Amour, Émotion, Historique, Magique, Roman de terroir

Les Mains d’argile

de Michel Lacombe
Broché – 6 février 2025
Éditions : de Borée

Début du XXe siècle. Louise, jeune femme très indépendante et fille d’un riche bourgeois propriétaire d’une fabrique de vases à Anduze, se passionne pour la sculpture. Très talentueuse, elle parvient peu à peu à vivre correctement de son art, et partage volontiers ses gains avec les ouvriers de l’usine de son père. Mais ses parents, qui n’ont d’autre projet pour elle que celui de la marier à un fils de bonne famille, voient cette activité d’un très mauvais oeil. Lorsqu’elle rencontre Marcelin, fondeur de cloches à Lodève, c’est secrètement qu’ils décident de s’aimer. Louise parviendra-t-elle à imposer le jeune artisan à sa famille ?

J’ai plongé avec fascination dans l’univers de Michel Lacombe et découvert sa plume envoûtante à travers Les Mains d’argile, un roman qui m’a véritablement transporté au cœur du sud de la France, au début du XXᵉ siècle, dans la ville d’Anduze. Le destin de Louise, une jeune femme libre et passionnée de sculpture, fille unique d’un riche industriel, propriétaire d’une fabrique de vases, qui développe un talent artistique remarquable et parvient à vivre de son art, tout en partageant généreusement ses revenus avec les ouvriers de l’usine familiale.

Mais ses aspirations artistiques se heurtent aux attentes rigides de ses parents, qui la destinent à un mariage convenable er surtout dans une “bonne famille”. Louise, portée par son désir d’indépendance, défie leur volonté en s’éprenant de Marcelin, un fondeur de cloches à Lodève, un homme simple et profondément amoureux. Leur relation clandestine illustre les tensions entre aspirations personnelles et pressions sociales, soulevant avec finesse la question du choix et de la liberté que les femmes ont eut de tout temps.

Ce roman m’a plongé avec intensité dans une époque où les conventions dictaient le destin des femmes. À travers le parcours de Louise, Michel Lacombe brosse un portrait puissant de l’émancipation féminine et de la lutte contre les préjugés. Son écriture délicate rend un vibrant hommage à l’art de la sculpture, tout en explorant avec sensibilité les combats d’une femme qui refuse de renoncer à ses rêves. Une lecture envoûtante qui invite à réfléchir sur la quête d’identité et de liberté qui résonne encore aujourd’hui.

Au fil des pages, cette lecture, qui m’a profondément ému, s’est révélée être un véritable coup de cœur. Une œuvre que je conseille sans hésitation à tous les amoureux de l’art et de la littérature.

Ma rencontre avec les éditions de Borée a transformé ma façon de lire. J’y ai découvert des auteurs mettant en lumière les beautés des régions françaises, mais surtout des récits empreints de bonté, d’amour et de personnages féminins forts, inspirants et inoubliables. Ces romans occupent désormais une place privilégiée dans ma bibliothèque déjà bien fournie. Ils me font un bien fou, nourrissent ma curiosité littéraire et linguistique, et portent des valeurs profondément humaines et authentiques.
Un grand merci à toi Virginie…

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Extraits :

« leur ventre noir la crête des collines crépues hérissées de garrigue. Peu à peu, une nuit précoce étendait son emprise sur un paysage immobile qui paraissait retenir son souffle. Dans le silence subitement incongru, l’air lui-même se faisait plus lourd à respirer. Au fil des minutes, l’ombre avalait la vallée, crue d’obscurité qui se répandait en larges vagues, jusqu’à engloutir le village blotti entre les versants abrupts au creux desquels il se nichait. La terre elle-même semblait exhaler son angoisse larvée, avec cette odeur indéfinissable qui précède les orages d’été. »

« Une fois de nouveau dans la tranquillité de sa chambre, la jeune fille se livra à une de ses distractions favorites, le dessin… À force de s’y entraîner, elle s’estimait chaque jour plus satisfaite de ce que sa mère ne considérait avec mépris que comme des gribouillages de gamine. Gribouillages ? Certes pas ! En se référant à ses premiers croquis, elle voyait bien la différence : les proportions plus justes, la perspective maîtrisée, le trait de crayon plus sûr, les gommages de plus en plus rares. Et, surtout, c’était le seul exercice qui la détendait vraiment. »

« — Ce que je sais, c’est que personne ne me comprendra, à Anduze ou ailleurs, si j’arrive un jour à parler latin ! Je préférerais apprendre le patois des paysans de chez nous, l’occitan, ce qui me permettrait sans aucun doute de mieux connaître notre région…
— Le patois! J’aurai tout entendu! Le parler du bas peuple…
— Un bas peuple qui travaille quand même pour vous, Père, et qui assure l’opulence de notre famille, non ?
Exactement le genre de propos qui avaient l’art d’exaspérer Armand.
– Mais qui te permet, à ton âge, de juger ainsi de choses dont tu ignores tout ? Nous ne sommes pas de la même classe, c’est tout ! Il ne faut pas confondre les chiffons avec les serviettes de table… »

« – Non, je ne me rendrai plus ni au temple ni à l’église ! avait-elle déclaré un dimanche matin.
– Comment ? s’étaient indignés tant son père que sa mère. Mais pourquoi ?
– Pourquoi ? Parce que je ne sais plus où j’en suis, à vous suivre à ces cérémonies hebdomadaires! À admettre l’autorité du pape d’un côté et à ne reconnaître que celle de la Bible de l’autre… Vouer un culte à Marie d’un côté, le réfuter de l’autre… Considérer que tous les chrétiens sont des prêtres dans la religion réformée, mais pas chez les catholiques… Prier les saints à l’église et les ignorer au temple… Sans compter les différences de sacrement et de célibat ! Vous avez voulu me partager en deux, mais je ne suis qu’une, sans savoir quelle foi adopter. Raison pour laquelle je préfère m’abstenir !
— Mais tu vas passer pour une païenne ! avait protesté sa mère. Que va-t-on penser de nous, au village ? »

Michel Lacombe est né en 1952 à Saint-Etienne dans la Loire.
Il a toujours écrit, et le succès lui vient dès son premier roman, Le Retour au mas, couronné par le prix des Automnales en 2004. Depuis, ce passionné d’histoire, de nature et de sciences a publié plus d’une cinquantaine de livres. Ces « romans de vie », comme il les appelle, où il s’attache à faire ressentir au plus près ce que vivent ses personnages, lui ont valu la reconnaissance d’un lectorat fidèle. Ambiance régionale, paysages et sa­veurs de la nature vraie, personnages attachants et intrigues rurales, émaillent ses récits dans une œuvre de plus en plus étoffée. Michel Lacombe vit en Ardèche (07).

Amour, Émotion, Drame, Historique, Roman

De sang et d’encre

de Jacquie Béal
Broché – 2 janvier 2019
Éditions : Terres de l’Ouest

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Dans le Périgord du XVIe siècle, les conflits entre catholiques et protestants font rage. Dans cette lutte sanglante, Landry et sa petite soeur voient leurs parents mourir sous leurs yeux. Les deux orphelins s’enfuient et trouvent refuge chez un imprimeur qui les prend sous sa protection. Landry devient colporteur et, au péril de sa vie, diffuse des livres emplis d’idées neuves et d’appels à la résistance. En chemin, le jeune homme découvre le goût de la liberté de vivre et de penser. Au milieu du chaos, Landry fait également une rencontre qui change sa vie : Mathilie, fille de gentilhomme et catholique. À ses côtés, il apprend que l’amour ne connaît pas de barrières sociales. Mais, dans la tourmente de l’Histoire, la conquête du bonheur a forcément un prix…

 

• Couv_2024-061_Béal Jacquie - De sang et d'encre

 

Je découvre la plume fluide et très élégante de Jacquie Béal, sa passion pour l’histoire est évidente, mais surtout sa passion pour les mots. Les dialogues sont superbes, au point de m’avoir fait traverser de temps, et permis de vivre au côté de Landry durant quelques pages.

