Émotion, Drame, Historique

Nous qui avons connu Solange

de Marie Vareille
Broché – 11 mars 2026
Éditeur : Flammarion

“Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles.”

Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l’attend aux champs. Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées « déviantes ». Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l’irréparable ? De la France de nos grands-parents jusqu’à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l’extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

À chaque fois que je lis un roman de Marie Vareille, j’ai cette sensation étrange… comme si, derrière chaque histoire, se cachait un message beaucoup plus profond, presque intime.
Avec La Dernière Allumette, j’avais lu ses mots comme un cri, une mémoire, un hommage à toutes ces femmes qui avaient osé, souffert et résisté…

Cette nuit, après quelques heures de lecture, j’ai fermé la dernière page de Nous qui avons connu Solange, avec un profond respect… Et en le refermant, je n’étais plus vraiment moi.
J’étais Célestine. J’étais Solange. J’étais Marguerite, Jeanne, Manon… mais aussi un peu Armand et tant d’autres encore.
J’aurais voulu ralentir ma lecture. Rester encore un peu dans leurs vies. Mais quelque chose m’attirait vers la fin, irrésistiblement. Ce moment où tout se dévoile. Où les silences se fissurent enfin, ce moment où Célestine se dévoile et s’ouvre à sa petite fille.

Célestine, née au début du siècle, grandit dans une ferme en Gironde. Très tôt, elle veut comprendre, apprendre, choisir. Elle rêve d’une vie où elle déciderai, s’émanciperai. Mais à son époque, une femme ne choisit pas. Elle obéit. Elle travaille. Elle se tait.
Et c’est là que ce roman m’a bouleversé. Parce qu’il raconte sans détour. Parce qu’il montre ce que l’on préfère parfois ne pas voir. Parce qu’il donne une voix à celles que l’on a enfermées.
Page après page, j’ai été happé. Le lien entre Célestine et Solange, je l’ai deviné très vite, il m’a frappé, profondément, m’a ému, marqué. J’ai pensé à ma mère, mes tantes, à mes grand-mères à toutes ces femmes que j’ai côtoyé dans mon enfance sans vraiment les voir…
Leur force. Leurs silences. Leurs combats invisibles, leurs espoirs peut-être.

Ce roman est dur, il fait mal car il dit la vérité. Mais il est aussi d’une beauté rare. Délicat, profondément humain, presque nécessaire. Il ouvre une nouvelle fois les yeux là où je pensais que tout avait déjà été écrit.
Non ! Tout ne sera jamais entièrement écrit. Il y aura toujours une Célestine, une Solange quelque part dans le monde, qui est perdue et qui ne demande qu’a hurler, qu’on la laisse vivre sa vie, qui refusera d’être enfermée, contrôlée, et d’être jugée dès qu’elle refusera de se taire, même quand tout la pousse à plier…

Un livre qui pourrait être un livre “de femmes” pour les femmes, mais il est bien plus que cela. C’est un livre pour comprendre. Pour ressentir. Pour ne plus détourner les yeux. Tel un cri, une évidence, un livre qui doit être lu. Un hommage à toutes celles que l’on a voulu faire taire face à la violence de certains hommes.

Un livre qui m’a remué, sincèrement, peut-être même mon plus gros coups de cœur pour 2026…
Merci Marie, pour cette force silencieuse, cachée entre les mots, qui attend que la vérité éclate et bouleverse, malgré les blessures, en traversant les générations.

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Extraits :

« Je vais commencer, ma Biquette, par te dire ceci : le jour de la mort de Solange, ce jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. Pourtant, avant cette nuit terrible, durant laquelle la grange bleue a brûlé et où Solange est morte, aucune saveur n’égalait celle des mirabelles chauffées au soleil que je ramassais dans le verger des Bellanger ; celles que Maman glissait dans la poche de mon tablier en cachette, celles que je partageais avec Solange, sa joue tiède contre la mienne, au bord de la rivière. »

« J’ai vécu mes premières années principalement entourée de femmes et d’enfants. Les hommes, mobilisés en masse, étaient tous morts à la guerre, ou presque, et ceux qui étaient revenus avaient laissé un bout de leur âme au fond des tranchées boueuses. Note que cela ne les a pas empêchés, dès leur retour, de prendre la direction de la coopérative et de renvoyer les femmes du village à leur juste place, à savoir, selon eux, dans la cuisine. »

« Malgré la loi de 1882 qui avait rendu l’école obligatoire de six à treize ans, Maman, comme beaucoup des enfants de paysans dont l’aide était nécessaire à la ferme, était peu allée en classe. Elle savait néanmoins lire et écrire et elle possédait même quelques livres. C’était une de ses grandes fiertés. Les rares moments où elle me prenait sur ses genoux plus de quelques secondes ont été pour m’apprendre à lire, vers l’âge de cinq ans. »

« Je m’appliquais autant que je pouvais, pour être sa meilleure élève et voir le visage de ma mère s’éclairer quand elle tournait les pages de mes cahiers à carreaux aux marges fleuries d’excellentes notes. À l’époque, dans un village aussi petit que Sarégnac, les cours préparatoire et élémentaire étaient mélangés dans une seule et même salle de classe. M. Dujardin me citait en exemple, s’émerveillant de mes étonnantes capacités en calcul, surtout pour une fille, précisait-il parfois, et il me donnait souvent les exercices destinés aux plus âgés. »

« Ma passion pour les romans exaspérait Alphonse, pour qui perdre du temps à lire des événements qui ne sont jamais arrivés à des gens qui n’ont jamais existé relevait de la démence. Il a même jeté une fois Le Tour du monde en quatre-vingts jours au feu après m’avoir giflée, parce que bien trop profondément plongée dans les passionnantes aventures de Phileas Fogg je ne l’avais pas entendu m’ordonner de préparer le dîner. »

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Elle est l’autrice de plusieurs best-sellers totalisant près d’un million de ventes dans le monde. Son roman Désenchantées, paru en 2022 aux éditions Charleston et en 2023 au Livre de Poche, a remporté le Prix des lecteurs Système U, ainsi que le Prix des lecteurs de la librairie Lamartine. La Vie rêvée des chaussettes orphelines a reçu le Prix Charleston poche 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021. Ses livres sont traduits dans plus de dix pays.

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie « Elia la Passeuse d’âmes » et son roman Young Adult « Le syndrome du spaghetti » a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Là où tu iras j’irai (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/19/la-ou-tu-iras-jirai/

La vie rêvée des chaussettes orphelines (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Désenchantées (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/15/desenchantees/

Ainsi gèlent les billes de savon (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/03/ainsi-gelent-les-billes-de-savon/

La Dernière Allumette (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/04/17/la-derniere-allumette/

Amour, Émotion, Biographie, Cercle littéraire, Histoire vraie, Historique, Magique

Le Désir dans la cage

de Alissa Wenz
Broché – 20 août 2025
Éditeur : Les Avrils

Paris, 1865. Dans l’appartement des Bonis, personne ne touche au piano. Pourtant à sept ans, Mélanie s’y aventure seule, tente, apprend. Bientôt elle entre au Conservatoire, côtoie Debussy, Satie, signe ses premières composition Mel – un prénom d’homme – et rencontre le chanteur Amédée-Louis Hettich. Ensemble, ils créent. Plus que tout, ils s’aiment. Mais les parents de Mélanie préfèrent pour elle un mariage avec un industriel fortuné. Un siècle nouveau recouvre l’ancien ; Mel se débat, court, ment, souffre, s’obstine entre raison et passion. Et jusqu’à son dernier souffle, invente sa musique.

Hier soir, au Cercle littéraire du Château de l’Hermitage nous avons eu le très grand plaisir de recevoir Alissa Wenz.
Une magnifique soirée,
Une femme au regard droit,
Une femme qui ose,
Lumineuse, souriante,
Un soirée inoubliable…

Il y a des romans qui racontent une histoire… et puis ceux qui viennent réveiller quelque chose que j’avais presque oublié…

Le Désir dans la cage n’est pas un livre que j’ai lu tranquillement. C’est d’abord une autrice que j’ai découvert, Alissa Wenz. Une femme passion, qui vibre, qui écrit et qui chante aussi. D’ailleurs je ne peux que vous conseiller de l’écouter. Doucement elle m’a approché avec sa voix où chacune de ses chansons m’a emporté et petit à petit, m’a enfermé tout doucement, alors et seulement à ce moment-là, j’ai pris et ouvert ce livre qui me regardait depuis quelques jours, il m’attendait, moi le lecteur. En quelques pages j’ai compris que la cage, ce n’était pas seulement celle de Mélanie Bonis, j’ai compris que je n’allais pas simplement lire une vie. J’allais ressentir un enfermement. Celui d’une femme à qui l’on a appris à se taire, à se contenir, à ne pas déranger.
Mais à l’intérieur… il y a la musique. Et il y a le désir. Un désir qui ne se laisse pas apprivoiser. Qui déborde. Qui fissure. Qui insiste.

