Émotion, Essai, Folie, Histoire vraie

Bienvenue chez les riches

de Lydia Lecher, avec la contribution de Doan Bui
Broché – 25 février 2016
Éditeur : Michel Lafon

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Lydia et son mari découvrent un jour une annonce pour un poste d’intendant et de gouvernante. Ils répondent à l’appel du haut de gamme et des cigales pour s’occuper d’une superbe bastide du sud de la France et servir ses riches propriétaires. Voilà comment Lydia est entrée dans le monde des ultra-riches. Elle connaîtra plusieurs maisons avec des patrons différents mais qui se rejoignent tous dans leurs exigences démesurées : horaires à rallonges, obligation du port de l’uniforme, de répondre à la sonnette, mépris, névroses, surveillance à outrance, injures… Mais que se passe-t-il derrière les murs des châteaux ?La vie d’une gouvernante ressemble aux douze travaux d’Hercule.
Lydia a connu les pièges dits  » du Petit Poucet  » : Madame sème un grain de riz sous un tapis, un noyau de cerise dans un tiroir, un coton-tige au fond du dressing pour accuser la gouvernante. Les dangers sont partout car lorsque Madame n’est pas là, ce sont les autres membres du personnel qui font du zèle en espérant s’attirer les faveurs des maîtres.
Lydia nous dévoile son expérience, elle nous fait partager moult anecdotes, étonnantes, exaspérantes, voire inimaginables. Elle s’exprime aujourd’hui pour dénoncer des pratiques archaïques qui tendent vers un esclavage moderne qu’on ne soupçonne pas.

Un témoignage exclusif dans l’antre des ultra-riches et leurs excès.

 

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Bienvenue chez les riches
Dès que j’ai vu ce titre, j’ai tout de suite Ressenti le ton résolument ironique, mais j’étais loin, très loin d’imaginer à quel point j’avais eu raison, à quel point cela allait beaucoup plus loin…

Lorsque j’étais tout petit, ma maman a été pendant plusieurs années femme de ménage “au noir”, avant de trouver plus tard un travail qui convienne plus à ses capacités professionnelles. Elle travaillait tous les jours de nombreuses heures et n’avait pas les moyens de me faire garder. Je conserve, certains souvenirs de cette “primo” enfance…
Surtout ne pas faire de bruit, ne toucher à rien, rester dans mon coin, ne pas bouger.
Lydia Lecher l’explique très bien, il me fallait devenir “invisible”.
Je n’ai pas de souvenirs que ma mère en ait vraiment souffert, mais cela ne me surprendrait pas du tout.

L’autrice nous raconte son parcours familial (elle est avec son mari et son fils), dans un quotidien où il faut savoir, s’incliner, accepter pour conserver son poste.
Le monde des “très riches” est effectivement un monde très fermé, un monde à part, où le paraître à toute son importance. Ne jamais se montrer faible, avoir une autorité constante et absolue, ne pas montrer que l’on vieillit comme le commun des mortels. En logeant chez ses patrons Lydia en perd presque le sens des réalités, heureusement, elle a du caractère !

Un livre intéressant à découvrir, qui aborde le côté très peu connu de ceux qui nous côtoient de leurs résidences de luxe ou de leurs châteaux.
Oui, on le sait maintenant, l’argent qui permet d’accéder au pouvoir peut aussi faire tourner la tête de certaines personnes peu équilibrées, qui perdront très vite le sens des valeurs et des priorités. C’est un phénomène en voie de développement chez tous les nouveaux riches. Ils se transforment très vite… J’en ai vu. J’en connais. Malheureusement très peu ont conservé leur tête sur les épaules !
L’argent rend-il fou ?
Finalement, sont-ils vraiment à envier ?

Lydia, trouve le ton, et les mots justes tout le long de ses “différentes vies”.
Elle n’agresse jamais, n’insulte pas. Elle constate… Elle nous transmet.

« D’un côté, nous, les petits. De l’autre, les heureux du monde. En général, la frontière entre ces deux univers est parfaitement étanche.
Sauf que les nantis ne peuvent pas se débrouiller seuls : ils ont besoin de se faire servir. »

C’est tout à fait ça !
Merci Lydia…

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Extraits :

« La pause ? Nous ne savions pas vraiment ce que c’était, tant nos employeurs avaient l’habitude de nous “sonner” pour un oui pour un non.
Oui, nous avons même connu des maîtres qui en avaient une vraie, de sonnette, de celles qui font dring dans les halls d’hôtels d’époque, un dring qui veut dire “Au pied !”. »

« Les riches… On les voit parfois dans les films, sur les couvertures de magazines, dans des émissions de télé. Mais en le découvrant de l’intérieur, j’ai réalisé à quel point cet univers était finalement très peu connu. Deux sociologues, Monique et Michel Pinson Charlot, ont baptisé ce monde “le ghetto du gotha”.
L’expression est juste. Les ultras privilégiés vivent en vase clos, dans un ghetto, totalement coupés de notre monde à nous, le monde réel, le monde normal où l’on compte ses sous, où l’on calcule pour la fin du mois, où l’on gagne sa vie. »

« D’un côté, nous, les petits. De l’autre, les heureux du monde. En général, la frontière entre ces deux univers est parfaitement étanche.
Sauf que les nantis ne peuvent pas se débrouiller seuls : ils ont besoin de se faire servir. »

« Mon Dieu…
La lumière mordorée de la Provence inondait le domaine, encerclé par un très beau mur en rocaille. Un joli portail en fer forgé fermait la résidence. Nous avons sonné à l’interphone.
Une voix nous a accueillis puis le portail s’est ouvert. Nous sommes remontés en voiture. Et nous avons roulé au pas, regardant, estomaqués, ce qui nous entourait. Tout était si gigantesque ! Devant nous s’étendait une allée qui semblait interminable, l’allée centrale bordée de platanes centenaires majestueux. À droite, d’immenses prés verdoyants, chatoyants sous le soleil. »

« Monsieur Neige, nous l’adorions.

Hélas, M. Neige avait un gros, gros défaut…
son épouse.
Si Monsieur était le patron idéal, généreux, respectueux de votre travail, érudit, Madame, elle… Madame était “Madame” jusqu’à la caricature.
Ah ! Madame…
Avec Madame, j’ai vite compris à qui j’avais affaire. »

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Lydia Lecher a passé 15 ans de sa vie au service des riches, en tant que gouvernante ou gardienne.
Elle a raccroché ses gants blancs sans regret ni rancœur. Domestique au service des ultrariches, elle a connu la vie de château et nous dévoile l’envers d’un décor pas toujours reluisant…
Elle raconte son quotidien dans son livre Bienvenue chez les riches.

Essai, Histoire vraie, Humour

Les Grandes Oubliées

Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes
de Titiou Lecoq
Broché – 28 septembre 2023
Éditeur : Évidence Éditions

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De tout temps, les femmes ont agi. Elles ont régné, écrit, milité, créé, combattu, crié parfois. Et pourtant elles sont pour la plupart absentes des manuels d’histoire.
“C’est maintenant, à l’âge adulte, que je réalise la tromperie dont j’ai été victime sur les bancs de l’école. La relégation de mes ancêtres femmes me met en colère. Elles méritent mieux. Notre histoire commune est beaucoup plus vaste que celle que l’on nous a apprise.”
Pourquoi ce grand oubli ? De l’âge des cavernes jusqu’à nos jours, Titiou Lecoq s’appuie sur les découvertes les plus récentes pour analyser les mécanismes de cette vision biaisée de l’Histoire.
Elle redonne vie à des visages effacés, raconte ces invisibles, si nombreuses, qui ont modifié le monde. Pédagogue, mordante, irrésistible, avec elle tout s’éclaire. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leurs voix.

“Femme libre et engagée, esprit avide et curieux, écrivaine confirmée,
Titiou Lecoq livre un grand récit, passionnant et vrai.”
Michelle Perrot

 

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Non !
Je suis désolé, les hommes et les femmes ne seront jamais égaux !

Avez-vous déjà vu un homme en rentrant de son travail, faire à manger, donner le bain aux enfants, tout ranger avant de se coucher, faire les courses le week-end, le ménage, nettoyer “les chiottes” ?
J’avoue, moi-même ne pas en faire partie. Je pourrais chercher des excuses. Il n’y a qu’une seule réponse. Coupable !
On est vraiment de sacrés “Co… …rds”…

Voici un livre à mettre entre toutes les mains, entre celles des hommes en l’occurrence.
Un livre qui brise toutes les idées reçues et m’a amené à revoir complètement et à découvrir aussi le rôle de nombreuses femmes dans l’Histoire.

