Émotion, Histoire vraie, Philosophique, Témoignage

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

de Haruki Murakami
Poche – 17 février 2011
Éditeur : 10 X 18

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De la course à l’écriture, il n’y a qu’une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s’astreindre à une discipline d’écrivain, l’auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.

“Un traité de sagesse à la japonaise, et c’est aussi la source cachée
de l’œuvre de Murakami, l’homme aux semelles de vent
qui dévore les mots et le bitume avec la même fringale.”
André Clavel, L’Express

Traduit du japonais par Hélène Morita

 

• Couv_2023-103_Murakami Haruki - Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

Avec “Autoportrait de l’auteur en coureur de fond”, je découvre Murakami, un auteur culte au Japon et pas seulement, puisqu’il a été traduit dans une trentaine de langues.

Je me dois d’être honnête.
Cet essai autobiographique risque d’ennuyer plus d’un lecteur. Le livre s’adresse vraiment aux coureurs qui ont ce besoin personnel d’aller au-delà de soi. Pendant des années, j’ai couru à raison de cinq à six fois par semaines entre cinq et dix kilomètres, parfois beaucoup plus, en fonction de l’heure à laquelle je devais me rendre à mon travail. Ça a toujours été une véritable passion, une introspection personnelle qui me permettait d’aller toujours plus loin. Le plaisir du dépassement de soi, en participant même à quelques marathons.

Murakami, l’explique très bien. Il nous parle de ses sensations ressenties hiver comme été, tout au long de l’année. À aucun moment, il ne conseille, ou incite le lecteur à courir. La course à pied est un chemin très personnel. J’ai passé des heures et des heures, seul, tantôt sous le soleil, parfois sous la pluie. C’est un choix. Un geste si simple, à la portée de tous !
Chaussures de course aux pieds, ma musique dans les oreilles et c’était parti !
Je n’avais jamais vraiment fait attention à la démarche philosophique que la course à pied impliquait… C’était naturel pour moi, et ce, depuis très jeune. Ce sport en “solitaire” me convenait très bien. Grâce à Haruki Murakami, maintenant, je sais pourquoi. Je comprends aussi qu’elles ont été les conséquences pour ma vie professionnelle et personnelle.
Durant les courses à pieds, le seul adversaire que l’on doit vaincre, c’est soi. La course est pénible physiquement et parfois même moralement, mais c’est précisément la souffrance que nous cherchons à dépasser qui nous confère le sentiment d’être véritablement heureux, véritablement vivants.

Puis l’auteur révèle finalement les liens qui existent entre l’écriture et le sport, particulièrement les sports solitaires. Ce que Murakami a vécu, il parvient à nous le faire partager à travers des mots simples et des anecdotes d’une grande justesse. Finalement, ce récit dépasse de très loin le cadre qu’il s’était imparti. Il y a dans ce livre une philosophie de la vie fondée sur l’effort, la volonté, la persévérance, débouchant sur l’immensité du possible humain…

Un très grand Merci à Chris Loseus pour cette très belle idée de lecture, qui a encore ouvert quelques brèches supplémentaires dans mon esprit, et m’a donné envie de découvrir ce “nouvel” auteur.

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Extraits :

« “Courez chaque jour et vous garderez la forme !”
Ce que j’ai voulu faire, au contraire, c’est exposer mes pensées sur le sens que revêt pour moi, en tant qu’être humain, le fait de courir. Tout simplement m’interroger, chercher des réponses.
Selon Somerset Maugham, “il y a de la philosophie même quand on se rase”. Se raser a beau être parfaitement anodin, comme cette opération se répète quotidiennement, elle finit par se transformer en un acte qui tient de la méditation. »

« De nombreuses raisons expliquent le fait qu’à certaines époques de ma vie, j’ai cessé de courir “sérieusement”. Tout d’abord, j’ai été de plus en plus occupé par mon travail, et le temps libre est devenu une sorte d’extra. »

« Noter tout ceci par écrit paraîtra un peu idiot pour quelqu’un de mon âge, mais je veux m’assurer que je rends compte des faits très clairement : je suis le genre d’homme qui aime faire les choses – quoi que ce soit – tout seul. Et pour être encore plus direct, je dirai que je suis le genre d’homme qui ne trouve pas pénible d’être seul. Je n’estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d’être installé seul à ma table quatre ou cinq heures durant. J’ai toujours eu cette inclination depuis ma jeunesse : lorsque j’avais le choix, je préférais invariablement lire des livres seul ou bien me concentrer à écouter de la musique plutôt que d’être en compagnie de quelqu’un d’autre. J’étais toujours apte à penser à des choses à faire quand j’étais seul. »

« Et un jour, j’ai eu envie de m’élancer sur la route. Simplement parce que j’en avais envie. Depuis toujours, j’agis selon mes désirs profonds. On a beau vouloir m’arrêter ou me persuader que je me trompe, je ne dévie pas. Comment un homme comme moi pourrait accepter d’être dirigé par qui que ce soit ? »

 

Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kōbe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda, avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974.

Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront : La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse et L’éléphant s’évapore.

Exilé en Grèce en 1988, en Italie puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l’oiseau à ressort et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kōbe, Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (livres 1,2 et 3). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication d’Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, ses deux premiers romans inédits. Le Meurtre du Commandeur (livres 1 et 2) est son dernier roman paru.

Émotion, Histoire, Histoire vraie

Tous les chemins mènent à Chamonix

Réflexions, impressions et anecdotes des confins du monde au pays du Mont-Blanc
de Annette Rossi
Broché – 14 juin 2023
Éditeur : Éditions Encre rouge

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Annette Rossi, fidèle à sa passion pour les grands espaces, tisse subtilement la toile de ses chroniques de grande voyageuse. Que des coups de cœur égrenés comme des points lumineux sur la carte du monde.
D’un ton vif, souvent tendre et parfois gentiment ironique, cette native des Pays-Bas nous livre ses réflexions et ses réminiscences sur la vallée du Mont-Blanc. En parallèle, elle nous fait découvrir d’autres sites, montagneux ou pas, riches en légendes, baignés d’autres atmosphères, suscitant d’autres émotions.
L’Himalaya, les Carpates, le Taurus, les Rocheuses, le Tian Shan, le Caucase, l’Elbourz, les Andes, les Scandes, mais aussi le Japon, la Chine, l’Éthiopie, l’Arabie, l’Islande, l’Écosse, la Bosnie, Cuba… Quel lien avec Chamonix ? L’auteure vous le dévoilera.
Son mari Philippe, complice de ses pérégrinations, est assurément un inspirateur très avisé. Né à Chamonix, il a tôt compris le sens du mot paradis. Quel plus bel étalon de valeur en filigrane de chacune des chroniques d’Annette Rossi !
Tous les chemins mènent à Chamonix n’est pas un livre DE Chamonix ni SUR Chamonix. Si c’est un puissant hommage à la vallée de Chamonix et son extraordinaire résonance dans le monde, il démontre surtout l’incroyable impact des hautes cimes sur l’esprit humain.

Annette Rossi est aussi l’auteure de la série Tapis magique, une initiation au voyage dans des contrées peu ou mal explorées et du roman en trois tomes ALEXANDRE, une aventure historico-romanesque à la découverte du tombeau disparu d’Alexandre le Grand : Le pacte de Babylone, La malédiction de Tamerlan, L’horizon d’Aton.

 

• Couv_2023-088_Rossi Annette - Tous les chemins mènent à Chamonix

 

Avec Tous les chemins mènent à Chamonix, je m’attendais à quelques belles balades sur des pentes enneigées et ensoleillées près du Mont-Blanc et de ses environs. Je m’attendais aussi à un peu d’Histoire de la région, les premiers guides de montagnes, l’évolution de la région dans le temps, voire peut-être un passage sur les Jeux olympiques d’hiver de 1924 !
J’avais vraiment hâte de le commencer…

Très vite, lorsque j’ai commencé à le lire, je me suis rendu compte que je m’étais complètement fourvoyé !

