Émotion, Histoire vraie, Philosophique, Témoignage

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

de Haruki Murakami
Poche – 17 février 2011
Éditeur : 10 X 18

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De la course à l’écriture, il n’y a qu’une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s’astreindre à une discipline d’écrivain, l’auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.

“Un traité de sagesse à la japonaise, et c’est aussi la source cachée
de l’œuvre de Murakami, l’homme aux semelles de vent
qui dévore les mots et le bitume avec la même fringale.”
André Clavel, L’Express

Traduit du japonais par Hélène Morita

 

• Couv_2023-103_Murakami Haruki - Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

Avec “Autoportrait de l’auteur en coureur de fond”, je découvre Murakami, un auteur culte au Japon et pas seulement, puisqu’il a été traduit dans une trentaine de langues.

Je me dois d’être honnête.
Cet essai autobiographique risque d’ennuyer plus d’un lecteur. Le livre s’adresse vraiment aux coureurs qui ont ce besoin personnel d’aller au-delà de soi. Pendant des années, j’ai couru à raison de cinq à six fois par semaines entre cinq et dix kilomètres, parfois beaucoup plus, en fonction de l’heure à laquelle je devais me rendre à mon travail. Ça a toujours été une véritable passion, une introspection personnelle qui me permettait d’aller toujours plus loin. Le plaisir du dépassement de soi, en participant même à quelques marathons.

Murakami, l’explique très bien. Il nous parle de ses sensations ressenties hiver comme été, tout au long de l’année. À aucun moment, il ne conseille, ou incite le lecteur à courir. La course à pied est un chemin très personnel. J’ai passé des heures et des heures, seul, tantôt sous le soleil, parfois sous la pluie. C’est un choix. Un geste si simple, à la portée de tous !
Chaussures de course aux pieds, ma musique dans les oreilles et c’était parti !
Je n’avais jamais vraiment fait attention à la démarche philosophique que la course à pied impliquait… C’était naturel pour moi, et ce, depuis très jeune. Ce sport en “solitaire” me convenait très bien. Grâce à Haruki Murakami, maintenant, je sais pourquoi. Je comprends aussi qu’elles ont été les conséquences pour ma vie professionnelle et personnelle.
Durant les courses à pieds, le seul adversaire que l’on doit vaincre, c’est soi. La course est pénible physiquement et parfois même moralement, mais c’est précisément la souffrance que nous cherchons à dépasser qui nous confère le sentiment d’être véritablement heureux, véritablement vivants.

Puis l’auteur révèle finalement les liens qui existent entre l’écriture et le sport, particulièrement les sports solitaires. Ce que Murakami a vécu, il parvient à nous le faire partager à travers des mots simples et des anecdotes d’une grande justesse. Finalement, ce récit dépasse de très loin le cadre qu’il s’était imparti. Il y a dans ce livre une philosophie de la vie fondée sur l’effort, la volonté, la persévérance, débouchant sur l’immensité du possible humain…

Un très grand Merci à Chris Loseus pour cette très belle idée de lecture, qui a encore ouvert quelques brèches supplémentaires dans mon esprit, et m’a donné envie de découvrir ce “nouvel” auteur.

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Extraits :

« “Courez chaque jour et vous garderez la forme !”
Ce que j’ai voulu faire, au contraire, c’est exposer mes pensées sur le sens que revêt pour moi, en tant qu’être humain, le fait de courir. Tout simplement m’interroger, chercher des réponses.
Selon Somerset Maugham, “il y a de la philosophie même quand on se rase”. Se raser a beau être parfaitement anodin, comme cette opération se répète quotidiennement, elle finit par se transformer en un acte qui tient de la méditation. »

« De nombreuses raisons expliquent le fait qu’à certaines époques de ma vie, j’ai cessé de courir “sérieusement”. Tout d’abord, j’ai été de plus en plus occupé par mon travail, et le temps libre est devenu une sorte d’extra. »

« Noter tout ceci par écrit paraîtra un peu idiot pour quelqu’un de mon âge, mais je veux m’assurer que je rends compte des faits très clairement : je suis le genre d’homme qui aime faire les choses – quoi que ce soit – tout seul. Et pour être encore plus direct, je dirai que je suis le genre d’homme qui ne trouve pas pénible d’être seul. Je n’estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d’être installé seul à ma table quatre ou cinq heures durant. J’ai toujours eu cette inclination depuis ma jeunesse : lorsque j’avais le choix, je préférais invariablement lire des livres seul ou bien me concentrer à écouter de la musique plutôt que d’être en compagnie de quelqu’un d’autre. J’étais toujours apte à penser à des choses à faire quand j’étais seul. »

« Et un jour, j’ai eu envie de m’élancer sur la route. Simplement parce que j’en avais envie. Depuis toujours, j’agis selon mes désirs profonds. On a beau vouloir m’arrêter ou me persuader que je me trompe, je ne dévie pas. Comment un homme comme moi pourrait accepter d’être dirigé par qui que ce soit ? »

 

Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kōbe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda, avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974.

Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront : La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse et L’éléphant s’évapore.

Exilé en Grèce en 1988, en Italie puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l’oiseau à ressort et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kōbe, Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (livres 1,2 et 3). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication d’Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, ses deux premiers romans inédits. Le Meurtre du Commandeur (livres 1 et 2) est son dernier roman paru.

Amour, Émotion, Drame, Roman

Je vais mieux

de David Foenkinos
Poche – 4 janvier 2018
Éditeur : Folio

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“Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos. Je pensais que cela passerait, mais non. J’ai tout essayé… J’ai été tour à tour inquiet, désespéré, tenté par le paranormal. Ma vie a commencé à partir dans tous les sens. J’ai eu des problèmes au travail, dans mon couple, avec mes parents, avec mes enfants. Je ne savais plus que faire pour aller mieux… Et puis, j’ai fini par comprendre.”

 

• Couv_2023-100_Foenkinos David - Je vais mieux

 

Encore une fois, David Foenkinos trouve le “petit plus” très original dans son écriture, “La Simplicité”.

L’histoire est écrite à la première personne du singulier, et j’ai trouvé cela tellement évident, tellement normal, un récit qui m’a renvoyé régulièrement un miroir sur ma propre vie…

Un livre qui pourrait paraître simple pour de nombreux lecteurs, Mais…

Tout part d’une douleur, une simple douleur indéfinie dans le dos. Cette douleur va augmenter de plus en plus, au point d’en devenir obsédante. Cette douleur va permettre une remise en question complète de la vie de notre pauvre héros.
Il va dès lors entamer des recherches sur le pourquoi.
Ce seront d’abord des recherches médicales qui n’aboutiront malheureusement pas, jusqu’à se diriger vers des méthodes plus larges, et même psychologiques.

David raconte la vie de Monsieur tout le monde. La vôtre, la mienne…
Celle d’un homme qui s’est perdu à force de vouloir s’effacer. Le stress au travail, une certaine insatisfaction à la maison, l’impression d’être devenu invisible… Que ce soit dans sa vie de famille ou sa vie professionnelle, aujourd’hui, il a tout perdu…

N’est-ce pas le bon moment pour rebondir et reprendre sa vie en main ?
Ne sommes-nous pas, tous responsable de notre vie et de notre bonheur ?

