Amour, Émotion, Psychologie, Romance, Suspense

Et si un jour on se manque…

de Lucie Delacroix
Broché – 1 juin 2025
Éditeur : Auto-édition

Vous aimez la romance, mais également le suspense et les page-turners ? Ce roman va vous plaire !

Et si un jour on se manque, on s’appelle, mais pas avant dix ans.
Dix ans ont passé et Alice a tenu la promesse qu’elle avait faite à Axel, son amour de jeunesse. Mais lorsqu’elle décide de le recontacter, c’est trop tard, Axel a disparu dans des circonstances douteuses.
Entre Saint-Malo et San Francisco, elle doit alors défier le temps et se replonger dans ses souvenirs pour tenter de changer le cours des choses et sauver celui qu’elle n’a jamais cessé d’aimer.

Un roman chargé d’émotions et de sentiments, qui nous pousse à nous interroger sur la puissance des souvenirs, nos regrets et nos rendez-vous manqués.

Quelle claque… quelle merveilleuse surprise !

Dès les premières lignes de Et si un jour on se manque… de Lucie Delacroix, je me suis laissé emporter sans résistance. Pourtant, je pensais en deviner la structure après nos divers échanges autour de la préparation et de la réalisation de la couverture… mais je me trompais complètement.

Très vite, l’autrice m’a pris à contre-pied avec une idée aussi inattendue que brillante. Elle a glissé, au cœur de ce récit profondément humain, une touche de fantastique. Et là, tout a basculé. Chaque certitude que j’avais construite s’est fissurée. À partir de cet instant c’est la magie qui a opérée en plus de des émotions, du suspense et des frissons que je ressentais… Une impression troublante que tout pouvait s’effondrer ou renaître à tout moment. Le roman s’est alors transformé, sous mes yeux, en une romance psychologique d’une rare profondeur.

Je découvre Alice, installée à Saint-Malo, vivant une relation stable avec Marc. Mais une demande en mariage, à une date hautement symbolique, vient raviver un passé qu’elle n’a jamais vraiment laissé derrière elle. Dix ans plus tôt, il y avait Axel. Son premier amour. Un amour immense, inattendu, presque irréel pour la jeune femme timide qu’elle était. Puis, brutalement, Axel a choisi de partir. Pas par manque d’amour, mais par conviction. Ils étaient trop jeunes, n’avaient pas assez vécu, devaient expérimenter, grandir… et surtout laisser à Alice la liberté de choisir sa vie en toute conscience et non suite à un premier “béguin”. Son idée ? Se retrouver dix ans plus tard, jour pour jour afin de faire le point. Alice ne comprend pas, elle qui est tellement amoureuse, pense alors qu’Axel ne l’aime pas comme elle l’aime, elle est malheureuse.

Je me suis immédiatement projeté dans la douleur d’Alice, dans son incompréhension, dans ce cœur brisé qui ne cessera pourtant jamais de l’aimer. Les années passent, mais le souvenir reste intact. Et lorsque cette fameuse date arrive… tout vacille.
Chaque page m’entraînait plus loin dans une quête bouleversante, jusqu’à ce choc, la mort d’Axel, survenue dans des circonstances troublantes.

Et là… tout explose.
J’ai littéralement dévoré le roman, porté par une tension incroyable et des rebondissements qui dépassaient toutes mes attentes. Et cette fin… quelle fin !

Ce troisième roman que je lis de Lucie Delacroix confirme tout son talent. Elle m’a surpris, déstabilisé, poussé à réfléchir. Elle m’a amené à me questionner sur mes propres choix, sur mes regrets, sur ces chemins que je n’ai pas pris.
Qu’aurais-je fait à la place d’Alice si les mêmes portes ouvertes s’étaient présentées à moi ? Aurais-je osé tout recommencer ?
Entre rêve et réalité, Lucie Delacroix m’a tenu en haleine comme rarement. Son histoire, construite comme un véritable jeu de piste, m’a fait voyager de la Bretagne aux États-Unis avec une belle intensité.

Un roman magique, troublant, profondément humain… et inoubliable…

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Extraits :

« Je ferme les yeux. Il est là, près de moi. Ses yeux bleus me dévisagent tendrement, oscillant entre mon visage et le pare-brise. Sa fenêtre ouverte laisse dépasser son bras, au bout duquel une Camel se consume entre ses doigts. L’odeur de nicotine parvient jusqu’à mes narines. La voiture file à vive allure dans les rues angevines, après avoir quitté le parking du Gaumont Multiplexe où nous avons visionné
Bruce tout-puissant. »

« Ses yeux bleus me transpercent. Ma réaction est immédiate, je me liquéfie sur ma chaise. Je dois détourner le regard. Il faut que je sois forte, que je pense à mes nouvelles résolutions. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à lâcher ces pupilles qui me fixent intensément.
J’suis foutue, premier jour de cours, j’suis amoureuse.
Eh merde. »

« Je beurre ma tartine de pain en pleurant. Je pleure encore et encore, mon esprit est obnubilé par Axel depuis l’appel de Thierry. Je ne parviens pas à réaliser. Je repense sans cesse à nos souvenirs, à tous les moments partagés ensemble. Je visionne en boucle nos photos et nos vidéos.
Entendre sa voix me fait terriblement mal, le voir rire me transperce le cœur. Une véritable douleur étreint ma poitrine, tant mon cœur est serré. Pourtant, je ne peux m’empêcher de tout regarder, plusieurs fois d’affilée.
Comme pour confirmer que tout ce qu’on a vécu était bien réel. J’écoute cette chanson qui reste dans ma tête. »

« Je passe Rennes et Ploërmel avant de parvenir enfin à Vannes. Je trouve facilement le salon funéraire avec l’aide de mon GPS. En me garant sur le parking, la boule qui me tord les boyaux s’intensifie. Je reconnais son frère et son parrain, parmi la dizaine de personnes qui patientent devant le bâtiment. Le salon doit être bondé. Je descends de ma voiture et m’approche de la porte. Je salue les visages que je croise et me reconnaissent. Revoir des personnes avec qui on a partagé de bons moments dans de telles circonstances est terrible. Je pénètre dans la chambre mortuaire et ferme la porte derrière moi. Je redoute le moment où je vais le voir.
Je m’intéresse d’abord à toutes les fleurs qui l’entourent, puis jette un coup d’œil rapide aux personnes assises à ses côtés. Certaines sont debout au fond de la salle comble. Le silence est complet. Seuls quelques sanglots se font entendre. Je remarque d’abord ses amis, que je salue brièvement d’un signe de tête. »

Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.

Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.

Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !
https://leressentidejeanpaul.com/2025/11/12/les-flammes-de-lautre-rive/

J’avais raison d’y croire (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/12/09/javais-raison-dy-croire/

Adolescence, Émotion, Histoire, Suspense, Thriller historique

Papillon de nuit

de R. J. ELLORY
Poche – 1 février 2017
Éditeur : Le Livre de Poche

Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.

1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon ne nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rodent la folie et le complot.

    Récit qui entremêle présent et passé, émotions intimes
    et convulsions de la grande histoire, Papillon de nuit tient ses promesses
    dans un tourbillon de sensations et d’interrogations métaphysiques.
    François Lestavel, Paris Match.

    Un portrait saisissant, dur et troublant de l’Amérique.
    Emmanuel Romer, La Croix.

    Lorsque j’ai ouvert Papillon de nuit, de R. J. Ellory, je me doutais que j’entrais dans un roman intense, en effet, son roman “Seul le silence” m’avait beaucoup touché il y a quelques années. Mais je n’imaginais pas à quel point cette histoire allait me bouleverser.

    Daniel Ford attend dans le couloir de la mort. Il est accusé d’avoir tué son meilleur ami, Nathan Verney, douze ans plus tôt. Daniel est blanc, Nathan était afro-américain. Pourtant, depuis l’enfance, ils avaient traversé ensemble une Amérique tourmentée, affrontant le racisme, la violence et les fractures d’un pays en pleine mutation.

    Très vite, une question me hante. Daniel est-il vraiment coupable ?
    Et s’il ne l’est pas, comment en est-il arrivé là ?

    Au fil du récit, Daniel replonge dans ses souvenirs. Par petites touches, par fragments, il me raconte son histoire. Celle de deux enfants de six ans dans l’Amérique des années cinquante. Deux garçons liés par une amitié sincère et indestructible, du moins en apparence. Mais le temps passe, les illusions s’effritent, et la magie qui illuminait leurs regards d’enfants se fissure peu à peu face aux désillusions de l’âge adulte.

