Émotion, Drame, Fantastique, Fantasy

BlackWater ***

La Maison
de Michael McDowell
Poche – 5 mai 2022
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

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1928 à Perdido. Alors que le clan Caskey se déchire dans la guerre intestine et sans merci que se livrent Mary-Love et sa belle-fille, et tandis que d’autres crises – conjugales, économiques, existentielles – aux répercussions défiant l’imagination se profilent, dans les recoins sombres de la maison d’Elinor, la plus grande de la ville, les mauvais souvenirs rôdent et tissent, implacables, leurs toiles mortelles.
Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le troisième épisode de Blackwater, une saga matriarcale teintée de surnaturel avec un soupçon d’horreur.

Son style n’a rien de banal, qui mélange avec audace des images frappantes,
un humour noir nourri par son regard acerbe sur les mœurs
et des hallucinations effrayantes.

Les Inrocks

 

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Dans ce tome 3, malgré le fait que l’on retrouve les mêmes ingrédients que dans les deux précédents, la part de surnaturel prend davantage de place.

L’affrontement, les jalousies, les manigances entre Mary-Love et sa belle-fille Elinor perdurent. Jusqu’où cela ira-t-il ?
Entre les sœurs Miriam et Frances, rien ne va plus…
L’atmosphère est de plus en plus pesante, l’ambiance est glauque et la crise financière de 1929 n’arrange rien dans la ville de Perdido. Oscar est de plus en plus, en difficulté financière. Sa mère refuse de l’aider. Va-t-il pouvoir conserver la scierie ?
Les personnages sont de plus en plus surprenants… et surtout, on ne s’ennuie à aucun moment !

Il se passe énormément de choses dans ce tome, avec une fin que je n’attendais pas du tout, ce tome est mon préféré de la saga jusqu’à présent !

L’odeur du fleuve, remplira-t-elle vos narines, comme pour moi ?
Hâte de “plonger” dans le tome suivant…

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Extraits :

« Elinor écarta l’enfant et la regarda dans les yeux.
“Écoute-moi, Frances, dit-elle d’une voix patiente mais déterminée. Il n’y a rien dans cette pièce qui te fera du mal, tu comprends ? Si tu vois quoi que ce soit, c’est seulement ton imagination. Ce sont des ombres, de la poussière qui brille dans la lumière. Si tu entends quoi que ce soit, c’est uniquement ton imagination. C’est la maison qui tremble sur ses fondations ou le mobilier qui craque. Si tu sens quoi que ce soit te toucher, ce sont tes nerfs qui te jouent des tours ou un moustique qui s’est posé sur ton bras. C’est tout. Ou tu es en train de rêver. Tu rêves que tu entends quelque chose, tu rêves que tu vois quelque chose, tu rêves que quelque chose te tire hors du lit. C’est tout. C’est compris ? Il ne t’arrivera rien dans cette chambre pour la simple raison que je ne le permettrais pas.” »

« Bouche béante levée vers elle, Carl la regardait – le corps entièrement démoli, les os disloqués, les ligaments déchirés, les organes déplacés. Sa colonne vertébrale était intacte, mais elle ne servait plus qu’à lui donner la forme d’une boule. Sa taille avait réduit de moitié. D’instinct, il tenta de se redresser, de se mettre debout, mais son corps refusa bien entendu de lui obéir. Seul son cou s’étira légèrement ; son menton se tendit vers la nuit. »

« Grace se mit à ramer de toutes ses forces et l’instant d’après, elles atteignirent le virage serré près de l’arbre mort. Alors seulement, Frances parvint à retrouver son calme et ne put s’empêcher de jeter un œil derrière elle à la mare ocre où la Perdido prenait sa source. La vision ne dura qu’une fraction de seconde car l’embarcation prit le virage, mais à cet instant précis, émergeant lentement à la surface, elle aperçut un visage, large et vert pâle, aux yeux énormes et au nez inexistant. Malgré l’horreur qu’elle lui inspirait, Frances crut discerner dans cette apparition quelque chose de familier.
“Maman…”, murmura-t-elle, mais Grace ne l’entendit pas. »

« “Maman, ajouta-t-il, Elinor va bien s’occuper de toi.”
Il se glissa hors de la chambre et ferma vite derrière lui. Il ne vit pas les lèvres de sa mère remuer et tenter en vain de libérer trois syllabes.
“Per… di… do…”, murmura-t-elle.
Elinor lança un regard à sa belle-mère et mit le ventilateur à vitesse maximale. Le souffle gras et irrégulier de la malade disparut sous le bruit.
Elinor se rassit sur le siège à bascule au pied du lit et ouvrit un magazine sur ses genoux.
Les doigts de Mary-Love tordaient faiblement le drap. Ses lèvres tremblantes formèrent les mots : Je… me… noie… »

 

Au-delà des manipulations et des coups de théâtre, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série populaire de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.

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Émotion, Drame, Fantastique

BlackWater **

La digue
de Michael McDowell
Poche – 22 avril 2022
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

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Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot de conséquences : main d’œuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes.
Pendant ce temps, dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarche, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer.
Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles.
Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ¬co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi -addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le deuxième épisode de Blackwater, une saga matriarcale avec une touche de surnaturel et un soupçon d’horreur.

Michael McDowell se souciait fort peu de la postérité.
Il se targuait d’être un “écrivain commercial”, un “artisan”
dont le style était guidé par la recherche de clarté et de précision.
Son dessein était aussi humble qu’ambitieux : procurer du plaisir aux lecteurs.
Force est de constater que celui-ci demeure inentamé au fil des ans.
Blackwater, c’est le plaisir retrouvé du roman-feuilleton.
Le Monde

 

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Je ne pouvais pas rester sur ma faim, j’ai enchaîné avec le tome suivant…

Manipulations, trahisons et manigances sont vraiment les spécialités de Mary-Love Caskey, mais Elinor sa belle-fille est définitivement décidée à ne pas se laisser faire. Mary-Love a bien du mal à rester sereine, mais tout n’est pas encore fini.
La digue censée protéger la ville des crues dévastatrices, va enfin commencer à se construire au désespoir d’Elinor qui ne pourra plus profiter de son fleuve…

Un second volet plus pointu, je pense que nous ne sommes toujours pas dans le vif du sujet, mais nous allons de découvertes en découvertes et le surnaturel vient s’immiscer sournoisement (légendes, sorcellerie…).
En plus, des crises financières suite à la crue, s’ajoutent maintenant les crises familiales, les violences au sein du couple, viols, violences physiques et meurtres. L’arrivée de plusieurs milliers d’ouvriers dans la ville n’y est sûrement pas pour rien…

Une très bonne suite au style fluide !

Devinez quelle sera ma prochaine lecture ?