Mel Bonis (1858–1937), compositrice longtemps restée dans l’ombre.
À une époque où la création musicale n’était pas une place accordée aux femmes, Mélanie choisit de masculiniser son prénom pour éviter le rejet. Sa vie oscille entre silences imposés, par la famille, par son rôle d’épouse et de mère et ses élans créateurs d’une grande intensité.
Reconnue de son vivant, elle tombe pourtant rapidement dans l’oubli, laissant derrière elle près de deux cents œuvres, principalement pour piano. Jusqu’à la fin, malgré la fatigue, elle composera encore, portée par une tension constante entre foi et désir. Ce qui m’a marqué profondément, au-delà de la découverte de cette musicienne, c’est une nouvelle fois le portrait d’une époque qui enfermait les femmes dans des rôles étroits.

Impossible d’entrer dans ce roman comme on entre dans une histoire. J’y suis entré comme on entre dans quelque chose de fragile. De brûlant. D’interdit presque. Et c’est là que le roman devient troublant. Parce qu’il ne parle pas seulement de la musicienne. Il parle d’amour, il parle de tout ce que l’on retient, mais aussi de tout ce que l’on étouffe pour rentrer dans les cases. De toutes ces parts de nous que l’on enferme, en espérant qu’elles finiront par se taire. Mais elles ne se taisent jamais vraiment. Elles vibrent autrement. Dans un regard. Dans un geste. Dans une note de musique. Dans ce manque que l’on ne sait pas toujours nommer.
Ce texte m’a touché pour ça. Pour cette tension constante entre ce que l’on montre… et ce que l’on brûle de vivre.

Il n’y a rien de spectaculaire ici. Et pourtant tout est intense. Une écriture qui murmure plus qu’elle ne crie. Mais ce murmure-là, il reste. Il s’accroche. Il insiste comme un feu qui refuse de s’éteindre.
Au point de ressentir une forme de vertige. Comme si le roman me posait une question sans jamais la formuler clairement. Qu’est-ce que tu es en train d’enfermer, toi ?

Et je crois que c’est pour ça que ce livre est important. Parce qu’il ouvre une faille. Une faille dans laquelle on aperçoit, ne serait-ce qu’un instant, la vie que l’on n’a pas encore osé vivre.
Et rien que pour ça… il mérite d’être entre vos mains, ouvert à la première page, et très vite, d’être lu.

Une fresque à la fois délicate et puissante, à l’image de cette femme discrète mais profondément habitée, que j’écoute presque en boucle depuis quelques jours.

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Extraits :

« Clémence est morte. Une main adulte lui a fermé les yeux. La bouche reste étrangement ouverte, comme une promesse qui n’aurait pas eu le temps d’être formulée.
C’est un matin de l’année 1864, à Paris.
Tu as six ans et tu aimais ta sœur, ta sœur Clémence, deux ans à peine, une toute petite fille, presque un bébé. Ta sœur tombée malade, oui, la maladie comme une chute, tant les choses sont allées vite, incompréhensibles, scandaleuses. Dans le lit, la vie qui s’en va, en quelques jours, la vie qui disparaît, qui a déjà disparu. »

« Tu laisses les mains s’amuser, explorer, parcourir l’ivoire, touches noires et blanches, résonances, douceurs. Tu apprends toute seule, tu persévères.
Tu apprends, en dépit de ta mère incommodée par ce tapage, ta mère qui jamais ne t’embrasse, jamais ne te câline, jamais ne te parle tendrement comme parlent tendrement les mères de tes amies. Ta mère qui réprimande souvent et ne félicite jamais, ta mère que tu n’entends jamais rire, ni chanter. Ta mère si dure et si distante, depuis quand ? Depuis toujours, depuis la mort de Clémence? Ta mère qui t’en voudrait, à toi, la grande, toi qui as insolemment survécu ? “On était plus tranquilles sans toi.” »

« Bientôt tu as joué Beethoven, Mozart, Mendelssohn, puis Liszt, Schumann, Chopin, et le piano t’était mieux qu’un ami, un corps. Au rythme des leçons et du travail, tu as eu quatorze ans, quinze ans, seize ans, dix-sept ans, dix-huit ans, une autre gamme, une autre montée. Tu as quitté l’enfance sans y prendre garde. Tu regardais ton piano. »

« Le ventre rond, entre toi et le piano, forme un rempart rassurant ; tu tends les bras pour ne pas l’écraser. Tu veux renouer avec la musique, tu n’as plus peur, et tu te plais à penser que le bébé, peut-être, entend et se balance avec toi – tu te plais à penser que ton piano lui fera du bien, et qu’il est de ton devoir de donner la musique avec la vie. »

« Le concert est terminé. Camille Saint-Saëns quitte la maison avec Jean Gounod et déclare, stupéfait : “Je n’aurais jamais cru qu’une femme soit capable d’écrire cela.”
On te le raconte.
Tu souris, car ta colère a désormais la forme du sourire. Tu es capable. Le monde pense que les femmes ne sont pas capables, mais le monde est un menteur. »

« Madeleine ne sait pas si ce monde l’intéresse.
Madeleine ne sait pas si elle souhaite devenir adulte. Un matin, les yeux de la mère s’ouvrent brièvement vers les oiseaux à la fenêtre. Il fait si beau aujourd’hui, dit-elle à Madeleine avant de les refermer pour toujours. »

Après une formation de piano et de chant en conservatoire, des études de lettres à l’École normale supérieure, ainsi qu’une formation théâtrale, Alissa Wenz choisit de partager sa vie entre la chanson et l’écriture.

Autrice compositrice interprète, elle se produit dans de nombreuses salles à Paris et en région, soutenue par Contrepied Productions.

Elle a étudié à la Fémis, et poursuit des activités de scénariste et enseignante de cinéma.

Elle est également écrivaine.
Ses deux romans, À trop aimer (2020) et L’Homme sans fil (2022), sont publiés aux Éditions Denoël.
L’homme sans fil fait partie des finalistes du Prix Pampelonne-Ramatuelle, ainsi que du Prix Orange du Livre.

Son album Je, tu, elle paraît chez EPM / Universal le 9 septembre 2022.
Romain Didier en signe les arrangements.
Un nouveau spectacle accompagne cet album.

Amour, Émotion, Drame, Historique

Oubliés

de José Rodrigues dos Santos
Poche – 16 octobre 2025
Éditions : Pocket

Un jeune capitaine portugais, une histoire d’amour inattendue et la guerre des tranchées : un récit poignant sur le courage, l’espoir et les liens qui unissent les âmes en temps de guerre.

Avril 1917.
Alors qu’un régiment de soldats portugais affronte la mitraille dans les Flandres, le régime, à Lisbonne, change de main. Pour les hommes envoyés au front, pas de relève, pas de permission. Sans la solidarité de ses frères d’armes, Alfonso se serait senti abandonné. Lui, le fils de paysans, l’ancien séminariste qu’on surnomme “le Sérieux” retrouvera cependant la foi dans le regard d’Agnès, jeune baronne française croisée au hasard des déroutes. Ces deux êtres, que tout oppose, se sont reconnus. Mais déjà les Allemands concentrent leurs dernières forces…

“J.R. dos Santos signe un grand roman. Il s’attache à rendre ses personnages vivants, émouvants dans leur humanité.”
France Info

“Un puissant roman.”
L’Avenir

Avec Oubliés, je retrouve avec un immense plaisir l’univers de José Rodrigues dos Santos, un auteur que je considère comme l’un des plus grands dans son domaine. Lorsque j’ai appris que les éditions Pocket publiaient son tout premier roman, écrit en 2004 sous le titre “A filha do capitão” (La fille du capitaine), je n’ai pas hésité une seule seconde.

Une fois encore, il a su m’emporter. Ce que j’admire profondément chez lui, c’est sa capacité à bâtir ses récits sur une documentation impressionnante, mêlant sciences, politique et Histoire avec un grand H. Et ici, plus encore que dans ses autres romans, quelque chose de très personnel a résonné en moi, à travers les lieux évoqués, les villes du Portugal que je connais, où je suis allé, les mots portugais glissés au fil des pages, j’ai senti mes racines vibrer. Mais “Oubliés” est bien plus qu’un simple roman historique. C’est une plongée bouleversante dans le rôle du Portugal durant la Première Guerre mondiale, un pan d’histoire que je ne connaissais pas, que je découvre ici !