    À travers cette histoire intime, l’auteur m’immerge dans une période particulièrement agitée de l’histoire américaine. La guerre du Vietnam, les tensions raciales, les luttes politiques, le Watergate, les Kennedy, Martin Luther King, le Klu Klux Klan… autant d’événements qui forment la toile de fond de ce destin tragique. Mais au-delà de l’Histoire, c’est surtout dans le cœur de Daniel que je me suis retrouvé plongé. Et ce voyage est bouleversant. Page après page, j’ai ressenti la douleur, l’injustice et l’incompréhension.

    Impossible de rester insensible à cette histoire profondément humaine. Elle m’a littéralement serré la gorge. J’ai terminé ce roman le cœur lourd, les yeux humides, encore habité par cette amitié brisée et par cette tragédie.
    Le style de R. J. Ellory est d’une grande sensibilité. Par moments, il frôle même la poésie, contrastant avec la dureté du sujet. Le récit avance comme un long chemin vers la vérité, dévoilant peu à peu ses zones d’ombre et ses secrets.
    Une fois commencé, je n’ai plus réussi à lâcher ce livre. Pendant quelques heures, j’ai vécu dans l’esprit de Daniel, suspendu à son destin et dans l’attente de son exécution.

    Un roman dense, puissant et profondément émouvant, qui ne peut laisser indifférent, un excellent moment de lecture…

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    Extraits :

    « Quatre fois j’ai été trahi – deux fois par des femmes, une fois par le meilleur ami qu’un homme puisse désirer, et finalement par une nation. Et peut-être, à vrai dire, me suis-je trahi moi-même. Alors ça fait cinq.
    Mais malgré tout, malgré tout ce qui s’est passé à l’époque, et tout ce qui se passe maintenant, ça a tout de même été magique.
    Absolument magique. »

    « M. Timmons croit lui aussi que je n’ai pas tué Nathan Verney en Caroline du Sud par une nuit fraîche de 1970.
    Mais il ne le reconnaîtra jamais. Ce n’est pas à lui de remettre ces choses en question, car il y a la justice, les cours d’appel fédérales et d’État, et il y a de grands hommes graves armés de livres épais qui analysent ces choses en détail, qui font les lois, qui sont la loi, et qui est M. Timmons pour remettre tout ça en cause ?
    M. Timmons est gardien dans le couloir de la mort, il fait son boulot, il obéit aux règles, et il laisse ces questions d’innocence et de culpabilité au gouverneur et au petit Jésus. Il n’est pas censé prendre de telles décisions, il n’est pas payé pour ça. Alors il ne le fait pas.
    C’est plus simple ainsi. »

    « Certaines personnes affirment que la peine de mort est une solution trop facile, bien trop rapide. Ils disent que ceux qui ont commis un meurtre devraient souffrir autant que leur victime. Eh bien, croyez-moi, c’est le cas. Ils oublient les années que les gens comme moi passent ici, deux étages au-dessus de l’enfer. Ils n’ont jamais entendu parler des types comme M. West, et de son sentiment que le châtiment devrait être à la hauteur du crime, que vous soyez coupable ou non. Les gens n’ont vraiment aucune idée de ce que ça fait de savoir que vous allez mourir, et après les premières années ce jour peut arriver n’importe quand. »

    « Je nous revois maintenant, nous tenant tous là, le révérend, la sorcière qui avait mangé son mari, le gamin noir qui avait mis à terre Marty Hooper chez Benny’s, le Blanc emprunté, et le jeune dégingandé à la peau pâle qui portait cette minuscule fillette de couleur. Je nous revois maintenant comme si c’était une photo, et je pense à ce qui aurait dû être. Nous étions la famille universelle, il n’y avait pas de différence, nous parlions la même langue, nous respirions tous le même air, mangions la même nourriture et partagions le même chagrin. »

    Roger Jon Ellory est né à Birmingham. Sa mère, danseuse et actrice, l’élèvera seule jusqu’à ce qu’une pneumonie la terrasse au tout début des années 1970. À 16 ans, il rejoint sa grand-mère maternelle, qui décèdera en 1982. Après avoir connu la prison à l’âge de 17 ans, il se consacre à plusieurs activités artistiques – graphisme, photographie… et musique : il joue de la guitare dans un groupe de rock, les Manta Rays, qu’il quittera à la mort du batteur.

    Il se plonge alors dans la lecture, et sa passion pour la littérature de fiction ne fait que croître. Ses auteurs de prédilection: sir Arthur Conan Doyle, Michael Moorcock, Tolkien, Stephen King… Entre 1987 et 1993, RJ Ellory écrivit pas moins de vingt-deux romans, chacun lui valant systématiquement des refus éditoriaux, polis mais fermes, des deux côtés de l’Atlantique : en Angleterre, on refusait de publier des romans situés aux États-Unis qui étaient écrits par un citoyen anglais, et outre-Atlantique, on ne voulait pas de romans ayant les États-Unis pour cadre alors qu’ils étaient l’œuvre d’un Britannique…

    Découragé, RJ Ellory cesse d’écrire et occupe un emploi de bureau pour la première fois de sa vie. En 2001, il reprend la plume et écrit trois romans en moins de six mois. Le second, Candlemoth, sera publié par Orion ; nommé pour le Crime Writers’ Association Steel Dagger for Best Thriller 2003, il est traduit en plusieurs langues. Mais c’est avec Seul le silence, son cinquième roman publié en Angleterre que le public français le découvre. Suivrons, toujours chez Sonatine Editions, Vendetta en 2009 et Les Anonymes en 2010.

    Émotion, Psychologie, Suspense, Thriller psychologique

    Je suis un monstre

    de Christine Adamo
    Broché – 5 mars 2026
    Éditeur : TAURNADA

    Moi, c’est Tom. J’ai 7 ans, un cerveau trop fort, une maman trop horrible, un papa et un chien trop gentils que je veux rejoindre dans les Ardennes.
    Mais entre un double pas sympa dans ma tête et des gens qui sont morts partout sans prévenir, c’est pas gagné.

    Une histoire drôle, noire et bizarre, comme la vie. Mais en pire.

    Tom a sept ans.
    Tom est un enfant surdoué.
    Et très vite, je comprends qu’il n’est pas tout à fait seul dans sa tête.

    Dès les premières pages de “Je suis un monstre”, un mot s’impose à moi. Troublant. Puis viennent terrifiant, fascinant, déroutant… et même amusant. Une avalanche de mots en “ant”, comme un clin d’œil involontaire à cette lecture et à son style totalement… captivant.

    Tom pense vite. Trop vite. Ses idées s’entrechoquent, ses raisonnements fusent, ses émotions débordent. Et dans ce tourbillon mental, il y a “l’autre”. Le deuxième Tom. Celui qui murmure, qui pousse, qui dérange, prend de plus en plus de place. Celui qui n’est pas gentil du tout… Alors Tom lutte. Il tente de reprendre le contrôle, d’étouffer cette présence qui prend de plus en plus de place.

    Je me suis laissé happer par cette voix d’enfant à la fois drôle, lucide et terriblement inquiétante. Car sous ses remarques naïves se cache une noirceur déconcertante. Tom observe le monde avec une logique implacable, presque clinique. Et moi, lecteur, je me suis retrouvé enfermé dans sa tête, prisonnier de ses pensées, balloté entre sourire et malaise.

    Le récit est sombre, cynique, parfois cruel. Il bouscule les repères. Où est l’innocence ? Où commence le mal ? Et pourtant… j’ai ri. Oui, ri. Parce que Christine Adamo manie l’humour avec une audace folle, glissant de la légèreté là où je ne l’attendais pas.

    Rarement un style m’aura autant marqué. Du premier mot jusqu’au point final, l’auteure assume une écriture singulière, presque dérangeante. Un style qui aurait pu me fatiguer… mais qui m’a au contraire ébloui. Elle ne transige pas. Elle va au bout de son parti pris, et c’est précisément ce qui rend le roman si puissant.

    Je suis un monstre est un texte qui interroge profondément les notions de bien et de mal. Il dérange, il amuse, il inquiète. Et contre toute attente, je me suis attaché à ce petit monstre en culotte courte.
    Et si finalement Tom était tout seul dans sa tête ?

    Un roman audacieux, brillant, impossible à lâcher.

