Drame, Folie, Noir, Psychologie, Thriller

Somb

de Max Monnehay
Poche – 11 mars 2022
Éditeur : Points

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Victor Caranne est psychologue en milieu carcéral. Chaque jour, il emprunte à moto le pont qui relie le continent à l’île de Ré pour rejoindre la Citadelle, fortification reconvertie en prison. Chaque jour, il écoute des détenus lui confier des crimes atroces. Mais c’est la découverte d’un cadavre sur une plage proche de chez lui qui va provoquer une totale déflagration dans sa vie. Car il connaissait bien la victime, Julia, l’épouse de son meilleur ami, Jonas Somb.

« Max Monnehay est une auteure française avec laquelle le milieu du noir va devoir compter… »
Libération

 

• Couv_2023-68_Monnehay Max - Somb

 

Cela faisait un moment que je voulais découvrir la plume de Max Monnehay, voilà, c’est fait !

Ce n’est pas son premier roman, mais c’est son premier Polar. Personnellement, même s’il y a une enquête une bonne partie du roman, je ne l’ai pas lu comme un polar, mais plutôt comme le mélange d’un bon roman noir et d’un thriller psychologique. C’est l’intrigue et surtout les personnages, véritable point fort du roman qui m’ont happés. L’auteure a créé des personnages de tous les jours, avec leurs failles, leurs défauts, leurs egos, les rendant presque vivants à mes yeux. La sensibilité qu’elle leur donne dans ce récit est très importante. C’est extrêmement bien écrit, phrases courtes, incisives, d’une grande efficacité, avec beaucoup de psychologie aussi.

Victor, psychologue dans le milieu carcéral, est un homme tourmenté. Un événement lié à son passé l’a plongé dans un certain mutisme depuis son enfance. Mais, à la mort de Julia, c’est tout son monde qui s’écroule…

Max, n’a rien à envier à ses collègues du Noir.
Le récit m’a tenu en haleine jusqu’au bout sans en deviner la fin et de plus avec un dernier rebondissement que je n’ai pas vu venir du tout, complètement inattendu !

Un livre pour les amateurs de suspens, pour ceux qui aiment les belles histoires tristes, et les “plumes” originales et racées. Une écriture prenante et addictive, avec beaucoup d’intelligence, un sans-faute pour moi !
À lire…

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Extraits :

« Le bruit des portes métalliques qui claquent, les couloirs qui n’en finissent pas, le visage fermé des gardiens ont depuis le premier jour le même effet sur moi : une combinaison assez désopilante d’angoisse et d’ennui.
Je n’ai pas mis plus de quelques jours à comprendre que ce paradoxe était la chose la mieux partagée entre ses murs. Personnel et détenus confondus. C’est un cocktail qui, mal dosé, peut facilement conduire à la violence – contre les autres ou contre soi-même. »

« Je passai une heure assis dans la cuisine, dans un état de sidération totale, les yeux posés sur le mug de Julia, resté sur la table. Une trace de rouge à lèvres dessinait un croissant de lune rose sur son bord. Les images de nos dernières heures ensemble tournaient en boucle dans ma tête, une torture à laquelle j’étais impuissant à mettre un terme. Lorsque mon téléphone sonna dans la poche de mon jean, je touchai mon visage et réalisai que je pleurais. Silencieusement. Les yeux fermés. »

« Nous étions attablés au Café de la Paix, à deux pas de l’appartement. C’était un établissement au décor Belle Époque dont les lustres monumentaux jetaient sur toute chose, une lumière sépia, leur allouant une aura nostalgique. Maddie me regarda, attrapa la viennoiserie qu’elle tripotait du bout des doigts depuis cinq minutes, dénuda une double rangée de dents blanches, parfaites, et, sans me lâcher des yeux, les y planta façon gueule de fauve dans cuisse de gazelle. »

« Elle avait toujours cette chevelure rousse, ondulée et bandante, coulant comme de la lave en fusion sur ses épaules. Une paire de lunettes à monture noire épaisse ne parvenait pas à ôter son pouvoir au regard émeraude, profond, qui m’avait mis à genoux un quart de siècle auparavant. » 

 

 

Née en 1980 à Beauvais, Max Monnehay est l’auteure de Corpus Christine (Albin Michel, Prix du Premier Roman 2006), et de Géographie de la Bêtise (Le Seuil, 2012). Somb, thriller psychologique de haute volée, est son premier polar, couronné par le Prix Transfuge 2020 Meilleur espoir polar et par le Prix Sang pour Sang Polar.

Émotion, Drame, Fantastique, Folie, Noir, Nouvelles, Poésie, Polar, Suspense

SEPT

Les padawans de René Manzor
de Alys Réal, Alba Ombieri, Élodie Fabre, Isabelle Weber,
Olivier Martial, Louise Calvi-Lotito, Stéphanie Baudron-Cosson

Broché – 1 juillet 2023
Éditeur : Des livres et du Rêve

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Il y a trois ans, quand le covid frappe et que les tournages s’arrêtent, le réalisateur, scénariste et romancier, René Manzor, a une idée folle : donner vie à ce prof d’écriture qu’il cherchait désespérément étant môme, quelqu’un qui vous apprendrait les secrets de l’écriture comme un prof de guitare vous montre les accords.
Grâce à son « coaching », des débutants de tous âges donnent vie à leur histoire.
SEPT d’entre elles sont publiées dans ce recueil.
Elles révèlent SEPT nouveaux talents…

 

• Couv_2023-066_Collectif - René Manzor présente SEPT

 

La sortie du jour dans toutes les bonnes librairies !

Pas facile d’emporter ses lecteurs avec des nouvelles. Il faut être concis, pointu, mais il faut aussi trouver le petit plus qui fera la différence qui nous embarquera quel que soit le choix de l’auteur.
La puissance des mots, la beauté du texte, la volonté de magie, le suspense, la violence, et plus encore.

Un exercice difficile, et pourtant…

Avec ce recueil, René Manzor grâce à ses conseils auprès de ses SEPT recrues réussit pour moi un véritable tour de force… Il y a de la passion, de l’envie, des drames, des meurtres, de l’amour aussi. Je suis passé du sourire aux larmes, et vice-versa. Dieu que c’est bon de savoir qu’il existe encore tant de choses à écrire, tant d’histoires à découvrir…

Mais finalement, qu’est-ce qu’un(e) auteur(e) ?
N’est-il pas le conteur d’autrefois qui nous émerveillait et faisait briller les yeux des enfants ?
Alors, en toute honnêteté, je vous conseille d’entrer dans le monde de ces SEPT “nouveaux” auteurs, qui pour une première tentative, frappent très fort, et dont je suis persuadé que l’on entendra parler de certains d’entre eux très bientôt. TROIS de ces nouvelles, dont je tairai le nom, sont pour moi de gros coups de cœur…
Sauriez-vous deviner lesquelles ?

Merci à Réné pour cette superbe idée.
Merci à Angie Lollia des Éditions Des livres et du Rêve, pour l’impression et la diffusion de ce livre, pour lequel j’ai eu la chance de réaliser la couverture.

