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Émotion, Drame, Folie, Suspense, Thriller psychologique, Violence

Leona

Les dés sont jetés
de Jenny Rogneby
Broché – 4 mai 2016
Éditeur : Presses de la Cité

Qui perd gagne.
Stockholm, un jour de septembre. Une petite fille de sept ans, nue et recouverte de sang, braque une banque du centre de la ville avec pour seules armes un ours en peluche et un magnétophone. La fillette disparaît ensuite avec l’argent.
La trouble et manipulatrice Leona Lindberg s’arrange pour récupérer l’affaire avant ses confrères de la police judiciaire. Christer Skoog, lui, est journaliste. Il dispose d’embarrassantes informations au sujet de Leona ; des informations qu’il est prêt à taire si cette dernière accepte de l’aider à résoudre une enquête qui l’obsède depuis des années…

Grandiose et subversif. Jenny Rogneby tire les ficelles de ce premier roman d’une main de maître et, avec le personnage atypique de Leona, fait une entrée fracassante dans le monde du thriller.

Je referme Leona – Les dés sont jetés avec une sensation étrange, presque coupable. J’ai suivi cette femme hors du commun, glaciale et désabusée, dans un monde où la morale est un costume qu’on retire le soir. Et je dois l’admettre : j’ai été fasciné. Leona Lindberg n’est pas une héroïne, pas même une anti-héroïne ; elle est un paradoxe sur deux jambes, une policière qui passe de l’autre côté avec une froideur qui glace le sang.

J’ai souvent voulu la secouer, lui crier de revenir à la raison, mais Jenny Rogneby nous tient en laisse, page après page, nous forçant à accepter l’inacceptable. Il y a dans ce roman une tension constante, un malaise latent. C’est noir, très noir, et pourtant, je n’ai pas pu lâcher ce récit troublant. Leona est une énigme que l’on tente de résoudre tout en sachant qu’on ne le pourra pas.

Ce qui me reste, ce n’est pas la résolution de l’intrigue, bien que l’écriture soit habile et rythmée. Ce sont les failles de Leona, ses silences, ses regards fuyants. J’ai terminé ce livre comme on quitte une pièce trop longtemps restée dans la pénombre : un peu sonné…

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Extraits :

« Personne ne l’avait encore remarquée. Sans bruit, elle trottina à petites foulées sur le tapis jusqu’au centre du grand hall de la banque.
Ses pas étaient déterminés.
Son regard, vitreux. Les battements de son cœur, assourdissants.
Entièrement concentrée sur son rythme cardiaque, elle ne sentait plus sa blessure, ni le sang séché sur son corps nu et fluet. Chaque pulsation résonnait dans ses oreilles. 1-2… 3-4-5… 6… Trop irrégulières pour qu’elle puisse les compter. Elle serra de toutes ses forces l’ours en peluche sur sa poitrine. Les palpitations lui semblaient un peu moins fortes ainsi. »

« Olivia s’était mise à trembler. Elle essaya en vain de se détendre. À cause de la pluie, tout était mouillé et froid. Ses yeux et son nez coulaient et la démangeaient. Chaque fois qu’elle tentait de se gratter, la douleur lui arrachait quelques larmes.
Elle avait eu beaucoup de mal à soulever le sac à dos dans la banque, mais, une fois celui-ci hissé sur ses épaules, ça avait été. En revanche, ensuite, quand elle avait dû l’enlever, elle avait perdu l’équilibre et s’était étalée par terre. La blessure de son genou saignait et la brûlait beaucoup plus qu’avant. Le sac à dos était trempé et sale.
Elle pria le ciel pour que rien ne se soit cassé, car sinon papa serait très en colère. »

« J’ai réarrangé deux stylos posés sur la table devant moi. Je n’aimais pas avoir des objets pointus tournés vers moi. Et en plus, ils étaient de travers.
Ce faisant, j’ai remarqué que l’ongle de mon pouce était trop long par rapport aux autres. Je venais de les faire manucurer chez Madeleine, au coin de la rue. Elle s’appliquait d’ordinaire dans son travail. Quelle déception ! »

« Des années durant, j’avais combattu ce sentiment, refoulé mon « moi » véritable. Je me réveillais en sueur la nuit, avec l’impression qu’un piège se refermait sur moi. Prisonnière du monde que je m’étais moi-même créé. Je ne pouvais plus ignorer ma propre nature.
Quand j’avais commencé à remettre en question mon désir d’être comme les autres, tout était devenu plus clair. Je n’avais pas d’autre choix.
Je devais me libérer. »

Née en 1974 en Éthiopie, la Suédoise Jenny Rogneby a étudié la criminologie à Stockholm. D’abord musicienne, elle a fait la première partie d’un concert de Michael Jackson à Tallinn en Estonie, elle a travaillé pendant sept ans dans la police, à Stockholm, comme criminologue, avant de se lancer dans l’écriture de son premier roman, Leona : Les dés sont jetés, devenu dès sa sortie un best-seller en Suède, et qui a été traduit dans une dizaine de pays.

Leona : La fin justifie les moyens est son second polar avec comme héroïne l’inspectrice Leona Lindberg.

Jenny Rogneby vit à Malte

Page Facebook : https://www.facebook.com/jenny.rogneby

Drame, Frisson horreur, Suspense, Thriller

Confiance mortelle

de Iris Johansen
Broché – 2 novembre 2006
Éditeur : Encre de nuit

Depuis son plus jeune âge, Elena Kyler combat auprès des guérilleros colombiens. Elle est forte, intelligente et déterminée, et dans ce monde d’une extrême violence, personne n’a idée de ce qu’elle est capable de faire. Mais elle est aussi et avant tout une mère qui adore son fils. Or le père de celui-ci, Rico Chavez, grand ponte de la drogue, décide de le récupérer coûte que coûte pour en faire son digne héritier et éliminer par la même occasion Elena, pour qui il éprouve un amour mêlé de haine. La jeune femme devra user de toute son expérience de combattante afin de protéger et de sauver son petit garçon. Pour lui, elle devra même, pour la première fois de sa vie, demander de l’aide. Le troublant et séduisant Sean Galen est alors sollicité en vue de la secourir. Bien que suspicieux, Galen accepte la mission et se rend en Colombie où sa première rencontre avec Elena est des plus musclées. Mais s’il est certes attirant et plein d’humour, saura-t-il pour autant gagner sa confiance, elle qui sait plus que quiconque qu’il ne faut pas se fier aux autres, car la confiance peut être mortelle… ?

La cavale d’Elena est rythmée par des rencontres improbables, des alliés atypiques – parfois à la morale douteuse, mais loyaux –, et une succession d’événements rocambolesques. Le récit alterne entre scènes d’action intenses, moments de tension, mais aussi des phases plus calmes, où l’on assiste à des tentatives de réflexions philosophiques ou sentimentales entre les personnages. Ces passages m’ont parfois paru un peu forcés, la psychologie des protagonistes manquant de profondeur et sombrant trop souvent pour moi dans la caricature.

