Émotion, Drame, Essai, Histoire vraie, Roman

À pied d’œuvre

de Franck Courtès
Broché – 24 août 2023
Éditions : Gallimard

• Bandeau_Intro_4 copie.jpg

“Entre mon métier d’écrivain et celui de manœuvre, je ne suis socialement plus rien de précis. Je suis à la misère ce que cinq heures du soir en hiver sont à l’obscurité : il fait noir mais ce n’est pas encore la nuit.”
Voici l’histoire vraie d’un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l’écriture, et découvre la pauvreté. Récit radical où se mêlent lucidité et autodérision, À pied d’œuvre est le livre d’un homme prêt à payer sa liberté au prix fort.

 

• Couv_2024-088_Courtès Franck - À pied d'œuvre

 

Je termine à l’instant ce roman, qui n’est est pas un !
“À pied d’œuvre”, n’est pas une fiction, c’est l’histoire d’une vie, l’histoire d’un choix.

Franck Courtès, décide un jour de claquer la porte d’un monde qui lui a permis de vivre pendant vingt ans, mais surtout d’un monde où il ne se reconnaît plus. Il était photographe, croisant dans son quotidien artistes, sportifs et hommes d’affaires connus. Il a stoppé sa carrière par choix, et s’ouvrir vers une autre direction artistique, l’écriture.
Mais tout ne sera pas si simple…

J’ai suivi ainsi le parcours difficile d’un écrivain qui accepte tous type de “petits” boulots, manœuvre, livreur, jardinier ou encore serveur quand il n’est pas cuistot pour subsister. Le ton du récit est rythmé, drôle parfois, mais je n’ai pu m’empêcher d’entendre la lutte constante dans l’esprit de l’auteur, de toutes les difficultés qu’il doit balayer afin d’affronter le présent. Franck Courtès ne tombe jamais dans le pathos. Il est là, tout simplement, il survit en nous offrant sa voix et son regard sur un monde qui évolue, où le paraître est devenu plus important que l’être, où les sentiments passent en arrière plan, mais il ne juge pas, jamais. Il avance et chaque jour est un nouveau jour. Aujourd’hui 10 €, demain 35 € et peut-être un peu plus d’ici la fin de la semaine, il ne le vit pas comme une victime, mais comme un homme qui se bat.

Ce livre nous montre de quoi nous sommes capables, lorsque nous avons défini les priorités qui nous importent. Pour Franck, la décision sera définitive malgré les diverses discussions qu’il a pu avoir avec sa famille. Il ne reviendra plus en arrière, et tel un combattant se voue à sa nouvelle passion. Il veut écrire, surtout donner et partager…

Une lecture que j’ai trouvée très intéressante et “enrichissante” sur la misère due à la mondialisation, à la non-réglementation face au travail “de la rue”, son côté bon marché, l’exploitation de ceux qui la subissent, et la difficulté de ces travaux régulièrement très physiques.

Livre lu d’une traite !
Un sujet grave, intelligent, écrit avec finesse poésie et beaucoup d’humanité.
Un autre regard sur un monde injuste à la précarité sans limite, et pour moi aussi, hypocrite…

Hier soir, a eu lieu notre dîner mensuel du Cercle littéraire du Château de l’Hermitage, j’ai passé une excellente soirée, peut-être même l’une des meilleures à ce jour pour moi.
J’ai rencontré et pu discuter avec Franck.
J’ai tout de suite reconnu l’homme que j’avais deviné à travers ses lignes. Un homme simple et bon, un homme qui va simplement là où il doit aller…

“À pied d’œuvre”, la vie d’un homme que je vous recommande tout particulièrement !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Pour le dire en deux mots : j’ai cessé mon activité de photographe pour devenir écrivain. Rester écrivain a été une autre histoire.
Mon premier livre m’a valu un petit succès, puis, alors même que je me sentais progresser, j’ai vu autour de moi s’émousser l’enthousiasme. »

« J’aurais aimé avoir un père écrivain, justement, au lieu du mien, cet homme frustré, empêché huit heures par jour, attaché au bureau puis au canapé du salon, silencieux, résigné. Un père qui m’achetait nombre de jouets et de jeux auxquels nous ne jouions jamais ensemble, faute de temps. »

« Après une année sans revenus fixes, les objets autour de moi se sont naturellement détériorés sans que je sois en mesure de les remplacer. Les épisodes de désespoir sont rares mais douloureux. Je me sens chassé d’un confort dont je ne mesurais pas le bonheur. Une simple balade en forêt, pourtant gratuite, devient une expérience différente par le fait que mes chaussures usées prennent l’eau et que je ne peux en acheter des neuves. Le monde autour de moi semble avoir changé. J’erre dans un autre pays, une autre civilisation. »

« L’arrivée du numérique n’avait fait que précipiter mon désamour de l’utilisation de la photographie. Toute modernité n’est pas un progrès.
Je m’y étais pourtant mis, au numérique, parce que, nous disait-on, c’était ça ou disparaître. J’avais suivi une formation au logiciel Photoshop, offerte par mon agence, où je m’étais davantage senti gavé, comme les oies de maïs trans, de mots anglais, cette langue des vainqueurs et du grand marché mondial, qu’enrichi par de véritables connaissances. En argentique, les outils demandaient à être dominés et les échecs construisaient en moi des stratégies, des forces qui me rendaient chaque fois plus puissant. En découvrant peu à peu comment vaincre les résistances que le matériel argentique mettait sur ma route, plus que le photographe, c’était l’homme que j’améliorais. L’univers photographique numérique, facilité par l’intelligence artificielle, démocratisé par les fabricants, amenuisait la force, la gloire d’un bon résultat. Une fois de plus, Henri m’avait mis en garde. J’allais tout perdre. Je ne le croyais pas. Avec le numérique, je n’ai perdu qu’une chose, mais elle était de taille : le plaisir. »

 

Franck Courtès fut photographe pendant vingt ans. Vingt années de voyages autour du monde, de rencontres (des Daft Punk à Michel Legrand, de Franck Ribery à Patrick Modiano) dans lesquelles il puise pour raconter. Il a brutalement stoppé sa carrière pour ouvrir une autre recherche artistique et s’adonner à l’écriture.

Bibliographie
– Autorisation de pratiquer la course à pied et autres échappées, J-C Lattès, 2013
– Toute ressemblance avec le père, J-C Lattès, 2014
– Sur une majeure partie de la France, J-C Lattès, 2016
– La Dernière photo, J-C Lattès, 2018
– Les Liens sacré du mariage, Gallimard, 2022
– À pied d’œuvre, Gallimard, 2023

Émotion, Drame, Polar, Suspense

La Noyée de Carnac

de Christophe Ferré
Broché – 10 octobre 2024
Éditions : L’Archipel

• Bandeau_Intro_1 copie.jpg

Après le succès de La Petite Fille du phare et de La Disparue de Belle-Île, Christophe Ferré signe un nouveau suspense.

Par une nuit de tempête, un voilier se fracasse sur des rochers non loin d’une plage de Carnac.
Au petit matin, on découvre sur le sable le corps sans vie de Sophie Millet, jeune chercheuse en histoire venue dans la région étudier les menhirs et les sépultures celtiques.
Les rescapés du naufrage affirment ne pas la connaître. Elle portait pourtant le même gilet de sauvetage qu’eux…
L’enquête conclut à une noyade accidentelle. Une théorie à laquelle Baptiste, le père de Sophie, ne croit pas. Trois ans après le drame, il débarque à Carnac pour tenter de percer le mystère…

 

• Couv_2024-092_Ferré Christophe - La Noyée de Carnac

 

Mars 2021, une jeune femme est retrouvée morte sur une plage de Carnac coincée entre deux pierres au lendemain d’une grosse tempête. Elle portait un gilet de sauvetage.
La veille à quelques mètres de là, un bateau, s’est écrasé sur des rochers. Trois amis avaient décidé de faire la fête et ont été surpris par le mauvais temps. Ils nieront connaître la jeune fille retrouvée le lendemain.
Les enquêteurs concluent à une noyade, alors qu’elle était une excellente nageuse.

