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Émotion, Humour, Suspense

C’est moi qui raconte

de Gérard Papier-Wagner
Broché – 10 mai 2026
Éditeur : Auto-édition

Paul découvre peu à peu qu’il est mort et réincarné en chat. Sa pleine conscience de soi et la mémoire presque intacte de son existence antérieure font de cet ancien journaliste un observateur privilégié de la société, ce d’autant qu’il bénéficie des exceptionnelles capacités physiques et sensorielles des chats.
Doit-il se réjouir de cette situation ou regretter de ne pas être mort, simplement ?

Une nouvelle fois, Gérard Papier-Wagner m’a fait le plaisir de me confier son dernier roman, et je tiens à le remercier sincèrement pour cette nouvelle invitation à découvrir son univers.

Avec C’est moi qui raconte, j’ai été surpris dès les premières pages par le choix audacieux de l’auteur. Gérard prend un chemin différent de ceux qu’il m’avait proposés jusqu’à présent et délaisse ses “frontières habituelles” pour nous offrir une histoire profondément humaine, pleine d’émotions et de réflexions.

J’ai suivi Paul, journaliste à Ouest-France, qui se réveille un jour dans le corps d’un chat nommé Nuage. Mais ce qui aurait pu être une simple métamorphose devient rapidement une aventure singulière lorsqu’il découvre qu’il va être adopté par Maude, son ancienne compagne. À partir de cet instant, le récit prend une dimension totalement différente, entre tendresse, humour et questionnements philosophiques. Je me suis immédiatement attaché à ces personnages aussi surprenants qu’authentiques : Paul, Maude, Sophie, Charles… Chacun possède sa propre histoire, ses blessures, ses contradictions et cette part d’humanité qui rend leurs parcours profondément crédibles.

Mais au centre de tout, il y a Nuage. Un chat pas vraiment comme les autres… Car derrière ses yeux de félin se cache toujours l’esprit de Paul. Alors il tente de vivre cette nouvelle existence sans jamais révéler son secret, même si certaines situations deviennent franchement étonnantes ! Comment ne pas sourire devant ce chat qui utilise les toilettes et tire la chasse, ou qui développe une passion inattendue pour les échecs en déplaçant les pièces sous le regard médusé de son ancien adversaire préféré ? Et que dire de cette scène où il intervient pour sauver une jeune femme attaquée en pleine rue, en griffant violemment son agresseur ?
Nuage est drôle, attachant, parfois déroutant, mais surtout terriblement humain.

J’ai aimé la façon dont Gérard glisse progressivement des réflexions sur l’existence, l’amour, la mémoire, les choix de vie et ce qui définit réellement notre identité. Derrière cette histoire originale se cache une profonde interrogation. Sommes-nous uniquement ce que les autres voient de nous, ou existe-t-il une part de nous-même qui dépasse notre apparence ?

Cette construction particulière pourra peut-être surprendre les lecteurs habitués à l’univers précédent de Gérard, mais pour ma part, j’ai trouvé ce changement de direction totalement réussi. Il faut parfois accepter de se laisser surprendre par un auteur, et c’est justement ce que j’attends d’une lecture, être bousculé, émerveillé, questionné. “C’est moi qui raconte” est devenu pour moi un roman à part, une parenthèse littéraire pleine de douceur, d’humour et d’émotion. Une histoire qui parle finalement autant des chats que des humains, de nos failles, de nos regrets, mais aussi de notre capacité à aimer et à renaître autrement.

J’ai refermé ce livre avec le sourire, mais aussi avec cette sensation d’avoir vécu un voyage différent.

Merci Gérard, pour m’avoir permis de regarder le monde, l’espace d’un instant, à travers les yeux d’un chat.

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Extraits :

« Pour lui s’écoulèrent d’abord les jours sans autres repères que ses nécessités vitales, jusqu’à ce que des réminiscences et des indices ne lui fissent comprendre avec stupeur, qu’il était mort et réincarné en chat. »

« Passée sa frayeur, Paul niché dans le blouson de sa bienfaitrice le temps du trajet reconnut le parfum très spécial de Sophie sans encore bien en saisir les implications. Mais une fois dans son appartement, se vit-il aussitôt assailli de souvenirs par bribes jusqu’à ce qu’émargeât un tout cohérent. Ceci découlait du paradoxe de son état, où son esprit fort de ses facultés intactes s’était réincarné dans le corps d’un chat nouveau-né, dont l’instinct de survie prima les premiers temps toute autre fonction cérébrale. A présent âgé de neuf semaines le chaton Nuage possédait une maturité suffisante pour que l’électrochoc de l’agression associât ses capacités cognitives à l’intellect de Paul conservant en mémoire sa vie antérieure. »

« Elle ne s’attarda pas, mais sur le chemin du retour, se prit à penser au réconfort de la compagnie d’un chaton. Aussi le lendemain soir installa-t-elle Nuage au rez-de-chaussée doté d’une petite cuisine et d’un WC, où elle mit son bac à litière.
Dans la grande pièce attenante, un plaid plié en quatre sur le vieux fauteuil devrait d’autant mieux plaire au nouvel occupant, que de là il pourrait observer les moineaux et pigeons du jardin. »

« Paul captif de Nuage se voyait le chroniqueur muet d’une histoire dont il se repassait le film en boucle lors de ses interminables demi-sommeils de félin bien au chaud. Comment, dans cette équivoque, ne pas mélanger le réel et le rêve, ou parfois le cauchemar ? Il lui arrivait de se voir face à un tribunal mettant en cause Maude, Charles et les autres.
— Qui êtes-vous ? demandait le juge, sourcil froncé.
— Je m’appelle Paul et je suis réincarné en chat.
— Les âmes, par nature immortelles puisqu’immatérielles, n’ont pourtant pas vocation à se souvenir. Que la vôtre garde la conscience d’elle-même est suspect. Seriez-vous maudit ?
— Demandez à Dieu. »

« — Prouve-moi que je n’ai pas rêvé, lança-t-il à Nuage ayant sauté sur le guéridon. Commence la partie.
D’un air négligent le chat poussa un pion blanc, Vincent un pion noir, et ainsi de suite quatre fois de manière cohérente, bien que Paul se fût juré de ne pas se laisser reprendre au jeu.
— Merci de me prouver que je ne suis pas encore gâteux.
Sois tranquille, je ne dirai rien à Maude, elle s’inquièterait. »

……………………………

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Le disparu de Monrovia
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

La double vie des Jodlere
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

Le rendez-vous de Tchimbamba
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/21/le-rendez-vous-de-tchimbamba/

Le triptyque
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/05/le-triptyque/

Dragon qui boite
https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/07/dragon-qui-boite/

L’Autre versant
https://leressentidejeanpaul.com/2025/07/11/lautre-versant/

Le funeste génie d’Alexandra
https://leressentidejeanpaul.com/2025/11/23/le-funeste-genie-dalexandra/

Adolescence, Émotion, Bouffée d'oxygène, Drame, Histoire

Le chant des bannis

Le destin d’un jeune cagot en aquitaine
de Jacquie Béal
Broché – 28 mai 2026
Éditions : Terres de l’Ouest

Dans la Chalosse du XVe siècle, au crépuscule de la guerre de Cent Ans, Mariette, treize ans, survit sous la coupe d’un oncle violent et de sa marâtre tout aussi cruelle.
Sa vie bascule le jour où elle sauve Jaufré, un chrestia* traqué et accusé à tort. Condamnés à se cacher, ils se retrouvent pourtant au cœur des intrigues d’un baron, puis des ambitions guerrières d’un seigneur prêt à tout pour la gloire.
Entre mensonges, musique et danger, leur complicité grandit. Et dans un monde ravagé par la peur et les préjugés, combien de temps pourront-ils échapper à leur destin ?
À Dax, puis en Chalosse et jusqu’à la bataille de Castillon, Mariette et Jaufré avancent ensemble au rythme des conflits et des chansons telles deux âmes rebelles qui n’ont qu’un rêve : fuir… et gagner leur liberté.

*Chrestia est le nom donné aux Cagots d’Aquitaine au XVe siècle.

Il y a des auteurs dont je sais, dès les premières pages, que je vais être emporté. Jacquie Béal fait incontestablement partie de ceux-là. À chacun de ses romans, je retrouve cette passion profonde pour l’Histoire, cette érudition impressionnante, mais surtout cette capacité rare à faire naître des émotions à travers les mots. Elle ne se contente pas de raconter une époque, elle lui redonne vie.

Avec Le chant des bannis, elle m’a une nouvelle fois transporté. En quelques lignes seulement, j’ai quitté notre époque pour rejoindre l’Aquitaine du XVe siècle, une terre marquée par les conflits, les injustices et les bouleversements d’un monde en pleine mutation.

J’ai découvert l’histoire de Mariette, une jeune fille de treize ans rejetée par sa propre famille, maltraitée par ceux qui auraient dû la protéger. Face à la violence et au mépris, elle trouve pourtant la force de partir, et son courage va changer le destin de Jaufré, un jeune homme accusé à tort d’un crime qu’il n’a pas commis. Jaufré est un personnage profondément attachant. Jeune homme juste et généreux, il refuse de se soumettre aux injustices de son époque. Menuisier, musicien, doté d’un esprit étonnamment moderne, il tente malgré tout de rester fidèle à ses valeurs dans un monde où la naissance et le pouvoir décident bien souvent de la place de chacun.

