Polar, Sciences, Suspense, Thriller

RIPostes

Francs Mensonges***
de Muriel L. Mazoëlys
Broché – 19 juillet 2023
Éditions : auto-édition

• Bandeau_Intro_1.jpg

TOUTE VERITE A UN PRIX

22 janvier – Moscou
Pourquoi ? Ses certitudes ont volé en éclats, brisées par les révélations de Vassili Medvelev. Non seulement Zeus développe des armes redoutables d’une technologie inédite, mais leurs liens personnels se confirment, menaçants. Déboussolé, poussé à la fuite, Matthew révèle sa véritable identité à une parfaite inconnue. Sans en anticiper les conséquences…

22 janvier – Lille
Les éléments d’enquête affluent et le colonel passe à l’action, radical. Il protégera son fils, quel qu’en soit le prix et au mépris de toute rationalité. Sans imaginer les retombées de ces excès…

À travers l’Europe, de la Russie à l’Italie, les enquêtes se poursuivent, les intrigues se démêlent et le nœud se resserre. Jusqu’à la croisée des chemins.
Là où passé et futur se rejoignent. Là où, au prix du sang, la vérité jaillira.

Y survivront-ils ?

 

• Couv_2024-059_Mazoëlys Muriel L. - Francs mensonges*** RIPostes

 

Voilà, c’est fini…
Et désormais, je peux enfin le dire “Francs mensonges” est définitivement une sacrée trilogie !

Ce dernier tome est encore plus “piquant”. Plus rapide, de l’action du début à la fin, des chapitres très courts, des personnages toujours aussi attachants et avec énormément de suspense.

Roman archi-réaliste, Muriel nous fait, voyager à travers le monde, la Grèce, la Russie, l’Italie, la Suisse et la France bien sûr, et je ne dévoilerai rien de plus…
À aucun moment, l’auteure ne baisse la garde, et je suis bien obligé de vous dire que cette trilogie fera partie des meilleures que j’ai pu lire. Je suis d’ailleurs triste de quitter tous ceux qui m’ont accompagné durant ces quelques jours…

Muriel L. Mazoelys pilote son intrigue comme une cheffe. C’est pour moi un vrai “sans faute”, c’est excellent et je le répète, Muriel “débarque” dans la littérature avec une vraie pépite !
Que va-t-elle nous réserver pour la suite ?

Un roman tellement visuel et vivant qu’il mériterait sans problème sa place sur un grand écran !

Muriel L. Mazoelys, auteure à découvrir absolument !!!

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« – Je suis un ami de ton papa. Nathanaël. Je suis venu pour t’aider. Ne crains rien, je travaille avec lui.
Aussitôt, son esprit corrigea cette tournure de phrase. Travaillait, John. Pas travaille. Nathanaël est mort. Ce rappel de la cruelle vérité lui vrilla le cœur et il concentra son attention sur le garçon tremblant devant lui. Nathanaël avait sacrifié sa vie pour protéger son fils, à lui de reprendre le flambeau. Il sourit et sortit une gourde de son sac à dos. Le gamin devait être déshydraté.
– Tu as soif ? proposa-t-il en secouant la bouteille, provoquant le clapotement de l’eau. »

« Qui sait combien d’autres personnes elle a manipulées et pourquoi… D’après Lars Volkof, son commanditaire l’a éliminée quand elle s’est révélée moins docile. Rien que ça… pas très tolérant ce Zeus… grommela Duhamel, avant d’ajouter avec un fin sourire provocateur : cela dit, ça me rassure de constater que je n’étais pas complètement à côté de la plaque…
C’est-à-dire ?
C’est-à-dire que votre fiston s’est fait harponner comme un bleu par la bimbo italienne… et ça, je l’aurais parié ! »

« Le colonel grogna. Évidemment, une chute de cinq étages équivalait à frapper le sol à une vitesse de plus de soixante kilomètres par heure. Le tout sans casque ni airbag…
– Il l’aurait malmenée ?
– Mouais, je sais, c’est maigre…
– Des prélèvements ?
– Non, le légiste a conclu à un suicide. Pas de preuves de violence, aucune arme, personne sur place au moment du saut… Le corps va être renvoyé à la famille pour les funérailles. »

« On en est tous là… Sauf qu’Orion Diamantopoulos brassait les millions et brillait par sa hargne à défier la fatalité.
Il avait dédié son énergie et son argent à traquer tout individu aux capacités jugées exceptionnelles. Il avait été le premier à se passionner – sans les nommer ainsi, évidemment – pour les zones bleues, ces villages où les centenaires pullulaient. Il en avait tiré certains enseignements sur l’intérêt de la spiritualité, de la solidarité et d’une alimentation strictement contrôlée, mais avait vite compris la limite de sa quête. Jamais il n’irait vivre reclus dans une société rustique, bien loin du monopole capitaliste qui régissait sa vie. »

 

Ingénieure, docteure en sciences, maman et grande amatrice de chocolat, Muriel MAZOELYS puise son inspiration dans les découvertes scientifiques et technologiques qui rythment notre quotidien ainsi que dans les grands défis que nous devons relever.

Portée par ses activités de recherche, elle développe dans ses romans l’ambiguïté sous-jacente à toute découverte : là où certains s’extasient d’un progrès phénoménal, d’autres y voient une menace ou pire, une opportunité d’instrumentalisation.

Elle aime tisser des intrigues complexes et mêler suspense, sciences et secrets dans ses romans. Quatre mots-clés résument son inspiration : la famille, la science, les secrets et l’amitié. Si ces thèmes vous interpellent, foncez découvrir sa plume !

ET LA SUITE ?

Les projets fourmillent dans son esprit et ont déjà commencé à prendre vie ! Pour en être averti, n’hésitez pas à la suivre sur les réseaux sociaux, elle y est très active et répondra à vos messages avec plaisir !

Vous pouvez la retrouver sur :
Facebook : Muriel Mazoelys
Instagram : murielmazoelys_auteur

Invisibles et Fatals – Francs mensonges*
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/19/invisibles-fatales/

Carnets Noirs – Francs mensonges**
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/27/carnets-noirs/

Drame, Psychologie, Suspense, Thriller

Invisibles & Fatales

Francs Mensonges*
de Muriel L. Mazoëlys
Broché – 1er décembre 2022
Éditions : auto-édition

• Bandeau_Intro_1.jpg

La vérité est une arme à double tranchant.

1er décembre. Toscane.
Libérez-moi de ce calvaire ! Comme chaque dimanche, Lucio Andreotti, petite crapule de bas étage, écoute sa belle-mère ressasser ses souvenirs insipides. Soudain, elle évoque un incendie meurtrier. Interloqué, il tend l’oreille. Ce nom ? Il le connaît. Ces informations ? Elles le ramènent seize ans en arrière ! Poussé par la curiosité, il entreprend aussitôt de déterrer les secrets du passé. Sans anticiper les conséquences…

Un mois plus tard. Lille.
Matthew, interne aux urgences, mène une vie bien rangée. En quelques jours, tout bascule. Chantage, overdose, meurtre… L’un après l’autre, les événements s’enchaînent et le précipitent dans une spirale de violence. Brutalement, l’évidence s’impose : quelqu’un, quelque part, l’a désigné pour cible.
Confronté à ses démons, balloté entre soif de vengeance et quête de vérité, parviendra-t-il à reprendre possession de sa vie… et de son avenir ?

 

• Couv_2024-057_Mazoëlys Muriel L. Invisibles & Fatales*

J’ai dévoré ce roman en quelques heures !

