »

……………………………

L’auteur : Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.
Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Commandant François Chanel (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/10/commandant-francois-chanel/

Onze Cahiers (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/17/onze-cahiers/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Roman

Mille façons d’aimer

d’Anne Goscinny
Broché – 9 octobre 2024
Éditions : Grasset

C’est l’histoire d’un garçon et d’une fille qui s’aiment depuis toujours.
Jeanne et Raphaël se sont connus enfants, visages ronds, fossettes, pères absents. Et tout de suite ils se sont adoptés.
Frères et sœurs, âmes sœurs, amis amoureux ? Peu importe. C’est autour d’un jeu de société, sur fond de Dalida et Barbara, qu’ils jurent fidélité et vérité, jusqu’à ce que la mort les sépare.
Ils ont ensemble quinze ans, dix-huit, les jeux d’école laissent place aux lectures, à la découverte de la sexualité, aux conflits ou au trouble. Et le monde continue lui aussi de tourner : le sida fait des ravages.
C’est cette histoire que nous raconte Jeanne, lors d’une première promenade sans Raphaël à travers les rues ensoleillées de Paris. Ce jour de printemps, elle se rend au cimetière, assister à l’enterrement de celui qui lui est essentiel. Hier encore, ils avaient vingt-cinq ans tous les deux. Et aujourd’hui, Raphaël n’est plus là. Jeanne nous raconte les histoires d’amour impossibles, la maladie, le père disparu, et la passion des mots. Parfois l’amour ne dit pas son nom. Au pays de la mélancolie et du bonheur partagé, Anne Goscinny écrit la plus belle des lettres à Raphaël.

Jeanne a perdu sa mère…
Raphaël, son meilleur ami, succombera du Sida deux mois après.

Trente ans plus tard, elle se souvient de cette amitié extraordinaire qui l’a guidée toute son enfance jusqu’à sa maturité, traversant toutes les premières fois et les difficultés qui en résultaient.
Raphaël était là, Raphaël était toujours là.

Anne Goscinny rédige un véritable hommage à l’amitié et à l’amour dans ce récit. À une amitié qui a vu le jour dans la jeunesse d’un garçon et d’une jeune fille qui perdurera dans le temps alors qu’ils deviennent un homme et une femme, et plus encore le jour où Raphaël la quittera.
Dès lors, ce n’est plus de l’amour, c’est beaucoup plus fort.

Il existe de nombreuses manières d’aimer.
L’amitié est à l’origine de toute forme d’amour. Quel est alors le sentiment le plus intense ? L’amitié ou l’amour ? Alors qu’ils sont liés, la nuance peut parfois être délicate. Particulièrement, si une intimité particulière s’établit entre deux personnes, du même sexe ou pas. Il sera alors nécessaire de faire preuve de nuance, de subtilité, être capable de détecter les signaux cachés, savoir regarder, savoir écouter. Mais si l’amitié implique un homme et une femme, devons-nous évoquer “la camaraderie” sincère, la fraternité, les amis amoureux, ou les âmes-sœurs ? En réalité, peu importe. L’important est le bien-être que cet élan génèrera de manière mutuelle.

À l’aide de son style simple et épuré, l’autrice m’a emporté par sa douceur et la poésie de cette relation d’une force exceptionnelle. “Mille façons d’aimer” fait aussi référence à l’amour maternel et aux pères qui ne sont plus là…

Jeanne et Raphaël, resteront eux inséparables, au-delà du décès, pendant toutes ces années et à jamais, formant un lien crucial indéfectible.

Ce roman a résonné en moi, au-delà de sa tristesse, il est doux et bien rédigé, reste positif et ne tombe jamais dans le pathos.
Tout ce que j’aime, tout ce qui me touche.