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Extraits :

« Zaddie était la seule à savoir. Elle rêva du brouillard, dont les doigts moites tirèrent les draps qui la couvraient, si bien que son corps se refroidit. Elle rêva qu’il la réveillait et l’attirait dehors, loin de la sécurité de sa minuscule chambre derrière la cuisine. Cela paraissait si réel que Zaddie ouvrit les yeux pour se prouver que le brouillard n’existait pas. Mais lorsqu’elle le fit, son regard tomba sur le plafond, et c’est seulement après qu’elle vit d’épaisses nappes de brume flotter devant sa fenêtre. Au même moment elle perçut, léger et assourdi, le grincement humide de la moustiquaire à l’arrière de la maison. D’abord, elle ne fit pas confiance à ses oreilles, ce son lui avait paru si lointain, puis elle entendit un bruit de pas sur les marches du porche. »

« Mary Love vivait comme un affront que sa nièce tire un tel plaisir de la compagnie d’une domestique noire de treize ans, qui plus est dans la maison d’Elinor. C’est pourquoi elle décida, contre l’avis de James, de détruire ce bonheur. Ainsi, Grace apprendrait que seule Mary-Love était source de joie au sein de la famille Caskey. »

« Les travaux commencèrent sur la rive de Baptist Bottom, au sud de la confluence. Early fit venir de Pensacola, Mobile, Montgomery et même d’aussi loin que Tallahassee, des ouvriers qui passeraient un an ou presque à Perdido. Des carrières de trois comtés furent étendues et creusées jusqu’à la roche, et la terre extraite fut chargée sur des camions ou des carrioles à mule. Tous les matins, ces véhicules descendaient jusqu’à Perdido, empruntant les trois routes qui reliaient la ville au reste du monde. Quelques constructions avaient été rasées à Baptist Bottom et on y déversa ces chargements qu’une armée de Noirs répartit et aplanit à l’aide de pelles flambant neuves. Le premier mur d’argile ressemblait au château de boue démesurément grand qu’un enfant aurait bâti, si bien que tous se demandèrent comment une construction d’apparence aussi fragile pourrait résister aux eaux de la rivière si elles décidaient de monter. »

 

Au-delà des manipulations et des coups de théâtre, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série populaire de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.

 

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Amour, Émotion, Philosophique, Sciences

Kilomètre zéro

Le chemin du bonheur
de Maud Ankaoua
Poche – 2 octobre 2019
Éditeur : J’ai lu

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Maëlle, directrice financière d’une start-up en pleine expansion, n’a tout simplement pas le temps pour les rêves. Mais quand sa meilleure amie, Romane, lui demande un immense service – question de vie ou de mort -, elle accepte malgré elle de rejoindre le Népal. Elle ignore que l’ascension des Annapurnas qu’elle s’apprête à faire sera aussi le début d’un véritable parcours initiatique. Au cours d’expériences et de rencontres bouleversantes, Maëlle va apprendre les secrets du bonheur profond et transformer sa vie. Mais réussira-t-elle à sauver son amie ? Passionnée par les relations humaines, Maud Ankaoua signe un premier roman riche d’enseignements et rempli d’espoir. Il changera pour toujours notre compréhension des autres et nous rappelle l’essentiel de la vie.

 

• Couv_2023-081_Ankaoua Maud - Kilomètre zéro

 

Dernièrement, j’ai eu la chance de lire de nombreux très bons livres, certains ont même été de vrais coups de cœur…
Kilomètre zéro est le premier roman de Maud Ankaoua. C’est un livre qui va au-delà de tout ce que j’ai pu lire dans le genre. Un livre qui m’a marqué tout au fond de moi et m’a donné l’aperçu d’une nouvelle vision, d’un autre mode de vie, peut-être !

J’ai été transporté du début à la fin de ma lecture, par une sorte de bonheur rempli de ressentis positifs. Maud utilise des mots simples, ceux de tous les jours, mais pas n’importe comment. Ses phrases ont toutes une façon d’ouvrir notre esprit… Un superbe voyage que j’ai déjà commencé à recommander tout autour de moi.

Maëlle, pour sauver une amie atteinte d’un cancer, Romane, va se rendre au Népal pour récupérer un manuscrit secret dont personne ne sait ce qu’il contient. Maëlle, directrice financière, est très active et toujours très occupée par son travail, très stressée par sa vie aussi. D’abord septique, elle accepte finalement de partir dans cet autre monde qu’elle n’attendait pas. Elle sera accueillie par Shanti qui la guidera tout au long d’un voyage extraordinaire, où elle va apprendre à se connaître, à respirer, à lâcher prise et trouver peut-être ainsi, le chemin du bonheur…

Une magnifique révélation.
Je me suis reconnu dans le personnage de Maëlle. Je pense d’ailleurs que nous sommes toutes et tous des “Maëlle”, ne vivant qu’à travers notre Ego, notre colère et la peur de ne pas réussir. Ce livre est une ouverture, une clé pour ne pas anticiper sur le futur, pour profiter de notre présent à travers des moments doux et intimistes. Comment apprendre à dialoguer avec notre Ego, afin de trouver enfin le chemin de la sérénité ?

J’ai lutté durant une partie de ma lecture, mais en arrivant vers la fin, je n’ai pu me retenir, et c’est à travers mes larmes que j’ai terminé cette histoire, qui aujourd’hui, je le sais, pourrait nous arriver à tous, si nous nous en donnions la peine !

Merci Maud, pour ce premier roman inclassable et superbe.

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Extraits :

« Romane la salua et se tourna vers moi. « Tu viens ? C’est un peu plus loin. » Elle se hâta dans le couloir d’en face. Comment allais-je faire pour me remettre debout ? Comment trouver la force d’affronter cette souffrance ? Je n’étais pas préparée à vivre cela, mes muscles se figèrent.
J’étais tétanisée sur le siège, au bord du malaise. »

« Je venais de vivre une expérience visuelle et sensorielle rare, que je n’avais pas ressentie depuis longtemps. La proposition de Maya me fit réfléchir. Pourquoi ne pas tenter ? Le jeu me séduisait. Après tout, maintenant, que j’étais là, autant en profiter. »

« Le bonheur est un état d’esprit. Je tente de ne pas me laisser emprisonner par mes pensées. Je me réjouis de cette nouvelle journée qui commence et m’ouvre aux belles surprises qu’elle nous réserve. »

« J’avais la sensation étrange de n’être qu’un grand tout, dans l’harmonie de cette immensité, comme si une vieille horloge détraquée se remettait en route dans un mécanisme parfait. Chaque pièce avait retrouvé sa place. Chacune apportait sa contribution au dispositif pour donner l’heure juste. »

« Jason attendit un instant, puis déclara : « Te voilà partie dans le processus de transformation ! »
Mon visage s’illumina. Au même moment, le ciel se dégagea et le soleil éclaira la pièce. C’était ce que je ressentais en moi : Jason venait d’allumer mon intérieur. Les montagnes réapparaissaient au fur et à mesure que les nuages se dispersaient, comme si… comme si quoi d’ailleurs ? »

« Pour retrouver un état de bien-être, il est indispensable de regarder le monde avec bienveillance, en se libérant du jugement. C’est ainsi que nous sortons du besoin d’avoir raison. »

« Que puis-je t’offrir pour te remercier ? »
J’étais navrée. Ses yeux pétillants me fixèrent. Figé dans le bonheur comme un enfant à qui je proposais la lune, il me regarda sans un mot. J’insistai, cherchant ce qui pourrait lui faire plaisir. Ses deux grandes billes brillèrent. « J’aimerais un sourire, tu es si belle quand tu souris ! » Je ne m’attendais pas à sa demande. Mes yeux s’embuèrent à nouveau, mais les larmes de tendresse remplacèrent celles de douleur. Ce garçon me touchait. Je le pris dans mes bras, il se laissa faire puis se dégagea. »

 

Auteure, coach et conférencière, Maud Ankaoua est passionnée par les relations humaines. Riche d’enseignements et rempli d’espoir, Kilomètre zéro est son premier roman. Il changera pour toujours notre compréhension des autres et nous rappelle l’essentiel de la vie.