Afonso Brandão, fils de paysans, est un jeune homme promis à une vie religieuse, qui va gravir les échelons grâce à son éducation avant de devenir soldat, puis capitaine. Son histoire d’amour avec Carolina est brutalement interrompue par son départ pour les Flandres françaises, où il découvre l’horreur de la guerre. Comme pour beaucoup, c’est la première fois qu’il quitte son pays. Et ce qu’il va vivre dépasse tout ce qu’il aurait pu imaginer. Entre devoir, survie et rencontres inattendues, son destin bascule. Lorsqu’il croise le regard d’Agnès, une jeune baronne française, mystérieuse et érudite, le récit prend une nouvelle dimension, plus intime, presque suspendue.

J’ai été profondément touché par cette histoire d’amour entremêlée à la violence du conflit, mais aussi par les réflexions philosophiques et l’influence omniprésente de la religion catholique.
Ce roman m’a semblé différent des autres œuvres de l’auteur. Plus humain, plus poignant encore. Il rend hommage à ces soldats oubliés, abandonnés dans les tranchées, qui ne seront jamais relevés à partir du moment où ils prendront leur poste, laissés pour compte par leur propre pays. Une réalité révoltante, que je ne soupçonnais pas à ce point.

J’ai été impressionné par tout ce que j’ai appris, sur l’histoire du Portugal, ses tensions politiques, la condition de ses soldats, souvent pauvres et délaissés, mais aussi sur la guerre elle-même. Chaque détail compte, chaque page résonne. J’ai été happé du début à la fin, porté par une écriture vibrante et profondément incarnée.

Si vous aimez les romans historiques qui allient érudition et émotion, je ne peux que vous recommander cette lecture marquante.

Pour ma part, c’est un immense coup de cœur, aussi enrichissant qu’émouvant.

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Extrait :

« Dès son plus jeune âge, Afonso da Silva Brandão avait compris que la vie est un long fleuve incertain, parsemé de courbes, de bifurcations, de ponts, de tunnels et de méandres, et que chaque voie recèle d’innombrables mystères, des secrets à percer et des énigmes à décrypter. Animé d’une curiosité constante et stimulé par une intelligence vive et intuitive, il ne tarda pas à soupçonner que le monde est un lieu étrange, un immense théâtre d’illusions, perfide et dissimulé, un double jeu de miroirs où tout semble chaotique, mais s’avère en fait ordonné, où les choses ont une signification, mais pas nécessairement un sens. Il se rendit compte, d’ailleurs, que c’est précisément dans l’existence d’un sens que commence l’énigme du sens de l’existence. »

« Son père s’appelait Rafael Brandão Laureano, ce qui soulevait un autre mystère. En effet, si son nom de famille était Laureano, pourquoi avait-il donné à ses enfants le nom de Brandão ? Là encore, Afonso n’eut jamais de réponse satisfaisante, son père se contentant de hausser les épaules lorsqu’on l’interrogeait sur son choix. Rafael Laureano mesurait 1,75 m, une taille inhabituellement grande au Portugal, et c’était un homme profondément religieux. »

« Paul se rendit à la réception et demanda conseil ; la réponse fusa sans hésitation.
— Ils sont tous différents, dit l’homme. Mais plusieurs de nos clients sont allés voir le Cinématographe Lumière et en sont revenus émerveillés.
— Le Cinématographe Lumière? Où se trouve-t-il?
— À l’Exposition, m’sieur. Au pavillon des Machines.
Ils décidèrent de suivre cette suggestion et montèrent dans leurs chambres. Avant de se coucher, Agnès admira la silhouette colorée de la tour Eiffel, avec sa structure de fer recouverte d’ampoules. La lumière électrique baignait le Champ-de-Mars, la tour brillait de toute sa hauteur et émettait trois puissants projecteurs depuis son sommet vers différents points de la ville.
— Un jour, nous aurons l’électricité à la maison, tu verras, soupira Claudette, assise devant la fenêtre à côté de sa sœur. »

« — Ce n’est qu’un tissu de mensonges ! s’exclama Afonso. — Il leva une main, paume vers le haut. — L’Église dit qu’il faut croire en Dieu, qu’il faut avoir la foi, qu’il faut prier. Je vous le demande, pourquoi ? Cela voudrait dire que ceux qui ne croient pas en Lui vont en enfer, juste parce qu’ils ne croient pas en Lui ? Ainsi, si je suis une canaille et que je prie tous les jours comme un croyant, et que quelqu’un d’autre est un homme bon, droit et honnête, mais qu’il n’a pas la foi et ne prie pas, j’irai au paradis, et lui en enfer ? Moi, qui suis une canaille, et lui, un honnête homme ? Est-ce que ça a un sens ? Quel est ce Dieu qui est si égoïste qu’Il exige que les gens L’idolâtrent ? Qui place l’idolâtrie au-dessus de la bonté ? »

Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du journal de 20 h au Portugal, José Rodrigues dos Santos est l’un des plus grands auteurs européens de thrillers scientifiques.
La saga Tomás Noronha, traduite en 18 langues, s’est fait connaître en France avec « La Formule de Dieu », vendue à près de 500 000 exemplaires (2 millions dans le monde) et dont les droits d’adaptation au cinéma ont été acquis par Belga Films.
Avec « Immortel », il signe le 8e roman de la saga en France.
Les romans de J.R. dos Santos et de son héros Tomás Noronha rencontrent un grand succès à travers le monde.
Thrillers érudits, ils traitent des sujets de science, de religion ou d’histoire avec toujours un incroyable travail de recherche. Car le sujet central de tous les romans de J.R. dos Santos reste le même : la vérité.
En tant que journaliste-reporter de guerre et en tant qu’auteur, cette question ne l’a jamais quitté. Et ce qui rend la série des Tomás Noronha unique, c’est justement ce défi systématiquement relevé de remettre en cause une vérité pré-établie pour en rétablir une nouvelle, difficile à accepter peut-être, mais bien plus limpide.

Ses romans sont tous publiés aux Éditions Hervé Chopin :

José Rodrigues dos Santos vit à Lisbonne.

Émotion, Drame, Psychologie, Thriller, Violence

Indemne

de François Rabes
Broché – 26 mars 2026
Éditeur : TAURNADA

Et si votre vie basculait en quelques secondes ?

C’est ce que le destin réserve à Sofiane, médecin urgentiste, pris dans la tourmente d’un violent règlement de comptes.
Lui s’en sort indemne, mais Clara, l’amour de sa vie, tombe sous une balle perdue.
Rongé par le chagrin, consumé par le désir de vengeance, Sofiane s’engage dans une quête sans merci pour traquer les responsables en prenant tous les risques…

… Ainsi qu’un aller simple pour l’enfer.

Depuis quelques mois, chaque service de presse reçu des éditions Taurnada est pour moi une promesse de lecture intense. Avec Indemne de François Rabes, cette promesse est une nouvelle fois tenue… et même largement dépassée.

Dès les premières pages, je me suis retrouvé plongé dans un récit dense, profond, éprouvant aussi, mais terriblement addictif. Les 400 pages ont défilé à une vitesse folle. J’ai dévoré ce roman, happé par un univers où la peur, la manipulation, les intérêts et les compromis règnent en maîtres. Mais ici, c’est surtout la vengeance qui domine tout, qui écrase tout, qui guide chaque pas du récit.

Sofiane, un urgentiste passionné, est amoureux de Clara. Ce soir-là, ils célèbrent dix ans d’amour dans un bar. Un moment simple, heureux… jusqu’à ce que tout bascule, au moment où elle s’apprêtait à lui annoncer quelque chose d’à priori très important. Des coups de feu éclatent. Une fusillade. Et en quelques secondes, l’irréparable. Clara s’effondre, victime d’une balle perdue. Sofiane n’a rien pu faire.

À partir de là, je plonge avec lui dans une véritable descente aux enfers. Sa douleur devient palpable et devient presque mienne. Et lorsque la police classe l’affaire comme un banal fait divers, sans réelle volonté de trouver les responsables, quelque chose se brise définitivement en lui.

Alors, la vengeance prend le relais.
J’étais enfermé dans ses pensées, à me poser cette question dérangeante. Qu’aurais-je fait à sa place ? Comment réagir face à une telle injustice ? Sofiane n’a plus rien à perdre, et c’est précisément ce qui le rend dangereux… mais pour moi, terriblement humain aussi.

François Rabes maîtrise et explore avec justesse cette zone trouble où l’homme bascule. Où la douleur justifie l’inacceptable. Et je dois l’avouer, malgré mes craintes, j’espérais qu’il aille jusqu’au bout.