Je m’attendais à des balades, Annette Rossi nous offre des voyages ! Que dis-je, non pas des voyages… ce sont des périples magnifiques, des aventures merveilleuses à travers le monde entier. La Mésopotamie, la Turquie, l’Arménie, l’Himalaya bien sûr, les Carpates, la Norvège, les Rocheuses, les Andes, le Japon, la Chine et bien d’autres encore…

Chaque chapitre sera un voyage magnifique, leçons de vie, leçons d’Histoire agrémentées de photos vraiment incroyables prises pour la plupart, par Philippe Rossi, le conjoint d’Annette. Rien qu’avec les photos, j’ai passé plusieurs heures à les regarder, examiner les détails, les admirer.

Le travail accompli par Annette est titanesque, il se déroule sur plusieurs années. Et non-contente de cela, chaque chapitre commence par une petite poésie, juste quelques lignes écrites par Annette elle-même. Un nouveau talent que je ne lui connaissais pas !

Un ouvrage d’une qualité exceptionnelle, qui m’a transporté dans des lieux magnifiques à travers le temps, de très beaux voyages qui marqueront mon esprit, impossible d’en être autrement.
Quelles surprises nous réservera-t-elle pour son prochain livre ?

Dans tous les cas, on ne peut pas, ne pas avoir envie de voyager, une fois la dernière page tournée !

Merci Annette, merci Philippe, merci Blandine…

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Extraits :

« Le jour où on me proposa d’écrire une série de chroniques sur Chamonix, je fus surprise et flattée, mais aussi un tantinet paniquée. Que raconter qui pourrait intéresser les amoureux de la vallée de Chamonix et ses merveilleuses montagnes qui n’ait déjà été dit, écrit, montré… des milliers de fois ?
Comment pourrais-je captiver l’attention de lecteurs, moi, une fille issue du plat pays ? Pas le plat pays de Jacques Brel, non, le mien, bien plus plat encore : les Pays-Bas. Non seulement plat, mais aussi bas, plus bas que le niveau de la mer. »

« Nous remontons. De l’obscurité, nous aboutissons à la lumière. Le soleil fait une timide apparition et l’intérieur de l’église baigne dans une éblouissante lueur blanchâtre qui se déverse par les fenêtres. Nous remercions père et fils. Le garçon récupère les bougies, mais refuse quelques pièces que nous mettons dans la boîte à donation.
Nous quittons l’église. Ils nous raccompagnent. Nous traversons la cour piétinant les hautes herbes. Père et fils nous suivent en silence. Nous passons sous le porche. Nous les remercions encore, prenons congé, et les saluons à la manière orientale, la main droite sur le cœur, tête inclinée. Ils font de même. Un regard profond de bienveillance. Pas une parole n’a été prononcée. Instants solennels. Nous longeons les murailles, ils nous suivent. Nous montons dans la voiture. Ils sont là, nous observent, nous regardent partir. »

« Du Tibet à la Russie, de la Chine à l’Inde, légendes et textes sacrés mentionnent l’existence d’un royaume parfait enclavé dans les contreforts himalayens. Un royaume dissimulé dans une vallée d’une grande beauté et ceinturée de montagnes enneigées…
La cité de Shambhala, du sanskrit « lieu du bonheur paisible », est le pays des immortels, des hommes et des femmes d’une grande sagesse. C’est un lieu mystérieux, centre exceptionnel de spiritualité, un sanctuaire mystique dirigé par un roi-prêtre, artisan du cataclysme qui viendra chasser les forces obscures et sauver l’humanité afin d’établir un âge d’or. Il est également le grand justicier qui, sur son cheval blanc, à la tête de son armée invincible, viendra restaurer le dharma, l’ordre du monde. »

« La vallée de Chamonix est un paradis pour les amoureux de la nature, lit-on souvent dans les brochures touristiques. Si la phrase semble banale, le lieu, lui, ne l’est pas.
Encerclé de majestueuses montagnes drapées de neige d’un blanc virginal ou boisé de forêts féériques selon la saison, habité par une riche faune et couvert de millions de fleurs multicolores, ce lieu est exceptionnel. Un paradis, certes ! »

 

Annette Rossi, originaire des Pays Bas et ayant adopté Chamonix comme terre de prédilection, est aussi l’autrice du roman en trois tomes ALEXANDRE, une aventure historico-romanesque à la découverte du tombeau disparu d’Alexandre le Grand : Le pacte de Babylone, La malédiction de Tamerlan, L’horizon d’Aton, une expérience des plus inspirées qui prouve, s’il en est besoin, son talent et son inépuisable imagination.

La réalisation de cet ouvrage est une consécration qui sans aucun doute saura séduire tous les amateurs de voyages.

Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Les parapluies d’Erik Satie

de Stéphanie Kalfon
Poche – 11 octobre 2018
Éditions : Folio

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“La folie n’est pas du côté de l’extravagance, elle est du côté de la normalité. Les gens seuls, les déviants, les étranges, les bizarres, ne sont que la doublure honnête des photocopies carbone qui représentent la masse des vivants. Ceux qui marchent sur la tête, les vrais fous, sont ceux qui n’ont jamais besoin d’air.” Le génie ou l’imposture, telle est l’ambiguïté qui a condamné Satie à la solitude. Désireux de ne jamais dévoiler ses fragilités, le compositeur a caché toute sa vie la tristesse qui le dévorait. Dans un texte aussi habité que fantaisiste, Stéphanie Kalfon la laisse résonner.

 

• Couv_2023-055_Kalfon Stéphanie - Les parapluies d'Erik Satie

 

Je connaissais Erik Satie, le musicien hors norme, mais je ne connaissais pas l’homme.

Stéphanie Kalfon, lui offre un superbe hommage et me permet de découvrir l’enfant qu’il était et l’homme qu’il voulait être. Aîné de sa famille, il a à peine quatre ans quand sa mère s’effondre après la mort subite de sa petite sœur encore bébé. La perte de sa maman sera un coup dur pour Erik en pleine construction. Il est intelligent, mais ne se mêle jamais aux autres, qu’ils soient, enfants ou adultes, il reste un solitaire. Il observe le rythme de la vie des gens. Très vite, il s’intéressera à la musique et il est doué pour ça. Son génie en la matière fera de lui un artiste précurseur, un visionnaire, musicien minimaliste et mélancolique, mais un incompris parmi les musiciens qui l’entourent.

Ce n’est pas une biographie, plutôt une fiction qui autorise dès lors Stéphanie à entrer dans la tête du musicien, à lui donner la parole et la vie, et quelle vie. Une vie où solitude, mélancolie et alcoolisme se ressentent à travers chaque phrase. Un homme perdu, dépressif presque toute sa vie, en avance sur son temps sûrement, qui brûle de créer sa musique, de la partager et de la faire entendre, mais le monde n’a pas le temps de s’arrêter, n’a pas le temps de l’écouter. Le nouveau monde va trop vite, il suit l’industrialisation de l’époque bruyante, masquant le tempo lent et intense de ses compositions, jusqu’à l’intérieur de son esprit de plus en plus fragile.

Artiste maudit et miséreux, Erik Satie était un homme libre qui refusa toutes concessions allant à l’encontre de la liberté.

Ma lecture accompagnée de sa musique, plus que présente dans mes playlists, m’a porté tout le long du récit au style fluide et puissant de l’auteure, elle porte gracieusement l’histoire par ses mots choisis, étonnants parfois, poétiques souvent, mais aussi par de nombreuses citations du compositeur… Stéphanie ouvre la porte d’un univers sombre et étouffant qui m’a paru vraiment en adéquation avec le personnage qu’il fût.

Un livre fort et prenant, qui fera découvrir le génie de Satie pour certains, l’homme incompris qu’il était pour les autres. Un roman qui a sa place dans toutes les belles bibliothèques !