Qui a-t-il de pire pour un homme que la perte de sa fille, surtout lorsqu’on reste persuadé que son décès est un meurtre alors que la police a classé l’affaire ?

Il aura fallu trois ans à Baptiste, pour retrousser ses manches, et aller à Carnac pour mener “son” enquête en mémoire de Sophie…

Le nouveau roman de Christophe Ferré nous emmène encore une fois sur les côtes bretonnes, région riche en légendes diverses. Et je ne m’en lasserai jamais !
Le récit se déroule dans les environ de Carnac, région célèbre pour ses sites mégalithiques, sépultures celtes, menhirs, alignements de pierre, dolmens, tumulus, et bien d’autres. On sent vraiment la passion de Christophe envers la magie qui entoure ces lieux.

Christophe, chapitres après chapitres nous “balade” dans les mystères celtiques à travers de nombreux rebondissements dans cette enquête “gigogne” où toutes les personnes que Baptiste pense être coupables ont un lien avec Sophie ou l’ont fréquenté. Il ira même jusqu’à accuser son gendre !
L’enquête n’est pas simple, mais il ne baissera pas les bras.

Récit prenant avec beaucoup de suspense, lu d’une traite, très agréable à lire et encore une fois une fin qui m’a pris à contre-pied.
Bravo Christophe !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Sophie, une jeune femme aux yeux émeraude, n’aurait jamais dû mourir.

À Carnac, les pompiers la retrouvèrent sur une plage, à la lisière des vagues. La tempête s’était calmée juste avant l’aube, des pans d’écume festonnaient le sable. Le jour se levait, frais et triste. Une pluie fine tombait à la façon des larmes. Aucun soleil. Des nuages bas et gris emplissaient le ciel jusqu’à l’horizon, comme s’ils avaient voulu se mettre au diapason. »

« Pourquoi Sophie était-elle morte ? Et comment ? Avait-elle été assassinée ?
L’enquête sur les causes de son décès s’était bientôt enlisée dans les sables du mystère. Pendant des mois, les gendarmes avaient interrogé séparément, à plusieurs reprises, les passagers du bateau, trois jeunes hommes. Ceux-ci avaient dit exactement la même chose : le voilier avait quitté le port de La Trinité-sur-Mer quelques heures avant le naufrage. L’obscurité venue, après avoir affalé les voiles, l’un d’eux l’avait amarré à une bouée à une centaine de mètres du rivage, dans l’idée de passer la nuit à bord. Ils s’étaient couchés, chacun dans une cabine. Au début, ce n’était pas une vraie tempête, juste un petit coup de tabac. Ils avaient trouvé “planant” d’être secoués, mais le vent de sud avait grossi brusquement, ce qui n’avait pas été annoncé par la météo. »

« Pendant des mois, avant de venir à Carnac, Baptiste, tel un enquêteur, avait réalisé des fiches sur chacun des suspects. Il avait découvert leurs amis, leurs distractions, leurs voyages, les sports qu’ils pratiquaient. Arno était le plus festif. Il avait un profil Instagram où, en bon narcissique, comme beaucoup d’hommes jeunes de son âge, il publiait d’innombrables photos de lui : au volant d’une décapotable, jouant au tennis, marchant dans la montagne, pratiquant le surf ou la voile, nageant dans la mer, dansant dans les boîtes de nuit branchées.
Jamais en train de travailler, comme si sa vie était un tourbillon permanent de fêtes et de loisirs. »

« Ma chère Sophie,
À Carnac, en ce jour de septembre, alors qu’une lumière estivale caresse le paysage, ton absence m’est insupportable, mais j’espère que tu me vois, que tu lis ces lignes, que tu m’aides à démasquer l’ordure qui t’a tuée. Il rôde autour de moi, il m’espionne, il me piste, il a commis l’erreur de signaler sa présence en déposant un gilet de sauvetage sur mon pare-brise et en me poursuivant à moto, une arme à la main. Il pensait que ça allait m’effrayer, que j’étais un peureux, mais je suis toujours là, debout, prêt à me sacrifier. »

 

Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a obtenu le Prix de la nouvelle de l’Académie française en 2010.
Il est l’auteur de :
– La Chambre d’amour (Arléa, 1995),
– La Septième nuit (Seuil, 2000),
– Paradis Turquoise (Flammarion, 2005).

Son premier suspense,
– La Révélation de Chartres (Salvador, 2015) s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires, toutes éditions confondues,
– La Petite Fille du phare (Éditions de l’Archipel, 2018),
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/08/la-petite-fille-du-phare/
– Mortelle Tentation (Éditions de l’Archipel, 2019),
– La Prophétie de la cathédrale (Archipoche, 2020).
– La disparue de Belle-île
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/22/la-disparue-de-belle-ile/

Émotion, Essai, Folie, Histoire vraie

Bienvenue chez les riches

de Lydia Lecher, avec la contribution de Doan Bui
Broché – 25 février 2016
Éditeur : Michel Lafon

• Bandeau_Intro_5 copie.jpg

Lydia et son mari découvrent un jour une annonce pour un poste d’intendant et de gouvernante. Ils répondent à l’appel du haut de gamme et des cigales pour s’occuper d’une superbe bastide du sud de la France et servir ses riches propriétaires. Voilà comment Lydia est entrée dans le monde des ultra-riches. Elle connaîtra plusieurs maisons avec des patrons différents mais qui se rejoignent tous dans leurs exigences démesurées : horaires à rallonges, obligation du port de l’uniforme, de répondre à la sonnette, mépris, névroses, surveillance à outrance, injures… Mais que se passe-t-il derrière les murs des châteaux ?La vie d’une gouvernante ressemble aux douze travaux d’Hercule.
Lydia a connu les pièges dits  » du Petit Poucet  » : Madame sème un grain de riz sous un tapis, un noyau de cerise dans un tiroir, un coton-tige au fond du dressing pour accuser la gouvernante. Les dangers sont partout car lorsque Madame n’est pas là, ce sont les autres membres du personnel qui font du zèle en espérant s’attirer les faveurs des maîtres.
Lydia nous dévoile son expérience, elle nous fait partager moult anecdotes, étonnantes, exaspérantes, voire inimaginables. Elle s’exprime aujourd’hui pour dénoncer des pratiques archaïques qui tendent vers un esclavage moderne qu’on ne soupçonne pas.

Un témoignage exclusif dans l’antre des ultra-riches et leurs excès.

 

• Couv_2024-091_Lecher Lydia - Bienvenue chez les riches

 

Bienvenue chez les riches
Dès que j’ai vu ce titre, j’ai tout de suite Ressenti le ton résolument ironique, mais j’étais loin, très loin d’imaginer à quel point j’avais eu raison, à quel point cela allait beaucoup plus loin…

Lorsque j’étais tout petit, ma maman a été pendant plusieurs années femme de ménage “au noir”, avant de trouver plus tard un travail qui convienne plus à ses capacités professionnelles. Elle travaillait tous les jours de nombreuses heures et n’avait pas les moyens de me faire garder. Je conserve, certains souvenirs de cette “primo” enfance…
Surtout ne pas faire de bruit, ne toucher à rien, rester dans mon coin, ne pas bouger.
Lydia Lecher l’explique très bien, il me fallait devenir “invisible”.
Je n’ai pas de souvenirs que ma mère en ait vraiment souffert, mais cela ne me surprendrait pas du tout.

L’autrice nous raconte son parcours familial (elle est avec son mari et son fils), dans un quotidien où il faut savoir, s’incliner, accepter pour conserver son poste.
Le monde des “très riches” est effectivement un monde très fermé, un monde à part, où le paraître à toute son importance. Ne jamais se montrer faible, avoir une autorité constante et absolue, ne pas montrer que l’on vieillit comme le commun des mortels. En logeant chez ses patrons Lydia en perd presque le sens des réalités, heureusement, elle a du caractère !