Le roman interroge profondément sur l’amour, la perte, la justice… et sur cette frontière invisible que l’on franchit parfois sans même s’en rendre compte. Où un homme ordinaire, passionné par son métier, qui aimait la vie va progressivement devenir aussi dangereux, sinon plus que ceux qu’il traque.
La plume est rythmée, visuelle, percutante. Les rebondissements s’enchaînent avec efficacité, jusqu’à un final explosif qui m’a laissé sans voix.

Une lecture marquante, intense, que je ne suis pas prêt d’oublier.
Superbe…

Un grand merci à Joël et aux éditions Taurnada pour cette claque, ce coup de cœur littéraire.

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Extraits :

« Il avait beau avancer sa montre de dix minutes pour gagner du temps, rien à faire, Sofiane passait ses journées ou ses nuits à courir après. C’est le métier qui voulait ça. Il portait d’ailleurs bien son nom :
URGENCES.
Huit lettres rouge sang alignées sur un panneau aveuglant de lumière, pilier central de tout établissement hospitalier. »

« Alors qu’il avançait vers Clara, le médecin aurait voulu figer cet instant, voler cette image. Mais sentant sa présence, la jeune femme brisa le charme en tournant légèrement la tête vers lui au moment où il atteignait « leur » table. Sofiane déchiffra aussitôt une lueur sombre dans ses yeux clairs.
« Pardon… j’ai vraiment fait au mieux pour partir à l’heure… »
Il embrassa Clara dans le cou, tout près du petit pli niché dans le creux de son oreille qui n’appartenait qu’à lui, chaviré par la douceur de sa peau et de son délicieux parfum aux effluves de fleur d’oranger et d’ambre blanc qu’elle portait depuis toujours, avant de prendre place de l’autre côté de la banquette.
« J’ai dû poser des points sur le bras d’un patient très agité, l’infirmière n’y arrivait pas… »

« Lui, ce soir, la mort n’en avait pas voulu.
Lui, le survivant, le miraculé comme l’avait qualifié la jeune policière avec un rictus aux allures de sourire raté, visiblement secouée par les événements et pressée de le laisser aux mains du médecin de garde, fuyant son malheur comme une maladie contagieuse.
Mais à quoi bon survivre lorsque vous êtes désormais seul, déjà oublié de tous. C’est bien la seule chose qu’il pouvait encore ressentir de manière aiguë au milieu de ce long couloir en sous-sol de l’hôpital, assis sur une chaise en plastique, en attente d’une ordonnance et d’un véhicule pour le ramener chez lui. »

Après des études littéraires et un passage éclair en fac de cinéma, François Rabes décroche un poste de stagiaire mise-en-scène sur « La cité des enfants perdus » (1995) de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro après avoir envoyé une demande sous forme de story-board.

La rencontre avec les nombreux talents qui composent l’équipe du film est déterminante. Cette expérience lui offre un apprentissage en accéléré et l’encourage à mettre sur pied, à l’âge de 20 ans, un premier court-métrage.

Alternant films courts, clips musicaux (Johnny Hallyday, Pascal Obispo, Dj Abdel, Mister You…) et autres publicités, François Rabes développe des projets de longs-métrages dont il signe les scénarios.

L’univers du groupe Apollo, créé par sa sœur Alice, s’inscrit dans cette démarche artistique. Volonté de proposer des minis histoires pour accompagner les chansons, identité visuelle forte, références cinématographiques… autant d’éléments pour nourrir sa passion de raconter en images.

Francois Rabes signe son premier roman avec « Les racines des ombres » (2022) et remporte le concours Les Lieux Noirs 2021, organisé par Fyctia et les éditions Hugo & Cie.

Amour, Émotion, Psychologie, Romance, Suspense

Et si un jour on se manque…

de Lucie Delacroix
Broché – 1 juin 2025
Éditeur : Auto-édition

Vous aimez la romance, mais également le suspense et les page-turners ? Ce roman va vous plaire !

Et si un jour on se manque, on s’appelle, mais pas avant dix ans.
Dix ans ont passé et Alice a tenu la promesse qu’elle avait faite à Axel, son amour de jeunesse. Mais lorsqu’elle décide de le recontacter, c’est trop tard, Axel a disparu dans des circonstances douteuses.
Entre Saint-Malo et San Francisco, elle doit alors défier le temps et se replonger dans ses souvenirs pour tenter de changer le cours des choses et sauver celui qu’elle n’a jamais cessé d’aimer.

Un roman chargé d’émotions et de sentiments, qui nous pousse à nous interroger sur la puissance des souvenirs, nos regrets et nos rendez-vous manqués.

Quelle claque… quelle merveilleuse surprise !

Dès les premières lignes de Et si un jour on se manque… de Lucie Delacroix, je me suis laissé emporter sans résistance. Pourtant, je pensais en deviner la structure après nos divers échanges autour de la préparation et de la réalisation de la couverture… mais je me trompais complètement.

Très vite, l’autrice m’a pris à contre-pied avec une idée aussi inattendue que brillante. Elle a glissé, au cœur de ce récit profondément humain, une touche de fantastique. Et là, tout a basculé. Chaque certitude que j’avais construite s’est fissurée. À partir de cet instant c’est la magie qui a opérée en plus de des émotions, du suspense et des frissons que je ressentais… Une impression troublante que tout pouvait s’effondrer ou renaître à tout moment. Le roman s’est alors transformé, sous mes yeux, en une romance psychologique d’une rare profondeur.

Je découvre Alice, installée à Saint-Malo, vivant une relation stable avec Marc. Mais une demande en mariage, à une date hautement symbolique, vient raviver un passé qu’elle n’a jamais vraiment laissé derrière elle. Dix ans plus tôt, il y avait Axel. Son premier amour. Un amour immense, inattendu, presque irréel pour la jeune femme timide qu’elle était. Puis, brutalement, Axel a choisi de partir. Pas par manque d’amour, mais par conviction. Ils étaient trop jeunes, n’avaient pas assez vécu, devaient expérimenter, grandir… et surtout laisser à Alice la liberté de choisir sa vie en toute conscience et non suite à un premier “béguin”. Son idée ? Se retrouver dix ans plus tard, jour pour jour afin de faire le point. Alice ne comprend pas, elle qui est tellement amoureuse, pense alors qu’Axel ne l’aime pas comme elle l’aime, elle est malheureuse.

Je me suis immédiatement projeté dans la douleur d’Alice, dans son incompréhension, dans ce cœur brisé qui ne cessera pourtant jamais de l’aimer. Les années passent, mais le souvenir reste intact. Et lorsque cette fameuse date arrive… tout vacille.
Chaque page m’entraînait plus loin dans une quête bouleversante, jusqu’à ce choc, la mort d’Axel, survenue dans des circonstances troublantes.

Et là… tout explose.
J’ai littéralement dévoré le roman, porté par une tension incroyable et des rebondissements qui dépassaient toutes mes attentes. Et cette fin… quelle fin !

Ce troisième roman que je lis de Lucie Delacroix confirme tout son talent. Elle m’a surpris, déstabilisé, poussé à réfléchir. Elle m’a amené à me questionner sur mes propres choix, sur mes regrets, sur ces chemins que je n’ai pas pris.
Qu’aurais-je fait à la place d’Alice si les mêmes portes ouvertes s’étaient présentées à moi ? Aurais-je osé tout recommencer ?
Entre rêve et réalité, Lucie Delacroix m’a tenu en haleine comme rarement. Son histoire, construite comme un véritable jeu de piste, m’a fait voyager de la Bretagne aux États-Unis avec une belle intensité.