– Saviez-vous qu’au Moyen Âge, il y avait eu des reines en France ?
– Saviez-vous qu’en 1793, il y avait des femmes dans l’armée française ? Certaines mêmes étaient gradées au même titre que les hommes.
– Saviez-vous que le 6 octobre 1789, c’est un mouvement féminin qui se rend à Versailles chercher la famille royale pour la ramener à Paris ?
Qu’elles sont à la base de la Révolution française ? Étant en charge des courses et des repas, elles suivaient le cours du prix du Pain jour après jour et ont été présentes dans les émeutes “de subsistance” bien avant la Révolution ? Qu’elles seront nombreuses à être arrêtées et exécutées ?
– Saviez-vous qu’au sortir de cette révolution, c’est un militaire qui prend le pouvoir, Napoléon Bonaparte ? Et comme il le disait lui-même : “la nature a fait de nos femmes, nos esclaves.”
– Que les biens communs du ménage et les biens de l’épouse appartenaient exclusivement à l’époux, qui donnerait ou pas son autorisation pour qu’elle travaille et qu’il touchera la totalité de son salaire jusqu’en 1907.
– Qu’elle lui devait une soumission totale, et ce, jusqu’en 1965.
– Qu’elle a fait partie de la Résistance, beaucoup plus que je ne l’avais imaginé ?
– Qu’il aura fallu attendre 1861 pour qu’une femme, Julie-Victoire Daubié, obtienne pour la première fois le baccalauréat à 37 ans, après de nombreux refus dans plusieurs académies, elle parvient enfin à se faire accepter à Lyon ?
– Qu’en 1871, elle obtient une licence de lettres alors qu’elle n’a jamais été autorisée à assister aux cours !
Et tellement plus encore…

Pourquoi tous ces mensonges ?
Pourquoi les femmes sont elles absentes de nos manuels d’histoire ?

Ce livre très accessible, est écrit sur le ton de l’humour, cela donne une sorte de soupape, mais n’excuse en rien tout ce qui est arrivé durant des milliers d’années, et qui malheureusement n’est toujours pas terminé !
Titiou Lecoq nous fait découvrir ces femmes, effacées de l’Histoire, elle recadre les choses, s’appuyant sur des recherches sérieuses et étayées, d’ailleurs de nombreux faits mentionnés sont sourcés, on peut donc en savoir plus à volonté.
L’autrice nous propose une relecture de notre histoire, de la préhistoire jusqu’à nos jours, et nous démontre que si les droits des femmes n’ont pas toujours progressé au fil des siècles, bien au contraire, ils ont été diminués régulièrement “comme par magie” !
Ce n’est aucunement un récit sexiste, Titiou pointe du doigt le fait que les femmes au même titre que les hommes font partie de l’Histoire, et qu’elles méritent aussi simplement de figurer dans nos “registres”.

Difficile de ne pas aimer ce livre.
Difficile de ne pas vouloir le mettre en avant.

C’est la première fois que j’ai un coup de cœur pour un livre qui n’est pas un roman.
Et là, je m’adresse aux hommes qui ont au moins lu jusqu’à ces mots… Lisez ce livre en hommage à toutes celles, mères, femmes et filles qui ont lutté, qui luttent encore pour nous.

Merci Valérie de m’avoir proposé la lecture de cet essai (réussi pour moi !).

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Extraits :

« Ce qu’avaient imaginé les premiers préhistoriens n’était que la copie de l’organisation sociale qu’ils connaissaient à Paris, Berlin ou Londres. Aujourd’hui, nombre de spécialistes travaillent à déconstruire ces présupposés, pour poser sur les traces archéologiques un regard neuf. Mais tout cela, on ne le savait pas quand j’étais élève. Moi, je partais d’un postulat assez simple dans la vie : si on m’apprenait quelque chose, c’est que cette chose était vraie.
C’est ainsi que j’ai assimilé un certain nombre de savoirs qui se sont révélés faux. »

« J’ai été stupéfaite de me rendre compte que je n’avais jamais envisagé que ces œuvres puissent être celles de femmes. Ça n’avait pas traversé mon esprit un quart de seconde. On parle souvent de ‘déconstruire”, et on emploie le mot à tort et à travers. Mais déconstruire, c’est exactement cela. C’est croire depuis toujours que, bien évidemment, ce sont des hommes, des sortes de Michel-Ange en peaux de bêtes, qui ont peint Lascaux – avant de se rendre compte que cette vision n’est étayée par aucune preuve concrète. À l’heure actuelle, je le répète, absolument rien ne nous permet de savoir si ces sculptures, gravures et peintures sont l’œuvre d’hommes ou de femmes. »

« Comment la moitié de l’humanité a-t-elle pu soumettre l’autre, alors même que le différentiel de force physique n’était pas si important ? Pourquoi les femmes ont-elles adhéré à un ordre social qui les défavorisait à ce point ?
Cette question de l’origine de la domination masculine ne sera probablement jamais totalement élucidée, mais on peut émettre des hypothèses. »

« La sédentarisation et la propriété privée contribuent à renforcer un régime de domination.
Quand on dit “cette terre est à moi”, “ce qui en sort m’appartient”, on crée une société inégalitaire, et on renforce la position dominante de quelques-uns. Cette logique a entraîné une dégradation des conditions de vie des femmes par rapport aux modes de vie plus nomades et collectifs du Paléolithique. »

« Ses textes sont remarquables parce qu’ils sont, jusqu’à présent, la plus ancienne trace d’un “je”. Ce qu’il reste des paroles d’une femme qui disait “je” il y a quarante-trois siècles.
Évidemment, Enheduanna est devenue un symbole dans les cercles féministes. Le premier auteur connu de l’humanité est une femme, et on n’en parle jamais. »

 

Titiou Lecoq est journaliste indépendante et blogueuse sur Girls and geeks. Elle a notamment publié Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale (Fayard 2014), ainsi que des romans dont Les Morues (Au Diable Vauvert, 2011). Elle a publié Honoré et moi à l’Iconoclaste en 2019, un récit drôle et accessible sur un monument de la littérature.

Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Pages volées

d’Alexandra Koszelyk
Broché – 23 août 2024
Éditions : Aux Forges de Vulcain

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Quand des pages entières de votre vie vous ont été volées, comment faire pour les retrouver, si ce n’est les écrire ?

Les parents d’Alexandra meurent dans un accident de voiture alors qu’elle n’a que huit ans. Elle est recueillie avec son frère par sa tante. Tandis qu’elle grandit entre premiers amours et amitiés adolescentes, un immense vide demeure en elle. Qui est-elle ? L’orpheline ? L’Ukrainienne ? La jeune fille qui aime les histoires ?

Vingt ans plus tard, alors qu’elle revient en Normandie, elle entreprend une enquête sur ce qui a permis sa survie : la langue, la littérature et l’écriture.

Un récit poignant sur ces continents intérieurs que nous habitons et qui nous habitent.

 

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Tout d’abord, un très grand merci à Babelio et aux éditions “Aux Forges de Vulcain” pour m’avoir permis de lire ce livre très touchant.

Ce n’est pas le premier roman d’Alexandra koszelyk que je lis.
Fin 2019, dans le cadre de l’un de nos dîners littéraires, nous l’avions reçu pour son premier roman, “À crier dans les ruines”. Roman qui m’avait beaucoup ému pour sa finesse et sa psychologie. L’histoire de deux adolescents, Léna et Ivan, qui se retrouvent séparés suite à la terrible catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à Tchernobyl. J’avais pris son roman comme une ode à la vie, à la liberté et à l’amour… Mais aussi comme une sorte de lien entre son passé et son présent ! J’ai découvert, à ce moment-là, une auteure qui me semblait timide et en même temps très souriante. Je la regardais, elle semblait heureuse d’être en notre compagnie, et nous a expliqué longuement d’où lui était venu l’idée du récit. Je la regardais encore, et je voyais “comme des absences”, ses yeux ne bougeaient plus. Comme si, nous la perdions parfois. L’émotion ? Mais nous avons tous passé une excellente soirée.