Embarqué dans ce roman scientifique-politique-policier-thriller-médical avec une intrigue complexe, une touche de fantastique et plus encore… pas moyen de m’arrêter, les pages ont défilé à toute vitesse, jusqu’à l’excellent final qui n’en est pas vraiment un, puisque “Invisibles & Fatales” est le premier tome d’une trilogie, “Francs Mensonges”.

Seize ans auparavant en Toscane.
Un incendie, toute une famille qui décède, sauf un garçon de huit ans, Mattéo qui a disparu. Comment a-t-il fait pour éviter le drame ? A-t-il survécu ?
Aujourd’hui à Lille.
Matthiew est urgentiste dans un hôpital. Il vit heureux, il a des amis avec lesquels il sort régulièrement, une famille qui croit en lui et qu’il aime et une belle amoureuse depuis quelques jours. Une vie banale au premier regard, mais Matthiew sait tout au fond de lui, qu’il n’est pas un homme ordinaire. Un soir suite à une chute de moto, tout va basculer, il va être obligé de se cacher afin de protéger sa vie. Commencera alors une aventure qui ressemble à un puzzle où chaque pièce devra trouver, et vite sa place, si elle ne veut pas disparaître…
Les personnages sont tous attachants, certains sont intrigants, l’histoire est palpitante, se déroulant à Lille, en Normandie et en Toscane, entre passé et présent.

On sent le plaisir de l’écriture fluide et addictive, à chaque moment. C’est réfléchi, très riche dans le vocabulaire, technique même, beaucoup de scènes se déroulent en hôpital, et centres de recherche, mais sans être insurmontable. Je n’ai pas été surpris du tout de voir que l’auteure est une ingénieure et docteure en sciences, une scientifique qui m’a complètement emporté dans son univers à plusieurs dimensions, plein de mystères, de suspenses et de nombreux rebondissements.

En fin de lecture, j’ai appris en faisant quelques recherches, que c’était le premier roman de Muriel Mazoëlys. Impossible dans ce cas, de ne pas placer ce récit en coup de cœur !
Superbe lecture et très belle réussite pour moi !

N’hésitez pas, Muriel est une belle découverte, qui mérite, pour moi, un lectorat en conséquence !

Devinez quel est le livre que je suis en train de lire ?

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Quatorze mille quatre cents secondes. Autant dire une éternité. Lucio se trémoussa sur son fauteuil, fixant d’un œil éteint les aiguilles de l’antique horloge romaine qui le narguaient. Elles tournaient si lentement que le cours du temps semblait figé dans cet entre-deux terne, où présent et passé s’unissaient dans l’attente d’un avenir inéluctable. »

« Avec délice, Matthew s’étira dans son lit, profitant de ces instants précieux, où les rêves sont encore si proches et la réalité si lointaine.
Cet intermède était son moment préféré. Au réveil, l’éventail des possibles était encore complet.
Un regard à la lumière filtrant par les stores lui apprit qu’il n’était pas tôt, loin de là. Évidemment, couché à quatre heures du matin, il était légitime qu’il ne s’éveille que sur le coup de midi. »

« La scrutant, Matthew évalua la situation et ouvrit son bras, l’invitant. Aussitôt, elle se blottit contre lui, profitant de sa chaleur. Nichée contre son épaule réconfortante, Giulia cala son pas sur le sien et ils gagnèrent le bord de mer. Ils le longèrent lentement, en silence, profitant de l’immensité du ciel et du rythme apaisant du ressac. Les lumières du restaurant et du front de mer s’atténuaient alors qu’ils progressaient paisiblement. Bientôt, ils n’eurent que la lune pour témoin. Trop vite, la digue prit fin. Le regard perdu dans la contemplation des vagues, Giulia murmura :
– C’est magnifique, n’est-ce pas ?
– Effectivement. La vue est parfaite. »

« Alain Duhamel avait motivé ses troupes. On ne pouvait laisser une jeune femme mourir dans l’un des meilleurs hôtels de la ville sans élucider la cause de son décès et, le cas échéant, identifier le coupable. Le Maire avait appelé lui-même le commissaire divisionnaire. Qui l’avait appelé à son tour. La gamine était la fille d’un riche industriel italien. »

 

Ingénieure, docteure en sciences, maman et grande amatrice de chocolat, Muriel MAZOËLYS puise son inspiration dans les découvertes scientifiques et technologiques qui rythment notre quotidien ainsi que dans les grands défis que nous devons relever.

Portée par ses activités de recherche, elle développe dans ses romans l’ambiguïté sous-jacente à toute découverte : là où certains s’extasient d’un progrès phénoménal, d’autres y voient une menace ou pire, une opportunité d’instrumentalisation.

Elle aime tisser des intrigues complexes et mêler suspense, sciences et secrets dans ses romans. Quatre mots-clés résument son inspiration : la famille, la science, les secrets et l’amitié. Si ces thèmes vous interpellent, foncez découvrir sa plume !

Anticipation, Drame, Fantastique, Philosophique, Suspense

Terrienne

de Jean-Claude Mourlevat
Poche – 12 septembre 2013
Éditions : Gallimard Jeunesse

• Bandeau_Intro_4.jpg

Tout commence sur une route de campagne…
Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et… passe de “l’autre côté”. Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d’humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa sœur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu’au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière…

PRIX ASTRID LINDGREN 2021

• Couv_2024-055_Mourlevat Jean-Claude - Terrienne

 

Cela faisait un moment que je ne lisais plus les quatrièmes de couverture.
Et là, je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de le lire… et j’ai tout de suite été interpellé. Je l’ai pris et j’ai chamboulé dans la foulée l’ordre de ma PAL ! Et quelle bonne idée. Au bout de deux, trois pages et j’étais parti dans un “autre monde”. Étienne Virgil, alors qu’il ne le fait jamais, prend en auto-stop une jeune fille, toute vêtue de noir, sûrement, car elle lui fait penser à sa petite-fille. La jeune fille est très bavarde, ce qui ne déplaît pas à Virgil, au bout de kilomètres elle demande à descendre, en voyant un panneau qui indique la ville de Campagne, elle est arrivée. Ce panneau-là, Virgil ne l’avait jamais vu… Et pour cause !

Un drôle de récit surprenant et atypique, qui m’a tenu en haleine durant toute ma lecture. Je ne m’attendais pas à ça du tout, mais quelle bonne surprise.
Des personnages surprenants, étranges, angoissants même. Anne part à la recherche de sa sœur Gabrielle, disparue depuis un an, dans un monde propre et silencieux qui pourrait inviter au rêve, en ce début d’automne… Un monde où personne ne pleure, ni ne rit, un monde où l’on ne respire, ni ne soupire, un monde où l’on ne fait jamais l’amour. Mais pourquoi ? Puisqu’il suffit d’enlever des Terriennes !
Dans ce monde aseptisé, contrôlé, où tout est programmé, et dépourvu de toute trace humaine, c’est le seul moyen de se reproduire…

Un bon rythme et du suspense.
Je vous recommande cette lecture fantastique, angoissante et pleine de tension, qui m’a beaucoup émue sur les dernières pages…

Merci Jean-Claude Mourlevat de m’avoir amené avec vous “de l’autre côté” !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« J’ai tenté ma chance auprès de celui qui était le plus proche de moi en âge, un garçon vraiment mignon avec sa coiffure en pétard et sa chemise blanche ouverte sur le torse. Je me rappelle avoir été impressionnée par sa peau parfaite, une peau dorée et satinée, sans marque d’aucune sorte, ni cicatrices, ni taches. Je me rappelle aussi son sourire qui m’a semblé plus naturel que celui des autres, plus vrai. »