Mariette et Jaufré sont les deux grandes figures de ce récit, mais chaque personnage apporte sa pierre à cette fresque humaine. Au fil des pages, Mariette va découvrir une nouvelle existence, devenir la confidente d’une jeune noble mourante et révéler un talent insoupçonné pour le chant.

À travers leurs parcours, Jacquie Béal nous plonge dans une époque où la peur dominait les vies, où les plus faibles n’avaient souvent d’autre choix que d’accepter les règles imposées par les puissants. Elle décrit avec précision les mentalités, les coutumes, les croyances et les violences d’un Moyen Âge où la cruauté côtoyait pourtant une profonde humanité.

J’ai particulièrement apprécié cette manière qu’a l’auteure de mettre en lumière les injustices, la soif de pouvoir et les abus des hommes qui gouvernent, tout en racontant simplement celles et ceux qui cherchent seulement à survivre, aimer et espérer. Le chant des bannis est un roman historique passionnant, richement documenté, mais c’est aussi une belle histoire de rencontres, de résilience et d’amour. Une romance douce et sincère entre deux êtres que tout semblait opposer, mais que le destin a réunis.

Une fois encore, Jacquie Béal a réussi à m’ouvrir les portes d’un autre temps. Elle possède ce talent précieux de transformer l’Histoire en émotions, de faire résonner le passé dans notre présent.

Un magnifique voyage au cœur du XVe siècle, que je recommande aux passionnés d’Histoire… mais aussi à tous ceux qui aiment tout simplement… la vie.

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Extraits :

« Au milieu du XVe siècle, la bataille de Castillon va marquer la fin de la guerre de Cent Ans.
Depuis des décennies, en Aquitaine, une frange de la population est proscrite et persécutée. Il s’agit des « chrestias », appelés aussi “chrestians”, puis “gésitains” et, finalement, « cagots». On les accusait de transmettre une lèpre invisible.
…/…
À l’instar des lépreux qui vivaient dans des lieux d’isolement, ils devaient s’installer à l’extrémité des villages, avaient leur propre fontaine et un espace à l’écart dans les cimetières. On les obligeait, dans certaines régions, à arborer un signe en forme de patte d’oie sur leurs vêtements. »

« Durant l’été, je travaillais dehors, quand l’hiver venait, je filais la laine et la vie aurait pu continuer ainsi.
Je n’étais pas heureuse, mais j’étais devenue une experte pour éviter les coups et une experte, aussi, en chapardages de toutes sortes. Il fallait bien trouver de quoi manger et se réchauffer! Certains jours, même, il m’arrivait de m’amuser avec mon cousin Bernat et ses copains.
Bernat était, certes, une vraie brute. En cela, il marchait sur les traces de son père, mais une même haine pour la Berthilde nous avait rapprochés et il m’arrivait de courir la campagne avec sa bande de vauriens. »

« J’ignore d’où il venait et j’ai sursauté quand je l’ai vu surgir, grand et fier comme la première fois. Tout chrestia qu’il était, il toisa les garnements et les cris s’arrêtèrent.
Il releva le vieil homme et l’aida à marcher.
Jaufré! Le garçon qui m’avait fait penser à un ange blond aux yeux bleus !
Il n’avait pas eu besoin de parler. Un simple regard avait suffi. Sans plus s’intéresser à la horde de brutes qui commençaient à réagir, il était reparti sur le chemin en soutenant son compagnon blessé. »

« La veille, ils avaient été une demi-douzaine à molester le vieillard. Ils étaient, désormais, une quinzaine à écouter les “exploits” de leur chef et à boire le vin qu’il leur offrait. Il avait fallu peu de chose pour expliquer ce revirement de fortune. Le digne fils de mon oncle les avait conduits vers les masures des chrestias.
La bande avait tout mis à bas et s’était emparée des maigres biens qu’elle avait pu trouver.
Ces moins que rien s’étaient sentis plus riches et plus forts grâce à Bernat, ils s’étaient pris d’amour pour lui et pour son vin. Ajoutons à cela que ce sacripant avait été le premier à jeter de la merde sur Jaufré et que sa troupe de pendards avait trouvé ça à mourir de rire ! »

« J’ai souvent constaté que ceux qui ont le désir de diriger et de commander ne sont pas les plus talen-tueux, ni les plus courageux. On les voit partout, dans les tavernes, sur la place et dans les ateliers… Ils aiment qu’on les suive, qu’on les admire, mais ils ne sont pas capables de réaliser ce que d’autres font aisément. Ainsi va le monde depuis toujours et je gage qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Ceux qui donnent des ordres ne sont guère capables de faire autre chose. »

Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

Facebook: @jacquiebeal

Le temps de l’insoumise (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/12/07/le-temps-de-linsoumise/

De sang et d’encre (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/08/05/de-sang-et-dencre/

La dame d’Aquitaine (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/10/18/la-dame-daquitaine/

L’incroyable destin d’Aubeline de Lambersac (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/05/lincroyable-destin-daubeline-de-lambersac/

Sous le regard de l’aigle (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/11/sous-le-regard-de-laigle/

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Poésie

Stanislas

de Alain Cadéo
Broché – 18 juin 2026
Éditions : La Trace
Réédition.
Publié le 1er Janvier 1983 – Prix Marcel Pagnol

Stanislas est une longue méditation à travers les souvenirs d’un vieil homme à la fin de son existence, sur une île grecque et qui chante comme un adieu, un hymne à la vie, à ses amours d’antan, à ses joies comme à ses peines, avant de boire à la santé de la mort qu’il s’est choisie.

Il existe des livres qui arrivent jusqu’à nous avec une émotion particulière, comme s’ils avaient choisi leur moment. Stanislas est de ceux-là.

Je tiens d’abord à remercier très sincèrement Martine Cadéo pour cet envoi. À travers cette magnifique réédition, parue le 12 juin, date hautement symbolique du départ d’Alain Cadéo, les éditions La Trace poursuivent un travail admirable. Faire vivre une œuvre qui n’a rien perdu de sa lumière.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé cette écriture si singulière qui caractérise Alain Cadéo. Une langue qui ne cherche jamais à impressionner, mais qui respire, qui chante, qui caresse l’âme avec une infinie délicatesse. J’ai suivi Stanislas, soixante-quinze ans, retiré sur une île grecque, dans une maison blanche ouverte sur le vent, la mer et le silence. Là, loin du tumulte, il regarde sa vie défiler avec une lucidité désarmante. Les souvenirs reviennent sans nostalgie excessive, simplement parce qu’ils ont façonné l’homme qu’il est devenu. Les amours, les blessures, les absences, les joies… tout trouve naturellement sa place dans cette longue méditation où chaque mot semble pesé avec le cœur.

Au fil des pages, je ne lisais plus vraiment un roman. J’avais le sentiment d’écouter la confidence d’un homme arrivé au crépuscule de son existence, qui accepte le temps avec une sérénité bouleversante. La solitude n’y est jamais synonyme d’abandon. Elle devient un refuge, un espace de vérité où l’on apprend enfin à écouter le murmure du monde.
J’ai été profondément touché par la beauté de cette langue, par cette façon qu’avait Alain de transformer une simple pensée en émotion. Rien n’est démonstratif. Tout est suggestion, pudeur et humanité. Chaque phrase semble naître du souffle même de son personnage.

Puis il y a Carmino, ce jeune garçon qui lui apporte ses repas, les souvenirs de ses parents, de Maurice, Sophie, Blandine, Marika… Autant de présences qui composent une mosaïque de vie où chaque rencontre laisse une empreinte discrète mais essentielle. Alain ne raconte pas seulement une existence. Il peint des sensations, il sculpte le silence, il transforme les mots en lumière. Son écriture possède cette musicalité rare que je n’oublierai jamais.

Deux ans après sa disparition, sa voix demeure intacte. Car les écrivains capables de toucher aussi profondément le cœur de leurs lecteurs ne disparaissent jamais vraiment. Ils continuent de vivre dans chacune de leurs phrases. Stanislas est un roman d’une beauté paisible, profondément humain, qui invite à ralentir, à contempler et à remercier la vie pour ce qu’elle nous offre, même dans ses fragilités.

Merci Alain. Merci Martine, de faire vivre avec autant de fidélité l’œuvre d’Alain. Merci la vie…
Cette réédition est bien plus qu’une nouvelle publication, c’est un magnifique hommage à un écrivain qui, aujourd’hui encore, continue d’éclairer ses lecteurs de sa lumière si particulière.