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Extraits :

« Ce n’était plus le son de la tristesse elle-même qui m’accablait, mais l’absence de son écho.
Et puis, doucement, j’ai commencé à accepter ce contre quoi je m’élevais depuis trente ans : tu étais mort. La dernière promenade que j’avais imaginée n’avait pas eu lieu. Le jour de ton enterrement, j’étais allée seule à Montparnasse, en route, je n’avais croisé personne, et les fantômes que j’appelais de mes vœux étaient restés silencieux. »

« Je fais couler l’eau dans la salle de bains de ma mère, devenue mienne. Je me lave les cheveux, comme tous les jours. Ils sécheront en route.
L’eau très chaude me fait du bien. Je voudrais me recoucher. Ce soir, j’aurai enterré mon meilleur ami, mon frère, mon âme-sœur. Ce soir, quand je m’allongerai, tu reposeras sous la terre. »

« La lettre n’était pas cachetée, preuve de l’immense confiance que tu avais en moi. Le jour de ton enterrement, il y a trente ans, pour entendre ta voix une dernière fois, je l’ai ouverte et lue. C’est impardonnable. »

« Le temps du chagrin viendra, je n’ai ni doutes, ni illusions. Le deuil et son cortège de regrets, de blessures à vif. Le deuil et tout ce qu’on n’a pas eu le courage de se dire. Le deuil qui nargue le temps ensemble qu’on n’a plus, le deuil, qu’une seule consonne sépare de seuil. Pas de hasard lexical. Le deuil vous maintient sur le seuil d’une vie à côté de laquelle longtemps, toujours peut-être, vous allez passer. Le deuil et mon air triste. »

Fille de René Goscinny et de son épouse Gilberte2, Anne Goscinny est l’unique ayant droit de son père, dont elle gère toute l’œuvre en étroite collaboration avec les co-auteurs (Uderzo, Sempé…), éditeurs et producteurs.

Elle a suivi toute sa scolarité au lycée Molière (Paris). Elle est titulaire d’une maîtrise de littérature comparée (son mémoire porte sur Jean Rhys : de l’échec d’une vie à la création littéraire) de l’université Paris-III Censier.

Critique littéraire, elle a collaboré à de nombreuses publications dont Paris Match, Le Figaro littéraire, L’Express, Le Magazine littéraire, Pilote.

Elle est mariée à Aymar du Chatenet, ex-journaliste de télévision et éditeur.

Romans
Elle a publié six romans chez Grasset et un récit chez Nil. Certains titres sont disponibles au Livre de poche. Ses romans sont traduits notamment au Portugal, à Taïwan, en Corée et en Pologne. Elle a reçu le prix de la WIZO en 2007 pour son roman Le Père éternel.

Son livre, Le Bruit des clefs, est adapté par Marion Bierry en 2017 sous forme de lecture musicale au Théâtre du Girasole (Avignon) puis au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (Paris) à l’occasion des commémorations des 40 ans de la disparition de René Goscinny, accompagnée par le violoncelliste Henri Demarquette.

Elle écrit également pour la jeunesse. En collaboration avec la dessinatrice Catel, elle est l’auteur d’une série pour adolescents intitulée Le Monde de Lucrèce, recueil de nouvelles illustrées. Neuf volumes sont publiés chez Gallimard-Jeunesse, depuis mars 2018.

Mille façons d’aimer est son neuvième livre. Elle poursuit son œuvre pour les plus jeunes avec sa série Le monde de Lucrèce, illustrée par son amie Catel, dont le neuvième volume sera publié en septembre 2024.

Drame, Histoire, Noir, Roman, Thriller psychologique

Le onzième châtiment

de Tristan Marco
Broché – 11 septembre 2019
Éditeur : Auto-édition

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“Qui oserait envisager qu’une poignée d’individus arrogants et cupides puissent jouer avec le destin des peuples comme on joue à la dinette ?”

Cassius Belly est vivant.
La nouvelle suscite à ce point l’inquiétude qu’elle réunit en urgence dans un motel miteux du Nevada, le chef d’une importante agence du Renseignement américain, une éminente chercheuse en immunologie et un haut fonctionnaire suisse.
Vingt ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Vingt ans qu’ils le croyaient mort. Le doute qui se distille en eux comme un poison va les contraindre à revisiter un passé que tous s’étaient jurés de ne jamais déterrer.
Entre le Congo Belge de 1958 et le Paris des années 80, les pièces du puzzle s’assemblent, laissant entrevoir les contours d’une chimère.
Lorsque la vérité menace de sortir de l’ombre, lorsque les histoires d’amour sont à ce point contrariées, chacun doit faire face à ses démons, ses incohérences et ses faiblesses.