« – Je peux ?
Comme je ne savais pas ce qu’elle comptait faire, je n’ai pas réagi. Alors elle a appliqué la paume de sa main droite sur le haut de ma poitrine, le gras de son pouce s’est logé dans la petite cavité de mon cou.
– Allez-y… Respirez…
J’ai inspiré puis expiré quatre ou cinq fois, posément, profondément, comme on fait chez le médecin. Je sentais la pression de sa main sur moi, et mes poumons qui la repoussaient à chaque respiration.
– Encore un peu, s’il vous plaît… »

« – C’est comme… une dépression ?
– Je ne sais pas. Peut-être. Je crois plutôt que c’est l’ennui qui nous submerge.
– L’ennui ?
– Oui. Nous mourons d’ennui. Mais il est interdit d’en parler. C’est un sujet tabou. On dit simplement que telle ou telle personne s’est assise et tout le monde comprend.
– Que fait-on de ces personnes qui… qui s’assoient ?
– La brigade sanitaire vient les chercher et les emporte.
– Elle les emporte où ?
– Dans une autre ville, qui s’appelle Estrellas. »

Jean-Claude Mourlevat est né en 1952 à Ambert en Auvergne, de parents agriculteurs.

Il est le cinquième enfant de six. Il fait des études à Strasbourg, Toulouse, Bonn et Paris et exerce brièvement le métier de professeur d’allemand avant de devenir comédien et metteur en scène de théâtre. À partir de 1997, il se consacre à l’écriture, avec tout d’abord des contes, puis un premier roman, La Balafre.

Depuis, les livres se succèdent avec bonheur, plébiscités par les lecteurs, la critique et les prix littéraires : Le Combat d’hiver, Le Chagrin du roi mort, Terrienne.

Jean-Claude Mourlevat réside près de Saint-Étienne, avec sa femme et leurs deux enfants.

Émotion, Drame, Psychologie, Suspense

Mémoire de feu

de Jean-Marc Dhainaut
Broché – 4 juillet
Éditions : Taurnada

• Bandeau_Intro_1.jpg

Âgé d’à peine 4 ans, le petit Damien raconte d’étranges histoires… Comme les souvenirs improbables d’une autre personne… Nullement inquiète, sa famille met ça sur le compte d’une imagination débordante et, avec le temps, l’enfant oublie tout de ces récits.
Mais un soir, à l’aube de ses 35 ans, quelque chose d’inattendu se produit : une étincelle fait ressurgir ce passé qui n’est pas le sien… Très vite, il est hanté par d’atroces visions dans lesquelles il assassine sauvagement des femmes…
À-t-il vraiment pu commettre ces horreurs dans une autre vie ?
Damien le croit, car une soudaine pulsion s’est réveillée : celle de tuer…

 

• Couv_2024-052_Dhainaut Jean-Marc - Mémoire de feu

 

J’ai un fils. Éthan, il a 23 ans.
Un peu avant ses 4 ans, un soir, il est venu nous voir, sa mère et moi, et nous a demandé :
– Quand est-ce que je retourne chez ma vraie famille ? J’ai une femme, des enfants, je suis mécanicien et j’ai une Peugeot 404 blanche !
Ça, nous a fait très bizarre, et nous avons très peur… Nous lui avons parlé, rassuré de nombreuses fois, en lui disant que nous étions là, que nous étions sa famille…
Mais il a continué ainsi pendant plusieurs années. Vers 7 ans, il a tout oublié !

C’est vous dire si le roman de Jean-Marc m’a particulièrement “touché/ému/fait tremblé/ramené dans le passé”…

C’est le septième livre de Jean-Marc qui passe entre les mains et à chaque fois, c’est la même chose.
Je reste suspendu à ses pages, et j’avoue avoir énormément de mal à passer une autre lecture ensuite, tellement ses récits me captivent.
Encore une fois, j’étais complètement en immersion, et plus encore.
Le récit se déroule sur une double temporalité. Nous sommes en 2013 et en même temps en juin 1944, sur les côtes françaises, pendant le débarquement américains.
Le récit est donc très addictif et très bien mené, les chapitres courts, rythmés, et le final très beau et très émouvant. Je n’ai pas pu m’empêcher de laisser glisser quelques larmes.

Damien, Thiphanie, Sweety, James, Le Docteur Milarta, et tous les autres vont vraiment me manquer.

Oserez-vous plonger dans la mémoire de Damien, vivre une expérience bouleversante au risque de ne plus jamais voir les choses telles que vous les voyiez ?

Quand le passé et le présent ne font plus qu’un, quand l’aventure vous mène au-delà de la vie !

Encore une fois, je tenais à remercier Joël de Taurnada éditions et bien sûr un grand “Merci/Bravo !” à Jean-Marc Dhainaut, qui m’emmène à chaque lecture toujours un peu plus loin.

Nouveau coup de cœur !!!

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Viviane se tenait debout à côté de son petit garçon. De l’index, il pointait une tombe dans un cimetière militaire américain du Calvados, à quelques pas de la mer, au nord-ouest de Bayeux. Omaha Beach : un voyage à plus de trois cents kilomètres de la maison.
“Tu vois, maman ? J’avais raison. C’était mon ami.
Moi, je m’appelais Kurt Wilson et je suis mort aussi, mais parce qu’on m’a pendu dans un champ, vers là-bas.” »

« “Je vais le réveiller. Damien, vous vous sentez bien et détendu, écoutez ma voix. Lorsque j’aurai compté jusqu’à trois, vous vous réveillerez. 1, 2, 3…”
Damien se leva d’un bond, les yeux horrifiés. Il se mit à hurler sur le plateau, tenant dans ses mains un fusil imaginaire :
“Lieutenant ! Un tireur allemand, là ! Dans le clocher !” »

« Alors que le chien restait blotti dans sa couverture, Henriette Coletta apporta quelques explications à Kurt. Les premiers Américains arrivés dans le bourg deux jours plus tôt n’avaient pas ménagé ceux qui avaient refusé l’évacuation ordonnée par les Allemands. Des GI avaient forcé les portes, volé des meubles, de la nourriture et de l’alcool. Les civils étaient furieux que des libérateurs se comportent plus odieusement que l’ennemi en cinq ans d’occupation. Et c’était sans compter des rumeurs qui parlaient de gestes déplacés envers les jeunes filles. Juliette, elle-même, avait dû gifler l’un d’eux. Lequel s’en était beaucoup amusé avec les autres. »

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Les prières de sang
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/22/les-prieres-de-sang/

Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Les Galeries hurlantes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/02/les-galeries-hurlantes/

Drame, Psychologie, Suspense

La Régulation

de Gaëlle Perrin-Guillet
Broché – 7 mai 2024
Éditions : OutreFleuve

• Bandeau_Intro_5.jpg

Il n’en restera qu’un.
2300, quelque part dans le monde.
Une enclave entourée de murs abrite les survivants d’un cataclysme. Coupés de tout, ils vivent en autarcie dans une société gérée par les DIX, de mystérieux dirigeants que personne ne voit en dehors des écrans tapissant les murs de la ville.
Dès que la surpopulation menace la cité, les DIX annoncent la Régulation : huit régulateurs reçoivent une liste de quatre noms. Quatre personnes à abattre sans se faire tuer à son tour. Car devenir régulateur, c’est savoir que son nom s’est affiché sur la liste d’un adversaire.
Une seule règle : tuer ou être tué.
Lorsque le jour de la Régulation arrive, la population sait que la chasse a débuté. Et la peur s’installe.