Émotion, Drame, Philosophique, Psychologie, Roman, Suspense, Thriller

Intuitio

de Laurent Gounelle
Poche – 29 mars 2023
Éditeur : Le Livre de Poche

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Timothy Fisher, jeune auteur de polar, mène une vie tranquille dans une rue du Queens, à New York, avec son chat Al Capone. Quand deux agents du FBI se présentent à sa porte pour lui demander de les aider à arrêter l’homme le plus recherché du pays, il croit d’abord à une plaisanterie. Mais, après un moment de rejet, il finit par accepter leur étrange proposition : rejoindre un programme secret visant à former des intuitifs, des personnes capables d’accéder à volonté à leurs intuitions. D’abord sceptique, Timothy découvre que le monde cache des possibilités insoupçonnées. Il se trouve embarqué dans une course contre la montre qui le conduit à apprivoiser ce pouvoir méconnu mais accessible à tous, un pouvoir qui nous montre la vie telle qu’elle est véritablement : extraordinaire.

C’est une vraie réussite, c’est passionnant, palpitant.
France Info TV.

Un thriller initiatique au suspense aussi original qu’haletant.
Ouest France.

 

• Couv_2023-079_Gounelle Laurent - Intuitio.jpg

 

D’abord, je fus surpris, puis vint le doute, le récit est superbement construit, arrive alors le suspense, la colère puis la haine, l’envie de tout casser, de hurler… je suis seul dans ma chambre à quoi cela servirait-il ? Vient enfin l’apaisement, une union peut-être ? Le bien-être aussi… Tout n’est peut-être pas perdu. Mais au fond de moi, la colère est, et restera présente jusqu’au bout du récit. “Que deviendrait leur pouvoir, en effet, si vous, moi, nous tous ensemble, nous choisissions simplement d’être plus regardants sur nos décisions de tous les jours ? Leurs entreprises vivent grâce à nous, à nos achats, à nos choix. Elles reposent totalement sur nous et ne sont rien sans nous. Ils sont quelques centaines. Nous sommes huit milliards. Leur pouvoir s’effondrerait en moins de temps qu’il n’en faut à une tour pour s’écrouler sur elle-même”.

Laurent Gounelle est arrivé à me tenir en haleine avec son scénario que j’ai cru d’abord “fantastique”, d’ailleurs, il l’est, mais pour une tout autre raison !

Nous sommes dans la tête d’un écrivain un peu “perdu”, qui découvre la pratique du remote viewing, une certaine vision à distance, utilisée par la CIA depuis la guerre froide.
Il va être mêlé dans une enquête très spéciale, un peu à contrecœur au début, qui va mêler le président américain ainsi que de très grosses sociétés qui gèrent pratiquement le monde.

Un roman vraiment passionnant, qui aurait être rébarbatif et technique, mais l’auteur a su retranscrire en termes clairs et accessibles des notions sur le Temps, les Distances et l’Univers Quantique. Il m’a donné de nouveaux repères et a ouvert chez moi des portes sur l’inconnu, concernant l’intuition et le développement personnel à un très haut niveau.
Dès le début du roman, j’avais ressenti comme une vibration différente, comme lorsque l’on écoute certaines musiques composées en 432 hz au lieu de 440 hz…
Très vite, je me renseigne sur Internet. Le Projet Stargate, le Remote Viewing (je vous conseille vraiment de vous renseigner !), la déforestation en Amazonie… toutes ces grosses boîtes ! Tout est vrai !!!
Ce n’est plus un roman que je lis, c’est la vérité.
Laurent, se sert de ce récit pour nous envoyer un message… des messages, car aujourd’hui, il y a urgence.

Intéressant, passionnant, intrigant, ce roman nous invite à réfléchir sur ce que nous sommes et ce que nous pouvons devenir si nous prêtons attention aux signaux que notre « corps » nous envoie.
Gros coup de cœur bien sûr, que je ne peux que vous recommander. Laurent est un auteur surprenant qui est arrivé à me faire comprendre que nous avons tous une “puissance”. À nous maintenant, d’apprendre à nous en servir, “La croyance en soi”.

Merci Laurent…

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Extraits :

« Je culpabilisais de ma réaction première, et j’étais perplexe devant la gentillesse, l’abnégation de cet homme qui avait spontanément choisi de se tremper et de se salir pour aider un inconnu. L’aurais-je fait à sa place ? Ben… pas sûr… et à son âge, sûrement pas. »

« J’ai la faiblesse de penser qu’on vient sur terre avec une mission, un rôle à accomplir. Chacun de nous. Et qu’on a en nous les talents qui nous permettent de le faire.
Quand on regarde autour de nous, ça ne saute pas aux yeux… Parce que la plupart des gens ne se connaissent pas. Ils ont des talents qu’ils ignorent. Leur esprit est accaparé par l’agitation du monde, les médias, l’influence de la publicité… S’ils écoutaient suffisamment ce qui vient du plus profond d’eux-mêmes, ils sentiraient ce vers quoi ils sont appelés, et ils découviraient qu’ils ont en eux les ressources nécessaires pour l’accomplir. »

« Quand on vit dans l’incertitude, le plus sage est d’avoir confiance. Confiance dans la vie, confiance en soi, en sa bonne étoile… S’inquiéter ne sert qu’à nous couper de l’accès à nos ressources, abîmer notre santé, et rendre notre compagnie désagréable aux autres. La confiance est la clé de voûte de notre équilibre, de notre force, de notre capacité à rebondir. Avoir confiance même quand tout semble perdu, qu’on ne voit pas l’issue, et que l’avenir semble aussi bouché qu’un ciel de novembre. »

« Dans des lettres que les Nations unies ont écrites à Blackstone ainsi qu’aux gouvernements de la République tchèque, du Danemark, d’Irlande, d’Espagne, de Suède et des États-Unis, elles accusent Blackstone et d’autres firmes d’investissement d’éloigner les locataires à revenus moyens et faibles de leurs logements, de réduire le nombre de logements abordables, et d’entreprendre des expulsions agressives pour assurer le niveau de leurs revenus locatifs. Et elles reprochent aux pays visés de ne pas défendre les droits des locataires de logements ou de bureaux face à ces firmes. Blackstone s’est juste contentée de contester les faits. Ces gens sont au-dessus des gouvernements, et même les Nations unies ne les inquiètent pas. »

Laurent Gounelle est l’un des romanciers français les plus lus dans le monde. il écrit des romans qui expriment sa passion pour la philosophie, la psychologie et le développement personnel.

Ancien spécialiste des sciences humaines, formé en France et aux Etats-Unis, conférencier à l’Université de Clermont-Ferrand, il a pendant de nombreuses années sillonné le monde à la rencontre d’hommes et de femmes qui, chacun à sa manière, apporte des éclairages sur la question fondamentale entre toutes : comment s’épanouir et donner du sens à sa vie.