    Un immense merci à Joël et aux éditions Taurnada pour ce nouveau service de presse qui, une fois encore, frappe très fort.

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    Extraits :

    « Moi, c’est Tom. Et ça veut dire que Tom, c’est mon prénom. Et « c’est le plus important », que dit papa, surtout maintenant que maman a été divorcée, et qu’en plus de plus habiter avec lui, elle veut plus qu’on porte son nom, ni moi, ni elle. Donc, il faut que je trouve une solution pour aller le retrouver, et c’est pour ça que j’écris, vu que les virgules et les points, ça oblige mes idées à se mettre dans le bon ordre. »

    « Maman dit : « Ça ne sert à rien ! Tu deviendras un bavard inutile comme ton père ! » N’empêche que moi, papa, je le trouve méga-plus marrant qu’elle.
    Rien qu’à la regarder, maman, je m’ennuie. Elle est grande et maigre comme une jambe de girafe, ses cheveux sont noirs, courts et raides comme le poil d’un ours. La différence, c’est que sa figure est beaucoup moins gentille que celle d’une girafe ou d’un ours.
    Une girafe, ça fait pouet quand c’est une Sophie en jouet, un ours, ça console quand c’est un Paddington en peluche. Dans ma chambre à moi, il y a pas de peluches ni de jouets, vu que « on ne sait jamais, tu pourrais faire une allergie ». En plus que maman a aussi une petite bouche méga aplatie avec plein de poils dessus. »

    « Je me souviens qu’au début, quand je voyais maman gonfler du ventre, j’avais peur qu’elle éclate et en mette partout. En plus, comme elle était déjà super-maigre, ça faisait comme une grosse cloque sur le doigt quand on se brûle avec la poêle-à-pommes-de-terre-rôties.
    Le père-de-maman était méga-furieux. « Marie-Céline ! Tu es folle ! Comment vas-tu faire pour t’occuper de moi si tu as un autre enfant ? Je vais devoir prendre une infirmière à domicile et ça va me coûter une fortune ! De nos jours, les locataires sont de tels feignants que j’ai dû faire des travaux dans les appartements et je n’ai plus un sou devant moi ! Tu ne veux pas que je te déshérite, n’est-ce pas ? »

    « Le décorticage d’idées, c’est peut-être ce qui a fait qu’après l’enterrement du père-de-maman, j’ai fait un cauchemar. Sauf que, ce cauchemar, il en était pas vraiment un.
    J’explique.
    Un cauchemar, c’est juste un rêve qui fait peur. Ça se passe dans la tête pendant qu’on dort. Et ça donne l’impression du pour-de-vrai, même si ça peut pas l’être (à cause que, dedans, il y a quelque chose de bizarre, genre, un renard avec une brosse à dents).
    Le souci, c’est quand le cauchemar sort de la tête et vient dans la vraie vie. Comme ce soir-là, après l’enterrement. »

    Écrivain française, Christine Adamo est issue du monde de la recherche comme l’est aussi Fred Vargas.

    Enseignant-chercheur spécialisée dans l’information scientifique, sa passion pour la recherche environnementale et sa rencontre avec le cœlacanthe, l’ont amenées à participer à l’élaboration d’un parc naturel aux Comores pour la sauvegarde de ce fameux « chaînon manquant ».

    Ses diverses activités professionnelles lui ont permis de voyager de par le monde, pour enseigner, participer à des conférences ou des colloques et écrire des articles scientifiques, pour finalement se mettre au roman.

    Émotion, Cercle littéraire, Drame, Histoire, Poésie

    La Petite bonne

    de Bérénice Pichat
    Poche – 2 janvier 2026
    Éditeur : Le Livre de Poche

    Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais, ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?

    La Petite Bonne avance en rythme, sans en avoir l’air,
    vers le huis clos psychologique, jusqu’à surprendre tout le monde.
    Libération.

    La poignante histoire de deux vies abîmées par un monde
    auquel les personnages n’avaient rien demandé.
    Elle.

    Un vrai tour de force pour une histoire prenante
    avec des scènes qu’on n’oubliera pas.
    Psychologies magazine.


    Hier soir au Cercle littéraire du Château de l’Hermitage nous avons eu le plaisir de recevoir Bérénice Pichat.
    Une magnifique soirée
    Une femme bien
    Lumineuse souriante
    Inoubliable

    Je suis entré dans ce livre comme on entre dans une pièce fermée
    un espace étroit
    plein de silences
    Avec La petite bonne de Bérénice Pichat
    je me suis laissé prendre
    dès les premières pages
    par un premier roman d’une rare intensité
    un texte qui sort des sentiers battus

    Ici les phrases respirent
    Elles avancent sans ponctuation
    Elles battent comme un cœur
    Les mots se suivent
    se déposent
    me guident
    me troublent
    Je n’ai plus seulement lu
    j’ai écouté ses phrases qui deviennent musique

    Je me suis retrouvé dans la tête de la petite bonne
    dans ses gestes retenus
    dans ses peurs et ses élans
    Puis il y a une une autre voix
    celle d’en haut
    celle des maîtres
    plus tranchante
    plus sèche
    et pourtant les deux mondes se mêlent
    se frôlent
    se heurtent

    Tout devient sensation
    tout devient tension
    Le récit avance
    il lutte
    il enfle
    finit par éclater

    Dans les années trente
    trois êtres
    Blaise ancien pianiste brisé
    madame Alexandrine sa femme
    et cette petite bonne sans nom
    Trois destins enfermés
    condamnés
    et moi au milieu
    emporté

    j’ai lu à voix haute
    parfois
    certaines phrases résonnaient trop dans mon esprit
    il fallait absolument que je les évacue
    pour reprendre mon souffle
    avant de replonger dans le leur
    c’était fluide
    envoutant
    Bouleversant

    un livre à part
    C’est addictif pour les oreilles et pour les yeux
    une mise en page qui devient musique
    une écriture qui touche avant de déchirer

    un immense coup de cœur
    Merci Bérénice
    c’était beau
    c’était magique

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    Extraits :

    « Les cent pas
    j’aimerais pouvoir les faire
    réellement
    Ici c’est cinq pas dans la longueur
    à peine trois dans la largeur
    et vraiment
    des petits pas
    Des traversées
    il en faut quelques-unes
    pour arriver à cent
    C’est long
    mais jamais assez
    Malheureusement j’ai tout mon temps
    pour compter mes pas »

    « Son souffle vite régulier
    Il s’endort instantanément
    Elle devrait dormir aussi
    au moins quelques heures
    Le réveil sera difficile
    le panier plus lourd encore
    si c’est possible »

    « Cette nuit
    elle n’a pas pu dormir
    ça la questionnait
    perturbait
    Elle ne pensait qu’à ça
    À ses côtés son homme ronflait
    Elle ne l’a pas réveillé
    Il n’a rien su de son insomnie
    Il aurait dit quoi
    Elle n’a pas osé
    Ça la chiffonne encore davantage
    Il ne la connaissait même pas
    la petite Mariette
    jamais vue
    pourquoi lui en parler
    C’est vrai
    Simplement partager
    ça l’aurait soulagée »

    « Il ne peut écouter cet air sans sentir ses entrailles se serrer. Il ferme les yeux et s’installe mentalement au piano. Il effleure le couvercle et le soulève doucement, comme un coffre contenant un trésor inestimable. Les touches sont là, elles n’attendent que lui. Du bout des doigts, il monte et descend la gamme, pianote de la main droite une mélodie toute simple, pour le plaisir de vérifier la résonance. Les marteaux lui obéissent parfaitement. Par l’abattant entrouvert de l’instrument, il surveille l’alignement des cordes, l’accord parfait, les notes qui s’écoulent. Alors il se lance. La main gauche entre en scène, soutient la mélodie qui s’étaye, s’amplifie. Il l’orne à l’infini. Pied sur la pédale, pianiste tout puissant, il module le son, fait vibrer un écho plus lourd, révèle une profondeur. La mélodie devient tantôt une longue complainte, tantôt un plaidoyer enfiévré. Il connaît chaque placement, chaque respiration ; quand Blaise écoute le disque, c’est lui qui joue. »

    Originaire du Havre, où elle vit toujours, Bérénice Pichat partage son temps entre enseignement et écriture.
    Ceux qui vivent encore (2022) est son premier roman et le premier tome de sa trilogie, Les promesses des fleurs dont seulement deux tomes sont parus, toute entière située à Saint-Véran dans le Queyras.
    En 2024, elle publie son troisième roman, La Petite Bonne.