 

• Couv_2024-051_Perrin-Guillet Gaëlle - La régulation

 

Lorsque le livre “La Régulation” est sorti, et que j’ai su de quoi il parlait, j’ai été assez surpris. J’avais lu la trilogie de Gaëlle, qui se passe à Londres, au XVIIIe siècle, que j’avais adoré, j’avais lu “Haut le chœur” etaussi l’excellent “Temporis” et je me suis demandé ce qu’elle allait faire dans le futur !
La couverture est tellement belle, que c’est ma curiosité qui l’a emporté… Et puis une bonne dystopie, ce n’est jamais désagréable !

Le début du récit est un véritable tremblement de terre !
En quelques pages, Gaëlle nous dresse le destin de notre planète vivant seble-t-il, ses dernières heures suite à un réchauffement climatique très violent qui va emporter une grande partie de la population terrestre, en un peu mois de 25 ans. Tempêtes, montées des eaux, cyclones, canicules, krach boursier sans précédent, certains pays même coulent littéralement, puis… toutes les ondes radio disparaissent…

Soudain, on se retrouve en 2300, dans un lieu post-apocalyptique gouverné par les DIX. Les DIX ont instauré une liberté très relative, mais surtout, ils veillent drastiquement au nombre des habitants qui ne doivent surtout pas augmenter. Alors régulièrement, ils annoncent une Régulation, pour éviter une surpopulation…

Alors là, je dois bien reconnaître que Gaëlle m’a agréablement surpris dans ce récit où tout bascule d’un seul coup. D’une main de maître, avec son style fluide et un suspense très bien maîtrisé.
J’aurai aimé plus de pages, beaucoup plus de pages même, pour en apprendre plus sur ce “nouveau” monde empli de chaos. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Orwell, dans un style plus féminin bien sûr. Il y a une pression constante sur les épaules de tous les habitants, chacun d’eux est susceptible de “disparaître” du jour au lendemain suivant les décisions des DIX. Mais d’ailleurs qui sont les DIX ?

En arrivant à la fin du roman, qui est particulièrement réussie, je me dis qu’une suite serait la bienvenue… Alors, peut-être en apprendrai-je plus à ce moment-là, d’autant plus, que j’ai vraiment eu l’impression que Gaëlle avait pris énormément de plaisir à créer cet univers criblé d’interdits, de murs qui cachent l’horizon, de drones qui surveillent constamment la population, de couvre-feux… il pourrait dès lors s’ouvrir sur l’extérieur, la nature… le reste du monde !

Bravo, Gaëlle !
“TA” Régulation a été pour moi immersive dans tous les sens du terme, les forces et les faiblesses de chacun, des valeurs morales de ceux qui subissent et de ceux qui (nous) gouvernent, la tension constante. Est-il possible de reprendre le contrôle de sa vie ? Plusieurs fois, j’ai trouvé que ton roman (toujours trop court 😂) avait des résonances avec le cœur de notre actualité, vers un point de bascule… ou pas !!!

La Régulation.

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« 13 juin 2032. Ondes radio courtes.
“Il y a quelqu’un qui m’entend ? Allô ? S’il vous plaît ! Je suis coincé sur le toit d’un bâtiment, perdu au milieu de nulle part, y a de l’eau partout et ça continue de monter. Allô ! Répondez-moi, je vous en prie !” »

« La journée touchait à sa fin et Damian attendait avec impatience la fermeture de la bibliothèque. Ranger les livres n’était pas vraiment son activité favorite, mais il n’avait pas eu le choix, alors il serrait les dents et faisait ce qu’on lui demandait. Il caressa la tranche d’un roman du XIXe siècle, vestige d’un monde depuis longtemps enterré et se demanda ce que sa vie aurait pu être à cette époque. »

« Et qui me lira, à part vous ? Vous savez combien j’ai de personnes par jour, ici ? Trois. Et encore, les bons jours uniquement. Je crois que la lecture n’intéresse plus personne. Vous vous rendez compte que le dernier livre à avoir été publié date de plus de trois cents ans ? Et que la majorité des ouvrages tombent en miettes, malgré toutes mes précautions ? »

« Chaque chose en son temps. Nous devons déjà nous débarrasser de ces gens qui nous dirigent.
Et ce n’est pas gagné d’avance. »

 

Gaëlle Perrin-Guillet est née en 1975 à Lyon où elle vit toujours. Secrétaire de mairie le jour, elle se transforme en auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000 avec des nouvelles. Après deux romans auto-publiés, “Le sourire du diable”, en 2010 et “Au fil des morts” en 2011, elle participe à deux recueils des “Auteurs du noir face à la différence” (en 2012 aux Éditions Jigal puis en 2013 à L’Atelier Mosesu).

Haut le chœur” est son premier polar publié aux Éditions Rouge Sang en 2013, lauréat du « Prix du Polar-2014 Dora Suarez », réédité aux Éditions Taurnada en 2019. En 2015, paraît un roman pour jeunes adultes, “La nuit du chat noir” aux Éditions Rouge Safran.

En 2016, elle publie aux Éditions Fleur Sauvage, “Soul of London”, pour lequel elle reçoit le “Prix des Lecteurs du Salon du livre policier de Neuilly-Plaisance” et le “Prix du festival Les Polars du Chat du Creusot”; premier opus d’une série d’enquêtes situées dans le Londres de la fin du XIXe siècle dont les héros sont Henry Wilkes, ex-inspecteur de police, handicapé qui marche avec une canne, et Billy Bennett un gamin des rues qui l’assiste. Le livre est réédité aux Éditions Milady Poche en 2017, la même année que sort (ou devait ?) le second opus “Black past” aux Éditions Fleur sauvage, publié en grand format sous le titre Les fantômes du passé aux Éditions City en 2018. (Les titres originaux parus chez Fleur Sauvage semblent ne plus être disponibles…).

Les fantômes du passé
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/31/les-fantomes-du-passe/

Haut le chœur
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/11/haut-le-choeur/

Temporis
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/20/temporis/

Drame, Folie, Nouvelles, Suspense

Le monde part en vrille

de David Belo
Nouvelle – 2023
Éditeur : Éditions Taurnada

• Bandeau_Intro_1.jpg

Ne dit-on pas que le monde est fou ?

Miguel et Rémy, deux agents de la compagnie des eaux, vont l’apprendre à leurs dépens.
En pleine nuit, un camion meurtrier et un incident dans les égouts vont les conduire dans les méandres du réseau souterrain. Mais, à chaque retour à la surface, ils vont découvrir une autre réalité et affronter tous les dangers dans… un monde qui part en vrille.

 

• Couv_2024-038_Belo David - Le monde part en vrille

 

J’ai découvert l’écriture de David Belo avant-hier avec Mon ami Charly
… Et depuis son style me hante, radicalement différent de ce que j’avais pu lire dans le genre.

Le monde part en vrille, confirme pour moi la folie ou le talent de l’artiste !
David est arrivé dans cette nouvelle d’une trentaine de pages à raconter une multitude de récits. Mais comment fait-il ?
Après avoir échangé quelques minutes avec David entre hier et aujourd’hui, je sais qu’il est désormais un auteur à suivre…

Miguel et Rémy, deux agents de la compagnie des eaux, vont vivre un véritable enfer. Êtes-vous prêt à les suivre sous terre et à partager leurs souffrances ?