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Extraits :

« On n’envie jamais les gens tristes. On les remarque. On s’assied loin, ravi de mesurer les kilomètres d’immunité qui nous tiennent à l’abri les uns des autres. Les gens tristes sourient souvent, possible oui, possible. Ils portent en eux une musique inutile. Et leur silence. Vous frôle comme un rire qui s’éloigne. Les gens tristes passent. Pudiques. S’en vont, reviennent. Ils se forcent à sortir, discrets faiseurs d’été… Partout, c’est l’hiver. Ils ne s’apitoient pas : ils s’absentent. Ils disparaissent poliment de la vue. »

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. Un lieu pour soi, à soi, qui nous dit l’état de son âme. Et qui a fait sa légende. Lorsque ses amis ont ouvert la porte de cette chambre, le jour de sa mort, ils ne s’en sont pas remis. Ils ont manqué d’air. »

« Il sourit lointain, on ne sait pas ce qu’il pense, pire, on le devine bien trop… L’élève Satie crée un malaise : jadis, il fut un enfant impressionnable, à dix-sept ans, il est devenu un adolescent impressionnant. Sa timidité prise pour de la hauteur. Dans ses yeux, ses opinions précises clignotent comme des panneaux publicitaires. Ce qu’il pensera trente ans plus tard, il le pense déjà, inflexible et intransigeant. »

« La seule chose qui compte désormais, pour Erik, c’est l’instant pétrifié. L’immobilité de la forme. La clarté d’un espace en apesanteur. Une musique qui s’écoule, d’accord, mais émouvante et distante. Un rythme si lent qu’on pourrait craindre qu’il s’arrête, un, rien, un souffle, un rien. Du bout de la pensée, il tâtonne, il cherche les notes immobiles. Alors qu’autour de lui, quelque chose de nouveau commence : un changement de rythme, un changement perpétuel. »

« Paris change et Paris demeure. L’homme moderne voyage dans les airs, utilise l’électricité, roule en automobile, s’amuse au cinéma, écoute le gramophone et découvre l’inconscient. Les bruits de la ville ont changé. De nouveaux sons apparaissent, plus mobiles, plus industriels. L’espace s’est décomposé en petits cubes cubistes. On fabrique des sons nouveaux, parce qu’on fabrique des objets nouveaux : avions, moteurs électriques, pneus. Le temps cesse d’être unique. »

 

Née en 1979, Stéphanie Kalfon a commencé par les classes préparatoires littéraires et des études de philosophie avant de devenir réalisatrice et scénariste. Lauréate de la bourse Lagardère dans la catégorie Scénariste TV, elle a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon, diffusée sur Arte, et réalisé le film Super triste avec Emma de Causes et Philippe Rebbot.
En 2017, elle publie son premier roman, Les parapluies d’Erik Satie, qui a été très remarqué par la critique.
Elle publie Attendre un fantôme, en 2019;
et Un jour, ma fille a disparu dans la nuit de mon cerveau, en 2023.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/23/un-jour-ma-fille-a-disparu-dans-la-nuit-de-mon-cerveau/

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Une vie de flic

de Éric OLIVA
Broché – 11 septembre 2019
Éditions : City Éditions

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Éric est flic depuis le début des années 1990. Il a d’abord exercé en Seine-Saint-Denis, le département de tous les excès, puis dans le Sud de la France. En trente ans de carrière, il a enquêté sur toutes sortes d’affaires et croisé des meurtriers, voyous, professionnels de l’arnaque, petits drogués et grands trafiquants.

Dans ce livre sans tabou, il dévoile l’envers du décor et les moments qui ont marqué sa vie de policier. Les interventions musclées où l’on risque sa vie, les planques interminables, les indics qui flirtent avec l’illégalité, les interrogatoires, le suicide de collègues, les arrestations…

Avec beaucoup de passion, il raconte ce métier souvent injustement décrié. Loin de l’image du « fonctionnaire » de police, on découvre qu’être flic c’est d’abord respecter les valeurs de courage, dévouement et intégrité. Un témoignage-vérité sur une véritable vocation au service des autres.

30 ANS DANS LA POLICE :
UN TÉMOIGNAGE UNIQUE.

 

• Couv_2023-53_Oliva Eric - Une vie de flic

 

Qui n’a jamais eu à faire avec un “flic” un jour ?
Et qu’est-ce qu’un “Flic” ?

J’ai eu la chance (ou pas, d’ailleurs, il faudrait que je leurs pose la question ! 😂) d’avoir régulièrement des policiers de tout grade dans mon entourage. Dans ma famille, certains voisins, des amis aussi…
Lorsque j’étais enfant, jamais je n’aurai osé appeler “flics” les amis de mon père qui venaient régulièrement à la maison…
La lecture captivante et très réaliste, proposée par Éric m’a fait comprendre que le mot “flic” n’était pas forcément une insulte en fonction de la personne qui le prononçait et au contraire, je pense qu’Éric l’accepte avec fierté.

Alors va pour le mot flic.
Flic, qui malheureusement de plus en plus est décrié, bafoué, insulté, caillassé…
Alors qu’il ne compte pas ses heures, en encaissant au quotidien les difficultés que l’on peut difficilement imaginer.

Avec beaucoup de pudeur Éric nous raconte sa vie, son quotidien, essentiel pour notre bien à tous, même si souvent, nous avons tendance à l’oublier. Ce sont “les gardiens de notre paix“, sans eux où serions nous ?

Une vie de flic n’est pas un roman.
C’est une succession de quinze histoires vraies, d’anecdotes vécues par l’auteur dans son quotidien… Attention, pas de héros sortis tout droit d’une série B, ou d’un film, ici les flics, sont avant tout des êtres humains.

Éric nous raconte son récit, une vie de labeur, une vie d’émotions aussi, de doute parfois, d’amour et d’entreaide souvent, nous rappelant qu’il n’est pas une machine et que c’est avec ce quotidien pesant et souvent ingrat qu’il doit se construire au jour le jour… Certains passages m’ont retourné l’estomac alors que d’autres m’ont fait esquisser un sourire. Il égratigne aussi, sans méchanceté aucune, mais avec un réel constat sur la “bureaucratie” et certaines réflexions bien menées, qui leur lie les mains et qui défait régulièrement ce que les policiers ont mit tant de mal à mettre en place.
Et malgré son vécu, j’ai senti, ou “ressenti” de la psychologie, de l’amour et beaucoup d’émotions envers toutes ces personnes qui gravitent autour de lui quelle que soient leurs conditions sociales…

Alors, merci Éric, j’ai aimé le rendu que tu nous donnes de la police, ta police, celle de tous les jours.
J’ai aimé ton écriture simple et touchante où à aucun moment, je ne me suis ennuyé, d’ailleurs le bêtisier final est une fin idéale pour ouvrir une soupape nécessaire, suite à certains passages particulièrement forts de ta vie.

Il me tarde de te rencontrer, il me tarde de pouvoir discuter avec toi…

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Extraits :

« Peu de gens sont en mesure de comprendre ce qu’est véritablement la vie d’un flic. Ce qu’il côtoie à longueur de journée, ce qu’il ressent est ce à quoi il est confronté tout au long de sa carrière. Lorsque l’on n’a pas vécu certaines situations de l’intérieur, on ne peut que se contenter de les imaginer, se les figurer, mais sans ne jamais avoir aucune certitude. On ne connaît vraiment leurs vérités crues que si l’on touche chaque image du doigt.
Leur carrière pourrait, par certaines facettes, être assimilé à celle d’un pompier d’un médecin urgentiste. Ces hommes qui sont là pour porter secours, sauver des vies, parfois au péril de la leur. Pourtant, rien n’y ressemble.
Une divergence, mais de taille, fait toute la différence. L’homme symbolise, par le biais de son uniforme, le revers de la médaille. Il est aussi celui qui sanctionne. Tout le monde en est conscient, un flic n’est apprécié que quand on a besoin de lui. Dans le cas contraire, lorsqu’il prévient le désordre, il devient, aux yeux d’une certaine caste de la population, un paria, l’empêcheur de tourner en rond, le connard de poulet. Ne vous y trompez pas, les lois ne sont pas faites par les flics, leur job est seulement de les faire appliquer, souvent avec discernement. »

« Il y a des gens qui, durant toute leur existence, n’auront aucun statut. Des personnes paisibles, des inconnus. Ceux pour qui la vie n’est qu’un simple passage sur cette terre. Ils feront leur petit bonhomme de chemin sans remous, en sachant qu’ils n’y laisseront aucune trace, seulement une vie remplie de bonheurs simples, des études, un travail, de l’amour, une famille, des enfants. Un tas de petites lueurs sans intérêt pour celles et ceux qui croiseront leur chemin, mais tellement essentiel pour eux. Une vie tranquille, pacifique. »

 

Je suis né à Casablanca en juillet 1967.

Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.

Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.

Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.

Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.

À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.

Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.

L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.

En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.

Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.

La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.

Fin février 2015, Chroniques d’une vie de flic voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.

Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)

Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.

Émotion, Drame, Folie, Histoire vraie, Noir

Je suis encore vivante, alors je parle.**

de Paloma
Broché – 5 avril 2023
Éditions : Maïa

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À force d’avoir regardé le film de ma vie vers ce qui m’a assassinée, vers l’irréparable, je me suis brûlé les yeux. Ce retour dans le temps m’a rappelé la promesse que je me suis faite depuis le jour où j’ai emprunté la plume, celle d’arracher de mes propres mains cette espèce de poignard qui me lacère le cœur depuis toujours. Après mon enfance dévastée par une sœur déphasée, ici, dans cette suite de ma vie, je fixe douloureusement ma jeunesse détruite après avoir dit « oui » pour le pire à celui qui a lâchement mis en avant sa bipolarité, pour que je trépasse avec lui. De mes deux premières vies, je ne me souviens que d’un champ de ruines. Pour avoir mené leurs stratégies fourbes, dangereuses, diaboliques, sans même qu’ils n’expriment aucun regret, ceux-là ne méritent plus aucun de mes égards, jamais. L’écrit de mes souvenirs ne saura me faire oublier que l’on m’a arraché le droit au bonheur, et rien ne s’effacera jamais de ma mémoire, car ma rancune est lourde de haine. Alors, tant que je serai vivante, je répondrai présente, je lèverai mon poing avec rage pour briser, pulvériser et même faire écrouer tous les genres de prédateurs pour qu’enfin justice soit rendue à tous ceux qui pleurent comme j’ai pleuré. J’ai versé assez d’encre sur mes pages, j’ai versé assez de larmes dans le vide pour laisser mes lignes dans l’oubli, voilà pourquoi j’ai écrit mon histoire tatouée à jamais dans mon cœur, mon unique revanche sur la vie.

 

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Il était une fois une petite fille qui aurait aimé être heureuse et profiter de la vie, mais malheureusement, la vie, sa famille et surtout sa sœur en avaient décidé autrement.
La petite Paloma a grandi, elle est devenue adulte, mais le sort continue à s’acharner sur elle…

Après un premier tome, très dur où Paloma se dévoilait sur son passé, c’est sa vie d’adulte maintenant qu’elle nous confie dans ce second volet.
J’aurais voulu croire que la seconde partie de sa vie aurait été plus sereine, mais rien n’a fonctionné comme elle le souhaitait.
Un mariage raté d’abord, qui va lui gâcher le début de sa nouvelle vie. Un mari inexistant, violant et alcoolique, avant d’être atteint par l’hépatite C et pour finir, il va perdre la tête menant une vie d’enfer à la pauvre Paloma. Heureusement, ses deux filles lui amèneront l’amour dont elle a besoin… dans cette histoire vraiment sombre et dramatique.

L’écriture de Paloma est très personnelle. Un besoin de se débarrasser de son vécu, d’alléger son esprit peut-être. Colère et tristesse m’ont régulièrement accompagné durant ma lecture. Mais comment a-t-elle fait ? Comment a-t-elle supporté tout cela ? Même si elle est une femme forte… C’est bouleversant et tellement souvent cruel.

Je n’irai pas plus loin, je laisse à Paloma le droit de vous confier à votre tour, ce livre déchirant qui ne pourra laisser personne insensible.

Merci Paloma, tu mérites aujourd’hui amplement ta vie heureuse, auprès de ceux que tu aimes et de ceux qui t’aiment…

Encore merci, Blandine pour cette seconde parenthèse si personnelle et tellement émouvante.

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Extraits :

« L’encre que j’ai versée sur mes pages à présent usées, les larmes incessantes, qui ont glissé sur mon visage me rappellent que j’en ai oublié jusqu’à ma propre existence. J’ai pourtant exigé à ma mémoire de tout effacer, mais il y a bien longtemps maintenant que je ne crois plus à cette sorte d’amnésie forcée, pour oublier… »

« Quelques mois s’écoulèrent et alors que je le croisais en voiture, il me proposa d’emblée de venir avec lui pour assister dans l’heure, qui suivait à la destruction de notre maison, je refusais. Entre ma mère et lui qui venait de se séparer, les anecdotes destructrices journalières de la saga familiale, et toutes les entraves que je devais affronter au quotidien, voir le fruit de leur labeur, de toute une vie voler en éclats en quelques minutes était au-dessus de mes forces. Peut-être aurais-je dû assister à ce triste événement, cela m’aurait aidée, qui sait, en ne voyant que mes mauvais souvenirs exploser sous mes yeux, mes chagrins auraient un peu disparu avec la maison. »

« L’amertume et la haine ne me laisse plus le choix entre garder le silence dans lequel je me suis murée depuis toujours et la rage de parler enfin. Alors, dans un souffle de lassitude et, au travers des mots qui ne seront pourtant jamais assez puissants pour arracher les empreintes qui ont marqué ce corps et cette tête témoins de tant de douleurs, qui ont détruit gratuitement mes rêves, je me pose comme une pierre, et je balance ici, tout ce qui m’a brisée. »

« Plus de regards en arrière, transformer les larmes au sourire et détruire les mauvais souvenirs pour survivre serait la meilleure résolution pour savourer ce que l’on appelle le bonheur.
Serais-je capable à la fin de transformer le courage qui me manque pour faire exploser cette rage qui sommeille en moi depuis si longtemps pour trouver enfin la paix ? »

Je suis encore vivante alors je parle.jpg

 

Tombée dans le terrible chaos de ses deux premières vies de souffrances et de tragédies qui l’ont brisée, Paloma a pendant de très longues années éprouvé le besoin de les conjurer avec des mots pour l’aider à survivre et à trouver un soupçon de paix. Elle souhaite réunir toutes ses forces pour crier au monde entier de ne jamais quitter un enfant des yeux, lui aussi est un être vivant, il est précieux, il est la suite de nous-mêmes. Au travers des pages de ce premier tome qu’elle a ouvert il y a bien longtemps, elle s’est exprimée à cœur ouvert, puis l’a refermé pour toujours.

Je suis encore vivante, alors je parle*
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/20/je-suis-encore-vivante-alors-je-parle/

La première vie de l’auteure, relatée dans le tome 1, lui rappelle l’horreur du souvenir d’une enfance meurtrie, perdue. Elle ne l’a pas oubliée, mais elle l’a laissée partir pour toujours. Ce tome 2 est l’empreinte de sa vie d’après, foudroyée, pulvérisée, qui accuse son face-à-face avec un drame effroyable dépassant l’entendement et qui s’est sauvagement transformé en une tragédie sortie tout droit du paranormal. L’auteure s’est jetée au-devant de tous les dangers jusqu’au péril de sa vie pour un être innommable, un maniaco-dépressif. Oui, pour lui, sans réfléchir aux conséquences et sans reproche aucun, elle a payé le prix de toute sa vie… pour rien. Elle a offert sa main à cet être au cœur percé et dépourvu de tous sentiments. Il l’a trahie, a entaillé sa vie et a tenté de l’enfoncer avec lui dans les abîmes de ses délires, mais sa folie, qui quelquefois n’en était pas une, n’a pas eu raison d’elle. Elle s’est battue comme une rescapée qu’elle est aujourd’hui, mais lui non plus ne lui rendra pas ses jeunes années.