Aujourd’hui, après avoir terminé “Pages volées”, je pense avoir compris…
Je pense que par moments ce n’était plus Alexandra qui participait à notre dîner, mais peut-être “la petite” Alexandra qui nous ouvrait son cœur, avec des mélanges de sentiments : Je suis tellement heureuse d’être là parmi vous ! La littérature m’a vraiment aidé à me battre ! Papa, maman, je sais que vous me voyez d’où vous êtes… Je me sens tellement bien ! Certaines personnes ont ce don-là. Celui de toujours communiquer avec leur “petit moi”…

Avec “Pages volées”, elle ressent le besoin de partager sa vie, son passé avec son “petit moi”. Alexandra nous ouvre son cœur sur sa petite enfance et sur un événement qui aurait pu l’anéantir… La perte de ses deux parents dans un accident de voiture, alors qu’elle n’avait que huit ans et demi. J’ai retrouvé dans ce nouveau récit, cette force poétique dans de nombreuses phrases, cette force qui m’avait déjà embarqué dans son autre récit, ce besoin mettre des mots sur des sensations… Ou comment grâce à l’enseignement, les différentes langues qu’elle a étudié, son amour de la lecture l’amène très vite et naturellement au plaisir de l’écriture lui permettant dans ce récit tout particulièrement, d’écrire les chapitres qui lui manquaient peut-être dans la construction de sa vie.

Un livre très émouvant, qui m’a permis de me poser de nombreuses questions sur ce que nous sommes et ce que nous sommes prêts à réaliser dans notre vie, malgré les nombreuses embûches que nous pouvons subir, les différents traumatismes que nous pouvons vivre. Alexandra nous dit dans son livre qu’elle est née à huit ans, sept mois et douze jours. Aujourd’hui je comprends cette phrase…

La forme et le fond rédigé par Alexandra, nous amènent ce très beau livre comme un cadeau précieux qu’elle nous offre, mélangeant passé, présent, peine, courage, force et amour…

J’espère que ton “petit moi” vit sa vie présente avec bonheur.
Ton livre poétique et émouvant d’où se dégage une force très positive, m’a fait énormément de bien…
Merci Alexandra, pour ce que tu es. Quel bel exemple d’accomplissement tu nous offres !

À lire absolument…

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Extraits :

« “Pourquoi une histoire sur tes origines ? me demande mon oncle. Tu as déjà écrit deux romans qui y font allusion.
– Cette fois-ci, je n’ai pas envie d’écrire un roman.
– Tu veux parler de toi ? Entre autres. De moi, de l’identité, de la place qu’on occupe, de l’importance de la littérature, des mots et des langues. De mes parents, aussi.
– Mais tu n’as pas de souvenirs d’eux, que vas-tu faire ? Les inventer ?”
L’invention de mes parents. L’invention d’une vie. »

« Je suis née à huit ans, sept mois et douze jours.
Des cris de partout, à gauche, à droite, impossibles à faire taire. L’ensemble des pleurs en concert improvisé provient d’une quinzaine de nouveau-nés qui à eux tous cumulaient au maximum trente-deux jours.
De là où je suis, je ne vois rien, je ne fais qu’entendre ces cris. »

« Immédiatement après l’annonce de la mort de mes parents, il a fallu que je connaisse toute la vérité, si terrible soit-elle, si durs soient les mots et les images. Je ne savais pas à quel point établir une exactitude est une sorte de graal impossible à atteindre. Et si certaines réponses remplissaient des vides, elles ne les comblaient pas tous. »

« Je regarde le calendrier.
Dans moins d’un mois, le 19 août, jour de l’accident, je serai de nouveau cette petite fille qui perd ses parents. Il me faut alors écrire, écrire contre le temps, les retrouver, dans ce cahier noirci de leurs contours, attraper quelque chose que je ne saurais pas encore. Le temps joue contre moi. Cette date me terrifie autant qu’elle me galvanise.
Je replonge dans les jours de deuil. »

« Les livres sont ces histoires qui me permettent de saisir que la vie est faite d’embûches dont il faut se relever.
Je ne le sais pas encore, mais je suis sur le chemin du deuil.
Si les adultes ne peuvent répondre à mes questions, les livres le font.
La langue écrite, langue du savoir, de la distance, du choix des mots, d’un rythme, me permet des bonds de pierre en pierre, d’histoire en histoire, d’aller plus loin que l’expérience acquise dans une vie seule. »

 

Alexandra Koszelyk est née en 1976 à Caen. Ayant vécu dans son enfance dans une commune située près de Caen (Normandie), elle mène dans cette ville ses études secondaires et supérieures.

Elle devient professeure de lettres classiques dans les Yvelines, tout en se consacrant à l’écriture. Elle est lauréate de plusieurs prix comme le prix Vleel 2022, ou le Prix Totem des lycéens 2020.

Chez Alexandra Koszelyk, le surnaturel s’invite dans les grands et les petits drames de l’Histoire, avec des romans « sidérant de poésie et d’actualité ». Cette écrivaine a baigné dans la culture ukrainienne héritée de ses grands-parents, émigrés en France dans les années 1930 (venant de la région de Galicie).

C’est aussi une blogueuse littéraire.
Sur son blog “Bric à Book”, elle organise chaque semaine des ateliers d’écriture.

– À crier dans les ruines, 2019.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/22/a-crier-dans-les-ruines/

– La Dixième Muse, 2021.
– Le Sanctuaire d’Emona, 2022.
– L’Archiviste, 2022.

Émotion, Histoire vraie, Philosophique, Psychologie, Témoignage

Le Livre de seth

de Jane Roberts
Poche – 4 janvier 1999
Éditions : J’ai Lu

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Qui est Seth ? Un personnage biblique né d’Adam et d’Eve ? Un dieu égyptien ? Une entité supraterrestre ?
“Une personnalité d’essence énergétique” : c’est ainsi qu’il se définit lui-même. Pendant une quinzaine d’années, Jane Roberts, médium réputé aux Etats-Unis, a communiqué avec lui, recueillant un message d’une inestimable valeur.
Nous sommes maîtres de notre destin et créons notre propre réalité, nous dit Seth. La réincarnation n’est qu’une péripétie, une des formes de notre existence multidimensionnelle. Car nous sommes composés de personnalités “fragments”, qui sont autant de projections de nos pensées.
Le temps ne serait-il que rêve et Dieu notre conscience primaire, toujours en expansion. Une des grandes questions que pose Le livre de Seth.

 

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Ce livre-témoignage raconte le vécu de Jane Roberts, et la médiumnité.
Un livre est très intéressant à plusieurs niveaux, qui m’a pas mal impressionné, même s’il est parfois difficile à comprendre, tant certains concepts sont difficiles à appréhender.
Par exemple, la notion que le temps n’existerait pas est assez perturbante, il m’a fallu plusieurs chapitres, et quelques relectures pour commencer à l’assimiler. L’idée aussi que des “MOI” multiples – passés et futurs – puissent m’aider dans mes rêves et dans le temps présent est assez fabuleuse.

Que ce soit Seth, un esprit désincarné qui parle de l’au-delà ou le propre subconscient de Jane qui s’adresse à nous, ne rend ni plus ni moins crédible ce témoignage.
Personnellement, je pense qu’il s’agit de deux personnalités bien distinctes. Ce livre et tout ce qui tournait autour de Seth a marqué la génération New Age. Il a été très critiqué par l’Église et les scientifiques à l’époque qui y voient une mystification. Et pour cause, les messages retransmis par Jane, sont une remise en cause des croyances scientifiques et des religieuses établies. Je vais, pour vous rester neutre. Je pense que ce témoignage mérite qu’on s’y attarde, au même titre que n’importe quelle philosophie, religion ou théorie scientifique, du fait qu’il ait de nombreux recoupements entre eux.

Pour Seth, la réincarnation n’est pas une punition. L’âme qui repose dans le néant (ou nirvana chez les bouddhistes) choisit de revenir vivre une nouvelle existence pour se parfaire, dans le passé ou le futur. Ainsi, l’homme est totalement libre. Aucun dieu ne décide pour lui, ni ne le châtie, ni le récompense. Le processus serait donc cyclique et se perd dans l’infini.

Il a fallu que je m’accroche vraiment sur certains chapitres, mais “Le livre de Seth” est l’un des meilleurs livres sur le développement personnel que j’ai pu lire jusqu’à présent, même, si je trouve que les traductions des textes posent des soucis de compréhension, et sont régulièrement assez déconcertante, et je ne parle pas des fautes d’orthographes.