Si vous êtes aussi curieux que moi, n’hésitez pas à aller sur le site des éditions Taurnada :
https://www.taurnada.fr/2023/12/02/le-monde-part-en-vrille-de-david-belo/
C’est gratuit !

D’ailleurs, il y a aussi d’autres nouvelles. Il serait dommage de passer à côté.

« L’écriture de cette nouvelle fut un exercice particulièrement intéressant.
Avec pour contraintes d’utiliser les lieux de distribution du journal pour décor et à raison d’une seule page par chapitre et par parution.

Il fallait une écriture rapide et concise… Je me suis régalé.
J’espère que vous aussi. »

David BELO.

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Tu passes ton temps à ronchonner et à voir les gens comme des monstres ! Pourtant, la vie est parfois belle, regarde ce que vient de m’offrir Julie pour notre anniversaire de mariage, une Apple Watch de luxe. Je n’imagine même pas combien de temps, elle a dû économiser pour l’acheter. »

« “Je m’appelle Rémy, et voici mon collègue Miguel. Est-ce que quelqu’un peut me dire ce qui se passe ?”
Accroupi contre un mur, un homme se redressa. Son épaule saignait abondamment. Il se plaça devant ses enfants et fit écran, comme pour les protéger, tel un bouclier.
“On n’a pas ce que vous cherchez ! dit-il.
– Excusez-nous, mais de quoi vous parlez ? intervint Miguel. Je vous assure que nous sommes complètement perdus dans cette situation.” »

« “Ne faites pas de bêtises, pensez à votre famille, à vos amis !
– Non ! Ma vie est détruite. J’ai perdu tous mes followers, mon avatar a disparu de la Toile et j’ai été banni d’Internet”, répondit l’homme avec détresse. »

« Miguel se tourna vers Rémy et lui demanda :
“Tu voulais sauver quelqu’un ? Vas-y, sauve le monde.”
Mais Rémy était figé face à l’immense vague surgie de nulle part. Un tsunami s’apprêtait à ravager la ville de Ham. Miguel attrapa son collègue et le tira dans les égouts, in extremis… »

 

David Belo est un peintre et décorateur en bâtiments depuis 1997…
il est aujourd’hui artisan Spécialiste en décoration, entreprise BeloDeco (ancienne technique décorative : patine, imitation bois, imitation marbre, fresques etc…. )

Il a commencé la peinture sur tableau en janvier 2017. La passion du métier ainsi que ses connaissances lui permettent une bonne évolution dans le domaine de l’art. Peinture et photographie sont naturellement devenues sa façon de penser… vivre… Ses toiles sont réalisées avec des peintures de bâtiment, il joue avec les matières et les transparences de glacis à l’ancienne. (huile de lin – térébentine – pigments en poudre)

David Belo vit et travaille à Mogneville (France).

Passionné de films d’horreur, thrillers et adepte des livres audio, c’est à son tour d’inviter les lecteurs à frissonner au rythme de ses mots.

– 2024 – “MON AMI CHARLY” édition Taurnada https://leressentidejeanpaul.com/2024/05/15/mon-ami-charly/
– 2023 – “Le monde part en vrille” Nouvelle au format numérique aux éditions Taurnada.
– 2023 – “OPATOMA, le fleuve aux mille morts
aux éditions LBS, diffusion Dilisco, groupe Albin Michel. Parrainé et Bandeau sur couverture par Claire Favan, auteure.
– 2021 – “Mourir gentiment
novella au format switch, Publié par Hugo Publishing sur Nextory.
– 2021 – Représentation du tableau “Il était deux fois” de Franck THILLIEZ,
publié dans la version poche.
– 2020 – Auto-édition du recueil photographique des tableaux d’auteurs “Portraits & mots d’écrivains”.

Amour, Émotion, Drame, Suspense

Suite en do mineur

de Jean Mattern
Poche – 16 février 2024
Éditeur : POINTS

• Bandeau_Intro_2.jpg

Robert Stobetzky a quitté sa petite librairie de Bar-sur-Aube pour un voyage à Jérusalem. Son neveu le lui a offert pour ses cinquante ans. Il se maudit d’avoir accepté. Il préfère le calme aux groupes de touristes. Perdu dans les rues de la ville, il reconnaît la silhouette d’une femme qu’il a passionnément aimée vingt-six ans plus tôt. Souvenir qu’il était parvenu à éloigner grâce à la lecture et à la musique. Mais le fantôme de Madeleine ravive en lui la mémoire d’autres disparus.

« Un roman délicieux et triste qui en dit long sur le sens la vie. »
Libération

 

• Couv_2024-037_Mattern Jean - Suite en do mineur

 

Pour ses cinquante ans, Robert Stobetzky est parti faire un voyage organisé en Israël.
Dieu sait qu’il n’avait pas du tout envie de ce voyage, mais c’est son neveu Émile qui a payé, et s’est occupé de tout, Robert n’a pas voulu lui faire de peine…
À Jérusalem, les touristes se prennent pour Jésus, Mohamed ou un autre prophète. Dès sa première sortie, il perd le groupe avec lequel il a quitté l’hôtel. Soudain, en déambulant dans les rues étroites, il est persuadé de l’avoir reconnue dans la via Dolorosa. Vision furtive, mais il est sûr que c’était bien elle, Madeleine. Comment faire pour la retrouver avec toute cette foule ?

Vingt-six ans qu’il ne l’a pas revue.
Trois semaines de bonheur intense, puis une séparation brutale qui laisse Robert complètement dévasté. Juste un petit mot avant de le quitter, “Tu comprendras un jour, sois heureux”.

Suite en do mineur, c’est l’histoire de cet homme défait, incapable de se reconstruire, et là, vingt-six ans plus tard, tout lui revient à l’esprit. Pourquoi ?
Lorsqu’il décide des années plus tôt de prendre des cours de musique, c’est par le violoncelle que Robert est attiré. Son professeur, Johann, qui deviendra son ami, disparaît aussi du jour au lendemain.
Le seul plaisir que la vie lui a offert, c’est ce lien qu’il est arrivé à construire avec son neveu Émile, avec qui il nouera une relation très profonde autour de la littérature, et qui vient lui donner tous les samedis un coup de main dans sa librairie. La vie de Robert est difficile et pèse sur ses épaules…

Je découvre Jean Mattern avec ce roman particulièrement sensible.
Alors qu’habituellement, je n’aime pas spécialement les phrases trop longues dans les romans, ici au contraire, elles se justifient, et donnent véritablement un sens au récit, accentuant même une certaine tristesse présente dans tout le récit. Je me suis laissé porter et Jean est arrivé à m’emmener dans son histoire triste et agréable.