Drame, Folie, Histoire vraie, Sciences

Fukushima

Tremblements et stupeur – 10 ans après
Jean-Michel Jacquemin-Raffestin & Mickaël Naveau
Broché – 18 mars 2021
Éditions : Les éditions Trédaniel

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Fukushima, 10 ans après !
Le 11/3, c’est ainsi que les Japonais appellent désormais la catastrophe de Fukushima, ce nom qu’ils ne veulent plus entendre. C’est le 11 mars 2011 à 14 heures 46 min 23 sec, heure locale, que le Japon a vécu son plus terrible tremblement de terre de magnitude 9 sur l’échelle de Richter. Ce tremblement de terre qui va déjà endommager la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ishi provoque un tsunami avec une vague haute de plus de 30 mètres à certains endroits qui va ravager 600 km de côte, pénétrant jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres. Ce tsunami a provoqué la plus grande catastrophe nucléaire civile de tous les temps. Plus grave que Tchernobyl, elle sera classée 7 sur l’échelle de INES.
La centrale de Fukushima Dai-Ishi se retrouve au cœur du désastre, privée d’électricité, il n’y a plus de refroidissement des cœurs de réacteur. Le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 fondent et le corium perce les cuves de protection, tous les produits radioactifs volatils s’échappent. La population est d’abord évacuée sur 10 km, puis le lendemain sur 30 km. Les enseignements de Tchernobyl n’ont servi à rien. Il ne faut pas paniquer la population.
La mentalité japonaise fait qu’un tel accident était impossible, donc rien n’est prévu, les employés comme les cadres ne prennent pas les bonnes décisions parce qu’ils ne sont pas informés de ce qu’ils doivent faire. Plusieurs bâtiments explosent dans les jours suivants. La radioactivité se répand dans l’air et dans l’eau qui se déverse dans l’océan Pacifique régulièrement. Chaque semaine de nouveaux problèmes techniques, de nouvelles fuites montrent que rien n’est maitrisé.

Aujourd’hui, 10 ans après, il y a une très forte contamination des sols, des plantes, du riz, des animaux, au sol comme dans l’océan Pacifique, même en Californie les thons sont contaminés. Normal, on trouve encore de l’iode 131 radioactif dans les boues d’épuration alors que sa période de vie est de 8 jours. Il aurait dû disparaître après 10 semaines.
A présent, afin que l’État cesse de payer des compensations, les populations déplacées doivent revenir vivre sur des terres fortement contaminées. Des milliers de cancers de la thyroïde sont détectés chez les enfants, enfin reconnus par les autorités.
Le Japon a dû fermer tous ses réacteurs nucléaires dont un certain nombre ne seront jamais remis en fonction. Toutefois, il a été décidé de redémarrer le réacteur n°1 de la centrale de Sendai le jour anniversaire de Hiroshima en août 2015. Le n°2 a été redémarré le 15 octobre 2015, d’autres ont suivi, 9 ont redémarré à ce jour.

 

• Couv_2023-048_Jacquemin Raffestin Jean-Michel & Naveau Mickaël - Fukushima - Tremblements et stupeur 10 ans après

 

Habituellement, lorsque je lis un livre, je pense au plaisir que je vais ressentir.
Les émotions qui vont me traverser quelles qu’elles soient, joie, tristesse, angoisse, etc.

Il y a quelques mois, j’ai reçu chez moi le dernier livre de Jean-Michel Jacquemin-Raffestin “Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu’ils font”. J’avais déjà un doute sur tout ce qui se passait autour de nous, mais je n’aurais jamais pu imaginer jusqu’où allait la vérité.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/09/ne-leur-pardonnez-pas-ils-savent-tres-bien-ce-quils-font/

Dans “Fukushima – Tremblements et stupeur – 10 ans après”, j’ai ressenti la même douleur.
Pourquoi tous ces mensonges alors que l’on sait très bien qu’un jour ou l’autre la vérité éclatera.
Encore une fois, la vérité n’est pas vraiment belle à entendre.

Le livre est scindé en deux parties.
La première est une énumération de faits clairs et précis. Des explications, des bilans, des statistiques, impossible de ne pas comprendre les données incroyables récoltées par Jean-Michel, il a mené une enquête et toutes ses sources sont indiquées.

La seconde partie, raconte le vécu de Mickaël Naveau, enseignant, qui se trouvait à Tokyo le 11 mars 2011. Son récit se lit comme une histoire, une bien triste histoire, dont on ne connaît malheureusement toujours pas la fin.

Pourquoi ?
Pourquoi ce silence coupable ?
Pourquoi ces mensonges ?
Pourquoi les autorités n’assument-elles pas et ne réagissent pas comme elles le devraient ?

Je me suis posé énormément de questions durant ma lecture, elles commençaient toutes de la même façon.
Pourquoi ?

Douze ans après la tragédie, les conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima sont loin d’être élucidées. La bataille entre le deux camps opposés n’en fini pas, et ce, malgré les preuves accablantes.

le Comité de suivi sanitaire du département de Fukushima, a communiqué ses derniers chiffres.
345 cancers de la thyroïde ont été détectés sur des personnes qui étaient mineures au moment de l’accident de Fukushima. De rapport en rapport, le total augmente.

Je ne pourrais pas en quelques mots résumer les trois cents pages de ce livre “précieux”.

Nous devons réapprendre à ouvrir les yeux, à nous poser les bonnes questions, à nous renseigner afin de voir, pour comprendre…
J’aurais aimé que ce livre n’existât jamais… Mais il est là !
Les États nous mentent, tout le monde le sait. On en a ici une énième preuve !

Merci Jean-Michel, encore une fois, de dénoncer ce scandale grâce àce travail minutieux…

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Extraits :

« Il est essentiel que le débat puisse être enfin ouvert sur les conséquences sanitaires de Fukushima et poursuivi sur celles de Tchernobyl, sans parler de la catastrophe, de Kychtym, en 1957, dans le complexe nucléaire de Maïak. À l’heure où le monde s’interroge sur ses choix énergétiques pour sortir de l’économie carbonée est où le lobby nucléaire essaye de peser pour inclure l’énergie nucléaire dans les énergies décarbonées qui seraient assimilables à tes énergies renouvelables, ce qui est évidemment tout à fait faux, il est indispensable de rappeler les conséquences sanitaires liées aux accidents nucléaires et, par voie de conséquence, les risques insupportables auxquels cette énergie expose les humains pour des générations et des générations »

« Qui nous informe aujourd’hui sur Fukushima et ses conséquences ? Que se passe-t-il là-bas ? C’est vrai, c’est très loin. Ça ne nous touche pas. Nous ne risquons rien. Donc les médias français ne s’en occupent pas trop. …/… mais les consignes sont claires : ne pas affoler la population. »

« En novembre 2013, nouvelle fuite d’eau due à un nouveau réservoir. Ces incidents se multiplient régulièrement sans solution. Le gouvernement japonais a reconnu que chaque jour, plus de 300 m3 d’eau contaminée étaient déversés dans l’Océan Pacifique près de la centrale de Fukushima. De ce fait, sur la plage de Yotsukura, la baignade est autorisée, pas en fonction de la force du vent, mais du niveau de radioactivité de l’eau dans l’océan…
Dormez tranquille, braves gens, tout va bien ! »

« Japon : la situation est imprévisible !
Non ! C’est un mensonge ! La situation est prévisible. Il existe différents scenarii, pires les uns que les autres. Quelques spécialistes n’hésitent pas à décrire la réalité, à dire la vérité comme on le fait avec un malade atteint d’un cancer. »

 

Jean-Michel Jacquemin-Raffestin nous offre un livre dans la continuité du combat qu’il mène depuis 1986 contre les ravages et les dangers de l’Industrie nucléaire dans le monde. Après Tchernobyl, cachez ce nuage que je ne saurais voir (paru chez le même éditeur), il reprend sa plume pour dénoncer le scandale de Fukushima.

Mickaël Naveau, diplômé en droit, japonais et relations internationales, a vécu à Osaka de 2002 à 2008, et depuis à Tokyo où il est enseignant.

Drame, Histoire vraie, Témoignage

Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu’ils font

de Jean-Michel Jacquemin-Raffestin
Broché – Illustré, 27 septembre 2022
Éditions : Nouvelle Terre

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C’est une envie de traverser la rue – et de montrer que ceux qui ne sont rien peuvent également emmerder le monde, affectueusement bien sûr – qui a décidé l’auteur a enquêter sur ce qu’on pourrait qualifier de « plandémie » aux conséquences proprement effrayantes !