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Extraits :

« La terre vibre comme à ses débuts, couverte de frissons, se préparant à quelque étrange soubresaut.
Les longues pierres blanches qui sortent de la mer montent en coulures lisses jusqu’aux premiers bosquets d’épineux. La maison est encore loin derrière, au-delà d’un quartier d’oliviers.
Sophie est la dernière femme qu’il m’a été donné de connaître. Depuis deux ans, et désormais jusqu’à la fin, je vis seul, dans cette demeure blanche dont les toits sont ronds… symbolique vivace, à six kilomètres du premier village. »

« Le Steinway est un long crocodile d’Afrique. C’est le seul instrument qu’ici je possède. Je le pousse au dehors sur la terrasse, certains soirs, face à la montagne, j’attaque sa paroi très abrupte, je la martèle d’accords. Elle se fige un moment dans une espèce d’attention puis elle se courbe ou se redresse; je lui imprime de secouantes caresses.
Ce piano fut probablement un des derniers grands plaisirs que nous nous sommes offerts. Il est venu, lorsque nous avons vendu notre maison au pays basque, remplacer l’orgue intransportable de grand-père Maurice. J’avais eu beaucoup de mal à me passer de musique, je voulais de plus que les enfants aient à leur disposition un moyen bien sonore de chanter leurs joies ou leurs chagrins. Ce piano fit office de dépotoir, nous y jetâmes toutes nos énergies et aussi nos colères. Il incitait nos plaintes. J’ai vu Thomas jouer des heures et j’ai entendu Cyprien, mon second fils, chanter la bouche près des cordes pour le mystère des harmoniques. Le soir, je leur racontais des histoires, accompagnant les mots de notes de musique et nous rêvions tous au milieu de la pièce, laissant la perfection d’étonnantes coïncidences faire glisser nos imaginations sur des paysages inconnus. »

« Le temps est une infâme tourbe. Les hommes le vivent comme une menace dont seule une fébrilité d’insecte peut freiner l’immanence ; ils en font un outil justificateur : agendas, plannings, horaires à respecter. »

« Dans la grande pièce sans meuble, mes imprécations résonnent et les sourires de ma fille me répondent doucement. Ce sont les seules photographies que je possède; je les ai fait développer, immenses : il y a sur le mur du fond des visages, des sourires, les siens à des âges différents : cinq ans, dix ans, vingt ans, quarante ans, quarante neuf ans. Cinq sourires. Dans chacun explose une douleur, douleur d’un demi-siècle… »

« Il est vrai que la vie est une infinité de détails s’imbriquant les uns les autres. Commencer à vieillir c’est peut-être simplement tendre un fil d’un événement à l’autre, c’est surtout renoncer à leur donner un sens. Seule la pauvreté d’esprit se cherche des justifications, on bourre sa misère d’explications infinies. »

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont « Stanislas » (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Il est avant tout un passionné des autres, des humbles, ceux qui lisent les mots, les portent et les défendent… Ses textes sont toujours exigeants, en perpétuelle recherche de chemins différents, à l’image de l’homme, singulier, sincère et altruiste, mais aussi inclassable, comme sa littérature.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il nous a quittés en juin 2024.

Sa bibliographie complète est la suivante :

Les Voix de Brume (1982, nouvelles)
Stanislas (1983, roman)
La Corne de Dieu (1983, roman)
L’Océan vertical (1983, roman)
Le Mangeur de Peur (1984, roman)
Macadam Epitaphe (1986, texte)
Le Ciel au ventre (1993, texte)
Les Anges disparaissent (1998, roman)
Fin (1999, texte)
Et votre éternité sera la somme de vos rêves (2008, roman)
L’Ombre d’un doute (2008, théâtre)
Les Réveillés de l’ombre (2013, théâtre)
Zoé (2013, roman)
Chaque seconde est un murmure (2016, roman)
Des Mots de contrebande (Aux inconnus qui comme moi…) (2018, texte)
Comme un enfant qui joue tout seul (2019, roman)

Mayacumbra (2019, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/26/mayacumbra/

Lettres en Vie (2020, texte illustré)

Confessions (ou les spams d’une âme en peine) (2021, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/06/03/confessions-ou-les-spams-dune-ame-en-peine/

Arsenic et Eczéma (2022, théâtre)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/06/arsenic-et-eczema/

L’Homme qui veille dans la pierre (2022, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/08/lhomme-qui-veille-dans-la-pierre/

M (2023, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/08/m/

Billets de contrebande (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/03/04/billets-de-contrebande-inedits/

Le ciel au ventre (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/15/le-ciel-au-ventre/

Il y a quelque chose encore devant (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/29/il-y-a-quelque-chose-encore-devant/

Contes des petits mondes d’à coté (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/07/03/contes-des-petits-mondes-da-cote/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Polar, Thriller psychologique, Violence

Ce qu’ils nous ont pris

de Léa Morenn
Broché – 2 juillet 2026
Éditeur : Taurnada Éditions

Un policier brisé. Des enfants qui disparaissent. Un passé qui refuse de mourir.

Suspendu de ses fonctions, Eren Conti devrait ignorer l’enquête qui secoue Paris. Mais il ne peut rester insensible face à ces enlèvements qui lui rappellent son propre drame, cet été 1989 où tout a basculé. Pour lui, c’est une évidence : il se doit d’intervenir.
Plus il avance, et plus l’affaire se transforme en descente aux enfers. Harcelé par des appels anonymes, menacé par ses souvenirs, tiraillé entre sa famille et son obsession, il découvre que la vérité pourrait bien être plus terrifiante que le mensonge.

Un thriller psychologique addictif, qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page.

Il est des thrillers qui divertissent, et d’autres qui vous happent jusqu’à vous faire oublier le monde qui vous entoure. Ce qu’ils nous ont pris, de Léa Morenn, appartient sans hésiter à cette seconde catégorie.

Dès les premières pages, j’ai été entraîné dans une enquête oppressante où chaque détail semble avoir son importance. Impossible de lever les yeux du livre tant Léa maîtrise l’art de faire monter la tension.

Eren Conti, policier suspendu mais incapable de renoncer à sa quête de vérité, est un personnage qui m’a profondément marqué. Cabossé par la vie, rongé par ses blessures, il oscille sans cesse entre détermination et fragilité. Je me suis souvent surpris à partager ses doutes, ses colères et son obstination.

J’ai particulièrement apprécié la construction du récit. Les chapitres courts, les changements de point de vue et les allers-retours entre passé et présent créent un rythme redoutablement efficace. Chaque fin de chapitre donne envie d’aller plus loin, encore une page, puis une autre… Mais derrière l’enquête se cache avant tout une histoire profondément humaine. Léa aborde avec beaucoup de justesse le deuil, les traumatismes, la culpabilité et les blessures que le temps ne parvient pas toujours à refermer.

J’ai cru plusieurs fois deviner la vérité, avant de comprendre que l’autrice m’avait habilement conduit là où elle le souhaitait. Jusqu’aux dernières pages, elle manipule son lecteur avec une remarquable intelligence.
J’aurais aimé passer un peu plus de temps auprès de certains personnages tant ils sont crédibles et attachants. C’est sans doute le plus beau compliment que je puisse faire à ce roman, il sonne vrai…

Intense, bouleversant et terriblement addictif, Ce qu’ils nous ont pris est un thriller psychologique qui ne repose pas uniquement sur ses rebondissements, mais aussi sur la force de ses émotions. Et un grand bravo aussi pour les propositions musicales ! Je les ai toutes suivies au fur et à mesure… en étant à peine surpris de les connaitre pour la plupart !

Une très belle découverte qui me donne déjà envie de découvrir son prochain roman.

Un grand Merci aux Éditions Taurnada !!!
Une nouvelle “pépite” dans l’équipe… Vous êtres trop forts !

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Extraits :

« “Tu portes bien l’uniforme, mais tu ne peux pas effacer ce que tu as laissé derrière toi, Comment peux-tu oser chercher les enfants des autres après ce que tu as fait ?” Cet appel anonyme, de qui peut-il provenir ?
Tout reprendre à zéro, Analyser chaque élément. Ils ont forcément raté quelque chose, un indice qui est là, caché sous leurs yeux et qui les nargue. Treize mois d’enquête, trois enfants disparus et pas un seul suspect.
”Bonjour, monsieur Conti. M. Maillard est prêt à vous recevoir. Veuillez me suivre.” »

« “— Eren, je pense que c’est mieux que tu t’en ailles.”
Ça y est, je le vois dans son regard : mon ami n’est plus là, et le commissaire est de retour. Je comprends qu’insister n’arrangera rien. Il a déjà fait son choix et je m’en sortirai chanceux s’il n’appelle pas Leroy dès que j’aurai quitté son bureau.
Je finis par me diriger vers la porte et, tandis que j’abaisse la poignée, une main agrippe mon épaule. Je me retourne vers lui et il fait une chose qu’il n’avait jamais faite avant : il s’avance et, sans aucune hésitation, m’entoure de ses bras. J’ai même l’impression de l’entendre renifler. Et avant de me relâcher, il dit :
“Prends soin de toi. S’il te plaît.” »

« L’état second qu’offre la boisson m’a toujours été d’une grande aide. Les médecins, les traitements, mes proches, rien mi personne n’est jamais arrivé à me faire autant de bien que l’alcool. Je l’ai dit une fois à mon addictologue, et sa réaction a été radicale, sûrement la peur que ça me tue. Médicaments plus forts, surveillance renforcée, rendez-vous médicaux quotidiens. Après ça, je n’ai plus jamais dit à qui que ce soit ce que j’en pensais.
La vérité, c’est que l’alcool anesthésie mes pensées, mes souvenirs les plus sombres. Il endort la tristesse qui sommeille en moi depuis tant d’années. Et quelquefois même, quand j’étais dans des états vraiment graves, après plusieurs bouteilles, j’arrivais à voir mon frère. Mes cauchemars étaient toujours les mêmes… »

« Ça fait quelques années qu’on vient ici. Cet endroit, on l’a découvert grâce à notre copain François, qui nous y a emmenés pour la première fois quand il y avait la fête foraine. Maman était pas contente du tout quand on lui a raconté tout ce qu’on a découvert. Nous, on était persuadés qu’elle allait trouver ça génial.
Mais elle est inquiète en ce moment. Elle est persuadée que des mecs bizarres se promènent ici. Elle dit qu’on les appelle des “pédophiles”. Tout le monde en parle dans notre quartier. Apparemment, la petite-fille de la coiffeuse de maman s’est fait approcher par un homme très louche et elle est partie en courant. »

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Léa Morenn est une auteure française qui a toujours aimé l’écriture, et cela dès son plus jeune âge.