C’est pour genre de récits que je continuerai à lire tant que je le pourrai…
C’est magnifique, beau et touchant à la fois.

Un beau cadeau à offrir et à s’offrir…
Pour chaque achat de ce livre, 1€ sera versé aux Apprentis d’Auteuil.

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Extraits :

Stéphanie Baudron-Cosson – Embrasez-vous !
« Les pompiers étaient arrivés juste après pour éteindre l’incendie et constater le décès de la femme de Paul.
L’enquête avait été classée sans suite, faute de preuves. Reste que les gendarmes de Saint-Mars avaient retrouvé un briquet carbonisé dans la chambre des enfants… »

Élodie Fabre – Maman
« Tout son corps n’était que douleur. Encore. C’était épuisant. Le supplice de l’accouchement, Rose s’y était préparée, ces quelques heures d’une torture bien réelle. Mais qu’en était-il de la suite ? Personne n’évoquait le sujet. Comme si tout s’arrêtait, lorsque les ciseaux embrassaient le cordon. Et pourtant, la souffrance perdurait, bien au-delà, vicieuse, pernicieuse, et pas le moins du monde discrète. Rose la traînait comme un boulet dès qu’elle se levait, dès qu’elle s’asseyait, dès qu’elle bougeait, en somme. »

Isabelle Weber – Emprise
« – Il va avoir besoin de nous, Hélene.
– Oui ! De nous ensemble, pas l’un contre l’autre.
Ils se dévisagèrent intensément, comme deux ennemis se rappelant qu’ils avaient été alliés, deux parents à la dérive, convaincus que tout était encore possible pour sauver ce qu’ils avaient de plus précieux en commun : leur enfant. »

Alba Ombieri – Valentin, 1916
« Je m’accrochai à cette photographie, imaginant que ces gens étaient mes proches. Je scrutai le doux visage de cette mère jusqu’à ce que les yeux me brûlent. Cela me fit presque oublier la douleur d’être vivant. Je glissai alors le cliché dans ma poche, décidant d’emmener avec moi ce qui me manquait le plus : une famille qui m’aimait. »

Olivier Martial – 74 après R.A
« – Mais si, c’est toi qui choisis, protestait ma mère. Et tu peux lire autant de livres que tu souhaites sans nous encombrer.
– Non ! C’est différent. Un livre, ce n’est pas que ce contenu. C’est aussi un objet avec lequel j’ai voyagé, qui m’a accompagné dans des moments difficiles ou joyeux. Ce sont des pages écornées, abîmées, avec des notes sur le côté… Et parfois, ce sont des cadeaux de gens que l’on aime. »

Alys Réal – Entre chienne et louve
« C’était un soir d’octobre, une de ces belles fins de journée ensoleillées où l’on sentait que l’automne pointait le bout de son nez. Les couleurs étaient éclatantes et une légère brume guettait un petit coin de campagne de l’Heure, aux portes de la Normandie. La nuit patientait encore un peu pour laisser la place à cette heure que l’on nomme magique. Ce moment, où il fait trop sombre pour différencier un chien d’un loup- rappelait aux promeneurs qu’on apprivoisait durablement, personne. »

Louise Calvi-Lotito – La Vespa rouge
« Je me revois, en ce jour, si particulier de 1955, tremblant de la tête aux pieds, devant ma machine, dans l’attente de la sanction définitive du directeur : mon renvoi, après seulement une journée de travail. Il m’avait appelé. Nous avions parlé. Enfin… si je suis honnête, j’avais surtout écouté. La conversation est restée gravée dans ma mémoire. Le plus incroyable est que je n’ai pas été congédié. Il a décidé de me donner ma chance. Cela arrivait encore, dans ces années-là. Pas sur la chaîne de montage des Vespa, non, mais dans l’équipe de designers de l’entreprise. On m’a installé à l’étage, dans un grand atelier où travaillaient des personnes sorties d’écoles prestigieuses. J’ai eu deux mois. Deux mois pour montrer que mon geste n’était pas seulement celui, irréfléchi, d’un gamin. Deux mois pour faire mes preuves, ou repartir de zéro, ailleurs. »

Émotion, Drame, Noir, Polar

Le disparu de MONROVIA

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 23 octobre 2022
Éditeur : Autoédition

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Rien ne le prédisposait à pareille aventure. Les existences les mieux assurées sont, hélas, à la merci du diable assez malin pour que ses manigances prennent une apparence insoupçonnable. Ainsi Henri se rendant à son travail ce mardi matin dans sa voiture neuve, se voit-il accroché par une vieille R4, qui s’en moque et se fond dans la circulation. Tout aurait pu en rester là s’il n’avait retrouvé celle-ci de la façon la plus improbable. Il a suffi en somme de la couleur d’une portière pour que Henri, à son corps défendant, soit coupable d’un homicide le contraignant à s’exiler en Afrique, où le rattrapera une tragique méprise.

 

• Couv_2023-065_Papier-Wagner - Le disparu de MONROVIA

 

“Je l’ai tuée”, tels sont les trois mots qui commencent ce récit et voilà comment soudain la vie d’Henri bascula.

Henri aurait dû être un homme heureux…
Isabelle sa femme est enceinte de son deuxième enfant, une belle maison au Havre et il est associé avec son père dans l’entreprise qui l’embauche.
Un jour, alors qu’il se rend pour son travail, à l’îlot Quentin, un endroit calme que les deux hommes ont prévu de récupérer afin de construire des HLM, Henri tombe nez à nez avec une jeune femme nommée Gina, qu’il avait déjà rencontré quelques instants plus tôt sans le savoir…

C’est le quatrième récit de Gérard Papier-Wagner que je lis, et malgré tout, il continue à me surprendre… Quelle écriture ! Une plume fluide et toujours aussi plaisante. Gérard m’a fait voyager, rencontrer des hommes peu recommandables, mais aussi des êtres droits et serviables, dans une Afrique pour moi inconnue à travers des descriptions de lieux magnifiques, autres mœurs et autres coutumes, des voyages en paquebot, en avion, sur fond d’une enquête policière à plusieurs “tiroirs”.

Un suspense constant, avec de nombreux rebondissements tout le long de cette lecture captivante !
Un roman drôle et triste à la fois, très bien documenté sur un fond d’une grande beauté.
Mais surtout, une lecture qui force une nouvelle fois à l’introspection.

Qui sommes-nous vraiment au fond de nous ?
Pourquoi chez certains la colère est omniprésente aux risques de débordements incontrôlables, alors que pour d’autres tout glisse, sans la moindre importance…

Henri, trouvera-t-il enfin un dénouement heureux à la suite de son parcours infernal ?
Gérard Papier-Wagner, un auteur que je vous invite à découvrir.