Un livre intéressant à découvrir, qui aborde le côté très peu connu de ceux qui nous côtoient de leurs résidences de luxe ou de leurs châteaux.
Oui, on le sait maintenant, l’argent qui permet d’accéder au pouvoir peut aussi faire tourner la tête de certaines personnes peu équilibrées, qui perdront très vite le sens des valeurs et des priorités. C’est un phénomène en voie de développement chez tous les nouveaux riches. Ils se transforment très vite… J’en ai vu. J’en connais. Malheureusement très peu ont conservé leur tête sur les épaules !
L’argent rend-il fou ?
Finalement, sont-ils vraiment à envier ?

Lydia, trouve le ton, et les mots justes tout le long de ses “différentes vies”.
Elle n’agresse jamais, n’insulte pas. Elle constate… Elle nous transmet.

« D’un côté, nous, les petits. De l’autre, les heureux du monde. En général, la frontière entre ces deux univers est parfaitement étanche.
Sauf que les nantis ne peuvent pas se débrouiller seuls : ils ont besoin de se faire servir. »

C’est tout à fait ça !
Merci Lydia…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« La pause ? Nous ne savions pas vraiment ce que c’était, tant nos employeurs avaient l’habitude de nous “sonner” pour un oui pour un non.
Oui, nous avons même connu des maîtres qui en avaient une vraie, de sonnette, de celles qui font dring dans les halls d’hôtels d’époque, un dring qui veut dire “Au pied !”. »

« Les riches… On les voit parfois dans les films, sur les couvertures de magazines, dans des émissions de télé. Mais en le découvrant de l’intérieur, j’ai réalisé à quel point cet univers était finalement très peu connu. Deux sociologues, Monique et Michel Pinson Charlot, ont baptisé ce monde “le ghetto du gotha”.
L’expression est juste. Les ultras privilégiés vivent en vase clos, dans un ghetto, totalement coupés de notre monde à nous, le monde réel, le monde normal où l’on compte ses sous, où l’on calcule pour la fin du mois, où l’on gagne sa vie. »

« D’un côté, nous, les petits. De l’autre, les heureux du monde. En général, la frontière entre ces deux univers est parfaitement étanche.
Sauf que les nantis ne peuvent pas se débrouiller seuls : ils ont besoin de se faire servir. »

« Mon Dieu…
La lumière mordorée de la Provence inondait le domaine, encerclé par un très beau mur en rocaille. Un joli portail en fer forgé fermait la résidence. Nous avons sonné à l’interphone.
Une voix nous a accueillis puis le portail s’est ouvert. Nous sommes remontés en voiture. Et nous avons roulé au pas, regardant, estomaqués, ce qui nous entourait. Tout était si gigantesque ! Devant nous s’étendait une allée qui semblait interminable, l’allée centrale bordée de platanes centenaires majestueux. À droite, d’immenses prés verdoyants, chatoyants sous le soleil. »

« Monsieur Neige, nous l’adorions.

Hélas, M. Neige avait un gros, gros défaut…
son épouse.
Si Monsieur était le patron idéal, généreux, respectueux de votre travail, érudit, Madame, elle… Madame était “Madame” jusqu’à la caricature.
Ah ! Madame…
Avec Madame, j’ai vite compris à qui j’avais affaire. »

÷÷÷÷÷÷÷

Lydia Lecher a passé 15 ans de sa vie au service des riches, en tant que gouvernante ou gardienne.
Elle a raccroché ses gants blancs sans regret ni rancœur. Domestique au service des ultrariches, elle a connu la vie de château et nous dévoile l’envers d’un décor pas toujours reluisant…
Elle raconte son quotidien dans son livre Bienvenue chez les riches.

Essai, Histoire vraie, Humour

Les Grandes Oubliées

Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes
de Titiou Lecoq
Broché – 28 septembre 2023
Éditeur : Évidence Éditions

• Bandeau_Intro_4 copie.jpg

De tout temps, les femmes ont agi. Elles ont régné, écrit, milité, créé, combattu, crié parfois. Et pourtant elles sont pour la plupart absentes des manuels d’histoire.
“C’est maintenant, à l’âge adulte, que je réalise la tromperie dont j’ai été victime sur les bancs de l’école. La relégation de mes ancêtres femmes me met en colère. Elles méritent mieux. Notre histoire commune est beaucoup plus vaste que celle que l’on nous a apprise.”
Pourquoi ce grand oubli ? De l’âge des cavernes jusqu’à nos jours, Titiou Lecoq s’appuie sur les découvertes les plus récentes pour analyser les mécanismes de cette vision biaisée de l’Histoire.
Elle redonne vie à des visages effacés, raconte ces invisibles, si nombreuses, qui ont modifié le monde. Pédagogue, mordante, irrésistible, avec elle tout s’éclaire. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leurs voix.

“Femme libre et engagée, esprit avide et curieux, écrivaine confirmée,
Titiou Lecoq livre un grand récit, passionnant et vrai.”
Michelle Perrot

 

• Couv_2024-085_Lecoq Titiou - Les grandes oubliées.jpg

 

Non !
Je suis désolé, les hommes et les femmes ne seront jamais égaux !

Avez-vous déjà vu un homme en rentrant de son travail, faire à manger, donner le bain aux enfants, tout ranger avant de se coucher, faire les courses le week-end, le ménage, nettoyer “les chiottes” ?
J’avoue, moi-même ne pas en faire partie. Je pourrais chercher des excuses. Il n’y a qu’une seule réponse. Coupable !
On est vraiment de sacrés “Co… …rds”…

Voici un livre à mettre entre toutes les mains, entre celles des hommes en l’occurrence.
Un livre qui brise toutes les idées reçues et m’a amené à revoir complètement et à découvrir aussi le rôle de nombreuses femmes dans l’Histoire.

– Saviez-vous qu’au Moyen Âge, il y avait eu des reines en France ?
– Saviez-vous qu’en 1793, il y avait des femmes dans l’armée française ? Certaines mêmes étaient gradées au même titre que les hommes.
– Saviez-vous que le 6 octobre 1789, c’est un mouvement féminin qui se rend à Versailles chercher la famille royale pour la ramener à Paris ?
Qu’elles sont à la base de la Révolution française ? Étant en charge des courses et des repas, elles suivaient le cours du prix du Pain jour après jour et ont été présentes dans les émeutes “de subsistance” bien avant la Révolution ? Qu’elles seront nombreuses à être arrêtées et exécutées ?
– Saviez-vous qu’au sortir de cette révolution, c’est un militaire qui prend le pouvoir, Napoléon Bonaparte ? Et comme il le disait lui-même : “la nature a fait de nos femmes, nos esclaves.”
– Que les biens communs du ménage et les biens de l’épouse appartenaient exclusivement à l’époux, qui donnerait ou pas son autorisation pour qu’elle travaille et qu’il touchera la totalité de son salaire jusqu’en 1907.
– Qu’elle lui devait une soumission totale, et ce, jusqu’en 1965.
– Qu’elle a fait partie de la Résistance, beaucoup plus que je ne l’avais imaginé ?
– Qu’il aura fallu attendre 1861 pour qu’une femme, Julie-Victoire Daubié, obtienne pour la première fois le baccalauréat à 37 ans, après de nombreux refus dans plusieurs académies, elle parvient enfin à se faire accepter à Lyon ?
– Qu’en 1871, elle obtient une licence de lettres alors qu’elle n’a jamais été autorisée à assister aux cours !
Et tellement plus encore…

Pourquoi tous ces mensonges ?
Pourquoi les femmes sont elles absentes de nos manuels d’histoire ?

Ce livre très accessible, est écrit sur le ton de l’humour, cela donne une sorte de soupape, mais n’excuse en rien tout ce qui est arrivé durant des milliers d’années, et qui malheureusement n’est toujours pas terminé !
Titiou Lecoq nous fait découvrir ces femmes, effacées de l’Histoire, elle recadre les choses, s’appuyant sur des recherches sérieuses et étayées, d’ailleurs de nombreux faits mentionnés sont sourcés, on peut donc en savoir plus à volonté.
L’autrice nous propose une relecture de notre histoire, de la préhistoire jusqu’à nos jours, et nous démontre que si les droits des femmes n’ont pas toujours progressé au fil des siècles, bien au contraire, ils ont été diminués régulièrement “comme par magie” !
Ce n’est aucunement un récit sexiste, Titiou pointe du doigt le fait que les femmes au même titre que les hommes font partie de l’Histoire, et qu’elles méritent aussi simplement de figurer dans nos “registres”.