Fascinée par les mots depuis l’enfance, elle écrit pour sonder ce qu’il y a de plus sombre en nous.
Mêlant le suspense à l’émotion, elle tisse des thrillers psychologiques qui bousculent les certitudes et laissent une empreinte durable.

Le refuge de Nell est son premier roman. L’idée de cette histoire lui est venue en 2012 mais c’est seulement en 2018 qu’elle décide de l’écrire. C’est finalement en mars 2021 que le roman sera auto-édité et publié sur Amazon.

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Conte, Philosophique, Poésie

L’Âme du monde II

Juste après la fin du monde
de Frédéric Lenoir
Poche – 5 janvier 2023
Éditeur : Pocket

La suite de L’Âme du monde.

Retrouvez dans ce nouveau conte initiatique la sagesse et l’émotion qui ont fait le succès de L’Âme du monde, vendu à plus d’un million d’exemplaires dans vingt pays.

Après un cataclysme planétaire, Natina, marche de village en village afin d’enseigner aux survivants ce qu’elle a appris des sages de l’ancien Monde : comment vivre en évitant les erreurs qui ont conduit à la catastrophe et apprendre à vivre en harmonie avec soi-même, avec les autres et dans le respect de la nature.
Au fil de cette quête, Natina retrouvera-t-elle celui à qui elle pense secrètement et qui vient parfois la visiter dans ses rêves ?

Il y a à peine 10 jours, je refermais L’Âme du monde avec le sentiment d’avoir vécu une lecture profondément transformatrice. En découvrant qu’il existait une suite, je n’ai pas hésité une seconde… Il me fallait poursuivre ce voyage.

Après un cataclysme qui a bouleversé notre planète, Natina parcourt un monde en reconstruction pour transmettre l’héritage des sages de l’Ancien Monde. Quelque part dans le monde, Tenzin poursuit lui aussi une quête intérieure où chaque rencontre devient une leçon de vie. Comment vont-ils faire pour se retrouver dans ce nouveau monde ?

J’ai retrouvé avec un immense bonheur tout ce qui m’avait bouleversé dans le premier tome. Frédéric Lenoir parle de l’amour, de la souffrance, de la joie, de la nature, de la mort et de l’espérance avec une douceur qui touche directement le cœur. Ce récit initiatique ne cherche jamais à imposer des réponses. Il invite simplement à ralentir, à observer, à méditer et à retrouver ce lien essentiel avec soi-même, avec les autres et avec le vivant.
J’ai été profondément ému par la bienveillance qui imprègne chaque page. Derrière l’apparente simplicité de ce conte se cache une véritable réflexion sur notre manière de vivre et sur le monde que nous souhaitons transmettre aux générations futures.

Natina et Tenzin deviennent peu à peu des passeurs de lumière, des personnages qui nous rappellent que la sagesse commence souvent par de petits gestes, une écoute sincère, le respect des autres et de la nature.

Une nouvelle fois, L’auteur réussit à rendre accessibles des réflexions philosophiques parfois complexes sans jamais me perdre. J’ai refermé ce livre avec le sentiment d’avoir grandi un peu.

C’est un roman lumineux, profondément humaniste, que je recommande à tous ceux qui éprouvent le besoin de redonner du sens à leur existence.
Une lecture qui apaise, nourrit l’esprit et, surtout, donne envie d’être meilleur.
Une lecture initiatique que tout le monde doit lire !

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Extraits :

« La petite fille posa sa cruche sur le bord de la route et courut jusqu’au village en criant de toutes ses forces : “La Vivante, la Vivante ! Elle arrive ! Elle vient nous visiter !” À ces mots, les visages des vieux comme des jeunes s’illuminèrent. Tous se pressèrent à l’entrée du village pour accueillir la jeune femme qui marchait d’un pas lent et gracieux. Bien qu’elle fût de type européen, elle était vêtue d’un sari indien blanc et avait pour seul bagage un petit sac qu’elle portait en bandoulière. »

« Il y a de nombreuses qualités à développer pour grandir en humanité. Mais la mère de toutes est sans doute l’émerveillement. Un homme ou une femme qui ne savent plus s’étonner et s’émerveiller perdent ce qu’il y a peut-être de plus essentiel dans leur humanité : la conscience de l’éclat du monde et du miracle de la vie. Comment ne pas s’émerveiller devant la beauté de la voûte céleste et l’harmonie du cosmos ? Devant l’apparition du soleil à la pointe de l’aube et son coucher rougeoyant au crépuscule du jour ? Comment ne pas s’émerveiller face à la majesté des cimes enneigées ? Face à l’infinité des horizons marins ? Devant un champ de coquelicots ou de blé ondulant sous la caresse du vent ? »

« Ô survivants, écoutez ceci : pour pouvoir subsister et nous développer, la loi de la vie nous impose de manger un autre vivant, qu’il appartienne au règne végétal ou animal. Les vaches broutent l’herbe ; les poissons se mangent entre eux, ou se nourrissent de plancton ou d’insectes; les loups dévorent les brebis et vous-mêmes, vous vous nourrissez de plantes, de fruits et parfois de chairs animales. Mais n’oubliez jamais que ce que nous mangeons est habité par le souffle sacré de la vie. Tous les êtres vivants – les arbres, les plantes, les animaux – ont une sensibilité et aspirent à vivre. Puisque nous savons cela et que nous devons néanmoins tuer un autre être vivant pour subsister, il est important d’avoir conscience de la gravité de cet acte et de le remercier de nous offrir sa vie. »

« — Vous savez, poursuivit Natina, en s’adressant à tous les enfants, il est très important d’accueillir les émotions qui surviennent dans notre cœur : que ce soit la joie, la peur, la colère ou la tristesse. Ce sont ces émotions qui nous rendent vraiment humains et capables de comprendre les autres et de ressentir ce qu’ils peuvent ressentir. Aucune émotion n’est négative. Toutes sont nécessaires et ont une grande utilité.
La peur nous avertit des dangers. La tristesse nous permet de traverser pleinement nos chagrins et de compatir à ceux des autres. La colère nous invite à ne pas accepter les injustices et à nous affirmer contre ceux qui ne nous respectent pas. La joie dilate notre cœur et nous permet de savourer la vie. Ce sont ces émotions qui nous rendent pleinement vivants et il convient de toujours les accueillir et les vivre lorsqu’elles se présentent. »

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue, historien des religions, conférencier et écrivain.

Fils de René Lenoir (1927-2017), ancien Secrétaire d’État à l’Action sociale de 1974 à 1978 sous Valéry Giscard d’Estaing, il grandit dans l’Essonne. Intéressé par la pensée de Jung et les questions religieuses, après son baccalauréat, il entreprend des études de philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse et a pour professeur Emmanuel Lévinas. Il mène ensuite une quête spirituelle en Inde, en Israël et dans des monastères en France. En 1986, il entame à l’EHESS une thèse de doctorat en sociologie sur la rencontre du bouddhisme et de l’Occident qu’il obtiendra avec les félicitations du jury à l’unanimité en 1999.
En 1986, il entre aux Éditions Fayard comme Directeur littéraire, poste dont il démissionnera en 1991 pour se consacrer à l’écriture et à la recherche. À partir de 1996, il collabore à « L’Express » et tient une chronique dans Psychologies magazine avant de prendre, en 2004, la direction du magazine « Le Monde des religions », un bimestriel qui dépend du quotidien « Le Monde », et qui aborde le fait religieux de manière distanciée. Il démissionne de son poste de directeur en octobre 2013.
De 2009 et jusqu’en 2014, il produit et anime avec Leili Anvar une émission hebdomadaire sur France Culture : « Les racines du ciel », consacrée à la spiritualité. Il est chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaire du Fait religieux (CEIFR).
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (essais, romans, contes, encyclopédies), traduits dans une vingtaine de langues et vendus à cinq millions d’exemplaires, il écrit aussi pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée. Sa pièce « Bonté divine », avec Roland Giraud, a été jouée à Paris en 2009. « La promesse de l’ange », écrit en collaboration avec Violette Cabesos, a obtenu le Prix des maisons de la presse 2004.
Co-fondateur de l’association « Environnement sans frontières », il est fortement engagé dans la cause écologique et a écrit avec l’astrophysicien Hubert Reeves « Mal de terre » (2003). Il est aussi le parrain de l’association pionnière dans le logement intergénérationnel Le Pari Solidaire depuis septembre 2011. Militant pour la cause animale, il rejoint en 2012 le jury du prix littéraire 30 Millions d’Amis. Il crée l’association Ensemble pour les Animaux en 2017.