D’ailleurs, peut-être, y trouverez-vous la réponse à LA QUESTION que tout le monde se pose au moins une fois dans sa vie : Pourquoi suis-je ICI ?
La réponse est… EXTRAORDINAIRE et très enthousiasmante !
Depuis quelques années, ce sujet a fait de moi une personne beaucoup plus sereine face à l’idée de la mort.

Une très belle lecture pour ceux qui n’ont pas peur de se confronter à leurs propres idées, un livre qui même s’il n’est pas acceptés par tous, reste de toute façon très intéressants…

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Extraits :

« Bien que vous ne puissiez me trouver, vous savez que je suis présent. Vos parents semblent disparaître et s’évanouir dans le néant. Je peux vous assurer qu’ils continuent à vivre. La mort est un autre commencement qui ne réduit pas pour autant au silence. La voix que vous entendez maintenant est-elle silence ? La présence que vous sentez dans cette pièce n’est-elle pas réelle ? »

« Rob et moi étions à peine religieux même dans l’acception conventionnelle du terme. Nous n’étions pas allés à l’église pendant des années, sauf pour assister aux mariages et aux funérailles. j’avais été élavée dans la religion catholique, mais plus je vieillissais et plus il m’était difficile d’accepter le Dieu de mes ancêtres. Je Le soupçonnais même d’être aussi mort qu’eux. Le paradis qui m’avait soutenue pendant mon enfance me sembla, pendant l’adolescence, un simulacre sans consistance de la vraie vie. Qui pouvait avoir envie de s’asseoir en rond pour chanter des hymnes à Dieu le père, même s’il existait ? Et quelle sorte de Dieu intelligent pouvait avoir besoin d’une adoration constante ? De toute évidence, un Dieu terriblement humain, et pas très sûr de lui ! »

« D’autres voient l’univers comme une sorte de théâtre dans lequel nous sommes projetés à la naissance et d’où nous disparaissons pour toujours à la mort. Ceux qui ont une telle attitude voient se profiler une menace à l’aube de chaque jour nouveau. Même la joie sera tenue pour suspecte puisqu’elle doit, elle aussi, s’achever dans la certitude définitive de la mort du corps. »

 

Jane Roberts (1929-1984) est née et a vécu dans l’État de New York. Autrice d’une trentaine d’ouvrages (poèmes, nouvelles et essais), elle a, pendant vingt ans, reçu le “matériau” de Seth, ouvrant la voie au phénomène moderne du channeling. Elle a donc canalisé Seth, un sage enseignant. Mais pas un sage de la planète Terre. Un sage de l’univers. Et surtout, des univers… Multidimensionnel, concret, métaphysique et pratique à la fois, Seth peut changer notre histoire spirituelle comme notre vie quotidienne. Du channeling à une nouvelle spiritualité, de la psychologie à la philosophie, de la santé à l’alimentation, de la famille au travail, des végétaux aux animaux, ou encore du sexe à l’amour, Seth nous ouvre grand les portes de la perception et de sa compréhension, nous stimule et nous fait un bien rare, dont l’énergie subtile monte crescendo au fil de ses livres initiatiques.

Traduits en 20 langues pour plus de 20 millions de lecteurs, la pensée et les messages de Seth sont aujourd’hui repris de par le monde dans les plus grands scénarios de films, œuvres avant-gardistes, et méthodes de soin ou de mieux-être.

Émotion, Drame, Histoire vraie, Psychologie, Témoignage

Sauter dans les flaques

de Laurent Buchheit
Poche – février 2024
Éditions : Des livres et du rêve

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Lorsque Laurent pousse ses premiers cris par une froide nuit d’hiver, aucune bonne fée ne se penche sur son berceau. Retiré à ses parents à tout juste trois ans, il est d’abord placé en orphelinat. À la violence familiale succèdent la solitude et l’austérité. Viennent ensuite les familles d’accueil successives, qui lui offrent l’amour, la tendresse et la sécurité dont il a tant manqué. Alors, quand cet équilibre est menacé par la perspective d’un nouveau placement, du haut de ses sept ans, Laurent fait entendre sa voix pour la première fois. Dans ce roman autobiographique, l’auteur livre un témoignage poignant et poétique d’enfant placé qui, au coeur des années soixante-dix, se bat pour que les services dits “de protection de l’enfance” et la société acceptent enfin que les liens du coeur puissent être plus forts que ceux du sang.

 

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En début de lecture, mon premier réflexe fut, Sauter dans les flaques, le roman dont j’aurais préféré qu’il n’existât jamais.

C’est suite aux ateliers d’écriture et au coaching de René Manzor, que Laurent Buchheit entrevoit la possibilité de “se raconter” dans ce premier roman. Un roman où son petit “moi” a été un enfant perdu toute une première partie de sa vie. Il lui aura ainsi fallu quinze ans de déchirures et de peurs d’enfant avant de se trouver, et de trouver la famille de cœur qu’il recherchait et dont il avait tant besoin.

Je ne souhaiterai jamais, ni à un enfant, ni à un adulte, ni à mon pire ennemi la vie endurée par Laurent.
Mais malheureusement, la vie est ainsi faite. Certains d’entre-nous n’ont pas de chance, ou pas le bon Dieu peut-être ? Dans tous les cas, ils vivent seuls, perdus, dans l’attente d’un renouveau, d’un soleil à leur horizon, escomptant une vie meilleure, mais toujours est-il qu’en attendant, ils vivent une triste vie. Une vie, où chaque jour sera une nouvelle parenthèse remplie de vide, si elle n’est pas simplement une nouvelle journée de souffrance. Rien de physique dans notre cas, où très peu, mais une vraie souffrance psychologique où le petit “moi” de Laurent, passe son temps à se demander “Pourquoi Lui ?”.

Que d’émotion dans ce récit.
Confié à une voisine de chambrée, le jour de sa naissance, sa mère se sentant incapable de s’en occuper…Jusqu’à ses trois ans, Laurent vivra avec ses deux sœurs, légèrement plus âgées, enfermés dans une chambre qu’ils ne quitteront jamais. Une enfance passée au milieu des cris et des pleurs d’une mère battue par un père alcoolique. Puis, il découvrira une autre prison, l’orphelinat. C’est pour lui un enfer ! Quelque temps plus tard, sans explication aucune, on le place dans une famille d’accueil. Il découvre enfin une certaine paix et de l’amour… Mais ce serait trop simple, il sera placé encore dans une autre famille d’accueil – surtout ne jamais s’attacher aux personnes chez qui il ”doit” vivre ! Laurent doit tout réapprendre… Essayer de comprendre.
Pages après pages, Laurent nous fait découvrir son parcours, de la naissance à sa majorité. C’est un livre court, mais en quelques pages, j’ai pu “observer”, les tremblements et les tourments vécus par ce petit “moi”, les failles des services sociaux durant les années 70 ! Fonctionnent-ils encore de la sorte ? J’espère bien que non… Mais il reste un récit puissant par les sentiments, les ressentis qu’il dégage. C’est très réaliste et très poétique parfois.

À la fin de ma lecture, j’ai eu envie de parler à mes enfants, de les voir, de prendre mon petit-fils dans mes bras et de lui faire un gros câlin.
Quel animal sommes-nous donc pour ne pouvoir aimer son propre enfant ? Je ne suis pas sûr que cela existe ailleurs dans la nature… Mais heureusement, Laurent, grâce à des personnes bienveillantes qui vont l’entourer, va trouver son chemin… Et finalement, c’est ce que l’on retient à la fin du récit, le petit “moi” va trouver son destin, trouver le droit à l’amour d’une famille et enfin, pouvoir sauter dans les flaques !

Merci Laurent pour ce témoignage très touchant, merci de nous l’avoir transmis. Peut-être pourra-t-il aider et je l’espère très fort, d’autres petits “moi” qui sont encore perdus !