Fermez les yeux.
Inspirer un long moment… encore un peu. Bien.
Bloquer.
Souffler maintenant jusqu’au bout…

Voilà !
C’est exactement ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman.
Un énorme coup de cœur où j’ai souri de nombreuses fois, où je me suis retrouvé régulièrement.

C’est un livre rempli d’humour et d’espoir.
Alors, détendez-vous et continuez à lire !
Les chapitres sont très courts et tous liés les uns entre eux par une “Intensité de la douleur”, un “État d’esprit”.
C’est fluide, c’est très beau…

Intensité de la douleur : aujourd’hui, 4.
État d’esprit : heureux.

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Extraits :

« On sait toujours quand une histoire commence.
J’ai immédiatement compris que quelque chose se passait. Bien sûr, je ne pouvais pas imaginer tous les bouleversements à venir. Au tout début, j’ai éprouvé une vague douleur ; une simple pointe nerveuse dans le bas du dos. Cela ne m’était jamais arrivé, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. C’était sûrement une tension liée à l’accumulation de soucis récents. »

« Cette fois-ci, ma femme n’avait pas pu m’accompagner, et ça m’arrangeait. Si jamais on repérait sur mes radios quelque chose de grave, je préférais ne pas avoir à parler. »

« Au moins, ma femme n’avait pas pu percevoir l’angoisse dans ma voix. Les cachets m’avaient fait du bien, mais cela ne changeait rien à ma destination : demain, j’allais faire une IRM. Tous s’étaient efforcés de me rassurer, c’était leur rôle, mais je ne cessais de tourner et retourner la situation dans mon esprit. On ne faisait pas une IRM comme ça. Tout le monde savait à quel point les hôpitaux étaient encombrés. »

« La symbolique est claire : le quotidien est une redoutable machine à ne plus observer l’autre. Ma femme et moi vivions depuis quelque temps déjà comme des automates de la tendresse. J’avais peur que notre discussion débouche sur un constat terrible. Et je devais l’avouer : je ne savais pas ce que je voulais non plus. »

« Bien sûr, je n’étais pas dupe de certaines perversités, loin de là, mais mon incapacité à avancer masqué m’avait finalement rendu aveugle aux rivalités. Je n’avais aucun regret, car je n’avais pas les capacités requises pour aller plus haut dans la hiérarchie. Je n’étais pas assez politique, pas assez comédien, je n’avais pas le don d’être un autre. Je me sentais en permanence retenu dans une sorte de premier degré, condamné à être moi. » 

 

 

Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Auteur de treize romans traduits en quarante langues, il a notamment publié aux Éditions Gallimard Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse, Les souvenirs et Je vais mieux. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

La joggeuse

Une enquête de Lola Duval
de Chris Loseus
Broché – 22 août 2023
Éditeur : Autoédition

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Deux meurtres le même jour à 1200 km de distance. L’un à Nice, l’autre au Mont-Saint-Michel. Deux joggeuses portant des stigmates identiques à ceux retrouvés sur une première victime trois ans plus tôt.
Qui est la prochaine victime ?
Qui est l’assassin ?
Lola dispose de quatre jours pour déjouer un plan machiavélique.

 

• Couv_2023-098_Loseus Chris - LA JOGGEUSE

 

Lola Duval, jeune maman et capitaine de police, s’apprête à fêter son dixième anniversaire de mariage. Malheureusement, sa soirée va être complètement bouleversée par une sonnerie de téléphone. Un appel de son supérieur, qui lui somme de le rejoindre sur le lieu d’un nouveau crime en forêt près de Nice. Le cadavre d’une joggeuse qui les ramène étrangement vers une enquête non élucidée datant de trois ans. Quelques heures plus tard, elle apprend qu’un crime absolument identique a eu lieu à quelques heures d’intervalle. C’est encore une joggeuse, à plus de mille deux cents kilomètres du premier meurtre, en Bretagne, avec les mêmes signatures très particulières… Le meurtrier se permet même de contacter la police, pour leur indiquer un nouveau meurtre qu’il a l’intention de commettre quatre jours plus tard, très exactement…

Commence alors, pour Lola et son équipe, une course contre la montre effroyable !

J’avais déjà lu des romans de Chris Loseus et à chaque fois, c’est pareil, c’est très rythmé, pas de temps mort, un bon suspense, et il arrive très vite à m’entraîner dans ses aventures palpitantes. Mais ce coup-ci le sujet est différent, l’émotion prime sur le récit en lui-même et ses personnages sont attachants quels qu’ils soient. D’ailleurs, même Lola est très différente de “La Femme Flic” à laquelle nous pourrions être habitué.

J’ai beaucoup aimé le sujet de l’intrigue, et la façon dont elle est menée, l’écriture est percutante et très visuelle… Et le bonus, c’est de savoir que nous allons retrouver Lola dans de nouvelles enquêtes !!!

Un excellent roman à vous procurer au plus vite…
Bravo Chris !

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Extraits :

« Soudain, elle entendit le souffle d’un joggeur évoluant dans la même draille du maquis. Une sente sinueuse tracée autrefois à travers un inextricable fouillis végétal.
Il sembla mettre ses pas dans les siens. Elle imagina qu’il s’agissait d’un coureur expérimenté. Un sportif aguerri, capable de canaliser son énergie pour optimiser ses mouvements et son allure. Cette pensée la troubla.
Il respirait rapidement, mais profondément, produisant une mélodie sourde qui montait jusqu’à Lucie, comme un leitmotiv lancinant. »

« Le martèlement des pas rapides gagnait en intensité derrière elle.
Une petite voix intérieure lui cria d’accélérer ! Elle allongea nerveusement sa foulée et parvint à distancer le Souffle. »

« C’était entre nous. Nous ne voulions pas subir de pression. Éviter les conseils… Plus vous en parlez autour de vous, plus vous stressez. C’est un cercle vicieux.
Lola tendait l’oreille. Des « suggestions » comme celles faites par ses parents lorsqu’ils essayaient, Pierre et elle, d’avoir leur premier bébé. Des remèdes à la poudre de perlimpinpin, des remarques sur l’environnement de travail de Pierre. Un bureau surchauffé. « Ce n’est pas bon pour la fertilité, tu sais ? Des études ont été faites… Tu devrais le lui dire ! » Ou encore : « Tu devrais perdre du poids. L’embonpoint ce n’est pas bon pour une grossesse…»
Elle voyait, oui. Les « il faudrait que… J’ai lu quelque part que… Si j’ai un conseil à te donner… »

« Lola catégorisait les hommes. Il y avait les insouciants, les irresponsables, les égoïstes (et ils étaient nombreux) et les piliers. Ces êtres capables de braver les tempêtes à vos côtés quoiqu’il arrive. »

« Lola détestait les hôpitaux. Le sol qui feutrait les pas et collait à vos semelles comme de la glue. Les odeurs de bouffe cuite à l’eau mélangées à celles des produits désinfectants. Les murmures dans les couloirs. Les yeux rougis par les larmes. »

« Les technologies modernes nous éloignent des vraies valeurs, du goût de l’effort, de la concentration, de la remise en question… Les médias, les réseaux sociaux… Devant les arrêts de bus, dans les salles d’attente… Les gens passent leur temps les yeux rivés sur un écran. »

 

Chris Loseus est un auteur français.