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Ses romans sont des best-sellers traduits dans le monde entier.

En savoir plus sur le site de l’auteur : http://www.laurentgounelle.com

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Humour

Là où tu iras j’irai

de Marie Vareille
Poche – 28 février 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

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Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d’actrice comparable à celle du Titanic : catastrophique. Le jour où elle refuse d’épouser l’homme qu’elle aime, sous prétexte qu’elle ne veut pas d’enfant, elle se retrouve à la rue. Elle accepte alors le seul rôle qu’on lui propose : se faire passer pour l’irréprochable Nanou du petit Nicolas, qui n’a pas prononcé un mot depuis la mort de sa mère, afin d’infiltrer sa famille et d’y exécuter une étrange mission. Elle part donc pour l’Italie, dans la maison de vacances familiale, loin d’imaginer à quel point la rencontre avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.


Réjouissant.

Femme actuelle.

Les aventures d’Isabelle font mouche : sens de la formule, humour, justesse, émotion.
Télé star.

 

• Couv_2023-078_Vareille Marie - Là où tu iras j'irai

 

Encore un livre lu d’une traite !

Mais qu’est-ce que j’ai ri…
Rarement cela ne m’étais autant arrivé durant une lecture. Il y a de nombreux rebondissements, c’est léger, c’est frais, mais pas que…
Avec des personnages très attachants, tous sans exception, Marie Vareille nous a concocté un vrai petit bijou de lecture.

Isabelle a 32 ans, elle s’est un peu perdue dans sa vie. Pour ne pas se retrouver à la rue, après une très courte hésitation, elle accepte un poste de nourrice, en Italie, proposé par l’une des enfants dont elle doit s’occuper, moyennant la somme de dix mille euros pour quelques semaines… Vous vous doutez bien que rien n’ira comme il se doit !

J’ai été très agréablement surpris par la trame du récit, le rythme et un final rempli d’étincelles ! Derrière un “petit” roman qui aurait pu être léger, Marie nous dévoile une histoire profonde, dure parfois et très émouvante. La plume de l’auteure est belle, vivante, j’aurais voulu partager encore quelques instants avec le petit Nicolas, ses sœurs, deux vraies pestes, Isabelle et tous les autres…

Une histoire pleine de tendresse, remplie de beaux sentiments, qui m’a fait du bien et m’a permis de passer un très agréable moment, où j’ai complètement déconnecté de mon quotidien. C’est aussi ça la lecture…
Mais qu’est-ce que j’ai ri 😂 😂 😂!!!

Un livre que je vous conseille tout particulièrement… Un vrai plein d’oxygène !

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Extraits :

« Isabelle !
Pour la troisième fois, Quentin secoua l’épaule d’Isabelle.
Hein ?! Quoi ?!
Elle leva une tête paniquée de l’oreiller qu’elle enserrait de ses bras comme un naufragé une bouée de sauvetage. Elle avait la marque des draps incrustée sur la joue gauche et ses yeux bruns, écarquillés portaient encore les traces du maquillage de la veille. Avec ses cheveux blonds ébouriffés, elle présentait à Quentin le visage effaré d’un oisillon tombé du nid.
– Il est midi ! Ton audition !
– Mon audition ? Quelle audition ?… Ah merde, mon audition ! »

« Personne n’écoute ceux qui ne parlent pas, alors lui non plus ne voulait pas écouter. Malheureusement, le bruit finissait toujours par se rétablir. D’abord le grattement d’un stylo sur une feuille de papier, des voix d’enfants assourdies, des talons sur le parquet, comme si quelqu’un montait graduellement le volume d’une radio réglée au minimum. Le docteur avait ouvert la porte. Nicolas pouvait aller attendre dans la salle d’attente. Vingt minutes s’étaient écoulées depuis qu’ils lui avaient dit de ne pas s’inquiéter. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui s’était passé depuis. Parce que Nicolas se taisait, la plupart des gens présumaient qu’il était sourd. »

« Dans le grand appartement du boulevard Saint-Germain, assis sur le parquet du salon, Nicolas remonta les lunettes rondes qui glissaient sur son nez et déplaça son fou de l’autre côté du plateau. Le fou pouvait traverser les cases à toute bringue et en diagonale. Les autres pièces ne se méfiaient jamais de lui. Normal, puisqu’il était fou. Nicolas se refusait d’ailleurs à utiliser tout autre pion. Concentré sur son jeu, il laissa s’échapper une goutte de salive qui vint s’écraser sur son pyjama Spiderman. En face de lui, sa mère lui sourit avec tendresse. »

 

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Son bestseller La Vie rêvée des chaussettes orphelines, traduit dans de nombreux pays, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Il a reçu le Prix des lectrices Charleston 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/15/desenchantees/

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la Passeuse d’âmes et son roman Young Adult Le syndrome du spaghetti a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Amour, Émotion, Drame

La Faiseuse d’étoiles

de Mélissa Da Costa
Poche – 7 juin 2023
Éditeur : Le Livre de Poche

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« Tu m’as appris une leçon essentielle aujourd’hui. Je croyais bien faire mais c’est toi qui as raison. On cherche toujours le bonheur loin de chez soi. On croit qu’il se trouve dans l’exotisme, de paysages différents, de senteurs nouvelles, de bâtiments imposants. Ce n’est pas toujours vrai, n’est-ce pas ? Parfois le bonheur, c’est juste être assis sur une butte tous les trois. »
À travers une histoire bouleversante, Mélissa Da Costa nous prouve une fois de plus que l’imagination n’a pas de limite, et qu’il n’existe pas de meilleur pouvoir que l’amour pour guérir les blessures les plus profondes.

Soutenez l’action d’UNICEF en faveur de l’éducation, pour permettre aux 124 millions d’enfants actuellement non scolarisés dans le monde de sortir de la pauvreté et de se construire de meilleures chances d’avenir. WWW.UNICEF.FR

 

• Couv_2023-077_Da Costa Melissa - La faiseuse d'étoiles

 

Une fois l’histoire commencée, impossible de la lâcher…
Un récit qui m’a particulièrement ému, qui m’a touché étant moi-même papa, et même aujourd’hui papy.

Je m’étais souvent posé cette question lorsque mes enfants étaient petits, comment pourrais-je aborder avec eux le thème de la mort ou de la maladie, sans les traumatiser, ni les perturber…
Ou comment le mensonge peut protéger nos enfants de cette dure réalité ?

Mélissa, encore une fois, nous emmène dans un monde onirique de toute beauté. C’est plein de poésie, c’est tellement beau, je me suis laissé porter par cette histoire toute en douceur et tendresse, passant du sourire aux larmes…
Comment ne pas partager les sentiments d’Arthur, avec tout le mal que se donne sa maman pour le protéger. Les jeux, les histoires, parfois abracadabrantes, mais tellement justes. Un roman de vie qui nous ouvre vers la vie, la nature et l’infini.
Cela reste à un autre niveau, un roman très sérieux et très triste sur une maman malade…
Mais Mélissa a su ouvrir une petite fenêtre pleine de magie qui nous emporte loin, très loin avec elle, pour notre plus grand bonheur !