    Adolescence, Émotion, Histoire vraie, Historique

    Noé, l’enfant de la liberté

    de Corine Valade
    Broché – 13 janvier 2026
    Éditions : Les MOISSONS

    Il n’avait rien. Pas même un nom.
    Seulement une volonté farouche de vivre…

    Inspiré d’une histoire vraie, ce roman suit le destin de Noé, un jeune orphelin confié aux bons soins d’une religieuse dans un hospice de Guéret, en 1857.
    À seulement 10 ans, l’enfant est envoyé à la colonie agricole de Mettray, célèbre pour être le premier centre d’éducation spécialisée pour délinquants mineurs en Europe.
    Il y découvre la violence du système mais aussi l’espoir, porté par quelques éducateurs imprégnés de l’esprit des Lumières. Grâce à leur soutien, il décroche son certificat d’études, puis devient apprenti dessinateur à Paris chez Savard, joaillier et fabricant de bijoux de scène.
    Le destin le ramène dans sa Creuse natale, où Savard ouvre une succursale à Guéret, plus connue sous le nom d’usine de bijoux FIX, bouclant ainsi une trajectoire faite de douleur, de résilience et de réinvention.
    Au fil de ses rencontres, Noé découvre des secrets bien gardés et l’existence d’un complot qui pourrait faire de lui l’instrument d’une vengeance implacable…

    Une plongée bouleversante dans la France du XIXe siècle!
    Un roman poignant, entre fresque historique et récit d’émancipation.

    J’ai découvert la plume de Corine Valade avec Danse Néomaye, danse !, un roman qui m’avait profondément bouleversé.
    Alors, lorsqu’elle m’a proposé de lire Noé, l’enfant de la liberté, mon cœur a fait un bond de joie.

    Son nouveau roman est profondément humain, historique et passionnant. Et pour moi, il possède une force supplémentaire, il est inspiré d’une histoire vraie. Ce détail change tout. Il donne à l’intrigue une densité particulière, une vibration plus intense encore. On ne lit plus seulement une fiction, on marche dans les pas d’une destinée qui a réellement existé.

    Comment ne pas s’attacher à Noé ? Orphelin trop tôt, frêle, brisé par la vie avant même de l’avoir commencée, il n’a pour seule arme que sa volonté. Mais quelle volonté ! Habité par un amour profond de la beauté et un désir farouche de liberté, il refuse de se laisser écraser par la dureté du monde. Il tombe, il se relève, il avance.

    Très vite, je me suis retrouvé plongé dans la France du XIXᵉ siècle, dans un contexte historique remarquablement documenté. Corine a effectué un travail d’une grande rigueur, donnant à son récit une crédibilité saisissante. Elle met en lumière les violences subies dans certaines institutions, mais aussi toutes les lueurs d’espoir incarnées par Noé, cet enfant différent.

    Au fil des pages, j’ai vu Noé grandir, se construire, découvrir l’art et s’y révéler. Son apprentissage à Paris m’a particulièrement captivé. Les bijoux, le théâtre, l’opéra… autant de découvertes qui enrichissent son parcours et donnent au roman une dimension artistique vibrante.

    Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il y a aussi de nombreux secrets, des complots, des désirs de vengeance. Une tension discrète mais constante qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page. J’avais hâte de connaître l’issue… tout en redoutant le moment de refermer le livre.

    Noé m’a bouleversé. Son univers est à la fois sombre, dur et rayonnant. Il incarne la résilience, la reconstruction, la transmission. Il nous rappelle que, même dans l’adversité la plus cruelle, une étincelle peut suffire à embraser une vie.

    J’ai refermé ce roman avec émotion.
    Un très beau texte, puissant et profondément inspirant.

    Merci à Corine Valade et aux éditions Les Moissons pour cette lecture poignante que je recommande chaleureusement.

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    Extraits :

    « Je me faufile entre le lit où Elle s’est couchée pour ne plus se relever et le fauteuil posé près de l’âtre, celui sur lequel Elle s’asseyait le soir en me prenant sur ses genoux. Chaque jour, la voisine passe entretenir le feu et déposer une écuelle de soupe sur le chevet. Parfois, la femme soulève la couverture sous laquelle gît le corps-traversin, le déplace sans douceur, soupire en grommelant, le lave puis part sans me jeter un regard. La faim me tenaille. Sans honte, je lape le brouet qui ne m’était pas destiné, sans en laisser une seule goutte. Je ne pouvais me permettre ni de gâcher, ni de m’étioler comme Elle. Elle, cette forme longue et maigre qui se meurt. Je ne sais pas si je suis triste. Elle a pris soin de moi. Parce qu’elle ne pouvait rien lui refuser… et afin de lutter contre la solitude qui poissait sa vie. Elle m’a tout raconté sur Elle, et sur ces hommes qui l’avaient aimée, mal. J’écoutais, passive et silencieuse, sans juger.
    Mon attitude l’incitait à revenir sans cesse sur des moments de son existence qui, chaque fois, se gonflaient de détails. »

    « Je détiens un carnet de notes. À l’intérieur, j’ai retranscrit les souvenirs qui m’ont été confiés par ces femmes qui ont croisé sa vie et avec lesquelles j’ai partagé un quotidien plus ou moins long. Ils forment la mémoire collective d’un récit que je vais écrire, sur lui. Enfin pour lui et aussi pour moi, car au bout de son histoire commence la mienne. »

    « Célestine se retourne vers la jeune femme dont les yeux noirs et accusateurs sont fixés sur elle. La donzelle la hait. C’est ainsi, Célestine n’y peut rien. Les riches font appel à ses services quand il s’agit d’avortements ou d’accouchements clandestins. Célestine n’aime pas ce travail. Il est risqué, néanmoins il rapporte beaucoup. L’argent ainsi gagné lui permet de nourrir son fainéant de mari et sa nombreuse progéniture. L’ample poitrine de Célestine se soulève et s’abaisse en laissant échapper un profond soupir. »

    « Dans la salle d’étude, il fait particulièrement sombre. Novembre essore les nuages d’un automne gris et froid. Les six mioches œuvrent en silence. Noé a fini ses exercices de calcul. Il s’occupe à reproduire des images pieuses. À sa gauche, Martin s’adonne à son activité favorite, celle de rêvasser. Son crayon de bois est tombé par terre. Peu lui importe, il a la tête ailleurs. À sa droite, Pierrot jongle avec son porte-plume. Éclaboussures et taches d’encre s’étalent sur ses doigts, investissent la feuille et débordent sur la table. Un bout de langue dépasse de sa bouche également noircie. Sœur Marie-Agnès tente une énième fois de lui faire tracer des lettres, et perd patience. »

    Corine Valade est originaire de la Creuse. Elle vit actuellement en Seine et Marne.
    Maire-adjoint de village, présidente d’une association culturelle, elle anime un café littéraire et organise un festival annuel autour du théâtre et de la lecture.
    Elle sillonne également les écoles et centres de loisirs avec un théâtre de marionnettes pour enfants.
    Mais l’écriture est sa grande passion : de son propre aveu, quand elle prend sa plume, elle oublie tout et le monde peut bien s’écrouler !

    Dans des romans, elle mêle avec dextérité fiction et éléments historiques.

    “Ses roman offrent une réflexion certaine sur la condition féminine et les moments forts qui ont marqués les hommes…”

    Danse Néomaye, danse ! (2023)
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/24/danse-neomaye-danse/

    Amour, Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

    Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort

    Angélina Delcroix
    Broché – 15 août 2019
    Éditeur : Nouvelles Plumes

    Depuis le décès tragique de l’un des leurs, l’équipe de Joy Morel peine à se remettre sur pied. Pour l’adjudante, le défi est d’autant plus grand qu’il lui faut aussi trouver l’équilibre entre sa carrière et sa vie de jeune maman. Mais quand une étrange affaire se présente, Joy retrouve son intuition et ses réflexes d’enquêtrice.
    Un homme a été retrouvé mort à son domicile après un coma éthylique ; à ses côtés le cadavre de son épouse, ligotée et mutilée. Simple crime conjugal ? L’homme, un ancien alcoolique, n’avait pourtant pas bu une goutte d’alcool depuis des années.
    Alors que d’autres couples sont retrouvés assassinés dans les mêmes conditions, une jeune femme déroule dans une série de lettres adressées à son père, le fil de leurs souvenirs…

    « Attention, chef d’œuvre !
    Si vous aimez les thrillers parfaitement construits, à la mécanique bien huilée,
    avec des cliffhangers, retournements de situations et surprises en tout genre,
    attachez vos ceintures, parce que là, ça dépote ! »
    Philippe (Haut-Rhin)

    « Un excellent thriller psychologique ! »
    Nadège (Nièvre)

    Avec “Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort”, je referme la trilogie d’Angélina Delcroix avec le sentiment d’avoir traversé quelque chose de dense, de brutal, de profondément marquant. Ce dernier opus vient clore avec force tout ce qui restait en suspens, et je dois avouer que les frissons ressentis dans le tome précédent n’étaient qu’un prélude. Pour apprécier pleinement l’ampleur de ce final, je recommande vraiment de lire les deux premiers volumes, chaque événement prend ici une résonance particulière. Personne n’est épargné. Ni les personnages, ni moi, lecteur.