Landry, c’est le personnage “phare” du roman. Un jeune homme qui dès le début du roman perd ses parents et se retrouve tout seul avec sa petite sœur Francette devenu aphasique suite au drame. Landry, va grandir et évoluer tout le long du récit. D’abord protecteur de sa sœur, il deviendra colporteur pour l’imprimeur qui les a recueillis dans sa famille d’obédience protestante. C’est un jeune homme bien, qui fait toujours son possible pour aider et faire ce qui est juste autour de lui. Il hait la guerre et refuse de choisir un camp en cette période si sombre et si troublée des guerres de religion.

L’auteure de par son analyse très subtile, nous montre la vie et les tourments que vivaient la plupart des gens qui par peur, n’avaient pas d’autres choix que d’adhérer à la religion imposée par leur seigneur. Landry arrive par ses doutes, ses interrogations, à passer outre. Il sait qu’il y a du mauvais partout, et que les bons aussi se cachent, qu’elle que soit leur religion, de crainte de mourir. Puis, un jour Landry, pendant l’une de ses expéditions, rencontre une jeune fille de “bonne famille”, orpheline aussi, mais de religion catholique, Mathilie.
Pour lui, c’est un coup de foudre !
Mais comment une fille bien née, pourrait-elle s’intéresser à lui, alors qu’ils n’ont même pas la même Religion ?

Jacquie m’a agréablement surpris durant toute ma lecture, mais surtout à deux niveaux. Tout d’abord pour sa remarquable érudition sur les sujets traités, et aussi pour avoir choisi un homme pour personnage principal, lui offrant ainsi toutes les pensées féminines qui sont en elle, faisant de Landry un personnage auquel on s’attache très vite…
Par contre j’espère qu’une suite sera prévue, car le lecteur que je suis est resté sur sa faim !

Cet excellent roman décrivant avec précision les horreurs de la guerre, la famine, les maladies, les fléaux de l’époque, les mentalités et les coutumes de la noblesse, les persécutions qu’ils faisaient endurer à ceux qui n’étaient pas bien “nés”, s’adressera plus particulièrement aux passionnés d’Histoire, et du Moyen Âge…

Personnellement, je Valide !!!

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Extraits :

« De cachette en cachette, il s’était tenu à l’écart des maisons, car les paysans, excédés, étaient devenus des meurtriers. Ils tuaient sans même chercher à savoir si vous étiez papiste ou parpaillot. Ils tuaient parce qu’ils avaient pris goût au sang.
Mariotte pleura son homme. Parfois, elle imaginait qu’il pourrissait dans une fosse commune. Avait-on séparé les catholiques et les protestants ? Un trou pour les uns, un trou pour les autres ? »

« – Te mets pas en peine, Ricou. La mère en veut au monde entier depuis que mon père est mort.
– Je sais bien. Remarque, elle a raison de dire que la guerre, c’est pas tant beau que ça. La guerre, c’est beaucoup de sang et de souffrance, sauf quand on la fait comme les seigneurs : la piétaille devant comme chair à canon et la cavalerie derrière, dans ses plus beaux habits. Ceux qui commandent observent bien à l’abri, et ils empochent la victoire et les honneurs. »

« Ils se mirent en route. Au-delà du bois, c’était l’inconnu. Landry avait déjà fait la route jusqu’à Villamblard, et il savait que Bergerac se trouvait à quelques lieues de marche seulement, mais Francette se fatiguait vite et ne pourrait pas supporter de trop longues étapes. »

« – Après la bataille de Moncontour, la Double était parsemée de cadavres : des soldats, des femmes, des enfants…
– Crois-tu vraiment que ces femmes et ces enfants ont été tués au nom de Dieu ? Pour de nobles raisons ?
C’était le chaos. On avait l’impression de traverser l’Enfer. »

« Quand la haine s’allie au désordre, la violence l’emporte toujours sur la raison. »

Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

Amour, Émotion, Drame, Historique

L’Enfant trouvée

de Louis Mercadié
Broché – Grand livre, 14 mars 2024
Éditions : de Borée

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Années 1820-1900. Tout comme son amie Marie, future madame Talabot, Noëlle n’a jamais rien connu d’autre que l’orphelinat. S’accrochant uniquement à l’idée de retrouver sa mère, elle affronte un quotidien harassant et surmonte dignement les difficultés qui jalonnent son chemin. Sa quête la conduira dans un Paris en pleine tourmente. Modifiant profondément sa façon de voir la vie, cette période agitée la mènera là où tout a commencé, au village de son enfance…

 

• Couv_2024-043_Mercadié Louis - L'enfant trouvée

 

Malgré le vécu incroyablement triste de Noëlle en ce début de 19e siècle, je referme tout de même mon livre heureux de cette histoire et éblouis par le parcours qu’elle a vécu sans jamais baisser les bras devant l’adversité.
Après un abandon, hors de la volonté de sa mère en 1822, nous suivons le parcours de la petite Noëlle qui va grandir dans un orphelinat, dans une France où il ne fait pas bon vivre lorsque l’on est tout seul, sans famille. C’est l’obligation de travailler très tôt dans les mines ou les fermes avoisinantes, l’exploitation des enfants, la prostitution, des conditions de travail opprimantes et dégradantes…

Noêlle est une belle fille au caractère facile, bienveillante, ayant une bonté d’âme exceptionnelle. Elle va très vite nouer de belles amitiés avec celles et ceux qui partagent sa condition.
Puis viendront les premiers amours… Adulte, elle décidera de quitter l’Aveyron à la recherche de ses origines, connaître aussi le “pourquoi” de son abandon. Commencera alors un périple à travers la France jusqu’à son arrivée à Paris, où la pauvreté est omniprésente dans tous les quartiers plus sordides les uns que les autres.

Louis Mercadié, originaire du Nord-Aveyron, c’est très bien documenté sur cette période de l’histoire. Nous seulement le récit est un vrai livre d’histoire, mais il possède une plume très agréable avec un style propre, assez rare de nos jours.
Il y a quelques jours, je parlais d’un roman écris par une femme, racontant des vies de femmes, dans un lieu où je n’avais pas l’habitude de les rencontrer, en étant ému aux larmes…
L’Enfant trouvée est un excellent roman écris par un homme, qui raconte des vies de femmes très très dures, dans des lieux où je n’imaginais même pas qu’elles puissent y travailler. Et que d’émotions…

Plus qu’une simple lecture, elle est devenue au fil des pages une lecture très enrichissante, avec en plus, quelques annotations par-ci, par-là, avec lesquelles je suis allé au-delà, grâce à Internet, j’ai même assimilé cette lecture à une sorte de leçon de vie. Car Noëlle, oui, est une femme, oui, elle est courageuse et bonne avec les gens qu’elle côtoie, mais c’est aussi une révolutionnaire au fond de son cœur. Alors, oui, la société à évoluée depuis quant au droit des femmes, mais Noëlle voulait croire en un avenir ou les femmes et les hommes seraient égaux…

Un roman qui devrait vous procurer un véritable plaisir de lecture, hors du temps !
Un très grand MERCI encore une fois à Virginie des Éditions de Borée…

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Extraits :

« Chaque jour que Dieu faisait, Suzanne visitait Mme Castanié. À présent que ses jambes ne la portaient presque plus, la jeune fille assurait ses courses et lui révélait les nouvelles de la cité auxquelles la vieille dame continuait de s’intéresser. »

« Dans le calme de l’aurore, les deux femmes, qui traversaient le pont, crurent entendre les plaintes d’un agneau. Cependant, au fur et à mesure de leur progression, elles reconnurent les pleurs d’un bébé. Elles se hâtèrent en direction des cris et gravirent les marches du grand escalier de l’église. Tout en haut, une corbeille recouverte d’un linge reposait au sol. À l’intérieur, un bébé, pourtant bien emmailloté, tremblait de froid et s’agitait en hurlant. Enveloppé d’une sorte de pèlerine épaisse sur laquelle on avait grossièrement cousu des poches, elles-mêmes emplies de châtaignes grillées, il portait autour du cou une chaîne de métal retenant un médaillon étoilé gravé d’entrelacs. »

« – Tu as raison, mon Mathieu, elle est magique ta forêt !
On ne se lasserait pas de l’écouter.
– Et puis chaque saison apporte sa ritournelle, son murmure. C’est toujours différent, toujours nouveau. Allez, faut y aller maintenant, on continue ! »

« Ton bonheur me rend heureuse, chère Marina. Tu le mérites amplement et tu sauras le répandre autour de toi ! Tu es une fille formidable qui a su sortir de l’ornière profonde où tu te trouvais. Vois-tu, la vie, c’est comme un chemin, tantôt courant tout droit dans la plaine, tantôt montant péniblement les pentes sinueuses d’une montagne. Les jours viennent… et s’en vont. Ils sont des inconnus qui nous surprennent. Regarde ces guerres que nous venons de vivre, ces violences, cette souffrance ! »

 

Originaire du Nord-Aveyron, au pied des monts d’Aubrac, et fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. C’est aussi un passionné.