Un livre qui devrait figurer dans toutes nos bibliothèques…

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Extraits :

« Ça avait été une drôle de fin de journée. Papa était venu me chercher à l’école. Maman n’avait pas pu. Dehors, il pleuvait. J’avais bien pensé à laisser mes chaussures pleines de boue dans l’entrée, mais Papa ne m’avait pas félicité. Il ne remarquait jamais ce genre de détails, contrairement à Maman. »

« Les adultes marchaient toujours trop vite en promenade. Ils fonçaient tout droit sans rien regarder.
Ils ne faisaient pas d’arrêt devant les racines en forme de serpent pour s’interroger : était-ce un boa ou plutôt un anaconda ? Ils ne s’agenouillaient pas devant deux gendarmes reliés dos à dos en se demandant lequel pouvait bien être le mâle et lequel la femelle et surtout, surtout, pour essayer de deviner combien ils auraient d’enfants.
Et puis ils ne cherchaient pas à ramener à la maison la plus belle feuille d’arbre ou le caillou le plus doux. Ils marchaient comme ça, les mains dans les poches, la tête dans les soucis et de temps en temps, ils se retournaient en soupirant :
« Allez, Arthur, dépêche-toi un peu. »

« Maman et Papa allaient très souvent à la cabane sur pilotis quand ils étaient jeunes, avant que je ne sois dans le ventre de Maman. Maman restait ici de longues semaines, elle s’installait sur la terrasse qui surplombait le lac et elle dessinait. Il paraît qu’elle avait plein d’idées quand elle était assise ici, qu’elle se sentait heureuse comme seuls les rossignols peuvent l’être. »

« Avant de dormir, alors que Maman remontait la couverture sous mon menton, elle me demanda : “Qu’as-tu appris aujourd’hui ? Il faut apprendre quelque chose chaque jour. C’est pour cela qu’on est vivants : pour apprendre encore et encore, les couleurs, les plantes, les animaux, les saisons, les sentiments…”
Comme je ne répondais pas, elle m’embrassa sur le front et chuchota :
“Tu as appris l’existence des crabes vampires aujourd’hui.”
Je fourrai mon pouce dans ma bouche. Je réfléchis. “J’ai appris qu’on doit libérer les barques”, dis-je.
Maman sourit, caressa mon front.
“Exactement. Ce sera ta leçon du jour : personne ne doit vivre accroché à une chaîne. Ni les barques, ni les animaux, ni les humains.” »

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.
Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

“Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade” (2017), sorti en librairie sous le “Tout le bleu du ciel” (2019), est son premier roman.
Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/17/tout-le-bleu-du-ciel/

“Je revenais des autres” (2017), et “Les Lendemains” (2020), sont portés par les libraires et salués par la presse, ils ont conquis plus d’un million de lecteurs.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/04/je-revenais-des-autres/
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/18/les-lendemains/

“Les douleurs fantômes” (2022) est lauréat du Prix Babelio – littérature française 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/25/les-douleurs-fantomes/

Elle figure au palmarès du Figaro des auteurs français ayant le plus vendus de livres.

Émotion, Drame, Roman

Grand comme le monde

de Lou Valérie Vernet
Broché – 22 juin 2023
Éditions : M+

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Pour la première fois, il tourne le dos à la caravane, au bois, à tout ce qu’il connait. Il tourne le dos au père et il répète : Je pars. Qu’est-ce qu’il pourrait dire d’autre ? Je pars pour dire le poids du corps, la brûlure du silence, la solitude, l’inévitable et le devoir. Je pars pour dire en un mot ce que mille ne sauraient révéler. Pour ne pas user le peu de force qu’il lui reste et d’un geste de la main montrer au loin ce qu’il laisse en haussant les épaules…. Un silence à hauteur d’homme, tapi dans le coeur d’un enfant.

Ainsi débute l’histoire de Pepo. Une nuit de décembre, le père meurt. Commence alors pour l’enfant un long chemin d’apprentissage pour revenir au centre des hommes et de la Ville, celle qui, parait-il, avale la tête des gens. Tiraillé entre le besoin de vivre sa propre destinée et celui de ne pas trahir ses origines, il n’aura de cesse de faire des allers-retours entre sa vie d’enfant sauvage et son envie de retrouver une place dans le monde.

Une histoire forte, universelle, incarnée.
Véritable ode à la liberté et à la littérature.

 

• Couv_2023-074_Vernet Lou Valérie - Grand comme le monde

 

Je suis un peu sonné.
J’ouvre un œil. D’abord, le gauche, le droit suivra très vite.
Où suis-je ?
J’entends une respiration tout près de moi. Une personne qui a l’air assoupi. Je n’ose pas me retourner, mais j’ai bien peur de deviner…
Certains de mes souvenirs reviennent. Je me rappelle. Je sais pourquoi je suis là, dans cette chambre. Rigolo n’a pas eu autant de chance que moi… Je pense très fort à toi mon ami, mon seul ami.

Soudain des bruits dans le couloir. La respiration rassurante cesse soudain. Elle s’est réveillée. Elle. C’est forcément elle. Mais je ne suis pas encore prêt, mais alors pas du tout…

Le temps s’est suspendu.
Gilbert Cesbron disait, : “le bonheur, c’est quand le temps s’arrête.”
Aujourd’hui, je doute de sa phrase.
Je referme les yeux. Elle finira bien par partir… ensuite, j’aviserai…

Envie de disparaître…

Lou Valérie Vernet, signe ici, pour moi, son plus beau roman…

Très tôt, dans ma lecture, j’ai pris la main de Pepo afin qu’il m’emmène avec lui dans son aventure. Une aventure atypique où chacun de ses questionnements trouve un sens. Telle une plante, au moment où il en a le plus besoin, Pepo perd son tuteur, son père, son repaire…
Il a tout juste sept ans et devra se découvrir, lutter, s’accrocher à cette nouvelle vie, riche en émotions, qui lui tombe dessus.
Malgré la disparition de son père, il est toujours là, présent dans sa tête et dans son cœur, tel un phare qui le guide à travers les jours qui passent, à travers sa vie, mélange de certitudes et de trop nombreuses hésitations.

Un roman superbe qui aborde les questions de la vie. Lou ne triche pas. Tous les thèmes seront abordés, car pour pouvoir grandir, Pepo doit savoir. Savoir regarder, savoir comprendre et parfois savoir accepter.
Lou a suspendu le temps avec ce roman initiatique qui m’a envoûté, par son mélange de poésie, d’idéologie, de sagesse et de philosophie…
Coup de cœur magique !

“Vient Pepo ! Donne-moi ta main, et allons ensemble…”

Un grand merci à M+ éditions.