 

2024-105_Marco Tristan - Le onzième châtiment

 

La littérature à cela de magnifique… On ne sait jamais où elle nous emmènera !

Le onzième châtiment est un roman fort, dur et très actuel. La recherche d’influence, le pouvoir à tout prix, la position de l’Église et des États face au peuple, les mensonges et les dissimulations diverses.
Après Le sang de la licorne et L’étrange cohérence du sablier, je me doutais que ce troisième roman risquait de me plaire. Il est allé bien au-delà.

De nombreuses phrases m’ont marqué durant ma lecture, mais il en est une qui m’a saisie de par son évidence et qui résume assez bien là où veut nous mener l’auteur.
« Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir. »

Un roman très équilibré entre deux époques, le Congo Belge en 1958 et Paris, dans le quartier de Pigalle, en 1980. Tristan, dans son histoire très crédible et addictive, nous propose des personnages qui tiennent vraiment le roman. Ils sont tantôt complexes et profonds avec leurs côtés sombres, tantôt faillibles et blessés, mais toujours menés avec habileté, les différents indices de l’histoire eux se dévoilent petit à petit, faisant littéralement exploser le récit au moment où je m’y attendais le moins. Tout est parfaitement maîtrisé.

Il m’est impossible de développer plus, de peur de trop en dire sur l’intrigue globale et mondiale proposée par Tristan.
Ce que je peux encore ajouter, c’est que Tristan est un grand auteur. En plus de capter ses lecteurs avec des récits prenants, des sujets gravitent toujours entre les frontières ô combien complexes de la violence, de la maltraitance et de l’amour et la bienveillance… Il ose pénétrer dans les “malaises” de l’humanité, des hommes de pouvoir et de ses “décideurs”.

Merci Tristan pour ce beau roman !

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Extraits :

« Il entre dans le motel et se dirige vers le fond d’une salle tout en longueur aux grandes baies vitrées. Une femme blonde, la cinquantaine, est déjà installée à une table et l’attend devant un café fumant. Il s’avance jusqu’à elle et la gratifie d’un baisemain.
— Le temps n’exerce aucun effet sur vous, Merry. »

« Souvent, il m’est arrivé de m’interroger sur le sens de tout cela. Sur le sens de ce chaos qui a toujours sévi en moi. J’ai enduré maintes souffrances physiques, psychiques… infligé tant de blessures à mon âme.
C’est maintenant que je suis sur le plongeoir, prêt à faire le grand saut vers l’inconnu, que je ressens cette urgence de me poser un instant pour réfléchir à cette existence. À toi… à moi… à lui.
La vie est faite d’intervalles, ma toute belle.
Elle est un livre où s’intercalent des pages de petits bonheurs au milieu de chapitres de souffrances. »

« “Ils représentent l’avenir de l’humanité”, martèle sans cesse le docteur Kendal avec une obstination conférant au déni. Quel meilleur moyen de justifier les sévices répétés que l’on fait subir à des animaux que d’invoquer une grande cause. »

« Le silence n’est pas un luxe. Il s’avère parfois une absolue nécessité. Juste pour récupérer de ces coups de barre à mine qui viennent de briser Meredith à tout jamais… qui viennent de briser l’adulte… le médecin… la femme.
— Est-ce que je peux retourner jouer, à présent ?
interroge l’enfant.
Le temps suspend sa course. Le malaise d’un haut-le-cœur nauséeux s’empare de l’Américaine. Elle demeure immobile, ébranlée. Anéantie par ce récit morbide, insupportable. Bouleversée par cette aptitude à vivre, ou plutôt à survivre. L’absence totale d’émotions de Divine confine à l’irrationnel. »

 

Né le 27 mars 1971, Tristan Marco a exercé pendant plus de vingt années le métier de pilote d’hélicoptères, spécialisé dans le sauvetage en mer, comme en montagne. Il est à présent pilote Garde-côtes.