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Extraits :

« Je l’ai tuée.
Trois mots, qui raisonnaient abominablement dans son crâne. Trois mots répétés, lancés tels des coups de boutoir contre le mur d’un accablement, qui l’empêchait de réaliser la tragédie et surtout de comprendre ce qui en fut la cause. Il l’a tuée parce qu’il arrive, que l’esprit cède à la tentation du pire, si d’aventure s’en mêle un hasard prétendument logique de Dieu, mais dont n’est jamais totalement exclu le diable aimant manipuler les rêves et les événements pour que le désir occulte la raison. »

« Toujours immobile, indifférent à sa nudité, il reprenait souffle en contrôlant sa respiration. Des profondeurs de son être une volée lui murmurait, qu’il existe des victimes coupables et des meurtriers innocents, des engrenages menant à des gestes aberrants. Ainsi, dans son mental, cheminaient les arguments, du puissant instinct de conservation. “Jamais cela ne justifiera mon acte.” s’écria-t-il étonné d’entendre sa voix rompre une quiétude à peine troublée par la rumeur de la ville. »

« Elle déboutonna sa chemise pour y glisser la main, prit la sienne pour la poser sur sa poitrine, se trémoussa tant que se découvrirent ses cuisses et qu’affleura son pubis. Henri tenta de contenir son désir en invoquant Isabelle. Ce fut peine perdue, car son cerveau se vidait du sang refluant dans son bas-ventre. Tout son être vivait sous la pression de l’orgasme à venir, sa dernière pensée, consciente lui donnait à croire qu’une ultime relation avant son retour dans le rang était justice. »

« De retour chez lui, Henri appréhenda ce qui pouvait en résulter. Attendant le sommeil, il souffrit d’avoir levé un peu plus le voile sur un monde barbare. Ce pays n’est pas recommandé aux âmes sensibles, Médita-t-il amèrement, parce qu’une froide fatalité lui faisait obligation de s’en accommoder. »

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Émotion, Drame, Noir, Polar, Psychologie, Suspense

La femme du lieutenant

de Bernard Courtebras
Relié – 28 novembre 2022
Éditeur : Nombre 7

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Los Angeles, début des années 2000.
Une femme que personne ne voit jamais et dont l’existence n’est attestée que par son seul mari, le flic le plus célèbre de la ville.
Un journaliste, ami du lieutenant, qui pose des questions et se pose des questions.
Une enquête qui piétine et qui les conduit de l’autre côté de l’Atlantique.
Un jeu de dupes où chacun cache et se cache. Mais de qui et pourquoi ?
Et si tout était lié ?

 

• Couv_2023-064_Courtebras Bernard - La femme du lieutenant

 

C’est une belle surprise qui est arrivée dans ma boîte aux lettres, il y a quelques jours.

Une belle surprise, tout d’abord, car je ne l’attendais pas du tout, ensuite l’écriture de l’auteur, fine, rythmée, toute en subtilité, avec par-ci par-là de petites pointes d’humour fort agréable…
Une belle surprise, surtout, car je découvre un “nouvel auteur”, qui n’a pas peur de jouer avec ses lecteurs, ça se sent, mais j’ai aussi senti beaucoup de psychologie et un grand amour des mathématiques…

Le lieutenant Colombo fait partie de mon adolescence. Je regardais souvent cette série lorsqu’elle passait à la télé… Voir ce brave Monsieur dans la simplicité de son quotidien, toujours “un peu perdu”, avec son vieil imperméable beige, sa Peugeot 403. Il arrivait en quelques questions, à mettre à mal les plus horribles des criminels, jusqu’à les piéger, les mettre dos au mur. Quel plaisir de le retrouver. Mais aussi, quel plaisir surtout de découvrir sa femme que l’on ne voyait jamais !

Tout ce que j’ai toujours voulu savoir sur sa femme, est là. Quelques lignes offertes par l’auteur… De la sensibilité, de la psychologie, elle est séduisante et a une vraie personnalité et je n’en dirait pas plus, juste qu’elle mérite vraiment que vous la découvriez !

Un très bon roman, un sans-faute. Pas de chichi. Pas de frime.
Le ton est clair, direct avec une bonne profondeur dramatique !
Un livre qui m’a ouvert, et m’a permis de retrouver celui que je considérai comme un ami…

Bravo Bernard et à très bientôt, j’espère.

Bernard Courtebras, auteur tout en subtilité, à découvrir !
Merci aux Éditions Nombre 7 pour ce très beau voyage dans cette île méconnue d’Italie.

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Extraits :

« Alberto Saviano, célèbre, journaliste au Los Angeles Times, avait construit sa notoriété en écrivant sur les crimes et les délits commis au sein de la haute société californienne. C’est dans ce cadre qu’il avait été amené à rencontrer le lieutenant de police, chargé des enquêtes et à échanger avec lui, pêle-mêle et au gré des investigations, des informations relatives à l’instruction et à la résolution d’affaires très médiatisées. Leurs racines italiennes communes et le fait qu’ils étaient à peu près du même âge avaient facilité leur rapprochement. »

« – Personnellement, j’évite l’alcool, indiqua le lieutenant en souriant. Les réveils sont trop souvent douloureux.
– Je vous le confirme. J’ai été malade toute la nuit. J’ai pas mal déliré aussi. Et d’ailleurs, cela vous concerne. Enfin, cela concerne plutôt votre femme… À force de me demander pourquoi on ne la voyait jamais, je me suis mis à échafauder… ses hypothèses.
– Des hypothèses, voyez-vous ça ! J’ignorais que ma femme vous obsédait à ce point ! »

« C’est joliment dit ! Pour tout vous dire, ma femme a connu dans son enfance des problèmes familiaux. On lui a caché que son oncle et son grand-oncle faisaient partie de la Mafia. Ils ont commis des crimes et ont fini assassinés. Sa famille n’en parlait jamais. Quand elle l’a appris, tardivement, elle a compris que ce secret devait être à l’origine de sa discrétion excessive.
– C’est peut-être pour ça qu’elle a épousé un inspecteur de police… avança Saviano. »

 

Bernard Courtebras est ancien maître de conférences, spécialisé en histoire et sociologie des mathématiques, et en sociologie de la socialisation et de la forme scolaire. Chercheur, Groupe d’histoire et de diffusion des sciences, Orsay, Université Paris 11 (en 2006).

Émotion, Drame, Non classé

La vie est facile ne t’inquiète pas

de Agnès Martin-Lugand
Poche – 5 septembre 2019
Éditeur : Pocket

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Rentrée d’Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux  » Gens heureux lisent et boivent du café « , son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille.
Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.
Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?

“On se laisse entraîner par le talent de feuilletoniste de l’auteur, qui manie à merveille le suspense amoureux.” Le Figaro

“Agnès Martin-Lugand possède un incontestable sens du récit.” L’Express

 

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J’étais triste de quitter les personnages de “Les gens heureux lisent et boivent du café”, ils m’avaient tous touché, je les avais vraiment beaucoup aimés. À peine quitté, j’avais déjà hâte de les retrouver.

Dans ma lecture, très vite, je me suis rendu compte que les personnages étaient plus “solides”, plus travaillés, dans leurs dialogues et dans leurs Ressentis.
Quelque chose m’avait manqué lors du premier tome. Je suis heureux qu’Agnès soit revenue dessus. En effet, il était beaucoup question des amours de Diane, et du décès de Colin, son mari, mais Clara, leur petite fille, avait été, il me semble un peu mise à l’écart du récit. Elle aura ce coup-ci, une importance toute différente dans ce second volet.