Un roman magique, troublant, profondément humain… et inoubliable…

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Extraits :

« Je ferme les yeux. Il est là, près de moi. Ses yeux bleus me dévisagent tendrement, oscillant entre mon visage et le pare-brise. Sa fenêtre ouverte laisse dépasser son bras, au bout duquel une Camel se consume entre ses doigts. L’odeur de nicotine parvient jusqu’à mes narines. La voiture file à vive allure dans les rues angevines, après avoir quitté le parking du Gaumont Multiplexe où nous avons visionné
Bruce tout-puissant. »

« Ses yeux bleus me transpercent. Ma réaction est immédiate, je me liquéfie sur ma chaise. Je dois détourner le regard. Il faut que je sois forte, que je pense à mes nouvelles résolutions. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à lâcher ces pupilles qui me fixent intensément.
J’suis foutue, premier jour de cours, j’suis amoureuse.
Eh merde. »

« Je beurre ma tartine de pain en pleurant. Je pleure encore et encore, mon esprit est obnubilé par Axel depuis l’appel de Thierry. Je ne parviens pas à réaliser. Je repense sans cesse à nos souvenirs, à tous les moments partagés ensemble. Je visionne en boucle nos photos et nos vidéos.
Entendre sa voix me fait terriblement mal, le voir rire me transperce le cœur. Une véritable douleur étreint ma poitrine, tant mon cœur est serré. Pourtant, je ne peux m’empêcher de tout regarder, plusieurs fois d’affilée.
Comme pour confirmer que tout ce qu’on a vécu était bien réel. J’écoute cette chanson qui reste dans ma tête. »

« Je passe Rennes et Ploërmel avant de parvenir enfin à Vannes. Je trouve facilement le salon funéraire avec l’aide de mon GPS. En me garant sur le parking, la boule qui me tord les boyaux s’intensifie. Je reconnais son frère et son parrain, parmi la dizaine de personnes qui patientent devant le bâtiment. Le salon doit être bondé. Je descends de ma voiture et m’approche de la porte. Je salue les visages que je croise et me reconnaissent. Revoir des personnes avec qui on a partagé de bons moments dans de telles circonstances est terrible. Je pénètre dans la chambre mortuaire et ferme la porte derrière moi. Je redoute le moment où je vais le voir.
Je m’intéresse d’abord à toutes les fleurs qui l’entourent, puis jette un coup d’œil rapide aux personnes assises à ses côtés. Certaines sont debout au fond de la salle comble. Le silence est complet. Seuls quelques sanglots se font entendre. Je remarque d’abord ses amis, que je salue brièvement d’un signe de tête. »

Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.

Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.

Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !
https://leressentidejeanpaul.com/2025/11/12/les-flammes-de-lautre-rive/

J’avais raison d’y croire (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/12/09/javais-raison-dy-croire/

Adolescence, Émotion, Histoire, Suspense, Thriller historique

Papillon de nuit

de R. J. ELLORY
Poche – 1 février 2017
Éditeur : Le Livre de Poche

Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.

1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon ne nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rodent la folie et le complot.

    Récit qui entremêle présent et passé, émotions intimes
    et convulsions de la grande histoire, Papillon de nuit tient ses promesses
    dans un tourbillon de sensations et d’interrogations métaphysiques.
    François Lestavel, Paris Match.

    Un portrait saisissant, dur et troublant de l’Amérique.
    Emmanuel Romer, La Croix.

    Lorsque j’ai ouvert Papillon de nuit, de R. J. Ellory, je me doutais que j’entrais dans un roman intense, en effet, son roman “Seul le silence” m’avait beaucoup touché il y a quelques années. Mais je n’imaginais pas à quel point cette histoire allait me bouleverser.

    Daniel Ford attend dans le couloir de la mort. Il est accusé d’avoir tué son meilleur ami, Nathan Verney, douze ans plus tôt. Daniel est blanc, Nathan était afro-américain. Pourtant, depuis l’enfance, ils avaient traversé ensemble une Amérique tourmentée, affrontant le racisme, la violence et les fractures d’un pays en pleine mutation.

    Très vite, une question me hante. Daniel est-il vraiment coupable ?
    Et s’il ne l’est pas, comment en est-il arrivé là ?

    Au fil du récit, Daniel replonge dans ses souvenirs. Par petites touches, par fragments, il me raconte son histoire. Celle de deux enfants de six ans dans l’Amérique des années cinquante. Deux garçons liés par une amitié sincère et indestructible, du moins en apparence. Mais le temps passe, les illusions s’effritent, et la magie qui illuminait leurs regards d’enfants se fissure peu à peu face aux désillusions de l’âge adulte.

    À travers cette histoire intime, l’auteur m’immerge dans une période particulièrement agitée de l’histoire américaine. La guerre du Vietnam, les tensions raciales, les luttes politiques, le Watergate, les Kennedy, Martin Luther King, le Klu Klux Klan… autant d’événements qui forment la toile de fond de ce destin tragique. Mais au-delà de l’Histoire, c’est surtout dans le cœur de Daniel que je me suis retrouvé plongé. Et ce voyage est bouleversant. Page après page, j’ai ressenti la douleur, l’injustice et l’incompréhension.

    Impossible de rester insensible à cette histoire profondément humaine. Elle m’a littéralement serré la gorge. J’ai terminé ce roman le cœur lourd, les yeux humides, encore habité par cette amitié brisée et par cette tragédie.
    Le style de R. J. Ellory est d’une grande sensibilité. Par moments, il frôle même la poésie, contrastant avec la dureté du sujet. Le récit avance comme un long chemin vers la vérité, dévoilant peu à peu ses zones d’ombre et ses secrets.
    Une fois commencé, je n’ai plus réussi à lâcher ce livre. Pendant quelques heures, j’ai vécu dans l’esprit de Daniel, suspendu à son destin et dans l’attente de son exécution.

    Un roman dense, puissant et profondément émouvant, qui ne peut laisser indifférent, un excellent moment de lecture…

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    Extraits :

    « Quatre fois j’ai été trahi – deux fois par des femmes, une fois par le meilleur ami qu’un homme puisse désirer, et finalement par une nation. Et peut-être, à vrai dire, me suis-je trahi moi-même. Alors ça fait cinq.
    Mais malgré tout, malgré tout ce qui s’est passé à l’époque, et tout ce qui se passe maintenant, ça a tout de même été magique.
    Absolument magique. »

    « M. Timmons croit lui aussi que je n’ai pas tué Nathan Verney en Caroline du Sud par une nuit fraîche de 1970.
    Mais il ne le reconnaîtra jamais. Ce n’est pas à lui de remettre ces choses en question, car il y a la justice, les cours d’appel fédérales et d’État, et il y a de grands hommes graves armés de livres épais qui analysent ces choses en détail, qui font les lois, qui sont la loi, et qui est M. Timmons pour remettre tout ça en cause ?
    M. Timmons est gardien dans le couloir de la mort, il fait son boulot, il obéit aux règles, et il laisse ces questions d’innocence et de culpabilité au gouverneur et au petit Jésus. Il n’est pas censé prendre de telles décisions, il n’est pas payé pour ça. Alors il ne le fait pas.
    C’est plus simple ainsi. »

    « Certaines personnes affirment que la peine de mort est une solution trop facile, bien trop rapide. Ils disent que ceux qui ont commis un meurtre devraient souffrir autant que leur victime. Eh bien, croyez-moi, c’est le cas. Ils oublient les années que les gens comme moi passent ici, deux étages au-dessus de l’enfer. Ils n’ont jamais entendu parler des types comme M. West, et de son sentiment que le châtiment devrait être à la hauteur du crime, que vous soyez coupable ou non. Les gens n’ont vraiment aucune idée de ce que ça fait de savoir que vous allez mourir, et après les premières années ce jour peut arriver n’importe quand. »

    « Je nous revois maintenant, nous tenant tous là, le révérend, la sorcière qui avait mangé son mari, le gamin noir qui avait mis à terre Marty Hooper chez Benny’s, le Blanc emprunté, et le jeune dégingandé à la peau pâle qui portait cette minuscule fillette de couleur. Je nous revois maintenant comme si c’était une photo, et je pense à ce qui aurait dû être. Nous étions la famille universelle, il n’y avait pas de différence, nous parlions la même langue, nous respirions tous le même air, mangions la même nourriture et partagions le même chagrin. »

    Roger Jon Ellory est né à Birmingham. Sa mère, danseuse et actrice, l’élèvera seule jusqu’à ce qu’une pneumonie la terrasse au tout début des années 1970. À 16 ans, il rejoint sa grand-mère maternelle, qui décèdera en 1982. Après avoir connu la prison à l’âge de 17 ans, il se consacre à plusieurs activités artistiques – graphisme, photographie… et musique : il joue de la guitare dans un groupe de rock, les Manta Rays, qu’il quittera à la mort du batteur.

    Il se plonge alors dans la lecture, et sa passion pour la littérature de fiction ne fait que croître. Ses auteurs de prédilection: sir Arthur Conan Doyle, Michael Moorcock, Tolkien, Stephen King… Entre 1987 et 1993, RJ Ellory écrivit pas moins de vingt-deux romans, chacun lui valant systématiquement des refus éditoriaux, polis mais fermes, des deux côtés de l’Atlantique : en Angleterre, on refusait de publier des romans situés aux États-Unis qui étaient écrits par un citoyen anglais, et outre-Atlantique, on ne voulait pas de romans ayant les États-Unis pour cadre alors qu’ils étaient l’œuvre d’un Britannique…

    Découragé, RJ Ellory cesse d’écrire et occupe un emploi de bureau pour la première fois de sa vie. En 2001, il reprend la plume et écrit trois romans en moins de six mois. Le second, Candlemoth, sera publié par Orion ; nommé pour le Crime Writers’ Association Steel Dagger for Best Thriller 2003, il est traduit en plusieurs langues. Mais c’est avec Seul le silence, son cinquième roman publié en Angleterre que le public français le découvre. Suivrons, toujours chez Sonatine Editions, Vendetta en 2009 et Les Anonymes en 2010.