Difficile de ne pas aimer ce livre.
Difficile de ne pas vouloir le mettre en avant.

C’est la première fois que j’ai un coup de cœur pour un livre qui n’est pas un roman.
Et là, je m’adresse aux hommes qui ont au moins lu jusqu’à ces mots… Lisez ce livre en hommage à toutes celles, mères, femmes et filles qui ont lutté, qui luttent encore pour nous.

Merci Valérie de m’avoir proposé la lecture de cet essai (réussi pour moi !).

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Ce qu’avaient imaginé les premiers préhistoriens n’était que la copie de l’organisation sociale qu’ils connaissaient à Paris, Berlin ou Londres. Aujourd’hui, nombre de spécialistes travaillent à déconstruire ces présupposés, pour poser sur les traces archéologiques un regard neuf. Mais tout cela, on ne le savait pas quand j’étais élève. Moi, je partais d’un postulat assez simple dans la vie : si on m’apprenait quelque chose, c’est que cette chose était vraie.
C’est ainsi que j’ai assimilé un certain nombre de savoirs qui se sont révélés faux. »

« J’ai été stupéfaite de me rendre compte que je n’avais jamais envisagé que ces œuvres puissent être celles de femmes. Ça n’avait pas traversé mon esprit un quart de seconde. On parle souvent de ‘déconstruire”, et on emploie le mot à tort et à travers. Mais déconstruire, c’est exactement cela. C’est croire depuis toujours que, bien évidemment, ce sont des hommes, des sortes de Michel-Ange en peaux de bêtes, qui ont peint Lascaux – avant de se rendre compte que cette vision n’est étayée par aucune preuve concrète. À l’heure actuelle, je le répète, absolument rien ne nous permet de savoir si ces sculptures, gravures et peintures sont l’œuvre d’hommes ou de femmes. »

« Comment la moitié de l’humanité a-t-elle pu soumettre l’autre, alors même que le différentiel de force physique n’était pas si important ? Pourquoi les femmes ont-elles adhéré à un ordre social qui les défavorisait à ce point ?
Cette question de l’origine de la domination masculine ne sera probablement jamais totalement élucidée, mais on peut émettre des hypothèses. »

« La sédentarisation et la propriété privée contribuent à renforcer un régime de domination.
Quand on dit “cette terre est à moi”, “ce qui en sort m’appartient”, on crée une société inégalitaire, et on renforce la position dominante de quelques-uns. Cette logique a entraîné une dégradation des conditions de vie des femmes par rapport aux modes de vie plus nomades et collectifs du Paléolithique. »

« Ses textes sont remarquables parce qu’ils sont, jusqu’à présent, la plus ancienne trace d’un “je”. Ce qu’il reste des paroles d’une femme qui disait “je” il y a quarante-trois siècles.
Évidemment, Enheduanna est devenue un symbole dans les cercles féministes. Le premier auteur connu de l’humanité est une femme, et on n’en parle jamais. »

 

Titiou Lecoq est journaliste indépendante et blogueuse sur Girls and geeks. Elle a notamment publié Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale (Fayard 2014), ainsi que des romans dont Les Morues (Au Diable Vauvert, 2011). Elle a publié Honoré et moi à l’Iconoclaste en 2019, un récit drôle et accessible sur un monument de la littérature.

Émotion, Histoire, Polar, Suspense

La Conspiration hongroise

Une enquête d’Hippolyte Salvignac****
de Philippe Grandcoing
Broché – 3 mars 2022
Éditions : de Borée

• Bandeau_Intro_Grandcoing copie.jpg

Paris, printemps 1909. L’inspecteur Lerouet est confronté à un cadavre anonyme retrouvé poignardé en pleine rue, l’obligeant à faire appel à son vieil ami Hippolyte Salvignac et à Léopoldine, sa compagne, artiste peintre à la sensualité débordante. Au fil de leurs investigations, ce trio d’enquêteurs exhume un mystérieux complot politique aux ramifications internationales, alors que se multiplient les assassinats dans la communauté des artistes hongrois exilés en France. Au moment même où Clemenceau perd le pouvoir, réussiront-ils à sauver l’Europe de la catastrophe ? Leurs aventures vont les mener jusqu’à la Vienne de Klimt et de Freud, à la découverte de la capitale de toutes les audaces intellectuelles et artistiques de la Belle Epoque, où se cache la clé de l’énigme.

 

• Couv_2024-087_Grandcoing Philippe - La Conspiration hongroise.jpg

 

Quatrième volet des enquêtes d’Hippolyte Salvignac.

Je suis content de retrouver les personnages que je connais maintenant et que j’apprécie. Dans cet opus, la compagne d’Hippolyte, la dessinatrice Léopoldine, belle et ardente est mise en avant et ce n’est pas pour me déplaire. J’aime son caractère fort et franc, féministe jusqu’au bout des ongles qui grâce à ses connaissances en hongrois, et en allemand va aider Hippolyte et son acolyte, l’inspecteur Jules Lerouet dans une enquête qui va nous mener, en ce début du XXe siècle, vers l’empire austro-hongrois tenu par une main de fer par François-Joseph.

Paris, 1909, rue d’Astorg.
Un homme très élégant est retrouvé mort de plusieurs coups de couteau. Impossible de l’identifier, il porte sur lui un message étrange écrit en hongrois. Quelques jours plus tard, ce sont deux autres hongrois qui sont retrouvés assassinés dans les rues.
Les compétences, de Léopoldine, d’origine hongroise vont permettre à notre trio, une enquête qui se doit discrète dans le milieu de l’immigration hongroise de Paris. Elle arrive à entrer dans un groupe “La Hongrie libre”, composé d’artistes, dont elle fait partie, et de nombreux jeunes férus d’une nouvelle politique en pleine ébullition pour leur pays.
Nous avons ici un épisode très riche en rebondissements, mais ce sont surtout les ambiances du Paris de l’époque, de la nouvelle Vienne où les immeubles modernes d’Otto Wagner côtoient les églises baroques, Gustave Klimt, Egon Schiele et bien d’autres qui tentent d’imposer leur nouvelle vision, qui m’ont plu dans ce récit où la situation internationale, fait ressentir les prémisses d’un conflit mondial de plus en plus présent. Les enjeux politiques se remettent en cause, la montée de l’antisémitisme, la domination allemande sur l’est de la France… Clémenceau ressent les légers frémissements de ce changement. Il doit absolument et discrètement faire quelque chose !

Une nouvelle fois, Philippe Grandcoing a porté l’amoureux de l’Histoire que je suis dans ce récit diablement “vivant”, historiquement bien documenté et érudit.
Une enquête captivante et haletante, où Philippe arrive, dès qu’il le peut à glisser des émotions, une vie de couple bien compliquée avec des disputes régulières entre Hippolyte et Léopoldine, qui tient très bien son rôle dans cette histoire, où s’entremêlent milieu artistique, politique et crimes.

Lecture très prenante, qui devrait me mener vers le cinquième opus, “La Malédiction de Rocalbes”, dès que possible !