Rentrée d’Irlande, Diane a décidé une fois pour toutes de se “reconstruire” avec sa librairie à Paris, avec l’aide de Félix. Un jour, un client entre et très vite leurs regards se captent, se cherchent. Aurait-elle trouvé avec Olivier, qui passe presque tous les jours la voir, celui qui lui permettrait de continuer à avancer ?
Je ne dévoilerai rien de plus…

Agnès possède un vrai sens de l’histoire.
J’ai eu l’impression pendant cette lecture, d’être avec des amis. C’est très réaliste et les personnages sont attachants. J’ai ressenti beaucoup d’émotions dans le chemin réparateur des deuils que subit Diane. Un récit très bien menés, devenant même addictif vers la fin du récit, me demandant même quel choix ferait-elle ?

Très agréable à lire, beau et vivifiant, malgré les différents sujets abordés, je ne peux que recommander.
Encore un très beau livre qui vient enrichir ma bibliothèque !

Ps. Définitivement pas un feel-good !!!

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Extraits :

« – Diane, c’est ça ? Je suis ravie de faire ta connaissance, Olivier nous parle tellement de toi.
Elle me fit la bise, l’odeur de Mustela, me sauta au nez et me renvoyant à la naissance de Clara. J’avais toujours aimé les bébés et leurs odeurs – Colin me disait souvent : « Tu sniffes ta fille ! » À l’époque de leur départ, nous songions à en fabriquer un second pour offrir à Clara, un petit frère ou une petite sœur… »

« Tout le monde s’en alla. Sauf moi. Dès que nous fûmes seuls, e lis les deux mètres qui me séparaient de lui et retrouvai ses lèvres en me collant contre son corps. Mes mains pouvaient le découvrir, les siennes se baladaient déjà sur ma taille, dans mon dos.
– Je peux rester dormir ici ? murmurai-je contre sa bouche.
– Comment peux-tu me poser cette question ? me répondit-il. »

« Sans me laisser le temps de lui répondre, il tourna les talons. Je ne le quittai pas des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse en bas de la rue. Je luttais contre les larmes. Une image utopique se fissurait dans mes souvenirs. Lorsque je pensais à Mulranny, rien n’avait changé : Abby joyeuse, Jack solide, Edward seul, avec son chien et ses photos. Comment avais-je pu imaginer que la vie ne continuerait pas sans moi ? »

 

Agnès Martin-Lugand est l’auteur de neufs romans, tous salués par le public et la critique :
– Les gens heureux lisent et boivent du café,
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/19/les-gens-heureux-lisent-et-boivent-du-cafe/

– Entre mes mains le bonheur se faufile,
– La vie est facile, ne t’inquiète pas,
– Désolée, je suis attendue,
– J’ai toujours cette musique dans la tête,
– À la lumière du petit matin,
– Une évidence,
– Nos résiliences et
– La Datcha.

Psychologue clinicienne qui n’a pas son pareil pour décrypter les émotions, elle a su imposer son univers délicat peuplé de personnages attachants auxquels il est difficile de ne pas s’identifier. Elle a vendu près de 3,5 millions de livres tous formats confondus à travers le monde et est traduite dans 35 pays.

Émotion, Babelio, Rencontre littéraire, Drame

Les gens heureux lisent et boivent du café

de Agnès Martin-Lugand
Poche – 5 septembre 2019
Éditeur : Pocket

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“Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.”

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

“Poignante, cette histoire de résilience se trouve servie par des phrases courtes, beaucoup de dialogues, et une écriture légère dans laquelle se glissent même quelques notes d’humour.”
Catherine Balle – Le Parisien / Aujourd’hui en France

“Une cascade d’émotions, un échantillon de bonheur.”
douceurlitteraire.com

 

• Couv_2023-060_Martin-Lugand Agnès - Les gens heureux lisent et boivent du café

 

Diane a décidé de partir vivre en Irlande contre l’avis de ses parents et de Félix, son meilleur ami. Elle a trouvé un petit cottage à Mulranny loin de tout. C’est tout ce dont elle aspire. Le calme, le silence et la solitude.

Déjà un an que sa vie a été complètement anéantie du jour au lendemain. Colin, son mari et Clara leur fillette de six ans sont décédés suite à un accident de voiture. Est-ce le besoin de faire son deuil, a-t-elle envie de faire le point sur sa vie ? Une chose est sûre trop de fantômes vivent encore, là où ils ont partagé rires et bonheur…

En quittant la France, elle quitte aussi son café littéraire “LES GENS HEUREUX LISENT ET BOIVENT DU CAFÉ”, qu’ils avaient “pensé” avec Colin, pour vivre leurs jours heureux. Depuis, c’est Félix qui s’en occupe en espérant que Diane passe un cap et redevienne la femme qu’elle était.

Le climat de l’Irlande lui convient très bien. Le vent, la pluie et une plage déserte deviendront son quotidien jusqu’à l’arrivée d’Edward, le fils des propriétaires de la maison qu’elle loue. Malgré son envie de rester seule, il vient habiter juste en face de chez elle.

Dès leur première rencontre le ton est donné. Autant, elle souhaiterait son départ pour sa tranquillité, autant Edward demande à ses parents de la “dégager” immédiatement de son horizon. Il ne veut personne autour de lui !

Commence alors un bras de fer entre les deux inconnus qui va aller de mal en pire…

“Feel good”, qu’elle est donc cette désignation absurde pour désigner ce roman, pour le coup pas feel good du tout. Diane a perdu son amour, a perdu sa fille, elle est au bord de la rupture physique, ne sait plus comment vivre et on parle de feel good ???

C’est au contraire une histoire attachante, avec beaucoup d’émotions. On a envie d’aider Diane, de la soutenir dans ses hauts et ses bas, afin qu’elle reprenne goût à la vie au plus vite, avant qu’elle n’aille trop loin.

La beauté des lieux et les habitants d’Irlande, grâce à une belle écriture de la part de l’auteure, vont lui permettre de se reconstruire petit à petit… Je découvre Agnès Martin-Lugand avec ce récit émouvant, bouleversant et captivant à la fois. 187 pages lues d’une seule traite. Elles le méritaient. Chaque page amène un petit plus au récit qui évolue tout doucement vers un horizon bienveillant, vers une fin qui n’en sera pas une, mais plutôt, un nouveau départ !