    J’ai lu ce roman en apnée.
    Impossible de lever la tête.
    Impossible de ralentir.

    Chaque page apporte son lot de rebondissements, de violences, de manipulations psychologiques. Des images se sont imprimées en moi, parfois difficiles à chasser. Les coups pleuvent, sans relâche, et je me suis laissé emporter dans ce rythme tendu, constant, sans véritable répit. Angélina prouve une fois encore qu’elle sait où elle va. Elle construit, elle resserre, elle frappe juste. Son intrigue est maîtrisée de bout en bout.

    Au cœur de ce thriller, j’ai retrouvé des thèmes sombres et profondément humains : l’alcoolisme, la rédemption, l’enfance abîmée, la quête d’amour, les esprits en marge. Tout s’entrelace dans une enquête qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Plus j’avançais, plus je doutais. Les certitudes s’effritaient. Je ne savais plus qui croire, ni qui était réellement coupable.

    Et puis vient l’explosion finale.
    Un dénouement que j’ai vu se dessiner sans jamais pouvoir l’anticiper pleinement.

    Je ressors de cette lecture secoué, conquis, impressionné par la puissance du récit et par sa cohérence. Angélina m’a tenu du début à la fin, sans me lâcher.

    Un thriller intense, éprouvant, terriblement efficace.
    À lire absolument !

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    Extraits :

    « Quand la dernière flamme se transforme en fumée odorante et que les mains cessent de féliciter bruyamment, l’organisateur de la soirée prend la parole :
    — Félicitations, Jacques! Cinq années! Quel beau chemin. Je suis heureux que nous puissions, ce soir, évoquer ton parcours puisque nous accueillons un nouveau membre, et ton expérience est une fabuleuse entrée en matière. »

    « — Je préfère ne pas vous dire mon prénom, il me semble que le mot « anonyme » sur votre porte me le permet. Je suis là, comme vous tous, pour un problème lié à l’alcool, mais je ne suis pas alcoolique, et je ne l’ai jamais été.
    Les visages se figent sous l’effet de la surprise.
    — Pourtant, vous pouvez être fiers de moi puisque ça fait, aujourd’hui, exactement dix jours que je n’ai pas tué. »

    « Ton amour. Tu m’as dit que le jour où je suis née, tu as ressenti un amour incroyable, d’une force que tu n’aurais jamais cru possible. Tu me répétais souvent que j’étais la plus belle de toutes les princesses, et surtout, que j’étais la tienne. Que rien ne nous séparerait jamais.
    Que tu serais toujours là pour moi. Que notre amour était incassable. Je buvais tes paroles à m’en rendre saoule.
    Aujourd’hui, j’ai encore envie de m’attacher à cet espoir, malgré ce qui s’est passé. »

    « Donelli reste silencieux. Il repense aux horreurs vécues par les enfants dans ce genre de réseau, au maillage énorme qui regroupe des personnes de tous milieux, même des plus hauts et surtout de ceux touchant aux enfants. Est-il possible de réajuster ses œillères après avoir vu le pire de l’espèce humaine ? Le « faire comme si ça n’existait pas » est juste rayé de la carte. Parfois, on voudrait que le déni s’installe pour rendre la vie plus légère. Mais l’inconscient est seul maître à bord. Lui seul décide de ce qu’il envoie aux oubliettes ou non. Et quand on devient parent alors qu’on a les pieds dans l’atrocité perpétrée par certains êtres abjects, l’instinct de protection et de survie interdit à l’oubli de s’installer. »

    « Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que sans le lieutenant Barrère, je serais en ce moment même en train de subir d’horribles sévices, ou pire encore, en train d’en infliger à des enfants. J’aurais préféré mourir plutôt que de devenir un monstre, mais ce sont eux qui contrôlent tout et qui décident si vous vivez ou si vous mourez, si on vous viole ou si vous violez, si on vous frappe ou si vous frappez, si vous tuez ou si vous vous arrêtez juste avant, quand la douleur de l’autre est à son paroxysme.
    Ben porte la main devant sa bouche, et sa gorge s’obstrue à l’écoute de tant d’atrocités. Il prend conscience que c’est une jeune fille de 16 ans qui lui déballe tout cela. Un sentiment d’injustice se répand en lui. La vie ne peut pas imposer tant d’horreurs à une enfant et la faire grandir en enfer jusqu’à pourrir chaque cellule innocente de son corps, jusqu’à travestir son âme pure. »

    Angelina Delcroix est née en 1978, à Luçon. Elle envisage de faire l’École de Gendarmerie pour travailler dans la police scientifique, mais après une Licence de Génétique et des études en Psychothérapie, et en criminologie à l’école de gendarmerie. Elle exerce comme psycho-praticienne en Vendée et consacre son temps libre à sa passion, l’écriture. Forte de ses diplômes, elle choisit le genre thriller psychologique.

    Un premier roman, Ne la réveillez pas paraît en 2017 aux Éditions Nouvelles Plumes, dans lequel l’auteure crée le personnage de Joy Morel, adjudante, suivi par Si je serai grande en 2018, deux romans qui rencontrent le succès.
    En 2019, sort son 3è roman, Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort.
    Angelina Delcroix se consacre désormais entièrement à l’écriture.

    Ne la réveillez pas (2017)
    https://leressentidejeanpaul.com/2026/02/17/un-peu-beaucoup-jusqua-la-mort/

    Si je serai grande (2018)
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/08/si-je-serais-grande/

    Émotion, Drame, Historique

    Lisbeth, au cœur du combat

    de Nathalie Brunal
    Broché – 1 février 2024
    Éditeur : France Loisirs

    Lisbeth, 19 ans, est battue par son père qui a sombré dans l’alcoolisme depuis le décès de son épouse. Afin d’échapper à ses coups, elle se réfugie chez Daniel, un ami de la famille. Pour la préserver des sévices paternels, son sauveur, qui lui avoue son amour, l’encourage à s’enfuir avec lui à Charleston. Ne voulant pas retourner chez son bourreau, elle accepte d’unir sa vie à la sienne.
    La guerre de Sécession éclate peu de temps après leurs noces. Daniel part au combat, mais Lisbeth refuse de rester en retrait et désire plus que tout se rendre utile. le destin se chargera de lui montrer la voie et la mènera en Virginie dans un hôpital qui accueille les blessés. Confrontée à l’horreur de la guerre, elle s’épanouira dans sa nouvelle vie auprès des plus faibles en dépassant souvent les limites du raisonnable.

    Je viens tout juste de refermer Lisbeth, au cœur du combat de Nathalie Brunal… et me voilà complètement chamboulé.
    Il y a des romans qu’on lit, et d’autres qui vous traversent. Celui-ci m’a clairement traversé de part en part.

    Dès les premières pages, j’ai su que j’allais trouver tout ce que j’aime en littérature. L’Histoire avec un grand H, des destins forts, et surtout un personnage féminin qui ne plie pas. Ici, la guerre de Sécession éclate, fracassant un pays déjà meurtri et révélant les pires fractures d’une société divisée, entre esclavage, pouvoir et survie. Le décor est posé, brutal, implacable.

    Au cœur de ce chaos, il y a Lisbeth. Dix-neuf ans. Une jeunesse cabossée par un père violent, une existence marquée par la peur… mais une volonté de vivre plus forte que tout. Lisbeth n’est pas de celles qui baissent les yeux. Elle parle, elle ose, elle pense et assume. Et ça, dans une époque où les femmes sont priées de se taire, c’est déjà un acte de résistance.