En fouillant sur les sites gouvernementaux américains, anglais, israéliens, français et ailleurs en Europe, liés à la Santé, Jean-Michel Jacquemin-Raffestin y a découvert pléthore de documents qui l’ont incité à approfondir le sujet auprès de scientifiques, épidémiologistes, biologistes, généticiens, cancérologues mondialement connus : tous sont unanimes sur les répercussions d’injections expérimentales proposées – imposées ? – de toute part.

Dès le premier trimestre 2021, alors que ces injections avaient commencé, on a assisté à une envolée spectaculaire des décès. Aux États-Unis, les sociétés d’assurances ont fait état d’une augmentation de 40 à 45 % des décès chez les 18-64 ans. Le 2e semestre 2021 y a après cela fait plus de morts chez les 20-40 ans que la guerre du Vietnam en 20 ans. Les 2820 fausses couches mortelles survenues en 11 mois dans ce pays après une injection contre le Covid 19 laissent loin derrière elles les 2225 épisodes équivalents ayant eu lieu sur plus de 30 années, tous vaccins confondus.

L’augmentation des péricardites et autres myocardites chez de jeunes hommes atteint des niveaux encore jamais vus, tout comme on n’avait pas encore assisté à une telle hécatombes d’arrêts cardiaques sur le terrain chez des sportifs, footballeurs et rugbymen entre bien d’autres, jusqu’à voir des jeunes de 15 ou 17 ans s’écrouler en plein effort. Le Sud-Est de la France affichant à lui seul un accroissement de 30 à 35 % de décès pour 2021, ce sont plus de 4 millions d’effets secondaires succédant aux injections qu’on a constatés en Europe, de même que des dizaines de milliers de morts « officielles »… À côté de cela, un industriel de l’alimentation retire une marque de pizzas du marché suite à la mort de deux enfants : mais quelle est donc la raison d’une aussi glaçante différence ?

 

• Couv_2023-033_Jacquemin-Raffestin Jean-Michel - Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu'ils font

 

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre qui m’ait fait aussi peur.
J’ai ressenti de la colère, j’ai même grincé des dents…
Malheureusement, ce n’est, ni un Polar, ni un thriller, ni de la science-fiction…

J’imagine très difficilement le travail de Titan qu’a dû faire Jean-Michel Jacquemin-Raffestin pour réaliser et aller jusqu’au bout de ce “livre-documentaire”.

Vous ne connaissez pas Jean-Michel ?
Il est journaliste, spécialiste de Tchernobyl, pour lequel il a mené une enquête pendant près de huit ans. Il a enquêté aussi sur la catastrophe de Fukushima, et se définit comme un passionné des mensonges d’État.
http://www.jeanmicheljacquemin.com/biographie

Pendant plusieurs jours, je me suis demandé si j’allais écrire mon Ressenti ou pas.
Non pas que je doute des dires de l’auteur, tout est très clair et très bien documenté. Jean-Michel site toutes ses sources, rien n’est avancé sans preuves. J’ai passé plus d’heures à lire et regarder les sources d’ailleurs, que je n’ai passé de temps à lire son ouvrage. C’est très détaillé, très instructif, de nombreuses illustrations et graphiques couronnent le tout.

J’ai longuement hésité, car ce que j’y ai découvert est tout simplement effrayant !
Alors, oui, il faut lire ce livre, et le faire lire le plus possible, pour se faire une idée bien différente de ce que l’on entend dans tous les médias. Je trouvais déjà, que beaucoup de choses avaient été faites dans la précipitation et sans logique aucune, mais là, je me suis retrouvé complètement sidéré.
Le livre existe, il n’a pas été interdit, l’auteur n’a pas été arrêté, et pour cause, il ne se sert que des résultats mis à disposition par tous les sites gouvernementaux !

J’ai haï cette période où tout le monde avait un avis sur tout. Les journalistes, les voisins, la famille, les collègues de travail, c’étaient des insultes, des bagarres, des conflits. Des gens, des amis se sont perdus de vue, des couples se sont séparés… Masque, pas masque, vaccins, pas vaccins. Mais ce n’est pas un vaccin !!!
Aujourd’hui, ils osent le dire…

Et tout ça, pour quoi ?

Je suis très triste, et content à la fois.
Triste, car il y a aujourd’hui de nombreuses problématiques et décès qui arrivent chez les personnes qui se sont faites vaccinner.
Content, car d’autres se sont révoltés, se sont opposés à cette “dictature”, malgré toutes les retombées qu’ils ont pu subir au quotidien. Un grand Bravo à eux !
Arrêtons de nous juger les uns les autres, nous ne sommes que leurs pions.
Ils savent très bien ce qu’ils font, ne leur pardonnons pas !

Parce que ce livre est très compréhensible, parce que Jean-Michel s’adresse à nous en toute simplicité, chacun pourra se poser les bonnes questions et se faire son propre avis.

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Extraits :

« Sincèrement, vouloir nous faire croire que les compagnies pharmaceutiques œuvrent pour notre santé, c’est comme penser que les marchands d’armes militent pour la Paix. Un malade guéri, c’est un client de perdu !
Pourrait-on m’expliquer, si l’on veut protéger la santé des peuples et les préserver de la maladie pourquoi ils ne font rien pour les autres problèmes de santé ? »

« Alors, Monsieur Thierry Moreau, il est inutile de s’en prendre aux non vaccinés comme vous l’avez fait sur RMC : “Je suis pour pourrir la vie des non vaccinés, une minorité de connards”.
Alors, je ne suis pas complotiste, terme dont on va m’affubler dès la sortie de ce livre, mais je m’interroge. Qu’est-ce qu’un complotiste dans ce cas précis ? Une personne qui refuse d’avaler les mensonges qu’on lui sert et qui cherche à s’informer ? Si c’est quelqu’un qui questionne la politique sanitaire, qui ne délègue pas aveuglément sa confiance, qui lit la science, qui regarde la pharmacovigilance, qui compare les avis scientifiques, et qui est attentif aux conflits d’intérêts, alors je suis “complotiste” ! »

« C’est nous qui avons tous les pouvoirs, c’est nous qui faisons fonctionner, l’économie réelle, c’est nous qui sommes les plus nombreux, et on se laisse oppresser, opprimer, on se laisse déshumaniser, esclavagiser par une petite caste qui s’est accaparée, avec le système capitaliste, toutes les richesses, tous les pouvoirs. »
Monique Pinçon–Charlot.

« On trouve 249 publications ou communications rapportant les études sur l’Hydroxychloroquine, indiquant une efficacité dans 75 % des cas, la même que nous retrouvons chez les patients ambulatoires et une efficacité à 50 % pour les patients hospitalisés. »

« Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours, comme les restaurants, les théâtres, les cinémas ou pour aller chez des amis. »
29 avril 2021, Emmanuel Macron.

 

 

Jean-Michel Jacquemin-Raffestin est journaliste, spécialiste de Tchernobyl et auteur de Tchernobyl – Cachez ce nuage que je ne saurais voir. Après avoir mené l’enquête pendant près de huit ans, pour raconter les causes et les conséquences de ce drame, il a entamé une autre enquête sur la catastrophe de Fukushima.
Il se définit comme un passionné des mensonges d’État.

Émotion, Drame, Histoire vraie

Danse Néomaye, danse !

de Corine Valade
Broché – 16 février 2023
Éditions : de Borée

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Le 6 juin 44, des centaines d’Afro-américains débarquent sur les plages de Normandie. Willie est un de ces hommes. De Berlin à La Rochelle puis au camp américain d’Aigrefeuille d’Aunis, il découvre des villes exsangues où tout est à reconstruire. Pianiste hors pair, la musique est son refuge. Maurice est Creusois. Maquisard, il est enrôlé au 78e Régiment d’infanterie. En 1945, il quitte sa région pour libérer le dernier bastion Allemand de La Rochelle. C’est avec soulagement qu’il laisse derrière lui la ferme familiale. Rochelaise, Néomaye est sage-femme. Prise au piège dans la poche de Royan en 1945, elle est une des rares survivantes du bombardement allié. De retour à la Rochelle, elle semble avoir perdu pied et tous l’appellent « La Tabayot », la folle. L’arrivée massive de milliers d’Américains sur le port de La Pallice va bousculer son mode de vie tout comme celui des Charentais

 

• Couv_2023-021_Valade Corine - Danse Néomaye, danse

 

Quel roman “magnifique” !