La vie est parfois un parcours houleux et difficile, certaines personnes méritent une seconde chance, Agnès l’a bien compris.
Un livre, un sujet qui m’a emporté, que je conseille sans aucune honte.
Oui, j’ai aimé “Les gens heureux lisent et boivent du café”, même si je n’ai pas besoin de café pour être heureux…

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Extraits :

« Aujourd’hui, comme depuis un an, le silence régnait, en maître dans notre appartement. Plus de musique, plus de rires, plus de conversation sans fin.
Mes pas me guidèrent automatiquement vers la chambre de Clara. Tout y était rose. Dès l’instant où j’avais su que nous aurions une fille, j’avais décrété que l’intégralité de la décoration serait de cette couleur. Colin avait utilisé un nombre phénoménal de subterfuges pour me faire changer d’avis. Je n’avais pas cédé. »

« Les yeux grands ouverts, je fixais le plafond. J’attendais que mon réveil sonne. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, et le fait d’avoir raccroché au nez de mes parents n’avait rien à voir avec mon insomnie. Dans quelques heures, j’embarquerai à bord d’un avion, direction l’Irlande. Je venais de vivre ma dernière nuit dans notre appartement, dans notre lit. »

« Écouter de la musique à m’en faire exploser les tympans, j’avais oublié les sensations que ça me procurait. J’avais longuement hésité avant de mettre en marche la chaîne hi-fi. Il fut pourtant une époque où c’était un réflexe. »

« Je m’allongeai, et il remonta l’édredon sur moi. Il repoussa les cheveux de mon front. Je sentis qu’il s’éloignait. Ma respiration se saccada, les pleurs redoublèrent. J’ouvris les yeux et, pour la première fois, je le regardai. Il se passa une main sur le visage est partit. Je ressortis mon alliance de la chemise pour la serrer dans ma main. Je me mise en position fœtale et enfonçai ma tête dans l’oreiller. Puis je finis par sombrer dans le Sommeil. » 

 

Agnès Martin-Lugand est l’auteur de neufs romans, tous salués par le public et la critique : Les gens heureux lisent et boivent du café, Entre mes mains le bonheur se faufile, La vie est facile, ne t’inquiète pas, Désolée, je suis attendue, J’ai toujours cette musique dans la tête, À la lumière du petit matin, Une évidence, Nos résiliences et La Datcha.
Psychologue clinicienne qui n’a pas son pareil pour décrypter les émotions, elle a su imposer son univers délicat peuplé de personnages attachants auxquels il est difficile de ne pas s’identifier. Elle a vendu près de 3,5 millions de livres tous formats confondus à travers le monde et est traduite dans 35 pays.

Émotion, Drame, Suspense

Le portrait d’Humphrey Back

de Bénédicte Rousset
Broché – 13 juin 2023
Éditeur : La Trace

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Naïs, enfermée dans une vie de couple fade et sans couleur, a relégué dans un coin de sa tête son amour pour l’Art. Pourtant, quand elle apprend que les œuvres du « Saint », peintre anonyme et mondialement reconnu, vont être exposées tout près de chez elle, elle se précipite au musée. Humphrey Back, huile sur toile s’offre alors à son regard et la happe. Témoin d’un tel tumulte intérieur, le collectionneur, seul et malade, décide de lui faire don du tableau.
Comment expliquer cet attrait, si puissant ? Et ces détails…
Quel mystère cache la toile, qu’elle seule sait voir ?
À quoi joue le maître des ombres et du figuratif ?
Naïs, qui n’a plus rien à perdre, décide de tout entreprendre pour le démasquer.

 

• Couv_2023-058_Rousset Bénédicte - Le portrait d'Humphrey Back

 

Un récit étrange et bien mené, ou le ressenti est presque aussi intense que le vécu, sinon plus…

Dès le début j’ai été captivé par l’ambiance du roman sans savoir encore où Bénédicte allait me mener.
Naïs et Philou vivent ensemble depuis plusieurs années. Ils auraient pu former un beau couple, mais c’est peine perdue. Naïs est une jeune femme qui a souffert dans son enfance et qui reste marquée. Philou aurait pu l’aider lui redonner confiance en elle, ouvrir son cœur, mais c’est un homme très intéressé, fainéant qui ne pense qu’à lui. Quand, au retour d’un musée Naïs de fait offrir une toile “Humphrey Back”, valant plus d’un million d’euros, Philou voit déjà sa vie se transformer. Mais Naïs ne l’entend pas comme ça… C’est son tableau et elle est bien décidée à le conserver malgré le chantage et les menaces de son conjoint !
Quelque temps plus tard, la toile est volée, disparue ! Tout naturellement, elle pense à son mari, mais elle se rend compte bien vite que tout n’est pas aussi simple qu’il n’y parait, et décide de mener son enquête.

Je n’ai pas vu arriver tout de suite le sujet du roman et c’est tant mieux. Je me suis laissé porter par la plume de l’auteure. Il y a de la magie dans les yeux de Naïs, du moins c’est comme cela que je l’ai perçue. Je l’ai tout de suite trouvée forte malgré ses rapports difficiles avec Philou. Un roman que l’on pourrait caser entre drame et passion. Naïs est le pilier de cette étrange histoire, son présent, son futur, mais son passé aussi… Passé qui sera la source de toute cette histoire.

J’ai aussi appris un nouveau mot : “Bovarysme”.
Sans le connaître, alors que pourtant, il me suit presque tous les jours dans mon quotidien professionnel de créatif et d’exécutant, cette impression pesante dans ma tête et sur mes épaules, que je peux faire mieux, que je ne suis pas encore tout à fait prêt, que ce n’est pas tout à fait fini, encore une petite touche ici et une autre là…
À partir de là, je me suis approprié la fin du récit. J’étais, parce que je le comprenais, le “Saint” (Santos ! Hasard ou coïncidence ?), j’étais celui qui lisait et à la fois celui qui était dans l’ombre.

Quelque chose a vraiment plané au-dessus de moi, durant toute la lecture ce très beau roman magnifiquement traité.
Je le ressens souvent, je ne le dis que très rarement. Les bons romans écrits par des femmes, sont envoûtants, ils ont une puissance extraordinaire que peu d’hommes arrivent à atteindre…

Bravo Bénédicte !
Et comme tu le dis si bien : “Retirez sa passion à quiconque, vous le tuez”.

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Extraits :

« La nuit est tombée depuis longtemps. Le mistral souffle, furieux. Bien plus fort que ce qu’il a fallu à Naïs pour éteindre ses huit bougies.
Quelque chose de lourd traîne dans son sommeil, grossit, bouillonne, puis explose dans une apparition. Il fait moite et lourd sous la couette, ses cheveux collent à la taie. Sa poitrine se soulève et s’abaisse. Une femme âgée cloue un tableau au mur, se cloue le doigt avec. Un coup, une syllabe. “ÇA NE SERT À RIEN UN TABLEAU !” »

« – Lundi, Naïs. Lundi, le tableau est officiellement à vous.
Le collectionneur dépose une bise, appuyée sur sa joue. Naïs se colle contre lui. À cet instant monte une chaleur simple et amicale, aussi vrai que nouvelles. La puissance de cette affection l’étonne. Il y a une heure, elle se traînait dans la vie. Elle vit maintenant. L’air en est plus doux, les arbres plus majestueux, le ciel plus haut point, la nature accompagne sa félicité. »

« Le temps passe. À pas de loup, elle descend et arrive dans le grand salon, où elle ne peut réprimer un sifflement d’admiration. Tableaux de maîtres, sculptures… Quelles merveilles !
Pendant une demi-heure, elle passe la pièce au crible, sans parvenir à trouver ce qui ne va pas. C’est une superbe demeure, encore habitée il y a peu, on s’y sent bien et on ne se sent pas chez quelqu’un.
Pourquoi ? »