Auteur de plusieurs monographies historiques et d’une thèse de troisième cycle (Histoire, Géographie, Sciences humaines, Université de Jussieu), il a obtenu deux prix littéraires pour une biographie sur Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle.

Chevalier des Arts et Lettres, conférencier, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’a de cesse de parcourir l’histoire du département, notamment celle de ces femmes qui ont vécu un destin remarquable.

Amour, Émotion, Drame, Historique, Thriller historique

Monsieur de Paris

de Emmanuel Robert-Espalieu
Broché – 23 février 2023
Éditions : Michel Lafon

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Si votre fils était voué à un destin macabre, que feriez-vous ?

Unique héritière du bourreau de Joigny, Marguerite veut tenir la promesse faite à son père : s’assurer que son fils, Henri, perpétue la tradition familiale en devenant Monsieur de Paris, l’exécuteur le plus connu du royaume. Mais le moment venu, Henri, décidé à fuir la vie de paria qu’on veut lui imposer, s’est évaporé dans  » la Vallée de la misère « , les bas-fonds des quais de Seine. Marguerite imagine alors l’impensable : officier elle-même sur l’échafaud, à l’insu de tous, le temps de retrouver son fils. Un risque immense pour une femme dans cette période sombre et tumultueuse qu’est la fin de règne de Louis XIV. D’autant plus que les amitiés douteuses d’Henri vont l’entraîner dans de bien ténébreuses affaires.

 

• Couv_2024-029_Robert-Espalieu Emmanuel - Monsieur de Paris

 

Monsieur de Paris est la suite de Fleur de sang.
Il peut se lire indépendamment, mais il est tellement intéressant dans le développement des personnages qu’il serait dommage de ne pas le lire avant…

Quel plaisir de retrouver Marguerite, fille et femme de bourreau, qui va tout faire pour que de son fils Henri, devienne le prochain bourreau de la capitale, le prochain “Monsieur de Paris”. Mais malheureusement, tout le monde n’est pas fait pour être bourreau, et malgré toutes les discutions qu’ils ont peu avoir, Henri sait très bien au fond de lui, qu’il n’est pas fait pour cette fonction-là. De plus, Henri est amoureux. Il est amoureux de la belle Madeleine, et se refuse à lui imposer une vie qu’ils n’auraient pas choisie.
Mais Madeleine, n’est pas libre. Martin la mène comme, et où il veut, et par la force si nécessaire…

Henri doit respecter la tradition familiale à n’importe quel prix, et Marguerite y veille au quotidien.
Mais un matin, Henri à disparu sans laisser aucune trace !

Commence alors pour Marguerite, une mission incroyable qu’elle met en place au fur et à mesure, dans le Paris sombre, pauvre et violent du règne du roi soleil. Prête à tout pour retrouver son fils, elle va prendre tous les risques et être embarquée dans des problèmes qui n’en finissent plus…
Jusqu’où une mère est-elle prête à aller par amour pour son fils ?

Emmanuel Robert-Espalieu, m’avait déjà complètement subjugué dans le premier volet, de cette saga historico/familiale, mais dans celui-ci, tout en conservant le style, le charme, les odeurs et la saleté, il construit son roman comme un thriller sans aucun tant mort, avec de nombreux rebondissements. J’ai été parfois même estomaqué… jusqu’à cette fin que j’ai haïe…
…Mais quelle surprise !!!

Énorme coup de cœur, pour ce récit captivant, servi par une écriture fluide et agréable.
J’avais vraiment l’impression d’y être et d’observer à chaque coins de rues, le déroulement du récit.
Deux romans qui mériteraient vraiment une adaptation cinématographique.

J’ai encore les hurlements des suppliciés dans les oreilles… Ils le méritaient !

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Extraits :
« En revanche, l’homme devenait frugal en paroles quand il travaillait.
D’ailleurs personne, même celles ou ceux qui le connaissaient, ne l’aurait abordé à ce moment-là. Car Clément, cet homme à l’allure bienveillante et affable qui continuait de fixer Henri, n’était autre que Monsieur de Paris, le bourreau de la capitale, l’exécuteur le plus connu du royaume. Un homme respectable et respecté, et ce même si la canne dont il faisait usage pour se déplacer depuis quelque temps lui fragilisait l’allure. Sa vue s’altérait de jour en jour, et bien que prétendant le contraire, il ne devinait plus que le contour des choses et devait désormais se faire suppléer pour les exécutions. »

« Marguerite n’est pas de celles qui se laissent aller au souci de l’apparence, comme cette nouvelle tendance de la petite bourgeoisie qui voudrait qu’on se pare d’une manière plus avantageuse que sa condition.
Le maquillage outrancier, les toilettes et les bijoux de celles qui jouent les grandes dames dans les jardins des Tuileries comme à la parade, en se délectant de glaces et d’huîtres, ne l’intéressent guère. Marguerite est toujours soignée, ses cheveux de jais tirés en arrière finissant en un agréable chignon suspendu par une simple broche d’argent au-dessus de sa nuque duveteuse incurvée par son port élégant. Sa mise est sobre. Elle est le plus souvent vêtue de sa robe en laine brun foncé doublée de popeline, légère et bon marché, et surtout facile à porter, cintrée à la taille d’un ruban de soie noire ou rouille qui souligne sa silhouette sur laquelle le temps ne semble pas avoir de prise. »

« – Robe noire ! cria soudainement Atedjaka, qui contenait mal sa colère, arrachant le papier des mains d’Henri.
– Mais qu’est-ce qu’il te prend ? lui fit celui-ci, atterré.
– Lui ! continua-t-il, la voix sourde, montrant du doigt l’homme d’Église sur le dessin. Assassin!
– Un prêtre ? Mais comment ? »

« “Bourreau !” “Fils de bourreau !” “Coupeur de têtes !”
Pourtant il le savait, il l’avait toujours su. Déjà petit on lui avait appris à taire son nom, à user de détours pour rentrer à la maison du pilori sans être vu. Il savait pertinemment ce que faisait son oncle, qui il était. Il en était même secrètement un peu fier, tout môme qu’il était. Tout comme il était fier de sa mère qui faisait du bien aux pauvres dans l’ombre de son échoppe, et qui était aimée pour cela. Il savait aussi ce qui l’attendait. Comme on sait que quelque chose va arriver, inéluctable, mais dans un futur assez lointain pour le percevoir hors de soi, presque improbable, repoussé par l’illusion d’une vie qu’on s’est fabriquée pour paraître normal aux yeux du monde. Un futur de plus en plus proche avec le temps, où il devrait embrasser une voie sur laquelle il marchait déjà, mais en regardant ailleurs. Il n’était qu’un enfant. Et un enfant ne pense pas à ces choses-là. Un enfant ça joue, ça court, sa chaparde et ça crie quand il est poursuivi. Un enfant ça rêve, sa apprend avec ses mains, ses yeux, son corps. »

 

Emmanuel Robert-Espalieu est né le 1er juillet 1970 à Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Après une carrière comme photographe, dans les coulisses des théâtres (Festival d’Avignon, Théâtre National de la Colline, Comédie Français…), dramaturge et réalisateur, il se consacre désormais à l’écriture et la mise en scène de pièces de théâtre, ainsi qu’à l’écriture de romans.