Je vous avoue avoir accueilli la fin du roman avec un peu de soulagement. Malgré ma bonne volonté, il m’a été difficile d’aller au bout de ma lecture. J’ai tenu par respect pour l’autrice, mais sans réelle conviction.

J’avais déjà lu quelques ouvrages d’Iris Johansen il y a plusieurs années et je n’y ai pas retrouvé le style qui m’avait séduit à l’époque. Peut-être est-ce moi qui ai changé… Ou peut-être tout simplement que la richesse des plumes françaises que je lis depuis sept ans maintenant a tout simplement élevé mes exigences de lecteur.

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Extraits :

« Elena Kyler frissonna en voyant qu’un cafard grimpait le long de son soutiens-gorge. Elle le chassa. Mon Dieu ! Les cafards. Elle détestait ça. Et cette cellule en grouillait. Enfin, cela valait toujours mieux que les rats… »

« Elena supporta la douleur sans une plainte, mais elle perdit connaissance au moment où Galen achevait de la recoudre.
– On n’est pas tombé sur une mauviette, dit-il.
– Elle va s’en remettre ?
Galen haussa les épaules.
– À condition de ne pas avoir chopé une infection. Si ça peut vous rassurer, je crois qu’elle s’était recousue elle-même. Les sutures étaient faites n’importe comment. Et inégales. On ferait mieux de la ramener au camp avant qu’elle ne revienne à elle. »

« Chavez, accroupi, effleura les traces d’un rouge sombre qui maculaient le sol de la pharmacie.
Le sang d’Elena.
Elle était blessée. Et elle essayait de se soigner elle-même. Animal en fuite, elle cherchait un abri où se cacher…
Non. Si tel était le cas, elle se serait cachée dans les collines à proximité de Belém. Elle se dépêchait de fuir, et il y avait une raison à cela. Elle avait une idée en tête. Elle poursuivait un objectif précis.
Et ce mais, Chavez le connaît. »

« Chavez, ayant retiré le couvercle du coffre à jouets, pris en haut de la pile l’arc et le carquois. Comment osait-elle donner à l’enfant ces jouets bon marché, cette camelote ? Elle l’avait caché dans cette maison. Le gosse ne savait que ce qu’elle avait bien voulu lui dire.
Son fils. »

« — Comment va Barry ?
– Il a peur, a répondu Elena en serrant l’enfant entre ses bras. Mais il a été très courageux. N’est-ce pas, chéri ? Dans cinq minutes, il se sentira mieux.
Barry se tut ; il continue de se blottir contre sa mère.
Mon Dieu, pourvu que ce soit vrai. Pourvu qu’il se sente mieux. Depuis qu’il était né, elle avait toujours tout fait pour le protéger contre les violences dont se tissait son existence à elle; et voilà qu’il était exposé à l’horreur à son tournée. »

Romancière très populaire, Iris Johansen vit en Géorgie, près d’Atlanta. Auteur de romans sentimentaux, elle s’est lancée à la fin des années 1990 dans l’écriture de thrillers. Devenue la rivale de Mary Higgins Clark et de Patricia Cornwell, elle sait passionner des millions de lecteurs en rendant crédibles ses personnages féminins, non conformistes et toujours très attachants. Iris Johansen a déjà vendu plus de huit millions de livres depuis le début de sa carrière et a reçu de nombreux prix pour ses romans.

Autobiographie, Émotion, Histoire vraie

Quand Maman plantait des brosses à dents

de Christelle Bardet
Broché – 13 mars 2025
Éditeur : MON POCHE

En 2002, la mère de Christelle Bardet est diagnostiquée de la maladie d’Alzheimer à l’âge de 56 ans. L’auteure l’accompagne durant 14 ans, et raconte les premiers troubles, la vie à la maison, puis en institution. Elle livre des moments magnifiques, pleins d’amour, parfois drôles et poétiques.

Je ne savais pas que l’Alzheimer pouvait planter des brosses à dents dans les jardinières. C’est le genre de chose qui ne figure pas dans les manuels médicaux, mais qui dit tout. En lisant Quand maman plantait des brosses à dents, j’ai eu l’impression d’entrer pages après pages dans l’intimité d’un quotidien à la fois absurde, tendre et terriblement bouleversant. À travers le récit de Christelle, j’ai suivi une fille qui devient parent de sa propre mère, et qui, sans héroïsme mais avec une force immense, apprend à aimer autrement.

Ce livre ne se contente pas de raconter une maladie, il met des mots sur l’indicible. Il y a de la pudeur, de la douleur, de la colère, beaucoup d’humour aussi, mais surtout l’histoire de la vie. J’ai ri, devant des situations inattendues, et j’ai été très ému souvent, face à une dégradation silencieuse et inexorable. Christelle Bardet ne cherche pas à s’apitoyer au contraire. Elle partage, elle confie, elle transmet.

Alors, à la fin du livre oui, je me suis senti bouleversé, mais finalement étrangement apaisé aussi. Car il y a dans cette histoire des vérités universelles, celles des liens, même quand la mémoire s’efface.

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Extraits :

« J’AI TENDANCE à trouver à toute situation, même très triste, un angle cocasse. Avec plus ou moins de réussite ou de bon goût parfois, mais je m’en moque. Je crois qu’on peut rire de tout, et surtout du pire. Depuis l’enfance. Du fond de la classe, près du radiateur évidemment, où l’on m’a souvent reproché la portée de ma voix – qu’on me reproche encore aujourd’hui -, tout peut être matière à rire.
En période joyeuse, avoir de l’humour, c’est du bonheur, alors qu’en période trouble, cela devient un kit de survie… »

« TOUJOURS HARCELÉE par ma désagréable intuition, je décidai d’emmener ma mère consulter un spécialiste peu après.
J’ai commencé par lui prendre un rendez-vous avec notre médecin de famille où elle se rendrait seule, ce qui devait, a priori, ne poser aucun souci. Le soir, en l’appelant pour savoir comment s’était passée la visite, elle m’annonça très naturellement qu’elle n’avait pas eu lieu : le docteur ne se trouvait pas au cabinet, qui était curieusement fermé. Après vérification auprès du médecin, j’appris qu’elle ne s’était pas présentée à l’heure dite. Je compris ensuite qu’elle n’avait pas retrouvé le chemin du cabinet. »

« L’hypocrisie de ce système est incroyable : je n’ai jamais reçu le moindre accompagnement ; en revanche, chaque année, il nous a fallu, sans faute, rendre un dossier long comme le bras, dûment rempli, avant le 15 mars. Des dossiers jamais contrôlés ensuite, évidemment. En quasiment dix années comme tutrice légale, je n’ai eu aucun rendez-vous avec une personne du service des tutelles. »

« Pire, en quelques semaines, ma mère a été envoyée à plusieurs reprises aux urgences. Dès qu’elle donnait le moindre signe de faiblesse, le personnel ne perdait pas de temps et appelait les pompiers. La pauvre se retrouvait larguée jusqu’à ce que j’arrive, et qu’elle puisse être prise en charge. En général les urgentistes attendaient ma venue afin que je puisse expliquer son cas, vu qu’elle ne parlait plus que par onomatopées. J’avais du mal à supporter la vision de son petit corps, sur un brancard, perdu dans le couloir des urgences des heures durant. »

Née en 1975 à Lyon, Christelle Bardet a fait des études de communication, avant de suivre diverses trajectoires. Dans la presse magazine, puis dans le secteur médical, elle gère aujourd’hui la communication d’une société productrice de spectacles.