Un grand merci à Virginie, des éditions de Borée, pour toutes ces aventures dont je ne me lasse pas !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Jules Lerouet traversa la petite pièce encombrée, prit le couloir sur sa droite et déboucha dans la salle d’autopsie. Le cadavre découvert en pleine nuit par deux gardiens de la paix effectuant leur ronde routinière reposait sur une table en zinc, entièrement nu et prêt à être autopsié. »

« Accoudé au parapet de pierre du quai de l’Archevêché, Jules Lerouet réfléchissait, indifférent au spectacle de la noria de péniches et de chalands qui descendaient la Seine. Deux possibilités s’offraient à lui. Soit il communiquait immédiatement au chef de la Sûreté les nouveaux indices en sa possession, soit il continuait son enquête en solo jusqu’à être en mesure d’apporter des éléments plus tangibles sur l’identité de la victime et les circonstances de son assassinat. Il était tenté par la seconde option. »

« – Des gens très, très haut placés. Ça ne vous dit peut-être rien, à vous, mais sachez que ces vieux noms de l’aristocratie ont encore le bras long. Les Greffulhe, les d’Arenberg, les Noailles. Tout ce beau monde reçoit, tient salon, fait de la politique. C’est l’élite de l’élite, la crème du Bottin mondain. Autant dire que même le chef de la Sûreté ne pourra pas enquêter chez eux. »

« Ils se caressaient dans un demi-sommeil, trop fatigués pour faire à nouveau l’amour, mais voulant prolonger leurs retrouvailles amoureuses. Salvignac appréciait particulièrement le corps de Léopoldine, ses seins hauts, ses fesses rondes et fermes, sa lourde chevelure odorante qui tombait en longues mèches brunes et bouclées sur ses épaules blanches. Elle n’avait aucune des pudeurs auxquelles ses précédentes conquêtes l’avaient habitué. Il était certain qu’avec elle, s’il osait, il pourrait connaître des émois jusque-là inimaginables. »

« – Tu sais bien comment ça se passe. La valse des ministères ne change rien au fonctionnement de l’administration. »

 

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

– Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
– La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
– Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
– Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

– Le Tigre et les pilleurs de Dieu, éditions De Borée, 2018.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/07/le-tigre-et-les-pilleurs-de-dieu/
– Le Faubourg des diaboliques, éditions De Borée, 2019.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/23/le-faubourg-des-diaboliques/
– Tuer est un art, éditions De Borée, 2020.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/02/15/tuer-est-un-art/
– La Conspiration hongroise, éditions De Borée, 2021
– La Malédiction de Rocalbes, éditions De Borée, 2022
– Les Noyés du bord de Marne, éditions De Borée, 2023
– Les Démons de l’inspecteur Lerouet, éditions De Borée, 2024

Ouvrages collectifs

– 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
– Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
– L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
– Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
– Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
– Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
– Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
– Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
– Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
– Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
– Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
– Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
– Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
– Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
– Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
– Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
– Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
– Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
– La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
– Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
– L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

Publications diverses

– Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Pour nous

de Christian Pernoud
Broché – 3 octobre 2024
Éditeur : Taurnada Édition

• Bandeau_Intro_3 copie.jpg

Matthew écrit des scénarios à New York. Andrea skie en Californie. Ils se rencontrent sur un trottoir de Manhattan et le coup de foudre est immédiat.
De cet amour naît Fanny.
Alors pourquoi, à son retour de la maternité, Matthew saute-t-il du quinzième étage de son appartement ?
Quel secret emporte-t-il avec lui ?

Une bouffée d’oxygène dans le monde du thriller.

 

• Couv_2024-086_Pernoud Christian - Pour nous

 

Plus connu sous le pseudonyme de Chris Loseus, Christian Pernoud a décidé de retirer sa “cape d’invisibilité” pour son dernier roman Pour nous, édité aux éditions Taurnada. Comme Matthew, le héros de son thriller, qui prend des risques face à une menace de plus en plus présente, peut-être l’auteur a-t-il décidé, de nous offrir sans se cacher un nouvel axe de son univers littéraire… Il entre ainsi dans un “monde” méconnu qui me parle complètement.
Personnellement, je valide !

Matthew et Andrea se croisent un matin dans la rue. C’est le coup de foudre, ils ne peuvent plus se passer l’un de l’autre et très vite se projettent dans l’avenir et décident de mener des projets en commun… jusqu’à son suicide le jour de la naissance de leur fille Fanny !

Avec ce thriller époustouflant, plein d’émotions, comme je les aime, Christian m’a pris à contre-pied par rapport à ses précédents romans. Je n’arrive pas à l’expliquer, mais j’ai senti quelque chose de fort et de différent dans ce récit. Comme un engagement…
« Pour nous” va soumettre votre imagination à très rudes épreuves. Rien ne sera ce qu’il paraît être et c’est pour moi, le gros “plus” de cette “aventure”.

Qui est qui ?
Pourquoi son meilleur ami et collègue de travail disparaît-il du jour au lendemain en lui laissant un message codé ?
Qui sont ces personnes qui le suivent constamment et à travers le monde ?

L’histoire est bien écrite, très fluide, une romance qui se transforme en thriller addictif, au suspense redoutable et qui se termine en une histoire déchirante et belle à la fois.
J’ai beaucoup aimé les personnages, et la montée en puissance au fur et à mesure du récit.
Pour le final, un conseil, laissez-vous porter et préparez-vous à… Chuuuut…
Je n’en dirai pas plus.

Bravo Chris !

Et comme le dit si bien mon ami Laurent Scalese, “Un suspense de haute volée !”
Un grand merci aux éditions Taurnada.
Encore une “pépite” qui va trouver la place qu’elle mérite, auprès de ses camarades de la “Taurnada’s family” !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Andrea hurla. Elle attrapa mon poignet, baissa la tête, prit appui sur ses coudes et se redressa en fermant les yeux. La douleur lui ravageait le bas du dos, mais elle s’accrochait. Elle serra la mâchoire, inspira profondément, chercha son souffle, essuya ses larmes, et reprit son effort en plantant ses ongles dans ma chair. Elle me broyait les doigts, jurait, criait, et je l’encourageais. Et puis elle s’arqua subitement en poussant un râle avant de se relâcher tout aussi soudainement.
Le silence retomba. »

« La vie est une succession de revirements inattendus. Une pièce de théâtre au scénario sournois. »

« Je me réveillais chaque matin en attendant fébrilement qu’elle se manifeste. Mon portable ne me quittait plus, chaque sonnerie me suppliciait. Elle ?
Pas elle ? La déception l’emportait à chaque fois.
J’envisageai de la joindre trois jours après son départ pour mettre un terme à mon impatience, mais me maudis rapidement de ne pas lui avoir demandé son numéro. Elle s’était contentée de glisser le mien dans la poche de son manteau. Nous venions de nous embrasser (je ne cessais de penser qu’elle en avait pris l’initiative) et c’était tout ce qui comptait à ce moment-là. »

« “Monsieur Rice… Retournez-vous.”
Je m’exécutai pour me retrouver nez à nez avec un test de grossesse. Je ne distinguais pas le résultat, mais quelle importance ? Andrea maîtrisait mieux que moi la signification de la barrette rouge sur le tube en plastique.
“Je crois que vous allez être papa”, ajouta-t-elle. »

 

 

Christian Pernoud est l’auteur de plusieurs romans sous le pseudonyme de Chris Loseus.

Amoureux des grands espaces il vit dans les Alpes avec sa femme et ses enfants. Il se rend régulièrement aux états-unis pour être au plus proche de ses intrigues.

Il est l’auteur, notamment, de :
– Nouvelle ère (2014),
– 3600 Prospect avenue (2015),
– Chatsworth Creek (2016),
– Résurrection (2017),
– Phobia (collectif 2018)
– Bill dangereuse innocence (2019)
– Le voyage de Madison (2019)
– Les parapluies noirs (2020)…
– La joggeuse (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/11/la-joggeuse/

“Pour Nous” est le premier publié sous son vrai nom, explorant une facette moins sombre de son genre de prédilection.

Drame, Polar, Suspense, Thriller psychologique

L’Heure du diable

de Patrick Bauwen
Poche – 1 septembre 2021
Éditions : Le Livre de Poche

• Bandeau_Intro_2 copie.jpg

La nuit d’Halloween, le corps d’une inconnue habillée en sorcière est retrouvé encastré à l’avant d’un train. Le lieutenant Audrey Valenti est nommée à la tête de l’enquête, en compagnie du groupe Évangile, spécialiste des crimes du métro.
Le docteur Chris Kovak, qui a rompu sa collaboration avec cette brigade, est devenu agoraphobe. Il poursuit néanmoins l’exercice de la médecine par téléconsultation. Quand un mystérieux patient le contacte, un compte à rebours meurtrier commence.
Kovak et Valenti se retrouvent alors sur les traces d’un groupuscule mystérieux qui pratique le béhourd, un sport de combat médiéval. Une traque impitoyable qui confrontera Kovak à son passé et aux origines du Chien, qui mène la danse une nouvelle fois.