Son site : https://www.fredericlenoir.com/

Petit traité d’histoire des religions (2008)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/16/petit-traite-dhistoire-des-religions/

Du Bonheur, un voyage philosophique (2015)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/du-bonheur-un-voyage-philosophique/

L’Âme du monde (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/06/20/lame-du-monde/

Plus fort que la nuit (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/12/plus-fort-que-la-nuit/

Adolescence, Émotion, Fantastique, Folie, Frisson horreur, Psychologie, Suspense

Le Signal

de Maxime Chattam
Broché : 24 octobre 2018
Éditeur : Albin Michel

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient….
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…
Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite?
Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ?

J’ai retrouvé avec Le Signal un Maxime Chattam déjà au sommet de son art. Dès les premières pages, il m’a entraîné dans une histoire dont il m’a été impossible de m’échapper. Ce qui semblait n’être qu’un simple déménagement vers une paisible petite ville de Nouvelle-Angleterre se transforme rapidement en un véritable cauchemar.

J’ai suivi la famille Spencer avec une inquiétude grandissante. Leur installation à Mahingan Falls, censée marquer un nouveau départ, devient peu à peu une descente dans l’inexplicable. Les phénomènes étranges, les morts violentes, les secrets enfouis et cette forêt inquiétante composent une atmosphère oppressante qui ne cesse de gagner en intensité.
Bien sûr, certains passages rappellent volontairement les grands classiques du cinéma d’horreur. Pourtant, Maxime dépasse très vite ces codes pour construire un thriller fantastique d’une redoutable efficacité. Chaque chapitre alimente l’angoisse, chaque révélation ouvre une nouvelle porte sur l’horreur.

J’ai particulièrement aimé la famille Spencer, profondément humaine et soudée. Je me suis également laissé séduire par cette bande d’adolescents qui m’a rappelé l’univers de Stranger Things ou encore les romans de Stephen King. Les références sont évidentes, mais l’auteur parvient à leur donner une identité bien à lui.

Impossible également de ne pas saluer l’objet-livre lui-même, avec ses pages noires qui annoncent déjà la noirceur du récit. Et que dire des deux cents dernières pages… Elles sont tout simplement magistrales. J’avais parfois l’impression d’assister à un film tant les scènes prenaient vie sous mes yeux. Certaines descriptions m’ont véritablement donné des frissons.

J’ai même prolongé l’expérience en écoutant la playlist proposée par l’auteur. L’immersion est alors devenue totale, au point que le moindre bruit autour de moi semblait soudain suspect.

Avec Le Signal, Maxime signe, à mes yeux, l’un de ses romans les plus ambitieux et les plus aboutis. Un thriller fantastique puissant, angoissant, remarquablement construit, qui m’a captivé de la première à la dernière page.

Une lecture qui fait peur… et que je ne suis pas près d’oublier.

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Extraits :

« Filant en pleine nuit, la camionnette ressemblait à un minuscule vaisseau perdu dans l’immensité du cosmos. Entourée d’obscurité, elle flottait dans le néant, guidée par ses phares blancs, comme propulsée par les lueurs rouges à l’arrière. La Ford se mit à tourner pour suivre la route à flanc de colline. Elle était seule sur des kilomètres à la ronde.
À l’intérieur, Duane Morris se concentrait pour ne pas perdre de vue le ruban d’asphalte étroit qui défilait face à lui. Il était hors de question de ralentir. Il devait maintenir une allure suffisante pour rester le moins de temps possible dans le secteur. »

« Lise se pencha vers le miroir de la salle de bains pour vérifier si le léger renflement qu’elle avait perçu sous son doigt n’était pas un point noir au milieu de son front. Rien qu’une miette qu’elle fit voler d’un coup d’ongle. Elle fixa son reflet. Ses cheveux d’ébène tombaient de part et d’autre de son visage blanc, comme le voile d’une veuve. Khôl pour souligner les yeux, presque jusqu’à s’en faire un masque, rouge à lèvres noir, vernis assorti, tout était parfait.
Corset en vinyle sur un T-shirt résille, jupe plissée écossaise et bottes lacées jusque sous le genou, rien n’était laissé au hasard C’était important car son look la définissait, il était sa véritable carte d’identité au quotidien, l’empreinte vive que Lise apposait sur les rétines, parfois sensibles, qu’elle croisait. Mais plus que tout, c’était capital qu’elle soit irréprochable pour ce soir.
Le grand soir. »

« — C’est vrai. Et surtout s’il y a quoi que ce soit, tu n’hésites pas, tu m’appelles.
— Pas de problème.
— Oh, et le babyphone est sur la table de la cuisine.
Lise acquiesça, elle savait tout cela. Elle n’avait qu’une envie : être seule avec le morveux assoupi. Elle était plutôt attention-née, voire carrément investie émotionnellement, avec les gosses qu’elle gardait. Arny était l’exception. Ce gamin, elle le détestait. Capricieux, moche et douillet de surcroît ! Dès qu’elle le pinçait – ce qu’elle faisait lorsqu’il l’énervait à brailler pour un rien -, il continuait à hurler pendant dix minutes, comme s’il avait été mutilé. Une vraie lopette. Un fils à papa qui allait se croire tout permis à l’adolescence, un de ces connards pour qui l’argent n’est pas un problème, et qui ne vivent que pour l’exercice du pouvoir. Dominer. Asservir. Maîtriser. Jouir. »

« Le piano tanguait, en équilibre sur la plateforme arrière du camion de déménagement, lorsque Thomas Spencer vit la sangle se rompre brutalement, libérant le monstre de cordes qui s’effondra aussitôt sur le manutentionnaire tout en nerfs qui se tenait dessous, l’écrasant contre le bitume de la route. Le plateau du clavier vint lui fracasser la boîte crânienne dans un terrible craquement humide et une éclaboussure de sang noir.
Thomas cligna des yeux pour chasser cette horrible image. »

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Maxime Guy Sylvain Drouot, connu sous les noms de plume Maxime Chattam et Maxime Williams, est un romancier français, spécialisé dans le thriller.

Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis : sa première destination en 1987 est Portland dans l’Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman. Rêvant d’abord d’être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.

En 1988, il passe un certain temps dans la jungle thaïlandaise, rédigeant un journal de cette expérience. Cela marque ses premiers pas dans l’univers de l’écriture. Il ébauche son premier roman, Le coma des mortels. Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit Le Cinquième règne à cette époque puis fin 1999 il devient vendeur de romans policiers à la FNAC. « Le Cinquième règne » est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams, et obtient le Prix du Roman Fantastic’Arts du Festival de Gérardmer 2003.

Il suit une formation en criminologie pendant un an à l’Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale.

Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller. Il rédige L’âme du mal en 2001, qui est publié l’année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de « Chattam », en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la Trilogie du mal, suivi de In Tenebris (2003) et Maléfices (2004). Il a par la suite écrit un préquel à sa Trilogie du Mal, La Promesse des ténèbres (2009).

Il a vendu plus de 7 millions d’exemplaires en France et est traduit dans une vingtaine de pays.
Plusieurs de ses romans ont été adaptaté en série télé.

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Conte, Magique, Philosophique

L’Âme du monde

de Frédéric Lenoir
Poche – 21 août 2014
Éditeur : Pocket

Sept sages venus des quatres coins du monde se réunissent pour transmettre à deux jeunes adolescents les clés de la sagesse universelle.
Une fable initiatique étincelante qui touche le cœur autant que l’intelligence.

“Et l’alchimiste Lenoir de redescendre de sa montagne avec ce best-seller aussi philosophique que philosophal.”
Thomas Malher – Le Point

“Captivant.”
Elsa Godart – Psychologies

Il existe des livres qui se lisent comme des romans, et d’autres qui se savourent comme des compagnons de route. L’Âme du monde fait incontestablement partie de cette seconde catégorie. J’ai découvert ici un conte initiatique d’une grande simplicité apparente, mais dont la richesse se dévoile peu à peu au fil des pages. Frédéric Lenoir m’a entraîné dans un monastère tibétain où sept sages, venus des quatre coins du monde, se réunissent pour transmettre à deux adolescents un héritage précieux : les clés de la sagesse universelle.

L’intrigue sert avant tout de fil conducteur à une réflexion plus profonde sur le sens de la vie, le bonheur, l’amour, la vocation, la connaissance de soi et notre place dans le monde. Et c’est précisément ce que j’ai aimé. Derrière une histoire accessible se cache une véritable invitation à ralentir, à réfléchir et à s’interroger sur l’essentiel.

J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’auteur efface progressivement les différences entre les traditions religieuses et philosophiques pour ne conserver que ce qui les rassemble. Au fil des enseignements, il ne reste plus ni dogmes ni frontières, mais une parole universelle qui parlait directement à mon cœur. La plume de Frédéric est fluide, élégante et profondément bienveillante. Les contes, paraboles et petites histoires qui ponctuent le récit apportent une dimension poétique qui rend la lecture particulièrement agréable.