Je tenais aussi à remercier Angie Lollia des Éditions “Des livres et du rêve”, ainsi que René Manzor, de m’avoir permis de travailler sur la couverture de ce très beau roman…

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Extraits :

« Quelques minutes plus tard, ma main dans celle de l’assistante sociale, je sortais de la maison pour la première fois. Comment vous exprimer ce que je ressentais alors ?
Aujourd’hui encore, je n’arrive pas à trouver les mots.
Tout m’émerveillait. Les flocons, bien sûr, mais aussi les gens dans la rue, les voitures, les arbres, les vélos ! Tout ce qui pour vous fait partie de la vie courante. Le manteau de neige était bien plus haut que moi et ma petite main en caressait la surface. »

« Avec le recul, je me dis que ces périodes sombres, que je ne souhaite à personne, ont sûrement forgé mon caractère. Avoir trois ans et être contraint de se défendre comme j’ai dû le faire a forcément laissé des traces. J’ai vite compris que les grandes personnes fermaient les yeux. Croyaient-elles faire disparaître les horreurs en ignorant leur existence ? »

« Tout avait été décidé sans que je ne sois au courant, comme si mon opinion ne comptait pas ou, pire, comme si je n’en avais pas ! Qu’est-ce qui pouvait justifier pareille inhumanité ? Un enfant, était-il juste un « dossier », pour eux ? Un lit à vider pour faire place au nouvel entrant ? Les Services Sociaux, n’étaient-ils qu’un bout de sparadrap que l’on colle sur les plaies pour cacher les blessures au lieu de les soigner ? Et que l’on arrache, quand bon vous semble, en déchirant la croûte qui essayait vainement de cicatriser en dessous ?
Je n’étais que le cri que l’on pousse, à ce moment-là. La douleur que l’on garde en soi quand ils arrachent le sparadrap : petit, inoffensif et sans paroles.
Un dossier.
Le gamin du dortoir 27 qu’il fallait placer au plus vite.
Quel sentiment étrange que celui d’être à la merci de gens qui vous sont totalement étrangers, d’avoir un jouet et une valise comme seuls derniers repères de ce qu’était votre vie quelques instants auparavant. »

« – Il s’y fera ! Pensaient les spécialistes de l’enfance.
Aujourd’hui encore, je ressens cette froideur.
Ce n’était pas juste les barreaux métalliques du lit, le carrelage de la salle d’eau et les nuits sans chauffage, non… c’était les regards du personnel, leurs gestes sans douceur, leur discipline sans âme…
Mes trois années d’existence n’avaient été jusque-là qu’hiver. J’étais comme un arbre sans feuillage, exposé aux vents, qui ne demandait qu’une faveur : avoir le droit de fleurir. »

 

Laurent Buchheit vit dans le Grand Est et partage son temps entre la Lorraine et Majorque. Il est originaire de Bitche, en Moselle. Il y passe ses premières années à l’ombre de la citadelle avant d’être placé dans un orphelinat à Metz, puis en familles d’accueil. Il portait en lui depuis longtemps l’envie de coucher sur le papier son histoire et son combat. Le déclic est venu lorsqu’il a découvert les ateliers d’écriture et le coaching de René Manzor, auteur et réalisateur de renom, qui l’a aidé à accoucher de ce récit. Dans ce tout premier roman, il raconte ses déchirures, ses peurs d’enfant, ses espoirs et son combat pour le droit à l’amour d’une famille.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Merci maîtresse !

De rien c’est mon job
de Anouk F.
Poche – 4 avril 2024
Éditions : Mon Poche

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C’est l’histoire de Carla, qui est venue et qui a dû repartir. Trop vite. C’est l’histoire de Martim, qui aurait préféré ne pas être là, avec nous. C’est aussi celle d’Habib, qui espère chaque matin qu’il y aura sport aujourd’hui. C’est l’histoire de Valentine et de son papa. D’Adriano et de la quiche qu’il a vomie sur sa dictée ce matin. De Timéo, qui n’avait pas de chat mais des griffures quand même. De la corde de Laurence, la directrice, sur laquelle on a un peu trop tiré. C’est leur histoire à tous. Et la mienne, aussi. L’histoire de mon école, de notre école. Et de la vôtre aussi, sûrement.

 

• Couv_2024-046_F. Anouk - Merci maîtresse ! De rien c'est mon job

 

Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais avoir un “petit” livre entre les mains, quelques pages à lire avant la fin de la journée…

Vous l’aurez compris, le récit raconte l’histoire d’une « maîtresse ». Elle enseigne dans une classe de CE2 constituée d’enfants parlant plusieurs langues. Nos enfants ont changé. Les parents plus difficiles à gérer, dans cette société qui exige toujours plus de performances.

J’ai très vite été happée par le roman… Par cette maîtresse très touchante, par ses élèves venant de diverses origines sociales.
On ne devient pas enseignant par hasard, on ne le fait pas non plus pour l’argent. C’est pour moi, lorsqu’il est bien fait, un des plus beaux métiers qui soit, et j’ai voulu moi-même à un moment de ma vie être enseignant dans les Arts Graphiques…

Anouk F., raconte une belle histoire, sûrement son histoire, son quotidien, drôle ou triste, avec beaucoup d’émotion et de respect pour “ses” enfants.
Je suis sorti de mon rôle de lecteur, pour redevenir l’enfant que j’avais été avec la chance que j’avais eue avec ma maîtresse au CP. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontrait, elle continuait à sourire, et à nous donner la confiance, qui nous manquait pour la plupart. J’étais moi-même un enfant allophone, comme la plupart des élèves de la classe. Nous venions tous d’horizons différents, mais arrivions quand même à communiquer, avec les mains, les yeux, des grimaces aussi et parfois avec la bouche. Malgré nos couleurs de peaux différentes, nous étions tous pareils…

J’ai retrouvé, beaucoup de choses vécues, à travers ces quelques pages. J’ai pu imaginer très facilement la fierté, que devait ressentir certains enseignants lorsqu’ils atteignent leurs objectifs sans jamais baisser les bras, lorsqu’ils voyaient l’évolution de leurs élèves, toujours avec beaucoup de dévouement.

Merci maîtresse !, est une belle histoire, l’histoire de mon école, de notre école, l’histoire d’une maîtresse qui ouvre les portes de sa classe, et qui sut ouvrir son cœur dans son quotidien, avec une vraie sincérité. Soyez tous les bienvenus dans sa classe, venez partager ses joies et ses tristesses !
J’ai souri, j’ai pleuré, j’ai passé un réel moment de bonheur avec ce livre, une nouvelle fois un “coup de cœur”.
Une histoire que je vous recommande vivement et qui s’adresse à tous.

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Extraits :

« Je veux être au service des autres, oui, encore.

Mais j’aimerais que ces autres ne soient plus cachés derrière leur poste de radio, qu’ils soient là, en face de moi. Je verrais leurs yeux, leurs oreilles.
Ils ne pourraient pas tourner le bouton quand ce que je leur dirais ne les intéresserait plus. Ils baisseraient peut-être les yeux, les oreilles, mais je le saurais, je le verrais. Alors je me reprendrais. »

« 11 h 45. Je ramène la plupart des enfants au portail. Rares sont ceux qui mangent à la cantine, en ce jour de rentrée. La maman de Kahina est aux premières loges, inquiète. Persuadée, de toute façon, que ça s’est mal passé. »

« Je crois que je suis vraiment devenue enseignante le jour où j’ai accepté de ne pas être capable de tout faire, en tout cas pas tout de suite. Je crois que j’ai failli quitter ce métier à chaque fois que je me suis rendu compte que je ne pourrai pas les aider tous, en tout cas pas comme il faut. »

« MAIS ON NE GAGNE PAS à tous les coups. Loin de là. Souvent, même, on se ramasse complètement. On essaie, c’est l’essentiel, finalement. Il faut juste savoir se le dire, et y croire. »

« Je vois, oui, très bien. J’ai même envie de pleurer tellement je vois. Amina regarde Yacine. Tout le monde regarde Yacine. Quand il s’en aperçoit, quand il entend que je le félicite, que je le remercie, il est fier, mon petit bonhomme de travers, et il a de quoi. »

 

Après avoir été journaliste pendant plus de huit ans pour Radio France, Anouk F. démissionne et s’inscrit en candidat libre au concours de professeur des écoles. Elle commence à enseigner en septembre 2013 et est actuellement “maîtresse” dans le sud de la France, dans une école REP (Réseau d’Éducation Prioritaire), dite “de regroupement”, accueillant des enfants allophones.

son blog : https://merci-maitresse.fr/
page Facebook : https://www.facebook.com/AnoukF2
Twitter : https://twitter.com/AnoukF2

Émotion, Drame, Histoire vraie, Témoignage

Ne t’arrête pas de courir

de Mathieu Palain
Poche – 12 janvier 2023
Éditeur : Collection Proche

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C’est l’histoire d’un athlète qui a choisi de gâcher sa vie.