Fleur de sang est son premier roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/29/fleur-de-sang/

Monsieur de Paris son second.

Émotion, Drame, Historique, Roman

Fleur de sang

de Emmanuel Robert-Espalieu
Poche – 2 mars 2023
Éditions : Pocket

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​Par amour pour elle, il va devenir bourreau. Par amour pour lui, elle va défier l’ordre établi…
En épousant Marguerite, fille unique du bourreau de la ville de Joigny, Charles a tout perdu : son grade de lieutenant dans l’armée du Roi-Soleil, son titre de comte, mais surtout l’affection et l’estime de son père. Par amour, il doit désormais apprendre les macabres ficelles de ce métier si redouté, reclus de la société.
Néanmoins, alors que magie et superstition se mêlent à la médecine, les bourreaux ont un précieux savoir de guérisseurs. À peine Charles acquiert-il une réputation pour ses onguents que Marguerite est la proie d’un mal étrange. En quête du remède ultime, le nouvel exécuteur engage son destin sur des voies dangereuses… surtout quand on en vient à déterrer les morts.

 

• Couv_2023-130_Robert-Espalieu Emmanuel - Fleur de sang

 

Les dernières heures de l’année 2023 arrivent doucement…
Encore une belle année de lecture pour moi, que je terminerai avec ce cent-trentième Ressenti !

Premier roman d’Emmanuel Robert-Espalieu, Fleur de sang laisse déjà entrevoir une plume affinée et une belle interaction entre les personnages bien développés et le lecteur que je suis. Je me demandais vraiment comment l’auteur allait arriver à me rendre sympathique un “bourreau” vivant au XVIIe siècle… Ce n’était pas gagné d’avance et pourtant, Emmanuel s’en sort largement, au point de faire de Charles “le bon bourreau”, un vrai héros, auquel je me suis attaché assez vite pour de multiples raisons que je vous laisserai découvrir !
Il y a beaucoup d’imagination dans ce récit, de nombreux rebondissements, de l’émotion et de la poésie, mêlant faits historiques et histoire d’amour et il m’a été très difficile de le lâcher une fois entamé. J’ai Ressenti une véritable passion de la part d’Emmanuel pour cette période de l’Histoire. Il a dû faire de nombreuses recherches afin de soigner et de caler son récit dans l’Histoire, de plus, j’ai appris énormément de choses sur un “métier” plus que méconnu.

Charles, lieutenant dans l’armée française, fils de comte est promis à sa succession, au grand désespoir de Paul son demi-frère. Mais comme dans de nombreux récits, tout ne se déroulera pas comme convenu, au grand désespoir de son père et à la grande joie de Paul…
En effet, un jour lors d’une exécution le regard de Charles croise les yeux d’une belle inconnue qui, elle aussi ne le lâche plus du regard. Que dis-je une belle inconnue ? Une femme superbe ! Il est ébloui, son cœur bat à tout rompre, alors que le temps s’est arrêté.
Ce regard changera sa vie à jamais…
Mais Charles et Marguerite n’étaient-ils pas destinés l’un à l’autre, à s’aimer malgré toutes les épreuves que cela engendrerait ?

Pour son premier livre, Emmanuel m’a touché.
C’est un sacré roman de 500 pages, qui m’a semblé bien trop court.

Un grand merci à Karine Warszawski pour cette belle découverte !

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Extraits :
« Coupable ! conclut autoritairement Paul Fouquier, le prévôt général de la ville.
La sentence rebondit en écho entre les voûtes de la grande salle du château abritant désormais le tribunal, provoquant immédiatement les applaudissements de la foule bigarrée venue s’agglutiner pour assister au spectacle. Une sentence similaire à celle prononcée quelques jours plus tôt contre un fermier acoquiné aux “Tranche-Montagnes” devenus le centre d’intérêt de toutes les conversations ici, à Joigny et dans ses environs. Dans les rues, au marché, à l’église, dans les estaminets et même au château, on ne parlait plus que de cette bande, une “armée” selon certains, constituée de soldats déserteurs et de voleurs, qui vivraient, selon les dires, terrés comme des bêtes dans la forêt d’Othe, juste au-dessus de la ville, au-delà des vignes. »

« Il se sentit fondre en elle alors qu’il tâchait toujours de la maintenir prisonnière, son visage effleurant presque le sien. Ses yeux étaient verts, striés d’éclairs jaunes vers l’iris. Elle était si merveilleusement belle que sa perfection repoussait les possibilités humaines, et il ne pouvait contenir l’émotion qui le submergeait. L’attraction était irrépressible. Le combat était perdu, mais une guerre était gagnée, puisqu’il sentait qu’il pouvait aimer cette femme de tous ses yeux, de tout son corps. Il pouvait l’aimer de tous les ciels, de toutes les forêts et tous les oiseaux, l’aimer de tout ce qui était fait de terre et d’eau, d’air et de feu. »

« – Vous ne m’avez pas écoutée, minauda-t-elle.
– Si ! Si ! Même si je ne suis pas certain d’avoir jamais vraiment compris la poésie. J’ai toujours préféré les romans. Ou les nouvelles.
– Il ne s’agit pas de comprendre, mais de ressentir. Ce ne sont pas tant les mots en soi qui comptent, mais les images qu’ils véhiculent. La sensation qu’ils vous apportent individuellement, et liés les uns aux autres. Vous comprenez ?
– Oui. Comme de la musique.
– Exactement ! »

 

Emmanuel Robert-Espalieu est né le 1er juillet 1970 à Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Après une carrière comme photographe, dans les coulisses des théâtres (Festival d’Avignon, Théâtre National de la Colline, Comédie Français…), dramaturge et réalisateur, il se consacre désormais à l’écriture et la mise en scène de pièces de théâtre, ainsi qu’à l’écriture de romans. Il vit à Joigny.

Fleur de sang est son premier roman.

Historique, Polar historique, Suspense

Le Faubourg des diaboliques

Une enquête d’Hippolyte Salvignac**
de Philippe Grandcoing
Broché – 12 mars 2020
Éditions : de Borée

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L’antiquaire et enquêteur amateur Hippolyte Salvignac est de retour dans la France haute en couleurs de Clemenceau ! Accusé d’avoir assassiné le mari de son ancienne maîtresse, il devra batailler pour prouver son innocence, mais aussi pour disculper un ami de Picasso. Ces nouvelles aventures le mènent tout autant dans le Paris interlope de Montmartre où naît l’art du XXe siècle, qu’au coeur du faubourg aristocratique du boulevard Saint-Germain. Au fil de ses investigations où s’entremêlent la quête des origines familiales de son ami l’inspecteur Jules Lerouet et la plongée au plus profond des turpitudes des élites, il découvre également un pays aux puissants contrastes, depuis la Sologne des chaumières et des châteaux jusqu’au Midi languedocien ravagé par la crise viticole. Alliant toujours la qualité de l’information historique et un réel sens de l’intrigue, l’auteur fait revivre un moment riche en événements, celui de l’été 1907, où se forge dans la douleur et l’exaltation la modernité du XXe siècle, celle des Demoiselles d’Avignon mais aussi celles d’une économie mondialisée et d’une démocratie aux prises avec les colères populaires. Autant de défis pour les personnages historiques croisés au fil de ces pages captivantes, de Clemenceau à Picasso, en passant par Derain et Apollinaire.