Dans son livre Quand maman plantait des brosses à dents, la compagne de Laurent Gerra, raconte les dures années où elle a dû affronter la maladie de sa mère, atteinte d’Alzheimer.

Roman

Le Musée secret

Une aventure de Cassiopée Vitt
de Steve Berry, M.J. Rose
Broché – octobre 2022
Éditeur : Cherche Midi

Entrez dans les secrets les mieux gardés des vols d’œuvres d’art par les nazis.
Installée dans le Sud de la France, Cassiopée Vitt a décidé de se séparer d’une partie de son héritage : quinze tableaux de maîtres acquis par son père dans les plus respectables galeries d’art parisiennes après la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu’elle arrive dans sa maison de famille de Tossa de Mar, une surprise de taille l’attend : les prétendus chefs-d’œuvre se révèlent être des copies. C’est le début d’une aventure qui va la conduire en Andorre, dans un lieu ultrasecret, le  » Dépôt « , où sont réunis, cachés aux yeux du monde, des trésors réputés disparus depuis longtemps. Cassiopée comprend bientôt que la clé de toute cette étrange affaire se trouve au cœur des secrets les mieux gardés de l’occupation nazie.

Après Le Manuscrit cathare, cette nouvelle aventure passionnante de Cassiopée Vitt, qui s’achève au Mémorial de la Shoah à Paris, nous plonge dans les arcanes encore obscurs de la spoliation des œuvres d’art durant la Seconde Guerre mondiale.

Je viens de refermer Le Musée secret de Steve Berry. Le roman se lit vite, trop vite même. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette enquête haletante, mêlant histoire de l’art, secrets d’État et suspense politique. Suivre Cassiopée Vitt dans cette course contre la montre a été un vrai plaisir. Elle est forte, complexe, pleine de nuances.

Ce que j’ai trouvé fascinant, c’est la manière dont Berry tisse réalité historique et fiction. Le lien avec le Vatican, les œuvres d’art disparues, les coulisses du pouvoir… tout semble possible. À chaque chapitre, je me suis surpris à vouloir vérifier si tel ou tel fait était réel – et c’est là que réside la force du roman : il brouille habilement les frontières entre le vrai et l’inventé.

J’ai aussi été marqué par les thèmes de la mémoire, de la justice et de la manière dont l’Histoire peut être manipulée. L’intrigue ne m’a jamais lâché : j’étais embarqué du début à la fin, incapable de poser le livre.

Un roman intelligent, palpitant, et d’une actualité troublante. Je le recommande vivement à tous les amateurs de thrillers historiques.

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Extraits :

« “Il y a un problème ?” demandai-je à nouveau.
Miguel se tourna vers moi. Son visage avait changé de couleur, il se mordait la lèvre inférieure.
“Je ne sais pas comment te dire ça, mais… aucun de ces tableaux n’est authentique.” Il fit une pause.

“Tous, sans exception, sont des faux.” »

« – “Il y a une autre possibilité”, reprit Miguel.
Je l’avais déjà envisagée.
“Que les originaux aient été volés, après la mort de mon père. Beaucoup de temps a passé. Les occasions n’ont pas manqué.” Mais je ne pouvais pas oublier que la villa disposait d’un système de surveillance de pointe et que deux personnes s’en occupaient depuis plus de trente ans. “Paulo et Angelina sont irréprochables.
– Pardonne-moi, Cassiopée, mais la confiance est une chose singulière. Nous croyons connaître les gens. Pourtant, comme pour ces tableaux, parfois nous ne voyons pas ce qui est juste devant nos yeux.” »

« “La plupart de ces scénarios n’ont guère de sens, Cassiopée”, me dit Nicodème après que je lui eus expliqué au téléphone toutes les hypothèses de Miguel quant aux raisons pour lesquelles les tableaux n’étaient pas authentiques. Mais ce dont je suis sûr, s’est que ton père n’aurait jamais acheté des faux. »

« La guerre faisait rage, des millions de personnes étaient déportées, internées et assassinées, mais le marché de l’art était florissant. À partir de 1941, le gouvernement français de Vichy – avec la bénédiction des nazis – a volé tout ce qu’il pouvait aux Juifs. Ils se sont approprié leurs entreprises, leurs comptes bancaires, leurs maisons, leurs bijoux et leurs œuvres d’art. Ce pillage a permis à nombre de salles de ventes aux enchères et de galeries d’art de s’enrichir pendant que les Juifs dépérissaient dans des camps d’internement, affamés et mourant par milliers. On estime que plus de sept cent mille tableaux ont été dérobés aux Juifs pendant la guerre. Plus de cent mille d’entre eux manquent toujours à l’appel. »

Steve Berry étudie le droit à l’Université de Mercer à Macon. Il est ensuite avocat et plaide pendant une trentaine d’années avant d’occuper de hautes fonctions dans la magistrature pour 14 ans. Il est un membre fondateur de l’International Thriller Writers, une association de plus de 2600 auteurs de romans policiers de partout dans le monde, dont il est co-président pendant trois ans.

En 1990, il se lance dans l’écriture. En 2000 et 2001, il remporte le prix Georgia State Bar Fiction Writing Contest. En 2003, son premier roman, Le Musée perdu (The Amber Room), paraît chez l’éditeur Ballantine Books. Depuis, il a publié plusieurs thrillers, qui sont devenus autant de best-sellers.

À partir de 2006, il amorce la série des aventures de Cotton Malone.

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M.J. Rose, auteure figurant sur les listes des best-sellers du New York Times, USA Today et Wall Street Journal, a grandi à New York, principalement dans les galeries labyrinthiques du Metropolitan Museum, les tunnels sombres et les jardins luxuriants de Central Park, et en lisant les livres préférés de sa mère avant même d’y être autorisée. Elle croit que le mystère et la magie nous entourent, mais que nous sommes trop souvent trop occupés pour les remarquer… Les livres qui amplifient le mystère et la magie attirent l’attention sur eux et nous rappellent de les chercher et de nous en émerveiller.