    Émotion, Psychologie, Suspense, Thriller psychologique

    Je suis un monstre

    de Christine Adamo
    Broché – 5 mars 2026
    Éditeur : TAURNADA

    Moi, c’est Tom. J’ai 7 ans, un cerveau trop fort, une maman trop horrible, un papa et un chien trop gentils que je veux rejoindre dans les Ardennes.
    Mais entre un double pas sympa dans ma tête et des gens qui sont morts partout sans prévenir, c’est pas gagné.

    Une histoire drôle, noire et bizarre, comme la vie. Mais en pire.

    Tom a sept ans.
    Tom est un enfant surdoué.
    Et très vite, je comprends qu’il n’est pas tout à fait seul dans sa tête.

    Dès les premières pages de “Je suis un monstre”, un mot s’impose à moi. Troublant. Puis viennent terrifiant, fascinant, déroutant… et même amusant. Une avalanche de mots en “ant”, comme un clin d’œil involontaire à cette lecture et à son style totalement… captivant.

    Tom pense vite. Trop vite. Ses idées s’entrechoquent, ses raisonnements fusent, ses émotions débordent. Et dans ce tourbillon mental, il y a “l’autre”. Le deuxième Tom. Celui qui murmure, qui pousse, qui dérange, prend de plus en plus de place. Celui qui n’est pas gentil du tout… Alors Tom lutte. Il tente de reprendre le contrôle, d’étouffer cette présence qui prend de plus en plus de place.

    Je me suis laissé happer par cette voix d’enfant à la fois drôle, lucide et terriblement inquiétante. Car sous ses remarques naïves se cache une noirceur déconcertante. Tom observe le monde avec une logique implacable, presque clinique. Et moi, lecteur, je me suis retrouvé enfermé dans sa tête, prisonnier de ses pensées, balloté entre sourire et malaise.

    Le récit est sombre, cynique, parfois cruel. Il bouscule les repères. Où est l’innocence ? Où commence le mal ? Et pourtant… j’ai ri. Oui, ri. Parce que Christine Adamo manie l’humour avec une audace folle, glissant de la légèreté là où je ne l’attendais pas.

    Rarement un style m’aura autant marqué. Du premier mot jusqu’au point final, l’auteure assume une écriture singulière, presque dérangeante. Un style qui aurait pu me fatiguer… mais qui m’a au contraire ébloui. Elle ne transige pas. Elle va au bout de son parti pris, et c’est précisément ce qui rend le roman si puissant.

    Je suis un monstre est un texte qui interroge profondément les notions de bien et de mal. Il dérange, il amuse, il inquiète. Et contre toute attente, je me suis attaché à ce petit monstre en culotte courte.
    Et si finalement Tom était tout seul dans sa tête ?

    Un roman audacieux, brillant, impossible à lâcher.

    Un immense merci à Joël et aux éditions Taurnada pour ce nouveau service de presse qui, une fois encore, frappe très fort.

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    Extraits :

    « Moi, c’est Tom. Et ça veut dire que Tom, c’est mon prénom. Et « c’est le plus important », que dit papa, surtout maintenant que maman a été divorcée, et qu’en plus de plus habiter avec lui, elle veut plus qu’on porte son nom, ni moi, ni elle. Donc, il faut que je trouve une solution pour aller le retrouver, et c’est pour ça que j’écris, vu que les virgules et les points, ça oblige mes idées à se mettre dans le bon ordre. »

    « Maman dit : « Ça ne sert à rien ! Tu deviendras un bavard inutile comme ton père ! » N’empêche que moi, papa, je le trouve méga-plus marrant qu’elle.
    Rien qu’à la regarder, maman, je m’ennuie. Elle est grande et maigre comme une jambe de girafe, ses cheveux sont noirs, courts et raides comme le poil d’un ours. La différence, c’est que sa figure est beaucoup moins gentille que celle d’une girafe ou d’un ours.
    Une girafe, ça fait pouet quand c’est une Sophie en jouet, un ours, ça console quand c’est un Paddington en peluche. Dans ma chambre à moi, il y a pas de peluches ni de jouets, vu que « on ne sait jamais, tu pourrais faire une allergie ». En plus que maman a aussi une petite bouche méga aplatie avec plein de poils dessus. »

    « Je me souviens qu’au début, quand je voyais maman gonfler du ventre, j’avais peur qu’elle éclate et en mette partout. En plus, comme elle était déjà super-maigre, ça faisait comme une grosse cloque sur le doigt quand on se brûle avec la poêle-à-pommes-de-terre-rôties.
    Le père-de-maman était méga-furieux. « Marie-Céline ! Tu es folle ! Comment vas-tu faire pour t’occuper de moi si tu as un autre enfant ? Je vais devoir prendre une infirmière à domicile et ça va me coûter une fortune ! De nos jours, les locataires sont de tels feignants que j’ai dû faire des travaux dans les appartements et je n’ai plus un sou devant moi ! Tu ne veux pas que je te déshérite, n’est-ce pas ? »

    « Le décorticage d’idées, c’est peut-être ce qui a fait qu’après l’enterrement du père-de-maman, j’ai fait un cauchemar. Sauf que, ce cauchemar, il en était pas vraiment un.
    J’explique.
    Un cauchemar, c’est juste un rêve qui fait peur. Ça se passe dans la tête pendant qu’on dort. Et ça donne l’impression du pour-de-vrai, même si ça peut pas l’être (à cause que, dedans, il y a quelque chose de bizarre, genre, un renard avec une brosse à dents).
    Le souci, c’est quand le cauchemar sort de la tête et vient dans la vraie vie. Comme ce soir-là, après l’enterrement. »

    Écrivain française, Christine Adamo est issue du monde de la recherche comme l’est aussi Fred Vargas.

    Enseignant-chercheur spécialisée dans l’information scientifique, sa passion pour la recherche environnementale et sa rencontre avec le cœlacanthe, l’ont amenées à participer à l’élaboration d’un parc naturel aux Comores pour la sauvegarde de ce fameux « chaînon manquant ».

    Ses diverses activités professionnelles lui ont permis de voyager de par le monde, pour enseigner, participer à des conférences ou des colloques et écrire des articles scientifiques, pour finalement se mettre au roman.

    Émotion, Cercle littéraire, Drame, Histoire, Poésie

    La Petite bonne

    de Bérénice Pichat
    Poche – 2 janvier 2026
    Éditeur : Le Livre de Poche

    Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais, ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?

    La Petite Bonne avance en rythme, sans en avoir l’air,
    vers le huis clos psychologique, jusqu’à surprendre tout le monde.
    Libération.

    La poignante histoire de deux vies abîmées par un monde
    auquel les personnages n’avaient rien demandé.
    Elle.

    Un vrai tour de force pour une histoire prenante
    avec des scènes qu’on n’oubliera pas.
    Psychologies magazine.


    Hier soir au Cercle littéraire du Château de l’Hermitage nous avons eu le plaisir de recevoir Bérénice Pichat.
    Une magnifique soirée
    Une femme bien
    Lumineuse souriante
    Inoubliable

    Je suis entré dans ce livre comme on entre dans une pièce fermée
    un espace étroit
    plein de silences
    Avec La petite bonne de Bérénice Pichat
    je me suis laissé prendre
    dès les premières pages
    par un premier roman d’une rare intensité
    un texte qui sort des sentiers battus

    Ici les phrases respirent
    Elles avancent sans ponctuation
    Elles battent comme un cœur
    Les mots se suivent
    se déposent
    me guident
    me troublent
    Je n’ai plus seulement lu
    j’ai écouté ses phrases qui deviennent musique

    Je me suis retrouvé dans la tête de la petite bonne
    dans ses gestes retenus
    dans ses peurs et ses élans
    Puis il y a une une autre voix
    celle d’en haut
    celle des maîtres
    plus tranchante
    plus sèche
    et pourtant les deux mondes se mêlent
    se frôlent
    se heurtent

    Tout devient sensation
    tout devient tension
    Le récit avance
    il lutte
    il enfle
    finit par éclater

