Frisson horreur, Suspense, Thriller, Thriller psychologique

Signatures

de Tom Clearlake
Broché – 19 janvier 2022
Éditeur : Moonlight éditions.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se voit confier le dossier du meurtre sordide d’une femme, en région parisienne. Quelques jours plus tard, une autre victime est retrouvée morte dans la forêt de Sénart. Comme la première, son corps a été l’objet d’une mise en scène macabre.
Pour Margot et son équipe, le lien entre ces deux dossiers est évident. Il s’agit bien d’un même tueur. Et ce dernier semblerait s’attacher à faire de chacun de ses assassinats une œuvre d’art.
Les choses se compliquent quand le tueur entre en contact avec un journaliste pour l’envoyer sur le lieu de sa troisième composition.

Découvrez aussi « Sans retour », « Le Seuil », « Signatures » et d’autres thrillers terrifiants signés Tom Clearlake !

Tom Clearlake, depuis ma première lecture, fait partie de ces auteurs dont j’aime particulièrement la plume, sombre et envoûtante. Avec Signatures, il m’a entraîné dans un thriller particulièrement oppressant, où l’art et la mort s’entrelacent de façon glaçante.

Margot Bellanger, psychocriminologue, se retrouve confrontée à une affaire terrifiante : une femme assassinée dans des conditions effroyables, suivie d’un second crime qui laisse présager l’œuvre d’un tueur en série. Chaque victime est mise en scène comme une macabre composition artistique, révélant un meurtrier à l’ego démesuré.

Bernard Coutier, lui est un écrivain populaire connaissant le syndrome de la page blanche et en quête d’inspiration. Il décide de plonger dans l’univers du criminel et d’écrire un “true crime”, sans se douter qu’il va devenir une pièce maîtresse du jeu dangereux orchestré par l’assassin, qui le contactera en retour, lui offrant l’exclusivité de sa prochaine “création”. L’histoire prend alors une tournure vertigineuse, explorant les méandres de l’horreur et de la fascination morbide.

Tom maîtrise l’art du suspense avec brio. Chaque scène est décrite avec une intensité redoutable et un style percutant. Les personnages sont profonds, torturés, et le portrait du tueur est si glaçant qu’il en devient presque hypnotique, et au milieu de toute cette noirceur, il y a quand même beaucoup d’émotion et de sensibilité. Je me suis demandé plusieurs fois, où il allait chercher toutes ses idées et plusieurs fois j’ai eu l’impression de regarder un film complètement déjanté !
Signatures est un thriller psychologique d’une rare noirceur, un véritable page-turner qui a happé le lecteur que je suis, du début à la fin et qui m’a laissé une empreinte indélébile. Impossible de lâcher cette lecture aussi captivante… qui sera sûrement impossible à oublier !

Je vous recommande vivement son livre, c’est un véritable coup de cœur.

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Extrait :

« La sonnerie du téléphone fixe déchira le silence feutré de l’appartement. Claire Lensac sursauta. La tasse qu’elle tenait entre ses doigts parfaitement manucurés lui échappa. Son contenu, un thé vert bio de Ceylan, se répandit sur le marbre blanc de la cuisine. Les éclats de porcelaine filèrent sous les meubles pour se cacher, ne pas déranger l’ordre irréprochable que Mlle Lensac entretenait dans son trois-pièces. Ce téléphone n’avait dû sonner qu’une dizaine de fois depuis qu’elle avait emménagé ici – un modèle datant des années quatre-vingt qu’elle avait dégoté chez un antiquaire. Troublée, elle traversa le salon et décrocha le combiné en bakélite. »

« Un vent glacial venait caresser ses joues figées, froides maintenant, comme cette brise. Ses joues qu’aucun sourire ne viendrait plus animer.
Il l’avait amenée jusqu’ici, car c’était ici qu’il fallait qu’elle soit retrouvée. Dans cette maison. Dans la véranda délabrée, sur le carrelage de marbre blanc jonché d’éclats de verre, il avait disposé la toile qu’il avait peinte avec son sang sur un chevalet. »

« Dix autres minutes, au moins, s’étaient écoulées. Il était encore là, immobile, dans sa robe à fleurs jaunes, réalisant peu à peu qu’il était libre, qu’il n’aurait plus à redescendre dans cette cave humide et froide. Que sa geôlière, ce dragon déguisé en mère, avait été terrassée. Jerry n’avait pas bougé, lui non plus, reproduisant ses gestes dans un mimétisme parfait. Ensuite l’atmosphère était devenue lourde, le ciel s’était assombri, jusqu’à devenir un amas noir de fureur. La foudre s’était mise à gronder au loin. Et Jerry avait souri. »

« – Le consumérisme est donc la source du mal.
– Oui. Nous fabriquons et achetons toutes ces choses dont nous n’avons pas réellement besoin. Voilà le cœur du problème actuel, à l’échelle planétaire.
– Nous sommes en plein paradoxe, dit Busnel.
– En effet. »

« Ma seule activité a été de raconter les vies d’autres personnes, des personnes que j’aurais peut-être aimé avoir eues comme amies ou comme proches. Des personnes que j’aurais aimé protéger, garder sous mon aile… Pourquoi les auteurs doivent-ils être si désespérément seuls ? »

Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

Amour, Émotion, Drame, Suspense

Ainsi gèlent les billes de savon

de Marie Vareille
Poche – 17 mai 2024
Éditeur : CHARLESTON

« Certains choix nous définissent à tout jamais, celui-ci en fait partie. À partir d’aujourd’hui, je peux bien écrire la neuvième symphonie, sauver le monde d’une troisième guerre mondiale ou inventer le vaccin contre le sida, on ne retiendra de moi que cet acte innommable. Puisses-tu un jour me pardonner. »

De Paris aux volcans ensoleillés d’Indonésie en passant par un petit campus américain à la frontière canadienne, de vibrants portraits de femmes aux destins entrecroisés se dessinent. Quel secret les unit ? Quelle est leur véritable histoire ?

De sa plume délicate et addictive, Marie Vareille nous offre une merveilleuse histoire d’amour, d’espoir et de résilience.

« Un beau cheminement, sensible et lumineux… émaillé de suspense ! »
Maxi

« Un véritable ascenseur émotionnel. Un régal ! »
20 Minutes

PRIX CHARLESTON POCHE 2022

J’ai englouti ce livre en quelques heures.
Une fin magnifique. Un bel hommage à la maternité, mais pas uniquement !

Marie Vareille a indéniablement un grand talent. Elle a conçu son roman comme un thriller, truffé de secrets, mais également empreint de tendresse et de délicatesse. Un récit à plusieurs voix qui s’entrecroisent constamment, n’hésitant pas à nous égarer si on baisse notre vigilance ne serait-ce qu’un instant, jusqu’à une conclusion éclatante.

Un ouvrage qui met en avant toutes les femmes sans exception et à coup sûr, devrait susciter un sentiment de honte chez tous les hommes ! Ça a été mon cas. Comment pourrait-on, à l’issue de cette lecture, pouvoir envisager être l’égal de nos conjointes ?
J’ai d’abord été étonné par le ton plus sombre comparé à ses autres ouvrages. C’est émouvant, parfois brutal, tout en étant empreint de beauté et de vérité. Marie a su trouver des mots justes, et la magie a nouveau opéré. D’ailleurs, au fur et à mesure de ma lecture, « Ainsi gèlent les bulles de savon » a peut-être fini par s’imposer comme son meilleur ouvrage. Étant en apnée pendant quasiment toute ma lecture, Marie libère à la fin une énorme explosion d’oxygène !

Une jeune femme a abandonné tout ce qu’elle avait. Elle est anéantie, totalement désorientée, épuisée. Elle a emporté quelques objets, abandonnant son enfant, son domicile, son époux, tout ce qu’elle avait… Cependant, et c’est tout à fait compréhensible, elle ne peut s’empêcher de penser à son enfant. Sans cesse.
Trois femmes.
Une jeune femme enceinte pour la première fois, une jeune étudiante qui vit seule avec son père, professeur de littérature, et une jeune maman qui vient d’abandonner son nourrisson. À priori il ne semble pas y avoir de lien entre. Mais au final, elles partagent toutes un point commun : la littérature !