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en fermant, très ému, ce superbe roman…
Le chassé-croisé de trois destins, sous l’influence de l’American way of life.

Avant de commencer son roman Corine Valade nous donne le ton.
Une sélection musicale enivrante qui m’a accompagné durant toute ma lecture et plus encore !
J’ai littéralement dévoré la plus grosse partie de son roman en une soirée que j’ai terminé le lendemain à l’heure du repas. C’est le premier roman de Corine que je lis et maintenant, j’ai envie de lire tout ce qu’elle a écrit avant. C’est vivant, c’est rythmé, elle transmet énormément d’émotion en donnant littéralement vie à ses personnages. J’avais l’impression d’être là avec eux. C’est très visuel.

C’est un roman qui aborde énormément de sujets.
La seconde Guerre mondiale, en Normandie lors du débarquement, l’armée Américaine qui “s’installe” dans la région pendant près de dix ans, les Afro-Américains rejetés par leur propre peuple et accueillis en arrivant en France, la place des femmes pendant cette période, la résistance, la musique, omniprésente durant tout le récit, Jazz, Blues, Be-bop et début du rock, il y a Maurice qui étouffe dans sa famille, et qui va faire front contre les allemands, Néomaye, sage-femme qui a vécu les bombardements sur la ville de Royan et qui depuis à un regard différent sur la vie, et puis il y a Willie, afro-américain et surtout un pianiste incroyable qui malgré toutes ses souffrances va rythmer sa vie grâce à la musique l’un de ses seuls refuges…

Plus qu’un roman, c’est une véritable épopée.
C’est puissant, c’est érudit, c’est triste et violent, c’est beau et rempli d’amour. C’est un coup-de-poing littéraire et un gros coup de cœur pour moi… Et dire que j’aurai pu passer à côté de ce bijou !
Corine a donné vie à des personnages qui m’ont touché, qui m’ont ému au point d’avoir eu, vers la fin du récit des larmes de joie que je n’ai pu retenir.

Elle nous offre aussi une synthèse très intéressante de la société américaine de cette époque. Martin Luther-King, Malcolm X, Les Kennedy et bien d’autres… C’est une vraie conteuse, elle fait vivre et aimer ses personnages. Le récit est fluide et agréable, les chapitres rythment un récit fort bien documenté, j’aurais aimé qu’il y ai plus de pages encore pour ne pas, tous, les quitter aussi vite…

Un superbe portrait de “héros”, entrelacé entre la “petite” et la grande Histoire.
Alors, je me répète peut-être, mais, voilà un roman magnifique que je recommande à tous !

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Extraits :

« En avril 1944, les femmes sont devenues électrices et éligibles, dans les mêmes conditions que les hommes. Pour Néomaye, les futures élues, ouvriront la voie du changement, et feront évoluer le statut de l’enfant, encore considéré comme un être inachevé. La suprématie du sexe fort a assez duré, affirme-t-elle souvent à sa mère qui se gausse :
– Ben, voyons ! Et un jour, les hommes exerceront en tant que sages-femmes ! Ma fille, garde les pieds sur terre. Sinon, tu risques de perdre des clientes. Toutes ne sont pas prêtes à écouter ce genre de discours. »

« Willie ouvre délicatement le couvercle du clavier. Il ajuste son siège. Ses doigts longs et fins se promènent sur les touches soyeuses. Progressivement, elles retrouvent le chemin des notes et des mélodies. La tristesse de quitter Bessie, mêlée à l’espoir de la retrouver à New York pour Noël, donne un sens particulier à son improvisation. La musique sacrée se teinte de blues et de jazz. Edward et Elisa sentent poindre un nouveau style à la fois sauvage et contrasté. »

« Sur un simple geste de la main, Heinrich salue son chauffeur en le provoquant :
– Vous, les noirs, vous ne pouvez pas lutter contre la primauté avérée de la race blanche. Vous êtes et vous resterez inférieurs parce que c’est inscrit dans vos gènes.
Puis il claque la porte. »

« Bessie tient sa promesse. Une fois l’an, elle poste des nouvelles de Sydney Jr à Willie. À neuf ans, le garçon est dissipé. Ses résultats scolaires sont moyens, car il préfère passer du temps sur sa guitare plutôt qu’étudier. Il a le rythme dans la peau et joue déjà comme un dieu, selon son grand-père maternel ! La musique et son refuge. Il a de qui tenir ajoute-t-elle. Sur une photo jointe au courrier, le gamin fixe l’objectif. Happé par le regard de l’enfant, Willie frissonne. Sydney semble lui reprocher son absence alors qu’ils ne se connaissent pas. »

« Ne devrions-nous pas œuvrer collectivement afin de faire reconnaître nos droits et faire régner la justice et la paix ?
J’insiste, car je suis certain que vivre ensemble est possible. »

 

 

Corine Valade est originaire de la Creuse. Elle vit actuellement en Seine et Marne.
Maire-adjoint de village, présidente d’une association culturelle, elle anime un café littéraire et organise un festival annuel autour du théâtre et de la lecture.
Elle sillonne également les écoles et centres de loisirs avec un théâtre de marionnettes pour enfants.
Mais l’écriture est sa grande passion : de son propre aveu, quand elle prend sa plume, elle oublie tout et le monde peut bien s’écrouler !

Dans des romans, elle mêle avec dextérité fiction et éléments historiques.

“Ses roman offrent une réflexion certaine sur la condition féminine et les moments forts qui ont marqués les hommes…”

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Dans le feu du Tempo

Un itinéraire d’Amour
de Serge Bertrand
Broché – 1 décembre 2022
Éditions : Le Lys Bleu

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À la fin de Destination Rock, le voyage initiatique très mouvementé de Paul s’est interrompu en raison de profonds tourments. Cependant, l’aventure reprend avec un road trip aux États-Unis et au Mexique au cours duquel le jeune homme fait de nombreuses rencontres insolites et des découvertes palpitantes. Puis, de retour en France, la folie du rock sur scène repart de plus belle, entremêlée de multiples péripéties et de voyages. Dans le feu du Tempo – Un itinéraire d’Amour retrace le parcours d’un rocker qui, durant vingt-cinq ans, se construit à chaque concert devant un public différent. Toujours, le pied au plancher, plus vite que le vent, dans l’ouragan des décibels, il réalise ses rêves les plus fous sur les routes avec ses épreuves, ses joies et ses déceptions.

 

• Couv_2023-015_Bertrand Serge - Dans le feu du tempo

 

Après avoir lu Destination rock, j’ai enchaîné avec Dans le feu du Tempo, la suite directe, que j’ai lu d’une traite, presque en apnée, avec de nombreuses images dans la tête, de belles musiques entre les oreilles (qui m’ont accompagnées durant ma lecture), de l’amour dans mon cœur…

Les voyages de Paul continuent. Après les États-Unis et le Mexique, ce sera au tour de l’Inde, de l’Egypte, du Sri Lanka, de la Chine, du Kenya, du Togo, puis le Brésil, Istanbul, Israël, l’Irlande, les Antilles, Londres, l’Islande, et enfin Bali et une partie de l’Indonésie. Autant de voyages magnifiques où Paul a mis des paillettes dans mes yeux avec tous ces sites prestigieux, m’a donné une réelle envie de suivre ses pas. On sent l’amour de l’auteur pour toutes ces vastes contrées parfois encore vierge de l’Homme. C’est de toute beauté…

Dans son premier opus, Serge nous racontait les déboires de Paul, des difficultés qu’il a eu à se construire et du choix évident qu’il a pris en montant son groupe de rock, malgré des hauts et des bas.
Ici, le ton est résolument plus serein, Paul a gagné en confiance, et même si sa vie n’est pas une longue ligne droite, elle alterne entre succès et déboires, elle a le mérite d’être vécue avec passion et sincérité.