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Extraits :

« Douze heures plus tard, Elya regarde dormir Pepo, se demande s’il va se réveiller. Il n’a toujours pas bougé. Elle en est certaine, il a la même position qu’en s’écroulant sur son lit, recroquevillé sur lui, emmitouflé dans son blouson, tout habillé, son sac à dos dans les bras, serré contre lui. Comme un trésor auquel il s’accroche. Ou qu’il protège. Sorte de bouclier qui l’isole des autres, fait rempart. »

« Le père dirait sûrement que Pepo file un mauvais coton. Qu’une journée sans apprendre est une journée perdue. Qu’à ce train-là, il ne grandira jamais. Parce que si tu n’apprends rien, tu ne grandis pas. T’es juste une larve de plus qui se répand à la surface de la terre. Et que s’il continue, il va se fâcher tout rouge. Ah oui, les expressions du père, avoir une peur bleue, broyer du noir, voir la vie en rose, être blanc comme un linge, rire jaune, voir rouge, être vert de rage… »

« Le père qui était pourtant le sien n’a jamais permis qu’il l’appelle autrement. Aucun possessif n’était jamais rentré sur leur territoire. Que cette appartenance leste l’enfant d’une insupportable responsabilité ou d’un quelconque devoir pouvait le rendre hargneux. On vient au monde pour expérimenter la vie, Pepo, pas pour porter des fardeaux, encore moins ceux des autres. Ceux qui voudront te faire croire le contraire, fuis-les. Quoi que tu choisisses de faire, ne le fais jamais que par passion, envie, conviction. »

« Trois événements majeurs ont tout de même inscrit leur mémoire au-delà du quotidien. Comme des balises sur le chemin, des sortes de signes diront plus tard Carmen et Isabella. Car tout de même, qui peut grandir ainsi, sans jamais tenir la main de personne, juste là, posé au milieu d’eux. Pepo plus sauvage que ne l’était le père.
Plus solitaire et taiseux aussi. Présent, serviable, presque docile mais en retrait, à fleur de peau, constamment en alerte, sur le qui-vive. Jamais complètement serein, confiant, joyeux. Sans attachement autre que Rigolo. Sa seule source de chaleur, de souffle, de peau, de caresse, de mains et pattes tendues. »

« Parce qu’au fond, le Pepo qui dort en chacun de nous, c’est une liberté d’être sans autre loi que la sienne, poussée dans ces retranchements, condamnée à une solitude définitive et même pour ainsi dire, crevant d’aberration, incapable de nouer du solide, du durable ou de rester dans un endroit, au risque de se faire absorber puis d’avoir à partir et désirant dans le même temps qu’une main plus légère et plus forte, une main comme celle d’Isabella, de toutes ces femmes plus grandes que des dieux le sauve, l’élève, lui fasse courir le risque du renoncement, de l’acceptation, des deuils accomplis, des peurs enfin rejetées, repoussées, terrassées. C’est une histoire qui ressemble à la sienne dans toutes les histoires du monde, en train de sécher sur le grand Arbre à Feuilles, qui n’épargne à personne le devoir d’éprouver au moins une fois le silence, la douleur, l’absence, l’impuissance alors même que la force du chaos nous propulse dans l’existence sans autre apparat que notre propre humanité.
Fragile et dérisoire. »

Lou Valérie Vernet signe ici, avec Grand comme le monde son tout premier roman. Auteure multicartes, elle a déjà publié trois thrillers, deux polars et sept autres livres passant du récit humoristique aux fragments de voyage, du Feel Good au spicilège poétique, du recueil de nouvelles au théâtre. Tous ses ouvrages confirment son talent à manier en virtuose l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Émotion, Humour, Noir, Polar, Suspense

Commandant François Chanel

36, quai des Orfèvres
de Pascal Marmet
Broché – 29 juin 2023
Éditions : M+

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Une enquête menée par un flic musicien, sur fond de sorcellerie et ayant pour décor les dessous d’une gare parisienne… Parmi les milliers de voyageurs, Laurent erre seul dans le hall de la gare de Lyon, l’air paumé. Il vient de rater son CAP boulangerie et sa mère l’a mis dehors. Samy, escroc à la grande gueule, le repère rapidement. Il a bien l’intention de profiter de la naïveté de ce gamin aux chaussures vertes et l’entraîne dans un cambriolage. L’appartement dans lequel ils pénètrent est une sorte d’antichambre du musée des Arts premiers et regorge de trésors africains. Mais ils tombent nez à nez avec la propriétaire et collectionneuse. Comme elle s’est blessée en tombant dans les escaliers, ils lui viennent en aide avant de s’enfuir. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, abattue de cinq balles tirées à bout portant. Le commandant Chanel, chargé de l’enquête, s’enfonce alors dans l’étrange passé de cette victime, épouse d’un ex-préfet assassiné quai de Conti peu de temps auparavant. Un polar haletant sur fond de sorcellerie qui nous dévoile les coulisses de la gare de Lyon et nous ouvre les portes du célèbre 36 quai des Orfèvres.

 

• Couv_2023-073_Marmet Pascal - Commandant François Chanel

 

Une troisième enquête pour le “Commandant François Chanel”, et c’est toujours aussi passionnant !

Et je dirai même que pour moi, c’est la meilleure à ce jour, le fait de bien connaître maintenant les personnages principaux doit y être pour beaucoup.
Non content d’avoir déjà plusieurs personnages hors du commun dans ses récits, Pascal nous en propose d’autres. Deux jeunes stagiaires, intelligentes, malines et jolies… malgré la tendance “machiste” du commandant, ainsi que Laurent et Salomé qui vivent une sorte d’illumination dès que leurs regards se croisent. Que demander de plus ?

Albane de Saint Germain, riche collectionneuse d’art africain, entre autres, est assassinée à la suite d’un cambriolage qu’elle vient de subir.
Les deux jeunes cambrioleurs n’avaient pourtant pas l’air violents, au contraire… C’est plutôt elle qui me donnait l’impression d’être, une “étrange” femme !
Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’il y ait un tel revirement de situation ?

Nous voilà dans la nouvelle enquête de notre Commandant préféré !
Une enquête qui va nous plonger au sein de la Gare de Lyon, à travers ses couloirs et dédales, mais aussi dans le monde particulier et très fermé des collectionneurs de statuettes africaines. Et que se passera-t-il durant cette enquête ? Les hommes du 36, quai des Orfèvres apprennent qu’ils vont bientôt être “reconditionnés” dans de nouveaux locaux, rue du Bastion, dans le 17e arrondissement, un futur immeuble ultramoderne et ultra sécurisé de huit étages qui sera adossé au palais de Justice de Paris.

Une nouvelle fois, l’écriture de Pascal est parfaitement maîtrisée, captivante et j’ai même trouvé qu’il y avait un peu plus d’émotion dans cet opus très singulier. De nombreux rebondissements interviendront durant l’enquête qui était pourtant bien mal partie… Heureusement, le commandant, mais pas que, veille !

Un très bon polar mêlant action, suspense et une introduction très intéressante dans le milieu de la sorcellerie africaines et les rites anciens. Les dialogues sont truculents, et ils vont si bien au commandant que je ne m’en lasse pas !
De nouveau une belle découverte que je vous conseille…

Un grand merci aux Éditions M+, pour leur confiance renouvelée !