Marie, je te remercie pour ce roman poignant et fort, qui, malgré une certaine amertume, se distingue par une plume sensible et brillante.
Un ouvrage que je recommande vivement…

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Extraits :

« Je vais être Maman. Moi, Claire Perrin, fille unique qui ai passé la plus grande partie de mon enfance seule avec ma mère, à m’inventer des frères et sœurs imaginaires avec qui partager mon goûter, je vais fonder la famille dont je rêve depuis ma première poupée. Je ris à travers mes larmes. Je pose les mains sur mon ventre. Tu es là. Tout va changer.
Tout a déjà changé. Je replace le capuchon sur le test et sors des toilettes. »

« Mon enfance a été faite d’étranges allers-retours entre instants de douceur et moments de terreur. J’ai ainsi appris à être nostalgique du présent, à regarder, impuissante, le bonheur glisser entre mes doigts, trop consciente qu’il était éphémère, et désespérée de le retenir sans jamais y arriver. Voilà d’où vient ce qu’ils appelaient ma mélancolie : je vivais dans l’attente que le monde s’effondre et il s’effondrait tous les soirs, quand mon père rentrait du travail. »

« J’ai gardé des dizaines de carnets noircis de citations, d’extraits de livres qui m’ont marquée. Je rentrais en courant de l’école pour avoir un peu plus de temps pour lire. Je lisais à table, le soir et le matin, dans mon bain, sous la table en classe et en marchant dans la rue. Rien d’autre ne m’intéressait. »

« Je suis doté d’une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire. » Je suis hypersensible et je me suis reconnue dans la citation, votre personnage et votre histoire… »

« — Tout ce que tu ressens, c’est un don. Il est à l’origine du requiem de Mozart, des pyramides d’Égypte et du plafond de la chapelle Sixtine. Ce sont les gens comme toi qui voient la vérité du monde, pas ceux qui te disent de contrôler tes émotions. »

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Elle est l’autrice de plusieurs best-sellers totalisant près d’un million de ventes dans le monde. Son roman Désenchantées, paru en 2022 aux éditions Charleston et en 2023 au Livre de Poche, a remporté le Prix des lecteurs Système U, ainsi que le Prix des lecteurs de la librairie Lamartine. La Vie rêvée des chaussettes orphelines a reçu le Prix Charleston poche 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021. Ses livres sont traduits dans plus de dix pays.

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie « Elia la Passeuse d’âmes » et son roman Young Adult « Le syndrome du spaghetti » a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Émotion, Cercle littéraire, Roman, Suspense

Les vérités parallèles

de Marie Mangez
Broché – 23 août 2024
Éditions : Finitude Éditions

Arnaud Daguerre est Grand Reporter au Miroir, un hebdo d’investigation. Ses reportages passionnants lui valent les éloges des lecteurs autant que de la profession, qui n’hésite pas à lui décerner le prestigieux prix Albert Londres. Et pourtant. Sa série sur les banlieues ? Il n’a osé interviewer personne. Son reportage en Grèce ? Il n’a pas quitté son hôtel. Son portrait de Julian Assange ? Il ne l’a jamais contacté. Bien trop timide. Et ce depuis toujours, depuis cette enfance rêveuse, quand il parcourait le monde sans quitter sa chambre.

Pour ficeler un bon reportage, eh bien c’est pareil : il suffit d’inventer, de broder avec quelques lambeaux de réel. C’est si facile.

Mais il y a un prix à payer : la peur d’être démasqué à chaque parution, chaque semaine, cette peur qui vous ronge les entrailles sans répit. D’autant qu’à la rédaction, on s’interroge sur la facilité avec laquelle ce jeune collègue trouve toujours le bon témoin, la bonne histoire…

Dans le cadre de l’un de nos dîners du Cercle littéraire du Château de l’Hermitage,
nous avons eu hier soir le très grand plaisir de recevoir Marie Mangez.
Un moment plaisant où les conversations ont pris un certain tournant,

où les discussions se sont un peu envolées…,
mais c’est aussi ça, une soirée de discussions !

Arnaud, âgé de sept ans, est un enfant timide et rêveur qui se laisse souvent emporter par son imagination. Un jour, lors d’un cours, suite à une erreur sur un contrôle, il mélange le nombre 69 avec 96. Malgré un raisonnement juste, sa maîtresse lui met la note de 1/10. Trouvant cela injuste, il imitera son écriture et transformera le 1 en 10. Ce n’était pas la première fois qu’il transformait la réalité, mais ce jour-là fut décisif.
Malgré l’opposition de ses parents distants et très stricts, Arnaud, qui a connu une enfance difficile et complexe, envisage sa carrière dans le journalisme. Décision a priori étonnante pour ce jeune homme timide et effacé. Son premier reportage en tant qu’adolescent se déroulera à La Courneuve. Une fois sur les lieux, c’est le désastre. Tout se brouille dans son esprit. Il est dans une impasse et n’ose pas poser des questions à gens qui l’entourent et pourraient le renseigner. Comment va-t-il s’y prendre ? Il est impératif qu’il restitue cet article comme prévu !
Heureusement, son imagination lui permettra de rapidement trouver une autre solution.

Ce sera une réussite !
Progressivement, les opportunités se présentent à lui et il obtient le poste de journaliste attitré au journal “Le Miroir”. Estimé par ses pairs et ses supérieurs, apprécié de son public, tous ses reportages se construiront uniquement dans sa tête sans sans qu’il ait à se déplacer. Commencera alors pour lui une vie pleine de gloire qui lui renvoie sans cesse un sentiment de culpabilité et la peur constante d’être découvert…

Dans son roman, Marie Mangez aborde un thème original et bien développé, malgré un début que j’ai trouvé un peu long et qui a failli me perdre. Mais, petit à petit, j’ai trouvé ça et là certains repères qui me parlaient résonnaient en moi, qui m’ont captivé, avec même parfois une certaine poésie qui m’a accompagné tout au long de ma lecture que j’ai finalement trouvée un peu ”trop brève“. Marie a réussi à trouver des mots justes, simples, qui m’ont permis d’entrer dans la tête, déjà surchargée de notre héros, dans ses pensées complexes qui débordent d’imaginations et résonnent de malhonnêteté où il s’enlisera chaque jour un peu plus.

Un récit intéressant et original qui incite à réfléchir sur l’univers du journalisme et ses divers aspects où la pression et l’aspiration à la réussite pourraient, compte tenu des ressources actuelles, influencer les idées, voire générer des “fakenews” en fonction des désirs des journalistes, qui pourraient ne plus être en quête de vérité.

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Extraits :

« Le jour où Arnaud est devenu faussaire, il avait sept ans. L’âge de raison. Affirmer, toutefois, qu’il s’agit de son premier fait d’armes serait mentir. En réalité, ce jour d’octobre 1988, le terrain est déjà préparé depuis longtemps. Mais à ce moment-là, Arnaud ne le sait pas, ou bien de façon confuse. Il ne sait pas qu’il pousse, depuis sa naissance, dans le terreau fertile des choses non dites, dans la poussière invisible des squelettes du placard. »

« Faire les choses bien. Ne pas se tromper, jamais.
Arnaud a appris, depuis sa plus tendre enfance. Appris à ne pas décevoir, à deviner les attentes pour s’y glisser comme dans un étui de protection. »

« C’est bien. Dans la bouche avare de son père, ces quelques mots ont le poids et l’éclat d’un lingot d’or. Jusqu’alors, les parents Daguerre ont suivi le parcours de leur rejeton d’un œil qui, sans être désapprobateur, ne rayonnait pas franchement d’enthousiasme. Ils auraient préféré qu’Arnaud, après Sciences Po, embrasse une carrière administrative : du stable, du solide, une valeur sûre. Mais le stable et le solide n’ont, hélas, jamais intéressé le rejeton en question, resté cramponné à sa lubie enfantine, attiré vers le mouvant, le changeant, l’éphémère, et vers une profession chaque jour plus précaire. »

« Arnaud ne s’ennuyait jamais, dans sa solitude peuplée de journaux, de livres et de rêveries. Mais il lui semblait, parfois, que son cœur sonnait vide; alors il redoublait d’efforts pour le remplir, tout seul, faute de mieux, le remplir de Léonards, de contrées lointaines et d’aventuriers sans peur. »

Doctorante en anthropologie à l’Université de Paris, Marie Mangez voyage régulièrement entre la France et la Turquie afin de conduire des recherches sur les minorités religieuses. À côté de sa thèse, elle publie en 2021 son premier roman, Le Parfum des cendres, dans lequel Sylvain, thanatopracteur, et Alice, étudiante en stage, devront essayer de cohabiter dans un climat inexpliqué de tension.