 

• Couv_2023-122_Grandcoing Philippe - Le faubourg des diaboliques

 

Second volet des enquêtes d’Hippolyte Salvignac et de son désormais compère, l’inspecteur Jules Lerouet, dans le Paris d’avant la Première Guerre mondiale. Second volet qui m’a de nouveau séduit par ses nombreuses qualités, très différentes du premier récit. Nous sommes ici confrontés aux conflits politiques de l’époque, des problèmes que rencontres les vignerons du sud de le France face à une concurrence déloyale, le monde des Arts qui évolue, Picasso, Juan Gris, Max Jacob, Apollinaire, Derain, Matisse et Vlaminck, la recherche du père biologique de Jules, en Sologne puis à Collioures, l’art “nègre”, ou “art primitif” dont Hippolyte devient vite un spécialiste.

De nombreux sujets seront ainsi abordés au détriment des enquêtes qui restent quand même présentes tout le long du récit. Philippe Grandcoing est méticuleux dans sa reconstitution. Les dialogues sont travaillés en conséquence, le contexte social très présent et une atmosphère désuète très agréable. Le passage où nos héros se retrouvent dans le sud de la France m’a particulièrement plu, ce mélange d’Occitan et de Français “avé l’accent”, dans les dialogues est superbe, j’avais l’impression d’entendre les cigales.

Entre les riches quartiers de l’aristocratie, où des bourgeois cachent de drôle de magouilles, les maisons de tolérance, les viticulteurs qui se meurent peu à peu, leurs rassemblements dans le sud, les mutineries, puis les premières confrontations avec la police, suivies de l’intervention de l’armée, Clémenceau a plus d’un chat à fouetter !

Un très bon récit agrémenté de moult intrigues qui se déploient tout le long du récit. On pourrait croire que c’est un récit “brouillon”, pas du tout. L’auteur tient les rênes de son Histoire d’une main de maître… Avec ce second tome, Philippe confirme, son aisance et son savoir-faire littéraire du siècle dernier. C’est captivant, c’est intelligent et le suspense est fort bien mené. Pour les amoureux de romans historiques, il serait dommage de passer à côté des “enquêtes d’Hippolyte Salvignac”.

Et il se passe encore bien plus de choses dans ce roman (meurtres, emprisonnements à tort, jolie rousse et… chuuut… !), je vous laisse le soin de les découvrir…

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Extraits :

« Hippolyte Salvignac fut tiré de sa rêverie par, l’agitation des passagers de son compartiment à l’approche de Paris. Le crissement des freins, les secousses déclenchées par l’inversion de la vapeur et le bruit strident des sifflets des employés sur le quai lui confirmèrent qu’il était arrivé à destination. Après quinze jours passés en province, le retour dans la capitale fut un choc. Tout lui paraissait gris et sale, bruyant et grouillant. »

« Les murs du couloir étaient ornés de gravures licencieuses, dans l’esprit libertin du XVIIIe siècle. Au prétexte de scènes mythologiques, des faunes libidineux poursuivaient de leurs ardeurs nymphes virginales et bacchantes dévergondées. Le gardien de ce temple dédié aux plaisirs le mena jusqu’à une double porte dont il poussa un des battants. »

« Une charmante rousse lui avait ouvert. De petite taille, le visage constellé de taches de son, des yeux couleur d’eau de mer, les cheveux remontés en un chignon désordonné, elle portait une robe verte très ajustée qui ne laissait rien ignorer de son anatomie. Hippolyte ne put dissimuler sa surprise. Elle le gratifia d’un sourire charmeur. »

« Avoir découvert, soit par lui-même soit par l’entremise des révélations de Lerouet, les dessous de la politique et de la justice l’avait dégoûté de travailler pour Clemenceau et la police. À plus de quarante ans, il restait un idéaliste. Il aimait à croire que les hommes politiques n’œuvraient que pour l’intérêt général et que les forces de l’ordre respectaient la loi et le droit. »

 

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

– Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
– La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
– Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
– Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

Le Tigre et les pilleurs de Dieu, éditions De Borée, 2018.
http://leressentidejeanpaul.com/2023/10/07/le-tigre-et-les-pilleurs-de-dieu//

Le Faubourg des diaboliques, éditions De Borée, 2019.
Tuer est un art, éditions De Borée, 2020.
La Conspiration hongroise, éditions De Borée, 2021
La Malédiction de Rocalbes, éditions De Borée, 2022
Les Noyés du bord de Marne, éditions De Borée, 2023

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Ouvrages collectifs

– 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
– Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
– L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
– Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
– Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
– Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
– Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
– Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
– Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
– Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
– Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
– Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
– Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
– Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
– Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
– Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
– Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
– Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
– La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
– Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
– L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

Publications diverses

– Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

Émotion, Drame, Historique, Roman, Suspense

Le Fil d’Argent

de Rebecca Greenberg
Broché – 27 août 2017
Éditions : Auto-Édition

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New York 2011. Thomas Gordon, journaliste d’investigation au Daily News, voit son existence basculer un jour de blizzard. Comment reprendre le cours de sa vie lorsque l’on se retrouve soudain doté de dons paranormaux ? Comment rester les pieds sur terre lorsque l’on peut désormais sortir de son corps et dépasser les limites de l’Espace et du Temps ? Sans cesse ramené dans la France occupée des années 1940, il devient témoin de la vie tragique de Simon, un Juif entré dans la Résistance, et de ses deux petites sœurs virtuoses. Bientôt les coïncidences s’accumulent et un puzzle hallucinant prend forme… Pour ne pas devenir fou et comprendre ce qui le relie à cette famille prise dans la tourmente de l’Histoire, Tom devra s’engager corps et âme dans l’enquête la plus incroyable de sa vie. Et si rien n’était dû au hasard ?

 

• Couv_2023-119_Greenberg Rebecca - Le fil d'argent

 

J’ai terminé le roman de Rebecca Greenberg depuis deux jours déjà et je ne sais toujours pas comment entamer mon Ressenti…
Tant pis, je me lance !

Le premier roman de Rebecca est MA-GNI-FIQUE, impressionnant, addictif, tellement réaliste !!!

Quel travail remarquable, documenté, réfléchi, quelle sensibilité, des personnages que je ne suis pas près d’oublier, j’entendais de la musique durant ma lecture, le violon, le piano, les mots qui s’écoulaient dans un rythme tantôt en douceur, tantôt avec violence, la beauté des âmes pures, la peur, les cris, les larmes, la laideur des autres, la haine, la jalousie. Rebecca m’a comblé en tant que lecteur, m’a envoûté en tant qu’homme. Plusieurs fois, j’ai dû stopper ma lecture, fermer les yeux étant dans l’incapacité d’aller plus loin, d’appréhender les abominations, les cruautés qui risquaient de retomber à chaque moment, à chaque page, mais malgré son récit si dur et bouleversant, il n’y a jamais jugement, ni pathos. La lecture est très agréable, fluide, j’étais complètement transporté par la plume de l’auteure. Certains lecteurs auront peut-être l’impression de lire un roman de type ”fantastique”. Pas moi. La réalité de ce phénomène, pour moi, ne fait aucun doute…

Dès le début du récit, nous suivons deux histoires qui se passent à deux périodes différentes. Nous sommes en 2011, où Tom est plongé dans un coma suite à un accident, ou en 1940, avec Simon, jeune juif qui subit la Seconde Guerre mondiale de plein fouet. Nous allons alterner ainsi d’une époque à l’autre par le biais de la décorporation, un sujet qui me plaît tout particulièrement. Tom, finalement, va sortir du coma avec un don qu’il va apprivoiser jour après jour. Mais est-ce vraiment un don ou malédiction ?
Il lui faudra plusieurs années pour le maîtriser et comprendre pourquoi il est sorti vivant du coma.

Rebecca m’a touché au plus profond de mon âme, j’aimerais tellement connaître les morceaux qu’elle avait en tête en écrivant son roman.
Durant ma “vie de lecteur” certains romans m’ont marqué. “Le Fil d’Argent” fait définitivement partie de ceux qui se trouvent en haut de la pile !

Merci pour ce voyage magnifique… Pour ne jamais oublier.
Très gros coup de cœur.