Bien sûr, ceux qui connaissent déjà la philosophie, les religions ou le développement personnel n’y trouveront peut-être pas de révélations majeures. Mais, j’y ai trouvé un rappel précieux de vérités simples que l’on oublie malheureusement parfois dans le tumulte du quotidien. Ce livre m’a fait du bien. Il m’a invité à prendre du recul, à me recentrer sur l’essentiel et à réfléchir à ce qui nourrit réellement l’âme humaine.

J’ai refermé ce roman avec le sentiment d’avoir reçu une leçon de vie empreinte d’humilité, de douceur et d’espérance. Un livre à lire lentement, à relire sans doute, et à garder à portée de main pour les moments où l’on perd un peu le nord.

Une magnifique découverte, lumineuse et inspirante, qui fut pour moi un véritable coup de cœur.
Les livres de Frédéric Lenoir ont ce pouvoir étrange. À chaque fois, ils m’obligent à ralentir, à faire le tri dans mes pensées et à repartir sur des bases plus saines.

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Extraits :

« Le vieux rabbin Salomon était assis dans sa cuisine quand il entendit une voix lui dire : « Va à Toulanka. » Il appela sa femme, Rachel, qui n’avait rien entendu. Il pensa avoir rêvé, mais la voix se fit de nouveau entendre : « Va à Toulanka, ne tarde pas. » Alors il se dit que Dieu lui avait peut-être parlé. Pourquoi lui ? »

« Le monastère de Toulanka, perché sur un éperon rocheux à près de quatre mille mètres d’altitude et adossé à une montagne entièrement recouverte de neige, était inaccessible en voiture. À une quinzaine de kilomètres se trouvait une petite bourgade. Il n’y avait qu’un seul hôtel, juste en face de la gare routière. C’est là que Rabbi Shlomo, la chamane Ansya, le père Pedro, Ma Ananda, Maître Kong, Cheik Youssuf, Gabrielle et sa fille Natina se retrouvèrent, moins d’une semaine après le début de ces événements. »

« — La question essentielle sur laquelle nous ne parviendrons jamais à nous accorder est celle de la définition de l’Absolu, confirma Gabrielle.
Moi, par exemple, je partage la vision panthéiste des sages stoïciens ou de Spinoza : Dieu se confond avec la Nature. Il n’est pas un être suprême, créateur du monde, qui parle aux hommes par la voix des prophètes, comme le pensent les juifs, les chrétiens et les musulmans, mais une force impersonnelle qui demeure en tout être et apporte son harmonie au monde.
— Ne parlons donc pas de Dieu ! s’exclama Cheik Youssuf dans un grand éclat de rire. Il y a bien d’autres croyances qui nous rassemblent. »

« Chacun parle de Dieu, du divin ou de l’Absolu selon la perception limitée qu’il en a. Et aucune religion ne peut prétendre posséder la totalité de la Vérité. Celle-ci s’est comme éclatée en morceaux en se manifestant dans le monde. »

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue, historien des religions, conférencier et écrivain.

Fils de René Lenoir (1927-2017), ancien Secrétaire d’État à l’Action sociale de 1974 à 1978 sous Valéry Giscard d’Estaing, il grandit dans l’Essonne. Intéressé par la pensée de Jung et les questions religieuses, après son baccalauréat, il entreprend des études de philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse et a pour professeur Emmanuel Lévinas. Il mène ensuite une quête spirituelle en Inde, en Israël et dans des monastères en France. En 1986, il entame à l’EHESS une thèse de doctorat en sociologie sur la rencontre du bouddhisme et de l’Occident qu’il obtiendra avec les félicitations du jury à l’unanimité en 1999.
En 1986, il entre aux Éditions Fayard comme Directeur littéraire, poste dont il démissionnera en 1991 pour se consacrer à l’écriture et à la recherche. À partir de 1996, il collabore à « L’Express » et tient une chronique dans Psychologies magazine avant de prendre, en 2004, la direction du magazine « Le Monde des religions », un bimestriel qui dépend du quotidien « Le Monde », et qui aborde le fait religieux de manière distanciée. Il démissionne de son poste de directeur en octobre 2013.
De 2009 et jusqu’en 2014, il produit et anime avec Leili Anvar une émission hebdomadaire sur France Culture : « Les racines du ciel », consacrée à la spiritualité. Il est chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaire du Fait religieux (CEIFR).
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (essais, romans, contes, encyclopédies), traduits dans une vingtaine de langues et vendus à cinq millions d’exemplaires, il écrit aussi pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée. Sa pièce « Bonté divine », avec Roland Giraud, a été jouée à Paris en 2009. « La promesse de l’ange », écrit en collaboration avec Violette Cabesos, a obtenu le Prix des maisons de la presse 2004.
Co-fondateur de l’association « Environnement sans frontières », il est fortement engagé dans la cause écologique et a écrit avec l’astrophysicien Hubert Reeves « Mal de terre » (2003). Il est aussi le parrain de l’association pionnière dans le logement intergénérationnel Le Pari Solidaire depuis septembre 2011. Militant pour la cause animale, il rejoint en 2012 le jury du prix littéraire 30 Millions d’Amis. Il crée l’association Ensemble pour les Animaux en 2017.

Son site : https://www.fredericlenoir.com/

Petit traité d’histoire des religions (2008)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/16/petit-traite-dhistoire-des-religions/

Du Bonheur, un voyage philosophique (2015)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/du-bonheur-un-voyage-philosophique/

Plus fort que la nuit (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/12/plus-fort-que-la-nuit/

Émotion, Humour, Polar, Thriller

Nice day

de Peggy Fratorre
Broché – 30 avril 2026
Éditeur : Éditions Cairn

Dimanche 31 octobre, minuit, place Masséna. Angelo vient de terminer son service, épuisé par les défilés d’horreurs en ce soir d’Halloween. Soudain, sous ses yeux, un homme tombe raide mort. Sans raison apparente. Un cadavre à deux pas du Paradis… Pour le commandant Lucie Ribaire et le capitaine Jacques Jouhandon de la Crim’ de Nice, la Baie des Anges a bien souvent le visage de l’Enfer. Et si l’ADN ne ment jamais, il peut parfois mener sur bien des fausses pistes…

J’avais découvert la plume de Peggy Fratorre en 2023 avec son recueil de nouvelles Ce qui nous lie et nous éloigne. J’y avais déjà perçu une auteure capable d’explorer avec finesse les failles humaines, les blessures de l’enfance, la fragilité des êtres et la place des femmes dans notre société. Avec Nice Day, elle confirme tout le bien que je pensais de son univers, et c’est une femme qui mène la danse, Lucie Ribaire. Elle est de celles qui ne se laisse pas abattre facilement, une femme forte et intelligente…

Au cœur de ce roman, j’ai donc fait la connaissance de Lucie Ribaire, commandant de police à Nice. Une femme de caractère, déterminée, intelligente et profondément humaine. Confrontée à une enquête particulièrement complexe, elle avance avec son équipe dans un véritable labyrinthe d’indices. Malgré des mois de travail acharné, les preuves semblent se contredire et l’ADN retrouvé sur la scène de crime ne fait qu’épaissir le mystère.

Peggy encore une fois maîtrise parfaitement son écriture et ses effets. Ce qui m’a particulièrement séduit, c’est la richesse du récit. L’auteure ne se contente pas d’écrire un polar. Elle tisse avec talent un roman où se croisent l’Histoire, les sciences, la botanique, la poésie et un humour subtil qui apporte une belle légèreté à l’ensemble. J’ai appris énormément de choses au fil des pages tout en restant captivé par l’intrigue. Son écriture est fluide, vivante et très visuelle. Plusieurs scènes se sont imposées à moi comme de véritables séquences de cinéma. D’ailleurs, je verrais parfaitement Lucie Ribaire devenir l’héroïne récurrente d’une série policière tant son personnage possède de relief et de potentiel.

J’ai également beaucoup apprécié la playlist proposée à la fin du roman. Une délicate attention qui prolonge l’expérience de lecture et m’a accompagnée merveilleusement pour densifier l’atmosphère du livre.

Avec Nice Day, Peggy Fratorre signe un polar original, intelligent et souvent surprenant. Je me suis laissé porter sans jamais deviner où l’auteure souhaitait m’emmener, jusqu’à une conclusion que je n’avais absolument pas vue venir.

Une lecture singulière, pleine d’esprit et de personnalité, que je vous recommande vivement.