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Pourtant j’avais fait la paix avec l’idée de ne jamais la revoir, pourquoi alors cette brûlure, sans raison ni logique, une silhouette qui envahit mon champ de vision sans crier gare et qui devient la seule chose que je vois, sans possibilité d’y échapper, la conviction immédiate que c’est elle, comme si je l’avais reconnue avec certitude alors que mon esprit naviguait au large, en écoutant vaguement notre guide, mais l’image avait déjà pris toute la place en effaçant le reste. »

« Deux jours après, sa remarque me revint en mémoire et me ramena presque trente ans en arrière.
Brutalement. Était-ce parce que j’avais aperçu – ou cru apercevoir – Madeleine sur la Via Dolorosa la veille ? En tout cas, la phrase de mon nouveau meilleur ami Albert Benquelquechose réveilla le souvenir de ces paroles définitives prononcées par Madeleine quelques heures avant son départ pour Lyon. “Tu es juif. Je suis catholique. Ça ne peut pas marcher.” J’étais abasourdi, en colère, scandalisé. J’ai été dans une telle rage pendant trois jours que cela me fit oublier mon chagrin. Ne croyant pas une seconde à cette affirmation qui, pour moi, cachait un “Tu es pauvre. Je suis riche” qu’elle n’osa pas prononcer, mais, à ce jour, je ne sais pas si elle pensait vraiment ce qu’elle disait, comment pourrais-je le savoir ? Madeleine coupa court à toute discussion, les larmes coulèrent sur ses joues, mais sa voix ne trembla pas. “Fais-moi confiance. Je sais de quoi je parle. Ce n’est pas possible, et ce n’est plus la peine d’en parler.” »

« La musique n’exprime pas seulement la tristesse, ou la colère, ou le chagrin, tous ces sentiments – elle y répond aussi. À écouter la mélodie presque joyeuse exécutée par la voix de la Callas, des paires de croches qui montent et descendent dans une indéniable allégresse, suivies par les violons qui nous offrent la même ligne mélodique – et ce alors qu’Orphée déplore la mort de celle qu’il aime plus que sa propre vie -, les mots de Johann prenaient enfin tout leur sens : “C’est à cela que tu reconnais les grands compositeurs. Dans une suite de Bach, dans une sonate de Schubert, dans un air de Mozart, tu peux entendre tout à la fois la détresse abyssale d’un homme en deuil et la joie voluptueuse de quelqu’un qui a été comblé d’amour. La musique, quand elle sonne juste, déplore et console en même temps, elle chante la beauté du monde et se lamente de notre solitude irréductible. L’humanité a besoin de musique, car elle seule peut faire danser notre âme.” »

 

Jean Mattern est né en 1965 dans une famille originaire d’Europe centrale.

Il suit des études de littérature comparée en France à la Sorbonne, avant d’être responsable des droits étrangers aux éditions Actes Sud, responsable des acquisitions de littérature étrangère aux éditions Gallimard, puis responsable du domaine étranger chez Grasset. Depuis octobre 2022, il est directeur éditorial des éditions Christian Bourgois.

Les Bains de Kiraly, son premier roman, a été remarqué par la critique et les libraires lors de sa publication chez Sabine Wespieser éditeur en août 2008. Le festival du premier roman de Laval l’a également sélectionné pour son prix qui sera remis au printemps 2009.

Dans chacun de ses livres, la question de la transmission
occupe une place prépondérante :
De lait et de miel (2010),
Simon Weber (2012),
Le Bleu du lac (2018),
Une vue exceptionnelle (2019)
Suite en do mineur (2021),
Les Eaux du Danube (2024) est son septième roman chez Sabine Wespieser éditeur.

Aux éditions Gallimard il a également publié un roman,
Septembre (2015), qui reçoit le Prix des Lecteurs du Salon du Roman Historique 2015 de Levallois, ainsi qu’un essai,
De la perte et d’autres bonheurs (2016), dans la collection « Connaissance de l’Inconscient ».

Émotion, Babelio, Rencontre littéraire, Philosophique, Suspense

Un monde presque parfait

de Laurent Gounelle
Poche – 2 mai 2024
Éditeur : Mazarine

• Bandeau_Intro_5.jpg

Et si le pouvoir de décision était essentiel à notre humanité ?

David Lisner, jeune chercheur ambitieux et cartésien, vit chez « les Réguliers », une société hyper-développée, hyper-connectée qui veille au bien-être des individus.

Non loin de là, une région rebelle s’est coupée du reste du monde : « les Exilés ». Fidèles à une certaine philosophie de vie, ils rejettent radicalement cette société.
David Lisner se voit confier malgré lui une mission de haute sécurité : se rendre dans ce territoire hostile et entrer en contact avec Ève Montoya, la nièce et l’unique héritière de l’éminent sociologue Robert Solo qui vient de décéder. Son objectif : récupérer un rapport explosif pouvant mettre en péril tout l’équilibre de la société des Réguliers.

Mais Ève, une jeune femme à la personnalité libre, n’entend pas se laisser dicter sa conduite. D’ailleurs, pourquoi David fait-il ce qu’on attend de lui ?
Un roman initiatique et original qui donne furieusement envie de retrouver son pouvoir de décision, de jouir de sa liberté, de se réapproprier sa vie.

 

• Couv_2024-035_Gounelle Laurent - Un monde presque parfait

 

Lorsqu’on ouvre un roman de Laurent Gounelle, on sait que l’on va vivre une belle histoire, une histoire avec son sens du positif, sa philosophie et des échanges entre humains…

Dans ce roman, que je n’arrive pas à classer (fiction, dystopie, ou futur proche, tout simplement ?), son message est un peu différent. Mais cela reste une histoire d’humains !
Ceux qui vivent sans s’opposer au régime en place, sont “les Réguliers”. Ils travaillent ou pas, selon leurs volontés et font ce qu’ils veulent de leurs journées. Ils ont l’air heureux et pour cause, ils sont pourvus d’un implant qui régule leurs émotions, et en cas de colère ou de tristesse, les ressentis négatifs sont immédiatement effacés. Du matin au soir, des applications “conseillent” les Réguliers, sur leurs activités quelles qu’elles soient, leurs nourritures, leurs sorties. Restons-nous vraiment humains quand des machines décident à notre place ?

Les autres, ce sont “les Exilés”, ils vivent ensemble sur une île et dépendent d’eux-mêmes. Ils rejettent tout type de technologie qui s’immiscerait dans leur quotidien.

Ce roman aborde pour moi d’une façon claire ce que devient notre quotidien petit à petit. Les réseaux, la façon dont les décisions sont prisent aujourd’hui, la place d’Internet dans notre vie de tous les jours, consciemment ou inconsciemment. Ça fait peur… Nous perdons ainsi petit à petit notre pouvoir de décision.

La mission reçue par David l’oblige à entrer en contact avec “les autres”, les Exilés. Il doit contacter Êve Montoya, suite au décès de son oncle un grand sociologue. David à tout préparé, masque (au cas où…) et dossiers à jour, afin de régler l’affaire le plus vite possible. Mais Eve, est une jeune femme qui refuse qu’on lui dicte les décisions qu’elle doit prendre…

Des personnages touchants, une intrigue très actuelle, qui donne un angle nouveau et une compréhension plus large sur notre société qui pourrait si l’on ne fait pas attention, devenir une technologie dictatoriale ultra contrôlée sous couvert de bonnes intentions… ou pas !

Un roman que je recommande vivement, qui nous montre que le prix de la liberté n’est pas un acquis, mais bien un combat que nous devons mener tous les jours !