Marie Mangez découvre le sujet de la thanatopraxie par le biais de ses études et décide d’en faire le métier de son personnage principal, dans un roman qui mêlera mystère et sensibilité. Par le biais de ce roman, elle nous plonge dans un univers mélancolique et énigmatique, dans lequel nous devrons découvrir le secret bien gardé de l’impénétrable personnage principal, en décryptant les indices disséminés par l’autrice dès les premières pages. Finalement, entre le mystérieux embaumeur qui sent les morts, et la jeune étudiante déterminée, l’harmonie est difficile, mais pas impossible…

Histoire, Polar historique, Suspense

La Malédiction de Rocalbes

Une enquête d’Hippolyte Salvignac****
de Philippe Grandcoing
Broché – 9 mars 2023
Éditions : de Borée

Quelle idée saugrenue de vouloir acheter un château en Périgord ! Le séjour d’Hippolyte Salvignac aux Eyzies va rapidement tourner au cauchemar. Les meurtres se succèdent, tandis qu’archéologues français et étrangers se livrent une guerre impitoyable pour le contrôle des sites. Et pour corser le tout, le château de Rocalbes semble abriter de lourds secrets de famille. Hippolyte aura bien besoin du soutien du clan Salvignac, de son impétueuse compagne Léopoldine et des talents de l’inspecteur Lerouet pour démêler l’écheveau de ces multiples mystères.

Dans ce cinquième volet de la série des “Enquêtes d’Hippolyte Salvignac”, Philippe Grandcoing illustre avec précision le décor et l’ambiance éclatante et délicieuse de la vallée de la Vézère, reconnue comme la capitale mondiale de la préhistoire en 1910, à l’apogée de l’engouement pour les sites préhistoriques, plus précisément au village des Eyzies. Cela permet une immersion immédiate dans ce récit où se côtoient personnages réels et fictifs. On ressent le soin des détails historiques et le sérieux travail de recherche en amont.

Hippolyte Salvignac, marchand d’antiquités de la “Belle Époque” résidant à Paris, ayant de la famille dans le Lot, va se retrouver en Périgord au cœur de fouilles et de commerces illégaux…

Ancien notaire, Aristide, le père d’Hippolyte, envisage d’acheter un château ainsi que les fermes voisines en tant qu’investissement pour son fils. Au cours de leur première visite sur le site, le père, le fils et sa compagne Léopoldine, qui se refuse au mariage officiel, vont se heurter à des manœuvres d’intimidation pour le dissuader de son projet d’achat. Le château en question serait hanté et renfermerait un trésor. Y aurait-il un intérêt assez grand pour expliquer les récents décès mystérieux ?

Durant cette période marquée par une abondance de découvertes archéologiques, la région se présente comme un point de rencontre incontournable pour les chercheurs, qu’ils soient célèbres ou pas. On vient de tous les horizons pour se disputer la plus grande part de gloire ou de richesse, jusqu’à une explosion d’assassinats dans les chantiers de fouille. 
Otto Hauser, un hôtelier et marchand d’art, est considéré comme “LE” suspect idéal. Mais, pour le clan Salvignac et l’inspecteur Lerouet, appelé à la rescousse, la situation s’avère être beaucoup plus compliquée qu’elle n’en a l’air. Finalement, personne ne semble totalement innocent, chacun des suspects détenant une partie de la vérité.

Tout comme la ruée vers l’or en Amérique, c’est la loi du plus agressif, du plus sournois et du plus vaniteux qui domine. Philippe Grandcoing prend son plaisir en alimentant notre soif d’aventures !

Au fil des volumes, les personnages se développent, les complicités s’approfondissent, en particulier entre Hippolyte et Léopoldine, ce qui n’est pas pour me déplaire. La jeune peintre talentueuse a du caractère et on l’aime pour ça. Déjà présente dans le volume précédent, à la fois séduisante et maline, c’est une militante de l’émancipation féminine qui représente avec détermination ce mouvement embryonnaire qui va se développer pendant la Première Guerre mondiale avec l’absence des hommes.

Une enquête captivante qui m’a tenu en haleine tout au long du récit se déroulant à une époque où le progrès dans tous les domaines semble désormais inévitable.

Un grand merci à Virginie, des éditions de Borée, pour toutes ces aventures dont je ne me lasse pas !

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Extraits :

« L’HOMME SE RETOURNA. Personne ne le suivait. Les toits pentus des maisons blotties au pied de la falaise se découpaient dans la pâle clarté du clair de lune. Heureusement, la masse sombre de l’église l’enveloppait de son ombre. Une seule lumière brillait encore à une fenêtre, celle du presbytère. Ce fichu curé ne dormait-il donc jamais ? »

« C’est une vraie mine d’or. Heureux celui qui a trouvé un riche filon. Il fera fortune. Surtout s’il met la main sur quelques pépites. Il y a de ça quelques mois, Hauser a vendu un squelette entier à un musée de Berlin. Il paraît qu’il en a tiré deux cent mille francs. Vous imaginez ? Deux cent mille francs ! Cent fois le salaire annuel de Peyrony ! Et maintenant, ce sont les Américains qui débarquent. Ils raflent tout ce qu’ils peuvent. Il paraît même qu’ils ont fait découper dans la roche des sculptures pour les expédier à New York ou ailleurs.
— Quel scandale ! Je ne comprends pas que la France ne s’y oppose pas. »

« Il continua à leur expliquer que les découvertes les plus récentes avaient confirmé les intuitions des premiers préhistoriens un demi-siècle plus tôt. Des hommes avaient vécu ici en même temps que des espèces animales aujourd’hui disparues. Ils avaient fabriqué des objets de plus en plus élaborés et su exploiter toutes les ressources que leur offrait la nature. L’humanité avait donc évolué, physiquement et intellectuellement, durant des millénaires, tout comme le climat, la faune et la flore. Il n’était plus possible d’imaginer un monde créé une fois pour toutes, tel que le décrivait la Bible, ni même d’envisager une première humanité détruite au moment du Déluge. »

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Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

  • Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
  • La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
  • Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
  • Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

Ouvrages collectifs

  • 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
  • Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
  • L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
  • Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
  • Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
  • Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
  • Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
  • Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
  • Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
  • Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
  • Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
  • Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
  • Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
  • Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
  • Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
  • Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
  • Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
  • La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
  • Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
  • L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

Publications diverses

  • Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

Émotion, Drame, Frisson horreur, Roman, Suspense

LUX

de Maud Mayeras
Poche – 12 octobre 2017
Éditions : Pocket

2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, une petite ville perdue au ciel rose et à la poussière collante, dans les terres arides du sud de l’Australie, pour des vacances chez sa mère. Vingt ans auparavant, il y a passé un été inoubliable, un été au cours duquel il a connu la joie, l’amitié, l’amour, mais aussi l’horreur.
Aujourd’hui, il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Son but ? Se venger. Mais Antoine est frappé de plein fouet par la dure réalité. La justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse…

“Avec Lux, Maud Mayeras s’empare de nos peurs les plus terribles,
comme celle de la fin du monde, propos au cœur du livre, et bien dans l’air du temps.”

Franck PetitFrance 3 Limousin

J’avais déjà lu ce livre en novembre 2018.
Il y a quelques jours, j’ai ressenti l’envie de le relire…
J’avais oublié à quel point il était puissant… À quel point je l’avais apprécié, il m’avait bouleversé… m’avait laissé une empreinte !

Lux est unique, tourmenté, je dirais même hors du commun par son aspect « sensoriel » et émotionnel. Maud nous guide à travers des régions isolées, inhospitalières et arides peuplées de personnages terrifiants et particulièrement troublants.

1996. Ceduna, en Australie.
Antoine, un jeune français, semble perdu dans ce pays éloigné. Mais ce n’est pas le cas, il y a déjà vécu. Il est revenu pour une bonne raison. Il attendait depuis 1996, mais aujourd’hui il est enfin prêt. Il est revenu pour se venger. Une vengeance qui se veut implacable, mais tout ne se déroulera pas comme escompté.