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Extraits :

« Dimanche 31 octobre. C’est le noir complet, un ciel sans lune, une nuit froide d’automne. La place Masséna est maintenant déserte. Chose rarissime.
Car, de jour comme de nuit, cette esplanade, cœur battant de la ville, est toujours peuplée et bruyante. Un flot sérré d’individus s’y pressent, aimantés par les magasins et les restaurants, tels des insectes attirés par la lampe de jardin. Hommes d’affaires et fêtards ne cessent de s’y croiser. »

« Quelle drôle d’idée que cette tradition d’Halloween ! Étrange, cette volonté affichée de vouloir faire peur et mettre en scène l’horreur ! Effrayant, cette noirceur humaine! Comme s’il n’y avait pas déjà assez de choses monstrueuses dans la vie, sans en rajouter ce soir-là !
Au JT de treize heures, la journaliste avait expliqué que cette tradition venait de la culture celte: les druides allumaient de grands feux et encourageaient les villageois à revêtir des déguisements épouvantables pour repousser les esprits maléfiques.
Le masque empêchait l’identification, la reconnaissance des personnes. Il annulait la personnalité de celui qui le portait, le transformait et lui offrait un nouveau visage. Se travestir pour faire la fête. Se déguiser pour trouver un exutoire au quotidien.
Porter un masque et être un autre: dissimuler son vrai visage, par crainte de montrer sa véritable nature. Camoufler des travers pour laisser surgir son côté sombre, en toute légalité… « Laisse-toi succomber à tes plus sombres rêves », entendait-on dans Le Fantôme de l’Opéra. Se déguiser, c’était, en somme, montrer un nouveau visage, pour cacher le vrai. Le monde est un grand bal où chacun avance masqué, finalement. »

« Elle n’était pas n’importe quelle policière: elle était quand même sortie major de sa promotion. Pour autant, il n’avait pas été facile pour le commandant Ribaire de se faire une place parmi tous ces hommes, de se faire accepter… et encore moins de les diriger.
Fine observatrice, perspicace, attentive aux détails, ce Sherlock en jupons avait le don de mettre les gens en confiance pour les faire parler. Atouts indéniables pour mener à bien ses enquêtes. Et elle le faisait tambour battant, avec une vivacité d’esprit incroyable. »

« Jouhandon était un rêveur né. La tête ailleurs, comme le sont souvent les littéraires. Plongé dans la lecture dès son plus jeune âge, il avait grandi un livre à la main. Toujours armé d’un cahier et d’un crayon, pour tout noter. Il lisait tout ce qu’il trouvait, avec une prédilection pour les poètes maudits: Rimbaud, Verlaine, Baudelaire n’avaient pas de secret pour lui. Ce qui amusait beaucoup ses collègues et les avait poussés à le surnommer Orphée. Visiblement, entre la lyre et le flingue, il avait hésité ! »

Née à Marseille en 1977, clinique Massalia (ça ne s’invente pas !), ville chère à son cœur qu’elle a dû quitter en 2001 pour des raisons professionnelles, Peggy Fratorre a alors habité à Troyes (dans le Grand Nord !) pendant un an puis dans le Golfe de Saint-Tropez, à Cogolin pendant neuf ans.

Passionnée de littérature, c’est tout naturellement qu’elle est devenue professeur de lettres depuis vingt ans. Son métier est une véritable vocation qu’elle veut exercer depuis l’âge de dix ans !
C’est à l’occasion d’un concours de nouvelles, en 2009, qu’elle en est venue à l’écriture de nouvelles d’abord. En 2018, son recueil de nouvelles Ce qui nous lie et nous éloigne a été publié (édition La Lampe de chevet) et plusieurs ont été primées : Concours international FFM (Forum Femmes Méditerranée), Prix écriture d’Azur, Concours MPT d’Istres…
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/25/ce-qui-nous-lie-et-nous-eloigne/

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Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Drame, Histoire

L’Enfant sans étoile

de Raphaël Delpard
Poche – 22 septembre 2010
Éditeur : Calmann-Lévy

L’itinéraire tourmenté d’un enfant caché pendant l’Occupation.

Parigné-l’Evêque dans la Sarthe. En 1943, les persécutions nazies se déchaînent. Louise Leblanc a accepté d’héberger un orphelin d’environ six ans que lui a confié un réseau de sauvetage d’enfants. En état de choc, amnésique, le garçon ne se souvient pas même de son nom. Louise lui donne un prénom, Jean, et l’inscrit sous son propre patronyme à l’école.
Les habitants du bourg l’acceptent comme l’un des leurs. Jean retrouve par bribes la mémoire à mesure qu’il s’acclimate à son nouvel environnement.
Mais un jour, le facteur avise Louise qu’une dénonciation anonyme a été envoyée à la gendarmerie l’accusant de cacher un enfant juif. Entre les villageois solidaires et les complices de la barbarie, s’engage alors une course de vitesse à l’issue jusqu’au bout incertaine…

Lorsque j’ai ouvert L’Enfant sans étoile de Raphaël Delpard, je savais que j’allais plonger dans l’une des périodes les plus sombres de notre histoire. Pourtant, ce que j’y ai trouvé dépasse largement le simple récit de guerre. J’y ai découvert une magnifique histoire d’amour, de courage et d’humanité.

Nous sommes en 1943, dans la campagne sarthoise. Jean, un petit garçon juif rescapé du camp de Gurs, est confié à Louise Leblanc par un réseau de résistance. L’enfant est brisé, affaibli, presque absent au monde. Louise, elle, décide de tout faire pour lui rendre la vie, malgré les risques immenses que cela représente.

Très vite, je me suis attaché à ces deux personnages. Entre eux se noue un lien bouleversant, fait de tendresse, de protection et d’espoir. Dans un contexte où la peur, les dénonciations et la barbarie règnent, Raphaël Delpard choisit avant tout de mettre en lumière ce qu’il y a de plus beau chez l’être humain et c’est beau.
J’ai particulièrement aimé la façon dont l’auteur décrit la campagne française de cette époque. Ses paysages, ses moissons, ses villages semblent baignés d’une douceur presque irréelle, contrastant avec l’angoisse permanente de l’Occupation. Cette atmosphère donne au roman une force émotionnelle particulière.

L’écriture est simple, fluide et profondément sincère et j’ai senti derrière chaque page le travail de mémoire, mais aussi l’émotion personnelle d’un récit inspiré de faits vécus. Raphaël Delpard rend un hommage vibrant à ces femmes et ces hommes ordinaires qui ont risqué leur vie pour sauver celle des autres.

Au fil des chapitres, j’ai partagé les peurs de Jean, les souvenirs flous de ses parents, son désir de survivre et l’espoir de les retrouver un jour. Mais j’ai surtout été touché par cette formidable leçon d’humanité qui traverse tout le roman.

L’Enfant sans étoile est un livre tendre, émouvant et lumineux malgré l’ombre de la guerre. Une histoire qui rappelle que même dans les périodes les plus sombres, il y aura toujours des personnes qui choisiront la générosité plutôt que la peur. Cette lecture m’a profondément touché et je referme mon livre avec beaucoup d’émotion…

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Extraits :

« L’histoire de l’enfant commença le 15 mai 1943 à l’aube. Une jeune femme dont la silhouette était encore proche de l’adolescence frappa à la porte de la maison de Louise Leblanc, rue Basse-de-Brette, à Parigné-l’Évêque, dans la Sarthe.
Elle entra dans la cuisine d’un pas pressé, sur son passage heurta une chaise qui était éloignée de la table, puis, faisant une halte au centre de la pièce, du regard chercha un endroit où poser l’enfant qu’elle tenait serré contre sa poitrine, enveloppé dans une couverture. »

« — Et si l’enfant a besoin d’un médecin ?
— Une infirmière est prévenue de l’arrivée de votre pensionnaire. Elle viendra demain ou après-demain au plus tard. Compte tenu de sa situation, un médecin ne tardera pas également à vous rendre visite. Vous ne paierez rien.
— Et s’il a besoin de médicaments ?
— On vous dira le moyen d’en obtenir.
— Qui me le dira ?
— La Sarthoise. Chaque fois qu’un besoin se fera sentir, vous trouverez la marche à suivre dans la boîte à lettres.
— Cette Sarthoise, l’avez-vous déjà rencontrée ?
— Jamais. Je ne fais que vous répéter ce que je lis. Je n’en sais pas plus. »

« Un jour nouveau commençait. Louise Leblanc était insensible au ciel tissé de bleu, à l’air alourdi, aux piaillements des oiseaux. Sur le pas de la porte de sa maison, elle essayait de chasser le bourdonnement qui emplissait sa tête et l’empêchait de réfléchir. Elle n’avait aucun regret d’avoir accepté de prendre un enfant chez elle. D’où venait alors le trouble qui l’accablait? De réaliser qu’elle était désormais membre d’un réseau de Résistance, sans l’avoir ni voulu ni demandé? Elle se sentait si petite, minuscule, dans la grandeur du monde. Le malaise ne venait-il pas en réalité de la crainte de ne pas se montrer à la hauteur de la tâche qu’on venait de lui confier ? Comment s’y prend-on pour redonner le goût de la vie à un enfant qui est au bord du précipice ? »

« Avez-vous compris que Serge nous a donné une leçon de civisme? Comment naît le racisme ? En désignant l’autre comme différent. Serge a une bosse dans le dos. Alors, la belle affaire! Lequel d’entre vous n’a-t-il pas un défaut? Un genou plus gros que l’autre, les oreilles décollées. La bosse de Serge le rend-elle moins capable que Didier de faire du foot ?
Il attendit la réponse. Voyant qu’elle ne venait pas, il frappa dans ses mains. Les élèves se levèrent comme un seul homme et sortirent de la classe, soulagés de se retrouver à l’extérieur. »

« Durant l’heure suivante, Jean fut ailleurs. La classe était devenue un monde flou, les explications de Françoise Marchand lui parvenaient comme au travers d’un mur de ouate. Comment répondre à un nom qui n’est pas le sien ? Comment habiter une identité étrangère ? C’est mettre un costume trop large ou trop étroit, porter un chapeau de travers. Tout le monde voit bien que cela ne vous va pas. Un nom, c’est en apparence peu de chose, mais cette addition de lettres forme une musique unique. Il est faux de croire qu’on peut en changer facilement, que n’importe quelle suite de lettres peut faire l’affaire. Un nom est un signe dans le ciel, un rendez-vous permanent avec soi-même, un miroir tendu qui ne vous quitte pas, une balise par temps de brouillard. »

Raphaël Delpard, cinéaste et romancier, est né le 26 janvier 1942 à Paris 11e.
Il est l’auteur d’un travail de mémoire sur l’Algérie : 20 ans pendant la guerre d’Algérie, L’Histoire des pieds-noirs d’Algérie, Les Oubliés de la guerre d’Algérie (Éditions Michel Lafon).