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Extraits :

« La lumière.
Diffuse, douce comme un voile.
Mouvante, comme des courants opalins,
mais se déplaçant avec lenteur.
Irradiant une paix profonde et un amour infini.
Bientôt y apparaissent des formes sans consistance,
ressemblant toutefois de plus en plus à des visages.
Oui, ce sont bien des visages… !
Des visages qu’il connaît et qu’il chérit.
Celui de Kate d’abord, puis ceux d’Andy et d’Ellen. »

« Il prit soudain conscience d’une sorte de connexion invisible entre lui et ce mystérieux inconnu aux yeux clos, une espèce de fluide non-palpable, mais de plus en plus intense. La musique, toujours plus riche, pénétrait ses tympans, son cerveau, son cœur, son être tout entier, jusqu’aux tréfonds de son âme.
Alors il comprit. »

« 1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l’identité des Juifs qu’ils ont mission d’arrêter, n’ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux. Les enfants vivant avec la ou les personnes arrêtées seront emmenés en même temps, ils ne doivent pas être confiés aux voisins »

« C’est simple, il me faut environ trente minutes pour faire un tampon qui permettra de fabriquer une cinquantaine de cartes. Chaque demi-heure supplémentaire où je parviens à rester éveillé, c’est comme cinquante vies que je sauve… »

« – Ils… ils l’ont emmenée.
– Où ça ? Nous pouvons organiser son évasion ! Je connais…
– Non, Léo, non.
Simon sentit les larmes lui brûler les yeux ; il sentait aussi les mots – ceux qu’il n’aurait certainement pas fallu dire – affluer entre ses lèvres malgré lui.
– Il est trop tard. Ils l’ont… fusillée, il y a deux jours.
Les bras de Léo retombèrent à l’instant, inertes le long de son corps. Ses yeux s’exorbitèrent pendant une ou deux secondes, puis Simon vit le souffle lui manquer. Enfin, il s’affaissa sur les genoux, dans l’herbe sèche, en inspirant dans une sorte de gémissement déchirant et ne bougea plus. Simon se laissa tomber à côté de lui, pris du besoin insoutenable de se justifier.
– Je… je n’ai rien pu faire… Je…
Mais il se tut. À quoi bon expliquer pour le moment… Qu’y avait-il à expliquer, d’ailleurs ?
Je suis vraiment désolé, finit-il par dire à mi-voix. »

« Léo secoua la tête, écœuré. Il commençait à être las de cette guerre qui n’en finissait pas. Pourquoi les Français ne se soulevaient-ils pas en masse, pourquoi étaient-ils seulement une petite poignée d’hommes à réagir ? Pourquoi devaient-ils attendre la victoire des Alliés sans bouger ? Pourquoi devoir supporter sur ses propres terres des combats sanglants entre deux pays étrangers s’affrontant sans même se soucier des autochtones ?… Combien de vies innocentes devraient-elles être encore happées ? »

 

Rebecca Greenberg part à 17 ans vivre en Afrique, au Cameroun, avec ses parents. Elle y passe son bac, et poursuit par une année d’initiation à l’Histoire de l’Art.

Lorsqu’elle rentre en France, elle entame des études universitaires cinématographiques et audiovisuelles. Elle assiste à des tournages de films, aux côtés de Gérard Jugnot et Richard Bohringer et se prend de passion pour les écrits de Stephen King, rédigeant des scripts adaptés de quelques nouvelles choisies. Elle est correctrice littéraire.

Puis elle rencontre son âme-sœur, et fait finalement le choix de se consacrer corps et âme à sa nombreuse famille.

Mère de 7 enfants, c’est la saga Harry Potter, découverte par le biais de ses enfants bien des années plus tard, qui lui donne – comme une révélation – le goût insatiable des livres et le besoin de réécrire, comme au temps de son adolescence.

Le fil d’argent (illustrations de Matthieu Biasotto) est son premier roman.

son blog : http://lefildargent.over-blog.com/
page Facebook : https://www.facebook.com/lefildargent.back/

Historique

L’archéologue***

Le Périple de Démétrios
de Philippe Ehly
Broché – 1 décembre 2022
Éditions : Éditions Encre Rouge

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L’héritage d’un vieil homme à Tombouctou va-t-il bouleverser l’Histoire ? Que contiennent les coffres de cèdre de sa librairie ? Ayant miraculeusement échappé à la vague destructrice des révolutionnaires islamiques qui ont ravagé la cité millénaire et terrorisé la population, leur contenu va-t-il livrer la clef d’un mystère né à six mille kilomètres de là ? L’archéologue Marc Miller et son équipe, après des années passées à explorer les fonds marins et les déserts du sultanat d’Oman ont acquis une nouvelle notoriété. Mais si l’histoire des épaves du XVIIIe siècle a pu être retracée, d’autres énigmes demeurent. D’où provenait le navire chargé d’amphores grecques qui s’est éventré sur les coraux de la côte ? Et quel était sa destination ? Pourquoi le fort d’Ashid et ses mines ont-ils été abandonnés ? Qui étaient ses occupants ? Le manuscrit du scribe Kéros va-t-il enfin répondre aux questions nées des découvertes archéologiques dans le sultanat d’Oman ?

“De telles choses doivent être connues un jour”, murmura le prêtre égyptien Manéthon il y a vingt-trois siècles.
Ce jour est enfin arrivé…

 

• Couv_2023-018_Ehly Philippe - L'Archéolgue ***

 

De nouveaux, j’avais hâte de retrouver les personnages qui m’avaient tant fait rêver lors des deux tomes précédents.

Philippe Ehly, nous compile une œuvre historique magistrale, à travers des voyages et des combats comme si nous y étions. Je le répète encore une fois, Philippe est un véritable passionné. Chaque détail, chaque grain de poussière sur une pierre, chaque grain de sable ou souffle de vent peuvent avoir son importance dans ce récit.

Dans ce troisième volet, nous nous trouvons dans des contrées encore méconnues, au IVe siècle avant Jésus-Christ. Nous suivrons ainsi le périple incroyable de Démétrios, sur la demande du roi Alexandre. Un long voyage de découvertes et d’exploration dans des lieux très peu connus, où chaque interaction avec les peuples sur place se révélera difficile et délicate. Un voyage qui va se dérouler sur plusieurs mois quand Démétrios apprendra de décès de son roi…

Encore une fois Philippe à su m’emporter dans ces contrées magnifiques, grâce à un manuscrit écrit par Kéros, scribe personnel de Démétrios. Un manuscrit qui va révéler une partie fascinante de notre histoire, de nouvelles intrigues, des peuples aux coutumes différentes… Un récit magnifique, mais…

Et oui, car pour ce troisième et dernier volet à priori ? Il y a un mais.
J’ai pris énormément de plaisir avec cette trilogie, mais je trouve que nous avons quitté beaucoup trop vite nos principaux héros des deux premiers tomes… On ne s’est pas ce qu’ils sont devenus… Il y avait aussi, comme un fil rouge mystérieux qui nous suivait dès le premier tome qui a été complètement abandonné ici. Qui était cette “Ombre” maléfique qui mettait en place tous ces attentats ? Qu’est-elle devenue ? Qui était-elle et pourquoi ?

J’espère vraiment qu’il y aura un quatrième tome qui pour moi bouclera ce superbe récit… Je trouve que beaucoup de questions sont restées sans réponse…

Alors Philippe, une suite ?

Encore une fois, un très grand merci à Blandine Carron, sans qui je n’aurai jamais fait cette très belle découverte !