    Très vite, elle épouse Daniel, un homme plus âgé, protecteur, aimant. Ensemble, ils tentent de se construire un refuge à Charleston. On pourrait croire à un répit. Mais l’Histoire, la grande, ne laisse jamais vraiment les amoureux tranquilles. La guerre éclate, Daniel part au combat. Et Lisbeth refuse de rester en retrait.

    Elle aussi veut agir. Elle aussi veut servir. Direction la Virginie, dans un hôpital de fortune où affluent les blessés, les corps brisés et les âmes perdues. Là, Lisbeth révèle toute sa force, un courage immense, une humanité bouleversante, une foi inébranlable dans la liberté des hommes, qu’ils soient blancs ou noirs. Elle soigne, elle soutient, elle dépasse parfois les limites du raisonnable, portée par son cœur immense.

    J’ai été emporté par cette lecture, submergé d’émotions. J’ai redécouvert la violence d’une guerre que je connaissais finalement assez peu, et surtout la place essentielle de ces femmes oubliées de l’Histoire. Nathalie Brunal signe ici un roman différent, mais toujours aussi juste et documenté. Sa plume est sensible, incarnée, profondément humaine.

    Je referme ce livre avec le sentiment d’avoir rencontré une héroïne inoubliable.
    Merci Nathalie pour ce roman vibrant, fort et émouvant, qui m’a touché en plein cœur.

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    Extraits :

    « Lisbeth replaça le rideau devant la vitre et retourna s’asseoir sur le fauteuil près de l’âtre. Daniel, son époux, tardait à rentrer, cela ne lui ressemblait guère. Son travail à la scierie n’était pas sans danger et elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter. Son attention fut attirée par les flammes qui dansaient dans la cheminée. La chaleur irradiait sur ses joues et l’engourdissait. Elle songea à ses rêves d’enfant. Son existence n’avait pas pris le tour qu’elle espérait, mais Daniel, en lui demandant de l’épouser, lui avait permis d’échapper aux coups de son père. Celui-ci, qui n’avait pas supporté le décès de son épouse, avait noyé son chagrin dans l’alcool, oubliant au passage que sa fille unique souffrait également de cette perte. »

    « – Vous n’êtes pas sans savoir que le Sud a besoin de main-d’œuvre. Sans ces gens de couleur, qui travaillerait dans les plantations ?
    – Les Blancs sont-ils moins courageux ?
    s’enquit-elle.
    – Moins endurants, sans aucun doute. En outre, le soleil brûlerait nos peaux. La vôtre est si fragile que vous ne tiendriez pas plus d’une heure sous les rayons ardents.
    – Les Noirs sont maltraités par les planteurs. Je comprends la volonté du président de mettre fin à leurs souffrances, insista-t-elle.
    – Ne criez pas cela sur tous les toits si vous tenez un tant soit peu à votre vie ! Vous habitez en Caroline du Sud, l’État qui possède le plus grand nombre d’esclaves.
    – Je vous promets de garder pour moi mes opinions. Que se passera-t-il maintenant que Lincoln est président ?
    – Qui vivra verra, toutefois rien de bon ne sortira de tout cela… »

    « Les joues de Lisbeth se colorèrent. Bien qu’ils soient mariés depuis plusieurs mois, Daniel ne l’avait pas encore touchée intimement. Elle n’aurait su dire si cela relevait de la galanterie ou du tait qu’elle ne lui plaisait guère, mais le peu qu’elle avait entendu confirmait qu’il ne se comportait pas, dans le lit conjugal, comme un mari devait le faire.
    Attendait-il qu’elle ressente pour lui ce qu’il éprouvait pour elle? Si tel était le cas, elle était sur la bonne voie. Elle tremblait pour lui dès qu’il tardait et elle appréciait de sentir son souffle sur sa nuque quand il se tenait près d’elle. Il suivait ses gestes lorsqu’elle cuisinait, heureux de sentir l’effluve de l’eau de rose qu’elle vaporisait sur son décolleté. »

    « Daniel aperçut la larme qui perlait au coin de la paupière de la jeune femme. Il l’essuya doucement avant de poser ses lèvres sur les siennes.
    _ Nous aurons une vie entière pour nous aimer.
    – Puissiez-vous avoir raison…
    Il ouvrit ses bras pour qu’elle se réfugie contre son torse. Elle laissa les perles salées ruisseler sur ses joues. Un mauvais pressentiment lui serrait l’estomac. Daniel avait tout quitté pour elle… Il ne méritait pas de mourir pour un combat qui n’était pas le sien. Elle aurait donné le peu qu’elle possédait pour le garder près d’elle. »

    « Les dernières heures s’étaient lentement égrenées. Morphée avait ignoré ses appels. Seul le bruit des canons avait brisé le silence de la nuit. Les violentes averses qui s’étaient abattues sur la ville avaient offert un répit à l’Union puisque les tirs s’étaient espacés. Le fort résistait, mais les Confédérés étaient coriaces. Combien de temps cela durerait-il encore…? De nombreuses questions tournaient en boucle. Des hommes haut placés prenaient des décisions, provoquaient des conflits auxquels ils ne prendraient pas part. Ils donnaient des ordres que d’autres faisaient exécuter. Dans quel but ? Des innocents comme Daniel fonceraient tête baissée vers la mort. Leurs vies avaient-elles moins d’importance que la leur ? »

    Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. « Dévoreuse » de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le « feel-good » tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017.  » Une tragique fête des fraises  » est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes « Le défile des glaces » « Un bouquet sans mariée» « L’Hydromel Hindou » et «D’une pierre… Deux coups ». Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.

    Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “vacances en terre inconnue », sourire garanti en leur compagnie.

    N’hésitez pas à vous procurer  » Les tribulations d’Hortense « . Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata  » brut de décoffrage « . D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans « Les Amours tourmentées d’Hortense » et « Le Noël explosif d’Hortense ». Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. « Le coup de théâtre d’Hortense » vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.

    « Quand Cupidon s’en est mêlé… » , une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.

    Un Noël saupoudré d’espoir (2020)
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/12/24/un-noel-saupoudre-despoir/

    Le défi d’Apolline (2020)
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/06/09/le-defi-dapolline/

    Apolline, Un avenir incertain (2021)
    https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/20/apolline-un-avenir-incertain/

    Les tribulations d’Hortense (2024)
    https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/28/les-tribulations-dhortense/

    Les Amours tourmentées d’Hortense (2024)
    https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/30/les-amours-tourmentees-dhortense/

    Retrouvez toute l’actualité de Nathalie Brunal sur :
    http://www.facebook.com/nathalie.brunal
    Instagram: @nathaliebrunal
    Twitter @NathalieBrunal

    Émotion, Drame, Sciences, Suspense, Thriller psychologique

    Chaîne de crimes

    de Chris Costantini
    Broché – Grand livre, 22 janvier 2026
    Éditeur : Istya & Cie

    À New York, un meurtre réveille les ombres d’un crime jamais élucidé, et entraîne un détective hanté dans un face-à-face vertigineux avec la mémoire, le pouvoir et la science.

    New York, 10 juillet. Samantha, meilleure amie de Thelonious Avogaddro, ex-détective du NYPD, est retrouvée assassinée. Le modus operandi et l’arme rappellent étrangement le meurtre de Laura, la sœur de Thelonius, survenu exactement cinquante ans plus tôt, le même jour.​

    Décidé à ne pas laisser l’affaire lui échapper, Thelonious choisit de “doubler” l’équipe officielle du NYPD, trop exposée face à la notoriété de Samantha, figure respectée du monde politique et social new-yorkais. Il rouvre alors le cold case de sa sœur, mobilisant d’anciens indics, quelques journalistes spécialisés et son expérience d’enquêteur.​

    Peu à peu, l’investigation le replonge dans un New York qu’il connaît trop bien : ingérences mafieuses, entrepreneurs immobiliers sans scrupules, luttes de pouvoir locales, mais aussi passé trouble et activisme féministe de sa sœur.​

    À la frontière entre tradition et modernité, Thelonious s’ouvre aux outils d’intelligence artificielle, sans jamais renier son instinct et sa connaissance intime des ressorts de l’âme humaine. Jusqu’à ce qu’il découvre le “microchimérisme”, phénomène biologique alors confidentiel, qui remet en cause la fiabilité absolue de l’ADN et bouleverse la quête de vérité.