Merci Laurent…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Au loin, le cœur de la ville insouciante bat paisiblement. Les lumières scintillent à tous les étages des hautes tours. La plupart des gens sont chez eux, sereins et confiants, détendus derrière leurs écrans. D’autres sont sortis, dans les lieux de détente ou de plaisir. Tous sont heureux dans cette société presque parfaite qui a réussi à abolir la tristesse et la souffrance. Une société hyper-développée qui a choisi de mettre ses fantastiques avancées technologiques au service du bien-être de la population. »

« Mais celui qui possédera le premier ordinateur quantique stabilisé pourra casser tous les codes secrets du monde en une poignée de secondes. Et toute la société s’effondrera. Il pourra pirater presque simultanément tous les comptes bancaires, tous les secrets industriels, tous les secrets militaires, mettre à genoux l’informatique de tous les hôpitaux, de tous les services publics, de toutes les compagnies d’assurances… Il pourra bloquer toute la société, et dans tous les pays. Une victoire par K.-O. avant même que la guerre ait commencé… »

« – J’ai essayé de penser à la manière d’annoncer à la jeune femme la mort de son oncle. C’est loin d’être facile pour moi… On m’a parlé d’un truc nouveau qu’on propose aux familles endeuillées : on crée un avatar virtuel du défunt pour qu’elles puissent le voir sur l’écran de leur tablette et dialoguer avec lui, et cela les aide à s’habituer progressivement à sa disparition.
– Oui, mais ça n’a rien de nouveau. Ça a été lancé par une équipe sud-coréenne au début des années 2020. Des gens avaient perdu leur fille de 7 ans d’une maladie incurable, et avec ce système, ils ont pu lui parler de nouveau, échanger avec elle. L’info avait fait le tour du monde. Maintenant, c’est devenu courant. »

 

Ancien spécialiste des sciences humaines, formé en France et aux Etats-Unis, conférencier à l’Université de Clermont-Ferrand, il a pendant de nombreuses années sillonné le monde à la rencontre d’hommes et de femmes qui, chacun à sa manière, apporte des éclairages sur la question fondamentale entre toutes : comment s’épanouir et donner du sens à sa vie.

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture.
En neuf romans, Laurent Gounelle est devenu une plume majeure de la littérature. Traduit dans près de quarante langues, il s’est imposé parmi les auteurs français les plus lus au monde, avec des titres incontournables : L’homme qui voulait être heureux, Le jour où j’ai appris à vivre ou encore Et tu trouveras le trésor qui dort en toi.

Dans ce Monde presque parfait, son dixième livre, il touche notre âme et nous invite à redevenir maîtres de notre existence.

Le jour où j’ai appris à vivre
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/07/le-jour-ou-jai-appris-a-vivre/

intuitio
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/22/intuitio/

En savoir plus sur le site de l’auteur : http://www.laurentgounelle.com

Émotion, Drame, Psychologie, Suspense, Thriller psychologique

Le sang de la Licorne

de Tristan Marco
Broché – 20 novembre 2023
Éditeur : Auto-édition

• Bandeau_Intro_1.jpg

« Je suis la voix du Seigneur tout puissant. Tous paieront. Je frapperai au plus profond de leur chair, la traitresse, le malade et l’imposteur ».

Le capitaine Leszczynski et le lieutenant Kerdogan, deux officiers de la SR de gendarmerie de Marseille se rendent en Camargue afin de faire la lumière sur une sordide affaire criminelle. À leur arrivée sur les lieux, ils découvrent une mise en scène aux accents bibliques ainsi qu’une huile sur toile posée sur un chevalet.
Dolores Steidman, une psychiatre parisienne, passionnée de théologie et d’histoire des religions, propose spontanément son aide au tandem d’enquêteurs.
Alors que le tueur en série le plus tristement célèbre du XXème siècle vient de retrouver le chemin de la liberté après vingt-trois années à l’ombre des barreaux, Leszczynski et Kerdogan se lancent dans une course contre la montre pour appréhender un mystérieux fantôme qui signe à chaque fois ses crimes d’un tableau.
Comme un message… comme le présage d’un funeste périple.

 

• Couv_2024-027_Marco Tristan - Le sang de la Licorne

 

Âmes sensibles s’abstenir…

Un récit d’une noirceur très particulière qui s’enchaîne sans aucun temps mort !
Mélange de polar, de thriller ésotérique et psychologique où j’ai aimé l’histoire, parfois complexe, mais surtout d’une grande érudition. Heureusement l’auteur à la plume fluide et un “certain” sens de l’humour. Impossible de stopper une fois ma lecture commencée.

L’enquêtrice Leszczynski et son coéquipier, le lieutenant Kerlogan, deux personnalités bien tranchées, vont mener une enquête tambour battant, et une traque sans relâche, à travers la France.

Qui est donc ce meurtrier qui met en scène ses crimes, où la Religion est omniprésente ?
Voilà la question que je me suis posée très vite.

Tristan nous propose tellement de personnages crédibles, surprenants et intéressants, qui n’ont en apparence rien en commun, que la chute finale a été pour moi une vraie belle surprise !
Des meurtres d’une violence singulière, des corps en putréfactions abandonnés, des toiles réalisées avec le propre sang des victimes qui ont subit de véritables horreurs, mais toujours sans aucune souffrance.
Quel est donc ce message que le meurtrier veut nous faire passer ?

Une enquête délicate, pour notre duo de policiers. Ils vont être obligés de se surpasser et d’ouvrir “grand” leurs esprits, s’ils veulent comprendre ne serait-ce que le pourquoi de toute cette barbarie.

Chapeau bas Tristan, pour ce récit addictif, qui m’a transporté hors des sentiers battus, et qui malgré le sujet traité est resté pour moi touchant et plein d’émotions, il m’a aussi de nouveau, fait comprendre que le monde n’est pas du tout tel, qu’il paraît être.

Un moment intense de lecture qui m’a donné envie d’en découvrir beaucoup plus sur Tristan Marco…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Un mouroir. Voilà ce que le Jardin des acacias inspirait à Marie-Jeanne. Un EHPAD situé à deux pas du square Debrousse, dans le vingtième arrondissement. Un endroit surchauffé, aux odeurs d’alcool à 70°, de pisse macérée et de soupe poireaux-pommes de terre. En même temps, cet établissement était exactement cela, un sas vers notre finitude, un aller simple pour le club très fermé des futurs mangeurs de pissenlits par la racine. Marie-Jeanne, une fois encore, contint un besoin irrépressible d’aller vomir. »

« Leszczynski avait toujours détesté Paris. Trop de bruit, trop d’odeurs, trop de gens. Elle y avait débarqué à l’âge de dix-sept ans, fraîchement diplômée de son baccalauréat afin d’entamer des études de commerce. Ses parents agriculteurs avaient mis la main au porte-monnaie pour participer à l’effort de guerre, mais vivre à Paris avait un coût non négligeable et Claire Leszczynski avait dû emprunter aux banques de quoi payer sa scolarité et une partie de son loyer confiscatoire. »

« – J’ai quelque chose à vous montrer, Capitaine.
– Qu’est-ce que c’est que ça ?
– Ça, comme vous dites, c’est l’une des toutes premières éditions de l’Histoire ecclésiastique, une œuvre traduite du grec et rédigée à l’origine, en l’an 323 par l’évêque Eusèbe de Césarée. Elle raconte le parcours des chrétiens depuis la mort du Christ jusqu’au règne de l’empereur Constantin au IVe siècle. L’ouvrage qui se trouve devant vous date de 1917. C’est un recueil des livres V à VII du récit d’Eusèbe de Césarée qui traite des martyres de Lyon et notamment celui de Blandine.
– Je suis impressionnée ! Vous êtes érudite en histoire des religions ?
– Érudite, c’est un bien grand mot ! »

« – Ne t’es-tu jamais demandé pourquoi ton chien ou ton chat jouit d’une existence faite de caresses et d’amour, paisiblement vautré sur ton canapé tandis que la vache ou le cochon endure quelques pauvres années d’une vie de merde, tout ça pour finir dans un abattoir miteux et y crever dans des conditions de souffrances innommables ? »

« Le seul dénominateur commun entre le réel et le retransmis était cette profonde aversion qu’Ivanenko éprouvait à l’endroit du chef de l’État qui, selon lui, avait tout du pantin propulsé au sommet du pouvoir par quelques puissants et qui portait un costume présidentiel beaucoup trop grand pour lui. »

 

Tristan Marco a exercé pendant plus de vingt années le métier de pilote d’hélicoptères, spécialisé dans le sauvetage en mer, comme en montagne. Il est à présent pilote Garde-côtes.