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Extraits :

« L’homme qui marchait au milieu de la large avenue, bien qu’il y régnât une circulation intense, semblait si vieux que les passants l’auraient sans doute regardé avec surprise, s’ils n’avaient été pétrifiés par le respect. Si sa mise était simple, une robe de lin blanche sans manches, des sandales d’une qualité moyenne et un simple ruban blanc pour tenir en queue de cheval ses cheveux gris encore abondants et descendant jusqu’aux épaules, ceux qui l’entouraient ne pouvaient manquer d’attirer l’attention de tous. »

« L’un des problèmes que nous avions était que les gens avec lesquels nous aurions pu discuter ne parlaient aucune langue connue de nous et que ce n’était guère facile de se faire une opinion en se contentant de faire des moulinets avec les bras, des signes avec la main ou des grimaces diverses aussi expressives que possible. »

« Démétrios doutait quant à lui que nous fussions arrivés au bout du monde, même si cet univers sans hommes avec sa végétation, ondulant doucement au vent venu du nord et sa profusion d’animaux lui plaisait infiniment. Quant à cette navigation paisible sur ce fleuve large et sinueux, elle l’enchantait après les soixante jours de mer qui nous avait amené de Moxylon à l’embouchure de ce fleuve qui n’avaient pas été des plus plaisants tant les vents avaient joué avec nos peurs et les côtes avaient offert peu de possibilités pour le ravitaillement. »

 

 

Philippe EHLY, conseiller juridique et financier,
a longuement voyagé en Asie, tant professionnellement que pour satisfaire sa passion pour l’histoire et l’archéologie.

L’archéologue* – Épaves en mer d’Oman
https://leressentidejeanpaul.com/2022/10/21/larcheologue/

L’archéologue** – Le Fort d’Ashid
L’archéologue**

“Je suis né en 1946 à Caen. Mon père était boulanger. J’ai suivi des études supérieures dans le droit public avec une spécialité en droit de la mer. Mon premier écrit était ma thèse. J’ai aussi fait des études de lettres classiques. Dans ce cadre, j’ai écrit deux livres inspirés par l’Epopée d’Alexandre le Grand et j’ai développé un intérêt pour l’histoire grâce à des auteurs que j’ai trouvé inspirants. J’ai ensuite fait carrière dans la banque pendant 45 ans en tant que juriste d’entreprise. J’étais spécialisé dans la banque d’affaires et l’industrie pétrolière. J’ai commencé à travailler à 14 ans en aidant mon père à la boulangerie. Ma vie professionnelle a donc été particulièrement plaisante comparée aux conditions de travail de mon papa. J’ai énormément voyagé. J’ai passé les deux tiers de ma carrière à prendre l’avion. Je me suis donc débrouillé pour joindre l’utile à l’agréable. Quand je restais plusieurs semaines à l’étranger, j’en profitais pour faire de l’archéologie en amateur, ce que j’ai fait toute ma vie. J’ai eu comme maître à penser le professeur De Bouard qui était archéologue et qui emmenait ses étudiants faire des fouilles en Basse-Normandie. C’est lui qui m’a donné le goût de l’archéologie. Je me suis donc par la suite intégré à des équipes qui faisaient des recherches archéologiques, notamment au Liban et en Syrie, quand j’étais sur place pendant plusieurs semaines pour le travail. En 2013, j’ai pris ma retraite et ma femme ayant des attaches à Joigny, nous sommes venus nous y installer. ”

Émotion, Historique, Suspense

L’archéologue**

Le Fort d’Ashid
de Philippe Ehly
Broché – 1 octobre 2022
Éditions : Éditions Encre Rouge

• Bandeau_Intro - Ehly.jpg

Auréolé de ses découvertes en mer d’Oman, l’archéologue Marc Miller, accompagné par l’attachante Anne Verspieren, prend des vacances dans le désert du Dhofar. Mais une découverte aussi inattendue qu’insolite va donner un nouvel élan, terrestre cette fois, à leurs recherches archéologiques.
Que cache cette colline ? Et pourquoi n’est-elle mentionnée sur aucune carte, ni dans aucun manuscrit ancien ? Quel drame s’y est-il déroulé ? Serait-il possible que cette région parmi les plus inhospitalières au monde eût eu une importance majeure dans l’Antiquité ? Des questions auxquelles Marc Miller est décidé à trouver des réponses.
Plus fanatique que jamais, l’Ombre pousse son frère à préparer une série d’attentats pour semer le chaos au sultanat d’Oman, ruiner son économie et châtier le sultan trop ouvert à l’Occident.
Tandis que Marc Miller poursuit sa mission pour faire resurgir l’histoire du sultanat, le terroriste met tout en oeuvre pour l’anéantir.
Que se passera-t-il quand les chemins des deux hommes vont se croiser ?

 

• Couv_2023-008_Ehly Philippe - L'Archéologue**

 

Quel plaisir de retrouver les personnages qui m’avaient fait rêver lors du tome précédent.
Contrairement au premier opus qui se déroulait sous les eaux, celui-ci se passe dans le désert du Dhofar en terre d’Oman. Alors qu’Anne et Marc profitaient de vacances bien méritées, ils tombent par hasard sur une fortification quasi enterrée par le sable ne figurant ni sur leurs cartes ni sur leur GPS.

Commence alors une nouvelle aventure qui tout en dévoilant peu à peu ses secrets, ne finira pas de les étonner jusqu’au bout…

Encore une fois Philippe, m’emporte dans cet univers très particulier, mêlant descriptions des lieux, archéologie, aventures, Histoire millénaire et terrorisme. Philippe est un amoureux des mots et il nous le rend bien. J’ai eu “des papillons dans les yeux” durant toute ma lecture, comme une envie de tout plaquer et de partir les rejoindre. Durant leurs recherches nos héros créés un élan qui m’a emporté en tant que lecteur. Leur passion, qu’elle vienne des militaires ou des étudiants, l’amour, la paix, l’entraide… C’est un roman qui met en avant la générosité des personnages, malgré un fil rouge déjà développé sur le tome 1. Une “ombre” cherche à semer le Chaos dans le Sultanat d’Oman. On ne sait que très peu de chose sur elle et sur les attentats qu’elle prévoit de commettre… L’ombre trouve que la terre d’Oman est beaucoup trop tournée vers l’occident, et cela, ne lui plaît pas, mais alors pas du tout !

Un sujet archi maîtrisé, une lecture très fluide malgré l’érudition générale du récit. J’ai passé un très bon moment et j’ai appris beaucoup de choses sur ces régions que je ne connais que très peu.

Bravo Philippe, ce second tome, plus qu’une belle découverte, est le tome qui confirme pour moi, un réel talent de conteur dans le sens noble du terme… Il ne me reste plus qu’à découvrir le tome suivant… ainsi que la saga “OSIPOV”, qui me fait de l’œil régulièrement…

Encore merci à Blandine Carron pour ce beau cadeau qui m’a fait voyager !

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Extraits :

« Miller et Anne avaient été surpris d’être accueillis à l’aéroport de Salalah par un aide de camp qui leur avait été envoyé. Ils avaient particulièrement apprécié cette présence dans la mesure où le jeune officier avait écarté en quelques secondes les hésitations de la police aéroportuaire devant ces deux occidentaux armés de deux fusils et de deux pistolets. Sig P 210, d’un appareil de détection, d’une radio satellite et de divers autres matériels dont la possession les rendait un peu suspects. »

« – Je n’y connais rien, naturellement, et je n’ai pas la moindre idée de la date de construction, compléta Carol, mais une chose paraît évidente, c’est que ce ne sont pas les tribus nomades qui ont pu construire un édifice pareil. C’est le travail d’un architecte ou d’un ingénieur qui avait de très bonnes connaissances de géométrie qui a conçu ce fort. Et le bonhomme avait à sa disposition, une main d’œuvre abondante et bien formée. J’ai fait un calcul à la louche : on a en face de nous au bas mot quatre mille mètres cubes de maçonnerie soignée, et ça ne se fabrique pas avec une poignée de chasseurs-cueilleurs. »

« Madame Guglielmi m’a fait remarquer qu’il fallait raisonner sur une beaucoup plus longue période. Peut-être vingt ou trente mille ans par exemple, et peut-être beaucoup plus. Si loin en arrière, notamment à cause des ères glaciaires, on est fondé à penser que les climats n’étaient pas répartis géographiquement comme aujourd’hui : la péninsule arabique avait probablement le climat de la Suisse actuelle. D’où quatre saisons, de la pluie, des arbres, etc. Donc des torrents et de l’érosion par l’eau et pas uniquement de l’érosion éolienne comme aujourd’hui. Quand le climat a changé, la région qui nous intéresse est passée progressivement à un climat de type méditerranéen, puis de savane herbeuse, puis de désert. C’est un processus qui a pris au minimum cinq ou dix mille ans, peut-être beaucoup plus. »

« – Une fille pourrait difficilement trouver mieux que Turki, comme petit ami.
– Je suis d’accord, mais tu sais aussi bien que moi que vu de Boston, de Londres, ou de Bruxelles, il reste quand même un Arabe.
– Bien sûr qu’il est arabe ! Et alors ? Il faut que tous ces gens soient cons pour tenir compte de ses histoires de races. Tu ne peux pas savoir à quel point je méprise ces crétins à l’esprit étroit. Turki est un mec bien ! Le reste, c’est des conneries. »

 

 

Philippe EHLY, conseiller juridique et financier, a longuement voyagé en Asie, tant professionnellement que pour satisfaire sa passion pour l’histoire et l’archéologie.