 

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. L’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

Professeure certifiée de Lettres Modernes, Bénédicte est enseignante dans un collège du Vaucluse.
Après “Rue sombre” (2017), son premier roman policier, elle publie “Le Lis des teinturiers” en 2018.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

“Écrire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Il y a de moi dans chacun de mes personnages, même les plus noirs : ce sont peut-être eux qui me révèlent en miroir ! Ils sont un moyen d’évacuer les traumatismes vécus dans l’enfance. Deux éléments me semblent essentiels dans mes romans : la quête de l’identité, et celle de la vérité. La première nous concerne tous : qui sommes-nous ? Comment nous comportons-nous face à l’image que nous renvoyons ? Sommes-nous conformes à cette image ? La deuxième entre dans la structure du roman policier : pourquoi tuer ? Comment arrive-t-on à franchir le pas ? Je crois qu’il y a un assassin en chacun de nous, mais, la plupart du temps, il ne rencontre jamais sa victime (heureusement, non ?)”

Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Les parapluies d’Erik Satie

de Stéphanie Kalfon
Poche – 11 octobre 2018
Éditions : Folio

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“La folie n’est pas du côté de l’extravagance, elle est du côté de la normalité. Les gens seuls, les déviants, les étranges, les bizarres, ne sont que la doublure honnête des photocopies carbone qui représentent la masse des vivants. Ceux qui marchent sur la tête, les vrais fous, sont ceux qui n’ont jamais besoin d’air.” Le génie ou l’imposture, telle est l’ambiguïté qui a condamné Satie à la solitude. Désireux de ne jamais dévoiler ses fragilités, le compositeur a caché toute sa vie la tristesse qui le dévorait. Dans un texte aussi habité que fantaisiste, Stéphanie Kalfon la laisse résonner.

 

• Couv_2023-055_Kalfon Stéphanie - Les parapluies d'Erik Satie

 

Je connaissais Erik Satie, le musicien hors norme, mais je ne connaissais pas l’homme.

Stéphanie Kalfon, lui offre un superbe hommage et me permet de découvrir l’enfant qu’il était et l’homme qu’il voulait être. Aîné de sa famille, il a à peine quatre ans quand sa mère s’effondre après la mort subite de sa petite sœur encore bébé. La perte de sa maman sera un coup dur pour Erik en pleine construction. Il est intelligent, mais ne se mêle jamais aux autres, qu’ils soient, enfants ou adultes, il reste un solitaire. Il observe le rythme de la vie des gens. Très vite, il s’intéressera à la musique et il est doué pour ça. Son génie en la matière fera de lui un artiste précurseur, un visionnaire, musicien minimaliste et mélancolique, mais un incompris parmi les musiciens qui l’entourent.

Ce n’est pas une biographie, plutôt une fiction qui autorise dès lors Stéphanie à entrer dans la tête du musicien, à lui donner la parole et la vie, et quelle vie. Une vie où solitude, mélancolie et alcoolisme se ressentent à travers chaque phrase. Un homme perdu, dépressif presque toute sa vie, en avance sur son temps sûrement, qui brûle de créer sa musique, de la partager et de la faire entendre, mais le monde n’a pas le temps de s’arrêter, n’a pas le temps de l’écouter. Le nouveau monde va trop vite, il suit l’industrialisation de l’époque bruyante, masquant le tempo lent et intense de ses compositions, jusqu’à l’intérieur de son esprit de plus en plus fragile.

Artiste maudit et miséreux, Erik Satie était un homme libre qui refusa toutes concessions allant à l’encontre de la liberté.

Ma lecture accompagnée de sa musique, plus que présente dans mes playlists, m’a porté tout le long du récit au style fluide et puissant de l’auteure, elle porte gracieusement l’histoire par ses mots choisis, étonnants parfois, poétiques souvent, mais aussi par de nombreuses citations du compositeur… Stéphanie ouvre la porte d’un univers sombre et étouffant qui m’a paru vraiment en adéquation avec le personnage qu’il fût.

Un livre fort et prenant, qui fera découvrir le génie de Satie pour certains, l’homme incompris qu’il était pour les autres. Un roman qui a sa place dans toutes les belles bibliothèques !

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Extraits :

« On n’envie jamais les gens tristes. On les remarque. On s’assied loin, ravi de mesurer les kilomètres d’immunité qui nous tiennent à l’abri les uns des autres. Les gens tristes sourient souvent, possible oui, possible. Ils portent en eux une musique inutile. Et leur silence. Vous frôle comme un rire qui s’éloigne. Les gens tristes passent. Pudiques. S’en vont, reviennent. Ils se forcent à sortir, discrets faiseurs d’été… Partout, c’est l’hiver. Ils ne s’apitoient pas : ils s’absentent. Ils disparaissent poliment de la vue. »

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. Un lieu pour soi, à soi, qui nous dit l’état de son âme. Et qui a fait sa légende. Lorsque ses amis ont ouvert la porte de cette chambre, le jour de sa mort, ils ne s’en sont pas remis. Ils ont manqué d’air. »

« Il sourit lointain, on ne sait pas ce qu’il pense, pire, on le devine bien trop… L’élève Satie crée un malaise : jadis, il fut un enfant impressionnable, à dix-sept ans, il est devenu un adolescent impressionnant. Sa timidité prise pour de la hauteur. Dans ses yeux, ses opinions précises clignotent comme des panneaux publicitaires. Ce qu’il pensera trente ans plus tard, il le pense déjà, inflexible et intransigeant. »

« La seule chose qui compte désormais, pour Erik, c’est l’instant pétrifié. L’immobilité de la forme. La clarté d’un espace en apesanteur. Une musique qui s’écoule, d’accord, mais émouvante et distante. Un rythme si lent qu’on pourrait craindre qu’il s’arrête, un, rien, un souffle, un rien. Du bout de la pensée, il tâtonne, il cherche les notes immobiles. Alors qu’autour de lui, quelque chose de nouveau commence : un changement de rythme, un changement perpétuel. »

« Paris change et Paris demeure. L’homme moderne voyage dans les airs, utilise l’électricité, roule en automobile, s’amuse au cinéma, écoute le gramophone et découvre l’inconscient. Les bruits de la ville ont changé. De nouveaux sons apparaissent, plus mobiles, plus industriels. L’espace s’est décomposé en petits cubes cubistes. On fabrique des sons nouveaux, parce qu’on fabrique des objets nouveaux : avions, moteurs électriques, pneus. Le temps cesse d’être unique. »

 

Née en 1979, Stéphanie Kalfon a commencé par les classes préparatoires littéraires et des études de philosophie avant de devenir réalisatrice et scénariste. Lauréate de la bourse Lagardère dans la catégorie Scénariste TV, elle a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon, diffusée sur Arte, et réalisé le film Super triste avec Emma de Causes et Philippe Rebbot.
En 2017, elle publie son premier roman, Les parapluies d’Erik Satie, qui a été très remarqué par la critique.
Elle publie Attendre un fantôme, en 2019;
et Un jour, ma fille a disparu dans la nuit de mon cerveau, en 2023.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/23/un-jour-ma-fille-a-disparu-dans-la-nuit-de-mon-cerveau/