Les écrits de Rose ont été publiés dans de nombreux magazines, dont Oprah Magazine et The Adventurine. Elle a également été mise en avant dans le New York Times, Newsweek, Wall Street Journal, Time, USA Today, ainsi que dans l’émission Today Show et à la radio NPR.

Diplômée de l’université de Syracuse, Rose a réalisé une publicité diffusée au Museum of Modern Art à New York. Depuis 2005, elle dirige la première entreprise de marketing dédiée aux auteurs – Authorbuzz.com. Elle est également cofondatrice de 1001DarkNights.com et TheBlueBoxPress.com.

La série télévisée PAST LIFE est inspirée des romans de Rose issus de sa série Reincarnationist.

– Le Manuscrit cathare (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/04/20/le-manuscrit-cathare/

Drame, Histoire, Thriller ésotérique

Le Manuscrit cathare

Une aventure de Cassiopée Vitt
de Steve Berry, M.J. Rose
Broché – 18 novembre 2021
Éditeur : Cherche Midi

Sur la piste du secret des cathares.
Sud de la France. Cassiopée Vitt s’est lancée dans la rénovation d’un château du XIIIe siècle. Lors des travaux, on trouve dans une tranchée une mystérieuse boîte en or, ornée de la croix du Languedoc. À l’intérieur, un manuscrit enluminé, écrit en occitan, que tout semble relier aux cathares. Alors qu’une société secrète est prête à tout pour mettre la main sur celui-ci, Cassiopée s’engage dans une course contre la montre pour en déchiffrer les énigmes. Bientôt, elle découvre que ses pages dissimulent une carte cryptée, qui va la mettre sur la piste du secret le mieux gardé des cathares.

Après Cotton Malone, héros des romans de Steve Berry, c’est au tour de sa comparse Cassiopée Vitt d’occuper le devant de la scène. De Carcassonne à Montségur, en passant par Toulouse, les auteurs nous entraînent ici dans un voyage palpitant, entre histoire, religion et ésotérisme, sur les traces des cathares, déclarés hérétiques par le pape en 1208 et dont les secrets sont encore nombreux.

Je suis un vrai fan de Steve Berry et au bout de plus de vingt deux romans lus, chaque nouvelle lecture me donne comme un petit frisson…

Ce roman co-écrit avec M.J. Rose n’a pas dérogé pas à la règle. Il m’a embarqué dans une aventure haletante, entre histoire, mysticisme et suspense. J’ai suivi les pas de Cassiopée Vitt, dans une quête aussi fascinante que dangereuse, à la recherche d’un ancien manuscrit cathare qui pourrait bien bouleverser les fondements du christianisme.

Ce que j’ai adoré, c’est l’équilibre entre suspense, érudition et ésotérisme. L’intrigue m’a menée des souterrains de Carcassonne, avec des énigmes et des révélations à chaque tournant. J’ai ressenti la tension monter à mesure que les secrets enfouis depuis le XIIIe siècle remontaient à la surface, menaçant l’ordre établi.

Les auteurs ont su mêler avec brio à mon goût, réalité historique et fiction. L’alternance entre passé et présent, les mystères du Languedoc, les secrets d’Église… tout y est. Les Cathares, ces “hérétiques” pourchassés par l’Église, reprennent vie dans ce récit haletant. J’en ressors un peu plus curieux sur l’histoire occitane, et avec l’impression d’avoir touché du doigt un mystère bien plus grand que moi.

À la dernière page, je n’avais qu’une envie, lire la suite… Devinez donc quelle est d’ores et déjà ma nouvelle lecture ?

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Extraits :

« Cassiopée Vit eut la certitude qu’ils avaient assiopée Vitt eut la certitude qu’ils avaient
Pourquoi ?
Difficile à dire. L’instinct, sans doute, qui lui venait des années où elle avait fouillé la terre, construit un château. C’était sa passion, son œuvre, celle qui allait sans doute la dévorer tout au long de sa vie d’adulte.
Mais ça en valait la peine. Surtout dans des moments comme celui-ci, quand le sol français révélait enfin ses secrets. »

« Elle regarda leur découverte dans le sol.
Ils avaient dégagé tout le coffret. Qui avait une certaine majesté. Et qui était en or, sans aucun doute possible. Le dessus était décoré avec un assortiment de pierres en cabochon qui avait une curieuse forme de croix, aux pointes pommetées. Comme une croix de Malte inversée, mais plus courte et plus trapue. »

« Aristote a dit que « toutes les actions humaines ont une ou plusieurs de ces sept causes : chance, nature, contrainte, habitude, raison, passion, désir ». En ce qui la concernait, l’habitude semblait l’emporter, bien que la part de passion devint chaque jour plus importante. »

« Le mot « cathare » vient du grec katharós, signifiant « pur ». Et une simple désignation suffisait. Celui qui ne vivait pas les enseignements du Christ ne pouvait pas exercer son ministère auprès des autres. Le titre ne signifiait rien, l’argent encore moins. Seule comptait la valeur intrinsèque de l’âme. »

« Elle s’assit à son bureau, ouvrit l’ordinateur portable et mit de la musique. Le matin, sa préférence allait au chant grégorien, et la polyphonie des voix des moines bénédictins résonna dans la pièce. Elle aimait ces sonorités venues d’ailleurs qui l’atteignaient au plus profond d’elle-même et l’apaisaient. Une chose était sûre : la musique avait un pouvoir de guérison. Elle l’avait constaté sur des animaux, des enfants, des malades et des personnes âgées. Il y avait quelque chose de mystérieux dans ce pouvoir. Pas de Dieu. Pas de magie. Juste un tonique pour l’âme. »

Steve Berry étudie le droit à l’Université de Mercer à Macon. Il est ensuite avocat et plaide pendant une trentaine d’années avant d’occuper de hautes fonctions dans la magistrature pour 14 ans. Il est un membre fondateur de l’International Thriller Writers, une association de plus de 2600 auteurs de romans policiers de partout dans le monde, dont il est co-président pendant trois ans.

En 1990, il se lance dans l’écriture. En 2000 et 2001, il remporte le prix Georgia State Bar Fiction Writing Contest. En 2003, son premier roman, Le Musée perdu (The Amber Room), paraît chez l’éditeur Ballantine Books. Depuis, il a publié plusieurs thrillers, qui sont devenus autant de best-sellers.

À partir de 2006, il amorce la série des aventures de Cotton Malone.

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M.J. Rose, auteure figurant sur les listes des best-sellers du New York Times, USA Today et Wall Street Journal, a grandi à New York, principalement dans les galeries labyrinthiques du Metropolitan Museum, les tunnels sombres et les jardins luxuriants de Central Park, et en lisant les livres préférés de sa mère avant même d’y être autorisée. Elle croit que le mystère et la magie nous entourent, mais que nous sommes trop souvent trop occupés pour les remarquer… Les livres qui amplifient le mystère et la magie attirent l’attention sur eux et nous rappellent de les chercher et de nous en émerveiller.