Émotion, Historique, Philosophique

Les étoiles d’Orion*

Cluny, 1095
de Brice Nadin
Broché – 27 septembre 2019
Éditeur : Librinova

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En 1095, en Bourgogne, à la veille de la première croisade, l’Occident chrétien est porté par une vague de foi sans précédent. Joachim de Saint Ange est un jeune moine copiste du prieuré de Beaulieu dépendant de la puissante abbaye de Cluny. Alors qu’il rêve de parcourir le monde et d’accompagner son maître Odon à la recherche de manuscrits anciens, ses origines nobles le destinent – contre sa volonté – à une carrière ecclésiastique au service du pape Urbain II. De la plus grande abbaye du monde chrétien aux sordides geôles de Mâcon, pris en étau entre son amour pour la fille d’un seigneur et l’opération armée la plus importante de son temps, Joachim va tenter d’échapper à sa destinée. Y parviendra-t-il ?

 

2022_008_ Nadin Brice - Les étoiles d'Orion

 

« C’est la troisième fois que j’ai ce Ressenti… Cette fois, c’est un peu différent. Je suis dans le noir. Je flotte dans une sorte de tunnel qui paraît ne jamais se terminer. Tout au bout, une lueur blanche m’appelle…
Je m’appelle Joachim de Saint-Ange, je naquis en Francie en 1078. Quand mon père trouva la mort, j’étais âgé de 11 ans. Suite à l’appel du pape Grégoire VII. Il s’était lancé comme de nombreux chevaliers chrétiens pour combattre et repousser les infidèles qui avaient envahis l’Espagne. Malheureusement, il est mort d’une flèche dans le coup. Alors, depuis six ans, je suis novice au prieuré de Beaulieu. Je reçois une formation de copiste et de traducteur grec. C’est mon maistre, Odon qui s’occupe de moi. Je me prépare à une carrière ecclésiastique au service de l’ordre bénédictin.

Je m’envole littéralement vers la lumière de plus en plus proche…
À travers le néant, j’entends une voix.
– Fils…
– Père ? Est-ce toi ?
– Fils… Écoute-moi bien, nous n’avons que peu de temps. Tu as subi une agression mortelle, la vie telle que tu l’as connue jusqu’ici va changer, tu dois te préparer… »

“Les étoiles d’Orion” de Brice Nadin, fait partie de ces romans qui me font “décrocher”. Je ne suis plus là pour personne, j’oublie le temps, j’oublie qui je suis et pendant quelques heures, trop courtes à mon goût, je suis projeté à Cluny, pendant l’époque médiévale. La poussière, le bruit des sabots, les chevaliers, Brice m’a capturé par son style et son histoire passionnante, il a adapté son écriture à l’époque, tout est là…
Des descriptions avec moult détails, le monde ecclésiastique, et bien sûr le clergé qui a la main mise sur tous les courants de pensée.

De plus, le fait d’avoir intégré des “plans” de mort imminente, est pour moi, un vrai plus dans le récit, qui m’ont du coup, obligé à me poser pas mal de questions… Voire même, une véritable réflexion sur la mort, par un biais philosophique, dans un roman où Dieu est omniprésent… Pas mal du tout !
Les personnages sont très émouvants, l’histoire dépaysante et fort bien menée, un vrai plaisir.

Joachim est issu d’une famille riche. Il rêve de voyager à travers le monde, mais à la mort de son père, son statut l’obligera à entrer dans les ordres.
Mais, quelques années plus tard, sa rencontre avec la belle Alix, va remettre en question tout son avenir…

Amoureux de l’Histoire et de l’ésotérisme, je ne pouvais pas passer à côté de ce récit, lu d’une traite.

Une plume séduisante, un récit épique avec de belles envolées, que demander de plus.
Un premier roman de Brice, qui pour moi, laisse entrevoir un avenir bien prometteur !

Coup de cœur, pour ce roman que je vous conseille vivement !

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Extraits :

« Délaissant les bois et cheminant à flanc de pâturage, je guettais l’instant où j’apercevrais en contrebas les tours de la grande abbaye. Cluny, monastère aux dimensions peu communes situé à la frontière du Royaume et de l’Empire. Les pèlerins en provenance des plus lointaines contrées venaient y reprendre leur souffle avant de se diriger vers Conques, Rome ou Saint-Jacques. Après une longue descente, le gigantesque chœur et le transept en construction de la nouvelle église abbatiale nous apparurent enfin. Au gré de la pente, un véritable vaisseau prenait forme dans la plaine en contrebas. »

« Tel un spectre, j’avais traversé la grand-messe solennelle et j’errais depuis, la peur au ventre, à travers l’enceinte du cloître. La seule idée de croiser Odon ou Clément me terrorisait. Qu’allais-je pouvoir leur dire ? Comment narrer l’inexprimable ? Il m’avait fallu peu de temps pour comprendre que j’avais pêché par vanité. Le grand prieur m’avait appâté avec un poste que j’avais eu la lâcheté d’accepter tout en discréditant subtilement mon maître. Je n’avais pas pu m’opposer à lui. Je n’avais pas su trouver les mots pour défendre mon maître. J’avais laissé cet homme le dénigrer et m’imposer sa volonté. »

« – Urbain entrera assurément dans l’histoire pour cela ! rétorqua Odon. Mais ne compte pas sur moi pour cautionner cette funeste entreprise, qui causera tellement de ravages qu’on en parlera encore dans mille ans…
– Tu oublies que ce sont des païens qui martyrisent les chrétiens et nos pèlerins sur place. Et toi, tu préfères rester ici, bras croisés, sans rien faire ?
– Ne confonds pas le comportement de quelques califes fanatiques et excités avec celui des populations innocentes. Leur dieu porte un nom différent du nôtre, cela est vrai, mais cela ne nous donne pas le droit de massacrer au nom du Christ. Et nos chevaliers, que tu envoies à la mort. Te soucies-tu de leur famille, de leurs femmes, enfants, dont tu feras des veuves et des orphelins ? »

« Gardez toujours en tête que, quoi qu’il advienne, nos petits-enfants, nous considérerons toujours comme des arriérés ou des idiots… Toutes ces choses, qui nous paraissent aujourd’hui fantastiques ou irréelles, seront demain des faits indiscutables à leurs yeux… »

 

 

Brice Nadin est né en 1967 à Saint-Germain-en-Laye. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Consultant en nouvelles technologies, entrepreneur et père de trois enfants, il a eu d’autres vies avant de devenir romancier.

Passionné d’histoire et d’ésotérisme, en 2019, il publie son premier ouvrage, les étoiles d’Orion, Cluny 1095, en auto-édition. Porté par une atmosphère médiévale fidèlement reconstituée, matinée d’un peu de surnaturel, le roman séduit plus de 4 000 lecteurs et se classe plusieurs fois en tête des ventes de romans historiques sur la boutique Kindle. Il est aussi « coup de cœur » dans de nombreuses librairies telles que La Procure ou Lamartine à Paris. Le tome 2, Mare Nostrum, reprend les mêmes personnages attachants pour les conduire cette fois dans un périple autour de la Méditerranée, à la veille de la première croisade. Il est paru en octobre 2021.