Amoureux des grands espaces il vit dans les Alpes avec sa femme et ses enfants. Il se rend régulièrement aux états-unis pour être au plus proche de ses intrigues.

Il est l’auteur, notamment, de :
– Nouvelle ère (2014),
– 3600 Prospect avenue (2015),
– Chatsworth Creek (2016),
– Résurrection (2017),
– Phobia (collectif 2018)
– Bill dangereuse innocence (2019)
– Le voyage de Madison (2019)
– Les parapluies noirs (2020)…

Dans son nouveau roman, il nous entraine au cœur d’une enquête aux côtés de Lola Duval, une jeune mère de famille capitaine de police.

Amour, Émotion, Drame, Humour, Poésie, Roman

Requiem pour une apache

de Gilles Marchand
Poche – 14 janvier 2022
Éditions : Points

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Jésus tient une petite pension, un refuge pour les réprouvés de la société. Un couple d’anciens taulards qui n’a de cesse de ruminer ses exploits. Un ancien catcheur qui n’a plus toute sa tête. Un jeune homme simplet. Une VRP qui pense que les encyclopédies sauveront le monde et un chanteur qui a glissé sur la voie savonneuse de la ringardisation. Lorsque Jolene s’y installe à son tour, plus question de baisser la tête, la pension devient le centre de l’attention et le quartier général d’une révolte poétique.

« Ce roman, c’est La vie mode d’emploi de Perec réorchestré
par A day in the life des Beatles. Ce roman,
c’est Despentes filmé par Fellini. »

Antoine Jarrige, librairie Le Tumulte

 

• Couv_2023-096_Marchand Gilles - Requiem pour une apache

 

Ils vivaient en paix, soit, avec leurs difficultés, mais ils vivaient en paix…
Il aura fallu, un “petit grain de sable”, un “Releveur” de gaz qui refuse de dire bonjour et tout à commencé à ce moment-là !

Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous connaissez sa poésie entre les mots.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous que vous allez découvrir des personnages extrêmement attachants.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous savez que vous allez sourire parfois, trouver son texte intéressant, toujours, voire un peu fou, un peu fantastique.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous vous attendez forcément à prendre beaucoup de plaisir à cette nouvelle lecture.

Et bien, vous êtes au bon endroit, vous ne vous êtes pas trompé.
On y va ?

Bienvenue dans cette grande fable poétique, politique et aussi dramatique, même si Gilles a le don de nous faire sourire entre les lignes.
Jésus tient une petite pension, où il reçoit de drôles d’individus. Les cassés de la vie, les fragiles, les pas beaux, les laids aussi, un chanteur oublié, un catcheur qu’on a trop frappé, des gens en colère, d’autres qui sourient tout le temps. Jésus ne fait pas ça pour l’argent. Il s’est donné une mission. Aider. Même si Mario, le “chef” de la cuisine, se met à penser, au bout d’un moment, que cela commence à faire beaucoup de monde tout ça !
Et puis un jour… Jolene arrive silencieuse, intriguée. Alors qu’elle-même peine à s’éveiller dans un monde qu’elle ne comprend décidément plus, elle va transformer le “refuge” en un symbole de liberté !

Voilà, vous savez tout… Ou presque !
Bah oui !
Il en faudra quand même un peu plus pour partager la vie de cette “bande d’ignorés” et verser quelques larmes… mais c’est tellement beau !

Dans un style qui me ravit à chaque fois, un doux moment de lecture où la musique est omniprésente…

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Extraits :

« Il aurait fallu commencer par le début, mais le début, on l’a oublié. Ça a démarré bien avant nous. Et bien avant elle.
Rome ne s’est pas faite en un jour, la légende de Jolene non plus. On la présente aujourd’hui comme la meneuse d’une troupe d’insurgés. Plutôt que d’insurgés, ça tenait davantage d’une cour des Miracles contemporaine accueillant les trop maigres, les trop gros, les trop petits ou trop grands, les trop ceci ou trop cela, les roux, les Arabes, les Noirs et les Chinois. »

« Jolene s’est retournée et lui a fait signe d’arrêter.
Elle a fait un nouveau pas.
Elle s’est plantée à un mètre de monsieur Gaz, a posé son verre sur le comptoir et lui a expliqué qu’ici, on disait bonjour. Tous les jours, on disait bonjour. Que l’on soit patron, employé, client ou représentant, on disait bonjour. C’était une règle un peu vieillotte, légèrement surannée, mais on y tenait. Bon-jour. »

« C’est ce soir-là que Jésus a inventé le “velours des Carpates”. Il désirait quelque chose de fort et de doux, un cocktail qui ressemblerait à Jolene. Un truc qu’on n’aurait pas vu venir. Il a pressé des citrons verts, sorti une bouteille de sirop de gingembre dont il n’avait jamais su que faire et ajouté une bonne dose de vodka. »

« Et, même s’il avait acheté leurs terrains au prix fort, une promesse est une promesse, surtout si elle est signée, paraphée en bas à droite sur chaque page, lue et approuvée contractuellement.
Il a eu des procès. Il a perdu des procès.
Reconnu coupable, il a culpabilisé.
Il a eu des amendes, il s’est amendé.
Il a payé des dommages et des intérêts, des préjudices. Il n’a rien négocié, il a tout payé.
Mais la société ne pardonne pas si vite. Il était devenu l’escroc mégalo. Il resterait l’escroc mégalo. »

« Jamais je n’avais vu Jésus aussi heureux et jamais il n’avait aussi bien porté son nom. Au milieu des déshérités, il ne prêchait pas la bonne parole, il se contentait d’accueillir et de faire au mieux. “Faire au mieux” était devenu sa spécialité. Lorsque Mario lui expliquait qu’il ne pourrait nourrir autant de monde, il lui demandait simplement et calmement de faire au mieux. Lorsqu’il y avait un problème de couverture, de courant d’air, de chasse d’eau, il nous demandait de faire au mieux. Il dégageait une étonnante sérénité. Et cette sérénité, il la devait à Jolene. »

« Le jour débutait et, pour marquer le coup, le soleil envoya trois rayons dans ma direction. Je parvins à éviter les deux premiers, me pris le troisième en plein visage. Ne voulant pas avoir de problème avec le soleil, je ne lui adressai aucun reproche et continuai ma route. J’avais marché toute la nuit. Il avait fait doux, léger vent d’ouest, faibles risques de pluie. »

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent. Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les “Talents à suivre” par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants “Libr’à Nous” en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Des mirages plein les poches
https://leressentidejeanpaul.com/2019/01/05/des-mirages-plein-les-poches-de-gilles-marchand/

Un funambule sur le sable
https://leressentidejeanpaul.com/2019/01/14/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand/

Une bouche sans personne
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/26/une-bouche-sans-personne/

Une bouche sans personne
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/26/une-bouche-sans-personne/

Le soldat désaccordé
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/12/le-soldat-desaccorde/

Amour, Émotion, Drame, Roman

Les Femmes du bout du monde

de Mélissa Da Costa
Broché – 1 mars 2023
Éditeur : Albin Michel

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Si tu te demandes ce que nous faisons ainsi, loin des hommes, je vais te dire : nous veillons sur notre petit univers, nous veillons les unes sur les autres. C’est ce que font les femmes du bout du monde.