Son premier roman, L’étrange cohérence du sablier (2018), est témoin d’une urgence intérieure de faire partager ses ressentis et son univers, au travers d’un thriller métaphysique.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/06/letrange-coherence-du-sablier/

Vient ensuite Le onzième châtiment (2019), un thriller politique et d’aventures qui fait voyager le lecteur entre le Congo Belge juste avant son indépendance, et le Paris des années 80.

Le sang de la licorne (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/04/18/le-sang-de-la-licorne/
Un polar noir dans lequel deux officiers de gendarmerie se débattent dans une enquête sordide et une course contre la montre pour appréhender un mystérieux tueur en série qui laisse systématiquement sur le lieu du crime des huiles sur toiles aux accents bibliques.

Facebook :
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Instagram :
https://www.instagram.com/tristan.marco.auth/

Émotion, Drame, Histoire, Poésie, Roman

Madelaine avant l’aube

de Sandrine Collette
Broché – 21 août 2024
Éditions : JC Lattès

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C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.

« Sandrine Collette s’élève au sommet de son art. »
Le Parisien

« Tout simplement impressionnant »
Lire Magazine littéraire

« Un roman intense et terrible »
Femme Actuelle

« La romancière est au sommet de son art. »
Version Femina

« Éblouissant »
Point de Vue

« Artisane d’une écriture mêlant tournures incantatoires et mots rugueux, sensations précises comme des coupures, images vives, nature puissante, Sandrine Collette fait tourbillonner les éléments du décor et les pantins qui l’habitent en un ballet macabre, captivant, tandis que les planètes s’alignent pour précipiter ce petit monde dans le chaos. »
Le Point

« Un génial tour de force »
La Vie

« Ce texte déborde de vie »
Télérama

« Une écriture magnifique »
Madame Figaro

« Notre Goncourt à nous. »
Le Parisien

« Une grande réussite »
Le Monde des Livres

« Un talent hors pair de raconteuse d’histoires »
L’OBS

« Un roman magistral »
Version Fémina

 

• Couv_2024-104_Collette Sandrine - Madelaine avant l'aube.jpg

 

C’est le septième roman de Sandrine Collette qui passe entre mes mains.
Sandrine, pour moi fait partie des autrices qui ont su s’affranchir d’une certaine bienveillance pour aller vers une prose personnelle, parfois choquante, parfois très poétique. Je ferme mon livre en me disant qu’encore une fois, elle nous offre une sacrée évasion littéraire…

Ce roman est un peu comme une ode. Une ode à la puissance de la nature, une ode à la famille, à l’histoire des paysans et tout simplement à la vie, dans un monde où les hommes et les femmes vivent courbés face à leurs maîtres. Ici, le droit de cuissage n’est pas une “légende”, il est la peur que ressentent toutes les femmes et toutes les jeunes filles. La vie est très dure, et les intempéries qui pourrissent les cultures n’arrangent rien à la faim qui est leur quotidien dans le hameau où ils vivent, que l’on ne peut situer ni dans le temps, ni dans les lieux. Tout ce que l’on sait, c’est que la vie est dure, très dure…
Et un jour, Madelaine, petite fille abandonnée, apparaît dans le hameau. Elle sera accueillie avec beaucoup de bienveillance par deux sœurs jumelles, Ambre et Aelis. Bran, le narrateur du récit, et personnage emblématique, voit tout de suite en Madelaine, une fille différente qui n’a peur de rien et est capable de s’imposer malgré son jeune âge face aux hommes. Bran l’aime et lui sera fidèle jusqu’au bout…

L’histoire est magnifique, et à un moment de ma lecture, je me suis rendu compte que Sandrine, par une ponctuation particulière, des phrases sans verbe, ou “presque” incomplètes, nous obligeait à créer une sorte de liens, de trouver nos propres mots pour avancer dans le récit !
Rien que pour ça, ce livre mérite votre attention, on est obligé d’entrer ainsi dans les pensées de l’autrice…

Récit prenant jusqu’aux entrailles, récit coup de poing et bouleversant qui sort des lieux communs et qui a élargi mon horizon… Encore une fois Sandrine frappe là où je ne l’attendais pas, mais quel plaisir…
Coup de cœur pour Madelaine, même si je ne sais toujours pas si elle m’a mené vers la lumière ou la noirceur, vers une suite… peut-être ?