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Extraits :

« – Chers collègues, je profite de cet instant de convivialité pour vous informer de vive voix qu’il a été décidé que l’ensemble des services du 36 quai des Orfèvres et des personnels du Tribunal de Grande Instance déménagera dans le quartier des Batignolles. Aucune date n’a été avancée. Une note de service vous parviendra en temps voulu. Merci de votre attention. Je passe la parole à François Chanel qui se fait une immense joie de remplacer, au pied levé, notre président qui, rassurez-vous, va beaucoup mieux. »

« Une idée surgit. Il glissa autant de billets que son slip pouvait en contenir, fourra dans son sac à dos la statuette à la pierre bleue et le reste de liasses. Son bras s’immobilisa. Une seconde idée vint. Il conserva une petite liasse de billets dans la main et referma le panneau dissimulé dans la structure du bureau qui, au vu de la couche de poussière, ne semblait pas avoir été ouvert récemment.
En descendant l’étroit escalier, il vit la femme ramper péniblement en traînant ses jambes mortes. Elle s’accouda à une commode et tenta d’ouvrir un tiroir. Laurent vint à son secours et libéra le casier. À l’intérieur, il y avait une remarquable boite en cuir noir qu’il ouvrit pensant qu’elle y cherchait des médicaments. Il découvrit un imposant révolver dans une mousse qui avait pris sa forme. Il y avait aussi deux chargeurs, dix balles et un long tube noir.
La femme scintillante au regard bleu océan le fixa. Elle ressemblait à sa mère, mais en bien plus admirable. »

« Après 60 ans, on a irréversiblement la gueule qu’on mérite. La gentillesse s’y lit tout comme la méchanceté. Tous les vices finissent par se feuilleter sur nos rides. Tout se paie, tout remonte à la surface dans un tribunal invisible où sont dénoncés nos entorses, nos travers et nos peines. Et ce préfet avait acquis une “gueule” de moine tibétain.
Pour Chanel, les modifications d’un visage étaient devenues livre ouvert, et il allait sans hésiter dans la profondeur de la peau de l’autre au premier coup d’œil. »

« “Je ma pelle Milène, étoi réponmoa ?”
Comment faire autrement que sourire à cette jolie invitation à tisser un lien. Elle avait les yeux vert pacifique des naîfs, deux couettes rigolotes et la bouche des têtus.
Sous le mot, il écrivit : « Je m’appelle François »
Et elle enchaîna ses questions sans détour :
“alor, gevéteraconté esétou jété au CP éje vé alé au CM1. Tufécoi come métié ?”
“Je suis policier. Et toi, tu veux faire quel métier plus tard”
“Moi, jeveupa courire derièr les méchan, sé trofatigan. Jepréfaire désinatrisse degâto o chocola ou marchende defleur, mai que derose quipic».
Ils finirent par jouer au jeu des sept familles. Bien entendu, Chanel perdit cinq parties sur huit.
Chanel adorait les trains parce qu’avec la SNCF, tout était possible. »

 

Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.

Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Émotion

Héloïse*

Les fleurs du sérail
de Élisa Sebbel
Broché – 26 mai 2023
Éditeur : Jeanne & Juliette
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1809. Les guerres napoléoniennes font rage. Alors qu’ils croyaient être rapatriés en France, 5000 prisonniers se retrouvent captifs sur l’îlot de Cabrera, dans les Baléares. Pour survivre, un maigre filet d’eau douce, des rations insuffisantes, des abris précaires qu’il leur faut bâtir eux-mêmes. 21 femmes les accompagnent, parmi lesquelles Héloïse, vivandière de 18 ans dont le mari a succombé en mer, emportant avec lui l’insouciance et la légèreté de la jeune femme.
Si la guerre avait déjà meurtri les hommes, le désespoir leur fait bientôt perdre la raison. Par chance, Henri, chirurgien de l’armée, se prend d’affection pour Héloïse. Entre privations, épidémies et tempêtes, les morts s’accumulent, l’espoir s’amenuise, et Héloïse ne songe qu’à se libérer enfin de cet enfer – jusqu’à ce nouvel arrivage de prisonniers et de Louis qui fait tout chavirer.
À force de ténacité, la jeune femme parviendra-t-elle à se sauver ? Car si l’amour est une captivité volontaire, la mer l’a déjà faite prisonnière…

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Les fleurs du sérail est la suite directe de La Prisonnière de la mer.

Pas besoin de l’avoir lu pour comprendre cette nouvelle aventure qui peut se lire de manière indépendante, mais je vous le conseille tout de même pour “l’aura” du personnage principal “Héloïse”.

Héloïse et son compagnon, Louis, sont enfin libres. Ils sont parvenus à s’échapper de leur geôle de Cabrera, avec plusieurs autres prisonniers, ils vont naviguer ainsi durant 5 jours jusqu’à leur naufrage sur les côtes africaines. Héloïse et ses compagnons vont être accueillis par le sultan d’Alger, qui très vite promet d’organiser leur rapatriement vers la France. En contrepartie, pour respecter leurs règles locales, il ordonne à Héloïse d’aller durant ce laps de temps dans son harem, en attendant leur départ. La jeune femme sera arrachée à son compagnon, et sera rebaptisée Aley, et très vite devient même une concubine du sultan. Elle sera forcée de se plier aux règles, et devra s’initier à la langue locale et à différents rites ayant cours dans le harem, alors qu’elle ne rêve que de s’enfuir et de retrouver sa liberté.
Héloïse va vivre les rivalités entre femmes, les jalousies, les pièges. Le but ultime pour elles étant d’avoir un fils du pacha et de devenir ainsi, la Préférée. Alors Héloïse se soumet, apprend la docilité, et ferme les yeux lorsqu’elle doit passer la nuit avec le sultan, pour son seul plaisir.

Comme dans son premier roman, Elisa Sebbel dépeint comme si on y était, la vie d’une femme dans un harem, au XIXe siècle, à Alger.
Ce roman est superbement construit, malgré le fait de savoir que ce roman est de la fiction, je ne doute pas des recherches qu’Élisa a faites sur les harems, et la vie des femmes a cette époque, dans un lieu où les hommes dominent. Rien n’est laissé au hasard et on apprend énormément des choses, sur ses femmes qui vivent entre elles, qui subissent et restent malgré tout les prisonnières d’un homme qui profite d’elles pour son seul plaisir.

La vie d’Héloïse est dure et compliquée… Puis elle apprend que les hommes ont quitté Alger pour retourner en France. Comment va-t-elle arriver à se sortir de ce piège qui s’est refermé sur elle ?

Une très belle histoire avec une narration intimiste qui m’a donné l’impression d’être proche des personnages et de vivre pleinement avec eux cette aventure…
J’attends la suite, prévue pour 2024, avec impatience !