Émotion, Drame, Folie, Psychologie

Prise au piège

de Mélanie Lebihain
Broché – 5 mai 2023
Éditeur : BOOKS ON DEMAND

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Alors que Léa pense avoir enfin trouvé l’amour parfait suite à sa rupture avec Mathéo, une tempête va s’abattre et se déchaîner sur sa nouvelle relation si harmonieuse. Claudia, sa meilleure amie, va tenter de l’aider à gérer toute cette situation. Va-t-elle y parvenir ? Léa ouvrira-t-elle les yeux à temps où se laissera-t-elle manipuler par cet homme si narcissique ? Que va vivre Léa ? Sortira-t-elle saine et sauve de cette emprise ou vivra-t-elle un réel cauchemar vivant, dans lequel policiers et gendarmes interviendront ? Vous trouverez toutes les réponses dans ce livre aussi prenant que rebondissant, avec des passages houleux, mais aussi dramatiques, graves et violents.

 

• Couv_2023-054_Lebihain Mélanie - Prise au piège

 

Prise au piège, fait partie de ces petits “livres cadeaux” qui arrivent de temps en temps dans ma boîte aux lettres (gros Bisous Blandine). Des livres auxquels je suis sensible. Ils viennent régulièrement d’auteur(e)s qui ont eu, ou qui ont une vie difficile, voire une vie de souffrance. Des livres auto-édités souvent, qui peinent à s’envoler, qui ont du mal à aller vers les gens, à trouver un public…

Du coup, j’ai un peu un rôle de “passeur” et c’est parfois délicat.

J’ai entamé le récit avec un peu circonspection. En effet, je n’ai pas été emballé de suite…
C’est le titre. Un titre qui ne laisse aucun choix au suspense qui m’a, je dois le dire embêté.
C’est dommage…

Je commence ma lecture, les mots, les phrases de Mélanie sont simples et fluides, j’avance doucement… Au bout de quelques chapitres, l’écriture change, plus captivante, plus pointue aussi, ma vitesse de lecture s’accélère, jusqu’à trouver le bon rythme. Celui qui me convient… J’ai bien fait d’insister !

Léa est une belle femme. Belle dans son corps, belle aussi dans sa tête.
Malheureusement, son histoire d’amour, ne ressemble plus à ce dont elle rêvait. Son histoire vire au cauchemar comme il arrive bien trop régulièrement, à trop de femmes… C’est dur et assez prenant pour vite savoir la fin !

Finalement lu d’une traite, Mélanie est arrivée à titiller ma lecture jusqu’au bout, avec un vrai suspense, pas tellement pour le lecteur, mais pour les amis de Léa, et surtout Claudia qui fera tout son possible, malgré la situation, pour retrouver sa meilleure amie !

Agréablement surpris pas ce récit, que je conseille !

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Extraits :

« Tous les quatre se réunissent autour de la jolie table décorée pour l’occasion et commencent par faire plus ample connaissance avec Jérôme. Il est très vite apprécié par le couple qui le met à l’aise. Le repas se déroule dans la joie et la bonne humeur, ce qui est très appréciable pour tous. »

« Pendant ce temps, dans la spacieuse berline noire de Jérôme, l’homme reprend une attitude tout à fait normale. C’est comme s’il ne s’était rien passé quelques minutes plus tôt. C’est incompréhensible ! »

« Depuis l’emménagement avec Jérôme, Léa se fait de plus en plus silencieuse, au plus grand désarroi de ses amis. Elle envoie de moins en moins de messages, annule leur rendez-vous ou leur resto et à l’inverse préfère passer plus de temps avec lui qu’avec les filles. »

« La soirée se poursuit dans une ambiance conviviale et joyeuse. Comme à leur habitude, ils passent plusieurs heures à discuter, à jouer sur la console et au billard de Jérôme, installés dans cet énorme salon. C’est une nouvelle fois un bon moment de détente, de joie et d’échange. »

« Le lendemain, Léa enfile sa blouse blanche et retrouve ses petits patients à l’hôpital. Elle adore son travail et les enfants, le lui rendent merveilleusement bien. Ils l’adorent tous ! »

« Ils se lèvent et se retrouvent l’un en face de l’autre, leurs regards devenant de plus en plus lumineux et leur corps se frôlant tout en créant un arc-en-ciel invisible. Les deux amis ressentent bien qu’il se passe quelque chose, mais ils font style de rien. »

 

Mélanie Lebihain a commencé son parcours d’auteure suite à l’annonce de son cancer qu’elle a voulu partager, afin de sensibiliser le plus de personnes sur ce fléau. C’est donc avec son premier livre Au coeur de mon combat que Mélanie a trouvé sa passion pour l’écriture et ne s’arrête plus depuis 2019. La suite de son combat dans Cette fois-ci je le mets KO !, puis une fiction sur le don d’organes avec Un coeur pour ses 18 ans et enfin la Collection Évasion qui comprend 10 petits livres pour aider les enfants hospitalisés. C’est aujourd’hui avec ce nouveau livre Prise au piège que Mélanie s’est lancée dans un tout autre registre.

Je m’appelle Mélanie, j’ai 35 ans et j’ai 2 enfants, 6 et 9 ans.
En janvier 2018, on m’a découvert un cancer du sein, avec 9 tumeurs dans le sein. Mastectomie, chimiothérapie, thérapie ciblée et radiothérapie.

J’ai gardé le sourire et la positive attitude qui ont été ma ligne de conduite 😉
Je me suis même lancée dans l’écrirure de mon premier livre “Au coeur de mon combat”, qui retrace mon parcours face au cancer. Je l’ai fait pour aider, accompagner et sensibiliser. Je reverse d’ailleurs 20% des bénéfices à la ligue contre le cancer.

Puis en Aout 2020, à ma grande surprise, je sens une boule sur le même coté. J’ai tout de suite compris…
J’ai gardé la même attitude. Opération, chimiothérapie + Herceptin.
J’ai écrit un second livre, qui n’a rien à voir avec la maladie. Au contraire, il permet de s’évader et de s’oxygéner en pleine nature. C’est “Journal de bord d’une randonnée familiale”.

En voyant mon parcours et surtout cette récidive, j’ai pensé à tous ces enfants qui se battent. J’ai été prise d’un grand besoin d’aider, d’être là pour eux. J’ai donc écrit une collection de livres pour enfants. Les bénéfices sont reversés intégralement à une asso proche de chez moi qui leur permet de faire des sorties, des activités. Onco Plein Air.