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Extraits :

« La terre frémit sous leur pas lourd. Ils se hâtent, de cette lenteur presque hypnotique des grands corps épuisés après une journée de labeur – interrompue bien avant l’heure, quand l’enfant est venu. Ils vont côte à côte l’homme et le cheval, puant l’un et l’autre la sueur séchée sur leur peau rugueuse, le premier essuie la poussière qui fait du gris sur son front et l’autre secoue la tête pour se débarrasser des mouches. L’enfant marche devant, se retourne pour les attendre. Il ne dit rien, mais tout dans son attitude trahit son impatience. »

« Nous vivons au bout du monde. Le fleuve Basilic serpente sur toute la frontière de notre région, la coupant du reste de l’univers. De notre côté de la rivière, il y a quelques marais et puis en retrait, le village et derrière le village des fermes éparses comme celle de Rose, qui fait partie de cet ensemble de trois maisons qu’on appelle les Montées. Il y a des forêts et il y a des champs, et encore loin après, tout cela s’étiole et se termine par une montagne de lave presque verticale que personne ne s’est jamais aventuré à gravir. »

« Aelis et Ambre ont été inséparables, enfants. Elles n’avaient pas les mots pour parler d’âme-sœur pourtant il n’y en avait pas d’autre, deux petites filles n’en faisant qu’une tant leur communion d’esprit était forte, deux petites filles qui se suivaient telles des ombres, reproduisant exactement les gestes l’une de l’autre sans s’être copiées ni concertées, jusqu’au son de leur voix que leur mère ne différenciait pas. À elles deux, elles avaient créé un monde. Elles se suffisaient à elles-mêmes, ignorantes des regards qu’on leur jetait soit parce que leur ressemblance sidérait, soit parce que leur beauté fascinait. Elles inventaient des histoires qu’elles étaient seules à comprendre et qui ne faisaient rire qu’elles. Leur enfance fut un temps de partage et de bonheur. »

« L’hiver est passé sur le chagrin de Madelaine. Comme pour les hommes, la mort du chien est devenue invisible. On n’a plus le temps, ni la force. De plus en plus, les pensées sont obnubilées par la nécessité de se mettre quelque chose d’infime sous la dent chaque jour, cela a l’aigreur et l’acuité des poignards fouaillant les corps, la sensation est physique, terriblement réelle, tellement que lorsque les hommes ont crevé, on les a à peine pleurés. »

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar Une brume si légère, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans Six fourmis blanches (2015).

Il reste la poussière (2016) obtient le Prix Landerneau du polar.
En 2017 paraît Les larmes noires sur la terre.

Son huitième roman, Et toujours les forêts, une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Elle partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Animal
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/19/animal/

Juste après la vague
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/10/juste-apres-la-vague-de-sandrine-collette/

Et toujours les Forêts
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/08/et-toujours-les-forets/

Émotion, Drame, Frisson horreur, Thriller psychologique

L’Alpha & l’Oméga

Estelle Tharreau
Broché – 7 novembre 2024
Éditions : Taurnada Éditions

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Cédric est l’enfant non désiré de Nadège Solignac, tueuse en série.
Au fil du temps, il découvre son passé familial et tente de grandir sous l’ombre meurtrière de sa mère.
Mais un tel monstre peut-il aimer ? Peut-on seulement lui survivre ?

Un roman psychologique noir dans lequel le lien filial oscille dangereusement entre amour et haine.

 

• Couv_2024-103_Tharreau Estelle - L'Alpha et l'Oméga

 

Un mélange de violence et de poésie à l’équilibre parfait !

C’est LA sortie du jour.
Bientôt cinquante ans que je lis. D’abord régulièrement, puis très vite tous les jours. Ce sont plus de 3 500 livres qui sont passés ainsi sous mes yeux… et lorsque je tombe sur un livre comme celui d’Estelle, c’est le bonheur !