2016. Ceduna, en Australie.
Un ami, Hunter, garçon de son âge, et sa petite sœur Lark, un aborigène, géant, monstrueux qui l’effraie chaque jour lorsqu’il passe devant sa porte. Depuis qu’Antoine a emménagé avec sa mère au bout du monde, voilà ses uniques voisins. Progressivement, il s’adapte à ce nouveau style de vie. Solitude. Plus d’école, une liberté toute relative qui n’existe qu’autour de chez lui et uniquement en cachette. Puis un jour, Hunter est assassiné, bouleversant la vie d’Antoine à tout jamais…

Maud nous offre un récit enchanteur, sombre, impitoyable et admirablement orchestré, ponctué de chapitres très brefs alternant entre 2016 et 1996 jusqu’à la fin du livre. Le dénouement, époustouflant, m’a redonné les frissons que j’avais déjà eu à ma première lecture !

Maud Mayeras… Je suis un grand fan !!!

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Extraits :

« Florence Harelde avait décidé de quitter la France le jour des quatorze ans de son fils. En pleine nuit, elle avait éveillé le garçon d’un doux baiser sur son front chaud. Elle lui avait parlé en anglais. Elle ne lui parlait jamais qu’anglais, le français lui ayant toujours paru une langue difficile, ennuyeuse, superflue. Elle avait évoqué cette plage sur laquelle elle avait grandi mais, l’esprit encore embrumé de sommeil, Antoine n’avait rien compris. »

« Deux cadavres, c’est tout ce qui restera.
Il les emportera loin d’ici, au fond de ce terrain en friche, ce champ recouvert chaque jour de l’année par des tonnes de feuilles sèches, tremblantes sous la brise légère ou collant à vos semelles. Au fond de ce terrain, il y a un trou, un trou dans lequel il pourra entreposer les deux cadavres. Il cachera leurs chairs et leur puanteur à l’abri des regards. Il attendra patiemment que les corps pourrissent et, quand il ne restera plus que des os cassants, il y mettra le feu. »

« Hunter avait resserré son étreinte et Antoine avait grimacé. L’autre lui faisait mal, mais il éveillait aussi en lui cette chose inexplicable qui le rendait furieux et l’excitait férocement. Hunter s’en était rendu compte et n’avait pas reculé.
Antoine s’était laissé faire, il avait entendu Hunter soupirer, avait senti les lèvres effleurer sa nuque et sa peau prendre feu. Les yeux clos, malgré son cœur qui cognait, malgré le bruit du vent qui s’engouffrait dans la pièce, il avait distinctement entendu le ronronnement du moteur dans l’allée.
“Merde, Hunter, tes parents.”
La glace avait éteint le feu. Et tout s’était déroulé à une vitesse folle. »

Maud Mayeras est une autrice française de romans noirs et de thrillers psychologiques.

Sa plume sensitive et animale nous mène toujours plus loin vers l’indicible, et avec délicatesse et précision, elle écorche à chaque page les entrailles et le cœur du lecteur. Ses récits mettent souvent en lumière les violences faites aux femmes et aux enfants, mais ils abordent également la complexité des liens filiaux et leurs conséquences féroces. Bercée par les films d’horreur, par le rock, le punk, et les romans de Stephen King, Maud Mayeras écrit son premier roman à 23 ans.

  • Hématome, éditions Calmann-Lévy en 2006. Il a reçu le prix des Limbes Pourpres et a été finaliste du prix Polar SNCF en 2006.
  • Reflex (2013), traduit dans plusieurs pays.
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/06/reflex/
  • Lux (2016), tous deux parus aux éditions Anne Carrière, puis repris chez Pocket.
  • Les monstres (2020)

Elle vit aujourd’hui à Limoges avec sa famille.

Histoire, Polar historique, Suspense, Thriller ésotérique

Le testament du chevalier

Arnaud Delalande
Broché – Grand livre, 28 mars 2024
Éditeur : Robert Laffont

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Des parchemins inestimables…
Une enquête à travers les siècles…
Et si le Graal était tout près de nous ?

Domfront, octobre 1161. Un chevalier fou vient mourir dans les bras d’un troubadour de légende.
Paris, 2023. Judith Guillemarche, religieuse et spécialiste des parchemins médiévaux, est sollicitée par un conservateur venu de Normandie. Il est certain d’avoir mis la main sur des originaux de Chrétien de Troyes, égarés depuis des siècles.
Et si ces manuscrits étaient la clé pour accéder au Saint Graal ?
Judith est perplexe, jusqu’à ce que son ami archéologue soit assassiné.

L’enquête devra fouiller dans le passé et faire revivre un Moyen Âge bruissant pour résoudre plus d’un mystère…

 

• Couv_2024-097_Delalande Arnaud - Le testament du chevalier

 

J’ai découvert Arnaud Delalande en 2002 avec l’excellent Notre-Dame sous la terre, son premier roman, qu’il publia, alors qu’il n’avait que 26 ans !
Il se vendra très vite à plusieurs milliers d’exemplaires et sera traduit en de nombreuses langues…
Je l’ai adoré !

Plus tard, la même année, j’ai lu L’Église de Satan. Puis au fur et à mesure des sorties, La musique des morts, Le piège de Dante, La lance de la destinée, Les fables de sang, Notre espion en Amérique, “Révolution, 1. Le cœur du roi, et Révolution, 2. Le sang du roi.
Cela faisait un moment que Le testament du chevalier me tendait les bras. Vous l’aurez vite compris, Arnaud est un conteur que j’apprécie tout particulièrement. Ce mélange d’Histoire, de polar, de suspense, de magie, de rêve aussi, et beaucoup d’érudition, m’emporte à chacun de ses récits.
“Le testament du chevalier” obéit aux mêmes règles, et plus encore…

Au XIIe siècle, celui qui semble être un soldat de Dieu arrive à se confesser au jeune Chrétien de Troyes, juste avant qu’il ne décède. Chrétien reste abasourdit par ce qu’il vient d’apprendre. Heureusement, il a pu prendre des notes au fur et à mesure de ce qui ressemble à une confession. Plus tard, il se servira de ces révélations, pour écrire plusieurs œuvres en rapport avec le Graal, la légende arthurienne, les récits de Lancelot, de Perceval et bien d’autres encore.
Près de neuf cents ans plus tard, à Domfront-en-Poiraie, Florent Nicolas, un jeune conservateur, est persuadé d’avoir enfin trouvé les pages manquantes de “Perceval” mentionnant l’emplacement du Saint-Graal. Il contacte alors Judith Guillemarche, religieuse, médiéviste et conseillère spéciale au Vatican, et lui montre des parchemins qui pourraient peut-être remettre en cause la fin de “Perceval” et du livre du Graal, le dernier roman de Chrétien de Troyes. Un roman ésotérique qui a inspiré de nombreux auteurs et réalisateurs de cinéma depuis toujours.
Alors qu’ils sont en pleine recherche, à travers la région, un matin, Judith retrouve Florent mort assassiné chez lui. Elle se rend compte très vite que plusieurs individus la suivent et qu’ils rôdent autour des ruines alentours à chacun de ses déplacements.

Commence alors pour Judith une quête qui la mènera là où la folie pourrait peut-être l’emporter.

Arnaud vous emmènera au-delà de tout ce que vous pourrez imaginer. Le personnage du chevalier dans la littérature romanesque du XIIe siècle est très important mettant en avant, outre la courtoisie, des vertus qui en feront l’idéal masculin de l’époque. En plus de ses capacités guerrières, il se doit d’intégrer l’amour des dames et le respect des autres chevaliers. Le chevalier doit tendre vers une perfection morale absolue. « C’est l’ordre de chevalerie, / Qui doit estre sanz vilenie » !
Ouvrir un de ses livres, c’est aller de découvertes en découvertes, d’aventures en aventures, voyager dans le temps, se poser des questions, et douter même !
Et si c’était vrai ?
Voilà la question qui m’est revenu régulièrement pendant ma lecture.

Pour cela, je te dis un très grand merci Arnaud.
Merci aussi de me faire voyager encore plus loin à chacun de tes romans.

Coup de cœur pour ce formidable roman d’aventures que je conseille à tous les amoureux d’Histoire et de ses secrets, de polars semés d’intrigues et de rebondissements inédits.