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Extraits :

« Suis-je revenue une seule fois sur cette décision-là ?
Non, jamais. Ni les marches interminables de Bayonne en Andalousie, ni les fusillades, ni les carnages à tout croisement, ni le gel, ni la pluie, ni la chaleur insupportable, ni la nourriture qui diminuait, ne pouvaient dissiper le bonheur de partager chaque instant avec lui : chaque baiser le soir sous le bivouac, chaque regard apeuré le matin des combats, chaque effleurement des doigts quand je lui tendais une tasse d’eau-de-vie pendant les batailles. Le simple son de sa voix suffisait à me faire supporter les engelures, la toux continuelle, la fatigue, les puces, les poux. J’étais devenue vivandière, la seule fonction autorisée dans l’armée avec celle de blanchisseuse. »

« Dans le village, on nous avait surnommés les Armandises, quand l’un apparaissait, l’autre n’était pas loin. À sa mort, j’avais été amputée. Comment continuer à vivre sans ma moitié ? Je m’étais promis de ne plus m’attacher à personne.
Le prix de la perte était trop dur à payer. Henri s’avérait le compagnon idéal, un partenaire pour me protéger, sans l’aliénation des sentiments. »

« Le plus dur était le silence absolu. Était-ce le jour ? Était-ce la nuit ? En collant mon œil contre la fente sous la porte, je pouvais parfois distinguer un trait de lumière au loin. On s’habitue à l’obscurité. On ne s’habitue pas au silence. Il fait naître en nous les bruits les plus affreux, ceux des démons enfouis au plus profond de soi. Le roulement des tambours, le sifflement incessant des balles, la détonation sourde des canons, les sabots des chevaux au galop martelant le sol dur, puis le tintement strident des épées et le hurlement des hommes blessés. »

« Je me réveillai ce matin-là avant tout le monde. La nuit avait été si agitée que même nos esclaves dormaient encore. Il avait cessé de pleuvoir. En ce tout début de décembre, la fraîcheur matinale piquait la chair. Je me saisis d’une couverture en cachemire et descendis dans la cour vide et silencieuse, salie par la tempête et les feuilles boueuses de jasmin que le vent avait emportées. Le ciel s’offrait à moi dans son cadre bien carré tel le tableau d’un grand peintre. L’horizon infini m’était désormais interdit. Les nuages gris s’étaient éparpillés et laissaient entrevoir des coups de pinceau bleu sombre. Peu à peu, ils s’embrasaient, mêlant le rose à l’orange doré d’une main féerique… Comme chaque jour, le monde renaissait. Comme chaque jour, la vie reprenait. La lumière éclaboussait l’ombre. Rien n’était immuable, tout changeait. »

 

Docteur en littérature française, Elisa Sebbel enseigne dans une université espagnole et vit à Majorque. Découvert dans le cadre du Mazarine Book Day 2018, pour lequel il a reçu la « mention spéciale du jury », son premier roman, La Prisonnière de la mer, dévoile un drame oublié de notre histoire.

La prisonnière de la mer

Émotion, Drame, Frisson horreur, Suspense

Psylence

de Jean-Marc Dhainaut
Poche – 6 juillet 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Clara en est certaine : elle a vu quelqu’un dans leur chambre… Elle a essayé de prévenir son mari. Mais il ne l’a pas écoutée. Il aurait pourtant dû… Lui, comme toute la famille. Lorsque Meghan Grayford, journaliste passionnée en phénomènes étranges, s’empare de cette histoire, elle ne réalise pas encore l’horreur qui la guette. Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi s’en prendre à ces braves gens ? Et, surtout, comment arrêter le mal en personne lorsqu’il vous montre du doigt ? Vous, le prochain sur sa liste…

 

• Couv_2023-071_Dhainaut Jean-Marc - Psylence.jpg

 

Quel plaisir de retrouver Meghan Grayford, que j’avais découverte dans Brocélia, Janis son ami d’enfance, ainsi que Mina et Alan, experts en recherches paranormales.

Dès les premières pages Jean-Marc Dhainaut, frappe très fort, et je me suis vite rendu compte que le livre risquait d’être “plus dur, plus violent” aussi, que ses précédents romans.
Je ne me suis pas trompé !

Clara Perec est une vieille dame qui a eu un passé assez mouvementé.
Une nuit, elle se réveille en sursaut et aperçoit une silhouette vêtue de rouge, sur son mari qui tente de l’étrangler. Elle allume la lumière et la forme étrange disparaît… Le lendemain, elle reçoit du monde pour fêter ses 77 ans. Dans une discussion avec sa famille, elle glisse son étrange réveil de la nuit passée au cours du repas. On a du mal à la prendre au sérieux, certains doute même de sa santé mentale… La journée suit son cours jusqu’à une soirée agréable et tardive. Le matin suivant, Clara trouve son mari mort dans le lit conjugal. Il a été assassiné. Sa mâchoire a été disloquée, et pire, il a été étouffé avec ses oreilles qui ont été sectionnées…
Le jour d’après, c’est un autre membre de la famille qui est tué, puis très vite un troisième toujours de la même façon aussi affreuse !

Mais qui peut en vouloir à ce point à la famille Perec ?

Voilà une nouvelle enquête pour Meghan, mais cette fois-ci, malgré l’aide qu’elle aura de ses amis, se sera, à ses risques et périls…

Un récit avec une intrigue qui s’avère très addictive et captivante. Rapidement, le ton est donné et ne ralentira pas jusqu’au bout du récit.
Angoissant, avec plusieurs apparitions de spectres et de fantômes, des tortures et de l’hémoglobine, même une petite fille perdue qui recherche dans la nuit sa maman. Tout est parfaitement dosé, chaque élément qui parait au départ incongru, trouvera le long du récit, son explication. Jean-Marc a affûté ses mots et ne nous laisse aucun répit, cela en devient même immersif… Mais n’est-ce pas ce qu’on lui demande ?

Un très bon thriller fantastique que je recommande à tous les fans du genre !

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Extraits :

« Comment aurait-elle pu se coucher, poser la tête sur l’oreiller en fixant cette place occupée par Gwendal durant un demi-siècle à ses côtés ? Un demi-siècle d’amour fort, d’amour tendre. Comment affronter, là, à quelques centimètres de son visage, cette vision d’horreur à jamais gravée dans son esprit, et espérer pouvoir fermer les yeux ? D’ailleurs, plus personne n’entrait dans cette pièce. Sa décision était déjà prise : elle vendrait rapidement la maison. »

« Ouelque chose se trouvait là, avec elle, et l’observait. Elle trébucha sur une marche. Un son, un seul, résonna dans la maison : celui du “tchac ! tchac !” du sécateur qu’elle voyait scintiller dans la pénombre, là, dans la main d’un homme glissant vers elle, lentement. Une main ferme, forte, qui écrasait inlassablement les poignées de l’outil. Elle ne discernait pas son visage, et ses membres se distinguaient à peine de son habit sombre. »

« Il fit soudain si froid que du givre recouvrit les vitraux. Jamais Meghan n’avait observé de chute aussi brutale de la température dans un lieu potentiellement hanté. Hanté ? L’était-il ? Qu’en aurait pensé Alan Lambin à cet instant précis, s’il avait été là ?
Clara se mit d’un coup à se débattre. Des griffes venaient de lui lacérer les bras et le dos, et les lanières de sa chemise d’hôpital avaient été arrachées. »

« Ce qui l’étonnait toujours, après toutes ses années d’exploration, c’était cet incroyable sentiment de tristesse qu’elle éprouvait dans une maison abandonnée. Il s’y trouvait souvent les souvenirs d’une vie, tels que des photos en noir et blanc d’enfants ou d’adultes. Un bibelot posé sur la télévision, cadeau d’un être cher ? Quand ? Pour quelle occasion ? Un objet désormais oublié, recouvert de poussière. Pouvons-nous imaginer que, un jour, notre intérieur (notre décoration, l’intimité de notre foyer) devienne la proie des ravages du temps ou le sujet d’intérêt d’explorateurs urbains ? »

 

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/