    Je découvre un nouvel auteur avec Chaîne de crimes de Chris Costantini, un polar qui m’a immédiatement happé par une intrigue vraiment singulière. Dès les premières pages, je me suis retrouvé plongé dans une enquête où la police scientifique ne se limite plus à l’ADN. Comportementalisme, intelligence artificielle et même chimérisme viennent bousculer les certitudes. Autant dire que ma curiosité a été piquée très vite.

    Tout commence par un assassinat à New York. Rapidement, l’affaire prend une tournure intime pour Thelonius Avvogado, ancien enquêteur du NYPD, lorsqu’un lien apparaît avec le meurtre non résolu de sa propre sœur, survenu des décennies plus tôt. J’ai particulièrement aimé la construction du récit, qui navigue entre deux époques et fait dialoguer passé et présent avec beaucoup d’efficacité.

    Au fil des pages, j’ai eu l’impression de traverser une ville pleine de contrastes. New York se dévoile dans ses zones d’ombre, entre coulisses du pouvoir, arrangements douteux et argent qui circule dans les marges. Thelonius n’est pas un héros au sens classique. C’est un homme lucide, marqué par ses blessures, dont la sensibilité et l’acuité donnent une vraie profondeur à l’histoire. Sa manière d’observer, de ressentir avant d’agir m’a touché. Et puis il y a le jazz, omniprésent, presque comme une bande-son intérieure qui a accompagné ma lecture et donné au récit une atmosphère particulière.

    Ce qui m’a le plus surpris reste la dimension scientifique du roman. Elle est très présente, parfois déroutante, et m’a amené à remettre en question des certitudes que je pensais solides. J’ai découvert des notions que je ne connaissais pas du tout et je me suis même retrouvé à faire des recherches en parallèle de ma lecture. À partir de là, impossible de décrocher, la fiction semblait rejoindre la réalité.

    Chris va droit au but, en maintenant une tension constante, distillant des rebondissements efficaces jusqu’au dénouement. Les personnages sont travaillés, la psychologie fine, et l’ensemble s’inscrit clairement dans la tradition du polar américain tout en l’actualisant avec intelligence. Il explore avec justesse les thèmes de l’obsession, de la mémoire et des zones grises de chacun.

    Une lecture que je recommande sans hésiter.
    Et un grand merci à Annelyse Geneix pour cette belle proposition de découverte.

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    Extraits :

    « Ce devait être un magnifique 10 juillet aux dires des météorologistes. Pourtant des nuages menaçants s’amoncelaient au-dessus de Manhattan. C’était souvent le cas lorsqu’un vent frais venu des Appalaches se fracassait sur les courants plus chauds en provenance du golfe du Mexique. »

    « – C’est devenu une affaire personnelle tu comprends.
    Il ne dit rien mais il me connaissait par cœur. Il savait ce qui allait suivre : que je pèserais mes mots, les martèlerais même comme une promesse que je me faisais à moi-même, qui m’engagerait jusqu’à la fin de l’enquête et même au-delà. »

    « – Il s’agirait d’une arme blanche, de coups de couteau, précisa Alex. Le premier a été fatal selon le légiste. Elle… elle n’a pas souffert. Nous avons cherché et vérifié tous les instruments tranchants, l’arme est introuvable.
    Le corps de Samantha était désormais caché dans une housse noire zippée, sanglé à deux endroits, prêt à être embarqué pour l’autopsie. »

    « Nous nous croisions aux repas et je mesurais à chaque fois l’abysse qui séparait nos deux générations. Une tectonique en mouvement. Il n’était plus question d’hommes et de femmes qui venaient de Mars ou de Vénus, mais bien de deux générations qui habitaient deux univers interstellaires très éloignés. »

    Christophe Bourgois-Costantini, qui écrit également sous le nom de Chris Costantini, est né le 14 juin 1960 à Libreville, au Gabon. Il passe son enfance en Afrique entre le Mali et le Niger, fait ses études secondaires au collège Stanislas à Paris.
    Père de quatre enfants, il est écrivain, entrepreneur, et conférencier.

    Il est l’auteur de plusieurs romans policiers.
    2009 : La Note noire,
    2011 : À pas comptés,
    2013 : Lames de fond,
    2014 : Il n’est jamais trop tard,
    2021 : Vazco,
    2026 : Chaîne de crimes, qui poursuit la saga de Thelonious Avogaddro. Avec son héros, il partage sa passion de New York, du jazz, et sa connaissance des sciences comportementales, dans des intrigues à rebondissements et qui lui ont valu le surnom de « Bashung du Polar » par Le Point.

    Il obtient le prix du premier roman du Festival international du film policier de Beaune pour La Note noire, le prix du Centaure noir pour Lames de fond, deux places de finaliste au prix du Polar francophone pour La Note noire et Lames de fond et une place de finaliste au prix de la Plume de cristal pour À pas comptés.

    Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène

    La famille Martin

    de David Foenkinos
    Poche – 6 janvier 2022
    Éditeur : Folio

    « C’est ainsi que les choses ont commencé. Je me suis vraiment dit : tu descends dans la rue, tu abordes la première personne que tu vois, et elle sera le sujet de ton livre. »

    En mal d’inspiration, un écrivain renommé laisse le hasard lui dicter le sujet de son nouveau roman. Il fait ainsi la rencontre des membres de la famille Martin, dont chacun espère devenir un personnage du livre. Mais la présence de l’écrivain dans leur quotidien perturbe le cours des choses. Lui qui s’imaginait maître du jeu se retrouve empêtré dans les fils qu’il croyait tirer…

    Un roman dans un roman. Quelle drôle d’idée !
    Un roman dans un roman, quelle belle idée…
    Et pourtant, il n’a fallu que quelques pages pour que je comprenne que David Foenkinos allait, une fois encore, m’embarquer sans me demander mon avis.

    Génie ou facilité ? J’hésite encore. Mais peu importe, au fond.
    C’est écrit avec une apparente simplicité, beaucoup d’humour, une vraie tendresse et cette capacité rare à toucher juste. Et puis, il faut oser. Et ça, Foenkinos sait le faire.

    Il est en panne d’inspiration sur son nouveau roman. C’est le trou noir, ou plutôt, la page blanche !
    Il a beau tourner toutes ses idées les plus farfelues dans sa tête, rien n’y fait, il est complètement bloqué, le néant créatif. Le vide intersidéral. Jusqu’au matin où une idée surgit. Et s’il laissait le hasard décider à sa place ?

    Il descend dans la rue et choisit la première personne qu’il croise. Bam ! Madeleine Tricot, quatre-vingts ans, sourire accroché au visage. Et avec elle, c’est toute la famille Martin qui débarque : Valérie, Patrick, Jérémie et Lola. Une famille ordinaire, donc forcément extraordinaire. Très vite, l’écrivain devient à la fois observateur et acteur, pris au piège de cette réalité bien plus riche que toutes ses fictions. Car la vie, quand on prend le temps de la regarder, dépasse largement les romans.

    J’ai adoré cette immersion au cœur d’une famille attachante, pleine de failles, de silences, de cris, de secrets, d’amours qui s’usent, d’enfants qui grandissent et de portes qui claquent. j’ai sourit souvent, été touché parfois, et me suis reconnu plus que je n’oserai l’avouer…

    Lu d’une traite, car il le méritait, et puis il est court autant en profiter.
    D’ailleurs oui, il est bien court, un peu trop court peut-être… Franchement, je serait bien rester un peu plus longtemps chez les Martin.

    Merci David, pour cette parenthèse simple, drôle et tellement humaine.