Il suit simultanément une formation de théâtre et de marionnettiste avec Jean-Loup Temporal, et réalise quelques tournées scolaires avec sa propre compagnie et un spectacle de sa création, Pierrot au pays des poissons. Il travaille ensuite comme scénariste pour des réalisateurs tels Jean-Pierre Mocky, Sam Peckinpah et Robert Enrico, puis réalisateur de sujets divers. L’une de ses premières réalisations, un film de commande s’inscrivant dans la tradition française du comique troupier Les Bidasses aux grandes manœuvres, lui apportera des ouvertures vers le genre qui lui tenait à cœur: le cinéma fantastique.

Également acteur en 1980, il tient le rôle du mari dans Un amour d’emmerdeuse, comédie sensible décrivant les péripéties d’un couple après l’arrivée d’un enfant. La même année il réalise La Nuit de la mort (ressorti en vidéo sous le titre Les Griffes de la Mort), l’une des rares incursions françaises dans le domaine du film gore. Peu remarqué par le public français (du fait de sa sortie au même moment que le Shining de Stanley Kubrick), il connaîtra un certain succès aux États-Unis, recevant, pour l’occasion, un télégramme d’encouragement de la part de Tobe Hooper. Il mettra en chantier un film fantastique, Clash, sélectionné en 1984 au Festival d’Avoriaz, puis une comédie en 1985, Vive le fric, avant de délaisser le cinéma pour se consacrer à l’Histoire.

Depuis 1993, il se consacre davantage à la littérature. Son premier livre-document, Les Enfants cachés choisi dès sa parution par Bernard Pivot pour son émission Apostrophes sur Antenne 2 en 1993, est un succès. Il écrit ensuite des livres-documents sur l’Occupation, la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie. Sa première incursion dans l’histoire romancée, sortie dans une collection « Le Roman d’Amour de… » en octobre 2016, réhabilite Lucrèce Borgia. Depuis, comme l’atteste la partie « Publications » ci-dessous, il est revenu au livre-document, parfois romancé tel « La Cavalcade des Enfants Rois« . Mais pas exclusivement: il a publié une biographie de Bourvil, sortie fin 2025, en hommage à l’artiste qu’il a bien connu.

Il est revenu au cinéma en réalisant trois films documentaires tirés de ses livres éponymes : Les Enfants Cachés (1998), Les Convois de la honte (mars 2010) et La Conférence de la Honte (2022). Inspiré par l’écriture cinématographique des documentaires britanniques, il incorpore des évocations entre les témoignages et les documents.

Il écrit également plusieurs romans, dont : Pour l’amour de ma terre, L’Enfant qui parlait avec les nuages, Le Courage de Louise qui se situent dans la Sarthe. La substance est celle de la paysannerie au siècle dernier.

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Humour

Le Bonheur n’a pas de rides

de Anne-Gaëlle Huon
Poche – 3 avril 2019
Éditeur : Le Livre de Poche

Le plan de Paulette, quatre-vingt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part.
La nouvelle pensionnaire n’a qu’une idée en tête : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidants, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle. Que contiennent en effet les mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans la bibliothèque ?
Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

Pétillant ! Drôle ! Émouvant ! À lire sans attendre !
Sylvie, Fnac Nevers.

J’ai fait une sacrée rencontre avec Paulette. Quatre-vingt-cinq ans, un caractère de feu et une détermination à toute épreuve. Dès les premières pages, cette femme irascible et terriblement attachante m’a conquis. Bien décidée à ne pas se laisser dicter sa fin de vie, elle se retrouve pourtant dans une auberge de campagne où elle n’avait aucune envie de poser ses valises, suite aux manipulations de sa belle-fille.
Mais ce lieu, peuplé de personnages hauts en couleur, va peu à peu bouleverser ses certitudes. Entre Yvon le patron bourru, Nour la cuisinière au tempérament bien affirmé, Juliette et les autres pensionnaires, chacun porte des blessures, des secrets, mais aussi des espoirs. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir leurs histoires à tous, à voir les liens se tisser entre eux et les cœurs s’ouvrir.

Anne-Gaëlle Huon signe un roman profondément humain, où l’humour côtoie l’émotion avec une grande justesse. J’ai souvent souri devant les répliques savoureuses de Paulette, mais j’ai aussi été touché par la tendresse qui se dégage dans certaines pages. Plus l’histoire avançait, plus les masques tombaient, révélant des blessures anciennes et des motivations bouleversantes. Le dernier tiers du roman est particulièrement émouvant…

J’ai particulièrement aimé la manière dont l’autrice aborde la vieillesse, non comme une fin, mais comme une période encore pleine de possibles. Elle nous parle du vivre-ensemble, de l’amitié, de la solidarité et de ces rencontres inattendues capables de changer une existence.
L’écriture est fluide, chaleureuse et lumineuse. Les personnages semblent réels, si proches que j’ai eu l’impression de partager leur quotidien. Au fil des pages, je me suis laissé porter par cette histoire remplie de douceur, de souvenirs, de musique, d’amour et de petits bonheurs simples. la vie…

Le Bonheur n’a pas de rides est un roman qui fait du bien. Un récit tendre et sincère qui rappelle que le cœur, lui, ne vieillit jamais. Une lecture réconfortante que j’ai refermée avec le sourire et une belle émotion.

Merci Anne-Gaëlle pour toutes ces émotions ressenties !

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Extraits :

« Sylviane détestait être en retard les jours de marché. Après il faisait chaud et c’était impossible de se garer. Elle jeta un œil à l’horloge sur le tableau de bord et accéléra dans la descente. Dans le poste, un animateur enthousiaste annonçait le programme des festivités du 14 Juillet. Sylviane éteignit la radio. La cohue, les pétards et les odeurs de merguez lui donnaient déjà la migraine. Devant elle, une vieille Polo semblait profiter du paysage.
— Mais avance, bon Dieu ! s’égosilla Sylviane.
Elle passa la seconde brusquement et déboîta sur la file de gauche pour doubler. Arrivée au niveau du conducteur – un vieux monsieur aux verres épais, le nez collé sur le volant – elle klaxonna.
— C’est pas un sentier de randonnée ! cracha-t-elle à travers la fenêtre. »

« Elle s’apprêtait à ouvrir la portière quand Nour lui mit la main sur le bras.
— Pas de ce petit jeu avec moi, madame Paulette. Avec votre fils et votre bru si ça vous amuse, mais pas avec moi. Nous savons très bien toutes les deux que vous avez toute votre tête. Donc évitez s’il vous plaît de vous payer la mienne.
Paulette resta interdite.
— Et tant qu’on y est, arrêtez aussi vos enfantillages avec monsieur Yvon. Il a été suffisamment clair avec votre fils. Dans quelques jours vous serez partie. Restons-en là. En attendant, si j’étais vous, je profiterais du paysage.
Paulette lui jeta un regard noir et claqua la porte. »

« Léon repoussa le dos de saumon d’un coup de patte.
Assis comme à son habitude sur le bord de la fenêtre, il se dorait le museau dans un rayon de soleil.
Il se lécha les pattes avec application, réservant ses papilles pour quelque mets plus à son goût. Nour, les poings sur les hanches et le torchon sur l’épaule, soupira. »

Née en 1984 à Toulon, Anne-Gaëlle Huon fait des études de lettres en région parisienne. En 2014, son départ en famille à New-York lui donne l’occasion de se tourner vers l’écriture. Elle écrit Le Bonheur n’a pas de rides qui met en scène Paulette, une vieille dame au caractère bien trempé. Le succès est immédiat. Le roman rejoint la collection du Livre de Poche en 2018 au plus grand plaisir des lecteurs.​

En 2019, elle publie Même les méchants rêvent d’amour, aux éditions Albin Michel, un roman inspiré de l’histoire de sa grand-mère. En 2020, Les Demoiselles rend un hommage pétillant au Pays basque et aux couseuses d’espadrilles qui ont marqué l’Histoire. Ce roman reçoit le Prix des Lecteurs U, le Prix des lecteurs Culture Presse et le Grand Prix de l’Innerwheel.

En 2021, elle publie Ce que les étoiles doivent à la nuit, un spin off de son roman Les Demoiselles, une ode à l’espoir et à la résilience. L’intrigue, qui se déroule au Pays basque, nous invite à un voyage gastronomique dans l’univers des tables étoilées.

Plébiscités par plus d’un million de lecteurs, ses romans sont traduits dans de nombreux pays.