L’ultime épisode qui met un terme à la trilogie infernale commencée avec Le Jour du Chien. Marie Persidat, Le Parisien.

Efficace, addictif et bluffant. Jean-Baptiste Hamelin, Page des libraires.

 

• Couv_2024-085_Bauwen Patrick - L'heure du Diable.jpg

 

Après Le jour du chien en 2017, et La nuit de l’ogre en 2018, L’heure du diable en 2020, clôture le cycle “Évangile”, de Patrick Bauwen.
Quel plaisir de retrouver Chris Kovac dans ce troisième opus.
Comme d’habitude Patrick Bauwen, nous livre un récit addictif et surprenant, mais pas que…

Vous découvrirez la puissance de plus en plus présentes, de certains “groupuscules” à travers le monde, qui par le biais d’actions parfois les plus banales, arrivent finalement à toucher de larges spectres.

Chris Kovak, notre médecin urgentiste n’est pas au meilleur de sa forme.
Addict à de nombreux médicaments et à certaines drogues, il souffre maintenant d’agoraphobie et subit en plus d’amnésies. Pas facile d’exercer dans ce cas !
Il ne travaille plus que grâce à la télé-consultation.

Suite au décès de son père, inexplicable, mais surtout à la suite d’un message personnel de la part du “Chien”, Chris décide de mener “sa” propre enquête.
Mais qui est donc ce “Chien” qui joue avec lui et qui à l’air d’être au courant de tous ses secrets, de toute sa vie ?
Un personnage sadique et inhumain ?
Un ami qui lui veut du bien ?
Ne cherchez surtout pas à anticiper la fin de votre lecture… Le final est une surprise absolue !!!
Entre anciennes coutumes et modernité, soyez les bienvenus sur les routes du chaos.

Encore une fois, une intrigue fort bien ficelée, des personnages profonds et étonnants (qui sortent “malheureusement” tous de la réalité !) et un rythme soutenu, aux nombreux rebondissements.
Patrick nous démontre par A + B que nous avons tous une part d’ombre en nous qui ne demande qu’à exploser quand le besoin s’en fait sentir.

Récit lu d’une traite, il le méritait vraiment !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Clac-clac-clac, font les doigts aux ongles longs.
La tête de la sorcière se balance en rythme, tandis que ses doigts tapotent le volant.
Les phares de la voiture éclairent à peine la route sombre. Les hautes herbes défilent de part et d’autre. Il n’y a personne, pas une maison, pas une âme. La musique d’un antique radiocassette résonne dans l’habitacle de la voiture. Tout est vieux : le revêtement des sièges, les sapins désodorisants qui pendent au rétroviseur, les boutons du tableau de bord. À l’extérieur, des ballons orange accrochés aux portières claquent dans la nuit. Des autocollants recouvrent les vitres : citrouilles d’Halloween, bonbons, crèmes glacées… On dirait l’un de ces vendeurs de friandises qui circulent dans les villes de province. »

« Aujourd’hui, il est gare du Nord. Un autre genre. Les travaux en cours promettent de la transformer en centre commercial dernier cri. Escalators, verrières immenses, magasins d’informatique et de téléphones portables. Bof, songe Donatello en gonflant les joues. Qui a besoin de ces trucs ? De son point de vue, ces gadgets ne font que réduire l’homme en esclavage. Il suffit de les observer tous, dans les rames, avec leurs visages collés aux écrans. Avant, les voyageurs lisaient des livres. Maintenant, ils font exploser des bonbons de couleur, ils mitraillent des cibles ou s’insultent à distance. Et on nous raconte que c’est le progrès. »

« L’astrophysique nous apprend que la Terre est une minuscule planète dans la banlieue de la Voie lactée. Or, dans cette seule Voie lactée, il y a neuf milliards de planètes abritant probablement la vie. Et cette même Voie lactée fait partie d’un groupe de trente galaxies similaires, lui-même dans un groupe plus grand, le super-amas de la Vierge, qui en compte dix mille. Et des super-amas de la sorte, il y en a plein. Idem dans l’autre sens, lorsqu’on s’enfonce dans le microcosme, les cellules, les atomes, les quarks. Et l’homme, ce petit animal de deux cent mille ans à peine, se croit le centre du monde ? La religion est une vaste blague… »

 

Patrick Bauwen dirige un service d’urgences dans un hôpital de la région parisienne. Après avoir collaboré aux novélisations de la célèbre bande dessinée Lanfeust de Troy.
Il publie son premier thriller, L’Œil de Caine, (2007), qui reçoit le prix Carrefour du premier roman 2007 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2008.
Viennent ensuite :
– Seul à savoir, (2010), prix Littré 2011,

Seul à savoir


– Monster, (2009), prix Maison de la Presse 2009,
– Les fantômes d’Eden (2014),
– Le Jour du Chien, (2017), prix Polar Babelio 2017,
– La Nuit de l’ogre, (2018),
– L’Heure du diable, (2020),
– L’influenceur, (2024).

Amour, Émotion, Drame, Roman

La tresse

de Laetitia Colombani
Poche – 30 mai 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

• Bandeau_Intro_5 copie.jpg

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Difficile de ne pas être touché par ce très joli récit. Estelle Lenartowicz, Lire.

Laetitia Colombani maîtrise à l’évidence l’art de la narration. Florence Bouchy, Le Monde des livres.

Un roman dans lequel il y a tout. François Busnel, La Grande Librairie.

Prix Relay des voyageurs.

 

• Couv_2024-084_Colombani Laétitia - La tresse

 

Je vais faire quelque chose que je n’avais encore jamais faite.
Je vais vous dévoiler la dernière ligne du roman.
Pourquoi ?
Car rarement je n’avais ressenti autant d’émotion à la fin d’un récit…
“À cette pensée, elle sourit”.

Trois pays.
Trois destins.
Trois histoires qui s’entrelacent.
Trois femmes que la vie n’épargne pas. Elles ont décidé de se battre, elles ont choisi de ne pas se laisser faire.

C’est un superbe premier roman que nous offre Laetitia Colombani. Cela faisait un moment que je voulais voir le film, mais je voulais absolument lire le livre d’abord.
C’est fait. Je sais ce qui me reste à faire maintenant.

Une magnifique ode aux femmes.
À toutes les femmes.
Nos mères, nos femmes, nos filles où qu’elles vivent.
Avec “La tresse”, vous ferez la connaissance de Smita qui vit en Inde, de Giulia, jeune sicilienne et de Sarah, une brillante avocate au Canada. À priori, rien ne les relie, on pourrait même dire que tout les sépare, et pourtant… elles ne le savent pas encore, mais leurs destins sont liés à jamais.

Laetitia a su dans cette histoire habilement structurée et maîtrisée, sans tomber dans le pathos, me faire voyager dans des contrées peu connues, où malheureusement le “rôle” de la femme est encore à des années-lumière de ce qu’il devrait être.
Vous l’aurez compris, son récit m’a particulièrement touché, il est émouvant et très dur parfois, mais c’est vraiment la force d’esprit qui se dégage de l’ensemble que je retiendrai.