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Extraits :

« Vive Aliénor !
Les oriflammes dansaient dans le vent sous un ciel d’azur. Il faisait pourtant frais, en ce mois d’octobre. Des oiseaux tournaient autour des remparts du château de Domfront. Depuis la splendide église de Notre-Dame-sur-l’Eau, en bordure du gué de la Varenne, montaient les clameurs d’une foule en liesse. »

« Le chevalier était revêtu du heaume et de l’armure, sur son destrier caparaçonné et prêt pour la parade – l’un de ces lourds chevaux capables de supporter plus de cent kilos. Il raclait le sol du sabot, et son maître semblait le faire trotter et tourner au seuil de la lice, comme pour un échauffement. Mais, outre cette lance, de quatre mètres de long, que l’homme en armure gardait vissée sous le bras et l’épaulière, c’était son écu qui interpellait. Celui-ci était orné d’un dragon rouge, à crête perlée et crachant des flammes, sur fond blanc. »

« — Sœur Judith, si vous voulez bien revenir sur un point…
Judith Guillemarche.
Ancienne étudiante en histoire de l’art, confidente en son temps du cardinal Spinelli di Rosace, conseillère spéciale au Vatican, proche du directeur des collections Dino Lorenzo. Jeune quinquagénaire aujourd’hui, longtemps restée laïque, elle avait été par le passé chargée d’enquêtes impliquant l’Église catholique de par le monde : quête de reliques, étude de miracles, réels ou supposés tels, exploration de «cas limites», fouilles archéologiques – dont certaines en relation avec la même École biblique de Jérusalem… »

« La Terre continuait de tourner, pourtant un enfant était mort, et sa vie intérieure à elle venait de s’effondrer ; le monde se fichait de tout cela, Dieu Lui-même paraissait absent face à cette mascarade. Judith ne comprenait pas cette indifférence. Comment pouvait-Il faire souffrir à ce point ? Mais était-ce alors pour cela qu’elle avait endossé l’habit – pour une mauvaise raison : demander des comptes à Dieu ? Pour Lui faire la guerre, ou la paix ? Les vocations étaient éprouvées, toujours testées. Avait-elle menti ? Non, elle avait sans doute essayé, dans son désespoir, de se raccrocher quand même à Lui – de Lui tendre la main, de Lui donner une chance. »

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l’auteur : Arnaud Delalande, né en 1971 à Herblay-sur-Seine, est un écrivain et scénariste de bande dessinée et de cinéma français. Après des études à Pontoise, une hypokhâgne et une khâgne aux lycées Chaptal et Victor Duruy (Paris), puis une licence d’histoire, Il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1994. Repéré par l’éditrice Françoise Verny, il publie son premier roman en 1998 à 26 ans, Notre-Dame sous la Terre (éditions Grasset). Le roman va se vendre à environ 10 000 exemplaires et être traduit en plusieurs langues.

En mars 2011, il publie Le Jardin des larmes, récit contemporain relatant la destinée entrecroisée de deux humanitaires en quête de sens et confrontés au chaos : l’un se voit plongée dans les premiers jours du génocide rwandais, tandis que l’autre fait face aux conséquences du tsunami de 2004 sur les côtes du Sri Lanka. Le Piège de Lovecraft, en 2014, thriller inspiré de l’œuvre de H. P. Lovecraft où l’on suit la lente plongée d’un étudiant au cœur de la folie, reçoit le Prix Masterton du roman fantastique francophone 2015.

Mais c’est surtout la saga Viravolta, l’Orchidée Noire, publiée entre-temps, qui lui permet de se consacrer pleinement à l’écriture. Avec Le Piège de Dante (Grasset, 2006), commence en effet une série historique qui rencontre un réél succès, notamment à l’étranger. Dans le premier opus, Pietro Viravolta, dit l’Orchidée Noire, agent secret dans la Venise du XVIIIe siècle, enquête sur un tueur en série dont les meurtres s’inspirent des différents Cercles de L’Enfer de Dante. Dans Les Fables de sang en 2009, l’Orchidée Noire traque à Versailles un assassin qui signe ses meurtres de Fables de La Fontaine. Avec Notre espion en Amérique (2013), Viravolta part en compagnie de La Fayette conduire la guerre d’Indépendance américaine aux côtés de George Washington, avant de traverser la Révolution française dans les deux tomes Révolution 1 : Le Cœur du Roi et Révolution 2 : Le Sang du Roi, en 2017.

Parallèlement à son travail de romancier, de scénariste et scénariste de bandes dessinées, Arnaud Delalande participe au milieu des années 1990 au développement d’une école de cinéma pour les professionnels du film, le CEFPF, où il est professeur en scénario (ateliers d’écriture, cours en dramaturgie), directeur adjoint, puis consultant. Il continue son activité d’enseignement en scénario, dramaturgie ou « storytelling » en 2017 à l’école « Les Mots », fondée par Philosophie Magazine, rue Dante à Paris.

Membre de la SADN (Société des auteurs de Normandie), fondée par André Castelot et Michel de Decker, et juré pour le prix Spiritualités d’aujourd’hui remis chaque année par le Centre Méditerranéen de Littérature, il est depuis 2009 parrain et membre du conseil d’administration de l’ONG Bibliothèques Sans Frontières (BSF), dont la mission est le soutien au développement durable par la diffusion du livre, l’émergence de projets et de structures culturelles locales dans les pays en développement (Haïti, Cameroun, Niger, Rwanda, Rdémocratique du Congo).

Notre-Dame sous la terre (1998)
L’Église de Satan (2002)
La musique des morts (2003)
Le piège de Dante (2006)
La lance de la destinée (2007)
Les fables de sang (2009
Notre espion en Amérique (2013)

Révolution, 1 : Le cœur du roi (2017)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/08/07/revolution-1-le-coeur-du-roi/

Révolution, 2 : Le sang du roi (2017)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/08/13/revolution-2-le-sang-du-roi/

Histoire, Polar historique, Suspense

La chambre mortuaire

Les enquêtes de L’Aliéniste*
Jean-Luc Bizien
Broché – Grand livre, 11 avril 2024
Éditeur : L’Archipel

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La première enquête de Simon Bloomberg, aliéniste à la réputation sulfureuse.

Un roman qui mêle spiritisme et science lors de la préparation de l’expo universelle à Paris dans une ambiance proche d’Adèle Blanc-Sec de Tardi

Paris, juillet 1888. Un cadavre disparaît de la morgue, un autre corps est retrouvé, nu, sur les pavés après une chute vertigineuse.
Surviennent, bientôt, de nouvelles morts suspectes. L’inspecteur Desnoyers, flanqué de son adjoint Mesnard, qui applique les techniques les plus modernes, hante les rues sombres de la capitale. Il y démêlera les fils d’une conspiration qui le mène au Dr Simon Bloomberg, aliéniste à la réputation sulfureuse… que l’on dit plus dangereux encore que ses patients ! Et que penser de cette jeune Anglaise, Sarah Englewood, tout juste engagée par Bloomberg ?
Dans ce Paris où le spiritisme côtoie la science, où les esprits les plus cartésiens s’adonnent à l’absinthe, l’alcool qui rend fou, Desnoyers vacille : doit-il collaborer avec Bloomberg ou, au contraire, tout faire pour confondre le ténébreux aliéniste ?
Une à une, les découvertes morbides le rapprochent de la vérité… mais aussi du danger.

“Un face à face déconcertant, rare, dérangeant, impressionnant…
Jean-Luc Bizien est l’une des grandes voix du polar français.”
Gérard Collard

 

• Couv_2024-096_Bizien Jean-Luc - Les enquêtes de L'Alieniste

 

J’avais déjà lu ce livre, il y a quelques années, En effet, il était paru une première fois en 2011. Jean-Luc l’a revu et fait quelques modifications pour cette nouvelle édition.

Dans un Paris angoissant, juillet 1888.
Simon Bloomberg est un médecin aliéniste, c’est le personnage principal de cette série historique et policière. L’exposition universelle, l’hôpital de la Pitié Salpêtrière et la clinique Sainte-Anne où les aliénés y étaient enfermés plus que soignés.