Toumany Coulibaly est champion le jour, voyou la nuit. C’est l’histoire d’un journaliste qui a grandi dans le même quartier de banlieue, à la même époque. Mathieu Palain, lui, est tombé du bon côté de la vie. C’est l’histoire d’une amitié née dans un parloir de prison, et dont chaque page est comme une décharge d’adrénaline.

 

• Couv_2024-025_Palain Mathieu - Ne t'arrête pas de courir

 

Ne t’arrête pas de courir, raconte la vie de Toumany Coulibaly, grand sportif et délinquant. Il a passé sa jeunesse en Essonne. Le sport, c’est sa vie. Ce n’est pas un mauvais homme, mais il ne peut s’empêcher de voler, c’est une vraie addiction qu’il ne contrôle pas du tout !
Alors régulièrement il se retrouve en prison pour de multiples cambriolages, bien qu’en parallèle, il soit champion de France dans sa catégorie.
Pourquoi ne peut-il pas se contrôler ? D’où lui vient ce besoin d’adrénaline dès qu’il enfile une cagoule pour braquer pharmacies ou supermarchés ?

Mathieu Palain est Journaliste et écrivain. Fasciné par le parcours incroyable de l’athlète, il lui demande la permission de le rencontrer afin d’en avoir plus sur lui. À travers ses confidences, alors que tout semblait les opposer, petit à petit s’installera une certaine intimité dans cette histoire vraie !
Plus qu’un journaliste, à travers les parloirs, et avec les proches de Coulibaly, Mathieu a presque le rôle d’un psychologue ou d’un grand frère, en l’aidant de son mieux et finalement, c’est une véritable amitié va lier les deux hommes.

Un “face-à-face” passionnant, plein de vie et enrichissant à tous les niveaux.
Quand la vérité rattrape la fiction… Une belle découverte !

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Extraits :

« Je m’appelle Mathieu Palain. Je suis journaliste. Je ne veux pas vous faire chier. Je sais simplement, parce que j’ai passé ma vie à Ris, Evry, Grigny, Corbeil, qu’il y a des choses que les journalistes ne peuvent pas comprendre. Disiz La Peste a fait une chanson là-dessus, le “Banlieusard Syndrome”. Une histoire de spirale du mec de tess, le truc qui fait qu’on a beau chercher à s’enfuir, le quartier nous rattrape.
Je sais que ce n’est pas facile, et que s’entraîner dans une promenade à Fresnes est un non-sens. Mais j’aimerais vous rencontrer. Je ne suis pas psychologue, mais je pense que je comprends. »

« – Je l’ai acheté ici. 500 euros. Tout le monde a un téléphone. Sans ça, tu subis vraiment.
– Qui les fait entrer ?
– Des détenus. Des surveillants. Un vieil iPhone comme le mien, ils le touchent autour de 80 euros dehors, mais à l’intérieur, ça se vend facile 500. À Fresnes, c’était 1000 euros.
– Et tu t’es jamais fait repérer ?
– Non. Mais c’est réglo, si tu les fais pas chier, les surveillants te laissent tranquille. »

« Qui suis-je ?
Je suis insaisissable.
Derrière mon sourire et mes attitudes gentilles, il ne faut surtout pas qu’on gratte trop le vernis parce que je crois que je suis un monstre sans CŒUR.
Je veux toujours faire bonne impression. Le regard des autres est important, je veux tellement plaire que je ne dis jamais NON. Même si je sais que ça va me mettre dans des histoires. Mais jamais je ne me battrais. Je n’aime pas la violence et je suis LÂCHE.
Les autres le savent vite et profitent de mes faiblesses. »

« Le Parisien lui consacre un nouvel article. L’angle, c’est qu’après avoir longtemps brillé par ses cambriolages, Toumany cherche la rédemption.
“Aujourd’hui, je ne devrais pas être libre. Sans le soutien de mes proches, l’aide de mon club et la clémence de la justice, c’est en prison que je devrais être.” Toumany Coulibaly, 28 ans, athlète du club de l’ES Montgeron (Essonne), est loin d’être un ange. “J’ai fait des conneries et je les paye, c’est logique. J’ai été puni l’an dernier de vingt-deux mois de prison. Je n’en ai fait que trois. J’attends encore un jugement qui pourrait être lourd si je me présente en disant que je n’ai pas d’avenir. Grâce à l’athlétisme, j’en ai un”, argumente l’élève de la médaillée olympique Patricia Girard, qui participe samedi aux championnats de France en salle à Aubière (Puy-de-Dôme). »

Mathieu Palain est journaliste et romancier.
Son deuxième livre, Ne t’arrête pas de courir, est une révélation. En quelques mois, il a reçu douze prix littéraires, parmi les plus prestigieux.

Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Un invincible été

Les Déracinés****
de Catherine Bardon
Poche – Illustré, 7 avril 2022
Éditeur : Pocket

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Depuis son retour à Sosúa, en République dominicaine, Ruth se bat aux côtés d’Almah pour les siens et pour la mémoire de sa communauté, alors que les touristes commencent à déferler sur l’île. Passionnée, sa fille Gaya affirme son indépendance et part étudier aux États-Unis, où Arturo et Nathan mènent leurs vies d’artistes.
La tribu Rosenheck-Soteras a fait sienne la maxime de la poétesse Salomé Ureña : “C’est en continuant à nous battre pour créer le pays dont nous rêvons que nous ferons une patrie de la terre qui est sous nos pieds.”
Mais l’ Histoire, comme toujours, les rattrape : de l’attentat du World Trade Center au terrible séisme de 2010 en Haïti, en passant par les émeutes en République dominicaine… chacun devra tracer son chemin, malgré les obstacles et la folie du monde.

 

• Couv_2024-020_Bardon Catherine - Un invincible été

 

Un invincible été clôt cette magnifique saga coup de cœur. Un dernier tome que j’ai particulièrement apprécié, même si j’ai Ressenti de la tristesse tout au long de ma lecture. Tristesse, car Catherine nous conte les derniers moments de vie de certains personnages que je côtoyais comme des amis, tristesse, car je sais que je ne les “reverrai” plus… Ils me manqueront…

La saga a commencé dans les années 30 à Vienne, ce dernier tome qui ne peut pas se lire indépendamment des trois autres, raconte un peu plus de trente ans de la famille d’Almah et Wilhem, qui réside désormais à Sosúa, couvrant la période 1980 à 2012. La plupart des anciens de la colonie ont disparu petit à petit. Almah et sa fille Ruth se battent afin que personne ne les oublie jamais, malgré ce monde nouveau qui évolue à toute vitesse, et les grands événements du monde qui nous ont tous marqué. Chute du mur de Berlin, les deux tours du World Trade center qui se sont effondrées, le réchauffement climatique et les tremblements de terre à Haïti. Chacune de ces épreuves va unir et renforcer les liens déjà très fort qui les unissaient tous.

Plus qu’un hommage à la communauté juive, Catherine Bardon nous offre une formidable leçon de vie dans tous les sens du terme. Le roman est beau. Il est fort et triste. Il distille même de la nostalgie. Mais il est particulièrement empreint d’une énergie et d’un grand optimisme chez cette famille depuis le tout premier tome !

Merci Catherine, pour ce travail exceptionnel que tu as réalisé, pour ce cadeau que tu nous offres. Je suis allé à Sosúa avec l’empreinte de tes mots dans mon esprit. Avec ma femme, nous nous sommes beaucoup promenés, nous nous sommes même amusés à nous “perdre” plusieurs fois afin de rencontrer les personnes que tu décrivais dans tes romans. Celles et ceux qui vivent sur place. Nous avons connu ainsi de merveilleux moments d’échanges et de partages dans des endroits encore un peu “perdus” où la mondialisation n’a pas encore utilisé son rouleau compresseur.

Ainsi s’achève donc cette tétralogie merveilleuse et poignante… À lire absolument !