À la pointe sud de la Nouvelle-Zélande, dans la région isolée des Catlins, au cœur d’une nature sauvage, vivent Autumn et sa fille Milly. Sur ce dernier bastion de terre avant l’océan Austral et le pôle Sud, elles gèrent le camping Mutunga o te ao, le bout du monde en maori. Autumn et Milly forment un duo inséparable, jusqu’au jour où débarque Flore, une jeune parisienne en quête de rédemption… Hantées par le passé mais bercées par les vents et les légendes maories, ces trois femmes apprendront à se connaître, se pardonner et s’aimer.

Mélissa Da Costa nous offre un voyage inoubliable à travers des paysages d’une stupéfiante beauté, aux côtés de personnages inspirés et inspirants. Un nouveau roman magistral et une ode à la liberté.

Prix des lecteurs Babelio 2023Catégorie littérature française.

 

• Couv_2023-095_Da Costa Melissa - Les femmes du bout du monde

 

Au fur et à mesure de mes lectures, chaque roman de Mélissa Da Costa a été une véritable surprise, et Les Femmes du bout du monde n’échappe pas à cette règle…
Mélissa a le don d’écrire des histoires qui sont dures et pourtant douces à la fois.

Autumn et Milly, sa fille, vivent à la pointe de la Nouvelle-Zélande, en face du pôle Sud. Ensembles, elles s’occupent d’un camping, au cœur d’une nature sauvage et encore préservée. Un jour Flore, une jeune Parisienne, débarque au camping et demande à Autumn, si elles ont besoin de bras supplémentaires pour gérer les tâches quotidiennes. Elle veut oublier sa vie à Paris et à vraiment besoin de faire le vide dans sa tête. Autumn accepte la proposition, sachant bien que la frêle femme ne tiendra pas longtemps à cause du climat très particulier de l’endroit, et comme les autres avant elle, finira par quitter ce nouveau travail. Mais Flore va lutter, elle a décidé de tout quitter pour partir très loin afin de fuir sa vie qui la faisait souffrir. Petit à petit, elle apprend à connaître les deux femmes, et ensemble finissent par s’apprivoiser…
Le travail au camping n’est pas désagréable du tout. Il est dur, fatiguant, mais elles s’entraident régulièrement.
Une nouvelle amitié va naître entre Flore et Milly une jeune fille innocente, pure et forte à la fois. Une amitié qui va très vite se transformer…

J’ai passé un excellent moment en compagnie de ces trois femmes auxquelles je me suis très vite attaché. Elles mènent une vie belle et simple au plus près de la nature. Mélissa nous fait découvrir des paysages sublimes de Nouvelle-Zélande, divers mammifères marins, des arbres couchés à cause de violentes bourrasques, de sublimes couchers de soleil, la mer jusqu’au bout de l’horizon et surtout la vie et les mœurs des Maoris. Une vraie découverte pour moi !

Tout est douceur et naturel. Une histoire simple et complexe à la fois. La vie n’a pas fait de cadeau à Flore. Milly qui apprend que son amour d’enfance et meilleur ami va se marier et quitter la région. Autumn qui élève seule sa fille malgré les blessures qu’elle doit soigner depuis le décès de Dan, son mari. Chacune d’elles lutte dans son quotidien.
C’est un roman qui m’a donné une envie de liberté et de contrées sauvages. Il y a beaucoup d’émotions, je me suis laissé envahir par ce récit très bien construit qui transforme la peine et la douleur en amour et en beauté.

Un septième roman magistral, à ne surtout pas manquer.

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Extraits :
« Dan et elle… Ils avaient beau être souvent en désaccord, ils s’entendaient sur une chose, toujours : le bien-être de Milly. C’était leur priorité. Pas de sodas, pas de jardin d’enfants avant deux ans, pas de télévision, pas de console de jeux, de l’exercice en plein air, la nature… Il semblait rassurant et rassuré quand il avait parlé de ce projet fou de s’installer à la pointe sud de l’île : « Elle aura tout ce dont elle a besoin. »

« Elle songe que le sentiment maternel, c’est quelque chose de doux et d’amer à la fois. On fait tout pour garder son enfant auprès de soi, l’empêcher de s’envoler trop loin, puis un matin, on le voit pépier avec un autre oisillon et on ne sait plus ce qu’on ressent : un pincement au cœur ou un trouble attendri. Les deux à la fois. »

« – Allez, termine ton verre. Tu en reveux ?
Milly secoue la tête. Flore hausse les épaules, termine le vin au goulot. Tu es pitoyable, ma fille. Elle n’a plus grand-chose à vouloir sauver ce soir. Si la vie était joueuse, si on avait le droit de négocier un peu avec le destin, elle pourrait passer un pacte : se faire engloutir par la tempête ce soir même, pourvu qu’on recrache de l’océan le père de Milly. Ainsi, les choses seraient justes. Mais elles ne le sont jamais. Et Milly, cette pauvre Milly à l’âme pure et innocente, doit se farcir sa présence. Elle est trop polie pour décamper. Elle s’assurera que ses sanglots s’arrêtent avant de repartir en lui souhaitant une bonne nuit.
– “Il avait quel âge ton père quand il est parti ?
– Trente-neuf ans.
– C’est bien jeune pour mourir.” »

« Alors, sans prévenir, parce qu’elle a le cœur gros comme une pierre, elle vient se blottir contre Flore comme un petit chaton cherchant la chaleur. Elle se colle le long de son corps, enfouit son visage dans son cou, respire l’odeur vanillée de ses boucles.
– “S’il te plaît, Flore… ne pars pas.”
Et Flore est si surprise, saisie par une telle émotion qu’elle reste figée, des larmes plein la gorge. »

« Quand Milly hésite, est sur le point de reculer, Flore lui murmure :
“Tout est possible, Milly… c’est la nuit…”
Et Milly songe qu’elle a raison, que la nuit les choses ne sont pas réelles, elles sont belles et fragiles, éphémères. La nuit, les baisers ne sont qu’un songe… »

 

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat. Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade (2017), sorti en librairie sous le Tout le bleu du ciel (2019), est son premier roman.
Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/17/tout-le-bleu-du-ciel/

Je revenais des autres (2017), et Les Lendemains (2020), sont portés par les libraires et salués par la presse, ils ont conquis plus d’un million de lecteurs.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/04/je-revenais-des-autres/
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/18/les-lendemains/

Les douleurs fantômes (2022) est lauréat du Prix Babelio – littérature française 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/25/les-douleurs-fantomes/

La Faiseuse d’étoiles
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/17/la-faiseuse-detoiles/

Elle figure au palmarès du Figaro des auteurs français ayant le plus vendus de livres.