Très gros coup de cœur, que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt…
À découvrir absolument !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Smita s’éveille avec un sentiment étrange, une urgence douce, un papillon inédit dans le ventre. Aujourd’hui est une journée dont elle se souviendra toute sa vie. Aujourd’hui, sa fille va entrer à l’école.
À l’école, Smita n’y a jamais mis les pieds. Ici, à Badlapur, les gens comme elle n’y vont pas. Smita est une Dalit. Intouchable. De ceux que Gandhi appelait les enfants de Dieu. Hors caste, hors système, hors tout. »

« Giulia saisit la clé et ouvre la porte. D’ordinaire, son père est le premier arrivé. Il tient à accueillir lui-même ses ouvrières – c’est ça, être le padrone, se plaît-il à répéter. Il a toujours un mot pour l’une, une attention pour l’autre, un geste pour chacune. Mais aujourd’hui, il est parti en tournée chez les coiffeurs de Palerme et des environs. Il ne sera pas là avant midi. Ce matin, Giulia est la maîtresse de maison. »

« Montréal, Canada.
L’alarme sonne et le compte à rebours commence. Sarah est en lutte contre le temps, de l’instant où elle se lève à celui où elle se couche. À la seconde où elle ouvre les yeux, son cerveau s’allume comme le processeur d’un ordinateur. »

« Smita, elle, a de la chance : Nagarajan ne l’a jamais battue, jamais insultée. Lorsque Lalita est née, il a même été d’accord pour la garder. Pas loin d’ici, on tue les filles à la naissance. Dans les villages du Rajasthan, on les enterre vivantes, dans une boîte, sous le sable, juste après leur naissance. Les petites filles mettent une nuit à mourir. »

 

Cinéaste, scénariste, comédienne et romancière, Laetitia Colombani est l’auteure de La Tresse, vendu à plus de deux millions d’exemplaires dans le monde, traduit en quarante langues et couronné d’une vingtaine de prix littéraires. Elle a elle-même réalisé l’adaptation cinématographique de son roman (sortie le 29 novembre 2023).
Elle est aussi l’auteure des best-sellers Les Victorieuses (Grasset, 2019) et Le Cerf-volant (Grasset, 2021) ainsi que des albums jeunesse La Tresse ou le voyage de Lalita (2018), Les Victorieuses, ou le palais de Blanche (2021), et Le Cerf-volant ou l’école de Lalita (novembre 2023) illustrés par Clémence Pollet.
Laetitia Colombani écrit également pour la scène : sa pièce Le Jour du kiwi avec Gérard Jugnot est un grand succès au théâtre Edouard VII en 2023. En tant que comédienne, elle a tourné au cinéma pour Yvan Attal, Cédric Kahn ou Florent Emilio Siri.

Drame, Frisson horreur, Thriller psychologique

Des profondeurs je crie vers toi

de Sébastien Jullian
Broché – 17 septembre 2021
Éditeur : Évidence Editions

• Bandeau_Intro_1 copie.jpg

Andy, un jeune garçon de dix ans, tente de tracer son chemin aux côtés de sa mère Sarah, et Mouchy, voisine complice qui veille sagement sur eux. Un beau tableau de famille, s’il n’y avait la présence de Fred, un beau-père alcoolique, drogué et narcissique, qui leur fait vivre un enfer. Un matin d’hiver, un drame se produit et Andy plonge dans un coma indécis.
C’est là que tout débute…
Y a-t-il un lien avec les affaires de Patrice et Esther, deux enfants qui ont vécu des expériences similaires il y a presque cinquante ans ? Qui est ce mystérieux voisin qui emménage dans une propriété énigmatique peu après cet accident ?

• Couv_2024-083_Jullian Sébastien - Des profondeurs je crie vers toi

Après ma lecture de “Le berceau du Talion”, en début de semaine et sachant que j’avais un autre livre de Sébastien Jullian dans ma PAL, j’ai craqué. J’ai modifié l’ordre de ma lecture prévue !

Qu’est-ce qu’il aime ça, jouer avec nos nerfs, nous mettre la pression. J’ai même pu l’apercevoir ici et là, à travers certaines lignes…
Sébastien Jullian, est un jeune auteur, en quelques romans, il a pour moi renouvelé et mis à jour un genre de littérature que j’affectionne tout particulièrement. Le mélange de l’occulte, du surnaturel et du paranormal, en les invitant dans notre quotien. Dans ce nouveau roman, c’est la maltraitance physique et psychologique qui est mise en avant, mais pas que !

Andy et sa mère Sarah sont livrés à eux-mêmes, depuis le départ de son conjoint qui refusait d’être père. Elle est obligée de se débrouiller toute seule, mais les temps sont durs.
Un jour, elle rencontre un homme charmant, Fred, qui se propose de les accueillir chez lui. Elle pense avoir trouvé en lui l’homme qui va lui permettre d’avoir une vie plus sereine et surtout, une image “paternelle” pour son fils. Mais malheureusement, rien n’ira comme elle le rêvait. Fred est un pervers narcissique, un drogué, un alcoolique et révèle son vrai visage. Dorénavant, c’est lui qui commande, il la maltraite, l’insulte…
Elle ne dit rien.
Elle est coincée.
Elle a peur pour Andy…

Ce nouveau roman de Sébastien est une nouvelle réussite. Non pas par le sujet, maintes fois mis en avant et décrié, mais surtout part la façon où il l’aborde. Il est traité avec justesse et sa plume est percutante, elle ne pardonne pas. Avec ses chapitres courts, un soupçon de surnaturel, il m’a de nouveau embarqué. Au fil des pages, je me suis enfoncé dans ce thriller où la maltraitance, la violence, la noirceur deviennent la “bête” à abattre.
C’est une histoire horrible et addictive, que je recommande aux “amoureux” du genre.

Et c’est là que je me répète…
Pour ceux qui ne connaissent pas Sébastien, essayez juste l’un de ses romans, n’importe lequel, et vous comprendrez !
Sébastien Jullian a décidé de bousculer la littérature ! Il y arrive très bien…

Blandine Carron, je ne te dirai jamais assez merci…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« En France, une femme et un enfant meurent tous les trois jours sous les coups et la maltraitance de leurs bourreaux.
Peu importe les chiffres, peu importe ce que les uns et les autres décident de comprendre ou d’expliquer.
La folie des Hommes avec un grand H.
Je pense à la peur au quotidien.
Celle que vivent les victimes. Celle que subissent les proches.
Je pense à toutes ces prières.
Celles que nous nous efforçons de réciter, pour mettre à l’abri nos progénitures et les éloigner du démon.
Je pense à tous ces pédophiles, psychopathes, pervers, jaloux, déments, drogués, sadiques que TU as mis sur leur route.
Puisque tu es si puissant, pourquoi n’as-tu pas entendu nos implorations ?
Pourquoi as-tu laissé prendre ces vies innocentes ?
Pourquoi es-tu si permissif avec le libre-arbitre ?
Comment veux-tu que nous les défendions ?
Puisque tu n’es pas capable de protéger nos enfants, puisse le Diable nous y aider… »

« Je ne sais pas par quoi commencer. C’est dur pour un garçon de mon âge de raconter ma vie. C’est une idée de Mouchy. Elle l’a acheté chez le marchand de journaux de Lagneux lorsqu’elle est allée faire le marché samedi. Puis ce midi, en rentrant de l’école, elle l’a glissé dans mon cartable. Elle m’a dit : “C’est un journal intime, écris tout ce qui te passe par la tête et raconte tes journées dedans.” Je n’ai pas vraiment compris l’intérêt. Je lui ai demandé ce que voulait dire “intime”. Elle m’a répondu que ça signifiait que ce carnet m’appartenait et qu’“il n’y a que moi qui ai le droit d’écrire et de lire dedans” ; donc je pouvais y raconter tout ce que je voulais. Elle a dit aussi qu’un jour “ça pourrait servir de preuve”. Je n’ai pas vraiment compris le sens de ses mots. »

« Il s’est glissé dans le lit, maladroitement. Il respire si fort, si vite. Sarah a peur de lui quand il est dans cet état. Il fait exprès de faire les gestes avec brutalité, pour être certain qu’elle l’entende.
Elle n’a aucune idée de l’heure. Si elle détourne le visage vers le réveil, elle est perdue. Il saura qu’elle ne dort pas.
Il faut continuer à rester en apnée, surtout ne pas donner la moindre impression d’être consciente. Le compte à rebours a débuté. Recroquevillée en position fœtale, elle serre les poings aussi fort que possible en espérant qu’il sombre rapidement. Mais la drogue a son effet euphorisant et diabolique. Il n’est pas décidé à en rester là.
Elle ne veut pas lui résister. Elle ne peut pas, sinon il s’en prendra à son fils…
Est-ce que l’amour est un sacrifice si douloureux ?
Malheureusement, elle lui tourne le dos. Il caresse, palpe. Ce n’est pas de l’attention, mais un signal pour expliquer clairement ce qu’il veut. Il ne compte pas lui demander son avis. »