Les chapitres courts et se terminent régulièrement par un rebondissement, suscitant un intérêt grandissant au fur et à mesure de ma lecture, accentuant le suspense du récit. Jean-Luc Bizien nous plonge dans un Paris en plein essor, où l’étude des traitements des maladies mentales était encore à ses balbutiements…

Simon Bloomberg, est un homme plein de secrets. Le couple qu’il forme avec Sarah Englewood, sa gouvernante, est des plus attachants. Ulysse est un colosse un peu simplet, mais gare à ceux qui se frotteraient à lui ! Elzbieta, la femme de Simon Bloomberg, est égyptologue et se trouve au milieu de toutes les énigmes et un “drôle” de duo de policiers qui cherche à résoudre cette étrange enquête. La maison des Bloomberg joue elle aussi un rôle très important dans le récit. Avec son imposante présence et son atmosphère pleine de secrets… C’est un véritable musée dédié à l’Égypte.
Il sera aussi question de personnes disparues, d’un cadavre volé, de séances de spiritisme, de légendes anciennes… Commence alors un jeu de dupes et de manipulation nous entraînant dans une spirale infernale.

J’ai eu beaucoup de plaisir dans ma lecture, dont Jean-Luc ne dévoilera l’intrigue qu’à la toute fin, faisant ainsi un excellent polar sur une trame historique fouillée et toute en finesse, un scénario très original faisant référence à des faits réels ! J’ai aimé aussi ce mélange de mystères inexpliqués et d’enquêtes policières, le Paris de l’époque est superbement bien retranscrit.

Merci Jean-Luc pour ce très bon roman à l’intrigue bien menée, pour ses personnalités intéressantes et très diverses, toutes très attachantes, son suspense distillé au compte-gouttes.
Une véritable réussite !
Il ne me reste plus qu’une chose à faire… Il me faut relire la suite !

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Extraits :

« Augustin Piedvache s’étira avec un miaulement grotesque. L’air froid et humide réveillait de vilaines douleurs qu’il ne parvenait à soulager qu’à grand renfort de laudanum.
Par la fenêtre, le gardien promena un regard morne sur la Seine. Ce soir, la lune était pleine, des copeaux d’or s’accrochaient à la crête des vaguelettes. Augustin lâcha un ricanement amer. Et pourquoi pas des pépites, tant qu’on y était ? Il s’amusa de ce soudain accès de romantisme. L’eau de la Seine était immonde – on n’osait plus la boire, même si les autorités affirmaient à qui voulait bien les entendre qu’elle était potable. »

« L’aliéniste tenta d’aplanir la ride soucieuse qui barrait son front à la verticale, plissant la chair jusqu’entre ses sourcils sombres. Il relut ses dernières notes à voix basse. À l’issue de cet ultime examen, il apposa son buvard sur le feuillet et referma son journal intime. Il fit jouer le tiroir secret, y déposa le carnet de cuir, referma le compartiment et se leva après avoir entendu le déclic du système de sécurité. Il écarta le rideau à la fenêtre et hocha la tête, satisfait. Ce serait une belle journée. »

« Sarah avait le feu aux joues, À n’en pas douter, ce monsieur de Saint-Monastier était une vibrante statue élevée à l’arrogance des mâles ! Fort heureusement, elle avait su trouver les mots pour rabattre son vilain caquet.
Un doute affreux la saisit soudain : n’avait-elle pas commis une faute grave en se montrant aussi insolente ? Quelle était la nature des rapports entre son employeur et cet homme ?
« Seigneur, se dit-elle, tu as réagi en parfaite idiote. Ulysse pouvait se défendre tout seul. En te comportant de la sorte, tu as peut-être signé ton renvoi immédiat ! »

« “Rédiger son journal est une opération chirurgicale, se répétait Bloomberg. On extrait les idées de son esprit, on les traduit sur la feuille blanche. On découpe, on tranche. On sélectionne, on élimine. À l’arrivée, ne doit plus rester que l’essentiel, le vital.”
Sous la morsure du fer, le papier gémissait.
Les mots s’alignaient, serrés, nerveux. »

 

Né en 1963 à Phnom-Penh (Cambodge), Jean-Luc Bizien a vécu une grande partie de son enfance à l’étranger. Il a exercé pendant une quinzaine d’années la double profession d’auteur et d’enseignant avant de se consacrer totalement à l’écriture. Jean-Luc Bizien s’épanouit d’abord dans les jeux de rôles et les littératures de l’imaginaire : il a obtenu en 1994 le prix Casus Belli du meilleur jeu de rôles pour Chimères et a publié de nombreux livres pour la jeunesse.
En 2002, il a obtenu le prix du roman d’aventures pour La Mort en prime time et le prix Fantastic’Arts pour WonderlandZ. Passant avec bonheur d’un genre à l’autre, il est l’auteur aux éditions Gründ de Vivez l’Aventure, une série de livres-jeux illustrés qui rencontre un grand succès et de la “Trilogie des ténèbres”, des thrillers contemporains aux éditions du Toucan.
Les œuvres dont il est le plus fier sont cependant ses deux fils, Elric et Adriel, respectivement parus en 1990 et 2005.

Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Frisson horreur, Suspense

9 MILLIARDS

de Muriel L. Mazoëlys
Broché – 15 juin 2024
Éditions : auto-édition

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LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

2038
Élevée par sa mère, Camille, quinze ans, emménage à contre-cœur chez son père. Pour Thomas, l’arrivée de cette adolescente hypersensible et éco-anxieuse représente un véritable défi. La cohabitation débute, nourrie de non-dits, de rancœurs et de secrets.
Un équilibre précaire s’installe jusqu’au jour où le meilleur ami de Thomas meurt dans des circonstances étranges. Bientôt, d’autres victimes succombent.
Emportés dans une spirale de violences sur fond de crise écologique, père et fille parviendront-ils à concilier leurs désaccords pour survivre ?

Sur une planète en sursis, l’heure du choix a sonné.

 

• Couv_2024-094_Mazoëlys Muriel L. - 9 Milliards

 

Après avoir lu l’excellente trilogie “Francs Mensonges”, dès que j’ai su que “9 MILLIARDS” était sorti, je n’ai pu résister, rien que part son nom !

Dès le début du roman, Muriel L. Mazoëlys, on se trouve dans un récit à l’ambiance terriblement anxiogène. Pas le temps de se préparer, on plonge directement dans un sujet avec lequel, impossible de ne pas faire de lien avec l’actualité que nous vivons ces dernières années.
Nous sommes dans un monde en pleine crise écologique, en plein dérèglement climatique, vient ensuite une alerte mondiale, lancée après la plus grande catastrophe aérienne de tous les temps. Plus de dix mille avions civils se sont crashés au même moment dans le monde entier, faisant au moins cinq millions de morts. La société qui gère la maintenance du groupe mondial est mise en cause. Dès lors la population est en alerte.
Il y a-t-il un lien entre tous les événements qui se déroulent sur terre ?
Si oui, quelle organisation serait-elle assez puissante et diabolique pour tout contrôler ?

Bienvenue dans un “autre” monde…

Suite au départ précipité de sa femme, pour l’Asie, alors qu’il ne la voyait plus depuis plusieurs années, Thomas récupère Camille sa fille. La mise en place va être très compliquée, le père manquant de confiance, et n’ayant aucun code d’éducation envers la jeune fille, et en plus, elle le déteste…
Pourquoi les a-t-il abandonnées dès sa naissance ?
Thomas décide de prendre sa chance en main et de s’occuper d’elle au mieux. Quelques jours plus tard, il apprend le décès de son meilleur ami. Très vite, il décide d’aller chez lui afin de comprendre cette mort. Avec sa fille, ils trouveront des documents qu’ils auraient bien aimé ne jamais avoir trouvés !
Pourtant, ils vont devoir affronter la réalité.

Bravo, Muriel pour ce récit “alerte”, qui n’arrête pas un instant. J’ai eu du mal à faire des pauses tellement les rebondissements étaient captivants. Le ton général est agressif et les personnages, tous très réalistes, souvent se perdent se trouvant dos au mur et n’ayant d’autres choix que de réagir sans réelle préparation à toutes les attaques qu’ils subissent, et encore une fois une chute incroyable.

Un thriller que vous devez lire absolument si vous aimez l’écologie et les dystopies, si vous vous posez des questions sur notre avenir, si vous voulez connaître la vérité et pourquoi pas, peut-être anticiper ?
Le 21 juillet 2024, le World Population Prospects 2024, rédigé par la Division de la population de l’ONU, a estimé que la planète comptait déjà 8,2 milliards d’habitants.

Muriel L. Mazoelys fait fort avec ce livre, c’est une autrice vraiment à découvrir !!!
Que nous réservera-t-elle dans son prochain roman ?
J’ai déjà peur… mais j’ai tellement hâte !