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « Je me suis approché, m’excusant de la déranger. Je m’étais exprimé avec la politesse mielleuse de ceux qui veulent vous vendre quelque chose. Elle a ralenti le pas, surprise sûrement d’être ainsi abordée. J’ai expliqué que j’habitais dans le quartier, que j’étais écrivain. Quand on arrête une personne qui marche, il faut aller à l’essentiel. On dit souvent que les personnes âgées sont méfiantes, mais elle m’a immédiatement adressé un grand sourire. »

    « Je lui ai proposé de l’attendre au café, au bout de la rue, mais elle a préféré que je l’accompagne. En me demandant de la suivre, elle m’offrait d’emblée sa confiance. À sa place, je n’aurais jamais laissé un écrivain entrer chez moi aussi facilement. Surtout un écrivain en manque d’inspiration. »

    « Si nous n’étions pas encore dans l’intime, notre discussion avait démarré avec une grande fluidité. Au bout de quelques minutes, nous avions tous deux, me semble-t-il, oublié le contexte de notre rencontre. Cela confirme une évidence: les gens aiment parler d’eux. Un être humain est un condensé d’auto-fiction. Je sentais Madeleine illuminée à l’idée que l’on puisse s’intéresser à elle. »

    « Je suis souvent surpris de constater à quel point les lecteurs se retrouvent dans les romans, y compris ceux dont les intrigues sont les plus dérangeantes. On traque partout les reflets de notre intimité. »

    « Les années passaient et quelque chose lui échappait. Nous avions à peu près le même âge. On pouvait se comprendre. Quand la cinquantaine arrive, on est trop vieux pour être jeune. Mais on est encore un peu jeune pour être vieux. On navigue dans un entre-deux inconfortable. »

    Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Auteur de treize romans traduits en quarante langues, il a notamment publié aux Éditions Gallimard Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse, Les souvenirs et Je vais mieux. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

    La délicatesse (2016)
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/28/deux-soeurs/

    Je vais mieux (2018)
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/13/je-vais-mieux/

    Deux sœurs (2020)
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/28/deux-soeurs/

    Émotion, Bouffée d'oxygène, Humour

    Les Amours tourmentées d’Hortense

    de Nathalie Brunal
    Broché – 19 août 2024
    Éditeur : Auto-édition

    Vous souvenez-vous d’Hortense, cette maman solo qui supportait au quotidien son ado en pleine crise, son jeune ouistiti âgé de quatre ans et les idées farfelues de sa tante ?
    Nous l’avions quittée alors que le bonheur frappait à sa porte. Nous la retrouvons quelques années plus tard alors que sa vie est sans dessus-dessous. Amour, enfants, crise de la quarantaine… Hortense est confrontée à une nouvelle étape de son existence et y faire face ne se fera pas sans mal. Avec humour et passion, elle s’emploie à agir pour le mieux afin que chacun trouve sa place et s’épanouisse et ce, malgré quelques dérapages.
    Et quand Martha, la tata brut de décoffrage ajoute son grain de sel, tout dérape une fois de plus…

    En refermant ma précédente lecture, je savais déjà laquelle suivrait, Les amours tourmentées d’Hortense. Normalement, je laisse toujours respirer un peu mes émotions entre deux tomes… mais là, aucune discipline, j’ai replongé avec Hortense sans délai. Oui, j’assume, faiblesse littéraire totale.

    Et quel bonheur de retrouver la plume pétillante de Nathalie Brunal !
    Le roman est un véritable remontant sans ordonnance.

    Quelques années ont passé et je retrouve Hortense promue maman d’une petite Lylia. Pour l’identité du père, motus et bouche cousue, il faudra lire. Oui, je sais, je suis cruel.

    En revanche, j’apprends que Madame est divorcée. Encore. Oui, encore.
    À ce stade, ce n’est plus une situation matrimoniale, c’est une collection.

    Et comme si cela ne suffisait pas, Max, le fils aîné, annonce son mariage avec Margot. Je n’étais déjà pas prêt. Mais en plus, ils attendent un enfant ! J’ai vérifié, je n’avais pourtant rien bu !!!

    Je me suis dit, ça y est, on atteint le calme après la tempête.
    Grave erreur. Les tribulations continuent, et elles ont visiblement pris des vitamines.
    Le mariage ? Une fresque du chaos. Un feu d’artifice de catastrophes. Une performance artistique du désastre. J’ai ri, mais ri, à voix haute. Le genre de rire qui fait lever les yeux de mes voisins dans le train. Tant pis pour eux !

    On retrouve toute la joyeuse troupe, la tata toujours aussi déjantée, Bogoss, Joris, Margot, la petite Lylia, et Jocelyne, une belle-mère qui mérite à elle seule un spin-off horrifique.

    Alors, ça se dispute, ça s’aime, ça se trompe, ça regrette, ça crie fort et ça mange toujours d’excellents gâteaux. L’équilibre nutritionnel est discutable, mais l’équilibre comique lui, est parfait.

    J’ai encore une fois dévoré le roman.
    C’est fou, tendre, absurde par moments, mais toujours terriblement humain.
    Une véritable bouffée d’oxygène version montagnes russes.

    Mon conseil. Commencez par Les Tribulations d’Hortense, sinon vous allez entrer dans la fête sans savoir qui a cassé la sono.

    Merci Nathalie…

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « Ma fille se retourne vers moi et m’adresse un signe de la main. Je lui envoie un baiser du bout des doigts en retenant une larme. Marc la tient fermement et elle ne risque pas de s’échapper vers moi. En même temps, c’est la semaine où elle réside chez lui alors je n’ai pas mon mot à dire. Lylia a six ans. Les années ont filé sans nous demander l’autorisation. Joris a onze ans et saute à pieds joints dans la pré-adolescence. Je suppose vu l’éclatement de la cellule familiale qu’il va m’en faire ba-ver. D’ailleurs, il se matérialise à mes côtés en pestant. »

    « – Bon, ben quand il faut y aller…
    Il me donne l’impression de monter à l’échafaud alors que cette journée sera marquée à jamais dans son esprit. Mon cœur se serre à l’idée qu’il commette la plus grosse bêtise de son existence. Suis-je responsable de sa tristesse ? De toute façon, notre vie a volé en éclats et j’ai mis une sacrée pagaille. »

    « Ah, flûte, j’ai encore oublié de me présenter. Certains me connaissent déjà. Mais si, rappelez-vous ! Hortense ! Celle peu douée pour l’amour qui a vécu le meilleur et surtout le pire lorsque sa tante s’est mise en tête de lui trouver le prince charmant. Cela vous revient en mémoire ?
    Ah, cette chère Martha… Que ferais-je sans elle ? À l’évidence, ma vie serait un long fleuve tranquille, quoique à moi toute seule, j’ai mis sens dessus dessous ce qui avait été bâti avec amour. »

    « Alors que la clochette tintait joyeusement et annonçait l’arrivée d’un client, je me retournai et restai sans voix devant l’homme qui se présentait à moi. Comment vous le décrire afin que vous vous fassiez une idée…? Il était telles les gourmandises que nous vendions c’est-à-dire à croquer et à tomber. Je m’offusquais immédiatement de penser cela. Ce n’était pas dans mes habitudes de reluquer la clientèle et j’étais une femme mariée et fidèle. Enfin, en apparence.
    — Bonjour, belle demoiselle ! s’exclama-t-il en me souriant.
    Je déglutis, incapable de prononcer le moindre mot. »

    « Étienne court dernière les jumeaux qui zigzaguent entre les invités et s’en donnent à cœur joie. Ces vilains garnements n’ont pas changé et ils risquent de nous donner du fil à retordre. Ils t’ont reçu aucune éducation et n’en font qu’à leur tête.
    Ce n’est pas leur faute s’ils sont ainsi. Un enfant a besoin d’interdits, de barrières et de règles pour bien granidr Les laisser libres de leur choix si jeunes ne peut que les pousser à commettre des bêtises pour attirer l’attention de leurs parents. D’ailleurs, c’est ce qu’ils font pour que leur greluche de mère s’intéresse à eux. Elle est en pleine conversation avec Jocelyne. Le regard noir qu’elle dirige vers moi me laisse à penser que je suis le sujet de leur conversation. »

    Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. « Dévoreuse » de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le « feel-good » tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017. Une tragique fête des fraises est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes « Le défile des glaces » « Un bouquet sans mariée» « L’Hydromel Hindou » et « D’une pierre… Deux coups ». Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.

    Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “vacances en terre inconnue« , sourire garanti en leur compagnie.

    N’hésitez pas à vous procurer Les tribulations d’Hortense. Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata  » brut de décoffrage « . D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans Les Amours tourmentées d’Hortense et Le Noël explosif d’Hortense. Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. Le coup de théâtre d’Hortense vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.

    « Quand Cupidon s’en est mêlé… » , une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.

    Un Noël saupoudré d’espoir (2020)
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/12/24/un-noel-saupoudre-despoir/

    Le défi d’Apolline (2020)
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/06/09/le-defi-dapolline/

    Apolline, Un avenir incertain (2021)
    https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/20/apolline-un-avenir-incertain/

    Les Tribulations d’Hortense (2024)
    https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/28/les-tribulations-dhortense/

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