J’en ressors vraiment plus forte. Je m’écoute plus, je crois en moi. J’ai des rêves, des projets…

La maladie m’a changée…

Émotion, Drame, Folie, Histoire vraie, Noir

Je suis encore vivante, alors je parle.**

de Paloma
Broché – 5 avril 2023
Éditions : Maïa

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À force d’avoir regardé le film de ma vie vers ce qui m’a assassinée, vers l’irréparable, je me suis brûlé les yeux. Ce retour dans le temps m’a rappelé la promesse que je me suis faite depuis le jour où j’ai emprunté la plume, celle d’arracher de mes propres mains cette espèce de poignard qui me lacère le cœur depuis toujours. Après mon enfance dévastée par une sœur déphasée, ici, dans cette suite de ma vie, je fixe douloureusement ma jeunesse détruite après avoir dit « oui » pour le pire à celui qui a lâchement mis en avant sa bipolarité, pour que je trépasse avec lui. De mes deux premières vies, je ne me souviens que d’un champ de ruines. Pour avoir mené leurs stratégies fourbes, dangereuses, diaboliques, sans même qu’ils n’expriment aucun regret, ceux-là ne méritent plus aucun de mes égards, jamais. L’écrit de mes souvenirs ne saura me faire oublier que l’on m’a arraché le droit au bonheur, et rien ne s’effacera jamais de ma mémoire, car ma rancune est lourde de haine. Alors, tant que je serai vivante, je répondrai présente, je lèverai mon poing avec rage pour briser, pulvériser et même faire écrouer tous les genres de prédateurs pour qu’enfin justice soit rendue à tous ceux qui pleurent comme j’ai pleuré. J’ai versé assez d’encre sur mes pages, j’ai versé assez de larmes dans le vide pour laisser mes lignes dans l’oubli, voilà pourquoi j’ai écrit mon histoire tatouée à jamais dans mon cœur, mon unique revanche sur la vie.

 

• Couv_2023-051_Paloma - Je suis encore vivante, alors je parle_2

 

Il était une fois une petite fille qui aurait aimé être heureuse et profiter de la vie, mais malheureusement, la vie, sa famille et surtout sa sœur en avaient décidé autrement.
La petite Paloma a grandi, elle est devenue adulte, mais le sort continue à s’acharner sur elle…

Après un premier tome, très dur où Paloma se dévoilait sur son passé, c’est sa vie d’adulte maintenant qu’elle nous confie dans ce second volet.
J’aurais voulu croire que la seconde partie de sa vie aurait été plus sereine, mais rien n’a fonctionné comme elle le souhaitait.
Un mariage raté d’abord, qui va lui gâcher le début de sa nouvelle vie. Un mari inexistant, violant et alcoolique, avant d’être atteint par l’hépatite C et pour finir, il va perdre la tête menant une vie d’enfer à la pauvre Paloma. Heureusement, ses deux filles lui amèneront l’amour dont elle a besoin… dans cette histoire vraiment sombre et dramatique.

L’écriture de Paloma est très personnelle. Un besoin de se débarrasser de son vécu, d’alléger son esprit peut-être. Colère et tristesse m’ont régulièrement accompagné durant ma lecture. Mais comment a-t-elle fait ? Comment a-t-elle supporté tout cela ? Même si elle est une femme forte… C’est bouleversant et tellement souvent cruel.

Je n’irai pas plus loin, je laisse à Paloma le droit de vous confier à votre tour, ce livre déchirant qui ne pourra laisser personne insensible.

Merci Paloma, tu mérites aujourd’hui amplement ta vie heureuse, auprès de ceux que tu aimes et de ceux qui t’aiment…

Encore merci, Blandine pour cette seconde parenthèse si personnelle et tellement émouvante.

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Extraits :

« L’encre que j’ai versée sur mes pages à présent usées, les larmes incessantes, qui ont glissé sur mon visage me rappellent que j’en ai oublié jusqu’à ma propre existence. J’ai pourtant exigé à ma mémoire de tout effacer, mais il y a bien longtemps maintenant que je ne crois plus à cette sorte d’amnésie forcée, pour oublier… »

« Quelques mois s’écoulèrent et alors que je le croisais en voiture, il me proposa d’emblée de venir avec lui pour assister dans l’heure, qui suivait à la destruction de notre maison, je refusais. Entre ma mère et lui qui venait de se séparer, les anecdotes destructrices journalières de la saga familiale, et toutes les entraves que je devais affronter au quotidien, voir le fruit de leur labeur, de toute une vie voler en éclats en quelques minutes était au-dessus de mes forces. Peut-être aurais-je dû assister à ce triste événement, cela m’aurait aidée, qui sait, en ne voyant que mes mauvais souvenirs exploser sous mes yeux, mes chagrins auraient un peu disparu avec la maison. »

« L’amertume et la haine ne me laisse plus le choix entre garder le silence dans lequel je me suis murée depuis toujours et la rage de parler enfin. Alors, dans un souffle de lassitude et, au travers des mots qui ne seront pourtant jamais assez puissants pour arracher les empreintes qui ont marqué ce corps et cette tête témoins de tant de douleurs, qui ont détruit gratuitement mes rêves, je me pose comme une pierre, et je balance ici, tout ce qui m’a brisée. »

« Plus de regards en arrière, transformer les larmes au sourire et détruire les mauvais souvenirs pour survivre serait la meilleure résolution pour savourer ce que l’on appelle le bonheur.
Serais-je capable à la fin de transformer le courage qui me manque pour faire exploser cette rage qui sommeille en moi depuis si longtemps pour trouver enfin la paix ? »

Je suis encore vivante alors je parle.jpg

 

Tombée dans le terrible chaos de ses deux premières vies de souffrances et de tragédies qui l’ont brisée, Paloma a pendant de très longues années éprouvé le besoin de les conjurer avec des mots pour l’aider à survivre et à trouver un soupçon de paix. Elle souhaite réunir toutes ses forces pour crier au monde entier de ne jamais quitter un enfant des yeux, lui aussi est un être vivant, il est précieux, il est la suite de nous-mêmes. Au travers des pages de ce premier tome qu’elle a ouvert il y a bien longtemps, elle s’est exprimée à cœur ouvert, puis l’a refermé pour toujours.

Je suis encore vivante, alors je parle*
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/20/je-suis-encore-vivante-alors-je-parle/

La première vie de l’auteure, relatée dans le tome 1, lui rappelle l’horreur du souvenir d’une enfance meurtrie, perdue. Elle ne l’a pas oubliée, mais elle l’a laissée partir pour toujours. Ce tome 2 est l’empreinte de sa vie d’après, foudroyée, pulvérisée, qui accuse son face-à-face avec un drame effroyable dépassant l’entendement et qui s’est sauvagement transformé en une tragédie sortie tout droit du paranormal. L’auteure s’est jetée au-devant de tous les dangers jusqu’au péril de sa vie pour un être innommable, un maniaco-dépressif. Oui, pour lui, sans réfléchir aux conséquences et sans reproche aucun, elle a payé le prix de toute sa vie… pour rien. Elle a offert sa main à cet être au cœur percé et dépourvu de tous sentiments. Il l’a trahie, a entaillé sa vie et a tenté de l’enfoncer avec lui dans les abîmes de ses délires, mais sa folie, qui quelquefois n’en était pas une, n’a pas eu raison d’elle. Elle s’est battue comme une rescapée qu’elle est aujourd’hui, mais lui non plus ne lui rendra pas ses jeunes années.