Les écrits de Rose ont été publiés dans de nombreux magazines, dont Oprah Magazine et The Adventurine. Elle a également été mise en avant dans le New York Times, Newsweek, Wall Street Journal, Time, USA Today, ainsi que dans l’émission Today Show et à la radio NPR.

Diplômée de l’université de Syracuse, Rose a réalisé une publicité diffusée au Museum of Modern Art à New York. Depuis 2005, elle dirige la première entreprise de marketing dédiée aux auteurs – Authorbuzz.com. Elle est également cofondatrice de 1001DarkNights.com et TheBlueBoxPress.com.

La série télévisée PAST LIFE est inspirée des romans de Rose issus de sa série Reincarnationist.

Amour, Émotion, Cercle littéraire, Drame

Ce que je sais de toi

Ce que je sais de toi
de Éric Chacour
Poche – 2 janvier 2025
Éditeur : Folio

“Ali te fascinait. Il y avait chez lui une liberté absolue, une absence de calcul, une exaltation du présent. Il n’était lié par aucun passé et ne concevait pas l’avenir à travers les mêmes contraintes que toi. Il se contentait de vivre et tu te surprenais parfois à espérer que vivre serait contagieux.”

Dans le Caire des années 1980, Tarek est un jeune homme à l’avenir tout tracé. Après avoir repris le cabinet médical de son père, il s’apprête à épouser Mira, son amour de jeunesse. Mais, en ouvrant un dispensaire dans le quartier défavorisé du Moqattam, Tarek fait la connaissance d’Ali. Cette rencontre inattendue ne tarde pas à ébranler ses certitudes… De l’Égypte au Canada, ce roman, fait de dévoilements successifs, nous entraîne à la suite d’un homme en quête d’une vérité aussi brûlante que libératrice.

Hier soir, j’ai eu le plaisir de passer une très belle soirée au Cercle littéraire du Château de l’Hermitage, à la rencontre d’Éric Chacour, lauréat du prix littéraire France-Québec. J’avais découvert l’auteur à travers son roman… Hier j’ai découvert l’homme. Une présence humble, une parole sincère, une émotion partagée. Un grand merci à Corinne Tartare pour cette rencontre aussi chaleureuse que riche, où simplicité à résonné avec qualité.

Je viens de terminer Ce que je sais de toi, une immersion poignante et intime dans les profondeurs d’une vie marquée par l’amour et le mensonge. Ce roman d’Éric Chacour se présente comme une confidence murmurée, un récit à la fois discret et intense, où l’amour, le non-dit et les pressions sociales se tissent en une toile subtile et douloureuse. J’ai suivi Tarek, un médecin respecté du Caire des années 80, dont l’apparence de respectabilité masque un monde intérieur dévasté, en décalage avec les normes qui l’entourent.

J’ai ressenti la tension palpable entre devoir, religion et désir, mais l’écriture de l’auteur ne m’a pas toujours emporté, comme si j’avais feuilleté le journal intime d’un homme constamment contraint au silence. L’emploi quasi exclusif du passé simple m’a quelque peu désorienté, malgré une émotion se devine plus qu’elle ne s’expose. Éric Chacour est très fort dans l’art de suggérer : un geste retenu, un regard évité, un mot qu’on n’ose pas dire. Seules les pages empreintes de solitude et de renoncements ont vraiment trouvé un écho en moi. En refermant le livre, j’ai eu l’impression d’avoir frôlé une peine intime, profondément comprise, mais qui n’a pas su me bouleverser autant que je l’aurais souhaité.

Je resterai curieux de découvrir son prochain roman — peut-être parviendra-t-il à m’emporter encore plus loin…

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Extrait :

« La vie commencerait plus tard. Pour l’heure, ce n’était pas la vie. C’était une attente, un répit peut-être, l’enfance, une lente préparation. À quoi te préparais-tu? Ou, plus précisément, à quoi te préparait-on ? Tu appréciais davantage la compagnie des adultes que celle des enfants de ton âge. Tu étais ébloui par ceux qui n’hésitent jamais. Ceux qui, avec le même aplomb, peuvent critiquer un Président, une loi ou une équipe de football. Ceux dont chaque geste semble affirmer qu’ils détiennent la vérité pleine et entière. Ceux qui régleraient en un claquement de doigts les questions de la Palestine, des Frères musulmans, du barrage d’Assouan ou des nationalisations. Tu finissais par croire que c’était cela, l’âge adulte : la disparition de toute forme de doute. »

« Il s’agissait du premier deuil auquel tu étais si directement exposé. Tu découvrais ce sentiment diffus d’être extérieur à toi-même, presque dissocié de ta propre enveloppe, comme si l’esprit se refusait à infliger au corps une douleur qu’il ne supporterait pas. Tu te voyais apprendre la disparition de ton père, recevoir les invités, tâcher de soulager ta mère. Tu entendais chacun des mots que tu disais comme s’il était prononcé par un tiers. Tu t’observais en compagnie de Nesrine, elle pleurant autant que tu ne pleurais pas. »

« Si, dans cette cosmogonie de missel, la tâche première de chaque être humain est de contrôler ce qui l’entoure, force est d’admettre que certains s’en acquittent admirablement. Par la constitution d’un empire financier, à l’instar d’Omar et de son commerce florissant de coton, ou bien encore par l’habileté et le statut social dont savait si bien jouer ta mère.
Chacun poursuivait un but qui lui était propre : l’argent, le pouvoir, l’influence, le sexe… »

Éric Chacour est né en 1983 à Montréal, au Québec. En 2023, il publie son premier roman, Ce que je sais de toi, couronné par une vingtaine de prix, dont le prix Femina des lycéens 2023 et le prix des Libraires 2024.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Frisson horreur

La Dernière Allumette

de Marie Vareille
Poche – 2 avril 2025
Éditeur : Le Livre de Poche

Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent en Bourgogne. Sa vie d’avant ? Elle l’a en grande partie oubliée. Elle est même incapable de se rappeler l’événement qui a fait basculer sa destinée et l’a poussée à se retirer du monde. De loin, elle observe la vie parisienne de Gabriel, son grand frère, dont la brillante carrière d’artiste et l’imaginaire rempli de poésie sont encensés par la critique. Mais le jour où il rencontre la lumineuse Zoé et tombe sous son charme, Abigaëlle ne peut s’empêcher de trembler, car elle seule connaît vraiment son frère…

Alternant passé et présent, confessions et silences, jouant avec le temps, l’espace et la capacité de son lecteur à ressentir la tragédie en ne lui en donnant que progressivement les clés, Marie Vareille fait montrer la tension et réunit dans ce roman une foule de solitudes, dénonçant les violences familiales et l’enfance dézinguée autant qu’elle nous en console.
Marine de Tilly, Le Point.