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Extrait :

« Gaya redoutait cette cérémonie. Quinze ans. Est-ce qu’on en faisait tout un plat pour les garçons ? On allait lui coller une étiquette sur le front : « Femme, prête à être courtisée, prête à être… consommée. » Absurde !
Elle avait été tentée à maintes reprises de se dérober.
Si elle l’avait vraiment voulu, il n’y aurait pas eu de fête. Mais elle aimait trop les siens pour les décevoir.
Et puis il fallait rendre les invitations aux fêtes de ses amies et elle ne pouvait être en reste avec Alicia et Elvira, ses cousines. Gaya entrerait dans sa vie de femme par la porte solennelle de la quinceañera. C’était ainsi dans son île. Une obligation familiale, sociale, culturelle, autant que mondaine. »

« Et voilà, Gaya, ma petite sauvageonne, entrait dans le monde des adultes. Comme la mienne, son enfance de liberté avait fait d’elle une fille aventureuse, résistante, endurante et combative. Gaya et son charme d’animal sauvage, sa brusquerie de garçon manqué, ses extravagances de tête brûlée, son regard farouche d’adolescente en colère, ses jambes musclées habituées à courir le campo, ses seins trop ronds, cette poitrine apparue tardivement dont je savais qu’elle l’encombrait inutilement, Gaya et sa détermination qui pouvait virer à l’entêtement, voire à la rébellion, Gaya et ses contradictions que je percevais intuitivement sans qu’elle s’en fût jamais ouverte à moi. »

« Chaque fois que j’écrivais à Arturo, et ça ne m’arrivait qu’avec lui, je sentais une fièvre s’emparer de moi, un élan me propulser. Et je me disais que, oui, j’aimais écrire, j’aimais choisir le mot juste, l’adjectif lumineux, l’adverbe astucieux, ordonner les termes, utiliser les signes de ponctuation déconsidérés. Je réfléchissais à chaque phrase, je voulais qu’elle exprime au plus juste ce qui était tapi au fond de moi. Nul doute que j’y mettais bien plus de cœur qu’à la rédaction de mes articles, même les plus excitants. Écrire à Arturo, c’était mettre mon âme à nu, mon cœur noir sur blanc, et je savais qu’en me lisant, il en avait l’intuition intime. Car dans le tourbillon de nos vies, il y avait la permanence rassurante de notre relation, qui jamais ne s’essoufflait.
Je vérifiai avec de douces pressions que la pompe de mon stylo n’était pas grippée et je sortis mon beau vélin, lisse et doux, sur lequel ma plume glissait comme sur de la soie. »

« On doit chaque fois écrire comme si l’on écrivait pour la première et la dernière fois. Dire autant de choses que si l’on faisait ses adieux et les dire aussi bien que si l’on faisait ses débuts. »

 

Depuis leur rencontre fortuite, Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine. Ce pays l’a instantanément habitée, et, à travers ses guides de voyage et un livre de photographie, elle a toujours cherché à savoir ce qui se cachait derrière l’image trop policée de peinture naïve, les réalités politiques, sociales, culturelles.
En 1991, elle est émue par la rencontre avec l’un des derniers pionniers de Sosúa. Quelques années plus tard, elle décide de raconter l’histoire de cette colonie juive installée à partir de 1940 sur l’île dans la saga Les Déracinés, publiée aux Éditions Les Escales.

Les trois premiers tomes :
Les Déracinés

L’Américaine
https://leressentidejeanpaul.com/2020/07/06/lamericaine/

Et la vie reprit son cours
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/22/et-la-vie-reprit-son-cours/

Un invincible été, quatrième et dernier volume de la saga, a paru en 2021 chez le même éditeur.

Émotion, Drame, Histoire vraie, Psychologie, Thriller ésotérique

Forget me not

de Éric D’Aura
Broché – 16 septembre 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Un polar machiavélique à l’humour décapant.

Un homme disparu pendant vingt ans, une succession de mystérieux meurtres rituels, un médecin légiste à la personnalité loufoque, narrateur sarcastique et principal suspect…
Manipulations, énigmes religieuses et faux semblants vont jalonner cette enquête trépidante aux rebondissements multiples, sur fond de Côte d’Azur. Des personnages déjantés, une capitaine aussi talentueuse qu’expéditive.

Vivez en immersion, heure par heure, une affaire inédite qui vous laissera à bout de souffle, au bord du précipice.
Inspiré de faits réels.

 

• Couv_2024-003_D'Aura Éric - Forget me not

 

Je termine mon roman, le ferme, le dépose sur mon bureau avec respect. La première question qui titille mon esprit est : “Qui est Éric D’Aura, d’où vient-il ?”

La règle du “premier roman” sera toujours pour moi, un mystère, une nouvelle vision, de la magie, une aventure qui requiert patience et rigueur, le prolongement de l’œil de l’auteur qui doit savoir aussi capter ma vue, mon odorat, mais le goût aussi, le toucher, et faire marcher mes sens et ceux de tous les lecteurs afin de les happer dans de nouvelles aventures…
Mais qui est Éric D’Aura ?

Lorsque j’ai pris ce livre, je l’ai feuilleté un moment et me suis dit “Oups ! Cinq cents pages écrites en petit, et des pages qui respirent peu, il va falloir s’accrocher !”
Encore une fois, je me suis fait avoir comme un débutant !
Car très vite, je baignais dans un monde qui me convenait et que j’aimais vraiment. De l’Histoire, de l’érudition, une enquête, non, des enquêtes gigognes pleines de suspenses, de la folie teintées d’étrangetés, de l’ésotérisme, des enquêtes qui se poursuivent sur plusieurs dizaines d’années, des messages secrets qui semblent traverser le temps, des jumeaux, des jumelles et au milieu de tout ça, Démétrius Collaki.

Démétrius Collaki. Quel personnage. Le personnage !
Dès le premier jour de son arrivée à l’IML de Nice, Démétrius Collaki, médecin légiste, a à peine le temps de faire connaissance avec ses collègues que sa première enquête démarre à toute vitesse et va le conduire là où il ne s’attendant pas du tout. Vers son passé.
Que se passe-t-il ? Un piège ? Chercherait-on à lui nuire ?

Des personnages forts bien choisis, très imagés que je me suis amusé à les imaginer… Et lui, petit et gros ? Elle plutôt fine, brune au carré, le grand rougeot qui veut toujours avoir raison… Bref, une sacrée équipe.
Au fur et à mesure de ma lecture, mais surtout des dialogues et une fois ma première surprise passée, après plusieurs éclats de rire, j’ai juste eu à me laisser emporter par des calembours qui n’ont cessé tout le long du récit et Démétrius Collaki/Éric D’Aura, n’a rien à envier aux grands, Raymond Devos, Pierre Desproges et et d’autre encore… Un coté un tant soit peu désuet, une vrai maîtrise du vocabulaire du rythme.
Un premier roman qui bouscule, qui percute qui explose !!!
Mais, où dons était caché Éric D’Aura durant toutes ces années ?

Un récit multipliant les faux-semblants, les mensonges et les manipulations. Qui va-vous perdre à de nombreuses reprises, jusqu’à la fin complètement inattendue, mais que c’est bon.
Quel style, quelle classe, ça fait un bien fou. De la vraie littérature “française”, de vrais exquis mots !
Éric D’Aura un auteur définitivement à poursuivre !

Merci à Angie Lollia des éditions Des livres et du Rêve, pour cette excellente surprise !

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Extraits :

« – Ah, d’accord. Tu plussoies, dis-tu ? Je ne connais pas ce terme, tu m’en vois confus.