Amour, Émotion, Drame, Roman, Suspense

Vers le soleil

de Julien Sandrel
Poche – 2 mars 2022
Éditeur : Le Livre de Poche

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Août 2018. Tess part vers la Toscane, où elle doit rejoindre pour les vacances sa fille, Sienna, et l’oncle de la petite, Sacha. Mais, alors qu’elle fait étape chez une amie à Gênes, la maison s’écroule sur elle.
Une portion du pont Morandi vient de s’effondrer, enfouissant la zone. Tess est portée disparue. Lorsque Sacha apprend la catastrophe, c’est tout leur univers commun qui vole en éclats. Tous leurs mensonges aussi. Car Sacha n’est pas vraiment l’oncle de cette fillette : il est un acteur, engagé pour jouer ce rôle particulier quelques jours par mois, depuis trois ans. Un rôle qu’il n’a plus l’impression de jouer tant il s’est attaché à Sienna et à sa mère.
Alors que de dangereux secrets refont surface, Sacha sait qu’il n’a que quelques heures pour décider ce qu’il veut faire si Tess ne sort pas vivante des décombres : perdre pour toujours cette enfant avec laquelle il n’a aucun lien légal… ou écouter son cœur et s’enfuir avec elle ? En attendant, il décide de cacher la vérité à Sienna et de la protéger coûte que coûte.

Un livre épatant.
Femme actuelle.

Bouleversant.
RTL.

Solaire et émouvant.
Version Femina.

• Couv_2023-094_Sandrel Julien - Vers le soleil

 

Après avoir lu La chambre des merveilles, et vu il y a quelques jours l’adaptation en film, je me suis dit qu’il était peut-être temps de lire au autre roman de Julien Sandrel !
Et bien, j’ai passé un excellent dimanche matin, avec des personnages captivants et attachants, subjugué par ce roman tout en finesse et plein de délicatesse…

Sacha n’a que très peu de temps pour la réflexion.
Il vient d’apprendre que Tess est portée disparue, suite à un effondrement. Non seulement, il est horrifié par cette nouvelle, mais comment l’annoncer à Sienna, alors que tout deux s’apprêtaient justement à la rejoindre.

Vers le soleil est un roman très fort en émotions, plein de suspense et de rebondissements. Des relations complexes mais sincères. J’ai vraiment été emporté par ce récit sans aucun temps mort.
Cela fait trois ans que Sacha fait semblant d’être l’oncle de Sienna qu’il considère aujourd’hui comme sa propre fille. Dès leur premier regard, il est tombé amoureux de Tess sa maman et a accepté de jouer un rôle pour la petite, quelques jours par mois. Mais aujourd’hui, suite à cette catastrophe naturelle, il risque de “perdre” la petite, mais c’est aussi toute sa vie et son amour qui sont remis en cause !

Une histoire magnifique qui m’a touché du début à la fin.
Bienveillance, tendresse, amour, j’ai ri et été touché par les personnages crées par l’auteur. Une nouvelle fois, malgré un début dramatique, julien a rempli mon cœur de joie et de bonheur, c’est un excellent roman, je n’en doutais même pas…
Merci Julien pour cet agréable moment, au cœur de la Toscane et de l’Italie !

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Extraits :

« Je n’ai jamais connu mon père, et ma mère est morte quand j’avais quatorze ans. D’une overdose, dans la chambre d’hôtel d’un comédien un peu connu qu’elle aimait trop, au point de laisser son fils unique dîner seul, se coucher seul, se débrouiller seul. Je crois qu’on peut dire que je suis un vieux routier de la solitude. J’ai appris dans la douleur à quel point se lier à quelqu’un pouvait rendre malheureux, alors je ne m’attache pas.
Je ne me sens bien que dans l’éphémère. »

« Mon Dieu, je ne veux pas mourir.
Je pense à ma fille. Ma Sienna. Mon amour. Je ne pense qu’à elle. À nos projets, à notre avenir. À son sourire, il y a quelques minutes à peine. Je pense à Sacha, aussi. À ce bonheur minuscule, incertain, et pourtant si proche.
Je pense : “Tout cela ne peut pas se terminer ici.”
La plainte sourde du métal en torsion me glace le sang. L’appel au secours d’un animal que l’on égorge, voilà l’image qui envahit mon cerveau.
L’unique ampoule abdique. Je pousse un gémissement. La nuit est désormais complète.
Je n’entends plus que ma respiration. Halètement de bête traquée, immobile.
Un dernier silence.
Et le plafond cède. »

« En attendant, je dois faire comme si de rien n’était.
Ne pas alerter Sienna. Éviter qu’elle ne se trouve confrontée aux images du pont, donc aux journaux, à Internet, à la télévision… Et même si c’est dur, je dois continuer à vivre normalement, selon le programme établi.
Protéger Sienna, tant que nous n’avons aucune certitude sur la situation à Gênes.
Lorsqu’elle se lève, elle vient me rejoindre pour un câlin dans mon grand lit. Il est près de 10 heures, je viens tout juste de m’endormir, épuisé. Mais elle est en pleine forme. Bien décidée à profiter de cette belle journée d’été. »

« Je ne sais pas quoi lui répondre, mais je suis ému. Alors je ne dis rien.
Il y a quelques jours, je ne connaissais pas cette femme. Pourtant j’ai l’impression qu’il y a comme une connexion entre nous. Elle n’a qu’une quinzaine d’années de plus que moi, mais il y a quelque chose de l’ordre du maternel qui s’est installé, à une vitesse folle. Qu’est-ce que j’aurais aimé avoir une mère comme Chiara. Ma vie aurait sans doute été bien différente. »

 

Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France et vit à Paris. Son premier roman La Chambre des merveilles a connu un succès fulgurant et a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le prix Méditerranée des lycéens 2019. Traduit dans vingt-six pays et adapté au théâtre, il est également porté à l’écran par la réalisatrice Lisa Azuelos et l’actrice Alexandra Lamy.
Ses romans suivants, La vie qui m’attendait, Les étincelles, Vers le soleil et Merci, Grazie, Thank you, ont eux aussi rencontré un grand succès en librairie. Parallèlement à son activité de romancier, Julien Sandrel travaille en tant que scénariste, aussi bien sur des adaptations de ses romans que sur des projets originaux.