Tout d’abord, L’Alpha & l’Oméga est une suite de Mon ombre assassine où figurait déjà Nadège Solignac.
En commençant mon récit, je ne savais pas du tout que les deux romans étaient liés, et très honnêtement “L’Alpha & l’Oméga” est tellement riche de tout, qu’il peut très bien se lire sans avoir lu le précédent.

Dès le début de ma lecture, je me suis retrouvé comme plaqué contre un mur avec violence, avoir l’impression de dévaler un escalier sans fin et de me cogner à chaque marche, ce thriller psychologiquement très violent et très sombre m’a fait passé par des émotions dingues et diamétralement opposées. J’en ai eu le souffle coupé !
Une violence rarement aussi aboutie dans un récit, avec un final où…

Je te supplie Estelle, je veux une suite !!!

Roman choral à la première personne du singulier pour les trois voix du roman. Celle de Nadège, personnage complexe qui n’a aucune empathie envers personne, jamais… de son frère Cédric, et enfin de son fils Julien qui aime sa mère, même s’il a découvert très jeune, que c’est une meurtrière, mais elle est tellement protectrice envers lui.
Dès le début, le ton est donné. Une ambiance qui oscille régulièrement entre amour et haine, en quelques lignes, c’est un récit morbide, sordide, voire choquant ! Les amoureux du genre seront comblés, mais ce n’est pas tout. Estelle nous tient par son écriture fine, directe sans aucune fioriture et malgré tout ça, j’y ai vu énormément de poésie. Il se passe quelque chose durant la lecture, entre les regards, les silences et une tension constante qui explose littéralement à la fin du roman. J’étais à la fois dans la tête de Julien, de Cédric et de Nadège, c’était complètement fou !

Décidément, c’est un vrai plaisir de retrouver Estelle Tharreau à chacun de ses romans, elle arrive, tout en maintenant “un cap”, à se renouveler à chaque fois… Son grand “plus” pour moi dans celui-ci… Une maîtrise parfaite de ses personnages…

Un très grand merci à Joël des Éditions Taurnada pour sa confiance renouvelée.
Un bon conseil, foncez…
Ce roman-là, il ne faudrait surtout pas passer à côté !

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Extraits :

« Une institutrice mise en examen pour “homicide involontaire”
La guerre des profils
Légitime défense ?
… un policier harceleur et un mari adultère.
Nadège Solignac, “La tueuse des salles de classe”
L’hécatombe dans l’entourage de Nadège Solignac
Huit semaines après le dénouement de l’affaire Bianchi, Nadège Solignac retrouve enfin le chemin de l’école
Elle sollicite ce qu’elle a appelé elle-même, “le droit à l’oubli” »

« Mon frère a profité de moi quand sa vie personnelle s’est effondrée malgré le legs confortable de “papa”. Des mâles. Des nuisibles.
Je suis allongée dans la salle de bains pour ne pas souiller ma demeure. Les douleurs sont à leur paroxysme.
Ça ne va plus être long. Mon rythme cardiaque s’accélère. Dans quelques instants, je vais arracher à mon propre corps ce qui va survivre ou mourir. »

« – Je veux déclarer sa naissance.
– Vous avez accouché chez vous ?
– Je n’ai plus confiance dans les hôpitaux depuis la pandémie.
“Confiance” et “pandémie”, les deux mots magiques qui changent tout, qui excusent tout, qui la rendent compréhensive et me font passer de voleuse d’enfant à mère prudente et méritante.
– Vous avez donc accouché seule ?
– Oui. »

« Je suis sidérée : il est en rage, lui, si apathique depuis sa naissance. Je suis admirative : il m’a fait mal. Il me ressemble peut-être ; tout aussi transparent qu’enragé quand son existence en dépend. C’est peut-être le seul être qui sera assez fort pour me comprendre et me survivre… à condition qu’il ne soit pas perverti par ce monde extérieur, cette fabrique matérialiste et individualiste à enfants rois, futurs adultes névrosés et ingrats. »
……………………………

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

– La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

– Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

– Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

– Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

– Le Dernier festin des vaincus
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/01/le-dernier-festin-des-vaincus/