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Extraits :

« Quel que soit l’angle sous lequel les médias l’abordaient – biodiversité, dérèglement, surpopulation – le changement climatique et ses conséquences marquaient tous les esprits.
Pour ce que ça sert de nous en rebattre les oreilles… Encore un coup des industries pharmaceutiques pour booster les ventes d’anxiolytiques !
Thomas n’était pas dupe. Cette nouvelle enfièvrerait les débats durant trois jours, puis serait noyée sous le prochain scandale. Bientôt, un élément perturbateur détournerait ses semblables de la préoccupation environnementale.
Ainsi allait la vie depuis des dizaines d’années ; il ne voyait pas ce qui pourrait changer la donne. »

« – On pompe les ressources de la Terre. Un jour, elle se vengera en nous concoctant une jolie hécatombe. La – Joyeuse perspective… marmonna Thomas.
– Et pourtant la seule qui soit viable. Si la population retombe à moins de 6 milliards, la planète les assumera sans souci… Au-dessus, on frôle l’effondrement…
Il piqua à nouveau dans sa viande avec un sourire. Thomas secoua la tête, mi-amusé, mi-choqué :
– Merde, P.A., comment tu fais pour évoquer l’éradication d’une personne sur trois en t’empiffrant ?
Carpe Diem, mon ami. Mange tant que tu le peux. Vis tant que tu respires. Le reste, tu n’y peux pas grand-chose… »

« — Comme s’ils n’avaient aucune conscience de leur impact. Ils consomment chaque jour un peu plus de nos ressources avec pour seul but de profiter de leur retraite. La proportion de seniors dans les vols de loisirs est effarante… Et je ne parle même pas de la problématique de l’acharnement thérapeutique… On évolue vers une espèce centenaire, hybride humaine-machine, où ces légumes survivent reliés à un respirateur… »

« Elle n’aurait jamais dû lire le dernier pamphlet de Terra Force. Sonnée, elle avait immédiatement rejoint l’appartement avant de s’écrouler sur son lit. Les récents événements la terrifiaient. Même respirer un air sain relevait de la gageure. Dans quel monde survivait-elle ?
Ses convictions s’effondraient les unes après les autres. Elle ne comprenait pas pourquoi sa mère avait choisi de la faire naître dans cette société où les intérêts individuels primaient sur le bien commun. Elle étouffait sous la pression. Comment pouvait-elle construire sa vie alors que celle-ci allait connaître une fin précoce ? »

 

Ingénieure, docteure en sciences, maman et grande amatrice de chocolat, Muriel MAZOELYS puise son inspiration dans les découvertes scientifiques et technologiques qui rythment notre quotidien ainsi que dans les grands défis que nous devons relever.

Portée par ses activités de recherche, elle développe dans ses romans l’ambiguïté sous-jacente à toute découverte : là où certains s’extasient d’un progrès phénoménal, d’autres y voient une menace ou pire, une opportunité d’instrumentalisation.

Elle aime tisser des intrigues complexes et mêler suspense, sciences et secrets dans ses romans. Quatre mots-clés résument son inspiration : la famille, la science, les secrets et l’amitié. Si ces thèmes vous interpellent, foncez découvrir sa plume !

ET LA SUITE ?

Les projets fourmillent dans son esprit et ont déjà commencé à prendre vie ! Pour en être averti, n’hésitez pas à la suivre sur les réseaux sociaux, elle y est très active et répondra à vos messages avec plaisir !

Vous pouvez la retrouver sur :
Facebook : Muriel Mazoelys
Instagram : murielmazoelys_auteur

– Invisibles et Fatals – Francs Mensonges*
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/19/invisibles-fatales/

– Carnets Noirs – Francs Mensonges**
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/27/carnets-noirs/

– RIPostes – Francs Mensonges***
https://leressentidejeanpaul.com/2024/08/01/ripostes/

Émotion, Drame, Fantastique, Suspense

Dors ton sommeil de brute

de Carole Martinez
Broché – Grand livre, 15 août 2024
Éditions : GALLIMARD

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“Un long hurlement, celui d’une foule d’enfants, secoue la planète. Dans les villes, le Cri passe à travers les murs, se faufile dans les canalisations, jaillit sous les planchers, court dans les couloirs des tours où les familles dorment les unes au-dessus des autres, le Cri se répand dans les rues.”
Un rêve collectif court à la vitesse de la rotation terrestre. Il touche tous les enfants du monde à mesure que la nuit avance.
Les nuits de la planète seront désormais marquées par l’apparition de désordres nouveaux, comme si les esprits de la nature tentaient de communiquer avec l’humanité à travers les songes des enfants.
Eva a fui son mari et s’est coupée du monde. Dans l’espace sauvage où elle s’est réfugiée avec sa fille Lucie, elle est déterminée à se battre contre ce qui menace son enfant durant son sommeil sur une Terre qui semble basculer.
Comment lutter contre la nuit et les cauchemars d’une fillette ?

 

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Il s’est passé quelque chose de “magique” avec Dors ton sommeil de brute !

Les Éditions Babélio, m’ont contacté il y a quelques semaines pour me proposer cette lecture en service de presse, je ne savais pas quel était le sujet en détail, mais j’ai tout de suite accepté.
Puis, est arrivé le jour, où je me suis dit, qu’il fallait que je le commence afin de pouvoir en parler avec l’autrice le soir de notre rencontre.
Je commence donc ma lecture et…

Très vite, dès les premières lignes même, j’ai été troublé par une sensation particulière et très étonnante parfois, comme si le récit vivait déjà en moi au fur et à mesure de ma lecture. Une sorte d’écho qui n’a jamais cessé jusqu’à la fin du livre. Je n’avais jamais Ressenti cela, de tenir entre les mains un livre “vivant” et tellement en accord avec tout ce qu’à quoi je crois, avec un mélange de rêve et de réalité sans savoir vraiment à quel moment l’un prend le pas sur l’autre. Toute cette violence qui émane de la vie, de la nature, d’un couple qui se déchire, d’un autre qui fusionne, le récit est captivant, les chapitres sont courts, on entre littéralement dans l’esprit des personnages. Je n’ai cessé de recevoir une multitude de vibrations pages après pages…

Eva prend sa fille Lucie et quitte Pierre son mari, pour un endroit complètement isolé en Camargue. Elle a besoin de faire le point, de se ressourcer, redéfinir ses priorités.
Un jour en se promenant dans la nature, Lucie croise un “voisin”, Serge, un géant qui vit derrière, un peu plus loin, lui aussi dans une maison qui paraît abandonnée. Sa première rencontre avec Eva met tout de suite un froid entre eux malgré l’incompréhension de la fillette… Cette rencontre improbable entre ces trois personnages déchirés au plus profond de leur âme, sera le début d’un monde ou vérités et symboles ne cesseront de s’entrecroiser.

Un conte plus qu’un roman, qui en surprendra plus d’un.
Un récit déroutant qui m’a percuté, dans le sens le plus noble qui soit.
Une plume singulière qui emporte toutes les idées reçues.
Une fin de lecture qui m’a donné l’impression d’être saoul, d’avoir la tête qui tourne.
Ai-je vraiment cru que le livre avait été écrit pour moi ?

“Dors ton sommeil de brute” est un bijou. Carole Martinez est une enchanteresse. Elle distille d’une façon incroyable des émotions qui secouent les tripes, s’adressent directement à notre cœur, mettant en avant des problèmes actuels qui nous touchent tous, quels qu’ils soient. Religions, relations de couple, rapports avec nos enfants, respect de la nature et des animaux, réchauffement climatique, elle nous montre une Terre qui se meurt et bien d’autres drames, par sa prose simple et directe.

Énorme coup de cœur pour Carole et son interprétation des rêves oniriques qui touchent tous les enfants du monde et par extension toute la population de la Terre.
Carole, sublime néanmoins tous les drames et les mystères de son récit bouleversant…
J’ai encore plein d’images incroyables dans les yeux !