La Chambre des Merveilles
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/21/la-chambre-des-merveilles/

Émotion, Drame, Histoire, Roman

L’Aurore

de Nicole Anglés
Relié – 14 mai 2023
Éditeur : Cap Béar Editions

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En 1934, Alba, jeune catalane âgée de seize ans, quitte le giron familial et une mère acariâtre.
Elle entre au service de doña Lucia, riche bourgeoise qui réside dans un magnifique hôtel particulier situé au coeur de Barcelone.
Pendant les années suivantes, l’Espagne connaîtra des bouleversements politiques majeurs, prémices d’années sombres pour l’Europe et le monde. Autant d’évènements qu’Alba, portée par des convictions profondes et la fougue de sa jeunesse, vivra intensément.
Ainsi commence l’aventure de sa vie…

Nicole Anglés, d’une écriture vivante et efficace, focalise l’histoire de ce roman sur l’implication des femmes combattantes durant la guerre d’Espagne.
Leur rôle déterminant dans la révolution sociale organisée par le mouvement libertaire en riposte au coup d’État militaire à l’origine du conflit.
Et leur engagement aux côtés de l’armée républicaine pour éviter l’inéluctable, la prise de pouvoir de la dictature franquiste en 1939.

 

• Couv_2023-093_Anglés Nicole - L'Aurore.jpg

 

Tout d’abord, je tenais à remercier Nicole Anglés, qui grâce à son envoi, m’a permis de découvrir une nouvelle “auteure”…

Dès que j’ai reçu L’aurore, très vite, j’ai eu hâte de lire…

Alba, jeune espagnole catalane avait tout pour être heureuse. Mais malheureusement, elle n’est née, ni au bon endroit, ni à la bonne période. L’Espagne commence à subir la dictature franquiste. Avec ses amis et beaucoup d’autres de son âge, ils décideront de monter des groupes de soutien, anarchistes ou pas, le but étant de contrer la montée de l’extrême droite, menée par le général Franco.
Alba s’investit à cent pour cent dans son combat pour la liberté de tous. Elle a appris récemment à lire, alors la vie qui s’ouvrait tel un éventail sur l’avenir des “Femmes libres” se referme aussitôt !
Heureusement, elle n’est pas seule, son frère, sa sœur et ses amis, tous ensemble, ils décident de lutter… puis c’est aussi l’amour qui va entrer aussi dans sa vie à un moment où elle s’y attendais le moins, par le biais d’un jeune partisan qui a quitté sa Russie natale…

Magnifique, j’ai adoré. C’est tellement beau, c’est tellement fort, et si triste à la fois.
Un roman tel que je les aime. J’ai vécu, j’ai aimé et j’ai pleuré, pour tous ses jeunes à qui on a volé leur jeunesse et leur vie.

Le pouvoir !
Joder, je hais la violence, la guerre, les Hommes avec un grand H, qui ne comprennent jamais rien, à part le pouvoir, basta !!! L’Espagne subit les prémices de la nouvelle grande guerre qui s’annonçait dès 1934.

La lecture est très fluide, claire et interactive, pas le temps de s’ennuyer un instant. Beaucoup de dialogues, c’est vivant. On y croit. Le côté historique est omniprésent et c’est vraiment ce qui m’a plu. Essayer de comprendre tout ce que cette jeune génération à endurer, et ce, durant près de 40 ans !
La fin du roman est particulièrement prenante. J’en suis encore tout retourné…

D’ailleurs, je me suis demandé, un moment, si je n’aurai pas aimé quelques pages supplémentaires, pero no, le sujet est tellement bien géré et abouti.

Vale, merci Nicole, merci à toi pour ce cadeau qui a dû te coûter…
Tu m’as emporté loin, très loin… y gracias por supuesto por esta historia tan hermosa, dentro de la Historia.

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Extraits :

« Une lettre postée il y a soixante-cinq ans ! Où avait-elle disparu ?
S’exalta Claire.
La missive trônait sur la desserte de la chaleureuse cuisine.
Étrangère à la curiosité de la jeune femme penchée sur son épaule, au générique du débat diffusé sur France 5 qu’elle n’aurait manqué à aucun prix, la vieille dame semblait hypnotisée.
Sur l’enveloppe jaunie, du cachet espagnol affranchi à deux pesetas, on ne déchiffrait plus que l’année. Mil neuf cent trente-neuf. »

« Le pouvoir des mots. Les livres devaient bien receler quelque trésor s’ils méritaient cette monumentale et fastueuse salle.
Un livre peut changer une vie avait proclamé la señora Duran.
Était-ce exact ? Quel livre aurait le don de changer la sienne ? Serait-elle capable d’apprendre à lire ? Bénéficierait-elle de ces cours de lecture ? Elle n’était pas une ouvrière, pour autant n’était-elle pas une pauvre fille ? »

« Alba identifia la voix de Jordi, stupéfaite. Surprise par sa témérité, reconnaissant pourtant son tempérament idéaliste et sa générosité.
Cinq minutes s’écoulèrent, oppressantes, chacun guettant la réaction du camp adverse. Les gardes d’assaut et les membres de la garde civile s’interrogeaient du regard. Puis, le miracle. Tour à tour, ils abaissèrent leurs armes et rejoignirent le mouvement.
Une clameur d’espoir s’envola dans le ciel catalan. »

« – Je vais te montrer qui c’est qui commande ici ! Tu m’entends, traînée ?
Paco l’agrippa par les cheveux et la maintint plaquée à lui. Son haleine de vin aigre et de tabac froid imprégna Núria qui ne put se détourner lorsqu’il lui cracha dessus.
Projetée sur la table, la figure meurtrie par le chêne rugueux sur lequel la maintenait la poigne brutale de son mari, elle ne vit pas la satisfaction cruelle inonder le faciès de Paco. Une douleur violente irradia son corps quand il la pénétra d’un soubresaut bestial.
Nûria retint ses cris pour ne pas réveiller Ana, sagement endormie dans le lit à barreaux, sur le seuil de l’alcôve qui leur servait de chambre.
« Mon pauvre enfant, pardonne-moi de te donner naissance dans cette fange » implora-t-elle du petit être qui prenait forme dans son ventre »

« Adieu mon Alba, mon amour, ma vie.
Ton Anton. »

 

 

« Je veux écrire un livre ». J’ai jeté cette phrase à ma mère du haut de mes dix ans. C’était à Perpignan en 1971.

À cette époque, ma grand-mère disait en riant qu’elle ne travaillait pas assez pour payer tous les livres que je dévorais. Quelques feuillets se sont égarés et le temps a passé.

Je suis restée une lectrice passionnée. Aujourd’hui, à l’aube de ma seconde vie, j’ai repris la plume et accompli mon rêve. J’aimerais vous offrir ces cadeaux reçus de mes moments de lecture :
L’évasion, le rêve, l’amour, la colère, la tristesse, la peur, l’émotion… la Vie !
« La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté » disait François Mauriac.

Alors, bienvenue dans mon monde et bonne lecture !