    Dans les années trente
    trois êtres
    Blaise ancien pianiste brisé
    madame Alexandrine sa femme
    et cette petite bonne sans nom
    Trois destins enfermés
    condamnés
    et moi au milieu
    emporté

    j’ai lu à voix haute
    parfois
    certaines phrases résonnaient trop dans mon esprit
    il fallait absolument que je les évacue
    pour reprendre mon souffle
    avant de replonger dans le leur
    c’était fluide
    envoutant
    Bouleversant

    un livre à part
    C’est addictif pour les oreilles et pour les yeux
    une mise en page qui devient musique
    une écriture qui touche avant de déchirer

    un immense coup de cœur
    Merci Bérénice
    c’était beau
    c’était magique

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « Les cent pas
    j’aimerais pouvoir les faire
    réellement
    Ici c’est cinq pas dans la longueur
    à peine trois dans la largeur
    et vraiment
    des petits pas
    Des traversées
    il en faut quelques-unes
    pour arriver à cent
    C’est long
    mais jamais assez
    Malheureusement j’ai tout mon temps
    pour compter mes pas »

    « Son souffle vite régulier
    Il s’endort instantanément
    Elle devrait dormir aussi
    au moins quelques heures
    Le réveil sera difficile
    le panier plus lourd encore
    si c’est possible »

    « Cette nuit
    elle n’a pas pu dormir
    ça la questionnait
    perturbait
    Elle ne pensait qu’à ça
    À ses côtés son homme ronflait
    Elle ne l’a pas réveillé
    Il n’a rien su de son insomnie
    Il aurait dit quoi
    Elle n’a pas osé
    Ça la chiffonne encore davantage
    Il ne la connaissait même pas
    la petite Mariette
    jamais vue
    pourquoi lui en parler
    C’est vrai
    Simplement partager
    ça l’aurait soulagée »

    « Il ne peut écouter cet air sans sentir ses entrailles se serrer. Il ferme les yeux et s’installe mentalement au piano. Il effleure le couvercle et le soulève doucement, comme un coffre contenant un trésor inestimable. Les touches sont là, elles n’attendent que lui. Du bout des doigts, il monte et descend la gamme, pianote de la main droite une mélodie toute simple, pour le plaisir de vérifier la résonance. Les marteaux lui obéissent parfaitement. Par l’abattant entrouvert de l’instrument, il surveille l’alignement des cordes, l’accord parfait, les notes qui s’écoulent. Alors il se lance. La main gauche entre en scène, soutient la mélodie qui s’étaye, s’amplifie. Il l’orne à l’infini. Pied sur la pédale, pianiste tout puissant, il module le son, fait vibrer un écho plus lourd, révèle une profondeur. La mélodie devient tantôt une longue complainte, tantôt un plaidoyer enfiévré. Il connaît chaque placement, chaque respiration ; quand Blaise écoute le disque, c’est lui qui joue. »

    Originaire du Havre, où elle vit toujours, Bérénice Pichat partage son temps entre enseignement et écriture.
    Ceux qui vivent encore (2022) est son premier roman et le premier tome de sa trilogie, Les promesses des fleurs dont seulement deux tomes sont parus, toute entière située à Saint-Véran dans le Queyras.
    En 2024, elle publie son troisième roman, La Petite Bonne.

    Adolescence, Émotion, Histoire vraie, Historique

    Noé, l’enfant de la liberté

    de Corine Valade
    Broché – 13 janvier 2026
    Éditions : Les MOISSONS

    Il n’avait rien. Pas même un nom.
    Seulement une volonté farouche de vivre…

    Inspiré d’une histoire vraie, ce roman suit le destin de Noé, un jeune orphelin confié aux bons soins d’une religieuse dans un hospice de Guéret, en 1857.
    À seulement 10 ans, l’enfant est envoyé à la colonie agricole de Mettray, célèbre pour être le premier centre d’éducation spécialisée pour délinquants mineurs en Europe.
    Il y découvre la violence du système mais aussi l’espoir, porté par quelques éducateurs imprégnés de l’esprit des Lumières. Grâce à leur soutien, il décroche son certificat d’études, puis devient apprenti dessinateur à Paris chez Savard, joaillier et fabricant de bijoux de scène.
    Le destin le ramène dans sa Creuse natale, où Savard ouvre une succursale à Guéret, plus connue sous le nom d’usine de bijoux FIX, bouclant ainsi une trajectoire faite de douleur, de résilience et de réinvention.
    Au fil de ses rencontres, Noé découvre des secrets bien gardés et l’existence d’un complot qui pourrait faire de lui l’instrument d’une vengeance implacable…

    Une plongée bouleversante dans la France du XIXe siècle!
    Un roman poignant, entre fresque historique et récit d’émancipation.

    J’ai découvert la plume de Corine Valade avec Danse Néomaye, danse !, un roman qui m’avait profondément bouleversé.
    Alors, lorsqu’elle m’a proposé de lire Noé, l’enfant de la liberté, mon cœur a fait un bond de joie.

    Son nouveau roman est profondément humain, historique et passionnant. Et pour moi, il possède une force supplémentaire, il est inspiré d’une histoire vraie. Ce détail change tout. Il donne à l’intrigue une densité particulière, une vibration plus intense encore. On ne lit plus seulement une fiction, on marche dans les pas d’une destinée qui a réellement existé.

    Comment ne pas s’attacher à Noé ? Orphelin trop tôt, frêle, brisé par la vie avant même de l’avoir commencée, il n’a pour seule arme que sa volonté. Mais quelle volonté ! Habité par un amour profond de la beauté et un désir farouche de liberté, il refuse de se laisser écraser par la dureté du monde. Il tombe, il se relève, il avance.

    Très vite, je me suis retrouvé plongé dans la France du XIXᵉ siècle, dans un contexte historique remarquablement documenté. Corine a effectué un travail d’une grande rigueur, donnant à son récit une crédibilité saisissante. Elle met en lumière les violences subies dans certaines institutions, mais aussi toutes les lueurs d’espoir incarnées par Noé, cet enfant différent.

    Au fil des pages, j’ai vu Noé grandir, se construire, découvrir l’art et s’y révéler. Son apprentissage à Paris m’a particulièrement captivé. Les bijoux, le théâtre, l’opéra… autant de découvertes qui enrichissent son parcours et donnent au roman une dimension artistique vibrante.

    Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il y a aussi de nombreux secrets, des complots, des désirs de vengeance. Une tension discrète mais constante qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page. J’avais hâte de connaître l’issue… tout en redoutant le moment de refermer le livre.

    Noé m’a bouleversé. Son univers est à la fois sombre, dur et rayonnant. Il incarne la résilience, la reconstruction, la transmission. Il nous rappelle que, même dans l’adversité la plus cruelle, une étincelle peut suffire à embraser une vie.

    J’ai refermé ce roman avec émotion.
    Un très beau texte, puissant et profondément inspirant.

    Merci à Corine Valade et aux éditions Les Moissons pour cette lecture poignante que je recommande chaleureusement.

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    Extraits :

    « Je me faufile entre le lit où Elle s’est couchée pour ne plus se relever et le fauteuil posé près de l’âtre, celui sur lequel Elle s’asseyait le soir en me prenant sur ses genoux. Chaque jour, la voisine passe entretenir le feu et déposer une écuelle de soupe sur le chevet. Parfois, la femme soulève la couverture sous laquelle gît le corps-traversin, le déplace sans douceur, soupire en grommelant, le lave puis part sans me jeter un regard. La faim me tenaille. Sans honte, je lape le brouet qui ne m’était pas destiné, sans en laisser une seule goutte. Je ne pouvais me permettre ni de gâcher, ni de m’étioler comme Elle. Elle, cette forme longue et maigre qui se meurt. Je ne sais pas si je suis triste. Elle a pris soin de moi. Parce qu’elle ne pouvait rien lui refuser… et afin de lutter contre la solitude qui poissait sa vie. Elle m’a tout raconté sur Elle, et sur ces hommes qui l’avaient aimée, mal. J’écoutais, passive et silencieuse, sans juger.
    Mon attitude l’incitait à revenir sans cesse sur des moments de son existence qui, chaque fois, se gonflaient de détails. »

    « Je détiens un carnet de notes. À l’intérieur, j’ai retranscrit les souvenirs qui m’ont été confiés par ces femmes qui ont croisé sa vie et avec lesquelles j’ai partagé un quotidien plus ou moins long. Ils forment la mémoire collective d’un récit que je vais écrire, sur lui. Enfin pour lui et aussi pour moi, car au bout de son histoire commence la mienne. »

    « Célestine se retourne vers la jeune femme dont les yeux noirs et accusateurs sont fixés sur elle. La donzelle la hait. C’est ainsi, Célestine n’y peut rien. Les riches font appel à ses services quand il s’agit d’avortements ou d’accouchements clandestins. Célestine n’aime pas ce travail. Il est risqué, néanmoins il rapporte beaucoup. L’argent ainsi gagné lui permet de nourrir son fainéant de mari et sa nombreuse progéniture. L’ample poitrine de Célestine se soulève et s’abaisse en laissant échapper un profond soupir. »

    « Dans la salle d’étude, il fait particulièrement sombre. Novembre essore les nuages d’un automne gris et froid. Les six mioches œuvrent en silence. Noé a fini ses exercices de calcul. Il s’occupe à reproduire des images pieuses. À sa gauche, Martin s’adonne à son activité favorite, celle de rêvasser. Son crayon de bois est tombé par terre. Peu lui importe, il a la tête ailleurs. À sa droite, Pierrot jongle avec son porte-plume. Éclaboussures et taches d’encre s’étalent sur ses doigts, investissent la feuille et débordent sur la table. Un bout de langue dépasse de sa bouche également noircie. Sœur Marie-Agnès tente une énième fois de lui faire tracer des lettres, et perd patience. »

    Corine Valade est originaire de la Creuse. Elle vit actuellement en Seine et Marne.
    Maire-adjoint de village, présidente d’une association culturelle, elle anime un café littéraire et organise un festival annuel autour du théâtre et de la lecture.
    Elle sillonne également les écoles et centres de loisirs avec un théâtre de marionnettes pour enfants.
    Mais l’écriture est sa grande passion : de son propre aveu, quand elle prend sa plume, elle oublie tout et le monde peut bien s’écrouler !