– Oui, le verbe plussoyer. C’est un néologisme Internet.
– Aaaah, voilà pourquoi. Plussoyer ? Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
– Ben, c’est le fait de noter +1 sur Facebook, Tweeter, les réseaux sociaux quoi !
– Ah OK. Les latrines du web, quoi !
– Pourquoi les latrines du web ? rétorque Cassiopée un soupçon vexée.
– Eh bien c’est très simple. Coupez-moi si je me trompe, et je parle sous votre contrôle, c’est très en vogue de parler sous le contrôle d’autrui, mais évidemment c’est une formule purement rhétorique et stupide, il est bien question ici, de ces réseaux dits “sociaux”, sur lesquels des personnes bien intentionnées, occupent leur temps libre à vomir sur leurs prochains, et qui cachées derrière leur écran aux vertus désinhibantes, se sentent subitement affranchies et décomplexées, au point d’être dès lors victimes de diarrhées verbales acides, et souvent même en apparente contradiction avec leur propre personnalité, n’est-ce pas ? Ensuite, selon le principe rabelaisien, les suiveurs dénués de tout bon sens, cliquent à tout-va dans la foulée, Panurge oblige, et se jettent ainsi dans la fosse ; septique. En conclusion, on affirme évidemment que c’est viral. »

« – Non, je suis lucide. Je tiens plus à ma fille qu’à ma propre vie, mais elle ne serait pas heureuse avec moi, je ne suis jamais là, peu disponible, trop mobile. Son bien-être nécessite des repères et de la routine. L’amour impose parfois quelques sacrifices, aimer n’est pas posséder, mais désirer le bonheur de l’autre, même loin de soi. Ne croyez-vous pas ? »

« – Dites-moi, vous possédez des connaissances pour le moins surprenantes, même si on sait désormais que Démétrius peut se conjuguer au pluriel, selon vos propos.
– Vous avez retenu ma petite blague, ça ne m’étonne pas de vous. Je m’explique : dans les années trente en Allemagne, peu après la montée en puissance d’Hitler, il était devenu évident, et l’avenir le démontra, que les francs-maçons étaient en danger et le myosotis, petite fleur bleue ou mauve, selon la variété, a été utilisé comme signe distinctif entre les frères en lieu et place de l’équerre et du compas. Plus discret.
Cette fleur est devenue par la suite le symbole de toute la Maçonnerie durant ces années de ténèbres. Et quand après la guerre, les loges en Allemagne ont pu rouvrir, qu’elles ont pu rallumer la lumière après toutes ces années d’obscurantisme, elles ont gardé comme emblème officiel, la petite fleur, en forme de « Forget-Me-Not ». Voilà pour le petit aparté historique. Sans condescendance de ma part, ça va de soi.
– Je suis impressionnée. Encore un cadeau de la sectaire confrérie des “frères la gratouille”. »

« – Ceci répond en effet à la question de la conservation du corps et du sang. Je valide. Par conséquent, ça laisse supposer que c’est bien le meurtrier qui a enlevé Lucien, il y a vingt ans. Mais à quoi joue-t-il ?
– Mais mon cher, si je le savais, je l’aurais déjà appréhendé. Quant à savoir pourquoi mettre autant de temps entre l’enlèvement et le meurtre de Salomos, là, j’avoue, c’est le blanc.
– Oui, c’est juste ! Je pouffe.
Abigail m’observe avec de grands yeux dubitatifs :
– Hum ?
– C’est Juste Leblanc.
– Et alors ? s’exclame Abigail désabusée.
– Non, rien, ça me fait penser à un type que je dois inviter à un dîner. »

 

Eric D’Aura : Né en 1970 entre le décès de Jimi Hendrix et celui du général De Gaulle, docteur en pharmacie diplômé à la faculté de pharmacie de Marseille où j’ai rencontré ma future épouse, douce moitié vitale mais également professionnelle, donc marié, deux filles, installés sur la Côte d’Azur depuis 1996. Biberonné par les lectures de Marcel Pagnol et d’Agatha Christie, j’ai osé pour mon premier roman le mixe des deux auteurs saupoudré d’un zeste de Pierre Desproges et rehaussé d’une pincée de Raymond Devos. Résultat : humour et des cadences…

Émotion, Drame, Histoire vraie, Thriller

Le Dernier festin des vaincus

Estelle Tharreau
Poche – 2 novembre 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Un soir de réveillon, Naomi Shehaan disparaît de la réserve indienne de Meshkanau. Dans une région minée par la corruption, le racisme, la violence et la misère, un jeune flic, Logan Robertson, tente de briser l’omerta qui entoure cette affaire. Il est rejoint par Nathan et Alice qui, en renouant avec leur passé, plongent dans l’enfer de ce dernier jalon avant la toundra. Un thriller dur qui éclaire sur les violences intracommunautaires et les traumatismes liés aux pensionnats indiens, dont les femmes sont les premières victimes. « Au Canada, une autochtone a dix fois plus de risque de se faire assassiner qu’une autre femme. »

 

• Couv_2023-115_Tharreau Estelle - Le dernier festin des vaincus

 

Avec Le Dernier festin des vaincus, thriller vraiment très sombre et très dur, Estelle Tharreau rend un très bel hommage aux Indiens d’Amérique…

Tout le long de ma lecture, j’ai ressenti une souffrance très forte envers ce peuple, qui lui aussi a été complètement broyé par “l’Homme blanc”.
Un récit où les enfants sont maltraités, abusés sexuellement, quand ils ne sont pas tout simplement tués et enterrés au pied d’un arbre… j’ai eu régulièrement les larmes aux yeux. Lorsqu’ils essayaient de s’en sortir, c’est l’alcool, puis la drogue qu’on tendait vers eux. Dès lors, comment arriver à se construire lorsqu’on a perdu son identité culturelle, lorsque à peine adolescent, ils deviennent une main d’œuvre gratuite et soumise au bon vouloir de ceux qui les payent ?
Racisme. Discrimination. Corruption de la police qui ne fait rien pour les aider. Beaucoup de vérités s’échappent de ce récit.

Naomi, jeune autochtone Innu de 16 ans, de la réserve indienne Meshkanau, dans la région Nord Canadienne, a disparu. Sa mère, alcoolique refuse de se rendre au commissariat de Pointe-Cartier pour le déclarer.
Les jours passent… la police est finalement au courant, mais refuse d’enquêter sur cette disparition. Il faudra attendre encore plusieurs jours pour que deux étudiants et un jeune policier révolté par les combines de ses responsables, décident de s’en occuper. Mais, toute vérité n’est bonne à dire…

Entre fiction et réalité, Estelle nous montre la vie des Indiens dans les réserves. La peur des jeunes filles qui deviennent très tôt des proies, celles qui tombent enceinte, celles qui fuguent, et les autres qui disparaissent…
Cela faisait un moment que je n’avais ressenti autant de colère en lisant. Estelle, n’y va pas par quatre chemins. Son écriture est claire et concise. Finis les non-dits, elle va les montrer du doigt, ils devront assumer les conséquences de leurs actes !

Beaucoup d’émotions, beaucoup de colère, je termine bouleversé par ce très beau et triste récit…
Un thriller à lire absolument !

Décidément, les éditions Taurnada bousculent tout sur leur passage !
Merci encore Joël, pour ta confiance.

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Extraits :

« Michèle s’était empressée de rentrer chez elle, de déchirer le sac en papier et de boire une gorgée de whisky pour calmer son mal-être, pour se donner le courage de remettre une bûche dans le poêle, qui commençait à réchauffer la pièce. La morsure de l’alcool tant attendue et si apaisante ne parvint pas à lui faire oublier la voix paniquée de sa fille, le soir du réveillon, ainsi que son malaise en apercevant Peter dans la rue principale de Pointe-Cartier. »

« Avec sa force tranquille, il s’insurgeait et faisait hocher la tête des étudiants qui, comme leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents avant eux, étaient convaincus que l’Homme pouvait changer, s’amender et construire un monde meilleur avant qu’il ne soit trop tard ; toujours les mêmes espoirs avant le lent désenchantement d’une vie. »

« Ta place ? Mais ce n’est pas ta place de chef de bande que je veux, mais ma place ancestrale de femme Innue. Quand on avait encore un statut social et qu’on prenait part aux décisions pour tout ce qui touchait à la communauté. Quand on était respectées, et pas battues à tour de bras, parce que les hommes savaient qu’on était indispensables ; les gardiennes du campement quand ils partaient à la chasse. Je ne veux pas être chef de bande. Je veux seulement que les femmes reprennent leur place. Tu sais celle qu’elles occupaient quand les Innus possédaient encore leurs terres. »

« Depuis cette nuit, jamais Peter n’était parvenu à dormir profondément dans l’enfer des bruissements qui s’immisçaient dans les dortoirs ; le froissement délicat du tissu d’une soutane venant l’envelopper pour déverser son “amour” et son “réconfort” puis laisser le jour se lever sur le dégoût de soi et un sentiment d’impuissance inculqué dès l’enfance aussi violemment que l’amour de Dieu. »

« En sortant du pensionnat, on avait aucune qualification. On est rentrés chez nous sans rien. Avec encore moins qu’en y entrant. On y a laissé notre joie, notre insouciance, notre famille et notre culture pour repartir avec un traumatisme irréversible. »

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

– La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

– Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

– Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

– Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/