Émotion, Drame, Poésie, Roman

La double vie des Jodlere

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 28 mai 2022
Éditeur : Autoédition

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Début d’avril 1981 éclata un scandale troublant encore les consciences de ceux qui s’y trouvèrent mêlés. Le crime, il faut le dire, fut abject, parce que perpétré par un jeune garçon s’étant servi de son exceptionnel don de peintre pour détruire sa bienfaitrice. Celle-ci n’ayant pas déménagé, le retour de Dominique, en ce mois de septembre 1998, risque de susciter bien des rancœurs et appréhensions. Le récit, ayant pour lieu d’action un vieux quartier de Paris vivant comme un village, explore la nature humaine dans ses recoins les plus secrets, et la création artistique en conflit avec le génie. Surtout lorsqu’il s’agit de Dominique Pique.

 

• Couv_2023-092_Papier-Wagner Gérard - La double vie des Jodlere

 

Avril 81.
Dominique Pique est un jeune garçon, très tôt, il se passionne pour la peinture. C’est un artiste, peut-être même un jeune génie. Marcelline, son professeur de dessin, voit en lui le moyen de vivre un rêve qu’elle n’a jamais pu approcher. Elle le prend alors sous son aile et décide de l’aider à développer des talents de peintre qui lui semblent innés. Mais la jeunesse ou peut-être bien la fourberie de Dominique lui fera commettre un acte inadmissible à celle qui était sa bienfaitrice…
Marcelline aura énormément de mal à se remettre de la folie destructrice du jeune génie, qui va s’amuser à détruire plusieurs vies autour de lui, à travers le temps.

J’ai eu un peu de mal à entrer dans mon récit. Trop de personnages (très intéressant et haut en couleur d’ailleurs, avec aussi de nombreuses failles) qui m’ont un peu perdu. Mais très vite, malgré de multiples rebondissements, j’ai retrouvé le fil conducteur du récit.

Comme dans ses autres récits, la plume de Gérard est fluide et très visuelle. J’ai eu à plusieurs reprises l’impression de voir les tableaux… et toujours cette pointe de poésie présente régulièrement agrémentée d’une grande maîtrise de vocabulaire…

C’est un livre que j’ai trouvé émouvant et sensible qui décrit très bien une vie de quartier « tranquille” qui mêle commérages, passions amoureuses, relations entre voisins avec ses hauts et ses bas.

Gérard a vraiment le don de me tenir en haleine jusqu’à un final subtil et plein de philosophie.

C’est le cinquième roman que je lis de cet auteur, et à chaque fois de belles surprises toutes différentes.
Qu’est-ce qui fait que certains écrivains soient très vite accueilli par un large public et d’autres qui le méritent tout autant, ont un lectorat plus confidentiel ?
Je n’ai pas de réponse à cette question…
Mais j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, avec des personnages auxquels je m’étais finalement attaché, tous très atypiques et remplis, pour la plupart, de drôles de secrets !

Mais chuut…
Je n’en dirais pas plus !

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Extraits :

« Depuis le scandale d’avril 81 ayant anéanti ses chances de vivre avec celle qu’il aimait, sa déception s’était muée au fil des années en une sorte de mélancolie dans laquelle il avait fini par se complaire. Pour cela, il se composa une existence assez banale en apparence pour n’attirer sur lui ni l’attention des autres ni celle du destin souvent porté à compliquer les choses.
Charles faisait partie des êtres dont le bonheur simple et naïf contrarie les esprits cancaniers, par essence même, à l’affût des mauvaises nouvelles pour nourrir les commérages en exagérant au besoin leurs conséquences, afin de se faire valoir. »

« Semblant revenir à elle, Magali le fixe avec acuité.
– Voyons chéri, dis-moi ce qui te soucie réellement ?
– Inquiet pour Marcelline, j’ai rompu ma promesse de ne plus aller la voir. On l’avait déjà mise au courant, elle était effondrée. Ça m’a tellement bouleversé, que je lui ai proposé de partir avec elle loin d’ici. Je la croyais seulement rancunière. Mais elle m’a jeté à la figure, que jamais elle ne m’avait aimé, m’a traité d’idiot, et m’a flanqué à la porte en jurant de ne plus mettre un pied dehors. »

« – Excuse-moi, maman, j’ai pas mal à faire.
Il s’enfuit. Les câlins œil mouillé d’émotion et les cajoleries de sa mère lui sont insupportables maintenant qu’il jouit des faveurs de tant d’autres femmes lui prodiguant des tendresses autrement plus à son goût. “Chez toi, le sexe a chassé le sentiment.” lui redit Camille connaissant son frère mieux que quiconque. »

« – Je l’aime bien, il me parle comme à un grand. Et ce qu’il dit est toujours intéressant.
Sans savoir pourquoi, Martine a subitement les larmes aux yeux. Cela ne lui est pas arrivé depuis si longtemps, que ce chagrin lui paraît aussi doux, qu’une mélancolie qu’on caresse. »

 

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Le disparu de Monrovia
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

Émotion, Drame, Fantastique, Histoire, Roman, Thriller ésotérique

Les prières de sang

de Jean-Marc Dhainaut
Poche – 5 juillet 2018
Éditions : Taurnada Éditions

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Alan Lambin, spécialiste en paranormal, est appelé à enquêter dans un vieux monastère ayant accueilli autrefois quatre templiers en fuite. Depuis, ses murs semblent dissimuler un lourd secret solidement gardé par des âmes hostiles. Les parchemins ne mentent pas, ni ces cris que chacun peut entendre la nuit dans les sombres couloirs du monastère. Et dire que tout a commencé parce qu’une étudiante a acheté un jour une armoire ayant appartenu aux moines.
Une armoire qui n’avait pas perdu la mémoire.

 

• Couv_2023-091_Dhainaut jean-Marc - Les prières de sang

 

Quel plaisir de retrouver Alan Lambin, mais surtout quel plaisir de retrouver la plume de Jean-Marc Dhainaut !
Dans cette nouvelle enquête, assisté de Mina Carletti, il est question de passages secrets, de Templiers et d’un vieux monastère…

Après avoir lu La maison bleu horizon, j’avais envie de savoir encore plus sur les enquêtes fantastiques et paranormales de notre duo.
Le rythme est ici plus soutenu, les choses s’accélèrent, il y a de nombreux rebondissements, et pas des moindres ! Il est question de fantômes particulièrement virulents, des Templiers assoiffés de sang, de jeunes mamans, de nourrissons décapités et d’un trésor caché !

Jean-Marc DHAINAUT m’a ébloui et vraiment surpris avec son récit, très différent du volet précédant, une écriture limpide et très efficace, avec un mélange bien dosé d’aventures et de paranormal, mais pas que… Car on dirait bien qu’il se passe quelque chose de plus en plus fort entre nos deux héros malgré leur timidité respective !