Il y a des romans que je lis, et d’autres qui me traverse. La Dernière Allumette, de Marie Vareille, fait partie de ceux-là. Dès les premières pages, j’ai senti quelque chose de familier, une émotion sourde qui montait sans prévenir. Ce n’était pas seulement l’histoire d’une jeune fille brisée : c’était un écho, presque une mise en miroir de certaines blessures que je porte encore aujourd’hui en silence. À chaque chapitre, j’ai eu la sensation troublante de me retrouver entre les lignes.

La plume de Marie Vareille est d’une justesse désarmante. Elle écrit la douleur comme on murmure à l’oreille de quelqu’un qui a connu la nuit. J’ai pleuré, bien sûr. Mais j’ai surtout été bouleversée par la délicatesse avec laquelle elle parle d’absences, de silences, d’oublis, de ces liens qui nous façonnent même quand ils sont blessés. L’allumette, cette dernière flamme à protéger coûte que coûte, est devenue pour moi un symbole intime. Une façon de dire que, malgré tout, il y aura toujours un peu de lumière.

Marie, ce roman magnifique m’a remué profondément, parce qu’il a touché quelque chose de vrai, que je croyais enfoui au plus profond de moi. Je ne suis pas près de l’oublier. Les histoires les plus douloureuses sont aussi celles qui me guérissent, pour cela, je te remercie…

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Extraits :

« Le Dr Hassan, la psychiatre que je fréquentais autrefois sur demande de l’administration scolaire, a toujours expliqué que «ce n’est pas une solution de déformer les vérités qui ne nous conviennent pas». Avec le recul, peut-être avait-elle raison. Le problème des mensonges, c’est qu’ils finissent toujours par avoir des conséquences. »

« Mon frère vivait chaque instant avec la conscience insupportable que le pire arrivait sans préavis, au moment où on s’y attendait le moins. À l’âge adulte, il avait appris à contrôler en partie ses angoisses, évidemment. Il prenait des médicaments, il appelait sa psy, il faisait du sport à outrance, courait des marathons et défonçait des sacs de frappe dans des clubs de boxe pour évacuer un trop-plein de rage qui se reconstituait sans cesse. Mais surtout, il dessinait. Il déversait à grands coups de crayon sur du papier Canson la nuit qui l’habitait. Il noircissait les feuilles pour éclairer son âme. Quand il écoutait les gens s’émerveiller de sa créativité, des mondes fantasmagoriques qu’il faisait naître sous ses doigts, il était toujours surpris. Parfois, il était tenté de leur expliquer qu’il n’inventait rien. Simplement, il vivait là, dans le cœur froid et humide de la forêt sans fin de ses angoisses. Seul. Toujours. »

« Gabriel ne supporte pas d’endurer ces troubles intérieurs. Soit il les dessine et il arrive à les faire sortir ; soit il court des kilomètres en espérant distancer ses angoisses ; soit il les étouffe et se laisse infecter de l’intérieur. »

« Je ne suis pas sûre d’être en capacité de reconstituer cette histoire jusqu’au bout. Mon quotidien est désormais un emmental, perforé d’inexplicables trous de mémoire. Ces problèmes cognitifs empirent de jour en jour, mais je sais qu’ils datent de l’enterrement. »

« C’est étrange. Parfois, j’ai l’impression que mon cerveau efface ce qui s’est passé. Je ne sais plus si j’ai exagéré, si les choses sont vraiment arrivées ou alors dans quel ordre…
Je lui explique que cette confusion mentale est caractéristique du stress post-traumatique, que son cerveau refuse d’admettre la situation, parce qu’elle est trop difficile à encaisser, alors il l’ettace partiellement, voire réécrit l’histoire de manière à ce que ce souvenir soit supportable. »

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Elle est l’autrice de plusieurs best-sellers totalisant près d’un million de ventes dans le monde. Son roman Désenchantées, paru en 2022 aux éditions Charleston et en 2023 au Livre de Poche, a remporté le Prix des lecteurs Système U, ainsi que le Prix des lecteurs de la librairie Lamartine. La Vie rêvée des chaussettes orphelines a reçu le Prix Charleston poche 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021. Ses livres sont traduits dans plus de dix pays.

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie « Elia la Passeuse d’âmes » et son roman Young Adult « Le syndrome du spaghetti » a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Amour, Émotion, Historique, Roman de terroir

Un ardent désir de peindre

de Louis Mercadié
Broché – 13 mars 2025
Éditions : de Borée

Florine grandit dans les montagnes du Gévaudan et aide aux travaux de la ferme, vouée à perpétuer les traditions rurales et familiales. Animée d’un fort sentiment de liberté et d’une réelle volonté de peindre, tout bascule pour elle lorsque ses parents lui imposent un mariage, qu’elle refuse. Elle est alors envoyée dans un couvent mais n’a pas la vocation et supporte mal l’enfermement. Sa rencontre avec le peintre Charles Grandon pourrait bien lui ouvrir les voies d’une nouvelle vie…

Je viens de refermer Un ardent désir de peindre, et je sens encore vibrer en moi la voix de Florine, cette jeune femme habitée, presque consumée, par l’art. Ce roman de Louis Mercadié m’a profondément ému. Il ne raconte pas simplement l’histoire d’une peintre : il donne corps à une passion brûlante, à une urgence intérieure que rien ne semble pouvoir apaiser.

Florine m’a touchée par sa sensibilité à fleur de peau, par ce besoin presque douloureux de peindre, de traduire le monde avec ses pinceaux quand les mots lui échappent. À travers elle, j’ai ressenti l’ivresse de la création, mais aussi ses vertiges : la solitude, l’incompréhension des autres, la lutte constante entre le réel et le désir de beauté.

La plume de l’auteur est sobre, précise, presque picturale. Il brosse Florine avec tendresse et vérité, sans jamais forcer le trait. J’ai eu le sentiment d’accompagner une âme libre, indocile, qui cherche sa place dans un monde trop étroit pour son feu intérieur.