    Dans des romans, elle mêle avec dextérité fiction et éléments historiques.

    “Ses roman offrent une réflexion certaine sur la condition féminine et les moments forts qui ont marqués les hommes…”

    Danse Néomaye, danse ! (2023)
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/24/danse-neomaye-danse/

    Amour, Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

    Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort

    Angélina Delcroix
    Broché – 15 août 2019
    Éditeur : Nouvelles Plumes

    Depuis le décès tragique de l’un des leurs, l’équipe de Joy Morel peine à se remettre sur pied. Pour l’adjudante, le défi est d’autant plus grand qu’il lui faut aussi trouver l’équilibre entre sa carrière et sa vie de jeune maman. Mais quand une étrange affaire se présente, Joy retrouve son intuition et ses réflexes d’enquêtrice.
    Un homme a été retrouvé mort à son domicile après un coma éthylique ; à ses côtés le cadavre de son épouse, ligotée et mutilée. Simple crime conjugal ? L’homme, un ancien alcoolique, n’avait pourtant pas bu une goutte d’alcool depuis des années.
    Alors que d’autres couples sont retrouvés assassinés dans les mêmes conditions, une jeune femme déroule dans une série de lettres adressées à son père, le fil de leurs souvenirs…

    « Attention, chef d’œuvre !
    Si vous aimez les thrillers parfaitement construits, à la mécanique bien huilée,
    avec des cliffhangers, retournements de situations et surprises en tout genre,
    attachez vos ceintures, parce que là, ça dépote ! »
    Philippe (Haut-Rhin)

    « Un excellent thriller psychologique ! »
    Nadège (Nièvre)

    Avec “Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort”, je referme la trilogie d’Angélina Delcroix avec le sentiment d’avoir traversé quelque chose de dense, de brutal, de profondément marquant. Ce dernier opus vient clore avec force tout ce qui restait en suspens, et je dois avouer que les frissons ressentis dans le tome précédent n’étaient qu’un prélude. Pour apprécier pleinement l’ampleur de ce final, je recommande vraiment de lire les deux premiers volumes, chaque événement prend ici une résonance particulière. Personne n’est épargné. Ni les personnages, ni moi, lecteur.

    J’ai lu ce roman en apnée.
    Impossible de lever la tête.
    Impossible de ralentir.

    Chaque page apporte son lot de rebondissements, de violences, de manipulations psychologiques. Des images se sont imprimées en moi, parfois difficiles à chasser. Les coups pleuvent, sans relâche, et je me suis laissé emporter dans ce rythme tendu, constant, sans véritable répit. Angélina prouve une fois encore qu’elle sait où elle va. Elle construit, elle resserre, elle frappe juste. Son intrigue est maîtrisée de bout en bout.

    Au cœur de ce thriller, j’ai retrouvé des thèmes sombres et profondément humains : l’alcoolisme, la rédemption, l’enfance abîmée, la quête d’amour, les esprits en marge. Tout s’entrelace dans une enquête qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Plus j’avançais, plus je doutais. Les certitudes s’effritaient. Je ne savais plus qui croire, ni qui était réellement coupable.

    Et puis vient l’explosion finale.
    Un dénouement que j’ai vu se dessiner sans jamais pouvoir l’anticiper pleinement.

    Je ressors de cette lecture secoué, conquis, impressionné par la puissance du récit et par sa cohérence. Angélina m’a tenu du début à la fin, sans me lâcher.

    Un thriller intense, éprouvant, terriblement efficace.
    À lire absolument !

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    Extraits :

    « Quand la dernière flamme se transforme en fumée odorante et que les mains cessent de féliciter bruyamment, l’organisateur de la soirée prend la parole :
    — Félicitations, Jacques! Cinq années! Quel beau chemin. Je suis heureux que nous puissions, ce soir, évoquer ton parcours puisque nous accueillons un nouveau membre, et ton expérience est une fabuleuse entrée en matière. »

    « — Je préfère ne pas vous dire mon prénom, il me semble que le mot « anonyme » sur votre porte me le permet. Je suis là, comme vous tous, pour un problème lié à l’alcool, mais je ne suis pas alcoolique, et je ne l’ai jamais été.
    Les visages se figent sous l’effet de la surprise.
    — Pourtant, vous pouvez être fiers de moi puisque ça fait, aujourd’hui, exactement dix jours que je n’ai pas tué. »

    « Ton amour. Tu m’as dit que le jour où je suis née, tu as ressenti un amour incroyable, d’une force que tu n’aurais jamais cru possible. Tu me répétais souvent que j’étais la plus belle de toutes les princesses, et surtout, que j’étais la tienne. Que rien ne nous séparerait jamais.
    Que tu serais toujours là pour moi. Que notre amour était incassable. Je buvais tes paroles à m’en rendre saoule.
    Aujourd’hui, j’ai encore envie de m’attacher à cet espoir, malgré ce qui s’est passé. »

    « Donelli reste silencieux. Il repense aux horreurs vécues par les enfants dans ce genre de réseau, au maillage énorme qui regroupe des personnes de tous milieux, même des plus hauts et surtout de ceux touchant aux enfants. Est-il possible de réajuster ses œillères après avoir vu le pire de l’espèce humaine ? Le « faire comme si ça n’existait pas » est juste rayé de la carte. Parfois, on voudrait que le déni s’installe pour rendre la vie plus légère. Mais l’inconscient est seul maître à bord. Lui seul décide de ce qu’il envoie aux oubliettes ou non. Et quand on devient parent alors qu’on a les pieds dans l’atrocité perpétrée par certains êtres abjects, l’instinct de protection et de survie interdit à l’oubli de s’installer. »

    « Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que sans le lieutenant Barrère, je serais en ce moment même en train de subir d’horribles sévices, ou pire encore, en train d’en infliger à des enfants. J’aurais préféré mourir plutôt que de devenir un monstre, mais ce sont eux qui contrôlent tout et qui décident si vous vivez ou si vous mourez, si on vous viole ou si vous violez, si on vous frappe ou si vous frappez, si vous tuez ou si vous vous arrêtez juste avant, quand la douleur de l’autre est à son paroxysme.
    Ben porte la main devant sa bouche, et sa gorge s’obstrue à l’écoute de tant d’atrocités. Il prend conscience que c’est une jeune fille de 16 ans qui lui déballe tout cela. Un sentiment d’injustice se répand en lui. La vie ne peut pas imposer tant d’horreurs à une enfant et la faire grandir en enfer jusqu’à pourrir chaque cellule innocente de son corps, jusqu’à travestir son âme pure. »

    Angelina Delcroix est née en 1978, à Luçon. Elle envisage de faire l’École de Gendarmerie pour travailler dans la police scientifique, mais après une Licence de Génétique et des études en Psychothérapie, et en criminologie à l’école de gendarmerie. Elle exerce comme psycho-praticienne en Vendée et consacre son temps libre à sa passion, l’écriture. Forte de ses diplômes, elle choisit le genre thriller psychologique.

    Un premier roman, Ne la réveillez pas paraît en 2017 aux Éditions Nouvelles Plumes, dans lequel l’auteure crée le personnage de Joy Morel, adjudante, suivi par Si je serai grande en 2018, deux romans qui rencontrent le succès.
    En 2019, sort son 3è roman, Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort.
    Angelina Delcroix se consacre désormais entièrement à l’écriture.

    Ne la réveillez pas (2017)
    https://leressentidejeanpaul.com/2026/02/17/un-peu-beaucoup-jusqua-la-mort/

    Si je serai grande (2018)
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/08/si-je-serais-grande/