Vivement leur prochaine enquête !
Bravo Jean-Marc, et un grand merci aux Éditions Taurnada…

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Extraits :

« Céline les considéra à tour de rôle avant de se confier. Leur aide lui était précieuse, mais pouvait-elle vraiment leur faire confiance ? N’allaient-ils pas la juger ou l’écouter parler en songeant que tout ce qui pourrait l’aider ne serait que quelques vacances, un traitement médical ou un rendez-vous chez un psy ? »

« Mais elle était déjà loin. Des scènes improbables tournoyaient autour d’elle. Elle voyait des femmes, des dizaines de femmes avec leurs enfants dans les bras. Les bébés dont elle apercevait le visage étaient squelettiques et décharnés. Leurs mères poussaient des cris à pulvériser des verres en cristal. Elle était dans un bois et entendait des cloches sonner. Plus loin, elle distinguait des murs en pierre éclairés par des torches enflammées. Des chants religieux résonnèrent tout à coup, enveloppant ces scènes d’une atmosphère terrifiante et surréaliste. »

« C’est pas possible ! Mina, écoutez ça : « Ce dimanche, deux personnes ont été retrouvées mortes dans des circonstances malheureuses : un sans domicile fixe fortement alcoolisé, vraisemblablement mort de froid près de l’hôtel Roussel, et une vieille dame victime d’un arrêt cardiaque devant le relais routier, alors qu’elle rentrait chez elle. Deux nouveaux drames qui s’ajoutent à la mort du petit Quentin, pensionnaire de l’orphelinat Sainte-Clotilde, vendredi soir, fauché par une voiture alors qu’il s’enfuyait de l’épicerie après y avoir volé un paquet de bonbons.” C’est impossible ! »

« – Le soir où nous sommes arrives, quand je suis allé faire quelques courses, j’ai payé les bonbons d’un petit garçon qui n’avait pas assez d’argent.
– Et alors ? C’est un beau geste. Venant de vous, il ne me surprend pas.
– Vous n’y êtes pas. En lui payant ses bonbons, je l’ai empêché de les voler et de s’enfuir du magasin et de se faire écraser. Mais ce n’est pas tout : le clochard mort de froid, c’est celui à qui j’ai offert une couverture. Il dormait sur des cartons, près de l’escalier de l’hôtel, vous l’avez sûrement remarqué. Et cette femme, morte d’un arrêt cardiaque devant le relais routier, ne vous rappelle rien ?
– Oui ! La femme sur le trottoir !
– Exact Mina ! Et si nous ne l’avions pas aidée à se relever sous le poids de son vélo et de ses courses qui l’écrasait, elle aurait fait un arrêt cardiaque en tentant de le faire. »

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Amour, Émotion, Philosophique, Roman

Respire !

Le Plan est toujours parfait
de Maud Ankaoua
Poche – 19 octobre 2022
Éditeur : J’ai lu

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“Tu ne le sais pas encore mais tu es exactement là où tu dois être.”
Malo, 30 ans, virtuose de la finance à qui tout réussit, est appelé à Bangkok pour aider une entreprise en difficulté. Quelques semaines après son arrivée, il surprend une conversation qui l’anéantit : il ne lui resterait plus que quelques mois à vivre… Au moment où il perd tout espoir, une vieille dame lui propose un pacte étrange : en échange de trente jours de sa vie, le jeune homme sera-t-il prêt à tenter une série d’expériences qui pourraient bien modifier le cours de son destin ? Malo accepte, et le voilà embarqué dans un incroyable périple aux saveurs et aux parfums de la Thaïlande, au terme duquel il découvrira peut-être l’ultime vérité. Plus qu’un roman, ce livre est une invitation à mener la vie qui vous inspire.

 

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Après avoir terminé la lecture de Kilomètre Zéro, il y a quelques jours, que j’ai adoré et qui a été pour moi une belle révélation, j’ai tout de suite acheté les deux romans suivants de Maud Ankaoua !

Comme je m’y attendais, Maud m’a, dès les premières lignes emporté dans cette nouvelle histoire, et je me suis très vite attaché aux personnages aussi différents que sympathiques… J’ai ri, et j’ai versé aussi quelques larmes… de bonheur… à la fin du récit.

Malo est un bel homme. Intelligent, érudit qui adore son travail. Mais malgré tout, il est perdu, il vit seul depuis des années. Un jour, il décide de mettre fin à ses jours, suite à l’annonce de sa maladie, à priori incurable. Il sait que de toute façon, il ne lui reste que très peu de temps à vivre.
C’est au moment même où il s’apprête au pire, qu’il fera “LA” rencontre qui marquera sa vie.

Une histoire magnifique qui se déroule en Thaïlande. Maud à travers ce récit nous oblige à nous écouter plus profondément, elle nous invite à aligner notre mental avec notre cœur et notre corps, elle nous donne de nombreux conseils très simples à appliquer dans notre vie de tous les jours. Lu d’une traite, j’ai relu de nombreux passages pour m’en imprégner, j’ai ressenti une réelle bienveillance de la part de l’auteure, et cela fait un bien fou.

Un très beau coup de cœur qui apporte de l’optimisme et nous donne une vision différente du monde, quand on prend un peu de recul.
Merci à Maud, pour cette très belle histoire, pleine de rebondissements.

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Extraits :

« “On se connaît depuis un moment tous les deux, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins, le scan révèle un sérieux problème de cerveau. Je compte sur toi pour passer au plus vite à l’hôpital. J’y suis toute la matinée.”
Malo avait compris sur-le-champ que ses maux de tête n’étaient pas anodins. Mais c’est à l’hôpital, deux heures plus tard, qu’il avait pris conscience de ce qui l’attendait. »

« – Pourrais-tu décaler ton suicide de trente jours ? Je te les achète !
– Mais vous êtes folle !
– Et toi, tu devrais être mort depuis un quart d’heure ! Alors, un peu de respect ! À présent que tu es en sursis, tu peux bien m’accorder trente jours, non ? Je pense avoir mérité un droit de préemption. Le vocabulaire juridique et comptable qu’utilisait Phueng le sidérait. »

« – L’émotion a pour fonction de te délivrer un message ou, plus exactement, de t’avertir d’un dysfonctionnement. Par exemple, la peur te prévient d’un danger pour que tu puisses t’en protéger ; la colère t’aide à affronter la menace ou vise à te faire réagir face à une situation qui te semble injuste ; la tristesse te permet de t’adapter à une perte, elle participe au processus de deuil. Quant à la joie, elle est l’émotion qui rend douce et agréable l’existence. La joie favorise l’ouverture aux autres, elle est le moteur de la vie et donne le courage d’entreprendre. »

« Lorsque nous essayons de faire plaisir à tout le monde, nous cessons d’être nous-mêmes, expliqua Phueng. Ne t’inquiète pas de ce que pensent les autres. Soucie-toi seulement de savoir si tu es fidèle à tes envies. »

 

Coach, conférencière et romancière, Maud Ankaoua vient du monde de la finance et de la stratégie d’entreprise. Passionnée par les relations humaines, elle partage à travers ses romans les enseignements qu’elle a reçus lors de ses différents voyages. Aujourd’hui best-sellers, Kilomètre Zéro et Respire ! rassemblent plus de 2 millions de lecteurs. Son nouveau roman Plus jamais sans moi vous fera cheminer sur le chemin de Compostelle et celui de l’amour…

Retrouvez Maud Ankaoua dans son podcast à succès: « Ces questions que tout le monde se pose » et sur son site maud-ankaoua.com.