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Extraits :

« J’ai d’abord oublié mon état.
C’était comme une guerre à l’autre bout du monde dont j’étais le territoire occupé. Mais depuis quelques mois la créature bouge, me déforme l’abdomen, se tourne et se retourne, fait des bosses sous ma peau tendue à se rompre, elle est devenue trop présente pour que je parvienne à l’enterrer. Cet être m’obsède et me tient éveillée. Bientôt, mon ventre se videra et je dormirai de nouveau. »

« Elle a collé sa joue fraîche contre la mienne et, dans son souffle, j’ai mieux entendu les oiseaux. Je suis restée un moment ainsi, à respirer l’haleine blanche de mon enfant, à partager son regard. Ma fille m’entraînait dans sa contemplation, elle m’offrait ses sensations, et nous nous sommes envolées toutes les deux vers ces oies qui passaient au-dessus de nos têtes. »

« Tu n’as jamais cherché la compagnie des hommes, tu t’en fous. Tu n’aimes pas les gens en général et plus vraiment les gens en particulier, encore moins ceux qui parlent trop fort, les exubérants, avides d’existence, les incapables de silence, ceux qui prennent trop de place en se gonflant de mots inutiles comme la grenouille de la fable. »

« Pour palier les manque d’eau dus au réchauffement climatique, les opérations d’ensemencement de nuages se multiplient et engendrent des tensions entre les nations. Beaucoup considèrent cette pratique comme un détournement de l’humidité atmosphérique au détriment des pays voisins. Sans que l’efficacité de ces techniques soit démontrée, elles exacerbent les conflits.
Depuis trente ans, les Émirats arabes unis allouent des sommes énormes aux chercheurs pour trouver un moyen de renforcer et d’ensemencer les nuages grâce aux nanotechnologies. Des particules de sel recouvertes d’une fine couche de dioxyde de titane envoyées dans les airs engendreraient des précipitations. Aucune réglementation n’existe sur l’emploi de l’iodure d’argent ou du dioxyde de titane dans le cadre de cette guerre des nuages. »

 

Née en novembre 1966 à Créhange, Carole Martinez est romancière et professeure de français. Elle a notamment signé Le Cœur cousu (2007), auréolé de nombreux prix, et Du domaine des murmures, couronné par le Prix Goncourt des Lycéens en 2011. En 2015, elle publie La terre qui penche (Gallimard). Tentée par la littérature jeunesse – elle est l’auteure de Le Cri du livre, en 1998 – Carole Martinez se lance pour la première fois dans la bande dessinée en scénarisant Bouche d’ombre pour Maud Begon. Deux albums sont parus chez Casterman en 2014 et 2015.

Émotion, Drame, Polar, Suspense

La Noyée de Carnac

de Christophe Ferré
Broché – 10 octobre 2024
Éditions : L’Archipel

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Après le succès de La Petite Fille du phare et de La Disparue de Belle-Île, Christophe Ferré signe un nouveau suspense.

Par une nuit de tempête, un voilier se fracasse sur des rochers non loin d’une plage de Carnac.
Au petit matin, on découvre sur le sable le corps sans vie de Sophie Millet, jeune chercheuse en histoire venue dans la région étudier les menhirs et les sépultures celtiques.
Les rescapés du naufrage affirment ne pas la connaître. Elle portait pourtant le même gilet de sauvetage qu’eux…
L’enquête conclut à une noyade accidentelle. Une théorie à laquelle Baptiste, le père de Sophie, ne croit pas. Trois ans après le drame, il débarque à Carnac pour tenter de percer le mystère…

 

• Couv_2024-092_Ferré Christophe - La Noyée de Carnac

 

Mars 2021, une jeune femme est retrouvée morte sur une plage de Carnac coincée entre deux pierres au lendemain d’une grosse tempête. Elle portait un gilet de sauvetage.
La veille à quelques mètres de là, un bateau, s’est écrasé sur des rochers. Trois amis avaient décidé de faire la fête et ont été surpris par le mauvais temps. Ils nieront connaître la jeune fille retrouvée le lendemain.
Les enquêteurs concluent à une noyade, alors qu’elle était une excellente nageuse.

Qui a-t-il de pire pour un homme que la perte de sa fille, surtout lorsqu’on reste persuadé que son décès est un meurtre alors que la police a classé l’affaire ?

Il aura fallu trois ans à Baptiste, pour retrousser ses manches, et aller à Carnac pour mener “son” enquête en mémoire de Sophie…

Le nouveau roman de Christophe Ferré nous emmène encore une fois sur les côtes bretonnes, région riche en légendes diverses. Et je ne m’en lasserai jamais !
Le récit se déroule dans les environ de Carnac, région célèbre pour ses sites mégalithiques, sépultures celtes, menhirs, alignements de pierre, dolmens, tumulus, et bien d’autres. On sent vraiment la passion de Christophe envers la magie qui entoure ces lieux.

Christophe, chapitres après chapitres nous “balade” dans les mystères celtiques à travers de nombreux rebondissements dans cette enquête “gigogne” où toutes les personnes que Baptiste pense être coupables ont un lien avec Sophie ou l’ont fréquenté. Il ira même jusqu’à accuser son gendre !
L’enquête n’est pas simple, mais il ne baissera pas les bras.

Récit prenant avec beaucoup de suspense, lu d’une traite, très agréable à lire et encore une fois une fin qui m’a pris à contre-pied.
Bravo Christophe !

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Extraits :

« Sophie, une jeune femme aux yeux émeraude, n’aurait jamais dû mourir.

À Carnac, les pompiers la retrouvèrent sur une plage, à la lisière des vagues. La tempête s’était calmée juste avant l’aube, des pans d’écume festonnaient le sable. Le jour se levait, frais et triste. Une pluie fine tombait à la façon des larmes. Aucun soleil. Des nuages bas et gris emplissaient le ciel jusqu’à l’horizon, comme s’ils avaient voulu se mettre au diapason. »

« Pourquoi Sophie était-elle morte ? Et comment ? Avait-elle été assassinée ?
L’enquête sur les causes de son décès s’était bientôt enlisée dans les sables du mystère. Pendant des mois, les gendarmes avaient interrogé séparément, à plusieurs reprises, les passagers du bateau, trois jeunes hommes. Ceux-ci avaient dit exactement la même chose : le voilier avait quitté le port de La Trinité-sur-Mer quelques heures avant le naufrage. L’obscurité venue, après avoir affalé les voiles, l’un d’eux l’avait amarré à une bouée à une centaine de mètres du rivage, dans l’idée de passer la nuit à bord. Ils s’étaient couchés, chacun dans une cabine. Au début, ce n’était pas une vraie tempête, juste un petit coup de tabac. Ils avaient trouvé “planant” d’être secoués, mais le vent de sud avait grossi brusquement, ce qui n’avait pas été annoncé par la météo. »

« Pendant des mois, avant de venir à Carnac, Baptiste, tel un enquêteur, avait réalisé des fiches sur chacun des suspects. Il avait découvert leurs amis, leurs distractions, leurs voyages, les sports qu’ils pratiquaient. Arno était le plus festif. Il avait un profil Instagram où, en bon narcissique, comme beaucoup d’hommes jeunes de son âge, il publiait d’innombrables photos de lui : au volant d’une décapotable, jouant au tennis, marchant dans la montagne, pratiquant le surf ou la voile, nageant dans la mer, dansant dans les boîtes de nuit branchées.
Jamais en train de travailler, comme si sa vie était un tourbillon permanent de fêtes et de loisirs. »

« Ma chère Sophie,
À Carnac, en ce jour de septembre, alors qu’une lumière estivale caresse le paysage, ton absence m’est insupportable, mais j’espère que tu me vois, que tu lis ces lignes, que tu m’aides à démasquer l’ordure qui t’a tuée. Il rôde autour de moi, il m’espionne, il me piste, il a commis l’erreur de signaler sa présence en déposant un gilet de sauvetage sur mon pare-brise et en me poursuivant à moto, une arme à la main. Il pensait que ça allait m’effrayer, que j’étais un peureux, mais je suis toujours là, debout, prêt à me sacrifier. »

 

Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a obtenu le Prix de la nouvelle de l’Académie française en 2010.
Il est l’auteur de :
– La Chambre d’amour (Arléa, 1995),
– La Septième nuit (Seuil, 2000),
– Paradis Turquoise (Flammarion, 2005).

Son premier suspense,
– La Révélation de Chartres (Salvador, 2015) s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires, toutes éditions confondues,
– La Petite Fille du phare (Éditions de l’Archipel, 2018),
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/08/la-petite-fille-du-phare/
– Mortelle Tentation (Éditions de l’Archipel, 2019),
– La Prophétie de la cathédrale (Archipoche, 2020).
– La disparue de Belle-île
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/22/la-disparue-de-belle-ile/