Un ardent désir de peindre n’est pas un roman que l’on se contente de lire : je l’ai ressenti profondément. Il rend justice, avec justesse, à ces femmes que l’Histoire a trop souvent reléguées dans l’ombre. Et lorsque j’ai refermé le livre, je suis resté un moment figé, comme face à une toile encore vibrante, longtemps après que le pinceau ait quitté sa toile…

Un très grand MERCI encore une fois à Virginie des Éditions de Borée

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Extraits :

« Florine, petite fille de six ans, vivait chez ses parents, Blaise et Marguerite Aubuzac, dans leur ferme accrochée aux pentes du Gévaudan. Espiègle, toujours souriante, elle faisait claquer ses sabots dans la cour qui jouxtait la maison. Chaque jour, comme dans toutes les fermes, les enfants devaient s’occuper d’une multitude de corvées. Mais la petite, toute à sa tâche, rêvait cependant, sensible à la beauté de la nature, aux saisons, aux odeurs des champs. »

« Elle guettait d’un air gourmet les larmes de sirop épais qui parfois glissaient le long du pot de terre. Alors, elle les interceptait du bout du doigt, qu’elle tétait avec bonheur. En de trop rares moments, après les petites tâches qu’elle effectuait, elle s’évadait vers ses dessins de fleurs ou d’oiseaux, s’éparpillant dans un monde de liberté. Très fière, elle les montrait en cachette à son aïeule. Toutes les deux s’entendaient comme larrons en foire et profitaient des petites parcelles de vie qui s’offraient. Leurs dialogues, leur connivence, fréquemment émaillés de petits sourires, échappaient aux autres. »

« Quoique bien jeune, Florine détenait un joli coup de crayon. C’était inné chez elle ! Dessiner lui permettait de s’évader d’un univers dont elle percevait trop la rusticité et où elle ne pouvait prétendre changer de condition. Pourtant, malgré son état de fille de paysan, elle ne rêvait qu’à son indépendance. »

« Le visage de sa grand-mère se rembrunit légèrement, mais assez pour que Florine le remarque.
– Croyez-vous, grand-mère, que je puisse un jour être libre de dessiner ?
– Si tu en as la volonté, ce sera possible, mais ce sera difficile, très difficile, car tu es une femme…
Florine croisa les bras comme pour réprimer un frisson.
– Femme ou homme, qu’est-ce que ça change ? »

« – Non, père, je ne veux pas être paysanne. Je veux dessiner et peindre !
– Mais tu es folle, ma fille ! reprit Marguerite. Crois-tu que la vie, c’est ça : dessiner et peindre ? Il te faut un bon mari, solide et besogneux, et tu l’aideras dans sa ferme comme moi j’aide ton père. Au moins, tu pourras manger ! Bon, assez de ces jérémiades ! Il est temps de commencer le repas ! Allez, sers tout le monde ! »

Originaire du Nord-Aveyron, au pied des monts d’Aubrac, et fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. C’est aussi un passionné.

Auteur de plusieurs monographies historiques et d’une thèse de troisième cycle (Histoire, Géographie, Sciences humaines, Université de Jussieu), il a obtenu deux prix littéraires pour une biographie sur Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle.

Chevalier des Arts et Lettres, conférencier, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’a de cesse de parcourir l’histoire du département, notamment celle de ces femmes qui ont vécu un destin remarquable.

Émotion, Drame, Violence

Eldorado

de Laurent Gaudé (Auteur)
Poche – 2 mars 2009
Éditions : J’AI LU

« Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes. »
Pour fuir leur misère et rejoindre l’“Eldorado”, les émigrants risquent leur vie sur des bateaux de fortune… avant d’être impitoyablement repoussés par les gardes-côtes, quand ils ne sont pas victimes de passeurs sans scrupules. Le commandant Piracci fait partie de ceux qui sillonnent les mers à la recherche de clandestins, les sauvant parfois de la noyade. Mais la mort est-elle pire que le rêve brisé ? En recueillant une jeune survivante, Salvatore laisse la compassion et l’humanité l’emporter sur ses certitudes…

Voyage initiatique, sacrifice, vengeance, rédemption : le romancier au lyrisme aride manie les thèmes de la tragédie antique avec un souffle toujours épique.
L’EXPRESS

Eldorado ne se lit pas : il s’éprouve.
C’est un roman qui m’a brûlé à l’intérieur, qui m’a remué la conscience et mit des visages sur des drames trop souvent noyés dans l’anonymat. J’ai suivi le commandant Piracci, homme en uniforme mais surtout un homme droit plein de doutes, rongé par une lassitude silencieuse qui va l’emporter. J’ai marché, moi aussi, avec Soleiman et tous les autres, fuyant la misère avec pour seule boussole un rêve d’Occident, un Eldorado aussi lointain qu’insaisissable.

Il n’y a pas de misérabilisme chez Laurent Gaudé, juste une dignité marquée et très puissante, une humanité à fleur de peau. Ses mots sont sobres, mais percutants, et chaque chapitre m’a laissé cette impression d’être un peu plus impliqué, un peu moins indifférent. Finalement, ce roman, c’est le croisement de deux chemins : celui de l’exil et plus encore celui du retour vers soi. Deux trajectoires que tout semble opposer mais que la mer relie dans une gravité commune.

À la dernière page, je suis resté là, silencieux, j’avoue un peu perdu devant tant de violence. Ce roman n’a pas d’une fin pour moi, il est un appel. Un appel pour ne jamais oublier, un appel à regarder au-delà des chiffres, au-delà des médisances, un appel à entendre les battements de cœur en souffrance au-delà des mers, derrière les frontières…

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Extraits :

« Le commandant Salvatore Piracci déambulait dans ces ruelles, lentement, en se laissant porter par le mouvement de la foule. Il observait les rangées de poissons disposés sur la glace, yeux morts et ventre ouvert. Son esprit était comme happé par ce spectacle. Il ne pouvait plus les quitter des yeux et ce qui, pour toute autre personne, était une profusion joyeuse de nourriture lui semblait, à lui, une macabre exposition. »

« “Voilà que les femmes me regardent, se dit-il. Et moi qui m’imaginais déjà avoir à me battre.” Puis il reprit sa marche et n’y pensa plus. Il quitta les ruelles engorgées du marché en laissant le soleil scintiller sur les toits et les pavés de Catane. Il quitta les ruelles du marché sans s’apercevoir que la femme, comme une ombre, le suivait. »

« Il finit par se dire que le plus simple serait de demander de l’aide. À deux ou trois, ils parviendraient peut-être à l’emmener. C’est alors que leurs regards se croisèrent. Jusque-là, il n’avait vu qu’un corps emmitouflé, qu’une femme éreintée de fatigue, une pauvre âme déshydratée, qui ne voulait pas quitter la nuit. Mais lorsqu’il croisa son regard, il fut frappé par cette tristesse noire qui lui faisait serrer la rambarde de toute sa force. C’était le visage de la vie humaine battue par le malheur. Elle avait été rouée de coups par le sort. Cela se voyait. Elle avait été durcie par mille offenses successives. Et il sentit que, malgré cette faiblesse physique qui la rendait peut-être incapable de se lever toute seule et de marcher sans aide, elle était infiniment plus forte que lui, parce que plus éprouvée et plus tenace. C’est pour cela, certainement, qu’il n’avait pu oublier ses traits »