Son premier roman, L’étrange cohérence du sablier (2018), est témoin d’une urgence intérieure de faire partager ses ressentis et son univers, au travers d’un thriller métaphysique

Vient ensuite Le onzième châtiment (2019), un thriller politique et d’aventures qui fait voyager le lecteur entre le Congo Belge juste avant son indépendance, et le Paris des années 80.

Enfin, Le sang de la licorne (2023), un polar noir dans lequel deux officiers de gendarmerie se débattent dans une enquête sordide et une course contre la montre pour appréhender un mystérieux tueur en série qui laisse systématiquement sur le lieu du crime des huiles sur toiles aux accents bibliques.

Facebook :
https://www.facebook.com/tristanmarcoauteur/

Instagram :
https://www.instagram.com/tristan.marco.auth/

Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Belle de Mai

de Pascal Escobar
Broché – 15 septembre 2023
Éditeur : Le mot et le reste

• Bandeau_Intro_5.jpg

Ancien éducateur rattaché au juge des enfants à Marseille, Stanislas Carrera s’est reconverti en enquêteur privé. Mandaté par une famille d’origine comorienne, il se lance à la recherche du jeune Fuad, dix-sept ans, dont le frère aîné est au même moment accusé du meurtre d’une jeune femme. Des intérieurs confinés et angoissants de la cité Félix Pyat aux rues abandonnées de l’ancien quartier ouvrier, la Belle de Mai, les besoins de l’enquête vont l’amener à croiser gros et petits truands, éducateurs, immigrés clandestins, flics, prédateurs, militants politiques, et une jeunesse qui tente de s’extirper de sa condition dans le quartier le plus pauvre de France.

 

• Couv_2024-026_Escobar Pascal - Belle de mai

 

Belle de mai est le premier roman de Pascal Escobar !
Et j’ai bien l’impression que nous avons trouvé un nouveau conteur…

Contrairement à ce que j’avais cru en lisant le titre, je m’attendais un peu à une jolie histoire, qui nous conterait la vie d’une jolie femme !

Première claque,
Belle de mai est un quartier de Marseille parmi les plus violents et les plus pauvres de France, la misère y est omniprésente à chaque coin de rue. Nous sommes très loin de la carte postale habituelle que nous avons en tête de Marseille.

Deuxième claque,
Une écriture riche, profonde et froide à la fois. Pascal tranche, violente et sonne son lecteur. Certains passages sont particulièrement brutaux et difficiles, mais c’est aussi ce qui fait la richesse du récit situé entre le drame et le roman social, sûrement plein de vérités et d’objectivité. J’ai assez vite trouvé mon rythme de lecture, mais toujours avec la crainte de la page suivante… On sort complètement du Polar traditionnel. Mais d’ailleurs, est-ce un Polar ou l’histoire d’une ville qui se détruit et se reconstruit sans cesse années après années suivant les arrivées des différents immigrés ?

Troisième claque,
Stanislas Carrera, est un enquêteur privé. Ancien éducateur, il connaît sa ville, mais parfois, il se heurte à ce nouveau monde caché au fin fond des quartiers les plus mal famé.
Sa dernière mission ? Fuad, un jeune Comorien à disparu après l’arrestation de son frère accusé de meurtre. Leur sœur s’adresse au privé afin de retrouver son jeune frère qu’elle sait innocent de toute violence.
Son enquête le mènera dans la noirceur des rues, où meurtres, vengeances, drogues diverses, prostitutions et viols sont le quotidien des habitants qui n’ont d’autres choix que de courber l’échine et mourir, ou de devenir la nouvelle main obéissante des chefs de quartiers.

J’ai aimé l’histoire et son réalisme brutal. Les descriptions de tous ces mineurs isolés m’ont semblé particulièrement justes, même si elles font vraiment très peur.
J’ai senti que l’auteur malgré tout aimait Marseille. On le devine à travers ses lignes, à travers son écriture. Son intrigue est très bien ficelée et bien sûr, j’attendais une fin heureuse…
Mais qu’est-ce qu’une fin heureuse dans cette succession de drames qui s’enchaînent ?

Pascal m’a vraiment surpris par une écriture vivante et déjà très mure, pour un premier roman.
Je suis vraiment curieux de savoir vers quel “monde”, il m’emportera dans ses prochaines aventures !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Il est quatorze heures dans Marseille. La chaleur blanche de l’été fait éclater la pierre et le bitume. Au croisement de la rue du Camas et du boulevard Chave, un taxi est arrêté à un feu rouge. À l’instant où le conducteur s’apprête à enclencher la première, une femme traverse. Tranquille. Tongs, sarouel, pieds sales et bière à neuf degrés à la main. Elle ne se presse pas. Pile au milieu de la chaussée, elle stoppe pour boire une lampée de son breuvage. En soi, le geste ne dure que quelques secondes, mais c’est trop pour le taxi. Il s’énerve, il klaxonne. La femme aux tongs ne semble pas particulièrement sensible à l’irascibilité légendaire des taxis marseillais. Elle finit sa gorgée, s’essuie la bouche, se tourne vers le SUV et annonce au conducteur :
– Eh, va te faire enculer, tu vois pas que je traverse ! »

« – Je comprendrai jamais la manière dont on accueille les personnes qui fuient l’extrême pauvreté. Ils sont parqués dans leur quartier comme en prison. On peut pas laisser des gens croupir dans leur misère sous prétexte qu’on ne veut pas partager nos richesses. Et par-dessus, on laisse des marchands de sommeil s’enrichir sur le dos des familles qui ne peuvent pas se loger ailleurs, c’est immoral, on devrait les mettre en prison. Pourquoi la CAF ne crée pas des brigades d’inspection de la salubrité plutôt que de dilapider l’argent public dans des allocations qu’elle verse directement à des bailleurs véreux ? C’est révoltant et ça mesure bien l’iniquité du monde moderne. »

« La bénévole lui a fait envie avec son Garlaban. Il se demande s’il en prend un avec un café bien serré. En même temps, il s’était juré de ne plus boire d’alcool fort en journée. L’être humain est en permanence placé dans une position schizophrénique intenable. J’en bois encore un ou pas ? L’hémisphère gauche de mon cerveau me guide vers le plaisir et la jouissance de la modification de l’état de conscience. L’hémisphère droit me dicte la tempérance et la retenue. Plusieurs fois par jour se pose le dilemme. De quoi devenir fou. “Tu as qu’à arrêter de boire, lui dit Bérangère, et ton dilemme sera réglé en dix minutes.” Pas si facile, constate Carrera. »

 

Pascal Escobar naît à St-Henri en 1974. Il est l’avant-centre de l’équipe de football du quartier durant dix ans, puis devient punk, dynamiteur, projectionniste de cinéma et pour finir, travailleur social. Son parcours professionnel l’amène à travailler dans le secteur de la Belle de Mai, dans le troisième arrondissement de Marseille. Il écrit depuis 2017. Belle de Mai est son quatrième livre, son premier roman et le premier opus d’une série de trois romans sur Marseille.