Le monde du spectacle est difficile et très fluctuant. Paul s’adapte, il rebondit lorsque c’est nécessaire et monte sur scène régulièrement pour notre plus grande joie. Ses prestations alternent avec ses voyages qui lui permettent de se recentrer. Il revient en France et hop ! C’est reparti pour de nouvelles tournées… Durant vingt-cinq ans, il va connaître la joie, la tristesse, mais aussi l’amour, le vrai, celui qu’il attendait désespérément, celui qui lui amènera une douce Melody…

J’avais aimé Destination rock, vraiment.
Dans le feu du Tempo, est un baume au cœur, un livre inclassable. Il pourrait servir de “livre thérapie” pour certains, de livre qui doperait les agences de voyages pour d’autres, ou de guide pour les Classiques du rock.
Quoi qu’il en soit, il ne pourra laisser personne indifférent. J’ai découvert Serge Bertrand, il y a peu de temps. C’est une vraie et belle découverte !
Plus que l’histoire de Paul, c’est un auteur, un homme que j’ai découvert. J’ai senti sa bonté, sa sensibilité, son amour de la vie, de la terre, des gens qui l’entourent.
La vie est parsemée d’épreuves, Serge avance pas à pas, sereinement, non pas en tant que guerrier, Serge est un philosophe qui a su se poser de nombreuses questions. Les réponses qu’il a reçues, lui permettent d’avancer et de regarder loin devant. La paix est dans son cœur…

Nouveau coup de cœur !
Serge Bertrand, auteur “qui ne rentre dans aucune case”, à découvrir au plus vite !

Dans le feu du Tempo… un livre riche !

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Extraits :

« En fin de journée, lorsque les touristes descendent du bus, Jacqueline s’approche de moi, il me dit :
“Lorenzo et moi, sommes très touchés par ton aide et ta générosité. Aussi, pour te remercier, je t’invite chez moi pour faire la fête toute la nuit avec Lorenzo et la fille avec qui je vis.”
J’accepte tout de suite et demande juste de récupérer mon sac à l’hôtel. »

« Dans la soirée, Carmen me présente Sergio Castro, un homme remarquable, au regard vif. Vêtu d’une chemise à carreaux, d’un foulard rouge, d’un chapeau blanc, il parle sept langues couramment, dont le Maya. Il me souhaite la bienvenue. Il consacre sa vie à défendre et à soigner les indigènes du Chiapas gratuitement. Pour le remercier, toutes les tribus lui ont offert plus de 100 costumes traditionnels avec lesquels il a créé un musée. Tout autour du rez-de-chaussée de sa maison, une collection exceptionnelle de vêtements des différents villages mayas de toute beauté, brodés et colorés sont exposés. »

« Quelques mois plus tard, France m’annonce une merveilleuse nouvelle. Elle est enceinte, la lumière semble sortir de son visage, ses grands yeux brillants subliment son regard d’une clarté, d’une limpidité inouïe. À cet instant précis, elle m’apparaît encore plus belle. Je la sens heureuse, épanouie, comme une Reine de Royaume enchanté. Lorsqu’elle se déplace, elle donne l’impression de flotter dans l’espace, plongée dans une douce béatitude avec des ailes dans le dos. »

« L’Âge d’or que nous avons vécu avec une ambiance déjantée est en train de disparaître. Désormais, la crainte de la racaille fait fuir la clientèle. Les gens ont peur des bagarres, des vols, des agressions. Aussi, les copains, c’est le moment pour moi de tirer ma révérence. Vous viendrez boire un coup avec moi, mais dans mon petit bar. Nous avons eu de la chance de connaître le bon, aussi nous allons laisser le mauvais de côté. »

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires, Serge Bertrand trouve de la motivation pour écrire son premier livre. Destination Rock propose un voyage à Marseille sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.

https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/07/destination-rock/

Serge Bertrand donne suite aux aventures de Paul avec Dans le feu du Tempo – Un itinéraire d’Amour. Il embarque le lecteur dans un voyage palpitant, empli de rebondissements dans le milieu du rock marseillais. Pour lui, le rock est une façon de vivre et de penser.

Adolescence, Émotion, Histoire vraie, Témoignage

La dame de Pa Co Ja

de Elsa Morienval
Broché – 14 novembre 2022
Éditions : Nombre 7

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Intriguée par le personnage qu’était Germaine, sa grand-mère, Elsa Morienval entame des recherches pour découvrir les raisons derrière son masque d’indifférence, ses « attitudes de vieille bourgeoise déchue ».

Diplômée, employée et mariée, la jeune femme a un destin tout tracé. Cependant, avec la fin des années folles arrive la Crise de 1929. L’entreprise de son mari fait faillite, leur statut social dégringole. Germaine et sa famille devront faire face à de nombreuses épreuves, à commencer par rembourser les dettes accumulées.

Avec La dame de Pa Co Ja, explorez les réalités du quotidien d’une femme au début du XXème siècle.

 

• Couv_2023-010_Morienval Elsa - La dame de Pa Co Ja

 

Qui était Germaine ?
Voilà la question que se pose Elsa Morienval, concernant sa grand-mère, femme énigmatique aux nombreux secrets. Au fil des chapitres Elsa va nous offrir une partie de son enfance, une partie de sa vie. Petit à petit, elle va dessiner le visage de celle qui aura passé sa vie à essayer de conserver le statut bourgeois qu’elle avait a sa naissance, mais la vie, ainsi que certains mauvais choix de sa part en auront décidé autrement…

C’est un récit dur et émouvant où malheureusement l’amour n’est que très peu présent. Au fur et à mesure où les années passent, les membres de la famille tissent des liens d’obligations, plus que des liens de filiations. Tout est très compliqué, les non-dits, les erreurs qui sont commises par plusieurs générations, créées des tensions où le pardon n’est que rarement accepté. J’imagine difficilement le courage qu’il aura fallu à l’auteure, pour rassembler tous ces éléments et rédiger cette exploration personnelle au sein même de sa famille. C’est très intime, mais Elsa l’aborde avec toute sa sincérité.

J’ai été touché, pas ce récit souvent triste. On traverse des guerres, des crises, économiques et autres, des décès, mais c’est bien la vie qui mène cette histoire riche et très visuelle, comme une parenthèse posée en plein XXe siècle.

Une lecture agréable et lente qui par résonance m’a fait remonter certains de mes propres souvenirs familiaux…

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Extraits :

« C’est un jour particulier. Nous partons à l’enterrement de ma grand-mère maternelle.

Alors que mon père et moi faisons la vaisselle du matin, la sonnerie du téléphone gris à cadran retentit dans l’entrée de l’appartement. Sans réfléchir, je me souviens avoir dit à mes parents : ça y est, c’est Lucien, il est mort. Ma mère décroche l’appareil. En effet, Lucien, le frère de ma grand-mère vient de mourir. Mon grand-oncle était dans le coma depuis des semaines, mais il a visiblement choisi de disparaître le jour de l’enterrement de sa sœur. »

« Germaine avait cinq ans quand ses parents ont divorcé, le mariage a duré dix ans. Elle n’en parlait jamais. D’ailleurs, elle ne parlait jamais de sa jeunesse. Elle n’a jamais évoqué l’alcoolisme de son père, elle était trop jeune, probablement. De son enfance, on ne sait pas grand-chose sinon qu’elle a toujours aimé les animaux. Elle avait même acquis un petit singe, où, à quelle occasion, nul ne le sait. Elle a été réglée (formée, comme on dit…) très jeune, à l’âge de neuf ans. Elle a cru qu’elle allait mourir. Les mères ne disaient rien à leurs filles, elles découvraient seules, ce ruissellement, de sang entre les cuisses. Cela ne se disait pas, et encore moins dans le milieu bourgeois. »

« Alors que les pantalons à pattes d’éléphant, et que les couleurs orange et vert pétant, régnaient en maître, que Valéry Giscard d’Estaing devenait président de la République, beaucoup d’événements heureux et malheureux se sont déroulés dans notre famille. »

 

Elsa Morienval est née en Seine Saint-Denis, angliciste de formation, intéressée par le monde anglophone, elle est enseignante.

Elle a écrit des nouvelles et a publié dans une revue littéraire.

Elle signe Échappée en Ulster chez Nombre7 en 2020

https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/12/echappee-en-ulster/

et sa traduction en anglais My Ulster haven en 2022 chez le même éditeur.