« Un matin du mois de mars 1994, dans les petites rues du centre-ville de Lagneux, Fred gît dans un caniveau avec deux de ses compères. Un certain Sébastien Jullian, habitant du quartier, connu comme aliéné et insociable, se rend à la boulangerie en cette matinée hivernale et se retrouve nez à nez avec le petit groupe. Il ne trouvera rien de mieux que de leur coller une étiquette sur la tête où il avait griffonné “déchet humain” et de leur pisser dessus pour les réchauffer, sans aucune réaction de leur part. »

 

Informaticien de métier, entraîneur de football et père de famille, Sébastien Jullian s’adonne depuis quelques à sa nouvelle passion : l’écriture. Ses influences sont diverses. Des incontournables cinématographiques telles que Carrie, Fight Club, Le silence des Agneaux, Usual Suspects, pour ne citer que les principales.
Coté littérature, Sébastien aime beaucoup les univers respectifs de Cédric Sire, Jérôme Loubry et bien sûr, Stephen King.
Il est également un grand passionné de musique, notamment le Heavy metal, à laquelle il fait très souvent référence dans ses romans. Mais aussi l’humour (parfois noir, méchant ou gratuit) est aussi sa tasse de thé. Lire a toujours été une tâche compliquée car son imagination ne le laisse jamais en paix. Lorsqu’il lit une histoire, il en invente une autre. Il aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur.
Selon Sébastien, un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs et avec notre imaginaire…

On l’emportera dans la tombe
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/16/on-lemportera-dans-la-tombe/

Dualité
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/15/dualite/

Le berceau du Talion
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/23/le-berceau-du-talion/

Drame, Folie, Histoire, Polar

Le lion de Némée

de José Herbert
Broché – 12 mars 2024
Éditeur : Les Éditions Nord Avril

• Bandeau_Intro_3 copie.jpg

Le lion de Némée, artiste de cabaret, est-il l’auteur des pendaisons de cadavres à des « arbres à loques » situés sur des lieux de dévotion nordistes, chapelle, oratoire et calvaire ?
La police judiciaire est amenée à s’intéresser à des univers particuliers : celui des archers d’une compagnie de tir à l’arc du Cambrésis ; celui d’un cabaret de travestis ; celui des antiques douze travaux d’Hercule ; enfin celui des guerres de religions au 16e siècle qui opposèrent les protestants vaudois à l’armée catholique de François 1er.
Le massacre de Mérindol, village du Vaucluse, serait-il à l’origine de crimes perpétrés des siècles plus tard à mille kilomètres de distance ?

L’enquête emmène les lecteurs et lectrices à la découverte de lieux insolites en compagnie d’un quarteron de personnages foldingues, truculents et déjantés.

 

• Couv_2024-082_Herbert José - Le lion de Némée

 

Une histoire complètement “déjantée” bien différentes de nos polars habituels !

Nous sommes dans le Nord de la France. La police est complètement perdue. Des cadavres pendus, tués par des flèches, s’accumulent sur des arbres à loques !
Quel est donc le rapport entre un cabaret de travestis, les douze travaux d’Hercule, la Guerre de Religions et ces crimes ?

Heureusement, José Herbert est là pour nous guider !

Après “Les poupées diaboliques” et “Ah ! Mauricette…”, je retrouve l’auteur dans de nouvelles aventures pas banales du tout, et comme dans ses deux autres romans, il est arrivé à me toucher avec un son côté “Vieille France érudite” auquel on est très peu habitué, et c’est bien dommage.
Dès le début du récit, le ton est donné.
Des personnages haut en couleur, complètement barrés (Je ne suis pas arrivé à déterminer qui étaient les pires, entre les femmes et les hommes !), la lecture est efficace et très drôle, malgré une intrigue violente, perdue dans les origines de notre Histoire. José s’amuse avec nous bien sûr, s’amuse avec un langage cru et direct qui sent tellement bon la France. Difficile dans ces cas-là, vous comprendrez de stopper ma lecture sans vouloir à tout prix en savoir à chaque fois davantage. Allez, encore quelques pages…
Bon, je finis mon chapitre et j’arrête !
Plus qu’une seule page, c’est promis…

J’ai beaucoup aimé l’histoire, avec un certain sarcasme, José nous montre sans hésitation les déviances nombreuses de notre passé. La Religion est très présente aussi, et j’ai appris certaines choses qui après vérifications, se sont avérées réelles.
Le “peuple” de tout temps est, et restera dans l’ignorance de se qui ce déroule au-dessus de sa tête. Rarement, ce sont de belles choses, c’est bien dommage… finalement cela ne me surprend même plus !

Merci José pour cette “Histoire” originale, dont parfois, on “sort” du roman. C’est ça… parfois, il faut savoir dire les choses…
Merci aussi à toi Blandine Carron, encore une fois, c’est à toi que je dois la découverte de cette plume, de cet auteur plein de talent et plus encore.

N’hésitez pas à lire ce roman, José Herbert est un auteur qui mérite d’être “découvert” !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La vie sexuelle de Jean Broussiez se résumait à quelques situations banales : complexe d’Œdipe à trois ans, manipulation curieuse à onze ans, paluchage rapide vers la quinzaine et, finalement, un unique prénom féminin, Olga. »

« Un chiard de plus, ça emmerdait la mère, ça contrariait des projets, ça privait de liberté, ça braillait en permanence, et ça coûtait un paquet de tunes. Sitôt libérée du cordon qu’elle avait tranché, la mère ne réfléchit pas longtemps. Elle saisit le loupiot graisseux et braillant et le glissa dans le trou des WC à la Turque, devant Jean qui se bouchait les oreilles et écarquillait les yeux, car le nouveau-né hurlait comme s’il avait deviné le triste sort que lui réservait sa génitrice. »

« – Je ne sais pas moi-même où j’ai dormi, Inspecteur.
– Et bien sûr, personne ne vous a vu rejoindre ce quelque part, ni vous y écrouler.
– Les rats peut-être ! Faut enquêter ! Moi, je ne voyais rien ! Que dalle ! J’avais bu deux bouteilles de blanc.
Était-il sincère ? Il se souvenait des gros rats aux yeux brillants dansant la gigue sur ses godillots et rongeant ses lacets, que d’ailleurs il ne nouait guère. »

« Qui avait écrit cette lettre ? Et avec quel objectif ? Une cause peut produire plusieurs effets différents, seule ou associée à d’autres causes, tandis qu’un effet peut de son côté être le résultat de plusieurs événements très différents.
Pas facile ! Les quatre personnes avaient été percées de flèches puis pendues sur des lieux de dévotion catholiques. Cependant Clémentine, la première victime, n’avait pas subi le même sort qu’ensuite les autres. Elle seule est morte par pendaison. Que s’était-il passé ? »

 

José Herbert est né à Aniche en 1944, dans le département du Nord. Il fréquenta l’École Normale de Douai pour devenir ensuite instituteur à Vred, puis Auberchicourt, enfin, à partir de 1975, directeur d’école et secrétaire de mairie à Wambaix, petit village du Cambrésis. Il est maintenant installé à Loos en Gohelle. C’est un amoureux des lettres, passionné d’histoire locale, il aime l’humour loufoque, les situations hors norme, les personnages burlesques.

Il publie aux Editions Atria un premier roman, L’instituteur impertinent, qui raconte avec humour, pittoresque et tendresse, une vie professionnelle exceptionnelle.

Les poupées diaboliques
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/05/les-poupees-diaboliques/

Ah ! Mauricette…
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/02/ah-mauricette/