« Elle sentait qu’il partait et qu’il fallait qu’elle se batte bec et ongles. Elle l’appela, le serrant, lui tapota les joues. Il finit par râler, distinctement. Un petit râle d’enfant. Elle n’entendait plus que cela. Au-dessus du brouhaha des hommes et du bruissement des vagues, le petit souffle rauque de son enfant lui faisait trembler les lèvres. Elle fournit. Elle gémit.
Les heures passèrent. Toutes identiques. Sans bateau à l’horizon. Sans retour providentiel de l’équipage. Rien. La révolution lente et répétée du soleil les torturait et la soif les faisait halluciner.
Elle était incapable de dire quand il était mort. »

……………………………

Né en 1972, Laurent Gaudé a fait des études de Lettres Modernes et d’Études Théâtrales à Paris. C’est à l’âge de vingt cinq ans, en 1997, qu’il publie sa première pièce, Onysos le furieux, à Théâtre Ouvert. Suivront alors des années consacrées à l’écriture théâtrale, avec notamment Pluie de cendres jouée au Studio de la Comédie Française.
Parallèlement à ce travail, Laurent Gaudé se lance dans l’écriture romanesque.
En 2001, âgé de vingt neuf ans, il publie son premier roman, Cris.

Il est notamment l’auteur de :

  • Cris (2001, Babel),
  • La Mort du roi Tsongor (2002, prix Goncourt des lycéens 2002, prix des Libraires 2003, Babel),
  • Le Soleil des Scorta (2004, prix Goncourt 2004, prix Jean-Giono 2004, Babel),
  • Eldorado (2006, Babel),
  • Dans la nuit Mozambique (2007, Babel),
  • La Porte des Enfers (2008, Babel)
  • Ouragan (2010)
Amour, Émotion, Drame, Folie, Violence

Abena

de Pierre Chavagné
Broché – 21 mars 2025
Éditions : Le mot et le reste

Au coeur d’un massif enneigé, Kofi et sa petite soeur Abena sont traqués par la Souche, une milice de gardes frontières. Dans leur fuite, ils croisent Caïn, un marginal qui leur vient en aide. Le trio trouve refuge en altitude chez un mystérieux couple d’ermites. La situation préoccupante dans la vallée et dans tout le pays les contraindra à hiverner ensemble. Ce confinement prolongé mettra la communauté à rude épreuve. Ils devront panser leurs blessures, s’organiser et s’approvisionner pour affronter la rudesse du climat et le groupe armé qui patrouille à leur recherche. Ils inventeront leurs règles et apprivoiseront leurs différences, mais tiraillés par la peur, l’ennui et l’émerveillement, les dissensions ne tarderont pas ; l’ennemi n’est pas toujours là où on l’attend.

C’était il y a un mois, jour pour jour. Un roman parmi d’autres, glissé discrètement dans ma boîte aux lettres. J’étais loin d’imaginer les bouleversements qu’il allait provoquer en moi au fil des pages…

Il y a des livres qui vous happent dès les premières lignes, qui vous remuent profondément, et qui continuent de vibrer en fin de lecture. Abena fait partie de ceux-là.

Une fillette et son frère perdus dans les Alpes sont traqués par une milice, en plein hiver. Mais au-delà de leur survie, c’est un récit profondément humain, qui oscille entre violence et grâce, instinct et réflexion.

Pierre Chavagné signe un texte puissant, à la fois romanesque et méditatif. J’ai pensé à La Route de Cormac McCarthy – ce même vertige face à la nature, cette noirceur lumineuse, cette capacité à sonder l’âme humaine sans jamais juger. L’écriture est agréable, fluide et très visuelle. L’auteur joue avec les nuances, les failles, les zones grises. Les personnages sont tous finement dessinés, crédibles, humains. Alors, j’ai grelotté, tremblé, douté même avec les personnages, me demandant régulièrement : Qu’est-ce que moi j’aurais fait ?

Abena parle de fraternité, de solidarité, mais aussi de la folie des hommes. Le récit interroge notre époque sans donner de leçon, sur la perte de repères, la violence qui gronde, ou quête de spiritualité, le besoin de nature, me laissant seul face à mes émotions. C’est bouleversant, intense… Il m’a rappelé pourquoi j’aime autant lire.

Un roman total, radical, à la fois tendu comme un thriller et aussi profond qu’une méditation. Les dernières phrases ont continué à résonner en moi, comme un écho persistant. Comme un souffle… Si vous aimez les textes qui vous happent et vous bousculent, foncez…

Merci aux Éditions Le mot et le reste pour ce très beau cadeau !

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Extraits :

« En hiver, les montagnes ont faim; au-delà d’une certaine altitude, les rochers deviennent des dents. Le frère et la sœur louvoient sur la crête osseuse entre des blocs de granit; deux petits bouts de viande reliés par une cordelette ; des proies, pas bien grasses, presque mortes. Le ciel est blanc, comme un bol de porcelaine vide renversé sur leurs têtes.
Aucune nuance de couleur, rien d’autre qu’un dôme lacté, une membrane impénétrable qui accentue la sensation de solitude et d’égarement. Leurs pieds engourdis par le froid s’enfoncent dans la neige, certains passages impraticables les obligent à des détours, ils glissent, tombent, se relèvent; impossible de rebrousser chemin, des hommes les pourchassent. »

« “Accélère.” Il s’encourage en se remémorant la voix hurlante de son entraîneur. « Bats-toi contre l’idée de perdre. » Un pas de moins. Encore un. “Si cela doit te tuer, que cela te tue, alors tu connaîtras ta limite.” »

« Mille mètres plus bas, sur le même versant, Cain est assis sur une souche au milieu de nulle part, les pieds enfoncés dans une flaque boueuse, rouge de son propre sang. Ce couteau dans le ventre n’était pas une bonne idée, il existe des manières plus douces de faire le point sur sa vie, surtout à vingt ans. »

« Il n’a rien prémédité. Un matin, il a emprunté tout l’argent qu’il a pu et a volé le reste à sa famille. Il a récupéré Abena à l’école. Comme ça sur un coup de tête.
Trois semaines qu’Abena ne parlait plus après le meurtre de sa camarade de classe. Ça le rendait malade. Puis il y a eu ses deux amis d’enfance qui ont péri le même jour sur le front du Tigré. Il a paniqué. »

Né en 1975 en banlieue parisienne, Pierre Chavagné vit désormais en Uzège, dans une maison en bois avec sa femme et ses trois fils. Dirigeant d’une entreprise de biotechnologie, depuis peu, il se consacre exclusivement à l’écriture.

« J’écris pour créer de la vie en plus grand. »
Grand lecteur, il écrit pour éviter de parler. Et aime placer la nature au centre de l’histoire.

  • Auteur Academy (2010) est son premier roman,
  • Les Duellistes (2017) aux éditions Albin Michel,
  • La Femme paradis (2023) aux éditions Le mot et le reste a fait partie de la sélection finale du Prix Orange du livre,
  • Abena (2025) aux éditions Le mot et le reste est son quatrième roman.